LES DIFFERENTS TYPES DE PROCES-VERBAUX
Les enquêtes de police consistent en une suite d'opérations plus ou moins
nombreuses. Les différents actes établis, dont l'ensemble constitue la procédure, doivent
nécessairement être relatés par écrit.
La rédaction peut être soit manuscrite, soit dactylographiée et s'effectue sur
différents supports et notamment des imprimés administratifs dénommés procès-
verbaux.
I - LE PROCES-VERBAL ORDINAIRE (P.V.O.)
Cet imprimé doit obligatoirement revêtir un en-tête qui l'officialise, par les
mentions "République française" et "Procès-Verbal". Il comporte également des mentions
imprimées (date, heure, etc.) constituant une partie de l'incipit.
Si l'on ne dispose pas d'un tel imprimé, il est toujours possible d'utiliser une
feuille vierge sur laquelle on indique ces rubriques sous forme manuscrite.
Ce modèle de procès-verbal peut être utilisé pour relater tous les actes de
l'enquête (audition, interpellation, interrogatoire, perquisition, etc.) et ce dans n'importe
quel cadre juridique (enquête de flagrant délit, préliminaire ou sur commission
rogatoire).
II - LES PROCES-VERBAUX INFORMATISES
Ils se présentent sous forme de liasses carbonées constituées d'un nombre
variable de pages de différentes couleurs qui servent de doubles pour la copie conforme
et les besoins de diffusion.
Il s'agit des documents suivants :
Le PV compte rendu d'infraction et sa suite ;
Le procès-verbal de voie publique ;
Le procès-verbal pour émission de chèque(s) volé(s) et utilisation frauduleuse
d'un autre moyen de paiement nominatif volé.
L'instruction PN/CAB/N° 2696 du 24/05/1982 ainsi que son complément
PN/CAB/N° 2471 du 15/07/1986 exposent les règles d'utilisation de ces formulaires
informatisés.
NOTA : Le compte rendu d'enquête après identification et sa suite, qui n'est pas un procès-verbal est établi
à la fin de la procédure. Il a un rôle statistique.
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III - LE LOGICIEL DE REDACTION DE PROCEDURE
(L.R.P.)
Il permet la rédaction d'une majorité de documents utiles à la procédure
judiciaire : prise de plaintes, d'auditions (PV ordinaire, compte rendu d'infraction, PV de
voie publique, PV de vol de véhicule et découverte, etc.), et certains autres documents
constitués automatiquement (ex : C.R.E.A.I. -compte-rendu d'enquête après
identification-, garde à vue, notice individuelle, etc.).
Le L.R.P. assure l'alimentation directe et en temps réel de la base nationale du
S.T.I.C. (système de traitement des infractions constatées).
En raison d’une certaine obsolescence de l’application L.R.P. et pour tenir compte
d’une meilleure centralisation des données entre la police et la gendarmerie, une
nouvelle architecture doit prochainement entrer en application. Elle va progressivement
se substituer au L.R.P. et générer les cinq applications suivantes :
Le L.R.P verra la totalité de ses fonctions reprises par A.R.D.O.I.S.E
(Application de Recueil de la Documentation Opérationnelle et d'Informations
Statistiques sur les Enquêtes).
A.R.I.A.N.E. (Application de Rapprochements, d'Identification et d'Analyse
pour les Enquêteurs) succédera au STIC côté police mais aussi à Judex pour la
gendarmerie, devenant ainsi la troisième base de données mutualisée PN/GN
après celles du FAED et du FNAEG.
Le F.V.V. et la base objet du STIC ainsi que le FOS pour la gendarmerie
s'intégreront dans le F.O.Ve.S (Fichier des Objets et Véhicules Signalés)
Le F.P.R. modernisé prendra l'appellation de F.P.S. (fichier des Personnes
Signalées) ce dernier étant, comme le FOVeS, mutualisé avec la gendarmerie.
A.N.A.D.O.C. (Application Nationale d'Archivage de la Documentation )
viendra se substituer à l'A.E.D.C (Application Electronique d'Archivage Criminelle)
implanté dans les S.R.D.C.(Services Régionaux de Documentation Criminelle)
IV - LE CARNET DE DECLARATIONS
A - GENERALITES
Le décret n° 83-936 du 21 octobre 1983 porte autorisation pour les
personnels cités aux articles 16 et 20 du C.P.P. et à l'article L 130-1 du C.R.,
d'utiliser un carnet de déclarations.
L'instruction de M. le Ministre de l'Intérieur du 18 mars 1984 recommande
l'utilisation du carnet de déclarations pour être mieux à même d'assurer la mission
d'aide aux victimes (premières constatations et auditions faites sur place).
B - LIMITES JURIDIQUES
Conformément aux références ci-dessus, les fonctionnaires de la police
nationale peuvent utiliser ce carnet pour enregistrer les déclarations reçues et les
constatations et opérations effectuées dans le cadre :
d'une enquête de crime ou délit flagrant
d'une enquête préliminaire
des contraventions (5 classes)
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C - PRATIQUE
1 - Présentation
Le carnet de déclarations comporte un feuillet sur lequel est mentionné les
nom, prénom, grade, matricule et qualité du détenteur. Le nombre de feuillets
est coté et paraphé par le chef de service.
Il contient également un répertoire des constatations ainsi que les
instructions d'emploi de ce carnet. Tous les feuillets composant ce carnet sont
numérotés.
2 - Modalités d'emploi
En matière d'infraction au code de la route, le rédacteur se conformera
scrupuleusement aux instructions qui figurent sur ce carnet. Il les prendra en
compte pour le relevé et la rédaction des renseignements obtenus ainsi que
pour l'enregistrement des déclarations des personnes impliquées.
En matière de droit commun, le rédacteur observera le formalisme du
procès-verbal ordinaire.
3 - Utilisation
Elle doit être privilégiée sur le terrain dans deux circonstances :
Le recueil successif de témoignages concordants :
Face à une situation claire où les éléments de culpabilité sont patents
et non discutés, l'audition de plusieurs témoins successifs signant au
carnet de déclarations permet la rédaction d'une procédure solide ;
Le recueil d'un élément important :
Dans l'action, un élément important susceptible d'être rétracté peut
apparaître. Il est donc indispensable de l'écrire. Il peut être opportun
également, en fin de déclaration, d'aviser la personne qu'elle peut être
convoquée ultérieurement pour complément d'audition.
4 - Contrôle
Les carnets de déclarations doivent être présentés aux magistrats de
l'ordre judiciaire sur simple demande.
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