L2 Plan&Ref 16
L2 Plan&Ref 16
L2 ECO
Chapitre 1
Plan et références
CARDI Olivier
Université de Tours
2016-2017
Plan&Ref - Olivier Cardi
– Autres références :
– Evaluation :
– Note TD : chaque étudiant sera interrogé au moins deux fois lors des séances
de TD; les préparations des TD pourront faire l’objet d’une évaluation par
l’enseignant; le galop d’essai et la note orale représentent respectivement 70%
et 30 % de la note globale de TD.
– Note examen écrit en décembre; l’examen écrit prendra la forme d’un QCM
composé de questions de cours et d’un ou plusieurs exercices.
A travers ce cours, nous présenterons les outils du raisonnement économique qui nous
permettront de répondre à plusieurs questions:
1. Est-ce que les pays ayant eu un taux de chômage élevé dans le passé auront nécessairement
un taux de chômage élevé dans le futur?
2. Est-ce que le chômage affecte la population de manière uniforme?
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3. Le taux de chômage est-il plus élevé dans les pays où le taux d’activité est plus
important?
4. Comment peut-on augmenter le taux d’activité?
5. Est-ce que la réduction du temps de travail tend à réduire le taux de chômage?
6. De quelle façon une législation rigoureuse en termes de protection de l’emploi affecte
le taux de chômage?
7. Pourquoi les heures travaillées sont-elles moins importantes dans les pays ayant un
coin fiscal plus important?
8. Est-ce que les pays qui ont un taux d’activité plus élevé ont également un niveau de
vie plus important?
9. Comment peut-on expliquer l’apparition de chômage involontaire?
10. Comment s’explique l’accroissement de la prime de qualification aux Etats-Unis dans
les années 1980 et 1990?
11. Est-ce que l’accroissemment de l’offre de travail qualifié tend à réduire ou à augmenter
la prime de qualification?
12. Est-ce qu’une hausse du salaire minimum conduira mécaniquement à une hausse du
chômage involontaire?
13. Est-ce que des négociations collectives menées par les syndicats conduiront mécaniquement
à un taux de chômage élevé?
14. Quels sont les facteurs explicatifs du taux d’investissement des entreprises?
15. Est-ce qu’une politique monétaire expansionniste permet de stimuler l’activité économique
de manière durable?
16. Pourquoi l’Etat doit-il remplir un rôle de stabilisation économique?
17. Quel est le mécanisme de transmission d’une politique de relance budgétaire?
18. Pourquoi une politique de désinflation est-elle coûteuse?
2 Le plan du cours
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d’un emploi trop faible, une productivité du travail trop basse, un coût du travail
trop élevé entraı̂né par des cotisations sociales trop fortes. Du chômage (involontaire)
structurel apparaı̂tra sous l’effet d’un SMIC trop important, des négociations des
syndicats favorisant peu l’emploi, une information imparfaite des entreprises sur les
compétences et la motivation des travailleurs; le chômage frictionnel est davantage
lié à l’efficacité des appariements entre postes vacants et chômeurs (dépend de la
législation en matière de protection de l’emploi, les allocations chômage, mobilité
géographique, contrôle de l’activité de recherche d’emploi et accompagnement du
chômeur).
On étudiera abordera plusieurs problématiques contemporaines dans ce chapitre: i)
dans quelle mesure les écarts de niveau de vie entre pays peuvent s’expliquer par
les écarts d’heures travaillées et de taux d’emploi, ii) la montée des inégalités en
proposant une explication en termes de progrès technique biaisé. Alors que le modèle
concurrentiel de base n’engendre que du chômage volontaire, nous introduirons des
rigidités réelles permettant d’expliquer la présence de chômage involontaire: i) salaire
minimum, ii) revendications salariales des syndicats, iii) salaire d’efficience.
2. Le comportement de l’économie dans le moyen terme est décrit dans le deuxième
chapitre qui est consacré à la présentation du modèle de plein-emploi. Cette ap-
proche consiste à supposer que les prix des biens et des services et les salaires nomi-
naux sont parfaitement flexibles ce qui garantit en retour que l’économie se situe en
permanence dans une situation de plein emploi.
Ce modèle est essentiel car il va nous permettre de tirer deux enseignements majeurs :
i) l’activité économique dépend des conditions d’offre et ii) ensuite l’absence d’effets
de la politique monétaire sur l’économie réelle dans le moyen terme. La conclusion
de ce chapitre est que les politiques de demande n’ont pas d’effets sur la production
potentielle ou sur le taux de chômage naturel et seulement un effet sur les variables
nominales comme les prix, les salaires ou le taux d’intérêt. En revanche, les politiques
dites politiques d’offre qui cherchent à favoriser la production de biens et services en
suscitant un accroissement du volume de facteurs de production disponibles (travail
et capital) vont influencer la production potentielle. La production potentielle
correspond au niveau de production que sont en mesure d’offrir les firmes étant donné
le capital et l’emploi disponibles. Dit autrement, c’est le niveau de production atteint
lorsque le marché du travail est à l’équilibre : le niveau d’emploi d’équilibre détermine
le niveau de production potentielle. Le rôle de l’Etat sera alors de soutenir croissance
économique plus forte en favorisant le progrès technique et/ou l’accumulation des
facteurs de production. Cette intervention de l’Etat par le biais de politiques de
l’offre renvoie à son rôle d’allocation des ressources.
Une fois que nous aurons décrit le comportement de l’économie dans le moyen terme,
il s’agira ensuite de décrire le comportement de l’économie dans le court terme.
Puisqu’à court terme, les prix et les salaires présentent une certaine inertie, nous
allons maintenant postuler que les prix et les salaires sont rigides. Nous verrons que
cette hypothèse implique qu’en courte période, l’activité économique est déterminée
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par les conditions de demande. Si la demande est insuffisante (c’est-à-dire n’est pas
compatible avec une situation de plein emploi), le PIB va se situer en-dessous de
son niveau de plein emploi et le taux de chômage au-dessus de son niveau naturel.
L’écart entre le niveau de production courant (ou observé) et le niveau de production
potentielle (ou niveau moyen) est appelé écart de production. Nous verrons que
l’objectif des politiques budgétaire et monétaire est de limiter l’ampleur de cet écart
de production en influençant la demande agrégée. L’intérêt de l’approche keynésienne
est qu’elle justifie l’emploi des politiques de demande à des fins de stabilisation
économique. Ces politiques de la demande qui renvoient à l’influence des politiques
publiques sur la demande agrégée vont jouer le rôle de stabilisation économique en
cherchant à limiter l’ampleur des divergences entre production courante et production
potentielle. En 2009, l’ensemble des pays industrialisés ont utilisé l’outil budgétaire
(en élevant les dépenses publiques) et monétaire (en élevant la masse monétaire) pour
soutenir la demande afin de contrecarrer les effets récessionnistes de la crise financière
de 2008.
D’après le modèle keynésien, le niveau d’activité économique d’une économie est
déterminé par le niveau de la demande agrégée. Cette conclusion est donc totalement
contradictoire avec celle décrite par le modèle de plein emploi où le revenu national
est complètement déterminé par les conditions d’offre. En fait, les approches clas-
sique et keynésienne sont complémentaires car elles décrivent le comportement de
l’économie sur un horizon temporel différent. L’approche classique se place sur un
horizon temporel de longue période et justifie l’emploi de politiques de l’offre visant
à influencer la production potentielle. L’approche keynésienne consiste à se situer
en courte période et justifie l’emploi des politiques de la demande visant à atténuer
les fluctuations du PIB, de l’emploi et du chômage autour de leur valeur tendan-
cielle. Une politique économique est donc une combinaison de politiques d’offre et de
politiques de demande.
Après avoir analysé l’économie dans le court terme et l’économie dans le moyen terme,
nous confronterons les prédictions des modèles en utilisant l’approche keynésienne
pour le court terme et le modèle de plein emploi pour le moyen terme avec les faits
empiriques obtenus par Gali en 1992 dans un article publié dans QJE. Ce qu’il ressort
est qu’un choc d’offre élève le niveau naturel de production et conduit à une réduction
du taux d’inflation et une baisse du taux d’intérêt nominal. Une politique monétaire
expansionniste stimule le PIB réel à court terme mais pas à long terme, diminue
le taux d’intérêt réel à court terme, et élève l’inflation progressivement de manière
permanente ainsi que le taux d’intérêt nominal.
3. Le troisième chapitre est consacré à la présentation du modèle de synthèse appelé
modèle de la demande agrégée et de l’offre agrégée qui consiste à combiner à la fois les
approches classique et keynésienne dans un cadre d’analyse homogène en relâchant
l’hypothèse de prévision parfaite de l’évolution future des prix par les individus. A
court terme, l’activité économique sera déterminée par la demande et à long terme
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par l’offre. Le passage du court terme au long terme va s’expliquer par la révision
des anticipations qui s’effectue de manière lente et progressive.
Les fluctuations de l’économie vont donc trouver leur origine dans les erreurs d’an-
ticipation sur l’évolution des prix dans le futur. Dans ce modèle, on va obtenir une
relation croissante entre l’écart d’inflation à son niveau anticipé et l’écart de pro-
duction à son niveau naturel. Lorsque les autorités monétaires mènent une politique
monétaire expansionniste, la demande augmente ce qui accroı̂t les prix. Comme les
travailleurs sous-estiment l’inflation, le coût unitaire de production des firmes va bais-
ser ce qui va les inciter à embaucher davantage de travailleurs. Donc la production
va augmenter à court terme: les travailleurs reçoivent des salaires plus élevés mais
pas suffisamment importants pour compenser l’inflation. Parallèlement, la hausse des
prix réduit le pouvoir d’achat de la monnaie et va donc atténuer l’effet multiplicateur
Keynésien. En supposant que les anticipations sont adaptatives ce qui signifie qu’à
chaque date, les travailleurs corrigent progressivement leurs erreurs d’anticipations,
la courbe d’offre agrégée de court terme va se contracter jusqu’à revenir à un niveau
compatible avec le niveau naturel de production: comme les travailleurs révisent leurs
anticipations, ils exigent des salaires de plus en plus élevés ce qui contracte l’offre au
cours du temps.
A l’aide du modèle OA-DA, nous disposons d’un outil qui permet d’analyser les effets
à court terme et à long terme de chocs de demande. Nous utiliserons ce modèle pour
analyser les effets d’une politique monétaire expansionniste ce qui nous permettra de
déduire la Courbe de Phillips qui traduit les déplacements de la demande agrégée
le long de l’offre agrégée. Cette courbe de Phillips est obtenue en combinant l’offre
agrégée de court terme qui relie l’écart d’inflation à l’écart de production et la relation
d’Okun qui relie l’écart de chômage à l’écart de production.
Comme la courbe de Phillips relie l’inflation au chômage, elle est en mesure de nous
dire de combien on doit augmenter le chômage pour faire baisser l’inflation. Cette
mesure correspond au concept de ratio de sacrifice qui indique de combien doit dimi-
nuer l’activité économique ou de combien doit augmenter le taux de chômage pour
faire diminuer le taux d’inflation. Ce concept a notamment été introduit pour évaluer
le coût en termes de chomage ou d’activité économique des phases de désinflation
qu’ont connu la majorité des pays de l’OCDE dans les années 1980.
Les phases de désinflation étant particulièrement coûteuses pour l’activité économique
et le chômage, les pays riches ont mis en place un système monétaire doté d’une
Banque centrale indépendante dont l’objectif est d’assurer la stabilité d’inflation.
Ce type d’environnement institutionnel a notamment été suggéré à la suite d’un ar-
ticle de Kydland et Prescott (1977) qui montrent que la Banque centrale a intérêt à
dévier de son objectif d’inflation car en augmentant la demande et donc l’inflation,
elle stimule l’activité économique et donc diminue le chômage. Toutefois, comme les
individus l’anticipent, ces anticipations neutralisent totalement l’effet de la politique
monétaire expansionniste sur l’activité économique et aboutit au final à une inflation
plus élevée. Contrairement à ce que nous avons supposé précédemment, les individus
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une phase de 1960 à 1980 où le taux de croissance est bien supérieur au taux d’intérêt,
une phase défavorable sous l’effet de la montée du taux d’intérêt réel de 1980 à 1995,
une phase favorable de 1995 à 2008 associée à une croissance économique soutenue
et des taux d’intérêt faibles où il y a eu un effort de réduction de déficit budgétaire
jusqu’en 2002. Puis depuis 2008, le niveau de la dette publique en pourcentage du
PIB a augmenté de 50% en 5 ans. Etant donné la faiblesse des taux d’intérêt réels
de l’ordre de zéro et de la croissance quasiment nulle, il suffirait à la France d’un
solde primaire équilibré (dépenses publiques égales recettes fiscales) pour stabiliser
la dette publique.
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Macroéconomie
Théorie et faits
L2 ECO
CARDI Olivier
Université de Tours
2016-2017
Table des matières
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
i
Table des matières
2.4 Productivité horaire du travail, temps de travail et taux d’emploi dans les pays
de l’OCDE : constats et politiques publiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
ii
Table des matières
2.7 Un modèle statique de chômage : chômage structurel et rigidité du salaire réel 114
2.7.2.6 L’impact des négociations collectives sur l’emploi : les faits . 138
2.7.3.2 La relation entre effort et salaire et son impact sur le chômage 143
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
iii
Table des matières
3.5.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
iv
Table des matières
4.5.3 Les effets à court terme et à moyen terme d’une politique monétaire
expansionniste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.6.3 Les effets à court terme et à moyen terme d’une politique budgétaire
restrictive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
v
4.9.1 Evolution du déficit budgétaire et de la dette publique dans les pays
industrialisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
vi