Dialogue national inclusif au Gabon
Dialogue national inclusif au Gabon
ECHOS DU NORD
Dialogue national inclusif
Le bureau
plante le décor “Change. Believe”
Hebdomadaire Gabonais d’informations — 18 année e Barack Obama
Lire en page2 N°859 du Lundi 8 avril 2024 - Prix : 600 [Link]
A
Echos du Nord : Vous venez
près un temps de partisanes. Le président du d’être installé en tant que prési-
réglage, la pre- bureau du DNI a conclu dent de la commission écono-
mière plénière du son propos en rappelant mique, quel est votre sentiment
dialogue national inclusif aux uns et aux autres que : ?
(DNI) s’est tenue ce 6 « Rien n’est écrit d’avance
avril, au stade de l’amitié et qu’il appartient aux Pr Gabriel Zomo Yebe : C’est
d’Angondjé, dans la commissaires, orientés par une grande responsabilité. J’en
commune d’Akanda. Elle l’ensemble des contribu- suis conscient parce que l’avenir
a débuté par un moment tions, la responsabilité du Gabon en dépend. L’avenir du Gabon, c’est-à-dire ma
de prières, suivi de d’écrire une nouvelle page vie, celle de mes enfants, de mes petits-enfants et de tous
les Gabonais. Je pense que l’occasion nous est donnée d’of-
l’hymne national, La de l’histoire de notre pays. frir le meilleur de nous-mêmes pour l’avenir de ce pays.
Concorde. » On l’a fait pour d’autres pays, mais maintenant, il nous faut
Par la suite, le mot d’ou- Le deuxième temps fort de aller de l’avant pour que le Gabon sorte enfin de tous les
verture du président du cette plénière a été la pré- problèmes que nous connaissons et qui malheureusement
bureau des assises, l’ar- sentation et l’installation retardent notre propre pays. On va essayer de trouver des
chevêque métropolitain de des membres des bureaux solutions, et des solutions pérennes à tout ce qui touche les
Libreville, Jean Patrick des commissions et sous- Gabonais. De la finance à l’emploi ; du bien-être social à
Iba-Ba. Il a rappelé le commissions. Le troisième la culture. Evidement, je ne suis pas le président de toutes
contexte dans lequel le moment a été l’interven- les autres commissions, mais en ce qui concerne ma
DNI a été convoqué, à la tion du rapporteur général commission, on trouvera des solutions et j’en suis sûr.
suite du « Coup de libéra- du DNI, la ministre de la Qu’est-ce qui va être concrètement fait à partir de ce
tion » intervenu le 30 aout Réforme des institutions, lundi?
2023, une réaction des mi- Murielle Minkoué Mintsa.
litaires aux incertitudes Elle a axé son propos sur A partir de ce lundi, nous commencerons véritablement les
politiques, sociales et éco- trois points. Première- discussions au sein des sous-commissions. Et je suis chargé
nomiques qui prévalaient ment, la présentation du d’animer toutes les sous-commissions, de regarder,
dans notre pays. En pré- règlement intérieur des as- d’orienter les débats et d’esquisser également des solutions.
sence de plus de 600 parti- sises. Règlement intérieur Des solutions que doivent adopter aussi les autres commis-
cipants, Mgr Iba-Ba a adopté par le bureau saires.
évoqué les objectifs de conformément à l’article 8
cette grand-messe : « Il du décret 115 convoquant
s’agit de rassembler les le DNI. Ensuite, le calen- Ils ont dit... Ils ont dit... Ils ont dit...
Gabonais de tous bords, drier des travaux, partant
sans exclusion, pour pan- de la cérémonie d’ouver- Wayi, acteur culturel : « On est souvent marginali-
ser les blessures du passé ; ture, au palais des Sports, sés parce qu’on ne considère pas ce qu’on fait comme
construire une nation ré- à la clôture prévue pour le travail. Mais aujourd’hui, les choses sont en train de
conciliée et solidaire. Mais 30 avril 2024. Enfin, Mu- changer progressivement. Et on voit que le président
aussi de trouver des solu- rielle Minkoué Mintsa a veut impliquer tout le monde dans cette cohésion et
tions innovantes et du- présenté le programme cela est à féliciter. »
rables aux défis qui quotidien des panélistes. A
assaillent notre pays. » Il a ce propos, elle a indiqué Omar Defunzu : « Nous avons des choses à dire.
ensuite invité l’ensemble que les participants débu- Nous le disons déjà dans nos chansons, nos sketchs,
des commissaires à faire teront les travaux au sein nos films. Mais c’est important aussi qu’on soit asso-
preuve de patriotisme, à des sous-commissions à cié aux politiques pour pouvoir prendre ensemble des
dépasser les clivages et à partir de 8 h 30 pour les décisions qui vont faire en sorte que demain nous
demeurer dignes de la clore à 17 h 30. nous retrouvions dans les situations meilleures et faire
confiance placée en nous, Au terme de cette séance, en sorte que nous vivions dans un Gabon que nous
acteurs majeurs de ce dia- la parole a été donnée aux voulons comme le dit le slogan. »
logue, afin de porter l’es- participants qui ont
pérance d’un Gabon adressé des questions aux conditions d’adoption du les commissions ont pris Manitou : « C’est notre pays, il faut bien qu’on
nouveau. membres du bureau du règlement intérieur ou en- possession des salles al- puisse travailler dessus pour avoir une nouvelle ver-
3 L’archevêque a, par ail- DNI. Cela a été l’occasion core aux critères ayant louées à chacune d’elles. sion artistique, parce qu’on a trop parlé dans les cou-
leurs, donné le ton de la pour ces derniers de re- prévalu à l’affectation au Ainsi, les travaux en lisses, il est temps qu’on vote des lois qui seront
discipline de travail at- layer un certain nombre de sein des commissions. commissions vont débuter favorables aux artistes. ».
tendu, tout en invitant cha- préoccupations liées aux Pour clore cette journée, dès ce lundi 8 avril.
L e 2 avril dernier, le
président de la Répu-
blique, Brice Clotaire
Oligui Nguema, ouvrait offi-
ciellement les travaux du
dialogue national inclusif
(DNI) au palais des Sports
de Petit-Paris. La cérémonie
a eu un déroulé atypique,
entre chants folkloriques du
Gabon profond, rapp et
tradi-rapp, tandima de Lau-
riane Ekondo, digne héri-
tière, aux sonorités
transcendantes de Papé
Nziengui. Cela couronné par
des artistes engagés et dont
certains ont traversé le temps
: Annie Flore Batchiellilys,
Hilarion Nguema, Martin
Rompavet, André Pépé Nze et, enfin, l’accompagnement compagnement se poursui-
et Pierre Claver Aken- par la Facilitation suivant le vait et le Gabon était appelé
dengue. Des sons et des cou- protocole relatif au Conseil à manifester une volonté de
leurs pour imprimer l’esprit de paix et de sécurité de sortie de crise.
de convivialité de ce dia- l’Afrique centrale (Copax). Toute chose qui paiera à la
logue. Des décisions prises au terme 24e session extraordinaire
Puis est venu le temps de la de trois sessions des chefs des chefs d’Etat de la
parole. D’abord le message d’Etat de la CEEAC tenues à CEEAC tenue le 9 mars
de Mgr Jean-Patrick Iba-Ba, Malabo le 31 août 2023, le 4 2024. Les chefs d’Etat, ayant
archevêque de Libreville, et septembre et 15 décembre. pris note de l’adhésion du
président du directoire du Faisant l’historique de la si- peuple et de l’inclusivité du
DNI. Il a commencé par sou- tuation, Faustin Archange processus, ont décidé de
ligner l’importance de l’évé- Touadera a évoqué les pro- lever la suspension du Gabon
nement en disant combien il grès du Gabon, notamment la de la CEEAC. A l’endroit du
en mesurait la « gravité et la volonté des autorités de re- chef de l’Etat gabonais,
solennité ». Le prélat a en- chercher les voies de consen- Faustin Archange Touadera
suite plongé dans l’histoire sus, faits observés par la aura ces mots : « L’homme
pour en exhumer quelques quasi-totalité des chefs qui détient le pouvoir ne doit
reliques. Dans cet exercice rappelé que dans le chrono- Touadera a attiré l’attention sa nécessité vu la prise de d’Etat. Ils valideront le chro- pas être jugé selon ses
de fouille, il a exposé sur la gramme adopté par les chefs des Gabonais dans leur en- pouvoir par les forces de dé- nogramme présenté par le paroles mais selon ses actes.
table quatre instants mémo- d’Etat de la CEEAC semble sur leur responsabi- fense. Ce qui a enclenché des Gabon à la session du 15 dé- » Puis il a jouté : « L’acte que
rables de cette histoire : la (Communauté économique lité vu que « les regards des réactions en chaîne au sein cembre 2023 à la présenta- vous posez aujourd’hui vous
conférence nationale de des Etats de l’Afrique cen- peuples de la CEEAC sont des chefs d’Etat de la tion à mi-parcours du rapport libère de vos promesses. »
1990, les accords de Paris de trale) en décembre dernier, il tournés vers Libreville ». Ré- CEEAC qui ont condamné de la Facilitation. Certes, les Aux Gabonaises et aux Ga-
1994 ; les accords d’Arambo figurait ce point sur le dia- vélant ainsi une manifesta- l’acte perpétré au Gabon par sanctions ne seront pas le- bonais, le facilitateur dira : «
en 2006, les assises d’An- logue inclusif. Toute chose tion de leur intérêt sur ce qui une batterie de décisions dont vées, notamment la suspen- Vous êtes réunis pour réap-
gondje en 2017 et la concer- qui montre aussi que la partie se déroulait au Gabon. « Le : la suspension des activités sion, toutefois, il sera décidé prendre à vivre ensemble.
tation politique de 2023. gabonaise a montré son sé- dialogue, dira-t-il, est le de la CEEAC jusqu’au retour de la suspension de la déci- Vous êtes conviés aux noces
Pour constater que, primo, rieux en restant scotché à ce mode durable de règlement de l’ordre constitutionnel ; le sion de délocalisation du de la Paix. »
ces réunions n’ont concerné chronogramme. Le président des conflits. » Pour montrer transfert du siège à Malabo siège de la CEEAC. L’ac-
que la classe politique et, se-
cundo, qu’elles ont « laissé
un goût d’inachevé ».
Partant de ces expériences
ratées, une note d’espoir
Les enjeux…
s’ouvre avec ce dialogue de- cité », l’indulgence sera de mise pour Il faut bien comprendre que les dif- provoquer « des changements pro-
vant amener à « sortir des Par SJL
les fausses notes qui ne manqueront férents démembrements des forces fonds issus de notre réflexion
crises qui minent le pays ». pas d’émailler l’unisson patriotique. vives de la Nation existant au Gabon commune » (Oligui Nguema) ou à
P
Cela marqué par la « volonté our autant que la transition ga- En effet, la cohésion patriotique qui sont les produits de trente-trois ans faire de telle sorte que « les Gabonais
de voir ce pays redevenir bonaise se soit désormais fait domine au Gabon ces sept mois qui de multipartisme débridé. Imaginons de toutes les couches s’accordent
digne d’éloges ». Un Gabon accepter par les Gabonais et la nous séparent de la nuit du 30 août un seul instant que le DNI ne pour adopter, par référendum, une
où « il fait bon vivre ». communauté internationale, sa crédi- 2023 n’est pas qu’apparente, elle est parvienne pas à les fédérer autour nouvelle Constitution ainsi qu’un
Pour y parvenir, les Gabo- bilisation reste profondément liée à indiscutable. Renforcée par la d’objectifs communs et les « relâche Code électoral et un Code pénal
naises et les Gabonais doi- la réussite du Dialogue national in- promptitude des autorités à parer au » dans la nature, bonjour les dégâts. fiable, qui garantit à tous les mêmes
vent « s’inscrire dans une clusif (DNI) qui vient d’ouvrir ses plus pressé palpable pour les popula- Avec à la clef plus d’une centaine de chances » (id) Mais, pour réussir
logique d’inclusion et ne pas travaux. Si le Comité pour la transi- tions – réfection des routes princi- partis qui reviendront augmenter plein pot ce tour de force, il faut en-
céder à l’incrimination » et « tion pour la restauration des institu- pales et secondaires, paiement des ainsi la demande politique, donc « core que les Gabonais, hors du réfé-
poser les bases du Gabon de tions (CTRI), le président de la rappels de pensions, rétablissement l’affairisme politique », « le clienté- rendum de décembre prochain,
demain ». Mgr Iba-Ba va in- République et la classe politique des bourses scolaires, etc. –, on peut lisme politique » et tout ce qui s’en comme un seul homme, d’une seule
sister sur la nécessité de la élargie à la vaste société civile res- être tenté de penser qu’elle permet- suit. voix, votent dans le même sens, dans
cohésion car l’on est en face sortent de ce dialogue en chantant le trait d’amortir l’impact d’un échec Au fond, ce qui est en jeu dans le l’unité. Unité à laquelle seul le DNI
d’une « occasion historique même hymne à l’« essor vers la féli- du DNI. contexte actuel consiste, certes, à peut parvenir. Jour J moins 28.
de léguer à la postérité un
Gabon plus juste et prospère
». Aussi a-t-il invité les parti-
cipants au dialogue à pro-
duire « des textes solides et
... et les objectifs
impersonnels ». Et non pas Par SJL au premier matin de la transition, ne et légitimes garantissant un Etat de • « l’instauration d’une culture de
des textes taillés à la mesure laisse aucun doute sur leur prise de droit, un processus démocratique bonne gouvernance et de citoyenneté
des hommes. Aussi a-t-il faits et cause pour l’arrivée du CTRI transparent et inclusif, apaisé et du- responsable ; »
rappelé que l’on est « face à
un éternel témoin que l’on
appelle l’histoire ». Q uels sont les objectifs de la
nuit du 30 août 2023 ? Mani-
festement, mettre fin au cycle
politique en cours, ou au régime en
place, demeurait le premier objectif à
et du général Oligui Nguema à la tête
du pays. Les progressives baisses de
garde des méfiances internationales
sont de plus en plus manifestes à l’en-
droit de la transition politique gabo-
rable, seules garanties pour un déve-
loppement véritable du Gabon ; »
• « la préservation de l’intégrité du
territoire national et de la sécurité des
personnes et de leurs biens ; »
• « l’élaboration d’une Nouvelle
Constitution et son adoption par réfé-
rendum ; »
• « l’organisation des élections lo-
cales et nationales, libres, démocra-
L’homme qui détient le
pouvoir ne doit pas être atteindre. Objectif suivant : l’adhé- naise. • « l’engagement de réformes ma- tiques et transparentes. »
jugé selon ses paroles mais sion populaire. Puis, le troisième, Aujourd’hui, il ne reste plus dans la jeures sur les plans politique, écono- L’aboutissement heureux de ce Dia-
selon ses actes l’assentiment de la communauté in- feuille de route que ce dialogue qui mique, culturel, administratif et logue National Inclusif, au 30 avril
` ternationale. Pour ces trois premiers est le point d’orgue consubstantielle- électoral ; » 2024, à coups de consensus forts et
Le deuxième temps de objectifs, on peut dire : missions ac- ment lié à l’accomplissement des • « le renforcement de l’indépen- non mous et inéquitables comme les
parole a été celui du prési- complies. La camarilla au pouvoir a missions consignées dans la Charte dance de la Justice et la lutte contre 33 ans précédents, est la condition
dent centrafricain, chargé de été énergiquement neutralisée sans de la transition au chapitre II des mis- l’impunité ; sine qua non de leurs réalisations.
la Facilitation dans la crise effusion de sang avec mise en rési- sions : • la promotion et la protection des C’est l’objectif crucial à atteindre
gabonaise. D’entrée, Faustin dence surveillée et emprisonnement. • « la refondation de l’Etat, afin de Droits de l’Homme et des libertés pu- pour l’heure. Et les Gabonais n’ont
Archange Touadera a L’explosion de joie des populations, bâtir des Institutions fortes, crédibles bliques ; » plus que 28 jours pour y parvenir.
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
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Un dialogue pour réconcilier
Par SJL
T out s’achève et
commence le 30
août 2023. Il faut
bien avoir ce repère à l’es-
prit. Les 33 ans d’un mul-
tipartisme déchaîné et
dévergondé viennent de
s’achever. 33 ans au cours
desquels, pour beaucoup,
tenir un parti revenait à
gérer une épicerie, un
commerce, une start-up.
Ils ont développé clienté-
lisme et affairisme poli-
tiques. Ça, c’est le monde
qui s’achève. Les mots
d’Oligui Nguema, le 3
avril dernier, sont sans
équivoque aucun : « le 30
août 2023, face au chaos
inéluctable dans lequel al-
lait plonger notre pays à
l’issue d’un processus
électoral volontairement
tronqué, les Forces de Dé-
fense et de Sécurité, réu-
nies au sein du Comité
pour la Transition et la
Restauration des Institu-
tions (CTRI), ont décidé
de mettre un terme au ré-
gime en place ».
Et il y a cette Transition
qui est le résultat de cette
fameuse nuit. Son format
politique volontairement
inclusif dès les premiers
jours tend à démontrer
que les autorités de la
Transition veulent aller lons pouvoir nous parler insister sur le fait que « on nous. » notre vivre ensemble » brèches qui ne sont tou-
avec tout le monde vers avec franchise et sincérité ne dit jamais, chez nous Dénotant une claire vo- Ce Dialogue National In- jours pas refermées mal-
autre chose que ce qui », un incubateur « d’idées dans nos traditions, tel et lonté de ne pas voir se dé- clusif, c’est une évidence, gré les années ». « Il est
vient de s’achever. novatrices qui inspireront tel ont discuté, ils ont velopper inutilement les est fait pour RECONCI- bon de revenir dans le
Jusqu’au 30 août 2023, le l’écriture d’une nouvelle donné leurs points de vue, contradictions au cours de LIER. Il ne s’assimile pas, passé, j’en conviens, mais
fonctionnement de nom- constitution mais aussi la ils ne sont pas d’accord ; ce DNI, la démarche du aux yeux du patron de la cela ne doit pas nous em-
bre de partis d’une classe promotion des lois favori- on ne les laissait pas Président de la Transition Transition, à « une foire pêcher d’avancer »
politique gabonaise écla- sant des élections libres comme ça. On dit : « on paraît obéir à ce schéma d’empoigne. » Il est certes conclut-il.
tée en une centaine de transparentes ». Ce qui im- verra ça après ». Mais il traditionnaliste. Oligui « sans tabous ni censure » Est-il fortuit qu’il
chapelles, consistait à se plique aboutir, au cours de faut continuer jusqu’au Nguema explique qu’ « il mais « pourvu que l’on y s’adresse tout particulière-
marchander. Ce fonction- ce DNI, à des accords, tant moment où les points de ne s’agit ni d’un tribunal, mette les formes, chacun ment « à la présidence du
nement a, apparemment, mieux, mais aussi expri- vue sont inclusifs. C’est ni d’une Cour de Justice. devra s’exprimer en toute Bureau de ce Dialogue
été stoppé. Ça, c’est le mer des nuances, pourquoi cela qui fait l’unité d’une Bien au contraire, le dia- liberté et en toute sécurité National Inclusif » pour
nouveau Gabon qui pas ? Et même à rencon- communauté. Pour moi, logue national vise à réflé- ». Ces appels à la modéra- préciser et recommander
commence. trer des malentendus, cela me paraît toujours chir sur l’édification d’un tion parcourent le discours aux « religieux » qu’« il
Le Dialogue National In- lorsque l’implicite – par évident. On n’est pas d’ac- nouveau Gabon, réconci- d’ouverture des assises du leur revient donc de veiller
clusif, généré par cette exemple les réflexes iden- cord sur un sujet, on se re- lier les Gabonaises et les DNI, y compris sur la à ce qu’à la fin de ce Dia-
Transition, est présenté titaires – se dissimule der- trouve, on discute, si on Gabonais entre eux, en commission Vérité Justice logue National, le Gabon
comme un tournant cru- rière l’explicite – de noble n’est pas encore tombé créant un espace qui per- et Réconciliation pour le- retrouve sa dignité, re-
cial qui provoquera l’ins- idéaux patriotiques-, ou d’accord, bon, on n’est pas met à tous les enfants de quel, sans en rejeter le naisse uni et réconcilié
tauration progressive de aller jusqu’à constater des tombé d’accord, on va ren- notre pays, quel que soit principe, il met en garde avec lui-même ».
ce nouveau Gabon. Le désaccords : les conflits voyer à une autre fois leur statut social, de se ras- pointant l’expérience « Un sage Gabonais a dit
Général-Président parle d’intérêts, ça existe. Un jusqu’à ce que le problème sembler autour de notre sous d’autres cieux » où « d’Oligui Nguema qu’il est
d’un « moment primordial sage gabonais, au cours soit résolu. Il n’y a pas de quête de prospérité, de les commissions de ce l’« enfant des Vieux ».
au cours duquel nous al- d’une interview, a tenu à problème insoluble chez bonheur partagé et de type ont ouvert des
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
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L’EDITORIAL Le référendum :
de Désiré ENAME vox populi
Écouter le passé… Par Germain Dehaire
Directeur de la Publication
ECHOS DU NORD
Désiré ENAME Rédacteur en Chef éditorial
Co-Directeur de la Publication Jean Michel Sylvain: Mail, ansy1114@ [Link] PAO : Christian Mondzo
Raissa Oyeasseko Analystes: Ramses Frank Tél : 076 50 22 30
Tel: [Link] ([Link]@[Link])/ SYA/Arthur Page / Distribution : CODIPRESS
Tél Rédaction : 066 51 89 99 Zang Memine D.L.B.N N°2359/11/2016
Directeur de la rédaction délégué Journalistes : Sophie Beuve Mery / Gil Lawson
MIHINDOU BISSIELOU
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
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Le Général, Oligui Nguema est légalement président de la République !
Q uand, dans un pays, un ré-
gime tombe, il y a, au sein de
la population, comme une si-
dération. Et, dans ce moment, c’est
l’émotionnel qui visiblement semble
approche réduc-
trice. Un tel format
conduit à regarder
les faits par le petit
bout de la lorgnette.
sible et irrésistible). Un état de choses
qui, peu ou prou, l’aligne sur le dis-
positif de l’article 13 susmentionné.
Ainsi donc, si le président de l’As-
semblée assure l’intérim, le Général
Transition est modifié et se lit dés-
ormais comme suit : « Article 35 nou-
veau : Le Président de la Transition
remplit les fonctions de Président de
la République, Chef de l’État. Il veille
l’emporter, car la période d’engour- En revanche, si la Brice Clotaire Oligui Nguema au respect de la Charte de la Transi-
dissement se transforme rapidement lecture de longue conduit la Transition. L’un et l’autre tion et de la Constitution de 26 mars
en scènes de liesse ponctuées d’em- vue avait primé, un sont installés dans le même espace- 1991 ».
brassades se terminant parfois en « constat aurait temps qui est, juridiquement, borné. En agissant ainsi, le Parlement de la
fraternalisation ». L’apparence est émergé, à savoir Dans les deux cas, il ressort que c’est Transition s’est, volontairement ou
ainsi triomphante. Mais cette situa- que le caractère la loi, par le biais du Parlement, qui non, inscrit dans un créneau qui ne
tion ne dure que le temps d’une rose. non électif de son institue cette temporalité, a priori dépare aucunement dans le paysage
Très vite, la rationalité reprend ses arrivée au pouvoir pour le premier-cité et a posteriori politique gabonais : un précédent
droits, reléguant aux oubliettes eu- ne peut suffire à lui pour le second. Ce sont des circons- existe. En effet, en son temps, pour
phorie et ivresse. Apparaissent, alors, dénier ce titre. tances identiques, par leur exception- des raisons conjoncturelles, en fait ex-
les premières critiques mêlés de ques- D’autant que le dis- nalité, qui les portent sur les fonts ceptionnelles, l’Assemblée législative
tionnements. Ainsi vont les change- positif constitution- baptismaux. De ce fait, Il ne saurait y gabonaise, dans laquelle siégeaient
ments de régimes, sous tous les cieux. nel, lui-même, ne avoir d’illégalité. De plus, cette pro- Paul Gondjout et Jean-Hilaire Au-
L’arrivée de nouvelles autorités ne lie pas de manière motion était indispensable, aux fins bame, des députés ayant fait leurs
fait jamais l’unanimité. Autrement irréfragable le fait de faire coïncider le fait et le droit. En classes au Palais du Luxembourg
dit, si d’aucuns saluent, en cette sé- d’être investi des effet, dans la mise en œuvre de la (pour le premier) et au Palais Bour-
quence, l’avènement d’un nouveau attributs du prési- Constitution de 1991, le chef de l’État bon (pour le second), adopta une loi
jour, d’autres, pour des raisons qui ne dent de la Répu- n’a pas d’effectivité en soi, il ne sau- qui avait changé le statut de Léon
sont pas momentanément affichées, blique au rait exister par lui-même. En té- M’Ba. Ainsi vit le jour la loi n° 55/60
ne font pas partie du chœur des lau- nécessaire et préa- moigne l’article 8 de ladite du 9 août 1960 conférant, à titre tran-
dateurs. Toujours est-il que, dans l’at- lable passage par la Constitution qui énonce que : « Le sitoire, au Premier Ministre rang et
tente du retour au calme et à la case élection. À président de la République est chef de prérogatives de chef de l’État ». En
sérénité, ils sont dans l’introspection laire, c’est-à-dire du vote. Sauf que, cela une raison : la l’État ». Pour n’avoir pas, dans sa pre- son article premier, elle disposait que
et la spéculation pour mieux apprécier pour être cohérente, cette accusation prise en compte de la survenue mière mouture, saisi cette subtilité ju- : « En attendant la révision de la
la pertinence de la chute du régime, et aurait gagné à prendre en compte au d’éventuelles cas de force majeure. ridique, la Charte de la Transition Constitution et la mise en place éven-
en tirer les conséquences qui s’impo- moins deux choses. D’une part, que, Une hypothèse que traduit expressé- avait, comme on dit au quartier, « pé- tuelle d’un Président de la République
sent. À ce scénario, l’arrivée au pou- dans l’ordre constitutionnel gabonais, ment l’article 13 de la Constitution du dalé dans la choucroute » et « marché Gabonaise, le Premier Ministre de la
voir, le 30 août 2023, des Forces de il n’y a pas place pour quelque chef 26 février 1991, qui dispose que : « à côté de ses pompes ». Et c’est pour République Gabonaise aura provisoi-
défense et de sécurité de la Répu- de la Transition que ce soit et, d’autre En cas de vacance de la présidence de corriger ce raté et se mettre en confor- rement rang et prérogatives de Chef
blique gabonaise n’a pas échappé. part, que, dans le même registre, le la République, pour quelque cause mité avec cette disposition, que le sta- de l’État ». Pourtant, il était peu pro-
Aussi, une fois la fièvre retombée, chef de l’État ne prend vit et sens que que ce soit, ou d’empêchement défi- tut antérieur de l’intéressé a subi des bable qu’une telle transmutation
l’on constate que, désormais, est lorsque certaines conditions sont réu- nitif de son titulaire constaté par la modifications. puisse se produire dans le régime de
pointé du doigt, depuis le 23 février nies. Et la saisie de cette réalité passe Cour constitutionnelle saisie par le Ne point procéder à ce réajustement parlementarisme absolu, que vivait, à
2024, la promotion du Général Brice par l’appropriation de certaines dis- Gouvernement […] les fonctions du eût été non seulement illégal, mais eût l’époque, le Gabon. Pragmatiques, les
Clotaire Oligui Nguema, numéro un positions de la Constitution de 1991, président de la République, à l’excep- également pesé sur la marche du char représentants du peuple en avaient dé-
du Comité de Transition et de la Res- qui, dans la hiérarchie des normes, se tion de celles prévues aux articles 18, de l’État, aucun pouvoir propre cidé autrement. Il en est de même du
tauration des Institutions (CTRI) au situe, pour le CTRI, sur le même plan 19, et 116, alinéa 1er, sont provisoire- n’étant reconnu, dans la Constitution réajustement statutaire porté par l’ar-
rang et prérogatives de président de la que la Charte de la Transition. ment exercées par le président de de 1991, actuellement en vigueur, au ticle 35 nouveau de la Charte de la
République. Pourtant, au regard de la Si cet exercice avait eu lieu, des évi- l’Assemblée nationale ». chef de l’État. C’est à cette situation Transition, concernant le Général
même période, pareil grief n’a jamais dences seraient apparues, invitant à À cet égard, même s’il est vrai que anomique, potentiellement domma- Brice Clotaire Oligui Nguema. Rien
été soulevé s’agissant de sa qualité de une approche mieux motivée et plus comparaison n’est pas forcément rai- geable, que le Parlement de la Tran- de plus, rien de moins !
président de la Transition, chef de pragmatique, c’est-à-dire ne négli- son, il faut bien admettre que l’irrup- sition a mis fin, en adoptant la loi n°
l’État. Certes, le refus de reconnaître geant pas le contexte. Au lieu de cela, tion sur la scène politique des Forces 001/2024 du 23 février 2024 portant Mba Andeme Théophile Léon Victor
l’intéressé comme président de la Ré- c’est plutôt une lecture de courte vue de défense et de sécurité de la Répu- révision de certaines dispositions de Doctorat en Études politiques (Uni-
publique tiendrait au fait que son ac- de cette Constitution, qui a été privi- blique gabonaise, le 30 août 2023, la Charte de la Transition. Laquelle, versité de Bordeaux)
cession à cette haute fonction n’est légiée. Ce qui est le propre de toute constitue assurément un cas de force en son article 2, indique expressément DEA d’Études Africaines (IEP Bor-
pas la résultante de l’onction popu- majeure (caractère extérieur, imprévi- que : « L’article 35 de la Charte de la deaux CEAN).
Par veau plan triennal de déve- 4-Le développement so- faite à ce séminaire en dit l’ancien régime. L’endet- politiques publiques pour
loppement qui constitue cial inclusif ; long sur la nécessité et la tement n’est supportable la réalisation des investis-
l’un des outils de planifi- 5-Le renforcement de la volonté de rupture avec que si sert l’intérêt géné- sements indispensables au
L e président de la
République a dé-
cliné sa vision du
développement du Gabon
à travers des orientations
cation… ». Ce dernier a
rappelé la feuille de route
que lui a confiée le prési-
dent de la République et
qui met l’accent sur les
durabilité environnemen-
tale et de la résilience aux
changements climatiques ;
La prise du pouvoir le 30
août 2023 par les mili-
l’ancien régime dont la po-
litique économique était
faite d’absence d’objectifs
prioritaires, d’incohé-
rences et de manque de li-
ral. Nos compatriotes refu-
sent de considérer comme
normal et naturel le dé-
tournement des fonds pu-
blics soutenu par une
décollage de notre crois-
sance économique. Les
liaisons incestueuses entre
les membres du gouverne-
ment, ordonnateurs princi-
claires et sa matérialisa- projets prioritaires dans les taires patriotes du Comité sibilité. impunité honteuse. La paux des crédits du budget
tion dans des projets vi- infrastructures routières, la pour la transition et la res- Ce plan triennal des inves- poursuite de l’enrichisse- national, et les affairistes
sibles sur le terrain par nos santé, l’énergie, l’agricul- tauration des institutions tissements publics d’un ment illicite, contraire aux tapis dans l’ombre, avec la
compatriotes. A l’instar ture, l’éducation et les (CTRI) a permis de mettre montant de 3 000 milliards valeurs du 30 août à tra- complicité des cadres des
des Etats-Unis avec le transports pour répondre un terme à la crise poli- de FCFA pour 288 projets vers le pillage des res- administrations publiques
New Deal de de Franklin aux attentes des Gabonais. tique mais aussi au déficit de développement aura un sources d’Etat, entraînera dans un pacte de corrup-
D. Roosevelt ou de l’Alle- en infrastructures, aux iné- impact d’accélérateur de la un mécontentement pou- tion en groupes organisés,
magne au lendemain de la Une politique de relance galités sociales et à la pau- croissance, de promotion vant aboutir à des manifes- pourront saboter, boycot-
grande dépression de par les grands travaux vreté. de l’emploi des jeunes, de tations populaires. ter et détruire la concréti-
1929-1932, le général Le PNDT vise à répondre réduction des inégalités et La lutte contre la corrup- sation des ambitions du
Brice Clotaire Oligui Le Plan national de déve- aux défis du Gabon en ma- de la pauvreté. tion et l’impunité fait libérateur du 30 août 2023.
Nguema annonce un im- loppement de la transition, tière de : Le chef de l’Etat a de partie de l’ensemble des
mense plan d’investisse- validé le 27 mars 2024 -Bonne gouvernance ; grandes ambitions pour
ments publics pour dans le cadre d’un atelier -Promotion des droits hu- sortir le Gabon de l’état de
relancer la croissance, en présence du Premier mains; délabrement dans lequel
créer des emplois, réduire ministre et présenté par le -Appui vers une économie les militaires l’ont trouvé.
la pauvreté et les inégalités vice-Premier ministre en verte et bleue ; Le président de la Répu-
sociales. charge de la Planification, -Promotion d’un dévelop- blique, à travers la priorité
Le Premier ministre, Ray- Alexandre Barro Cham- pement durable participa- donnée aux grands travaux
mond Ndong Sima, a brier, repose sur 5 piliers tif ; d’infrastructures routières,
rappelé à l’occasion de cet fondamentaux qui sont : Le vice-Premier ministre a de services sociaux de
atelier de validation du 1- La réforme des institu- rappelé que le PNDT vise base comme l’éducation,
Plan national de dévelop- tions et la transition poli- à « sortir de la dictature du la santé, le logement, l’eau
pement de la transition tique ; court-terme… Et à une ré- et l’électricité, répond
(PNDT) la nouvelle vision 2-Le développement des appropriation collective du ainsi aux attentes des Ga-
du chef de l’Etat, « qui se infrastructures straté- processus : à combler ses bonais pour l’amélioration
veut plus harmonieuse et giques ; insuffisances et à renforcer de leurs conditions de vie.
durable et durable, se ma- 3-L’intensification de la les interventions qui tra-
térialise aujourd’hui par stratégie de diversification duisent au mieux les aspi- Un financement ver-
l’élaboration d’un nou- de l’économie ; rations ». Cette déclaration tueux des infrastruc-
tures
L
créditation aux véri- e ministre de l’Intérieur et Cependant, l’enregistrement a dé-
tables bénéficiaires, elle de la Sécurité, Hermann buté par les citoyens gabonais
présente sa pièce d’iden- Immongault, a tenu à se âgés de 16 ans et plus qui n’ont ja-
tité, puis elle émarge sur rassurer, le 3 avril, que l’infra- mais été soumis à un prélèvement
une liste. structure numérique est fin prête biométrique dans le cadre du pro-
dans les centres d’enrôlement qui jet Iboga.
Avez vous des difficul- seront en majorité logés dans les Pour ceux qui sont déjà enrôlés
tés depuis la mise à dis- commissariats de police. Dans depuis 2013 sur la liste électorale,
position des cette perspective, les centres ont cette première étape a consisté à
accréditations ? été ouverts dans le Grand Libre- la délivrance de leur attestation
ville, répartis dans les communes NIP. Ce titre sécurisé (CNIE) sera
Certes rien n’est parfait, de Libreville, Owendo, Akanda et produit par la DGDI, qui produit
mais il n’y a pas eu de Ntoum. déjà les passeports et les cartes de
difficultés majeures. On A Libreville, c’est la Direction gé- séjour. L’attestation NIP est le
a bien géré depuis le nérale de la documentation et de seul document qui donnera droit à
début. C’est juste que les l’immigration (DGDI), l’inspec- la CNIE. Les demandeurs doivent
participants sont nom- tion générale des Forces de police présenter un passeport ordinaire
breux nous avons quand nationale et le commissariat de ou un acte de naissance légalisé.
même une population de police de Nzeng-Ayong qui ont sitions prises sur les différents férents sites. » Il a ajouté : « Les Le certificat de nationalité et la
600 participants sans été choisis. Les deux premières sièges pour accueillir les deman- sites mobiles seront également quittance du trésor pour les ci-
compter les personnes administrations sont situées à deurs d’attestations du numéro rendus opérationnels pour se ren- toyens ayant acquis la nationalité
ressources. Oloumi. d’identification personnelle dre dans les hôpitaux et auprès gabonaise.
Pour la commune d’Owendo, le (NIP), préalable à l’obtention de des personnes à mobilité réduites. Dotée d’une puce électronique et
Les premières accrédi- public est attendu au commissa- la carte nationale d’identité élec- » Le ministre s’est également as- embarquant une identité numé-
tations ont été annulées riat de police, au jardin public et tronique (CNIE). suré de l’état d’avancement de la rique, la CNIE permettra aux ci-
pour en refaire au plateau sportif Léon Augé. C’est dans ce sens que Hermann mise en place du système d’archi- toyens d’accéder à une gamme de
d’autres. Qu’est-ce qui Concernant Akanda, le rendez- Immongault a affirmé : « Pour ce vage des documents à l’Escap services en ligne. Le NIP est un
explique ces change- vous c’est au commissariat de po- démarrage, tout me paraît (Ecole secondaire des cadets de la code alphanumérique de 14 carac-
ments ? lice et dans les mairies (1er et 2e conforme, en dehors de quelques police). Après la connexion des tères destiné à authentifier l’iden-
arrondissement). aléas liés à la connexion Internet sites provinciaux, l’opération sera tité d’un individu au moyen d’un
Ces changements ont été Enfin à Ntoum, à la préfecture du ici et là, en raison notamment de lancée. « C’est une opération qui traitement informatique. Cette
effectués pour des rai- Komo-Mondah et à l’antenne de la coupure du câble sous-marin. se déploiera à l’intérieur du pays mesure, prévue par la loi gabo-
sons de sécurité. Au dé- la DGDI. Les centres ont été bien Mais le problème ne se pose pas dans les toutes prochaines se- naise, vise à construire un registre
part le point phare était réhabilités, la connexion au réseau au niveau du site de la Direction maines. » biométrique des personnes phy-
la photo. Il fallait impé- de l’administration gabonaise a générale de la documentation et Tous les citoyens gabonais rési- siques. Ce NIP sera une compo-
rativement la photo du été bien établie et le mobilier a de l’immigration, DGDI. dant sur le territoire national ou à sante essentielle de la nouvelle
bénéficiaire sur l’accré- déjà été livré. Le ministre de l’In- J’exhorte nos compatriotes à se l’étranger ainsi que les personnes CNIE, qui sera hautement sécuri-
ditation. Car n’importe térieur s’est dit satisfait des dispo- rendre massivement dans les dif- de nationalité étrangère résident sée.
SOCIETE Lundi 8 avril 2024 9
Environnement
Les originaires
des plateaux batéké
disent non aux ! !
champs d’eucalyptus !
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,95&+>.'(!-#%!$)((5.+&')#!+8%$!.%!L5$(%&!#XMHNGY<=Y02SW!4)(&+#&!(%7'*%!F(+$'%-*%!,%!
Par MM
4%'#%*!.%!H!"!+8('.!GMGN:!
«J e
grâce
rends
Dieu tout-puissant.
Dans les ténèbres, sa
à
l’Éternel le
pour les jeunes”.
Sur les mobiles de son
incarcération, en subs-
tance Ike Ngouoni a
rappelé qu’aucune
manifeste de lui régler
des comptes selon les
desseins de ses tom-
beurs, aujourd’hui
tous incarcérés.
démocratique est sur
la bonne voie, sur le
bon chemin. À ce
noble édifice, j’en-
tends apporter ma
entre tradition et modernité : étude
socio anthropologique du couple et du
mariage dans la culture gabonaise (2)
lumière n’a jamais preuvve tangible n’a Ike a eu une pensée pierre, fut-elle mo- De Cornelia Bounang Mfoungué
cessé de me guider. été déployé contre lui. pour certains de ses deste. Je me tiens par
Ma foi n’a été ébran- IL ne s’est agit qu’un co-détenus incarcérés conséquent à l’entière
lée à aucun moment,»
c’est en ces termes
tissu de mensonges et
de fabrication de la
dans la foulée des ar-
restations qui visaient
disposition de mon
pays”.
Description de la
que Ike Ngouoni Aïla
Oyouomi a ouvert son
vérité. Des mensonges
qui ont abouti à la sen-
les proches de Brice
Laccruche Alihanga
Et non sans remercier
le président de Transi-
coutume obali dans
point de presse le 06
avril dernier.
tence de huit ans
d’emprisonnement
(BLA). On citera ici
Patrichi Tanassa, Tony
tion Brice Clotaire
Oligui Nguema pour
la province du Haut-
Ike Ngouoni sans
s’étendre sur les
prononcée par la Cour
criminelle spéciale en
Ondo Mba, ou encore
Billy Edo. Pour lui
l’acte qu’il a posé en
décidant de la libéra-
Ogooué
conditions de son in- juillet 2022. leur place n’est pas tion d’un millier de « Dans la province du Haut-Ogooué, il existe
carcération, il les a Sur ce procès il dira : dans ce lieu qu’il ne prisoniers à travers le plusieurs types de mariage dont les plus connus
néanmoins jugé inhu- “Durant mon procès, souhaiterait pas à son territoire national. font partie de la coutume Obali. Obali signifie
maines. Aussi a-t-il dont les motivations pire ennemi. Au bout de quasiment être en mariage et Balà le mariage, le couple,
lancé un appel aux au- étaient de nature pure- La libération de Ike cinq ans d’incarcéra- l'union. D'une manière générale c'est une cou-
torités “pour souligner ment politique, je n’ai Ngouoni l’a ravivé tion dans des condi- tume qui consiste à organiser les unions. De ce
l’urgence qu’il y a à jamais cessé de clamer dans sa foi en son tions difficiles, Ike fait, le mariage est négocié par les parents ou
améliorer les condi- mon innocence”. Tout pays. Il l’a clamé : Ngouoni goutte enfin par les membres de deux familles amies. Tou-
tions de détention au n’aura été que machi- “Aujourd’hui j’ai de à la liberté avec la dé- tefois, Il fallait être de la même ascendance et
Gabon. Les prison- nation. Depuis son ar- nouveau confiance, termination de rendre surtout bien respecter les générations. Pour que
niers ont aussi droit à restation en confiance en l’avenir son honneur sauf. cela ne soit pas considéré comme une relation
la dignité. C’est une Novembre 2019, avec de mon pays. Ma libé- Mais aussi de se met- consanguine, il fallait attendre après deux gé-
absolue nécessité, tout des procédures bâ- ration, comme tre à la disposition de nérations pour éviter justement la maladie du
comme il est néces- clées dont aucun juge d’autres, envoie un si- son pays pour conti-
saire et urgent de met- n’a voulu tenir gnal fort. Le signal nuer à le servir. Suite en page 11
SOCIETE Lundi 8 avril 2024 11
Gabon profond
Description de la coutume obali dans la
province du Haut-Ogooué
sang qui s'appelait mbala. Par
contre les cousins et cousines de la
troisième génération pouvaient
bien se marier entre eux sans aucun
problème. Néanmoins les relations
incestueuses étaient proscrites.
Cette coutume qui a d'ailleurs fait
l'objet d'un film du même nom,
réalisé et produit par Pierre-Marie
Dong et Charles Mensah d'après le
scénario de Joséphine Kama. Ce
film retrace l'idylle entre un jeune
homme de la ville et une jeune fille
promise en mariage à son grand-
père. En effet, la coutume Obali
veut que lorsqu'un homme devient
veuf, il puisse épouser une fille de
la même famille que sa femme.
Très souvent, il s'agit de la nièce de
sa femme. Lorsque le jeune
homme nommé Tsougoudja tombe
éperdument amoureux de Ngondo,
il se retrouve confronté à cette tra-
dition car cette dernière était déjà
promise à son grand-père Otintin.
Malgré tout, les jeunes gens conti-
nuent à se voir discrètement. Alors
que la date du mariage est fixée,
Ngondo va se rendre compte grande fête est alors organisée pour coutume Obali. Le fait de parler de unions peuvent être regroupées
qu'elle est enceinte de son petit co- célébrer tout ça. Tout en montrant grand-père et de petite fille peut dans quatre catégories. On retrouve
pain de la ville. Lorsque son grand- la coutume Obali et les traditions laisser supposer qu'un grand-père dans un premier temps le type
père le découvre, il est prit d'une altogovéenne (organisation de la peut épouser sa petite fille directe. d'union appelé « wanda » ou la
grande colère et demande répara- pêche et de la chasse, la vie dans Dans la coutume Obali, le tabou de succession. Ce type de mariage
tion. Ngondo va mettre au monde un village typique) on peut retenir l'inceste réglemente non seulement était régi par des liens de parenté
une petite fille. Quelques temps trois axes importants du film : Pre- la sexualité mais aussi les méca- bien spécifiques. Il pouvait s'agir
après sa naissance, le bébé va être mièrement, l'opposition entre la nismes de filiation et de mariage. de deux frères, on parle alors de lé-
gravement malade. Malgré tous les tradition incarnée par toutes ses Tout dépend de la manière dont on virat. Ou alors de l'oncle et de son
soins prodigués au dispensaire du coutumes et la modernité incarnée va définir la parenté. La coutume neveu; du grand-père et de son
village, son état ne s'améliore pas par le jeune homme de la ville qui Obali respecte la règle de l'endoga- petit fils. En effet, lors du décès du
et finit par s'aggraver. Comme le ne les comprend pas et cherche à mie c'est-à-dire que l'homme va premier seule cette relation de
veut, la tradition, les parents de tout prix à les transgresser. Deuxiè- choisir sa femme dans un cercle parenté autorisait le second à pren-
Ngondo vont consulter un Nganga mement, la croyance aux esprits et bien défini. Selon Lévi-Strauss, le dre en mariage la femme laissée
(voyant, guérisseur). Ce dernier va l'idée que même la médecine mo- mariage entre parents proches peut par ce dernier. Dans un second
alors leur annoncer qu'un mauvais derne peut être parfois inefficace avoir un champ d'application va- temps il y a l'union appelé « On-
sort a été jeté sur le bébé. Il de- face à certaines maladies. Et enfin, riable selon la façon dont chaque dala » ou le retour aux sources.
mande donc aux parents d'aller le fait que les jeunes gens arrivent groupe définit ce qu'il entend par Deux versions sont données sur ce
voir Otintin et de lui demander de à contourner la tradition et à se parents proches. D'ailleurs selon mariage. Dans la première, une
faire ce qu'il faut pour la soigner. jouer de cette coutume qu'ils jugent des sources orales, une fois choisie, jeune fille se voit imposer un
Après quelques tractations, ce der- oppressive pour les jeunes en gé- la jeune fille était mariée au neveu homme du même rang que son
nier va accepter de lever son mau- néral et surtout pour les jeunes et pas au grand-père directement. grand-père. Comme c'est le cas,
vais sort. Toutefois, il demande en filles. Comme nous venons de le Elle n'était mariée au grand-père dans le film que nous avons pré-
échange de la guérison, qu'on lui voir, la coutume Obali permet à un que lorsque ce dernier avait encore senté au début de ce travail. L'autre
donne une autre femme. C'est ainsi homme de contracter les mariages toutes ses capacités physiques et version serait le cas d'une femme
que la sœur de Ngondo va être avec les femmes de la famille de sa matérielles afin de la satisfaire sur mariée qui pour renouer avec son
choisie à son tour. Cette dernière femme. Décrit de la sorte, le ma- le plan sexuel et aussi lui apporter village natal y envoie en mariage
pour l'amour qu'elle porte à sa sœur riage Obali pose tout de même le tout le confort nécessaire pour une de ses filles. Cette dernière
et surtout pour sauver sa petite problème de l'inceste. En effet, l'in- qu'elle puisse vivre convenable- épousera ainsi un des oncles de la
nièce accepte. Néanmoins elle va ceste désigne les relations ment. La coutume Obali a plu- mère. Dans la coutume Obali on
poser une condition. En effet, lors sexuelles entre un homme et une sieurs déclinaisons. C'est ce que rencontre aussi le type d'union ap-
de la grande réunion qui devait en- femme liés par un degré de parenté nous allons essayer de montrer en pelé « Oyigha » ou l'esclave : là
tériner le mariage, elle demande à entrainant la prohibition du ma- nous appuyant notamment sur les aussi plusieurs versions sont don-
prendre la parole. Elle annonce riage. Il s'agit donc des relations descriptions données par Mireille nées afin de la décrire. Dans un
qu'elle accepte la décision à condi- sexuelles entre parents très Nzoubou. En effet, dans la cou- premier temps l'union est scellée
tion qu'on la laisse épouser le proches. Considéré comme univer- tume Obali, le mariage peut être dans le but de réparer une faute ou
neveu d'Otintin. Cette décision sa- sel par Claude Lévi-Strauss, le conclu pour plusieurs raisons. Les un crime. En effet, lorsqu'une fa-
tisfait les deux familles. Une tabou de l'inceste existe dans la principales caractéristiques de ces
Suite en page 12
SOCIETE Lundi 8 avril 2024 12
Description de la coutume obali dans la
province du Haut-Ogooué
Suite de la page 11
mille commettait un crime
vis-à-vis d'une autre famille
ou d'un village, la coutume
exigeait de remplacer la
personne décédée par un
membre de la famille incri-
minée. La famille accusée
donnait une femme qui se
mariait avec un homme de
la famille de la victime. De
cette union était censé
naître un nouvel être afin
de remplacer la personne
décédée. La deuxième ver-
sion fait état d'une union
entre un membre du village
et une personne étrangère.
Toutefois, cette personne
est considérée comme es-
clave si elle n'arrive pas à
dire exactement d'où elle
vient. C'était par exemple le
cas des pygmées qui vou-
lant s'intégrer dans des vil-
lages s'unissaient à des
villageois sans pour autant
donner leur véritable ori-
gine. La personne était
considérée comme esclave
car elle n'avait vraiment pas rés comme les siens. Ce lial. Toutefois, la femme « représentait un cadeau que nomique (grandes planta-
de réel statut. Les enfants mariage était aussi valable Oyissa » devait partager la la jeune femme offrait à son tions, bétails...), politique
qui naissaient de cette dans le cas où l'époux était même cuisine que la pre- mari. Il revenait à la femme (les chefs de villages) etc. Il
union appartenaient seule- un « coureur de jupons ». mière épouse. Dans cer- de choisir la nièce qu'elle fallait avoir assez de res-
ment au villageois ou à la Le fait qu'il aille voir ail- tains cas, elle devait même désirait présenter à son sources matérielles et éco-
villageoise. Pour finir, il y leurs était interprété par la l'appeler « grande 132 sœur mari. Son frère, bien que nomiques afin de subvenir
a le type d'union appelé « famille de la femme ». Ce type d'union était dépositaire de la dot ne aux besoins des femmes
Oyissa » ou le renforce- comme une incapacité de aussi possible en cas de di- pouvait pas s'y opposer. Si (car la plupart d'entre eux
ment : lorsqu'un homme et cette dernière à satisfaire vorce ou de décès de la jamais un membre exté- en avaient plusieurs). Le
une femme se mariaient et son époux sur le plan femme. Il s'agissait d'une rieur à la famille du mari système Obali permettait
n'arrivaient pas à avoir sexuel. Une seconde sorte de compensation. désirait prendre la nièce aussi une certaine harmonie
d'enfants. La famille de épouse lui était donc offerte Dans le cas où la femme Obali pour épouse, il était au sein du couple conjugal.
l'épouse lui donnait une pour mieux répondre à ses partait en mariage seule, contraint de payer une Le cas des femmes stériles
deuxième femme. Très sou- exigences. De cette façon, elle pouvait des années plus somme très importante au en est un bon exemple. En
vent, il s'agissait de l'une les faveurs du mari envers tard aller chercher une de mari en guise de compensa- effet, elles trouvaient dans
des nièces de l'épouse. Les ses beaux-parents restaient ses jeunes nièces pour son tion. Cette somme d'argent la venue d'une coépouse
enfants qui naissaient de dans le même cercle fami- mari. Dans ce cas, l'Obali n'a rien à voir avec la dot une forme de compensation
cette union étaient considé- qu'il aura à verser au mo- sociale. Car les enfants de
ment d'épouser la fille. La cette dernière étaient consi-
compensation ou rembour- dérés comme appartenant
sement de la dette/dot s'ap- au couple. Au Gabon, la
pelle ntsuma en obamba. coutume Obali est de moins
La description de la cou- en moins pratiquée. En
tume Obali nous montre un effet, le mode de vie mo-
système rigide voire même derne, l'intervention de
oppressif pour les femmes. l'Église dans la vie fami-
Il est tout de même impor- liale remettent de plus en
tant de replacer tous ces plus en cause ce genre de
évènements dans le pratique. De plus, les
contexte traditionnel où les jeunes aujourd'hui privilé-
unions se faisaient selon gient le mariage par amour
des règles bien établies (…) Rappelons que sur le
(souvent établies par les plan traditionnel, les ma-
hommes et pour les riages d'amour ont toujours
hommes). Il faut néan- existé. D'ailleurs, le terme
moins souligner que n'im- Dia qui signifie amour en
porte qui ne pouvait obamba montre que le
prétendre à un mariage partage d'un sentiment
Obali. Cette coutume était d'amour mutuel pouvait
réservée à des personnes être à l'origine d'un ma-
ayant un certain poids éco- riage. »