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Dialogue national inclusif au Gabon

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Écouter le passé… Lire en page 5

ECHOS DU NORD
Dialogue national inclusif

Le bureau
plante le décor “Change. Believe”
Hebdomadaire Gabonais d’informations — 18 année e Barack Obama
Lire en page2 N°859 du Lundi 8 avril 2024 - Prix : 600 [Link]

La vision keynésienne Carte nationale d’identité électronique


d’Oligui Nguema pour le
développement De la parole à l’acte
Lire en page 7 Page 8

Dialogue national inclusif

Sans quiproquo ! Lire de la page 2 à 8


ACTUALITÉS Lundi 8 avril 2024
2
Dialogue national inclusif Deux questions au Pr Gabriel Zomo Yebe, prési-
dent de la commission Economie
Le bureau plante le décor « Une grande responsabilité pour
cun à faire preuve d’ou-
Par ENB
verture et à ne pas s’enfer- l’avenir du Gabon »
mer dans les opinions

A
Echos du Nord : Vous venez
près un temps de partisanes. Le président du d’être installé en tant que prési-
réglage, la pre- bureau du DNI a conclu dent de la commission écono-
mière plénière du son propos en rappelant mique, quel est votre sentiment
dialogue national inclusif aux uns et aux autres que : ?
(DNI) s’est tenue ce 6 « Rien n’est écrit d’avance
avril, au stade de l’amitié et qu’il appartient aux Pr Gabriel Zomo Yebe : C’est
d’Angondjé, dans la commissaires, orientés par une grande responsabilité. J’en
commune d’Akanda. Elle l’ensemble des contribu- suis conscient parce que l’avenir
a débuté par un moment tions, la responsabilité du Gabon en dépend. L’avenir du Gabon, c’est-à-dire ma
de prières, suivi de d’écrire une nouvelle page vie, celle de mes enfants, de mes petits-enfants et de tous
les Gabonais. Je pense que l’occasion nous est donnée d’of-
l’hymne national, La de l’histoire de notre pays. frir le meilleur de nous-mêmes pour l’avenir de ce pays.
Concorde. » On l’a fait pour d’autres pays, mais maintenant, il nous faut
Par la suite, le mot d’ou- Le deuxième temps fort de aller de l’avant pour que le Gabon sorte enfin de tous les
verture du président du cette plénière a été la pré- problèmes que nous connaissons et qui malheureusement
bureau des assises, l’ar- sentation et l’installation retardent notre propre pays. On va essayer de trouver des
chevêque métropolitain de des membres des bureaux solutions, et des solutions pérennes à tout ce qui touche les
Libreville, Jean Patrick des commissions et sous- Gabonais. De la finance à l’emploi ; du bien-être social à
Iba-Ba. Il a rappelé le commissions. Le troisième la culture. Evidement, je ne suis pas le président de toutes
contexte dans lequel le moment a été l’interven- les autres commissions, mais en ce qui concerne ma
DNI a été convoqué, à la tion du rapporteur général commission, on trouvera des solutions et j’en suis sûr.
suite du « Coup de libéra- du DNI, la ministre de la Qu’est-ce qui va être concrètement fait à partir de ce
tion » intervenu le 30 aout Réforme des institutions, lundi?
2023, une réaction des mi- Murielle Minkoué Mintsa.
litaires aux incertitudes Elle a axé son propos sur A partir de ce lundi, nous commencerons véritablement les
politiques, sociales et éco- trois points. Première- discussions au sein des sous-commissions. Et je suis chargé
nomiques qui prévalaient ment, la présentation du d’animer toutes les sous-commissions, de regarder,
dans notre pays. En pré- règlement intérieur des as- d’orienter les débats et d’esquisser également des solutions.
sence de plus de 600 parti- sises. Règlement intérieur Des solutions que doivent adopter aussi les autres commis-
cipants, Mgr Iba-Ba a adopté par le bureau saires.
évoqué les objectifs de conformément à l’article 8
cette grand-messe : « Il du décret 115 convoquant
s’agit de rassembler les le DNI. Ensuite, le calen- Ils ont dit... Ils ont dit... Ils ont dit...
Gabonais de tous bords, drier des travaux, partant
sans exclusion, pour pan- de la cérémonie d’ouver- Wayi, acteur culturel : « On est souvent marginali-
ser les blessures du passé ; ture, au palais des Sports, sés parce qu’on ne considère pas ce qu’on fait comme
construire une nation ré- à la clôture prévue pour le travail. Mais aujourd’hui, les choses sont en train de
conciliée et solidaire. Mais 30 avril 2024. Enfin, Mu- changer progressivement. Et on voit que le président
aussi de trouver des solu- rielle Minkoué Mintsa a veut impliquer tout le monde dans cette cohésion et
tions innovantes et du- présenté le programme cela est à féliciter. »
rables aux défis qui quotidien des panélistes. A
assaillent notre pays. » Il a ce propos, elle a indiqué Omar Defunzu : « Nous avons des choses à dire.
ensuite invité l’ensemble que les participants débu- Nous le disons déjà dans nos chansons, nos sketchs,
des commissaires à faire teront les travaux au sein nos films. Mais c’est important aussi qu’on soit asso-
preuve de patriotisme, à des sous-commissions à cié aux politiques pour pouvoir prendre ensemble des
dépasser les clivages et à partir de 8 h 30 pour les décisions qui vont faire en sorte que demain nous
demeurer dignes de la clore à 17 h 30. nous retrouvions dans les situations meilleures et faire
confiance placée en nous, Au terme de cette séance, en sorte que nous vivions dans un Gabon que nous
acteurs majeurs de ce dia- la parole a été donnée aux voulons comme le dit le slogan. »
logue, afin de porter l’es- participants qui ont
pérance d’un Gabon adressé des questions aux conditions d’adoption du les commissions ont pris Manitou : « C’est notre pays, il faut bien qu’on
nouveau. membres du bureau du règlement intérieur ou en- possession des salles al- puisse travailler dessus pour avoir une nouvelle ver-
3 L’archevêque a, par ail- DNI. Cela a été l’occasion core aux critères ayant louées à chacune d’elles. sion artistique, parce qu’on a trop parlé dans les cou-
leurs, donné le ton de la pour ces derniers de re- prévalu à l’affectation au Ainsi, les travaux en lisses, il est temps qu’on vote des lois qui seront
discipline de travail at- layer un certain nombre de sein des commissions. commissions vont débuter favorables aux artistes. ».
tendu, tout en invitant cha- préoccupations liées aux Pour clore cette journée, dès ce lundi 8 avril.

En prison pour règlement de comptes, Patrichi et Tony espèrent, eux aussi,


un geste bienveillant du président de Transition.

Patrichi Tanassa Tony Ondo Mba


POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
33
Dialogue national inclusif

Le dialogue de tous les Gabonais


Par Ramses Frank
Avilekambani

L e 2 avril dernier, le
président de la Répu-
blique, Brice Clotaire
Oligui Nguema, ouvrait offi-
ciellement les travaux du
dialogue national inclusif
(DNI) au palais des Sports
de Petit-Paris. La cérémonie
a eu un déroulé atypique,
entre chants folkloriques du
Gabon profond, rapp et
tradi-rapp, tandima de Lau-
riane Ekondo, digne héri-
tière, aux sonorités
transcendantes de Papé
Nziengui. Cela couronné par
des artistes engagés et dont
certains ont traversé le temps
: Annie Flore Batchiellilys,
Hilarion Nguema, Martin
Rompavet, André Pépé Nze et, enfin, l’accompagnement compagnement se poursui-
et Pierre Claver Aken- par la Facilitation suivant le vait et le Gabon était appelé
dengue. Des sons et des cou- protocole relatif au Conseil à manifester une volonté de
leurs pour imprimer l’esprit de paix et de sécurité de sortie de crise.
de convivialité de ce dia- l’Afrique centrale (Copax). Toute chose qui paiera à la
logue. Des décisions prises au terme 24e session extraordinaire
Puis est venu le temps de la de trois sessions des chefs des chefs d’Etat de la
parole. D’abord le message d’Etat de la CEEAC tenues à CEEAC tenue le 9 mars
de Mgr Jean-Patrick Iba-Ba, Malabo le 31 août 2023, le 4 2024. Les chefs d’Etat, ayant
archevêque de Libreville, et septembre et 15 décembre. pris note de l’adhésion du
président du directoire du Faisant l’historique de la si- peuple et de l’inclusivité du
DNI. Il a commencé par sou- tuation, Faustin Archange processus, ont décidé de
ligner l’importance de l’évé- Touadera a évoqué les pro- lever la suspension du Gabon
nement en disant combien il grès du Gabon, notamment la de la CEEAC. A l’endroit du
en mesurait la « gravité et la volonté des autorités de re- chef de l’Etat gabonais,
solennité ». Le prélat a en- chercher les voies de consen- Faustin Archange Touadera
suite plongé dans l’histoire sus, faits observés par la aura ces mots : « L’homme
pour en exhumer quelques quasi-totalité des chefs qui détient le pouvoir ne doit
reliques. Dans cet exercice rappelé que dans le chrono- Touadera a attiré l’attention sa nécessité vu la prise de d’Etat. Ils valideront le chro- pas être jugé selon ses
de fouille, il a exposé sur la gramme adopté par les chefs des Gabonais dans leur en- pouvoir par les forces de dé- nogramme présenté par le paroles mais selon ses actes.
table quatre instants mémo- d’Etat de la CEEAC semble sur leur responsabi- fense. Ce qui a enclenché des Gabon à la session du 15 dé- » Puis il a jouté : « L’acte que
rables de cette histoire : la (Communauté économique lité vu que « les regards des réactions en chaîne au sein cembre 2023 à la présenta- vous posez aujourd’hui vous
conférence nationale de des Etats de l’Afrique cen- peuples de la CEEAC sont des chefs d’Etat de la tion à mi-parcours du rapport libère de vos promesses. »
1990, les accords de Paris de trale) en décembre dernier, il tournés vers Libreville ». Ré- CEEAC qui ont condamné de la Facilitation. Certes, les Aux Gabonaises et aux Ga-
1994 ; les accords d’Arambo figurait ce point sur le dia- vélant ainsi une manifesta- l’acte perpétré au Gabon par sanctions ne seront pas le- bonais, le facilitateur dira : «
en 2006, les assises d’An- logue inclusif. Toute chose tion de leur intérêt sur ce qui une batterie de décisions dont vées, notamment la suspen- Vous êtes réunis pour réap-
gondje en 2017 et la concer- qui montre aussi que la partie se déroulait au Gabon. « Le : la suspension des activités sion, toutefois, il sera décidé prendre à vivre ensemble.
tation politique de 2023. gabonaise a montré son sé- dialogue, dira-t-il, est le de la CEEAC jusqu’au retour de la suspension de la déci- Vous êtes conviés aux noces
Pour constater que, primo, rieux en restant scotché à ce mode durable de règlement de l’ordre constitutionnel ; le sion de délocalisation du de la Paix. »
ces réunions n’ont concerné chronogramme. Le président des conflits. » Pour montrer transfert du siège à Malabo siège de la CEEAC. L’ac-
que la classe politique et, se-
cundo, qu’elles ont « laissé
un goût d’inachevé ».
Partant de ces expériences
ratées, une note d’espoir
Les enjeux…
s’ouvre avec ce dialogue de- cité », l’indulgence sera de mise pour Il faut bien comprendre que les dif- provoquer « des changements pro-
vant amener à « sortir des Par SJL
les fausses notes qui ne manqueront férents démembrements des forces fonds issus de notre réflexion
crises qui minent le pays ». pas d’émailler l’unisson patriotique. vives de la Nation existant au Gabon commune » (Oligui Nguema) ou à

P
Cela marqué par la « volonté our autant que la transition ga- En effet, la cohésion patriotique qui sont les produits de trente-trois ans faire de telle sorte que « les Gabonais
de voir ce pays redevenir bonaise se soit désormais fait domine au Gabon ces sept mois qui de multipartisme débridé. Imaginons de toutes les couches s’accordent
digne d’éloges ». Un Gabon accepter par les Gabonais et la nous séparent de la nuit du 30 août un seul instant que le DNI ne pour adopter, par référendum, une
où « il fait bon vivre ». communauté internationale, sa crédi- 2023 n’est pas qu’apparente, elle est parvienne pas à les fédérer autour nouvelle Constitution ainsi qu’un
Pour y parvenir, les Gabo- bilisation reste profondément liée à indiscutable. Renforcée par la d’objectifs communs et les « relâche Code électoral et un Code pénal
naises et les Gabonais doi- la réussite du Dialogue national in- promptitude des autorités à parer au » dans la nature, bonjour les dégâts. fiable, qui garantit à tous les mêmes
vent « s’inscrire dans une clusif (DNI) qui vient d’ouvrir ses plus pressé palpable pour les popula- Avec à la clef plus d’une centaine de chances » (id) Mais, pour réussir
logique d’inclusion et ne pas travaux. Si le Comité pour la transi- tions – réfection des routes princi- partis qui reviendront augmenter plein pot ce tour de force, il faut en-
céder à l’incrimination » et « tion pour la restauration des institu- pales et secondaires, paiement des ainsi la demande politique, donc « core que les Gabonais, hors du réfé-
poser les bases du Gabon de tions (CTRI), le président de la rappels de pensions, rétablissement l’affairisme politique », « le clienté- rendum de décembre prochain,
demain ». Mgr Iba-Ba va in- République et la classe politique des bourses scolaires, etc. –, on peut lisme politique » et tout ce qui s’en comme un seul homme, d’une seule
sister sur la nécessité de la élargie à la vaste société civile res- être tenté de penser qu’elle permet- suit. voix, votent dans le même sens, dans
cohésion car l’on est en face sortent de ce dialogue en chantant le trait d’amortir l’impact d’un échec Au fond, ce qui est en jeu dans le l’unité. Unité à laquelle seul le DNI
d’une « occasion historique même hymne à l’« essor vers la féli- du DNI. contexte actuel consiste, certes, à peut parvenir. Jour J moins 28.
de léguer à la postérité un
Gabon plus juste et prospère
». Aussi a-t-il invité les parti-
cipants au dialogue à pro-
duire « des textes solides et
... et les objectifs
impersonnels ». Et non pas Par SJL au premier matin de la transition, ne et légitimes garantissant un Etat de • « l’instauration d’une culture de
des textes taillés à la mesure laisse aucun doute sur leur prise de droit, un processus démocratique bonne gouvernance et de citoyenneté
des hommes. Aussi a-t-il faits et cause pour l’arrivée du CTRI transparent et inclusif, apaisé et du- responsable ; »
rappelé que l’on est « face à
un éternel témoin que l’on
appelle l’histoire ». Q uels sont les objectifs de la
nuit du 30 août 2023 ? Mani-
festement, mettre fin au cycle
politique en cours, ou au régime en
place, demeurait le premier objectif à
et du général Oligui Nguema à la tête
du pays. Les progressives baisses de
garde des méfiances internationales
sont de plus en plus manifestes à l’en-
droit de la transition politique gabo-
rable, seules garanties pour un déve-
loppement véritable du Gabon ; »
• « la préservation de l’intégrité du
territoire national et de la sécurité des
personnes et de leurs biens ; »
• « l’élaboration d’une Nouvelle
Constitution et son adoption par réfé-
rendum ; »
• « l’organisation des élections lo-
cales et nationales, libres, démocra-
L’homme qui détient le
pouvoir ne doit pas être atteindre. Objectif suivant : l’adhé- naise. • « l’engagement de réformes ma- tiques et transparentes. »
jugé selon ses paroles mais sion populaire. Puis, le troisième, Aujourd’hui, il ne reste plus dans la jeures sur les plans politique, écono- L’aboutissement heureux de ce Dia-
selon ses actes l’assentiment de la communauté in- feuille de route que ce dialogue qui mique, culturel, administratif et logue National Inclusif, au 30 avril
` ternationale. Pour ces trois premiers est le point d’orgue consubstantielle- électoral ; » 2024, à coups de consensus forts et
Le deuxième temps de objectifs, on peut dire : missions ac- ment lié à l’accomplissement des • « le renforcement de l’indépen- non mous et inéquitables comme les
parole a été celui du prési- complies. La camarilla au pouvoir a missions consignées dans la Charte dance de la Justice et la lutte contre 33 ans précédents, est la condition
dent centrafricain, chargé de été énergiquement neutralisée sans de la transition au chapitre II des mis- l’impunité ; sine qua non de leurs réalisations.
la Facilitation dans la crise effusion de sang avec mise en rési- sions : • la promotion et la protection des C’est l’objectif crucial à atteindre
gabonaise. D’entrée, Faustin dence surveillée et emprisonnement. • « la refondation de l’Etat, afin de Droits de l’Homme et des libertés pu- pour l’heure. Et les Gabonais n’ont
Archange Touadera a L’explosion de joie des populations, bâtir des Institutions fortes, crédibles bliques ; » plus que 28 jours pour y parvenir.
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
4
Un dialogue pour réconcilier

Par SJL

T out s’achève et
commence le 30
août 2023. Il faut
bien avoir ce repère à l’es-
prit. Les 33 ans d’un mul-
tipartisme déchaîné et
dévergondé viennent de
s’achever. 33 ans au cours
desquels, pour beaucoup,
tenir un parti revenait à
gérer une épicerie, un
commerce, une start-up.
Ils ont développé clienté-
lisme et affairisme poli-
tiques. Ça, c’est le monde
qui s’achève. Les mots
d’Oligui Nguema, le 3
avril dernier, sont sans
équivoque aucun : « le 30
août 2023, face au chaos
inéluctable dans lequel al-
lait plonger notre pays à
l’issue d’un processus
électoral volontairement
tronqué, les Forces de Dé-
fense et de Sécurité, réu-
nies au sein du Comité
pour la Transition et la
Restauration des Institu-
tions (CTRI), ont décidé
de mettre un terme au ré-
gime en place ».
Et il y a cette Transition
qui est le résultat de cette
fameuse nuit. Son format
politique volontairement
inclusif dès les premiers
jours tend à démontrer
que les autorités de la
Transition veulent aller lons pouvoir nous parler insister sur le fait que « on nous. » notre vivre ensemble » brèches qui ne sont tou-
avec tout le monde vers avec franchise et sincérité ne dit jamais, chez nous Dénotant une claire vo- Ce Dialogue National In- jours pas refermées mal-
autre chose que ce qui », un incubateur « d’idées dans nos traditions, tel et lonté de ne pas voir se dé- clusif, c’est une évidence, gré les années ». « Il est
vient de s’achever. novatrices qui inspireront tel ont discuté, ils ont velopper inutilement les est fait pour RECONCI- bon de revenir dans le
Jusqu’au 30 août 2023, le l’écriture d’une nouvelle donné leurs points de vue, contradictions au cours de LIER. Il ne s’assimile pas, passé, j’en conviens, mais
fonctionnement de nom- constitution mais aussi la ils ne sont pas d’accord ; ce DNI, la démarche du aux yeux du patron de la cela ne doit pas nous em-
bre de partis d’une classe promotion des lois favori- on ne les laissait pas Président de la Transition Transition, à « une foire pêcher d’avancer »
politique gabonaise écla- sant des élections libres comme ça. On dit : « on paraît obéir à ce schéma d’empoigne. » Il est certes conclut-il.
tée en une centaine de transparentes ». Ce qui im- verra ça après ». Mais il traditionnaliste. Oligui « sans tabous ni censure » Est-il fortuit qu’il
chapelles, consistait à se plique aboutir, au cours de faut continuer jusqu’au Nguema explique qu’ « il mais « pourvu que l’on y s’adresse tout particulière-
marchander. Ce fonction- ce DNI, à des accords, tant moment où les points de ne s’agit ni d’un tribunal, mette les formes, chacun ment « à la présidence du
nement a, apparemment, mieux, mais aussi expri- vue sont inclusifs. C’est ni d’une Cour de Justice. devra s’exprimer en toute Bureau de ce Dialogue
été stoppé. Ça, c’est le mer des nuances, pourquoi cela qui fait l’unité d’une Bien au contraire, le dia- liberté et en toute sécurité National Inclusif » pour
nouveau Gabon qui pas ? Et même à rencon- communauté. Pour moi, logue national vise à réflé- ». Ces appels à la modéra- préciser et recommander
commence. trer des malentendus, cela me paraît toujours chir sur l’édification d’un tion parcourent le discours aux « religieux » qu’« il
Le Dialogue National In- lorsque l’implicite – par évident. On n’est pas d’ac- nouveau Gabon, réconci- d’ouverture des assises du leur revient donc de veiller
clusif, généré par cette exemple les réflexes iden- cord sur un sujet, on se re- lier les Gabonaises et les DNI, y compris sur la à ce qu’à la fin de ce Dia-
Transition, est présenté titaires – se dissimule der- trouve, on discute, si on Gabonais entre eux, en commission Vérité Justice logue National, le Gabon
comme un tournant cru- rière l’explicite – de noble n’est pas encore tombé créant un espace qui per- et Réconciliation pour le- retrouve sa dignité, re-
cial qui provoquera l’ins- idéaux patriotiques-, ou d’accord, bon, on n’est pas met à tous les enfants de quel, sans en rejeter le naisse uni et réconcilié
tauration progressive de aller jusqu’à constater des tombé d’accord, on va ren- notre pays, quel que soit principe, il met en garde avec lui-même ».
ce nouveau Gabon. Le désaccords : les conflits voyer à une autre fois leur statut social, de se ras- pointant l’expérience « Un sage Gabonais a dit
Général-Président parle d’intérêts, ça existe. Un jusqu’à ce que le problème sembler autour de notre sous d’autres cieux » où « d’Oligui Nguema qu’il est
d’un « moment primordial sage gabonais, au cours soit résolu. Il n’y a pas de quête de prospérité, de les commissions de ce l’« enfant des Vieux ».
au cours duquel nous al- d’une interview, a tenu à problème insoluble chez bonheur partagé et de type ont ouvert des
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
5
L’EDITORIAL Le référendum :
de Désiré ENAME vox populi
Écouter le passé… Par Germain Dehaire

I l y a treize ans, les membres de la


société civile conduits par Dieu-
donné Minlama Mintogho,
tion, la politisation outrancière et le
népotisme qui ont gangrené les pou-
voirs publics … »
E n ouvrant le dialogue natio-
nal inclusif, le 2 avril, le
président de la transition a
fait remarquer, pour le déplorer,
la transition, en vue du nécessaire
retour à la légalité institutionnelle.
S’il ne s’agissait que de la légiti-
mité, le président de la transition
Georges Mpaga, Paulette Oyane Ondo Les rédacteurs soulignaient : « Ce que le Gabon ne recourait pas n’en manque pas. Le général de
et Marc Ona Essangui rédigeaient un comportement des dirigeants a abouti assez au référendum. Le dernier brigade Brice Clotaire Oligui
mémorandum intitulé : « Mémoran- que le pays a connu remonte à Nguema est toujours accueilli par
à l’apparition d’une fracture sociale plus d’un quart de siècle. Entre- une foule compacte à chacune de
dum de la société civile gabonaise sur entre une classe politique corrompue, temps, le Gabon a assisté à une ses apparitions publiques.
la situation socio-politique ». repue, riche, insensible, ambitieuse et kyrielle de modifications de sa Le référendum portant adoption
Cet opus retrouvé dans nos archives déconnectée des réalités sociales et un Constitution, qui auraient dû pas- de la prochaine Constitution va
date du 17 février 2011. Soit près de peuple de plus en plus pauvre, résigné ser par la voie référendaire. La installer une tradition de consulta-
deux ans après l’élection présiden- et dégoûté de la chose politique. Toute première grande trouée faite dans tion du peuple souverain pour les
tielle contestée d’août 2009 et vingt- chose qui a amené le Président de la la Loi fondamentale de 1991 a été questions sociétales, outre les su-
trois jours après la prestation de République à conclure que ‘’Dieu ne enregistrée en 2003, quand, en ca- jets purement politiques. Sous le
serment d’André Mba Obame, le 25 nous a pas donné le droit de faire du timini, à l’abri des regards et sur- régime déchu le 30 août 2023, les
janvier 2011, s’autoproclamant prési- tout de l’avis du peuple souverain, Gabonais ont assisté, impuissants,
Gabon ce que nous sommes en train le Parlement a ramené à un, au à la démolition de leurs us et cou-
dent de la République ; jour aussi de d’en faire …’’ » En s’invitant à l’exa-
sa réclusion avec son gouvernement lieu de deux, le nombre des tours tumes. Le prétexte des « réforma-
men de ce passé, qu’est-ce qui avant à l’élection présidentielle. La rai- teurs » était qu’il fallait suivre la
au siège du Programme des Nations le 30 août 2023 avait fait mentir ces son, évidemment fallacieuse, était marche des nations dites civili-
unies pour le développement (Pnud). constats ? qu’il fallait réduire le coût d’un sées.
Le mémorandum en question portait D’autres extraits de ce mémorandum scrutin pourtant capital dans la vie Deux initiatives avaient soulevé
en préambule les mots suivants, que traçaient les attentes des Gabonais à d’un Etat calqué sur le modèle de une vague d’indignation : la dépé-
nous vous invitons à lire : « Feu le l’élection de 2009. A savoir : la Ve République française, où le nalisation de l’homosexualité et le
Président Bongo Ondimba, dans son « Mettre à la tête de l’Etat un homme président est « un monarque répu- statut de la femme comme chef de
discours testamentaire du 02 Décem- ou une femme qui saurait l’écouter, le blicain ». famille au même titre que
bre 2007, a été clair en ce qui concerne En réalité, échaudé par le score l’homme. Les inspirateurs justi-
comprendre, capable d’insuffler un très honorable de l’opposant cha- fiaient la première par le respect
son bilan à la tête de notre pays ‘’Le mouvement de développement harmo-
sentiment qui s’exprime en chacun de rismatique Pierre Mamboundou en des droits de l’homme, dont le ré-
nieux du pays dans un environnement 1998, Omar Bongo cherchait à gime d’Ali Bongo, au regard des
nous est que notre pays le Gabon, et de Paix, de Stabilité, de Justice Social s’épargner l’éventualité d’un hu- tueries postélectorales, des empri-
nous-mêmes, méritons mieux’’. Et de et de Liberté ; miliant second tour la fois sui- sonnements arbitraires et des trai-
poursuivre ‘’Arrêtons de nous Se réconcilier avec son élite politique vante. Par la même occasion, la tements dégradants infligés aux
comporter comme si nous étions juste et ses institutions à travers l’organisa- durée du mandat présidentiel reve- détenus, n’était pas un grand dé-
de passage au Gabon comme si nous tion d’une élection présidentielle libre nait au septennat, après une brève fenseur. Les parlementaires
avions une patrie de rechange ail- et transparente conforme au Principe expérimentation du quinquennat. étaient restés sourds aux pétitions
leurs… Je ne crois pas que faire main Une sorte de retour au parti des citoyens (une sorte de référen-
basse sur l’argent destiné à construire Constitutionnel qui guide notre répu- unique, sur le dos du peuple gabo- dum) qui les conjuraient de tenir
les routes ou le rendre indisponible blique à savoir « le Gouvernement du nais ! compte de la civilisation bantoue.
soit profitable au Gabon ou aux Gabo- peuple, par le Peuple et pour le peuple Les manipulations de la Constitu- Les élus du parti au pouvoir qui
nais. Je refuse de croire que le manque » Article 2. » tion ont atteint le ridicule en 2020 avaient voté contre la dépénalisa-
de médicament dans nos structures sa- Toute chose que l’élection présiden- avec cette histoire de nomination tion de l’homosexualité furent tan-
tielle de 2009 n’a pas offert. Encore de sénateurs par l’exécutif, en vio- cés et menacés d’une radiation
nitaires, malgré les budgets importants lation du principe sacro-saint de la synonyme de perte de mandat. De
qui sont alloués tous les ans, n’est pas moins celle de 2016, voire celle de
2023. Rendant actuel ce mémoran- séparation des pouvoirs. Il y eut quoi convaincre le commun des
dû aux détournements. Je reste per- aussi l’idée saugrenue du triumvi- Gabonais que la nouvelle loi visait
suadé que si chaque franc que l’Etat a dum.
rat composé des présidents des simplement à permettre aux gens
consacré à la construction, à l’équipe- Toutefois, malgré la présence au som- chambres du Parlement et du mi- de l’establishment de s’adonner
ment et à l’entretien des établisse- met de l’Etat d’un pouvoir sourd et nistre de la Défense nationale pour ouvertement à une pratique
ments scolaires n’avait pas servi à égoïste, l’espérance d’un Gabon nou- assurer la vacance du pouvoir. jusque-là confidentielle.
faire la fortune de certains, notre pays veau en 2023 a cristallisé les attentes Il est donc agréable de savoir que Les inspirateurs justifiaient la se-
se classerait au tout premier plan dans des Gabonais. Ils l’ont traduit d’abord la prochaine Constitution sera conde initiative par une prétendue
le domaine de l’éducation, je continue par leur vote massif au candidat adoptée par référendum, c’est-à- égalité entre les genres. Là encore,
de croire que le Gabon peut disposer consensuel Albert Ondo Ossa ; ensuite dire que le peuple souverain aura leur exercice du pouvoir les
par l’accueil manifesté sur l’ensemble son mot à dire (vox populi). Ce contredisait. Rien qu’au niveau du
d’un meilleur réseau de transport en scrutin représentera un test de la gouvernement, le régime d’Ali
commun à condition que l’argent qui du territoire au « Coup de libération ».
A l’heure où nous entrons dans le vif solidité du processus électoral qui Bongo n’arrivait pas à appliquer
est consacré soit disponible à cette sortira du dialogue national inclu- sa propre loi sur les quotas. Jamais
fin…’’ » du dialogue national inclusif, sachons sif car avant le référendum, il fau- le nombre des femmes n’avait at-
Les rédacteurs du mémorandum ajou- écouter le passé. Il est le concentré des dra établir une liste électorale teint le seuil de 30 % des effectifs.
taient : « C’est cette gestion calami- espérances des Gabonais. Et si nous fiable, déterminer clairement les A plus forte raison parler de
teuse qui est responsable de tous les sommes déterminés aujourd’hui à dé- centres et bureaux de vote, se pro- parité. Heureusement que le
maux actuels dont souffre notre so- passer les clivages traditionnels qui curer le matériel électoral en nom- contexte a changé et que ces lois
ciété, maux que le Président Bongo a nous divisent, que cela ne soit pas de bre suffisant, etc. Sans oublier la bancales peuvent être désormais
fermement condamnés dans le même beaux mots suite à la vibration éphé- formation du citoyen, à qui il fau- revues.
discours. » Ils le citaient ainsi qu’il mère de l’émotion. dra apprendre à voter non pas en Peut-être est-il trop tôt d’envisa-
Les Gabonaises et les Gabonais dans fonction des espèces sonnantes et ger dans notre corpus légal le ré-
suit : « L’Etat doit inspirer confiance trébuchantes, des affinités fami- férendum d’initiative populaire,
assurer et rassurer par son dynamisme, leur ensemble, et non pas seulement liales, claniques, provinciales ou qui permettrait à un nombre suffi-
dans tous les secteurs d’activités rele- les participants au dialogue, doivent ethniques, mais en privilégiant les samment représentatif de citoyens
vant de ses compétences, cet Etat est intégrer que « Demain » les jugera. Il idées nobles ou les idéaux. Les de contraindre l’exécutif à organi-
actuellement affaibli par : l’ethnisme, sera mieux pour chacun que ce juge- électeurs auront été rodés pour les ser un scrutin référendaire sur une
le clientélisme, l’affairisme, la corrup- ment libère. scrutins qui marqueront la fin de question donnée.

Directeur de la Publication

ECHOS DU NORD
Désiré ENAME Rédacteur en Chef éditorial
Co-Directeur de la Publication Jean Michel Sylvain: Mail, ansy1114@ [Link] PAO : Christian Mondzo
Raissa Oyeasseko Analystes: Ramses Frank Tél : 076 50 22 30
Tel: [Link] ([Link]@[Link])/ SYA/Arthur Page / Distribution : CODIPRESS
Tél Rédaction : 066 51 89 99 Zang Memine D.L.B.N N°2359/11/2016
Directeur de la rédaction délégué Journalistes : Sophie Beuve Mery / Gil Lawson
MIHINDOU BISSIELOU
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024
6
Le Général, Oligui Nguema est légalement président de la République !
Q uand, dans un pays, un ré-
gime tombe, il y a, au sein de
la population, comme une si-
dération. Et, dans ce moment, c’est
l’émotionnel qui visiblement semble
approche réduc-
trice. Un tel format
conduit à regarder
les faits par le petit
bout de la lorgnette.
sible et irrésistible). Un état de choses
qui, peu ou prou, l’aligne sur le dis-
positif de l’article 13 susmentionné.
Ainsi donc, si le président de l’As-
semblée assure l’intérim, le Général
Transition est modifié et se lit dés-
ormais comme suit : « Article 35 nou-
veau : Le Président de la Transition
remplit les fonctions de Président de
la République, Chef de l’État. Il veille
l’emporter, car la période d’engour- En revanche, si la Brice Clotaire Oligui Nguema au respect de la Charte de la Transi-
dissement se transforme rapidement lecture de longue conduit la Transition. L’un et l’autre tion et de la Constitution de 26 mars
en scènes de liesse ponctuées d’em- vue avait primé, un sont installés dans le même espace- 1991 ».
brassades se terminant parfois en « constat aurait temps qui est, juridiquement, borné. En agissant ainsi, le Parlement de la
fraternalisation ». L’apparence est émergé, à savoir Dans les deux cas, il ressort que c’est Transition s’est, volontairement ou
ainsi triomphante. Mais cette situa- que le caractère la loi, par le biais du Parlement, qui non, inscrit dans un créneau qui ne
tion ne dure que le temps d’une rose. non électif de son institue cette temporalité, a priori dépare aucunement dans le paysage
Très vite, la rationalité reprend ses arrivée au pouvoir pour le premier-cité et a posteriori politique gabonais : un précédent
droits, reléguant aux oubliettes eu- ne peut suffire à lui pour le second. Ce sont des circons- existe. En effet, en son temps, pour
phorie et ivresse. Apparaissent, alors, dénier ce titre. tances identiques, par leur exception- des raisons conjoncturelles, en fait ex-
les premières critiques mêlés de ques- D’autant que le dis- nalité, qui les portent sur les fonts ceptionnelles, l’Assemblée législative
tionnements. Ainsi vont les change- positif constitution- baptismaux. De ce fait, Il ne saurait y gabonaise, dans laquelle siégeaient
ments de régimes, sous tous les cieux. nel, lui-même, ne avoir d’illégalité. De plus, cette pro- Paul Gondjout et Jean-Hilaire Au-
L’arrivée de nouvelles autorités ne lie pas de manière motion était indispensable, aux fins bame, des députés ayant fait leurs
fait jamais l’unanimité. Autrement irréfragable le fait de faire coïncider le fait et le droit. En classes au Palais du Luxembourg
dit, si d’aucuns saluent, en cette sé- d’être investi des effet, dans la mise en œuvre de la (pour le premier) et au Palais Bour-
quence, l’avènement d’un nouveau attributs du prési- Constitution de 1991, le chef de l’État bon (pour le second), adopta une loi
jour, d’autres, pour des raisons qui ne dent de la Répu- n’a pas d’effectivité en soi, il ne sau- qui avait changé le statut de Léon
sont pas momentanément affichées, blique au rait exister par lui-même. En té- M’Ba. Ainsi vit le jour la loi n° 55/60
ne font pas partie du chœur des lau- nécessaire et préa- moigne l’article 8 de ladite du 9 août 1960 conférant, à titre tran-
dateurs. Toujours est-il que, dans l’at- lable passage par la Constitution qui énonce que : « Le sitoire, au Premier Ministre rang et
tente du retour au calme et à la case élection. À président de la République est chef de prérogatives de chef de l’État ». En
sérénité, ils sont dans l’introspection laire, c’est-à-dire du vote. Sauf que, cela une raison : la l’État ». Pour n’avoir pas, dans sa pre- son article premier, elle disposait que
et la spéculation pour mieux apprécier pour être cohérente, cette accusation prise en compte de la survenue mière mouture, saisi cette subtilité ju- : « En attendant la révision de la
la pertinence de la chute du régime, et aurait gagné à prendre en compte au d’éventuelles cas de force majeure. ridique, la Charte de la Transition Constitution et la mise en place éven-
en tirer les conséquences qui s’impo- moins deux choses. D’une part, que, Une hypothèse que traduit expressé- avait, comme on dit au quartier, « pé- tuelle d’un Président de la République
sent. À ce scénario, l’arrivée au pou- dans l’ordre constitutionnel gabonais, ment l’article 13 de la Constitution du dalé dans la choucroute » et « marché Gabonaise, le Premier Ministre de la
voir, le 30 août 2023, des Forces de il n’y a pas place pour quelque chef 26 février 1991, qui dispose que : « à côté de ses pompes ». Et c’est pour République Gabonaise aura provisoi-
défense et de sécurité de la Répu- de la Transition que ce soit et, d’autre En cas de vacance de la présidence de corriger ce raté et se mettre en confor- rement rang et prérogatives de Chef
blique gabonaise n’a pas échappé. part, que, dans le même registre, le la République, pour quelque cause mité avec cette disposition, que le sta- de l’État ». Pourtant, il était peu pro-
Aussi, une fois la fièvre retombée, chef de l’État ne prend vit et sens que que ce soit, ou d’empêchement défi- tut antérieur de l’intéressé a subi des bable qu’une telle transmutation
l’on constate que, désormais, est lorsque certaines conditions sont réu- nitif de son titulaire constaté par la modifications. puisse se produire dans le régime de
pointé du doigt, depuis le 23 février nies. Et la saisie de cette réalité passe Cour constitutionnelle saisie par le Ne point procéder à ce réajustement parlementarisme absolu, que vivait, à
2024, la promotion du Général Brice par l’appropriation de certaines dis- Gouvernement […] les fonctions du eût été non seulement illégal, mais eût l’époque, le Gabon. Pragmatiques, les
Clotaire Oligui Nguema, numéro un positions de la Constitution de 1991, président de la République, à l’excep- également pesé sur la marche du char représentants du peuple en avaient dé-
du Comité de Transition et de la Res- qui, dans la hiérarchie des normes, se tion de celles prévues aux articles 18, de l’État, aucun pouvoir propre cidé autrement. Il en est de même du
tauration des Institutions (CTRI) au situe, pour le CTRI, sur le même plan 19, et 116, alinéa 1er, sont provisoire- n’étant reconnu, dans la Constitution réajustement statutaire porté par l’ar-
rang et prérogatives de président de la que la Charte de la Transition. ment exercées par le président de de 1991, actuellement en vigueur, au ticle 35 nouveau de la Charte de la
République. Pourtant, au regard de la Si cet exercice avait eu lieu, des évi- l’Assemblée nationale ». chef de l’État. C’est à cette situation Transition, concernant le Général
même période, pareil grief n’a jamais dences seraient apparues, invitant à À cet égard, même s’il est vrai que anomique, potentiellement domma- Brice Clotaire Oligui Nguema. Rien
été soulevé s’agissant de sa qualité de une approche mieux motivée et plus comparaison n’est pas forcément rai- geable, que le Parlement de la Tran- de plus, rien de moins !
président de la Transition, chef de pragmatique, c’est-à-dire ne négli- son, il faut bien admettre que l’irrup- sition a mis fin, en adoptant la loi n°
l’État. Certes, le refus de reconnaître geant pas le contexte. Au lieu de cela, tion sur la scène politique des Forces 001/2024 du 23 février 2024 portant Mba Andeme Théophile Léon Victor
l’intéressé comme président de la Ré- c’est plutôt une lecture de courte vue de défense et de sécurité de la Répu- révision de certaines dispositions de Doctorat en Études politiques (Uni-
publique tiendrait au fait que son ac- de cette Constitution, qui a été privi- blique gabonaise, le 30 août 2023, la Charte de la Transition. Laquelle, versité de Bordeaux)
cession à cette haute fonction n’est légiée. Ce qui est le propre de toute constitue assurément un cas de force en son article 2, indique expressément DEA d’Études Africaines (IEP Bor-
pas la résultante de l’onction popu- majeure (caractère extérieur, imprévi- que : « L’article 35 de la Charte de la deaux CEAN).

Dialogue national inclusif


« Les enjeux de ce dialogue sont énormes, entre la moralisation de la
vie politique, choix du régime qui pour moi doit être présidentiel »,
déclare le juriste Régis Nguema Angoue
Propos recueillis par Arthur Page vrait dorénavant réguler le vivre ensemble au le savent. C'est eux qui ont mis ce pays à genoux.
minimum durant les cinquante prochaines an- Et c'est à cause d'eux aujourd'hui que les Gabo-
nées. Tous les pans de la vie de la République nais sont très exigeants vis-à-vis du président de
seront pris en compte. Sur le plan politique, la la République. C'est parce qu’ils ont échoué que
Echos du Nord : En tant que jeune ayant un moralisation de la vie publique et l'instauration le pays se retrouve sous perfusion aujourd'hui.
intérêt pour le Gabon, que représente ce dia- d'une véritable démocratie. Le choix du régime Heureusement avec le CTRI, le pays se trans-
logue pour vous ? politique qui, selon moi, doit être un régime pré- forme tous les jours aux yeux des Gabonais. Le
sidentiel. Les caractéristiques du Gabonais qui ministère en charge de la Réforme des institu-
Régis Nguema : Je suis Régis Malbrand Nguema doit prétendre à occuper la fonction de président tions a lancé un appel à contribution et c'est ce
Angoue. Je suis gabonais de père et de mère. En de la République. Celui-ci doit être Gabonais de qui est fondamental. Si les contributions sont
tant que jeune, ce dialogue suscite un réel espoir père et de mère, être marié à une Gabonaise de faites, alors cela ne sert à rien de se lamenter ou
pour moi et pour toute la jeunesse gabonaise en père et de mère et résider au Gabon et ayant des de crier à la manipulation. Tout le monde ne peut
particulier. En effet, c'est le seul dialogue poli- biens au Gabon. C'est une décision courageuse pas être au dialogue, mais toutes les couches de
tique dans l'histoire du Gabon qui a consacré une et qui naît d'un sentiment de patriotisme et non la société y sont représentées. Le dialogue peut
place digne de ce nom à la jeunesse gabonaise d'exclusion. être assimilé à un parlement. Combien sont-ils
en termes de représentativité (association, Sur le plan économique, procéder la diversifica- dans cet hémicycle ? Et pourtant, ils parlent au
Conseil national de la jeunesse) et c'est une fierté tion de l'économie tout en encourageant des ini- nom de tous. Non, il faut être sérieux, que ces
pour moi. Cela m'amène à exprimer toute ma tiatives privées. C'est l'occasion pour moi de acteurs politiques ne nous fassent pas reculer.
gratitude au président de la transition, président saluer la décision courageuse qu'à prise le prési-
de la République, chef de l’État, le général de dent de la République en ce qui concerne le ra- Le chef de l’Etat dans son adresse s’est réjoui
brigade Brice Clotaire Oligui Nguema. Il nous restauration des institutions) et du président de chat de Assala et Addax. Sur le plan agricole, des nouvelles figures venant de tous bords. Ce
appartient dorénavant à nous jeunes d'aller faire la République à faire asseoir les Gabonais sans former et financer les entrepreneurs agricoles, symbole est-il gage de renouveau pour ce pays
des propositions qui engagent notre avenir et distinction aucune ; les Gabonais de tous bords d'où la mise en place par le président de la ?
celui du Gabon. et de toutes les senbilités à repenser un nouveau banque des entrepreneurs du Gabon.
Gabon. Un Gabon qui va répondre de façon vé- Sur le plan éducatif, insérer dans le programme Tout à fait ! C'est un gage de renouveau pour le
Le Gabon depuis trente-quatre ans a connu ritable aux aspirations réelles du peuple, d'où son scolaire les valeurs républicaines et tradition- Gabon. Car il faut d'abord apprécier la démarche
un cycle de cinq dialogues et concertations. caractère inclusif voulu par le président de la Ré- nelles afin que nos enfants, dès le bas âge s’ap- du chef de l’État. Le président a été très inclusif
Avez-vous le sentiment d’un éternel recom- publique et c'est à féliciter. propient ces valeurs. C'est le cas de la levée et dans cette démarche. Vous observez l'arrivée au
mencement ? Par ailleurs, la tenue de ce dialogue avait été an- de la descente des couleurs au sein des adminis- Gabon de tous ses fils et filles dotés d'une expé-
noncé par le CTRI dès le Coup de la libération. trations initiée par le président de la République. rience et d'une expertise. Ces Gabonais ont pour
Du tout. Je n'ai pas un sentiment d'un éternel re- Donc, ces assises qui débutent ce 2 Avril déno- Comme pour dire qu'aucun aspect ne doit être certains occupé de hautes fonctions dans leurs
commencement. Parce que les contextes de ces tent de la cohérence des actions menées par le négligé. pays d’accueil. Et aujourd'hui, le président es-
cinq dialogues ne cadrent pas avec le dialogue président de la République qui tient parole face time que pour relever ce défit de construction
actuel impulsé par le président de la République. aux engagements pris vis-à-vis de son peuple. Le dialogue a fait couler beaucoup d’encre. d'un Gabon prospère, cela doit se faire avec tout
Les différentes assises du passé étaient consécu- De nombreux hommes politiques n’ayant pas le monde. Et pour y arriver, il faut que tout ce
tives aux tractations politiques et au déchirement Quels sont les enjeux du présent dialogue été désignés expriment leur mécontentement monde participe au dialogue afin de faire des
du tissu politique dans notre pays. Et aujourd'hui, selon votre regard ? en criant à la manipulation. Comment appré- propositions constructives qui vont véritable-
si le Gabon est dans cette situation c'est parce ciez- vous ces réactions ? ment faire décoller l'avion Gabon pour une meil-
que tous ces dialogues n'étaient que politiques. Les enjeux de ce dialogue sont énormes. Car leure destination. Car ce dialogue apparaît ici
Le dialogue actuel est de la seule volonté du c'est au cours dudit dialogue que les participants Ces acteurs politiques doivent comprendre une comme un laboratoire dans lequel le Gabon sera
CTRI (NDLR : Comité pour la transition et la vont retracer et penser le modèle sociétal qui de- chose qui est fondamentale et tous les Gabonais façonné de façon véritable.
ECONOMIE Lundi 8 avril 2024 7
Plan national de développement de la transition

La vision keynésienne d’Oligui Nguema


pour le développement

Par veau plan triennal de déve- 4-Le développement so- faite à ce séminaire en dit l’ancien régime. L’endet- politiques publiques pour
loppement qui constitue cial inclusif ; long sur la nécessité et la tement n’est supportable la réalisation des investis-
l’un des outils de planifi- 5-Le renforcement de la volonté de rupture avec que si sert l’intérêt géné- sements indispensables au

L e président de la
République a dé-
cliné sa vision du
développement du Gabon
à travers des orientations
cation… ». Ce dernier a
rappelé la feuille de route
que lui a confiée le prési-
dent de la République et
qui met l’accent sur les
durabilité environnemen-
tale et de la résilience aux
changements climatiques ;
La prise du pouvoir le 30
août 2023 par les mili-
l’ancien régime dont la po-
litique économique était
faite d’absence d’objectifs
prioritaires, d’incohé-
rences et de manque de li-
ral. Nos compatriotes refu-
sent de considérer comme
normal et naturel le dé-
tournement des fonds pu-
blics soutenu par une
décollage de notre crois-
sance économique. Les
liaisons incestueuses entre
les membres du gouverne-
ment, ordonnateurs princi-
claires et sa matérialisa- projets prioritaires dans les taires patriotes du Comité sibilité. impunité honteuse. La paux des crédits du budget
tion dans des projets vi- infrastructures routières, la pour la transition et la res- Ce plan triennal des inves- poursuite de l’enrichisse- national, et les affairistes
sibles sur le terrain par nos santé, l’énergie, l’agricul- tauration des institutions tissements publics d’un ment illicite, contraire aux tapis dans l’ombre, avec la
compatriotes. A l’instar ture, l’éducation et les (CTRI) a permis de mettre montant de 3 000 milliards valeurs du 30 août à tra- complicité des cadres des
des Etats-Unis avec le transports pour répondre un terme à la crise poli- de FCFA pour 288 projets vers le pillage des res- administrations publiques
New Deal de de Franklin aux attentes des Gabonais. tique mais aussi au déficit de développement aura un sources d’Etat, entraînera dans un pacte de corrup-
D. Roosevelt ou de l’Alle- en infrastructures, aux iné- impact d’accélérateur de la un mécontentement pou- tion en groupes organisés,
magne au lendemain de la Une politique de relance galités sociales et à la pau- croissance, de promotion vant aboutir à des manifes- pourront saboter, boycot-
grande dépression de par les grands travaux vreté. de l’emploi des jeunes, de tations populaires. ter et détruire la concréti-
1929-1932, le général Le PNDT vise à répondre réduction des inégalités et La lutte contre la corrup- sation des ambitions du
Brice Clotaire Oligui Le Plan national de déve- aux défis du Gabon en ma- de la pauvreté. tion et l’impunité fait libérateur du 30 août 2023.
Nguema annonce un im- loppement de la transition, tière de : Le chef de l’Etat a de partie de l’ensemble des
mense plan d’investisse- validé le 27 mars 2024 -Bonne gouvernance ; grandes ambitions pour
ments publics pour dans le cadre d’un atelier -Promotion des droits hu- sortir le Gabon de l’état de
relancer la croissance, en présence du Premier mains; délabrement dans lequel
créer des emplois, réduire ministre et présenté par le -Appui vers une économie les militaires l’ont trouvé.
la pauvreté et les inégalités vice-Premier ministre en verte et bleue ; Le président de la Répu-
sociales. charge de la Planification, -Promotion d’un dévelop- blique, à travers la priorité
Le Premier ministre, Ray- Alexandre Barro Cham- pement durable participa- donnée aux grands travaux
mond Ndong Sima, a brier, repose sur 5 piliers tif ; d’infrastructures routières,
rappelé à l’occasion de cet fondamentaux qui sont : Le vice-Premier ministre a de services sociaux de
atelier de validation du 1- La réforme des institu- rappelé que le PNDT vise base comme l’éducation,
Plan national de dévelop- tions et la transition poli- à « sortir de la dictature du la santé, le logement, l’eau
pement de la transition tique ; court-terme… Et à une ré- et l’électricité, répond
(PNDT) la nouvelle vision 2-Le développement des appropriation collective du ainsi aux attentes des Ga-
du chef de l’Etat, « qui se infrastructures straté- processus : à combler ses bonais pour l’amélioration
veut plus harmonieuse et giques ; insuffisances et à renforcer de leurs conditions de vie.
durable et durable, se ma- 3-L’intensification de la les interventions qui tra-
térialise aujourd’hui par stratégie de diversification duisent au mieux les aspi- Un financement ver-
l’élaboration d’un nou- de l’économie ; rations ». Cette déclaration tueux des infrastruc-
tures

Le financement d’un tel


programme passera par la
contribution du budget na-
tional, des partenaires ex-
térieurs et des emprunts
sur les marchés financiers
comme c’est le cas ac-
tuellement pour la mobili-
sation en cours de 854
milliards de FCFA sur les
3 000 milliards exigés
pour ce programme d’in-
frastructures. Ce sacrifice
ne pourra être accepté que
si la population reste
convaincue que ces
sommes ne finiront pas
dans des comptes privés et
dans la poursuite de la ga-
begie généralisée à la-
Vulgain Andzembe, Commissaire général au Plan quelle nous avait habitués
POLITIQUE Lundi 8 avril 2024 8
« Certes rien n’est parfait, mais il n’y a pas eu
de difficultés majeures »
L’établissement non seulement les toi-
des accréditations lettes propres au stade,
nous avons encore fait
pour l’accès au venir d’autres toilettes
site du DNI se mobiles. Une équipe se
poursuit. Suzanne charge du nettoyage à
tout instant. Elle assure
Helga Ova Ngui, la propreté des lieux de
membre de l’orga- manière permanente.
nisation et respon- D’autres volontaires ai-
sable du bureau dent pour le stationne-
ment des véhicules sur
des accréditations les Parkings. Nous ne
du DNI, s’est prê- manquerons pas de sou-
tée aux questions ligner le renfort des
d’Échos du Nord. forces de l’ordre mobili-
sées pour appuyer en
Propos recueillis par ENB matière de sécurité.

Échos du Nord : Et sur le volet santé ?


Comment se passe la
remise des accrédita- la santé militaire est pré-
tions ? sente sur site. Ils sont
une cinquantaine. Nous
Suzanne Helga Ova avons des médecins, in-
Ngui : Pour que nous firmiers, en somme tout
soyons sûrs que toutes le corps de la santé est
les personnes qui ont représenté et prêt à inter-
accès au site sont les venir à tout moment.
personnes véritablement Parce que, parmi les
concernées par le décret, participants, nous avons
nous avons mis en place répertorié des personnes
ce dispositif. Il s’agit de qui peut prendre une ac- lité et d’accueil lontaires. C’est-à-dire volontaires enregistrés. du troisième âge qui ont
badges aux couleurs de créditation et s’intro- comment le comité des jeunes qui se sont Ils se chargent d’accueil- certaines maladies et qui
la nation. Les badges duire sur le site. On s’est d’organisation s’y est-il fait enregistrés et qui lir, d ’orienter, de facili- doivent prendre des mé-
sont classés par ordre al- juste entouré de plus de pris ? sont depuis plusieurs ter les mouvements des dicaments à certains mo-
phabétique pour faciliter garantie. mois au ministère de la participants sur le site du ments, donc tout cela est
la distribution et pour En termes d’accueil nous reforme des institutions. stade de l’amitié. Quant pris en compte.
qu’il n’y ait pas d’at- En termes de disponibi- avons mobilisé des vo- Il s’agit d’environ 200 aux commodités, il y’a
troupement sous les
tentes. Aucune personne
n’a accès au site si elle Carte nationale d’identité électronique
n’a pas son accrédita-
tion. Comme vous le
voyez il n’y a pas d’at-
troupement, c’est assez
De la parole à l’acte
fluide. Pour s’assurer Par ENB au Gabon sont concernés par cette
que nous remettons l’ac- campagne de production du NIP.

L
créditation aux véri- e ministre de l’Intérieur et Cependant, l’enregistrement a dé-
tables bénéficiaires, elle de la Sécurité, Hermann buté par les citoyens gabonais
présente sa pièce d’iden- Immongault, a tenu à se âgés de 16 ans et plus qui n’ont ja-
tité, puis elle émarge sur rassurer, le 3 avril, que l’infra- mais été soumis à un prélèvement
une liste. structure numérique est fin prête biométrique dans le cadre du pro-
dans les centres d’enrôlement qui jet Iboga.
Avez vous des difficul- seront en majorité logés dans les Pour ceux qui sont déjà enrôlés
tés depuis la mise à dis- commissariats de police. Dans depuis 2013 sur la liste électorale,
position des cette perspective, les centres ont cette première étape a consisté à
accréditations ? été ouverts dans le Grand Libre- la délivrance de leur attestation
ville, répartis dans les communes NIP. Ce titre sécurisé (CNIE) sera
Certes rien n’est parfait, de Libreville, Owendo, Akanda et produit par la DGDI, qui produit
mais il n’y a pas eu de Ntoum. déjà les passeports et les cartes de
difficultés majeures. On A Libreville, c’est la Direction gé- séjour. L’attestation NIP est le
a bien géré depuis le nérale de la documentation et de seul document qui donnera droit à
début. C’est juste que les l’immigration (DGDI), l’inspec- la CNIE. Les demandeurs doivent
participants sont nom- tion générale des Forces de police présenter un passeport ordinaire
breux nous avons quand nationale et le commissariat de ou un acte de naissance légalisé.
même une population de police de Nzeng-Ayong qui ont sitions prises sur les différents férents sites. » Il a ajouté : « Les Le certificat de nationalité et la
600 participants sans été choisis. Les deux premières sièges pour accueillir les deman- sites mobiles seront également quittance du trésor pour les ci-
compter les personnes administrations sont situées à deurs d’attestations du numéro rendus opérationnels pour se ren- toyens ayant acquis la nationalité
ressources. Oloumi. d’identification personnelle dre dans les hôpitaux et auprès gabonaise.
Pour la commune d’Owendo, le (NIP), préalable à l’obtention de des personnes à mobilité réduites. Dotée d’une puce électronique et
Les premières accrédi- public est attendu au commissa- la carte nationale d’identité élec- » Le ministre s’est également as- embarquant une identité numé-
tations ont été annulées riat de police, au jardin public et tronique (CNIE). suré de l’état d’avancement de la rique, la CNIE permettra aux ci-
pour en refaire au plateau sportif Léon Augé. C’est dans ce sens que Hermann mise en place du système d’archi- toyens d’accéder à une gamme de
d’autres. Qu’est-ce qui Concernant Akanda, le rendez- Immongault a affirmé : « Pour ce vage des documents à l’Escap services en ligne. Le NIP est un
explique ces change- vous c’est au commissariat de po- démarrage, tout me paraît (Ecole secondaire des cadets de la code alphanumérique de 14 carac-
ments ? lice et dans les mairies (1er et 2e conforme, en dehors de quelques police). Après la connexion des tères destiné à authentifier l’iden-
arrondissement). aléas liés à la connexion Internet sites provinciaux, l’opération sera tité d’un individu au moyen d’un
Ces changements ont été Enfin à Ntoum, à la préfecture du ici et là, en raison notamment de lancée. « C’est une opération qui traitement informatique. Cette
effectués pour des rai- Komo-Mondah et à l’antenne de la coupure du câble sous-marin. se déploiera à l’intérieur du pays mesure, prévue par la loi gabo-
sons de sécurité. Au dé- la DGDI. Les centres ont été bien Mais le problème ne se pose pas dans les toutes prochaines se- naise, vise à construire un registre
part le point phare était réhabilités, la connexion au réseau au niveau du site de la Direction maines. » biométrique des personnes phy-
la photo. Il fallait impé- de l’administration gabonaise a générale de la documentation et Tous les citoyens gabonais rési- siques. Ce NIP sera une compo-
rativement la photo du été bien établie et le mobilier a de l’immigration, DGDI. dant sur le territoire national ou à sante essentielle de la nouvelle
bénéficiaire sur l’accré- déjà été livré. Le ministre de l’In- J’exhorte nos compatriotes à se l’étranger ainsi que les personnes CNIE, qui sera hautement sécuri-
ditation. Car n’importe térieur s’est dit satisfait des dispo- rendre massivement dans les dif- de nationalité étrangère résident sée.
SOCIETE Lundi 8 avril 2024 9
Environnement
Les originaires
des plateaux batéké
disent non aux ! !
champs d’eucalyptus !
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Par MM
4%'#%*!.%!H!"!+8('.!GMGN:!

L ors d’une conférence de presse samedi dernier à


Libreville, les membres du Collectif des ressor-
tissants et écologistes des plateaux batéké
(CREPB) se sont de nouveau élevés contre le projet de
plantations d’eucalyptus dans leur terroir. En décembre
B%! 0'#'*&1(%! ,%! .+! 2-*&'$%/! S+(,%! ,%*! W$%+-D/! '#6)(7%! .9)4'#')#! #+&')#+.%! %&!
'#&%(#+&')#+.%!,%!$%!?-%!.9+,7'#'*&(+&')#!,%!.+!2-*&'$%/!+!%D5$-&5!.+!,5$'*')#!4('*%!4+(!
.%!<(5*',%#&!,%!.+!@(+#*'&')#/!<(5*',%#&!,%!.+!=54->.'?-%/!IT%6!,%!.9"&+&/!Z('$%!I.)&+'(%!
[BAS\A! QS\"0]/! $)#6)(757%#&! +-D! ,'*4)*'&')#*! ,%*! +(&'$.%*! G^! %&! G_! ,%! .+!
2023 déjà, ils avaient manifesté leur opposition à cette
initiative de Sequoia, une société appartenant à un fonds !"#$%&%'%&"#()"*%+#%(,-$'*-(./#/*+0-(1-(.*23-(+33"*1/-4(1+#$(0-$(3"#1&%&"#$()*/3&$/-$(
créé par la société ATIF à Abu Dhabi, aux Emirats )+*(0-(!"1-()/#+0(5'&(-630'-#%(0-$()-*$"##-$(3"#1+,#/-$()"'*(0-$(&#7*+3%&"#$()/#+0-$(
arabes unis. $'&8+#%-$(9(
Selon le CREPB, ce projet, qui a des effets néfastes,
s'inscrit dans la vision de GSEZ. Il voit derrière celui- :! ;",&3&1-(8"0"#%+&*-(
ci l'ancien directeur de Olam. La société veut prendre :! </%"'*#-,-#%(1-(1-#&-*$()'=0&3$(
les terres sans autorisation. L'association montre avec :! >$$"3&+%&"#(1-(,+07+&%-'*$(
ses experts que Sequoia n'a pas suivi le guide règlemen-
taire pour lancer un projet et la méthodologie de la car- :! ?"0(@(,+&#$(+*,/-$(
tographie de l'Iret (Institut de recherche en écologie :! !",)0&3&%/(1A/8+$&"#(
tropicale). :! B*+7&3(1A-#7+#%$(
Le CREPB a énuméré les dangers des plantations d’eu- :! B*+7&3(1-()"&#%-$(1A&8"&*-(
calyptus. Les principaux sont : épuisement et infertilité
du sol, litière peu biodégradable, pollution aux pesti- (
cides, assèchement des nappes phréatiques, pertes de la
C( 0+( $'&%-( 1-( 0A-6+,-#( ,&#'%&-'6( )+*( 0+( !",,&$$&"#( 1-$( 1/%-#%&"#$( -%( 1-$( )-&#-$4(
biodiversité. La finalité risque d’être l’exode rural, les
ressources vitales devenant ainsi inaccessibles. 3",)"$/-(1-$(3",)/%-#3-$(&$$'-$(1'(D&#&$%E*-(1-(0+(F'$%&3-G(D&00-(3-#%($"&6+#%-:$&6(
En lieu et place de ce projet jugé dangereux, les ressor- HIIJJK(3"#1+,#/$("#%(=/#/7&3&/(1-(0+(*-,&$-(.*+3&-'$-(1-()-&#-$(1+#$(0A-#$-,=0-(1-$(
tissants des plateaux batéké proposent la valorisation )*&$"#$(1'(L+="#G(
des produits locaux, la mise en place d'une politique de
promotion de l'agriculture moderne, mécanisée et enca- M0(3"#8&-#%(1"#3(1-(*+))-0-*4(+':1-0@(1-(3-(5'&()*/3E1-4(5'-(0-(L"'8-*#-,-#%(N'8*-(
drée et la promotion de l'élevage. Les plateaux batéké @( 3-( 5'-( 0-$( )")'0+%&"#$( .+="#+&$-$( 8&8-#%( 1+#$( 0+( 5'&/%'1-( -%( 0+( $/3'*&%/G( O-(
couvrent principalement les régions de Bongoville, Lé- L"'8-*#-,-#%( 1-( 0+( B*+#$&%&"#( 7+&%( 1-( 0+( $/3'*&%/( 1-$( )-*$"##-$( -%( 1-$( =&-#$( '#-(
coni et Akiéni, dans la province du Haut-Ogooué. )*&"*&%/G(
La conférence a commencé par la présentation du
CREPB. La vision de cette association est l'épanouisse- P#(3-(5'&(3"#3-*#-(0-()*".*+,,-(1A&#$-*%&"#(-%(1-(*/&#$-*%&"#(1-$(1/%-#'$(-#(3"'*$(
ment d'une société humaine qui exploite son environ- 1+#$(0A-#$-,=0-(1-$()*&$"#$(1'(L+="#G(O-(D&#&$%E*-(1-(0+(F'$%&3-4(&#7"*,-(1-(3-(5'A&0(+(
nement vital en toute souveraineté et en préservant non %"'Q"'*$(/%/(&#$3*&%(1+#$(0-(R*".*+,,-(1-(B*+8+&0(D&#&$%/*&-0(1'(L"'8-*#-,-#%G(
seulement leur santé, mais également la nature. Son bu-
reau comprend un président, un vice- président, un se- !-()*".*+,,-(3-*%-$(&#$'77&$+#%(-$%(#"%+,,-#%(3"#S'(+'%"'*(1-(0+(,&$-(-#()0+3-(1-$(
crétaire général, un secrétaire adjoint, un trésorier et son +%-0&-*$( 1-( ,/3+#&5'-4( 1-( 3"'%'*-4( 1-( )0",=-*&-4( 1-( ,/%&-*$( 1-( =2%&,-#%( -%(
adjoint. 3"#$%*'3%&"#(#"#($+#$("'=0&-*(0+(3"&77'*-4(0+(8+##-*&-4(0+(=*"1-*&-4(0-$(,/%&-*$(+.*&3"0-$4(
Le logo présente en fond un arbre de petite taille. Selon 0-$( ,/%&-*$( +8&3"0-$( -%( 0A&#&%&+%&"#( +'6( B-3T#"0".&-$( 1-( 0A&#7"*,+%&"#( -%( 1-( 0+(
l'explication, la zone des plateaux batéké est couverte
de plaines arbustives. Il y a aussi une antilope qui re- 3",,'#&3+%&"#(HBM!KG((
présente l'espèce qu'on ne retrouve que dans cette zone. O-$(1/%-#'$(&#$3*&%$(+'(3-#%*-(1-()*/)+*+%&"#(+'6(-6+,-#$(1-(0A-#$-,=0-(1-$()*&$"#$(
Il y a en plus les racines de l'arbre « qui représentent "#%(-'('#(%+'6(1-(*/'$$&%-(1-()0'$(1-(UVW(+'6(-6+,-#$($)/3&7&5'-$(#+%&"#+'6(5'-($"#%(
notre encrage à notre milieu de vie, notre territoire ».
Les activités ce collectif sont multiples, parmi lesquelles 0-( !-*%&7&3+%( 1A/%'1-$( )*&,+&*-$( H!PRK(X( 0-( Y*-8-%( 1A/%'1-$( 1'( )*-,&-*( 3Z30-(-%( 0-(
l'identification des menaces écologiques et l’organisa- Y+33+0+'*/+%(1'($-3"#1(1-.*/(1'*+#%(3-$(J(1-*#&E*-$(+##/-$G(((
tion d’actions de sensibilisation.
POLITIQUE & SOCIETE Lundi 8 avril 2024 10

Ike Ngouoni goutte enfin Gabon profond


à la liberté La semaine dernière, nous nous
sommes arrêtés chez la chercheuse
gabonaise, sociologue et anthropo-
logue Cornelia Bounang Mfoun-
gué, qui a mené des recherches sur
le mariage au Gabon. Son ouvrage,
« Le mariage africain, entre tradi-
tion et modernité : étude socio-an-
thropologique du couple et du
mariage dans la culture gabonaise
», se préoccupe de la représenta-
tion des couples et du mariage au
sein du peuple gabonais. Chaque
semaine, « Echos du Nord » ré-
serve un espace à un certain nom-
bre d’écrits d’universitaires,
d’experts, et autres proposés par
notre rédaction ou par vous. Des
écrits qui abordent différents do-
maines comme les ethnies, le colo-
nialisme, le post-colonialisme, le
parti unique, l’Etat rentier, l’accu-
mulation primitive, etc. Des inter-
ventions qui, nous le souhaitons
vivement, susciteront l’intérêt et,
parfois, pourquoi pas, la réplique
de nos universitaires, experts et
autres citoyens que nous considé-
rons comme partenaires dans
l’animation et l’organisation de cet
espace. Cette semaine, Cornelia
Bounang Mfoungué nous revient
pour une suite. Bonne lecture !
Par Arthur Page tre en place une poli- compte. Traduction du que le Gabon au-
tique de réinsertion ef- caractère politique jourd’hui, en conva-
ficace, en particulier asorti de la volonté l e s c e n c e Le mariage africain,

«J e
grâce
rends

Dieu tout-puissant.
Dans les ténèbres, sa
à
l’Éternel le
pour les jeunes”.
Sur les mobiles de son
incarcération, en subs-
tance Ike Ngouoni a
rappelé qu’aucune
manifeste de lui régler
des comptes selon les
desseins de ses tom-
beurs, aujourd’hui
tous incarcérés.
démocratique est sur
la bonne voie, sur le
bon chemin. À ce
noble édifice, j’en-
tends apporter ma
entre tradition et modernité : étude
socio anthropologique du couple et du
mariage dans la culture gabonaise (2)
lumière n’a jamais preuvve tangible n’a Ike a eu une pensée pierre, fut-elle mo- De Cornelia Bounang Mfoungué
cessé de me guider. été déployé contre lui. pour certains de ses deste. Je me tiens par
Ma foi n’a été ébran- IL ne s’est agit qu’un co-détenus incarcérés conséquent à l’entière
lée à aucun moment,»
c’est en ces termes
tissu de mensonges et
de fabrication de la
dans la foulée des ar-
restations qui visaient
disposition de mon
pays”.
Description de la
que Ike Ngouoni Aïla
Oyouomi a ouvert son
vérité. Des mensonges
qui ont abouti à la sen-
les proches de Brice
Laccruche Alihanga
Et non sans remercier
le président de Transi-
coutume obali dans
point de presse le 06
avril dernier.
tence de huit ans
d’emprisonnement
(BLA). On citera ici
Patrichi Tanassa, Tony
tion Brice Clotaire
Oligui Nguema pour
la province du Haut-
Ike Ngouoni sans
s’étendre sur les
prononcée par la Cour
criminelle spéciale en
Ondo Mba, ou encore
Billy Edo. Pour lui
l’acte qu’il a posé en
décidant de la libéra-
Ogooué
conditions de son in- juillet 2022. leur place n’est pas tion d’un millier de « Dans la province du Haut-Ogooué, il existe
carcération, il les a Sur ce procès il dira : dans ce lieu qu’il ne prisoniers à travers le plusieurs types de mariage dont les plus connus
néanmoins jugé inhu- “Durant mon procès, souhaiterait pas à son territoire national. font partie de la coutume Obali. Obali signifie
maines. Aussi a-t-il dont les motivations pire ennemi. Au bout de quasiment être en mariage et Balà le mariage, le couple,
lancé un appel aux au- étaient de nature pure- La libération de Ike cinq ans d’incarcéra- l'union. D'une manière générale c'est une cou-
torités “pour souligner ment politique, je n’ai Ngouoni l’a ravivé tion dans des condi- tume qui consiste à organiser les unions. De ce
l’urgence qu’il y a à jamais cessé de clamer dans sa foi en son tions difficiles, Ike fait, le mariage est négocié par les parents ou
améliorer les condi- mon innocence”. Tout pays. Il l’a clamé : Ngouoni goutte enfin par les membres de deux familles amies. Tou-
tions de détention au n’aura été que machi- “Aujourd’hui j’ai de à la liberté avec la dé- tefois, Il fallait être de la même ascendance et
Gabon. Les prison- nation. Depuis son ar- nouveau confiance, termination de rendre surtout bien respecter les générations. Pour que
niers ont aussi droit à restation en confiance en l’avenir son honneur sauf. cela ne soit pas considéré comme une relation
la dignité. C’est une Novembre 2019, avec de mon pays. Ma libé- Mais aussi de se met- consanguine, il fallait attendre après deux gé-
absolue nécessité, tout des procédures bâ- ration, comme tre à la disposition de nérations pour éviter justement la maladie du
comme il est néces- clées dont aucun juge d’autres, envoie un si- son pays pour conti-
saire et urgent de met- n’a voulu tenir gnal fort. Le signal nuer à le servir. Suite en page 11
SOCIETE Lundi 8 avril 2024 11

Gabon profond
Description de la coutume obali dans la
province du Haut-Ogooué
sang qui s'appelait mbala. Par
contre les cousins et cousines de la
troisième génération pouvaient
bien se marier entre eux sans aucun
problème. Néanmoins les relations
incestueuses étaient proscrites.
Cette coutume qui a d'ailleurs fait
l'objet d'un film du même nom,
réalisé et produit par Pierre-Marie
Dong et Charles Mensah d'après le
scénario de Joséphine Kama. Ce
film retrace l'idylle entre un jeune
homme de la ville et une jeune fille
promise en mariage à son grand-
père. En effet, la coutume Obali
veut que lorsqu'un homme devient
veuf, il puisse épouser une fille de
la même famille que sa femme.
Très souvent, il s'agit de la nièce de
sa femme. Lorsque le jeune
homme nommé Tsougoudja tombe
éperdument amoureux de Ngondo,
il se retrouve confronté à cette tra-
dition car cette dernière était déjà
promise à son grand-père Otintin.
Malgré tout, les jeunes gens conti-
nuent à se voir discrètement. Alors
que la date du mariage est fixée,
Ngondo va se rendre compte grande fête est alors organisée pour coutume Obali. Le fait de parler de unions peuvent être regroupées
qu'elle est enceinte de son petit co- célébrer tout ça. Tout en montrant grand-père et de petite fille peut dans quatre catégories. On retrouve
pain de la ville. Lorsque son grand- la coutume Obali et les traditions laisser supposer qu'un grand-père dans un premier temps le type
père le découvre, il est prit d'une altogovéenne (organisation de la peut épouser sa petite fille directe. d'union appelé « wanda » ou la
grande colère et demande répara- pêche et de la chasse, la vie dans Dans la coutume Obali, le tabou de succession. Ce type de mariage
tion. Ngondo va mettre au monde un village typique) on peut retenir l'inceste réglemente non seulement était régi par des liens de parenté
une petite fille. Quelques temps trois axes importants du film : Pre- la sexualité mais aussi les méca- bien spécifiques. Il pouvait s'agir
après sa naissance, le bébé va être mièrement, l'opposition entre la nismes de filiation et de mariage. de deux frères, on parle alors de lé-
gravement malade. Malgré tous les tradition incarnée par toutes ses Tout dépend de la manière dont on virat. Ou alors de l'oncle et de son
soins prodigués au dispensaire du coutumes et la modernité incarnée va définir la parenté. La coutume neveu; du grand-père et de son
village, son état ne s'améliore pas par le jeune homme de la ville qui Obali respecte la règle de l'endoga- petit fils. En effet, lors du décès du
et finit par s'aggraver. Comme le ne les comprend pas et cherche à mie c'est-à-dire que l'homme va premier seule cette relation de
veut, la tradition, les parents de tout prix à les transgresser. Deuxiè- choisir sa femme dans un cercle parenté autorisait le second à pren-
Ngondo vont consulter un Nganga mement, la croyance aux esprits et bien défini. Selon Lévi-Strauss, le dre en mariage la femme laissée
(voyant, guérisseur). Ce dernier va l'idée que même la médecine mo- mariage entre parents proches peut par ce dernier. Dans un second
alors leur annoncer qu'un mauvais derne peut être parfois inefficace avoir un champ d'application va- temps il y a l'union appelé « On-
sort a été jeté sur le bébé. Il de- face à certaines maladies. Et enfin, riable selon la façon dont chaque dala » ou le retour aux sources.
mande donc aux parents d'aller le fait que les jeunes gens arrivent groupe définit ce qu'il entend par Deux versions sont données sur ce
voir Otintin et de lui demander de à contourner la tradition et à se parents proches. D'ailleurs selon mariage. Dans la première, une
faire ce qu'il faut pour la soigner. jouer de cette coutume qu'ils jugent des sources orales, une fois choisie, jeune fille se voit imposer un
Après quelques tractations, ce der- oppressive pour les jeunes en gé- la jeune fille était mariée au neveu homme du même rang que son
nier va accepter de lever son mau- néral et surtout pour les jeunes et pas au grand-père directement. grand-père. Comme c'est le cas,
vais sort. Toutefois, il demande en filles. Comme nous venons de le Elle n'était mariée au grand-père dans le film que nous avons pré-
échange de la guérison, qu'on lui voir, la coutume Obali permet à un que lorsque ce dernier avait encore senté au début de ce travail. L'autre
donne une autre femme. C'est ainsi homme de contracter les mariages toutes ses capacités physiques et version serait le cas d'une femme
que la sœur de Ngondo va être avec les femmes de la famille de sa matérielles afin de la satisfaire sur mariée qui pour renouer avec son
choisie à son tour. Cette dernière femme. Décrit de la sorte, le ma- le plan sexuel et aussi lui apporter village natal y envoie en mariage
pour l'amour qu'elle porte à sa sœur riage Obali pose tout de même le tout le confort nécessaire pour une de ses filles. Cette dernière
et surtout pour sauver sa petite problème de l'inceste. En effet, l'in- qu'elle puisse vivre convenable- épousera ainsi un des oncles de la
nièce accepte. Néanmoins elle va ceste désigne les relations ment. La coutume Obali a plu- mère. Dans la coutume Obali on
poser une condition. En effet, lors sexuelles entre un homme et une sieurs déclinaisons. C'est ce que rencontre aussi le type d'union ap-
de la grande réunion qui devait en- femme liés par un degré de parenté nous allons essayer de montrer en pelé « Oyigha » ou l'esclave : là
tériner le mariage, elle demande à entrainant la prohibition du ma- nous appuyant notamment sur les aussi plusieurs versions sont don-
prendre la parole. Elle annonce riage. Il s'agit donc des relations descriptions données par Mireille nées afin de la décrire. Dans un
qu'elle accepte la décision à condi- sexuelles entre parents très Nzoubou. En effet, dans la cou- premier temps l'union est scellée
tion qu'on la laisse épouser le proches. Considéré comme univer- tume Obali, le mariage peut être dans le but de réparer une faute ou
neveu d'Otintin. Cette décision sa- sel par Claude Lévi-Strauss, le conclu pour plusieurs raisons. Les un crime. En effet, lorsqu'une fa-
tisfait les deux familles. Une tabou de l'inceste existe dans la principales caractéristiques de ces
Suite en page 12
SOCIETE Lundi 8 avril 2024 12
Description de la coutume obali dans la
province du Haut-Ogooué
Suite de la page 11
mille commettait un crime
vis-à-vis d'une autre famille
ou d'un village, la coutume
exigeait de remplacer la
personne décédée par un
membre de la famille incri-
minée. La famille accusée
donnait une femme qui se
mariait avec un homme de
la famille de la victime. De
cette union était censé
naître un nouvel être afin
de remplacer la personne
décédée. La deuxième ver-
sion fait état d'une union
entre un membre du village
et une personne étrangère.
Toutefois, cette personne
est considérée comme es-
clave si elle n'arrive pas à
dire exactement d'où elle
vient. C'était par exemple le
cas des pygmées qui vou-
lant s'intégrer dans des vil-
lages s'unissaient à des
villageois sans pour autant
donner leur véritable ori-
gine. La personne était
considérée comme esclave
car elle n'avait vraiment pas rés comme les siens. Ce lial. Toutefois, la femme « représentait un cadeau que nomique (grandes planta-
de réel statut. Les enfants mariage était aussi valable Oyissa » devait partager la la jeune femme offrait à son tions, bétails...), politique
qui naissaient de cette dans le cas où l'époux était même cuisine que la pre- mari. Il revenait à la femme (les chefs de villages) etc. Il
union appartenaient seule- un « coureur de jupons ». mière épouse. Dans cer- de choisir la nièce qu'elle fallait avoir assez de res-
ment au villageois ou à la Le fait qu'il aille voir ail- tains cas, elle devait même désirait présenter à son sources matérielles et éco-
villageoise. Pour finir, il y leurs était interprété par la l'appeler « grande 132 sœur mari. Son frère, bien que nomiques afin de subvenir
a le type d'union appelé « famille de la femme ». Ce type d'union était dépositaire de la dot ne aux besoins des femmes
Oyissa » ou le renforce- comme une incapacité de aussi possible en cas de di- pouvait pas s'y opposer. Si (car la plupart d'entre eux
ment : lorsqu'un homme et cette dernière à satisfaire vorce ou de décès de la jamais un membre exté- en avaient plusieurs). Le
une femme se mariaient et son époux sur le plan femme. Il s'agissait d'une rieur à la famille du mari système Obali permettait
n'arrivaient pas à avoir sexuel. Une seconde sorte de compensation. désirait prendre la nièce aussi une certaine harmonie
d'enfants. La famille de épouse lui était donc offerte Dans le cas où la femme Obali pour épouse, il était au sein du couple conjugal.
l'épouse lui donnait une pour mieux répondre à ses partait en mariage seule, contraint de payer une Le cas des femmes stériles
deuxième femme. Très sou- exigences. De cette façon, elle pouvait des années plus somme très importante au en est un bon exemple. En
vent, il s'agissait de l'une les faveurs du mari envers tard aller chercher une de mari en guise de compensa- effet, elles trouvaient dans
des nièces de l'épouse. Les ses beaux-parents restaient ses jeunes nièces pour son tion. Cette somme d'argent la venue d'une coépouse
enfants qui naissaient de dans le même cercle fami- mari. Dans ce cas, l'Obali n'a rien à voir avec la dot une forme de compensation
cette union étaient considé- qu'il aura à verser au mo- sociale. Car les enfants de
ment d'épouser la fille. La cette dernière étaient consi-
compensation ou rembour- dérés comme appartenant
sement de la dette/dot s'ap- au couple. Au Gabon, la
pelle ntsuma en obamba. coutume Obali est de moins
La description de la cou- en moins pratiquée. En
tume Obali nous montre un effet, le mode de vie mo-
système rigide voire même derne, l'intervention de
oppressif pour les femmes. l'Église dans la vie fami-
Il est tout de même impor- liale remettent de plus en
tant de replacer tous ces plus en cause ce genre de
évènements dans le pratique. De plus, les
contexte traditionnel où les jeunes aujourd'hui privilé-
unions se faisaient selon gient le mariage par amour
des règles bien établies (…) Rappelons que sur le
(souvent établies par les plan traditionnel, les ma-
hommes et pour les riages d'amour ont toujours
hommes). Il faut néan- existé. D'ailleurs, le terme
moins souligner que n'im- Dia qui signifie amour en
porte qui ne pouvait obamba montre que le
prétendre à un mariage partage d'un sentiment
Obali. Cette coutume était d'amour mutuel pouvait
réservée à des personnes être à l'origine d'un ma-
ayant un certain poids éco- riage. »

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