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Géomorphologie : Concepts et Méthodes

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2024 00:37

Cahiers de géographie du Québec

La géomorphologie et ses subdivisions – Quelques


considérations générales
Peter V. Cotet

Volume 10, numéro 19, 1965

URI : https://id.erudit.org/iderudit/020566ar
DOI : https://doi.org/10.7202/020566ar

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Éditeur(s)
Département de géographie de l'Université Laval

ISSN
0007-9766 (imprimé)
1708-8968 (numérique)

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Citer cette note


Cotet, P. V. (1965). La géomorphologie et ses subdivisions – Quelques
considérations générales. Cahiers de géographie du Québec, 10(19), 101–107.
https://doi.org/10.7202/020566ar

Tous droits réservés © Cahiers de géographie du Québec, 1965 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des
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NOTES

La géomorphologie et ses subdivisions


Quelques considérations générales

La science géomorphologique, bien que relativement récente, a enregis-


tré, pendant les vingt ou trente dernières années, de remarquables progrès tant
du point de vue théorique que du point de vue pratique. Son développement,
surtout en ce qui concerne ses méthodes de recherche et ses rapports avec les
sciences limitrophes, impose la systématisation des nouvelles données dont elle
s'est enrichie, de même que la systématisation des problèmes qu'elle aborde,
à un niveau de plus en plus élevé. Dans cette note, nous allons exposer notre
opinion 1 sur les problèmes d'ensemble de cette science, tels qu'ils se dégagent des
nombreux travaux spécialisés publiés en diverses langues. On n'ignore pas que
le relief terrestre est l'un des plus importants éléments du milieu géographique ;
il est le théâtre où se développe l'action la plus complexe de la nature et de
la société humaine. Le relief doit donc être analysé sous tous ses aspects,
en tant que résultat de l'action réciproque des processus internes et externes,
considérés dans leur développement historique. Or, c'est justement la géomor-
phologie qui a pour objet le relief— en tant qu'élément du milieu naturel actuel
— et son évolution géologique.
Le nom de cette science du relief ne fut cependant pas le même partout,
à travers le temps. On l'a appelé morphologie de la surface de la terre, morpho-
logie de la lithosphère, morphologie terrestre, morphologie tout simplement, physio-
graphie, géomorphologie. À présent, la forme qui s'est imposée le plus est celle
de géomorphologie, qu'on utilise à peu près partout. Il semble, d'ailleurs, que
ce manque d'unité en ce qui concerne le nom de cette science se soit reflété aussi
dans sa définition.
La définition classique de la géomorphologie comme (( description expli-
cative des formes de terrain )) est due à W. M. Davis, et elle a été complétée,
ultérieurement, par d'autres définitions, plus complexes, comme par exemple :
(( la description, la classification et la corrélation des formes de terrain », ou
bien (( la description systématique des formes de terrain et leur interprétation
en tant que résultat de l'histoire géologique )), etc.
Nous n'avons évidemment pas l'intention de présenter ici toutes les
définitions de la géomorphologie, ou d'en apprécier la meilleure ; nous voulons
seulement souligner la nécessité qu'une telle définition inclue la notion de relief
en tant qu'objet d'étude de cette science (la géomorphologie étant celle qui
s'occupe de l'étude du relief de I'écorce terrestre —- subaérien ou subaquatique).

Morphologie et géomorphologie
La morphologie et la géomorphologie sont deux notions très proches,
que beaucoup de chercheurs confondent souvent ; ne faisant aucune distinction
entre elles, ils les utilisent parfois parallèlement, dans les mêmes articles ou tra-
vaux. En analysant, par éléments constitutifs, le nom de la science du relief
— la géomorphologie — (géo, (( terre )) ; morphê, <( forme », et logos, « discours »,
« étude »), l'on constate qu'il désigne (( l'étude de la forme de la terre » et non
1
COTET, P. V., La géomorphologie, principes et méthodes de recherche (manuscrit), Bucarest,
1960.
102 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

pas des formes du relief ; il n'inclue donc pas fidèlement l'objet^ p r o p r e m e n t dit
de cette science, a y a n t un contenu seulement conventionnel. À notre avis, les
deux notions — morphologie et géomorphologie — p e u v e n t être maintenues et
utilisées s i m u l t a n é m e n t , mais il faut leur conférer des sens différents.
Le passage de la notion de morphologie à celle de géomorphologie n'est
pas accidentel ; il s'est produit j u s t e m e n t dans la phase où l'on a fixé les critères
de base s u i v a n t lesquels il faut considérer le relief dans son é t a t actuel — objet
d ' é t u d e complexe de la géomorphologie.
Le r e l i e f — d e la terre entière ou d'une région quelconque — doit être
étudié à trois points de vue :
— celui de la physionomie,
— celui de la genèse, et
— celui de l'âge.
Ces trois points de vue correspondent à la morphologie, à la morphogénèse et à la
morphochronologie qui, dans leur ensemble, c o n s t i t u e n t la connaissance complexe
du relief ou connaissance géomorphologique. 2 C e t t e trilogie constitue la base de
la science du relief.
La notion de morphologie est utilisée à présent non seulement pour l'é-
t u d e du relief, mais aussi par d ' a u t r e s sciences. Elle représente une p a r t de
t o u t e s les sciences qui s'occupent de la forme et de la s t r u c t u r e de divers objets
ou phénomènes ; c'est le cas de la morphologie des plis (dans la tectonique), de
la morphologie des particules (dans la lithologie), de la morphologie animale ou
végétale (dans la biologie). Il y a, également, une morphologie en linguistique,
une morphologie des établissements humains (des villes, par exemple), une
morphologie des sols, une morphologie des terrains agricoles, etc.
La notion de morphologie p e u t être considérée c o m m e une catégorie
scientifique bien précise dans la l i t t é r a t u r e géographique roumaine, par exemple
chez le grand s a v a n t Simeon M e h e d i n t i (1931) ; selon lui elle est propre non seu-
lement à la lithosphère, mais aussi à l'hydrosphère, à l'atmosphère et à la bio-
sphère. C'est là le sens que nous accordons, nous aussi, à la notion de morpho-
logie dans l'étude du relief, de ses formes et de sa s t r u c t u r e de surface, l'étude
de la topographie, de l'orographie ou de la physionomie du relief r e p r é s e n t a n t
donc seulement une partie de son ensemble. D e nos jours il ne suffit pas de
réduire l'étude du relief à l'aspect seul, à la physionomie ou à la morphologie.
À côté de la notion de morphologie, dans la science de la n a t u r e , il existe
encore d'autres notions, telles morphogénèse et morpbodynamique* qu'on utilise
(le relief mis à p a r t ) lorsqu'on caractérise divers éléments de la n a t u r e (bio-
logistes, pédologues, etc.). C'est pourquoi il est absolument nécessaire d'ajouter
à ces termes, q u a n d ils sont employés isolément par les géomorphologues, le
mot spécificatif relief : morphologie du relief, morphogénèse du relief, morpho-
d y n a m i q u e du relief.

Les subdivisions de la géomorphologie


Au p o i n t de vue méthodologique, le processus de la connaissance du re-
lief doit commencer avec sa description, passer ensuite à l'explication causale de
sa formation, et finir par la détermination de l'âge. E n p a r t a n t de cette idée,
on p e u t diviser la géomorphologie en trois : géomorphologie descriptive, géomorpho-
logie génétique et géomorphologie historique.

2
C'est le sens de géomorphologie complète, d'après L.-E. HAMELIN, 1964.
3
Grand Larousse Encyclopédique, Paris, 1960.
NOTES 103

La géomorphologie descriptive constitue une première phase dans l'étude


du relief ; selon nous, on pourrait l'appeler aussi morphologie du relief.4 Le
chercheur qui étudie le relief directement sur le terrain, au sein de la nature
même, est frappé, tout d'abord, par son aspect, par sa physionomie, sans savoir
encore comment ni quand ce relief s'est formé. Il vient donc en contact pre-
mièrement avec la physionomie du relief, avec son altitude, avec son degré de
fragmentation (il constate si le relief est plat ou ondulé), avec le caractère des
vallées, des interfluves et des versants (abrupts ou doux), etc.
La géomorphologie descriptive envisage le relief autant sous son aspect
qualitatif — par la morphographie — que sous son aspect quantitatif — par la
morpbométrie, qui constituent, ensemble, la morphologie du relief. L'analyse du
relief au point de vue physionomique ouvre la perspective de la connaissance de
l'aspect spécifique des diverses régions du globe terrestre.
L'analyse morphologique du relief doit mettre en évidence sa répartition,
sa structure superficielle, sa fragmentation, le caractère des pentes, etc., tel qu'il
se présente maintenant. La structure de la surface du relief — en tant que ré-
sultat de sa fragmentation horizontale et verticale — est due à certaines lois
spécifiques que le géomorphologue doit déchiffrer, établir. Une connaissance
approfondie de la morphologie du relief, de même que sa représentation gra-
phique — des cartes de la densité de la fragmentation, de la profondeur de celle-
ci, des cartes du système des pentes, ainsi de suite — sont d'une grande impor-
tance pratique, puisqu'elles intéressent d'une manière spéciale le secteur agricole,
l'urbanisme, la géotechnique, l'analyse du complexe physicogéographique, etc.
L'analyse morphologique du relief facilite la compréhension des processus qui
l'ont engendré, constituant, pour ainsi dire, un préambule de sa morphogénèse.
La géomorphologie génétique représente la partie de la géomorphologie qui
s'occupe de la causalité du relief, qui a en vue la connaissance des processus qui
l'ont créé, par l'intermédiaire des agents morphogénétiques. Elle comprend
toute la dynamique du relief, chronologiquement analysée, et se superpose à ce
qu'on appelle, dans son ensemble, la géomorphologie dynamique. D'après la
nature des processus génétiques, cette partie de la géomorphologie inclue la
morphodynamique interne (ou l'endodynamique) et la morphodynamique externe
(ou l'exodynamique) du relief. Ces deux subdivisions de la géomorphologie
génétique sont plus connues, à présent, sous les noms de géomorphologie structu-
rale et de géomorphologie sculpturale ou bien géomorphologie climatique, la pre-
mière ayant à sa base la tectonique, la seconde, le climat. L'importance de ces
deux facteurs morphogénétiques fondamentaux est essentielle dans l'étude du
relief et le rapport entre eux augmente ou diminue selon la prédominance —
dans le temps, tout au long de l'histoire du relief—de l'un (la tectonique) ou
de l'autre (le climat) en diverses régions ( T > C et C < T ; C > T et T < C ) . 5
De nos jours on accorde, on pourrait dire sur le plan mondial, une plus
grande attention à la géomorphologie climatique (J. Tricart, A. Cailleux, 1953 ;
M. Derruau, 1957) qu'à la géomorphologie structurale. Cela apparaît comme
une réaction contre la théorie du (( cycle d'érosion )), que beaucoup de géo-
morphologues traitaient, auparavant, isolément, séparé des conditions concrètes
du milieu naturel et de ses lois de développement (les lois de la zonalité géo-
graphique Iatitudinale et altitudinale). II s'en suit qu'on arriva à une meilleure
connaissance des problèmes de géomorphologie fluviale, glaciaire, périglaciaire,
éolienne, etc., de même que des lois morphoclimatiques, des lois spécifiques à
chacun des agents externes.
1
Ce fut le sens initial de l'étude du relief, dû à Goethe qui, en 1817, employa pour la
première fois la notion de morphologie pour le relief. (Glossary of Geology and Related Sciences,
1962).
5
T : tectonique ; C : climat.
104 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

En échange, il faut remarquer que, parallèlement, la géomorphologie


structurale resta un peu en arrière, progressant surtout du côté de la tectonique,
par des études concernant les grandes unités structurales de la terre (I. P. Ghé-
rassimov, 1946, et P. Birot 1958, etc.). Les deux parties de la géomorphologie
structurale sont la morphotectonique et la morpholithologie.
On sait que la morphotectonique analyse le relief au point de vue des don-
nées tectoniques et tâche de dépister comment le relief reflète (de manière ac-
tive ou passive) les éléments de la tectonique, contribuant ainsi à l'éclaircisse-
ment des problèmes de I'endodynamique.
La morpholithologie analyse le relief sous l'aspect du comportement des
roches face à l'action de la dénudation, ayant pour but en même temps de re-
constituer aussi les conditions morphotectoniques et morphoclimatiques du passé.
Par rapport aux notions de base de la géomorphologie génétique, il est
important de relever l'expression de système morphogénétique, qui réunit, selon
nous, autant le côté morphostructural que le côté morphosculptural caractéristi-
ques d'une région quelconque à une certaine époque.
En même temps, il nous semble également indispensable, dans les études
de géomorphologie génétique, de caractériser le relief au point de vue morpho-
génétique (comme résultat de l'action endo-exogène), à la suite de l'analyse préa-
lable. D'après le facteur génétique prédominant, il y a un relief tectonique, un
relief volcanique, un relief d'érosion et un relief d'accumulation. Ce sont des
cas simples. Dans la réalité il y a des exemples encore plus complexes pour
lesquels on emploie des mots composés tels : relief tectono-érosif, relief érosivo-
tectonique ; relief volcano-érosif, relief érosivo-volcanique ; relief accumula-
tivo-érosif, etc.
La géomorphologie historique constitue la partie la plus complexe de l'é-
tude du relief, puisqu'elle étudie l'évolution du relief et l'établissement de son
âge. C'est pourquoi elle a suscité et elle suscite encore aujourd'hui de grandes
discussions, certains problèmes de géomorphologie historique n'étant p>as assez
bien élucidés. Une chose est, en tout cas, certaine : c'est que l'histoire du
relief doit constituer le résultat de l'analyse des systèmes morphogénétiques
spécifiques aux diverses étapes — avec leurs deux facettes : morphostructurale
et morphosculpturale.

Le sens de l'évolution du relief


Le rapport entre l'action des processus internes et externes se reflète
dans le sens prédominant de l'évolution du relief, sens qui peut être ascendant
ou descendant. L'introduction de ces notions dans la géomorphologie est due à
W. Penck (1924) : la phase ascendante se produit lorsque T > D , la phase
descendante, lorsque D > T . Quand T = D, on arrive à une phase d'équilibre
relatif, reflétant les conditions locales spécifiques, variables, bien entendu, dans
le temps et dans l'espace.
En dehors du sens évolutif ascendant, imprimé par la tectonique, et du
sens évolutif descendant, imprimé par la dénudation, il y en a encore d'autres,
tels : descendant-tectonique (dans le cas des dépressions de subsidence) et as-
cendant-accumulatif (dans le cas des plaines de lœss, des dunes, des terrasses
fluviatiles, etc.), qui doivent être eux aussi envisagés.

L'évolution du relief se produit-elle par cycles ou par étapes ?


La théorie du cycle d'érosion (W. M. Davis) a le grand mérite d'avoir
introduit dans la géomorphologie la notion d'évolution — avec ses trois stades :
celui de la jeunesse, celui de la maturité et celui de la vieillesse — par laquelle on
entend la transition d'un relief montagneux vigoureux à un relief plat, à un re-
NOTES 105

Iief de pénéplaine. L'inconvénient de cette théorie consiste dans le fait qu'elle


n'exprime que la phase descendante, sculpturale, du relief. En dépit des amen-
dements apportés ultérieurement (surtout par Emm. de Martonne) au con-
cept du cycle d'érosion — spécialement dans le sens de sa compréhension non
pas comme une répétition de résultats, mais seulement de la dynamique, effectuée
en d'autres conditions de développement — celui-ci est utilisé à présent de
moins en moins. Son caractère unilatéral et l'absence de tout rapport avec
l'histoire concrète du relief ont canalisé les recherches en d'autres directions.
Une place tout à fait importante fut acquise par les notions d'étape et de
phase, en tant qu'unités chronologiques du relief. En Roumanie, elles furent
introduites par les travaux de l'auteur de cet article (P. V. Cotet, 1957, 1958,
1960) et utilisées ensuite dans les travaux récents d'autres géomorphologues
roumains (V. Micalevich, 1960 ; Gr. Posea, 1962 ; V. Michailescu, 1963 ;
Gh. Niculescu, 1965, etc.). Cette nouvelle tendance est bien évidente égale-
ment en France. Citons parmi les récentes thèses de doctorat celles de J. Mas-
seport, 1960 ; R. Coque, 1962 ; P. Gabert, 1962 ; H. Elhai, 1963 ; Y. Bravard, 1963.
L'étape de l'évolution du relief doit être considérée comme le résultat de
l'interférence réciproque et permanente entre l'action des processus internes et
celle des processus externes, dans un certain intervalle de temps. Elle com-
prend deux phases étroitement reliées —• une phase morphostructurale (dans la-
quelle prédominent les processus tectoniques-ascendants) et une phase morpho-
sculpturale (dans laquelle prédominent les processus climatiques-descendants)
dont le développement est concomitant, mais à intensités et rythmes divers, au
cours de l'histoire du relief. La durée des étapes est différente, étant en rapport
direct avec la durée et l'interaction des processus morphogénétiques. L'éta-
blissement des étapes doit avoir pour base la connaissance des lois de l'exten-
sion, de la formation et de l'évolution du relief. Nous allons citer — afin de
donner des exemples concrets de cette question — les étapes établies dans l'évo-
lution du relief de la Roumanie : l'étape pré-mésocrétacée, l'étape du Crétacé
moyen-Crétacé supérieur, l'étape paléogène, l'étape néogène et l'étape quaternaire
avec les deux phases — le Pléistocène et le Holocène (P. Cotet, 1959, 1960).
À l'échelle mondiale, on peut parler d'une paléochronologie, d'une néo-
chronologie et d'une actuochronologie du relief de I'écorce terrestre. 6
La paléochronologie se rapporte à la très longue période qui précéda la
fin du Tertiaire (le Pliocène) et qui connut beaucoup de phases tectoniques et
climatiques (et diverses, à la fois). La néochronologie se rapporte à la fin du
Tertiaire (et surtout au Pliocène) et au Pléistocène, lorsque se produisirent d'im-
portants mouvements tectoniques verticaux (la phase néotectonique) et des
changements climatiques (la glaciation pléistocène) dont les conséquences se
sont reflétées spécialement dans la morphodynamique du relief. Uactuochrono-
logie se rapporte aux temps les plus récents de l'histoire du relief (PHoIocène),
alors que l'activité tectonique et le climat se reflètent par les processus ac-
tuels, fort variés d'ailleurs, autant en plan vertical qu'en plan horizontal.
L'établissement de l'âge du relief résulte de l'analyse complexe des don-
nées stratigraphiques, archéologiques, morphologiques, etc., et devient de plus
en plus difficile au fur et à mesure qu'on pénètre dans le passé (de l'actuorelief
au néorelief et puis au paléorelief).
II est nécessaire de souligner, enfin, que les trois divisions de la géo-
morphologie (descriptive, génétique et historique) ont un aspect d'application
immédiate dans la cartographie. Toute carte géomorphologique générale doit
refléter à la fois la physionomie, la genèse et l'âge du relief, représentés, bien
entendu, d'une manière graphique différente.
6
Chose évidente pour le relief en général, tout en pouvant parler aussi d'une paléogéo-
morphologie, d'une néogéomorphologie et d'une actuogéomorphologie.
Cahiers de Géographie de Québec — 8
106 CAHIERS DE GEOGRAPHIE

La géomorphologie et son développement dans l'avenir


L ' é t u d e du relief fut revendiquée et l'est aujourd'hui encore aussi bien
par les géologues que par les géographes, les uns parce que la géomorphologie
n a q u i t au sein de la géologie, les autres parce qu'elle se développa s u r t o u t au
sein de la géographie. D e là la t e n d a n c e à séparer cette science en géomorpho-
logie géologique et géomorphologie géographique (R. J. Russell, 1949, 1958). 7
Q u a n t à nous, nous considérons que la géomorphologie est une science unitaire
•— comme le relief est unitaire — qui ne peut, d ' a u c u n e façon être p a r t a g é e
entre la géologie et la géographie. Cela n'empêche toutefois pas le géologue ou
le géographe d'étudier le relief, chacun de son point de vue et pour son propre
c o m p t e ; mais ni l'un ni l'autre ne peut faire une géomorphologie d'ensemble,
une géomorphologie véritable.
Ceux qui revendiquent le plus la géomorphologie, ce sont les physico-
géographes qui considèrent que si la géomorphologie était détachée de la physico-
géographie, cette dernière perdrait sa base, son fondement. C'est s u r t o u t la
thèse de ceux qui c o m p r e n n e n t la géographie physique c o m m e la somme méca-
nique des éléments du milieu géographique naturel (relief + climat -f hydrogra-
p h i e + s o l s + v é g é t a t i o n + animaux) et non pas comme un tissu ou comme un
enchaînement organique entre ces éléments caractéristiques des diverses régions
du globe qui constituent, ensemble, ce qu'on appelle le complexe physicogéo-
graphique. Les physicogéographes, qui font des recherches géomorphologiques,
climatologiques, hydrologiques, etc., ne seront, selon nous, jamais à même de
faire, en même t e m p s , ce qui leur incombe, c'est-à-dire la géographie physique
ou l'étude du complexe physicogéographique dans son ensemble.
Pour résoudre leurs problèmes spécifiques, les physicogéographes n ' o n t
besoin d'étudier que certains éléments du relief, et s u r t o u t ceux de la morpho-
logie ou géomorphologie fonctionnelle, d'après Louis-Edmond Hamelin (1964).
Les r a p p o r t s entre la géographie et la géomorphologie sont très clairement ex-
posés par le même a u t e u r .
L'indépendance de la géomorphologie a certainement un caractère seule-
m e n t relatif et ne signifie point sa séparation des autres sciences limitrophes ;
au contraire, elle implique une liaison très étroite avec celles-ci. T o u t d'abord
le géomorphologue doit a m p l e m e n t utiliser les données concrètes de la géologie
et de la physicogéographie, mais il doit, en même t e m p s , les considérer en fonc-
tion de son b u t . II doit user aussi des données de la géophysique, de la géo-
chimie, de la p h o t o g r a m m é t r i e , etc.
La géomorphologie, la science du relief dans son ensemble, se développe au
c o n t a c t des sciences géologiques et géographiques. C o m m e n t évoluera-t-elle
dans l ' a v e n i r ? D ' u n e manière indépendante, sans doute, comme une science à
part, mais auprès des sciences apparentées, t o u t en observant ses lois propres —
les lois morphostructurales et les lois morphosculpturales. Le véritable progrès
de la géomorphologie —- d o n t la nécessité se fait, d'ailleurs, ressentir de plus en
plus par les sollicitations de la p r a t i q u e — n'est possible ni au sein de la géologie
ni au sein de la géographie physique, qui ont, chacune, d ' a u t r e s tâches.
Dr. P e t r e V. COTET,
maître de conférences,
université de Bucarest.
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TRICART, J., 1956, La géomorphologie et la pensée marxiste, dans La Pensée, n° 69.
TRICART, J., et CAILLEUX, A., 1953, Cours de géomorphologie. Deuxième partie : Géomorphologie
climatique. Fasc. I. Le modelé des pays Jroids 1° Le modelé périglaciaire, Paris.

Réflexions géomorphologiques relatives au Québec méridional*


Pour la plupart des géographes européens, le Canada est un musée de
formes glaciaires. En fait, j'ai surtout été impressionné par l'amplitude des
formes d'érosion fluviale, laquelle est guidée très étroitement par des accidents
tectoniques, failles, diaclases, auxquelles il faut ajouter, dans la partie appala-
chienne, l'orientation des plissements.
En tous lieux, on reconstitue avec aisance des surfaces d'érosion réalisées
à l'échelle continentale ; déformées, basculées, il est difficile de les identifier
avec certitude, à moins de les multiplier outre mesure. Ces surfaces ne doivent
rien aux glaciers qui se sont contentés de les égratigner, les striant, laissant
de véritables champs de roches moutonnées, ou les « saupoudrant )) d'une
1
Ce ne sont que des idées générales peu à peu concrétisées par quelques sorties de terrain,
l'examen minutieux d'une impressionnante quantité de cartes au 1: 50,000, de quelques couples
stéréoscopiqucs et, surtout, par de nombreuses conversations (( à bâtons rompus » avec mes
excellents collègues de l'Institut de géographie de l'université Laval. En fin de compte, j ' a i
grand peur que les idées exprimées dans cette courte note leur soient reprochées. Tout ce qui
est valable, c'est à mes collègues que je le dois ; les erreurs ressortissent à ma seule responsabilité.

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