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Introduction aux Nombres Réels et Ordres

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Module : Analyse 1

A.U. : 2024 − 2025

Les nombres réels

Chapitre 1

Septembre 2024

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 1 / 38


Plan de cours

1 Introduction : Nombres réels

2 Ensembles ordonnés

3 Majorant, Minorant, Borne Sup, Borne Inf, Plus grand élément, Plus
petit élément

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 2 / 38


1 Introduction : Nombres réels

2 Ensembles ordonnés

3 Majorant, Minorant, Borne Sup, Borne Inf, Plus grand élément, Plus
petit élément

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 3 / 38


Les entiers naturels

On désigne par N l’ensemble des entiers naturels

N = {0, 1, 2, ...}.

Cet ensemble est à la base du dénombrement.


Les entiers naturels idéalisent la notion de quantité d’objets distincts.
L’ensemble N a la propriété d’être infini. C’est une conséquence du fait
que chaque entier naturel n admet un successeur n + 1.
L’opération fondamentale "addition d’une unité" est reconnue dans
nombreuses situations expérimentales : répétition d’une rotation
autour d’un axe, accrochage successifs de masses pesantes identiques
à un ressort,...
On peut toujours ajouter ou multiplier des entiers naturels. Le résultat
obtenu est un entier naturel, mais ce n’est pas toujours le cas lorsqu’il
s’agit d’une soustraction ou une division.
Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 4 / 38
Les entiers naturels relatifs

Dans l’ensemble des entiers relatifs,

Z = {..., −2, −1, 0, 1, 2, ...},

toutes les soustractions conduisent à des entiers relatifs.


Il est courant d’estimer que la notion de nombre négatif est née de
besoins comptables (gains et dettes).
Les chinois semblent avoir utilisé les nombres relatifs depuis le premier
siècle de notre ère (pour des problèmes de compatibilité).
Au 15ème siècle, l’apparition des nombres négatifs en Occident avec
Nicolas Chuquet, utilisés comme auxiliaires de calcul dans la résolution
des équations.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 5 / 38


Les entiers naturels relatifs

Différentes contextes d’utilisation des entiers relatifs :


Contextes concrets : recettes et dépenses, gains et pertes,
températures, altitudes,...
Contexte de repérage : représenter une variation ou bien un état.
Contexte interne aux mathématiques : résolution des équations.
L’addition et la soustractions se définissent très facilement dans Z, par
contre il a fallu des siècles pour que les mathématiciens comprennent
la multiplication des nombres négatifs (fin du 19ème siècle).
Avec seulement des entiers, la mesure (des longueurs, des surfaces, des
volumes) n’est pas possible.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 6 / 38


Les nombres décimaux

Dans l’ensemble des nombres décimaux,


a
D={ , a ∈ Z, n ∈ N},
10n
permet d’approcher la mesure de la longueur d’un segment aussi
précisément qu’on le souhaite.
L’écriture à virgule a été adoptée pour représenter les nombres
décimaux.
Les calculs et les comparaisons dans l’ensemble D sont faciles, mais le
quotient de deux décimaux n’est pas toujours décimal : En divisant 4
par 3 on voit que les décimales du quotient se répètent indéfiniment.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 7 / 38


Les nombres rationnels

C’est l’ensemble des rationnels,


p
Q = { , p ∈ Z, q ∈ Z∗ , p ∧ q = 1},
q

qui permet de réaliser les quatre opérations arithmétiques sans


qu’aucun résultat ne lui échappe.
L’écriture décimale d’un nombre rationnel peut être infinie mais dans
ce cas nécessairement périodique. Par exemple,
2
= 0, 285714285714285714...
7
est un nombre rationnel.
Les grecs classiques ont cru longtemps que toutes les quantités (y
compris les longueurs, les surfaces et les volumes) s’exprimaient par les
nombres rationnels.
Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 8 / 38
Les nombres rationnels

Ils se sont aperçus (Hippase de Metaponte) que ce n’est pas toujours


le cas.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 9 / 38


Les nombres rationnels

Ils se sont aperçus (Hippase de Metaponte) que ce n’est pas toujours


le cas. En effet, si on considère un triangle rectangle ABC avec
AB = AC = 1 et BC = √ a. D’après le théorème de Pythagore, on a
a2 = 2, c’est-à-dire a = 2.
Il a fallu attendre plus que deux cents ans pour que Euclide prouve le
résultat.

Proposition

2∈
/ Q.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 9 / 38


Les nombres rationnels

Preuve :
Supposons
√ par l’absurde qu’il existe (p, q) ∈ N2 , q 6= 0 et p ∧ q = 1 tels
que 2 = pq . En élevant au carré on obtient p 2 = 2q 2 . Donc, p 2 est pair.
Si p était impair, on écrit p = 2k + 1, k ∈ N. Donc
p 2 = (2k + 1)2 = 4k 2 + 4k + 1, qui est impair. On en déduit alors que p
est pair.
2
Ainsi, on peut écrire p = 2p 0 , avec p 0 ∈ N. Ce qui donne 4p 0 = 2q 2 et par
2
suite q 2 = 2p 0 . Le même raisonnement
√ montre que q est aussi pair.
On a donc une contradiction et 2 ne peut pas être rationnel.

Exemples :
Le nombre π défini comme étant la circonférence d’un cercle de
diamètre 1 n’est pas rationnel.
Le nombre d’Euler e n’est pas rationnel.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 10 / 38


Application : Irrationnels

Démontrer que les réels suivants sont irrationels :


√ √ √ √
1. x + y où x et y sont des rationnels positifs tels que x et y sont
irrationnels.
√ √ √
2. 2 + 3 + 5.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 11 / 38


Les nombres réels

L’ensemble des nombres réels est désormais constitué par les nombres
rationnels et les nombres irrationnels.
Notons qu’il fallait attendre la deuxième partie du 19ième siècle pour
qu’une définition formelle de R soit donnée.
Une définition de R a été proposée par Cantor et Méray, qui ont défini
R comme étant l’ensemble des limites des suites de Cauchy dans Q.
Aucune construction de l’ensemble des nombres réels n’est au
programme. On se contente d’une vision géométrique intuitive (et
suffisante).

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 12 / 38


Les nombres réels

On représente traditionnellement l’ensemble des réels par une droite


appelée "droite numérique". Cette droite est munie d’une origine O et
d’un vecteur ~i.
À tout point M de cette droite correspond un unique nombre réel x tel
−−→
que OM = x.~i.
À tout nombre réel x correspond un point de cette droite. Les nombres
à droite de O (nombres réels positifs) permettent de mesurer
n’importe quelle longueur.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 13 / 38


Les nombres réels
Proposition
(R, +, ×) est un corps commutatif.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 14 / 38


Les nombres réels
Proposition
(R, +, ×) est un corps commutatif.

(A1) x + 0 = 0 + x = x (+ admet un élément neutre 0).


(A2) x + (y + z) = (x + y ) + z (+ est associative).
(A3) x + (−x) = (−x) + x = 0 (tout élément x de R admet un élément
symétrique noté −x).
(A4) x + y = y + x (+ est commutative).
(A5) x × 1 = 1 × x = x (1 est un élément neutre pour ×).
(A6) x × (y × z) = (x × y ) × z (× est associative).
(A7) ∀x ∈ R \ {0}, ∃x −1 ∈ R : x × x −1 = x −1 × x = 1 (tout élément non nul
x de R admet un élément inverse noté x −1 ).
(A8) x × y = y × x (× est commutative).
(A9) x × (y + z) = x × y + x × z et (x + y ) × z = x × z + y × z (distributivité
de la multiplication par rapport à l’addition).

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 14 / 38


1 Introduction : Nombres réels

2 Ensembles ordonnés

3 Majorant, Minorant, Borne Sup, Borne Inf, Plus grand élément, Plus
petit élément

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 15 / 38


Ensembles ordonnés

Définition (Relation binaire)


Une relation binaire de E dans F est un triplet R = (E , F , G ) où E et F
sont des ensembles et G est une partie de E × F . L’ensemble E appelé
ensemble de départ, l’ensemble F est appelé ensemble d’arrivée .
L’ensemble G est appelé graphe de R.

Notation
Pour tout (x, y ) ∈ E × F , on écrit xRy et on dit que x est en relation avec
y , si et seulement si (x, y ) ∈ G .

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 16 / 38


Ensembles ordonnés

Remarques
On considèrera uniquement des relations binaires sur un seul ensemble
E , i.e. E = F .
L’inégalité ≤ est une relation sur N, Z ou R. Le parallélisme et
l’orthogonalité sont des relations sur l’ensemble des droites du plan ou
de l’espace. L’inclusion ⊂ est un relation sur P(E ).
Une fonction f : R → R est une relation. On peut définir pour tous

x ∈ R, y ∈ R, xRy ⇔ y = f (x)

on a en fait défini ainsi une application via son graphe.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 17 / 38


Ensembles ordonnés

Définition (Propriétés des relations binaires)


Soit R une relation binaire sur E . On dit que R est :
1 Réflexive ssi ∀x ∈ R, xRx.
2 Antisymétrique ssi ∀(x, y ) ∈ E × E , (xRy et y Rx) ⇒ x = y .
3 Transitive ssi ∀(x, y , z) ∈ E 3 , (xRy et y Rz) ⇒ xRz.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 18 / 38


Ensembles ordonnés

Définition (Propriétés des relations binaires)


Soit R une relation binaire sur E . On dit que R est :
1 Réflexive ssi ∀x ∈ R, xRx.
2 Antisymétrique ssi ∀(x, y ) ∈ E × E , (xRy et y Rx) ⇒ x = y .
3 Transitive ssi ∀(x, y , z) ∈ E 3 , (xRy et y Rz) ⇒ xRz.

Définition (Relation d’ordre)


Soit R une relation binaire définie sur un ensemble E . On dit que R est
une relation d’ordre sur E si elle est réflexive, antisymétrique et transitive.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 18 / 38


Ensembles ordonnés

Remarques
1 Une relation d’ordre permet de comparer deux éléments. Lorsque
xRy , on dit que l’élément x est "plus petit" que l’élément y , et on la
notera x  y .
2 Lorsque E est muni d’une relation d’ordre , on dit que (E , ) est un
ensemble ordonné.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 19 / 38


Ensembles ordonnés

Remarques
1 Une relation d’ordre permet de comparer deux éléments. Lorsque
xRy , on dit que l’élément x est "plus petit" que l’élément y , et on la
notera x  y .
2 Lorsque E est muni d’une relation d’ordre , on dit que (E , ) est un
ensemble ordonné.

Définition (Ordre total)


Soit (E , ) un ensemble ordonné. On dit que deux éléments x et y de E
sont comparables si x  y ou y  x. Lorsque tous les couples d’éléments
de E sont comparables, on dit que la relation d’ordre est totale (ou bien
l’ensemble (E , ) est totalement ordonné). Sinon, on dit que la relation
d’ordre est partielle (ou bien (E , ) est partiellement ordonné).

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 19 / 38


Exemples
Soit X un ensemble non vide et soit E = P(X ) l’ensemble des parties
X . Sur l’ensemble E , on définit la relation

∀(A, B) ∈ E × E : ARB ⇔ A ⊂ B.

La relation R définit sur E est une relation d’ordre partiel.


Dans N∗ , on considère la relation de divisibilité :

∀(n, m) ∈ N∗ × N∗ , n/m ⇔ ∃k ∈ N∗ tel que m = kn.

Cette relation définit un ordre partiel sur N∗ (par exemple, les entiers 2
et 3 ne sont pas comparables).

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 20 / 38


Exemples
Sur l’ensemble E = R, on définit la relation suivante :

x ≤ y ⇔ y − x est un nombre positif.

Cette relation définit un ordre total sur R. Par ailleurs, cette relation
d’ordre est compatible avec l’addition et la multiplication, c’est-à-dire
pour tous nombres réels x, y et z on a :

x ≤ y ⇒ x + z ≤ y + z,

et
(x ≤ y et 0 ≤ z) ⇒ xz ≤ yz.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 21 / 38


Application : Nature des relations

Dire si les relations suivantes sont réflexives, antisymétriques, transitives :


1. E = Z et xRy ⇐⇒ x = −y ;
2. E = R et xRy ⇐⇒ cos2 x + sin2 y = 1 ;
3. E = N et xRy ⇐⇒ ∃p, q ≥ 1, y = px q ( p et q sont des entiers).
4. La relation d’orthogonalité entre deux droites du plan.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 22 / 38


1 Introduction : Nombres réels

2 Ensembles ordonnés

3 Majorant, Minorant, Borne Sup, Borne Inf, Plus grand élément, Plus
petit élément

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 23 / 38


Majorant, Minorant

Définition (Majorant, Minorant)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E .
On dit que M ∈ E est majorant de A ssi : ∀x ∈ A, x  M.
On dit que m ∈ E est minorant de A ssi : ∀x ∈ A, m  x.
On dit que A est majorée s’il existe au moins un majorant de A. De
même, on dit que A est minorée s’il existe au moins un minorant de A.
Finalement, on dit que A est bornée si A est à la fois majorée et
minorée.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 24 / 38


Majorant, Minorant

Remarque
Un majorant ou minorant n’est pas toujours unique.

Exemples
Si (E , ) = (R, ≤) et si A = [0, 1[, B = Z, C = [1, 2], alors :

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 25 / 38


Majorant, Minorant

Remarque
Un majorant ou minorant n’est pas toujours unique.

Exemples
Si (E , ) = (R, ≤) et si A = [0, 1[, B = Z, C = [1, 2], alors :
Tout réel x ≥ 1 est majorant de A, tout réel x ≤ 0 est minorant de A.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 25 / 38


Majorant, Minorant

Remarque
Un majorant ou minorant n’est pas toujours unique.

Exemples
Si (E , ) = (R, ≤) et si A = [0, 1[, B = Z, C = [1, 2], alors :
Tout réel x ≥ 1 est majorant de A, tout réel x ≤ 0 est minorant de A.
Il n’y a ni minorant, ni majorant de B.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 25 / 38


Majorant, Minorant

Remarque
Un majorant ou minorant n’est pas toujours unique.

Exemples
Si (E , ) = (R, ≤) et si A = [0, 1[, B = Z, C = [1, 2], alors :
Tout réel x ≥ 1 est majorant de A, tout réel x ≤ 0 est minorant de A.
Il n’y a ni minorant, ni majorant de B.
Tout réel x ≥ 2 est majorant de C , tout réel x ≤ 1 est minorant de C .

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 25 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Définition (Plus grand élément, Plus petit élément)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Soit a ∈ E . On dit
que :
a est un plus grand élément de A ssi a est majorant de A et a ∈ A.
a est un plus petit élément de A ssi a est minorant de A et a ∈ A.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 26 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Définition (Plus grand élément, Plus petit élément)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Soit a ∈ E . On dit
que :
a est un plus grand élément de A ssi a est majorant de A et a ∈ A.
a est un plus petit élément de A ssi a est minorant de A et a ∈ A.

Exemples
On reprend les exemples précédents.
A = [0, 1[

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 26 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Définition (Plus grand élément, Plus petit élément)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Soit a ∈ E . On dit
que :
a est un plus grand élément de A ssi a est majorant de A et a ∈ A.
a est un plus petit élément de A ssi a est minorant de A et a ∈ A.

Exemples
On reprend les exemples précédents.
A = [0, 1[ n’a pas de plus grand élément mais a un plus petit élément
0.
B=Z

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 26 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Définition (Plus grand élément, Plus petit élément)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Soit a ∈ E . On dit
que :
a est un plus grand élément de A ssi a est majorant de A et a ∈ A.
a est un plus petit élément de A ssi a est minorant de A et a ∈ A.

Exemples
On reprend les exemples précédents.
A = [0, 1[ n’a pas de plus grand élément mais a un plus petit élément
0.
B = Z n’a ni plus grand élément, ni plus petit élément.
C = [1, 2]

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 26 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Définition (Plus grand élément, Plus petit élément)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Soit a ∈ E . On dit
que :
a est un plus grand élément de A ssi a est majorant de A et a ∈ A.
a est un plus petit élément de A ssi a est minorant de A et a ∈ A.

Exemples
On reprend les exemples précédents.
A = [0, 1[ n’a pas de plus grand élément mais a un plus petit élément
0.
B = Z n’a ni plus grand élément, ni plus petit élément.
C = [1, 2] a pour plus petit élément 1 et pour plus grand élément 2.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 26 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Théorème
Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Si A possède un
plus grand élément, celui-ci est unique. Il en est de même pour le plus petit
élément.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 27 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Théorème
Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Si A possède un
plus grand élément, celui-ci est unique. Il en est de même pour le plus petit
élément.

Preuve
Soient a et a0 deux plus grand éléments de A. Comme a ∈ A et que a0 est
un majorant de A, alors a  a0 . De même, le fait que a0 ∈ A et que a est
majorant de A, entraînent a0  a. L’antisymétrie de  nous donne a = a0 .

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 27 / 38


Plus grand élément, Plus petit élément

Théorème
Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Si A possède un
plus grand élément, celui-ci est unique. Il en est de même pour le plus petit
élément.

Preuve
Soient a et a0 deux plus grand éléments de A. Comme a ∈ A et que a0 est
un majorant de A, alors a  a0 . De même, le fait que a0 ∈ A et que a est
majorant de A, entraînent a0  a. L’antisymétrie de  nous donne a = a0 .

Définition
Si A un sous-ensemble de (E , ) possède un plus grand élément,
celui-ci est unique et on le note max A.
De même, si le plus petit élément existe, celui-ci est unique et on le
note min A.
Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 27 / 38
Borne Supérieure, Borne Inférieure

Définition (Borne Sup, Borne Inf)


Soit (E , ) un ensemble ordonné et A une partie de E . Soit a ∈ E .
On dit que a est borne supérieure de A ssi a est le plus petit élément
de l’ensemble des majorants de A. Si elle existe on la note sup A.
On dit que a est borne inférieure de A ssi a est le plus grand élément
de l’ensemble des minorants de A. Si elle existe on la note inf A.

Remarques
L’unicité des bornes supérieures et inférieures, quand elles existent,
découle de celle du plus grand élément et du plus petit élément.
La différence essentielle entre le plus grand élément et la borne
supérieure, est que la borne supérieure, si elle existe, n’appartient pas
forcément à l’ensemble considéré. De même pour la borne inférieure et
le plus petit élément.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 28 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure

Exemples
On reprend les exemples précédents.
A = [0, 1[, sup A = 1 et inf A = 0.
B = Z, sup B et inf B n’existent pas.
C = [1, 2], sup C = 2 et inf C = 1.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 29 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure

Proposition
Si A possède un plus grand élément (respectivement un plus petit
élément), alors A possède une borne supérieure (respectivement une borne
inférieure) et on a sup A = max A (respectivement inf A = min A ).

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 30 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure

Proposition
Si A possède un plus grand élément (respectivement un plus petit
élément), alors A possède une borne supérieure (respectivement une borne
inférieure) et on a sup A = max A (respectivement inf A = min A ).

Remarque
Attention ! Les réciproques sont fausses !
En effet, les bornes inférieures et supérieures de [−2, 1[ sont −2 et 1
respectivement. De plus, −2 est le plus petit élément, mais [−2, 1[ ne
possède pas de plus grand élément.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 30 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Le résultat suivant est une propriété essentielle dans l’ensemble des réels.
Sa démonstration dépend de la façon dont on construit R à partir Q.
Théorème de la borne supérieure
R possède la propriété de la borne supérieure, c’est-à-dire, toute partie
non vide majorée de R possède une borne supérieure.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 31 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Le résultat suivant est une propriété essentielle dans l’ensemble des réels.
Sa démonstration dépend de la façon dont on construit R à partir Q.
Théorème de la borne supérieure
R possède la propriété de la borne supérieure, c’est-à-dire, toute partie
non vide majorée de R possède une borne supérieure.

Lemme
Soit A une partie non vide et minorée de R et soit

−A = {−a : a ∈ A}.

Alors, −A est majorée et on a : inf A = − sup(−A).

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 31 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Preuve
Soit A une partie non vide et minorée de R et soit −A = {−a : a ∈ A}.
Alors, −A est une partie non vide et majorée de R, et donc, d’après le
théorème de la borne supérieure, −A admet une borne supérieure, disons
a0 . On peut ainsi facilement voir que −a0 est la borne inférieure de A.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 32 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Preuve
Soit A une partie non vide et minorée de R et soit −A = {−a : a ∈ A}.
Alors, −A est une partie non vide et majorée de R, et donc, d’après le
théorème de la borne supérieure, −A admet une borne supérieure, disons
a0 . On peut ainsi facilement voir que −a0 est la borne inférieure de A.

Corollaire
Toute partie non vide minorée de R possède une borne inférieure.

Preuve
C’est une conséquence immédiate du lemme précédent.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 32 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Nous avons aussi le théorème suivant, très important, appelé "Théorème de


passage à la borne supérieure" :
Théorème
Soit A une partie non vide de R. Soit M ∈ R tel que :

∀x ∈ A, x ≤ M.

Alors sup A existe et sup A ≤ M.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 33 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Nous avons aussi le théorème suivant, très important, appelé "Théorème de


passage à la borne supérieure" :
Théorème
Soit A une partie non vide de R. Soit M ∈ R tel que :

∀x ∈ A, x ≤ M.

Alors sup A existe et sup A ≤ M.

Preuve
La borne supérieure existe car A est non vide et majorée. Comme M est un
majorant de A, on en déduit que sup A qui est le plus petit élément de
l’ensemble des majorants vérifie sup A ≤ M.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 33 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Remarques
Il convient de noter qu’il important dans le théorème de passage à la
borne supérieure, que les inégalités soient larges. Par exemple, si
A = [0, 1[ et M = 1, on a : ∀x ∈ A, x < 1 et pourtant sup A = 1.
Il y a bien entendu un énoncé tout à fait analogue pour la borne
inférieure. Soit A une partie non vide de R et soit m ∈ R tel que :
∀x ∈ A, x ≥ m. Alors inf A existe et m ≤ inf A.
Il est intéressant de noter que Q ne possède pas la propriété de la
borne supérieure.
(Par exemple, A = {r ∈ Q : r 2 < 2} est un sous ensemble non vide de
Q (1 ∈ A) et majoré par 2, mais A n’admet pas de borne supérieure
dans Q (Exercice).)

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 34 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

On dispose d’un "critère" pour savoir si un réel est la borne supérieure


(respectivement la borne inférieure) d’une partie A de R.

Théorème (Caractérisation des bornes supérieures et inférieures)


Soit A une partie non vide de R et M ∈ R.

 (i) ∀ a ∈ A, a ≤ M,
M = sup A ⇐⇒
(ii) ∀ ε > 0, ∃ b ∈ A : M − ε < b ≤ M.

Soit A une partie non vide de R et m ∈ R.



 (i) ∀ b ∈ A, m ≤ b,
m = inf A ⇐⇒
(ii) ∀ ε > 0, ∃ c ∈ A : m ≤ c < m + ε.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 35 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Preuve
⇒) La condition (i) exprime le fait que M est un majorant. Pour
montrer (ii), prenons un ε > 0 arbitraire. Puisque M − ε < M, alors
M − ε n’est pas un majorant de A et par suite il existerait un a ∈ A tel
que M − ε < a.
⇐) Soit M 0 un majorant de A tel que M 0 ≤ M. Montrons que
M = M 0 . Supposons par l’absurde que M 0 < M et posons
ε = M − M 0 > 0. D’après (ii), il existe a ∈ A tel que
M − ε < a ≤ M 0 . Ainsi, M 0 < a, ce qui contredit le fait que M 0 est un
majorant de A. D’où, M = M 0 et par conséquent, M = sup A.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 36 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Preuve
⇒) La condition (i) exprime le fait que M est un majorant. Pour
montrer (ii), prenons un ε > 0 arbitraire. Puisque M − ε < M, alors
M − ε n’est pas un majorant de A et par suite il existerait un a ∈ A tel
que M − ε < a.
⇐) Soit M 0 un majorant de A tel que M 0 ≤ M. Montrons que
M = M 0 . Supposons par l’absurde que M 0 < M et posons
ε = M − M 0 > 0. D’après (ii), il existe a ∈ A tel que
M − ε < a ≤ M 0 . Ainsi, M 0 < a, ce qui contredit le fait que M 0 est un
majorant de A. D’où, M = M 0 et par conséquent, M = sup A.
Il suffit, en effet, de remarquer que inf A = − sup(−A) et d’appliquer
ensuite la caractérisation de la borne supérieure.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 36 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Exemple
On considère la partie non vide de R donnée par
I =]0, 1[= {x ∈ R : 0 < x < 1}. Montrer que sup I = 1 et inf I = 0.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 37 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Exemple
On considère la partie non vide de R donnée par
I =]0, 1[= {x ∈ R : 0 < x < 1}. Montrer que sup I = 1 et inf I = 0.

Il est clair que 1 est majorant de I . Afin de montrer que sup I = 1, il suffit
de montrer que 1 est le plus petit des majorants de I . Ce qui revient à
montrer, d’après la caractérisation de la borne supérieure, que

∀ε > 0, 1 − ε n’est pas un majorant de I .

Visiblement, si ε ≥ 2, alors 1 − ε ≤ 0 et donc ne peut être un majorant de


I . Par ailleurs, si 0 < ε < 2, alors le point xε = 1 − 2ε ∈ I et vérifie
xε > 1 − ε. Il en résulte que, 1 − ε n’est pas un majorant de I . On conclut
alors que sup I = 1.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 37 / 38


Borne Supérieure, Borne Inférieure : Cas de R

Exemple
On considère la partie non vide de R donnée par
I =]0, 1[= {x ∈ R : 0 < x < 1}. Montrer que sup I = 1 et inf I = 0.

Afin de montrer que inf I = 0, on commence par noter que 0 est un


minorant de I . Ensuite, nous devons montrer que 0 est le plus grand des
minorants de I . Ce qui revient à montrer, d’après la caractérisation de la
borne inférieure, que

∀ε > 0, ε n’est pas un minorant I .

Il est clair que, si ε ≥ 1, alors ε ne peut pas être un minorant de I . De plus,


si 0 < ε < 1, alors le point xε = 2ε ∈ I et vérifie xε < ε. On en déduit alors
que, ε n’est pas un minorant de I et par suite inf I = 0.

Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 37 / 38


Application : Borne inférieure, borne supérieure
A. Soient a, b deux réels strictement positifs. Les parties suivantes
sont-elles majorées, minorées ? Si oui, déterminer leurs bornes supérieures,
inférieures.
1. {a + bn; n ∈ N}
2. {a n b; n ∈ N}
 + (−1)
3. a + n ; n ∈ N∗
b

B. On considère la partie de R suivante :


 2 
x +2
A= ;x ∈ R
x2 + 1
Déterminer s’ils existent sup A, inf A, min A, max A.
C. Soit f une application croissante de [0, 1] dans lui même. On considère
l’ensemble

E = {x ∈ [0, 1], f (x) > x}


1. Montrer que E possède une borne supérieure b.
2. Montrer que f (b) = b.
Chapitre 1 Les nombres réels Septembre 2024 38 / 38

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