Module : Analyse 1
A.U. : 2024 − 2025
Suites numériques
Chapitre 2
Octobre 2024
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 1 / 58
Plan de cours
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Convergence monotone
Suites adjacentes
Suites de Cauchy
Théorème de Bolzano-Weierstrass
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 2 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
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Définition
Une suite réelle est une liste ordonnée de nombres réels, c’est-à-dire une
application u de N dans R.
Pour n ∈ N, on note u(n) par un et on l’appelle le terme général de la
suite (c’est aussi le terme d’indice n ou de rang n).
La suite u est notée (un )n∈N ou tout simplement (un )n ou (un ).
Il arrive fréquemment que l’on considère les suites définies à partir d’un
certain rang n0 , on note alors la suite par (un )n≥n0 .
Une suite peut être définie par :
Une formule explicite : on donne une expression de un en fonction de n,
e.g. un = 5n + 4, n ∈ N.
Une relation de récurrence : on se donne la règle permettant de calculer
un terme en fonction des termes qui le précèdent, e.g.
u0 = 1, u1 = 1, un = un−1 + un−2 , n ≥ 2.
Une relation quelconque : e.g. un est la population du monde à l’an n.
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Remarques
On ne confondra pas la suite (un )n≥0 et l’ensemble {un , n ∈ N} de ses
valeurs.
En fait deux suites (un )n≥0 et (vn )n≥0 sont égales si et seulement si
∀n ∈ N, un = vn . Par exemple les suites de termes généraux
un = (−1)n , n ≥ 0 et vn = (−1)n+1 , n ≥ 0 sont distinctes, mais elles
ont le même ensemble de valeurs {−1, 1}.
Par commodité, nous supposerons souvent que les suites considérées
sont définies à partir du rang n = 0. Si une suite n’est définie qu’à
partir d’un certain rang n0 (n0 > 0), on se ramène au cas précédent en
étudiant la suite (vn )n∈N définie par vn = un+n0 .
On dira qu’une suite (un ) vérifie une propriété à partir d’un certain
rang s’il existe un entier N tel que la propriété soit vérifiée pour tout
entier n ≥ N.
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Remarque
Le discret et le continu sont deux notions parmi les plus fondamentales qui
structurent les mathématiques ; la première est formalisée par les entiers
naturels, la seconde par les nombres réels. Les suites permettent de
modéliser des phénomènes discrets comme le montre les exemples suivants.
Exemple (Taux d’intérêt)
Si l’on place un capital C à un taux annuel composé de 10% et si un
représente la somme que l’on obtiendra après n années. Alors
u0 = C , u1 = C + 0.1 × C = 1.1 × C
et
un+1 = un + 0.1 × un = 1.1 × un .
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Exemple (Les lapins de Fibonacci)
Leonardo Fibonacci (1175 − 1250) a décrit un problème exprimant la
reproduction des lapins, (un problème qu’on peut appeler actuellement un
problème de "dynamique de populations") comme suit :
"Partant d’un couple, combien de couples de lapins obtiendrons-nous après un
nombre donné de mois, sachant que chaque couple produit chaque mois un
nouveau couple, lequel ne devient productif qu’après deux mois".
Si un est le nombre de couples au nième mois alors on a :
u0 = 1, u1 = 1, u2 = 2, u3 = 3, u4 = 5 et un = un−1 + un−2 , n ≥ 2.
Remarque
Si l’on modélise un phénomène dépendant du temps, on a deux voies
possibles :
le temps peut être modélisé par un entier (temps discret), ce qui donne
une suite récurrente.
ou bien par un réel (temps continu), ce qui donne une équation
différentielle.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 7 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 8 / 58
Opérations sur les suites
Nous expliquons comment on peut construire de diverses façons de nouvelles
suites à partir de suites données.
Par addition : (un )n + (vn )n = (un + vn )n .
Par multiplication : (un )n .(vn )n = (un vn )n .
Par multiplication par un scalaire : λ(un )n = (λun )n .
Définition (Suites constantes ou stationnaires)
Soit (un )n une suite réelle.
Elle est dite constante s’il existe c ∈ R tel que ∀n ∈ N, un = c.
Elle est dite stationnaire s’il existe c ∈ R et N ∈ N tels que : ∀n ≥ N,
un = c.
Exemple
7
La suite de terme général un = E ( ), n ≥ 1 est stationnaire. En effet, un = 0
n
pour tout n ≥ 8.
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Définition (Suites périodiques)
Soit (un )n une suite réelle. Elle est dite périodique s’il existe p ∈ N tel que :
∀n ∈ N, un+p = un .
Si un entier p satisfait cette propriété, tous ses multiples y satisfont aussi.
La période de la suite (un )n est alors l’entier positif minimum p qui
vérifie cette propriété.
On dit alors que (un )n est p-périodique.
Exemples
La suite de terme général un = (−1)n est 2-périodique.
nπ
La suite de terme général vn = tan( ) est 5-périodique.
5
Les suites constantes sont des suites 1-périodiques et stationnaires.
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Définition (Suites monotones)
Une suite réelle (un )n est dite :
Croissante si pour tout n ∈ N, un+1 ≥ un . Cela équivaut à :
m ≤ n ⇒ um ≤ un .
Décroissante si pour tout n ∈ N, un+1 ≤ un . Cela équivaut à :
m ≤ n ⇒ um ≥ un .
Monotone si elle est croissante ou décroissante.
Remarque
Pour la monotonie stricte, on considère les inégalités strictes dans la
définition.
Exemple
1 un = −n2 + 1, n ≥ 0,
un+1 − un = −(n + 1)2 + 1 − (−n2 + 1) = −2n − 1 < 0. La suite (un )n
est strictement décroissante.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 11 / 58
Exemples
n! un+1 (n + 1)! 2n n+1
1 un = n
, n ≥ 1, = n+1
× = ≥ 1. La suite (un )n
2 un 2 n! 2
est croissante.
2 Soit (un )n√la suite définie par u0 = 1 et pour tout entier naturel n, on
a un+1 = 2un . Étudier le sens de variation de la suite (un )n par
récurrence. Commençons d’abord par remarquer que u1 > u0 et
u2 > u1 , on conjecture que la suite est strictement croissante, donc on
va la démontrer par récurrence.
Pour tout entier n, on considère la propriété (Pn ) : un+1 > un .
√
On sait que u0 = 1 et u1 = 2 et donc u1 > u0 . Ainsi (P0 ) est vraie.
Soit k un entier naturel fixé. On suppose que (Pk ) est vraie. Vérifions
que la propriété est vraie au rang k + 1.
Par hypothèse de récurrence, uk+1 > uk . On multiplie par 2 les deux
parts, puis on compose par la fonction racine carré qui est croissante
sur [0, +∞[ et on obtient le résultat.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 12 / 58
Remarques
Une suite peut être ni croissante, ni décroissante ; par exemple
un = (−1)n , les termes successifs sont égales à 1, −1, 1, −1, .... Cette
suite n’est pas monotone.
Soit la suite (un )n≥n0 une suite réelle de premier terme un0 . S’il existe
un entier N ≥ n0 tel que la suite (un )n≥N soit croissante
(respectivement décroissante), on dit que la suite (un )n≥n0 est
croissante (respectivement décroissante) à partir du rang N.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 13 / 58
Définition (Suites majorées, minorées, bornées)
Une suite réelle (un )n est dite :
Majorée si ∃M ∈ R, ∀n ∈ N, un ≤ M. Cela équivaut à dire que
l’ensemble de ses valeurs est majoré dans R
Minorée si ∃m ∈ R, ∀n ∈ N, un ≥ m. Cela équivaut à dire que
l’ensemble de ses valeurs est minoré dans R.
Bornée si elle majorée et minorée.
Remarques
Une suite réelle (un )n est bornée si et seulement s’il existe M ≥ 0 tel
que ∀n ∈ N : |un | ≤ M, c’est-à-dire l’ensemble de ses valeurs est
borné dans R.
Les suites constantes, stationnaires ou périodiques sont évidemment
des suites bornées.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 14 / 58
Exemples
Considérons la suite de terme général un = sin(n). On a :
∀n ∈ N : |un | ≤ 1.
Donc la suite (un ) est bornée.
Soit (un ) la suite définie par u0 = 1 et pour tout entier naturel n, on
a: √
un+1 = 2un .
On peut montrer par récurrence que ∀n ∈ N, 0 ≤ un ≤ 2.
Donc la suite (un ) est bornée.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 15 / 58
Définition (Suites Arithmétiques)
Une suite (un )n≥0 est dite arithmétique s’il existe un scalaire r tel que
∀n ∈ N, un+1 = un + r . Le scalaire r est appelé raison de la suite
arithmétique. Il est défini de façon unique.
Remarques
La suite (un ) est constante si r = 0.
Il est strictement croissante si r > 0, strictement décroissante si r < 0.
Pour tout n ∈ N, un = u0 + nr , et plus généralement :
∀(n, p) ∈ N2 , un = up + (n − p)r .
Réciproquement, si le terme général d’une suite (un )n≥0 s’écrit
un = a + nb, alors (un )n≥ est la suite arithmétique de premier terme
u0 = a et de raison b.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 16 / 58
Proposition
La suite (un )n≥0 est arithmétique ⇔ ∀n ∈ N, un + un+2 = 2un+1 .
Proposition
La somme des n premiers termes d’une suite arithmétique (un )n de raison r
est :
n−1
X n(n − 1) n
Sn = uk = nu0 + r = (u0 + un−1 ).
2 2
k=0
Plus généralement, la somme de n termes successifs est :
m+n−1
X n
Sn = uk = (um + um+n−1 ).
2
k=m
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 17 / 58
Définition (Suites géométriques)
Une suite (un )n≥0 est dite géométrique s’il existe un scalaire q tel que
∀n ∈ N, un+1 = qun . Le scalaire q est appelé raison de la suite
géométrique (Il est défini de façon unique, sauf si u0 = 0, auquel cas la
suite est identiquement nulle, ce qui n’as pas beaucoup d’intérêt).
Remarques
La suite (un ) est constante si q = 1.
Pour tout n ∈ N, un = u0 q n , et plus généralement :
∀(n, p) ∈ N2 , un = up q n−p .
Réciproquement, si le terme général d’une suite (un )n≥0 s’écrit
un = aq n , alors (un )n≥ est la suite géométrique de premier terme
u0 = a et de raison q.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 18 / 58
Proposition
2 .
La suite (un )n≥0 est géométrique ⇔ ∀n ∈ N, un un+2 = un+1
Proposition
La somme des n premiers termes d’une suite géométrique (un )n de raison r
est :
Si q 6= 1, alors
n−1 n−1
X X 1 − qn
Sn = uk = u0 q k = u0 .
1−q
k=0 k=0
n−1
X
Si q = 1, alors Sn = uk = nu0 .
k=0
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 19 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 20 / 58
Introduction sur la limite
Depuis l’antiquité, la notion de limite joue un rôle majeur dans les
mathématiques.
Mais ce n’est qu’au 19ième siècle que les mathématiciens parviennent
à en donner une définition rigoureuse et précise.
Cette définition commence avec Cauchy qui fait de la limite une des
notions centrales de l’analyse. Cependant, c’est à Weierstrass que
l’on doit le langage très précis (avec les ε) qui seul permet de
raisonner correctement.
La notion de limite est intuitivement assez simple : "on se rapproche
autant qu’on le souhaite" d’une certaine valeur quand n devient
"suffisamment grand".
Pour rendre cette idée mathématiquement rigoureuse, il suffit en fait
d’expliciter les deux expressions entre guillemets via l’utilisation des
quantificateurs.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 21 / 58
Définition (Limite d’une suite réelle)
On dit qu’une suite (un ) de nombres réels admet pour limite le réel ` si,
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N ⇒ |un − `| ≤ ε).
Remarque
Pour prouver qu’une suite donnée converge vers un certain réel ` à l’aide de
cette définition, on procède ainsi :
On fixe ε à une valeur strictement positive quelconque.
On calcule |un − `|.
On cherche une valeur de n0 (qui va naturellement dépendre de ε)
pour laquelle cette expression est inférieure à ε.
En d’autres termes, on fixe ε > 0 et on cherche à traduire la condition
|un − `| < ε en une condition de la forme n ≥ Nε , l’entier Nε étant
construit au cours du raisonnement.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 22 / 58
Exemples
Montrons que la suite n1 n≥1 converge vers 0.
1
Soit ε > 0, on cherche un entier Nε tel que, pour tout n ≥ Nε , on ait
1 1
| | ≤ ε, c.-à-d. n ≥ . On constate que, si l’on pose Nε = E ( 1ε ) + 1,
n ε
alors Nε ≥ 1ε et donc, pour tout n ≥ Nε , on a bien n ≥ 1ε .
Application
A. En utilisant la définition, montrer que :
1. n1 n∈N ∗ converge vers 0
2. n12 n∈N∗ converge vers 0
3. 21n n∈ N converge vers 0.
B. On considère une suite ( un ) qui converge vers 0. Montrer que ( vn )
converge vers 0 sachant que la suite (vn ) est de terme général :
n
1 X
vn = 2
kuk
Chapitre 2 Suitesnnumériques Octobre 2024 23 / 58
Théorème (Unicité de la limite)
Si la suite (un ) admet une limite, alors cette limite est unique.
Remarque
Pour la preuve de ce théorème, on utilise le résultat suivant :
Soit x ∈ R, tel que pour tout ε > 0, |x|≤ ε, alors x = 0.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 24 / 58
Définition
On dit qu’une suite est convergente si elle admet une limite finie. Dans le cas
contraire, on dit que la suite est divergente.
Lorsque la suite (un ) admet ` pour limite, on écrit lim un = ` ou lim un = `
n→+∞
ou encore un → `.
Proposition
Toute suite convergente est bornée.
Preuve
Soit (un ) une suite qui converge vers une limite ` et soit, par exemple, ε = 1.
Donc ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, (n ≥ N ⇒ |un − `| ≤ 1).
A partir du rang N, la suite (un ) est bornée car :
|un − `| ≤ 1 ⇒ ` − 1 ≤ un ≤ ` + 1 ⇒ |un | ≤ max(|` − 1|, |` + 1|).
Avant le rang, la suite est aussi bornée car :
∀n ∈ {0, 1, ..., N − 1}, |un | ≤ max{|u0 |, ..., |uN−1 |}.
Par conséquent, ∀n ∈ N, |un | ≤ max{|u0 |, ..., |uN−1 |, |` − 1|, |` + 1|}.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 25 / 58
Remarque
La réciproque de la proposition précédente est généralement fausse. Par
exemple, la suite de terme général (−1)n est une suite bornée qui est
divergente.
Proposition
Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles telles que (vn ) soit bornée et que
lim un = 0. Alors lim un vn = 0.
Exemple
sin(n)
Calculer la limite de la suite de terme général n .
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 26 / 58
Définition (Extension de la notion de limite)
Soit (un ) une suite réelle.
On dit que (un ) tend vers +∞ quand n tend vers l’infini et on écrit
lim un = +∞, si pour tout A > 0, il existe N ∈ N, tel que
n→+∞
∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ un ≥ A.
On dit que (un ) tend vers −∞ quand n tend vers l’infini et on écrit
lim un = −∞, si pour tout A > 0, il existe N ∈ N, tel que
n→+∞
∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ un ≤ −A.
Remarque
Si la suite (un ) tend vers +∞, alors (un ) n’est pas majorée et si (un ) tend
vers −∞, alors (un ) n’est pas minorée. Tandis que la réciproque n’est pas
toujours vraie.
En effet, soit (un ) la suite réelle définie par ∀n ∈ N, u2n = n et u2n+1 = 1.
Alors (un ) n’est pas majorée et (un ) ne tend pas vers +∞.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 27 / 58
Exemples
Soit a ∈ R, avec a > 1, alors la suite (un ) définie par un = an converge
vers +∞.
En effet, on a a > 1, donc a = 1 + b, avec b > 0, donc pour A > 0, on
aura
an ≥ A ⇔ (1 + b)n ≥ A.
Or b > 0, donc d’après la formule du binôme, on a (1 + b)n ≥ nb.
Ainsi, pour que an ≥ A, il suffit que nb ≥ A, donc si on pose
N = E ( Ab ) + 1, alors on aura
∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ un ≥ A.
Application
En utilisant la définition, montrer que :
1. n2 n∈N tend vers +∞.
√
2. ( n)n∈ N tend vers +∞.
3. (ln n)n∈N∗ tend vers +∞.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 28 / 58
Proposition (Opérations sur les limites)
Soient (un ) et (vn ) deux suites convergentes de limites respectives ` et `0 et
λ un scalaire. Alors,
1 La suite (un + vn ) converge vers ` + `0 .
2 La suite (λun ) converge vers λ`.
3 La suite (un vn ) converge vers ``0 .
4 La suite (|un |) converge vers |`|.
5 Supposons que ` 6= 0. Alors la suite ( u1n ) est bien définie à partir d’un
certain rang, et converge vers 1` .
Remarque
Si lim un = ` alors lim|un | = |`|. La réciproque n’est pas généralement vraie
à moins que ` = 0. Prenons par exemple la suite de terme général
un = (−1)n . On a lim|un | = 1 et pourtant la suite est divergente.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 29 / 58
Proposition (Limite d’une suite arithmétique)
Soit (un ) une suite arithmétique de raison r . Si r > 0, lim un = +∞. Si
r < 0, lim un = −∞. Si r = 0, la suite (un ) est constante égale à u0 et
converge donc vers u0 .
Proposition (Limite d’une suite géométrique)
Soit (un ) une suite géométrique de raison q et de premier terme u0 6= 0.
Si q > 1, la suite diverge vers +∞ si u0 > 0, vers −∞ si u0 < 0.
Si q = 1, la suite (un ) est constante et converge vers u0 .
Si |q| < 1, la suite (un ) converge vers 0.
Si q ≤ −1, la suite (un ) est divergente.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 30 / 58
Proposition (Ordre de R et suites réelles)
Soient (un ) et (vn ) deux suites réelles convergentes, telles que pour tout n ∈ N,
on a un ≤ vn . Alors lim un ≤ lim vn .
Preuve
Posons ` = lim un , `0 = lim vn et supposons par l’absurde que ` > `0 , donc pour
` − `0
ε= , il existe N ∈ N, tel que
2
∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ (` − ε < un < ` + ε et `0 − ε < vn < `0 + ε).
` + `0 ` + `0
Donc, en particulier, on aura < uN et vN < , par suite vN < uN ,
2 2
ce qui est absurde car un ≤ vn , ∀n ∈ N.
Théorème des gendarmes
Soient (un ), (vn ) et (wn ) trois suites réelles, telles que
1 ∀n ∈ N, vn ≤ un ≤ wn ,
2 (vn ) et (wn ) convergent vers une même limite `.
Alors (un ) converge et on a lim un = `.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 31 / 58
Preuve
Fixons ε > 0, alors il existe N1 ∈ N et il existe N2 ∈ N, tels que
∀n ∈ N, n ≥ N1 ⇒ ` − ε ≤ vn ≤ ` + ε et ∀n ∈ N, n ≥ N2 ⇒ ` − ε ≤ wn ≤ ` + ε.
Donc, si on pose N = max(N1 , N2 ), alors on aura
∀n ∈ N, n ≥ N ⇒ ` − ε ≤ vn ≤ un ≤ wn ≤ ` + ε.
Exemples
n
sin(n)
1 Étudier la convergence de la suite de terme général un = .
2
2 Étudier la convergence de la suite (un ) définie par
un = n1 + n+1√1 + ... + n+1√n .
(Remarquer que ∀n ∈ N∗ , n+
n+1
√ ≤ un ≤
n
n+1
n )
n
X 1
3 Étudier la convergence de la suite de terme général un = .
n2 +k
k=1
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 32 / 58
Application
Étudier la convergence des suites suivantes, données par leur terme
général :
n
1. = sin3 n
un
= tan π2 − n2 où n > 0
2. un
√
3. = 1 − 3n + n2 où n > 2.
un
sin n
4. un
= n+(−1) n+1
p
5. un = 2 + (−1)n
n
n−(−1)n
6. un = n+(−1) n
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 33 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 34 / 58
Définition (Suite extraite)
Soit (un ) une suite réelle. On appelle suite extraite (ou sous-suite) de la
suite (un )n∈N toute suite (vn )n∈N dont le terme général peut s’écrire
vn = uϕ(n) où ϕ : N → N est une application strictement croissante.
Exemples
Si ϕ(n) = n + p, p ∈ N, la suite (vn )n∈N est notée (un )n≥p (son terme
initial est up ).
Les suites (u2n ), (u2n+1 ) et (u3n ) sont des sous-suites de la suite (un ).
Lemme
Si ϕ : N → N est une application strictement croissante, alors on a
∀n ∈ N, ϕ(n) ≥ n.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 35 / 58
Proposition
Toute suite extraite d’une suite convergente converge vers la même limite.
Preuve
Soit (un ) une suite convergente, de limite ` et soit (uϕ(n) ) une suite extraite
de (un ). D’après le lemme précédent il vient que ϕ(n) ≥ n pour tout n ≥ 0.
Soit ε > 0, alors, comme (un ) converge vers `, il existe un rang N tel que,
pour tout n ≥ N, on ait |un − `| ≤ ε.
Mais alors, pour tout n ≥ N, nous avons ϕ(n) ≥ n ≥ N et par conséquent
|uϕ(n) − `| ≤ ε.
Exemple
1 1
La suite qui est extraite de la suite a pour limite 0.
n! n≥1 n n≥1
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 36 / 58
Définition (Valeur d’adhérence)
On appelle valeur d’adhérence d’une suite (un ) tout élément de R limite
d’une suite extraite convergente de (un ).
Proposition
Toute suite convergente ne possède que sa limite comme valeur
d’adhérence.
Preuve
La limite ` de la suite (un ) est évidemment une valeur d’adhérence de cette
suite. Si `0 est une autre valeur d’adhérence de la suite (un ) alors il existe
une suite extraite (uϕ(n) ) de (un ) qui converge vers `0 .
En utilisant la proposition précédente, nous déduisons que
lim uϕ(n) = lim un = `. D’où ` = `0 .
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 37 / 58
Remarques
On utilise fréquemment le résultat précédent sous sa forme
contraposée : une suite qui admet au moins deux valeurs
d’adhérence est divergente. Par exemple, la suite de terme général
(−1)n admet −1 et 1 comme valeurs d’adhérence, car lim u2n = 1 et
lim u2n+1 = −1.
Une suite peut avoir une infinité de valeurs d’adhérence. L’ensemble
des valeurs d’adhérence de la suite un = sin(n) est égal à l’intervalle
[−1, 1].
Proposition
Soit (un ) une suite, telle que les sous-suites (u2n ) et (u2n+1 ) convergent
vers la même limite `. Alors (un ) converge vers `.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 38 / 58
Preuve
Supposons que lim u2n = lim u2n+1 = ` et montrons que
n→+∞ n→+∞
lim un = `.
n→+∞
Soit ε > 0, alors il existe N1 ∈ N, tel que ∀n ∈ N, n ≥ N1 ⇒ |u2n − `| ≤ ε,
et il existe N2 ∈ N, tel que ∀n ∈ N, n ≥ N2 ⇒ |u2n+1 − `| ≤ ε.
Soit N = max{2N1 , 2N2 + 1}, alors pour n ≥ N, deux cas sont possibles :
Si n est pair, avec n = 2p, alors p ≥ N1 , donc |u2p − `| ≤ ε, et par
suite |un − `| ≤ ε.
Si n est impair, avec n = 2p + 1, alors p ≥ N2 , donc |u2p+1 − `| ≤ ε,
et aussi |un − `| ≤ ε.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 39 / 58
Exercice
Montrer que si (un ) est une suite réelle telle que les trois suites extraites
(u2n ), (u2n+1 ) et (u3n ) sont convergentes, alors (un ) est convergente.
(Ici on ne suppose pas que (u2n ), (u2n+1 ) et (u3n ) convergent vers la
même limite).
Supposons que les suites (u2n ), (u2n+1 ) et (u3n ) convergent vers `, `0 et `00
respectivement.
La suite (u6n ) est une suite extraite à la fois de (u2n ) et (u3n ), donc elle
converge à la fois vers ` et `00 .
Par unicité de la limite, on obtient ` = `00 .
De même pour la suite (u6n+3 ), qui est une suite extraite à la fois de
(u2n+1 ) et (u3n ), on en déduit alors que `0 = `00 .
Finalement, on a ` = `0 , donc d’après la proposition précédente, la suite
(un ) est convergente.
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Application
A. Soit (un ) une suite croissante.
1. On suppose qu’il existe une suite extraite de ( un ) qui diverge. Montrer
que ( un ) diverge.
2. On suppose qu’il existe une suite extraite de (un ) qui converge. Montrer
que ( un ) converge.
p
B. La suite définie par 0 < u0 < 2 et un+1 = 2 + (−1)n un est-elle
convergente ?
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1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Convergence monotone
Suites adjacentes
Suites de Cauchy
Théorème de Bolzano-Weierstrass
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 42 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Convergence monotone
Suites adjacentes
Suites de Cauchy
Théorème de Bolzano-Weierstrass
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 43 / 58
Définition
Soit (un ) une suite de nombres réels. Si la suite (un ) est majorée, on note
supn un la borne supérieure de l’ensemble des valeurs de la suite (un ) :
{un : n ∈ N}. De même, si (un ) est minorée, on note inf n un la borne
inférieure de l’ensemble des valeurs de la suite (un ).
Exemple
(−1)n 1
Soit (un ) la suite de terme général un = n , n ≥ 1. Alors supn un = 2 et
inf n un = −1.
Théorème (de la limite monotone)
1 Toute suite croissante majorée est convergente et tend vers sa borne
supérieure.
2 Toute suite décroissante minorée est convergente et tend vers sa borne
inférieure.
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Preuve
1 Soit (un ) une suite croissante majorée. Par définition, l’ensemble
U = {un /n ∈ N} est une partie de R, majorée et non vide (u0 ∈ U).
Donc U admet une borne supérieure `.
Donc, par la caractérisation de la borne supérieure
∀ε > 0, ∃uN ∈ U : ` − ε < uN ≤ `.
On en déduit que 0 ≤ |uN − `| < ε.
Cette inégalité reste valable pour tout n > N, car la suite (un ) est
croissante.
D’où
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N(n > N ⇒ |un − `| < ε).
2 La deuxième assertion se déduit de la première en considérant la suite
de terme général vn = −un .
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Exercice
Montrer que :
1 Soit (un ) une suite croissante. Si la suite (un ) n’est pas majorée alors
elle diverge vers +∞.
2 Soit (un ) une suite décroissante. Si la suite (un ) n’est pas minorée
alors elle diverge vers −∞.
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Remarques
1 Le théorème de la limite monotone dit que toute suite croissante
possède une limite dans R.
2 La première partie du théorème de la limite monotone est souvent
formulée sous la forme suivante qu’il faut impérativement retenir :
Toute suite réelle croissante et majorée est convergente.
3 Si une suite ( un ) croissante converge vers l, on a ∀n ∈ N, un 6 l.
4 Si une suite ( un ) décroissante converge vers l, on a ∀n ∈ N, l 6 un .
5 Le théorème de la limite monotone permet de justifier l’existence
d’une limite sans la connaitre explicitement. C’est un théoreme
d’existence abstrait très important en analyse.
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Exemple
Soit A = { n1 + (−1)n ; n ∈ N∗ }. Calculons sup A et inf A.
En distinguant selon la parité de n, on peut écrire A = E ∪ F , où
1 1
E ={ + 1; n ∈ N∗ } et F = { − 1; n ∈ N}.
2n 2n + 1
1
 Notons que les suites de termes généraux un = 2n + 1, n ≥ 1 et
1
vn = 2n+1 − 1, n ≥ 0 sont décroissantes et minorées par 1 et −1
respectivement. Ainsi
inf E = lim un = 1, inf F = lim vn = −1,
et
3
sup E = max E = u1 = , sup F = max F = v0 = 0.
2
Par conséquent,
3
sup A = max(sup E , sup F ) = , et inf A = min(inf E , inf F ) = −1.
2
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1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Convergence monotone
Suites adjacentes
Suites de Cauchy
Théorème de Bolzano-Weierstrass
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Définition (Suites adjacentes)
Deux suites réelles (un ) et (vn ) sont dites adjacentes si :
(un ) est croissante et (vn ) est décroissante.
lim(vn − un ) = 0.
Théorème
Si (un ) et (vn ) sont deux suites adjacentes alors elles sont convergentes et
convergent vers la même limite `. De plus, on a ∀n ∈ N, un ≤ ` ≤ vn .
Preuve
On considère la suite de terme général wn = vn − un . Cette suite est clairement
décroissante. Comme lim wn = 0, alors inf n wn = 0 et par suite pour tout
n ∈ N, on a wn ≥ 0. Ainsi ∀n ∈ N, u0 ≤ un ≤ vn ≤ v0 .
La suite (un ) est croissante et majorée par v0 donc elle converge vers
` = supn un . De même, pour (vn ) qui converge vers `0 = inf n vn .
Or, lim(vn − un ) = 0 entraine ` = `0 . De plus, on a ∀n ∈ N, un ≤ ` ≤ vn .
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Exemple
1 1
Les suites de termes généraux un = 1 − n et vn = 1 + n2
sont adjacentes.
Application
A. Montrer que les suites suivantes (un ) et (vn ), données par leur terme
général, P
sont adjacentes :
1. un = Pni=0 i!1 et vn = un + n! 1
n
2. un = i=0 i!1 et vn = un + nn! 1
Pn−1
3. un = 1 + k=1 k 2 (k+1)2 et vn = un + 3n12
1
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 51 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Convergence monotone
Suites adjacentes
Suites de Cauchy
Théorème de Bolzano-Weierstrass
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 52 / 58
Définition (Suite de Cauchy)
On dit que (un ) est une suite de Cauchy si pour tout ε > 0 il existe un
entier N tel que pour tout n ≥ N et pour tout m ≥ N on ait
|un − um | ≤ ε. Autrement dit,
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀(n, m) ∈ N2 , (n ≥ N et m ≥ N ⇒ |um − un | ≤ ε).
Remarques
Une suite est de Cauchy si à partir d’un certain rang, la différence
entre deux termes peut être rendue aussi petite qu’on veut.
La condition ci-dessus s’écrit aussi
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀(n, p) ∈ N2 , (n ≥ N ⇒ |un+p − un | ≤ ε).
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 53 / 58
Théorème
Toute suite de Cauchy est bornée.
Preuve
Soit (un ) une suite de Cauchy. Il existe un rang N1 tel que pour tout
n ≥ N1 et m ≥ N1 , on a |un − um | ≤ 1. En particulier avec m = N1 , on
obtient que pour tout n ≥ N1 on a |un | ≤ |uN1 | + 1.
Si on pose M = max(|u0 |, ..., |uN1 −1 |, |uN1 | + 1), alors |un | ≤ M quel que
soit n. D’où la suite (un ) est bornée.
Théorème (Critère de Cauchy)
Une suite de nombres réels est convergente si et seulement si c’est une
suite de Cauchy.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 54 / 58
Exemple
1 1 (−1)n
La suite de terme général un = 1 − + − ... + est convergente.
1! 2! n!
En effet, si m > n, on a
(−1)n+1 (−1)m
um − un = + ... + .
(n + 1)! m!
1 1
D’où |um − un | ≤ + ... + .
(n + 1)! m!
Ce qui implique
1 1 1
|um − un | ≤ n
+ ... + m−1 ≤ n−1 .
2 2 2
On en déduit que si on se donne ε > 0, on aura bien |um − un | ≤ ε dès
que m et n dépassent un rang N, où on choisi N tel que 2N−1 > 1ε . Ainsi,
le critère de Cauchy est bien vérifié.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 55 / 58
Définition
On dit qu’un espace métrique E est complet si toute suite de Cauchy de E
converge dans E .
Exemple
Toute suite de Cauchy dans R est convergente, donc R est complet.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 56 / 58
1 Définitions et exemples introductifs
2 Généralités sur les suites
3 Limite d’une suite réelle
4 Suites extraites
5 Critères de convergence
Convergence monotone
Suites adjacentes
Suites de Cauchy
Théorème de Bolzano-Weierstrass
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 57 / 58
Théorème (des segments emboités)
Soient (an ) et (bn ) deux suites réelles telles que :
1 ∀n ∈ N, an ≤ bn .
2 ∀n ∈ N, [an+1 , bn+1 ] ⊂ [an , bn ].
3 lim(bn − an ) = 0. Alors, il existe un unique ` ∈ R tel que
\
[an , bn ] = {`}.
n≥0
Preuve
Par construction, les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes, donc convergentes et
de même limite `, vérifiant ∀n ∈ N, an ≤ ` ≤ bn .
Théorème (Bolzano-Weierstrass)
Soit (un ) une suite bornée de nombres réels. Alors on peut extraire de la suite
(un ) une sous-suite convergente.
Chapitre 2 Suites numériques Octobre 2024 58 / 58