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Architecture Expressionniste en Europe

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L'architecture expressionniste est un mouvement architectural qui se développa en Europe du

Nord pendant les premières décennies du XXe siècle en parallèle avec l'expressionnisme dans les
arts appliqués et vivants.
Le terme d'« architecture expressionniste » décrivait à l'origine les productions avant-gardistes en
Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche, en Tchécoslovaquie et au Danemark entre 1910 et
environ 1924. Une reconsidération historique importante a étendu ce terme jusqu'à 1905 et
même plus largement pour englober le reste de l'Europe. Aujourd'hui le sens s'est encore élargi
pour se référer à l'architecture de n'importe quelle époque ou endroit qui fait preuve de quelques
qualités appartenant à ce mouvement, comme la distorsion, la fragmentation ou la manifestation
d'une émotion violente1.
Ce style fut caractérisé par l'adoption plus précoce que le Modernisme de nouveaux matériaux,
d'innovation formelle et d'un inhabituel amoncellement, parfois inspiré par des formes
biomorphiques naturelles, parfois par les possibilités des nouvelles techniques offertes par la
production en masse de briques, d'acier et de verres spéciaux. Beaucoup d'architectes
expressionnistes servirent lors de la Première Guerre mondiale. De leur expérience, combinée
avec la tourmente politique et les agitations sociales qui ont suivi la révolution allemande de
1919, en résultèrent des perspectives utopiques et un programme socialiste romantique2. Les
conditions économiques ont sévèrement limité le nombre de commandes dans le bâtiment entre
1914 et le milieu des années 19203, ce qui condamna nombre des plus importantes expressions
de ce mouvement à demeurer des œuvres de papier, comme l'« architecture alpine » de Bruno
Taut et le « Formspiels » d'Hermann Finsterlin. Des bâtiments éphémères d'exposition furent
légion et très marquant durant cette période. La scénographie pour le théâtre ou les films procura
un autre débouché à l'imagination expressionniste4, et apporta des revenus supplémentaires pour
les designers essayant de défier les conventions dans ce climat économique âpre.
L'architecture expressionniste a été marquée par des événements importants : l'exposition
du Deutscher Werkbund à Cologne en 1914, l'ouverture en 1919 puis la programmation théâtrale
de la Großes Schauspielhaus, la correspondance de la Gläserne Kette et l'activité de l'école
d'Amsterdam. Le principal monument expressionniste encore existant est la tour Einstein d'Erich
Mendelsohn à Potsdam. Vers 1925 la plupart des principales figures de l'architecture
expressionniste comme Bruno Taut, Erich Mendelsohn, Walter Gropius, Mies van der
Rohe ou Hans Poelzig, tout comme les autres figures de l'expressionnisme en général, se
tournèrent vers la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit), une approche plus pratique et
pragmatique qui rejetait l'agitation émotionnelle de l'expressionnisme. Quelques-uns,
comme Hans Scharoun, continuèrent à travailler en utilisant un langage expressionniste5.
En 1933, après la prise du pouvoir par les Nazis en Allemagne, l'art expressionniste fut interdit,
car jugé dégénéré5. Jusqu'aux années 1970 les chercheurs et historiens6 minimisaient en général
l'influence de l'expressionnisme sur le style international qui lui succéda, mais ceci a été revu et
réévalué depuis.

1 Caractéristiques
2 L'architecture expressionniste fut avant tout l'affaire d'individualités, et plutôt une
démarche qu'une école esthétique7, mais on peut néanmoins établir quelques critères objectifs
qui la définirait. Bien que recouvrant une grande variété de productions ainsi que de grandes
disparités, de nombreuses convergences peuvent être vues, et de façon récurrente, dans les
œuvres architecturales expressionnistes. Ces caractères sont suffisamment pertinents, à des
degrés différents, dans chacune des œuvres pour pouvoir être dégagés comme l'essence de
l'expressionnisme :

1. une distorsion des formes pour susciter de l'émotion8 ;


2. subordination du réalisme aux expressions symboliques et stylistiques venant
d'une expérience intérieure ;
3. un travail qui implicitement cherche le neuf, l'original et le visionnaire ;
4. une profusion d'esquisses préparatoires sur papier ou maquettes, avec une
exploration et une représentation du concept plus importante que la finalisation
pratique ;
5. souvent des solutions hybrides non réductibles à un concept unique9 ;
6. la thématique romantique des phénomènes naturels comme les grottes,
les montagnes, la foudre, le cristal et les roches en formation10 Ainsi,
l'architecture expressionniste est plus minérale que végétale ou animale, ce qui
caractérisait plus l'Art nouveau avec qui l'expressionnisme fut presque
contemporain ;
7. l'utilisation du potentiel créatif de l'artisanat ;
8. un penchant plus affirmé envers le Gothique qu'avec le Clacissisme.
L'architecture expressionniste tend aussi plus vers le Roman et le Rococo que
vers le Classicisme ;
9. bien qu'européen, l'expressionnisme est un
mouvement orientalisant et occidentalisant. Ses influences empruntent
au mauresque, au monde islamique, à l'Égypte et à l'Inde tout autant qu'à
l'architecture romaine ou grecque11 ;
10. l'architecture est considérée comme une activité artistique9.

3 Contexte[modifier | modifier le code]


Les tournants politiques, économiques et artistiques apportèrent un contexte favorable aux
premières manifestations de l'architecture expressionniste, et ceci surtout en Allemagne où le
caractère utopique de l'expressionnisme trouva une forte résonance dans la communauté
artistique plutôt gauchisante et désireuse d'offrir à la société, pendant et après la Première
Guerre mondiale, une réponse à ses tourments. La défaite allemande, le départ du Kaiser, les
turpitudes et la montée de la social-démocratie, et l'optimisme engendré par la république de
Weimar, firent que, parmi les architectes, certains eurent quelques réticences à poursuivre leurs
projets initiés avant la guerre et s'autorisèrent à chercher des solutions nouvelles. Une partie
influente de la communauté artistique, comprenant des architectes, rechercha
une révolution similaire à celle qui se déroulait en Russie. La grandiose et coûteuse réfection de
la Großes Schauspielhaus fut plutôt une réminiscence du passé impérial qu'un projet prévu en
économie de guerre puis en pleine dépression d'après-guerre.
Des mouvements artistiques qui ont précédé l'architecture expressionniste et continuèrent avec
quelques imbrications, furent les mouvements Arts & Crafts et Art nouveau (ou Jugendstil en
Allemagne). La fusion entre les designers et les artisans fut une préoccupation majeure du
mouvement l'Arts & Crafts qui s'est poursuivie dans l'architecture expressionniste. Le sujet
récurrent du naturalisme dans l'Art nouveau qui était aussi prévalent dans le Romantisme, se
poursuivit aussi, mais prit un côté plus minéral que végétal. Le naturaliste Ernst Haeckel était
connu de Finsterlin12 et trouvait ses sources d'inspiration dans les formes naturelles.
L'architecture futuriste et le mouvement architectural constructiviste, ainsi que le mouvement
nihilo-artistique Dada, vinrent concurrencer l'expressionnisme et souvent avec des formes et des
productions très semblables. Le magazine de Bruno Taut, Frühlicht, contenait des projets
constructivistes comme le Monument de la troisième Internationale de Vladimir Tatline13.
Cependant le futurisme et le constructivisme glorifiaient les aspects mécaniques14, et
s'intéressaient à l'urbanisme15 ce qui ne sera pas exploré en Allemagne avant le mouvement de
la Neue Sachlichkeit. Mendelsohn fait ici figure d'exception, lui dont le travail fut très proche du
futurisme et du constructivisme. Une certaine qualité d'exubérance et d'énergie dynamique se
retrouve à la fois dans les dessins d'Erich Mendelsohn et ceux du futuriste Antonio Sant'Elia16.
Le Merzbau de l'artiste dadaïste Kurt Schwitters, avec ses formes anguleuses et abstraites,
portait aussi de nombreuses caractéristiques expressionnistes.
L'influence d'individualités comme Frank Lloyd Wright ou Antoni Gaudí a aussi apporté un climat
favorable à l'architecture expressionniste. Le portfolio de Wright fut inclus dans les conférences
d'Erich Mendelsohn et fut bien connu de tout ce cercle d'architectes17. Gaudí fut à la fois influencé
en même temps qu'il influença ce qui se passait à Berlin. À Barcelone il n'y eut pas de césure
brutale entre l'architecture de style Art nouveau et celle du début du XXe siècle à laquelle
le Jugendstil fut opposé après 1900, et son travail contient plus d'Art nouveau que ce qu'en a dit
Bruno Taut. Le cercle du Ring connaissait Gaudí puisqu'il était publié en Allemagne, et Finsterlin
correspondait avec lui18. On peut aussi mentionner Charles Rennie Mackintosh pour offrir une
vue assez étendue des recherches plastiques dont l'architecture expressionniste a pu bénéficier.
Son œuvre, difficilement classifiable dans le mouvement Arts & Crafts à strictement parler ou
même dans l'Art nouveau, comprenant des bâtiments comme la Hill House ou du design comme
la chaise Ingram, a une touche expressionniste avant l'heure. Son travail était connu sur le
continent, notamment parce qu'il fut exposé au Wiener Secession en 1900.

4 Idéologies sous-jacentes[modifier | modifier le code]


Beaucoup d'écrivains ont contribué au contexte idéologique de l'architecture expressionniste.
Des références importantes tirées de la philosophie furent travaillées à partir de Friedrich
Nietzsche, Søren Kierkegaard19, et Henri Bergson20. Les esquisses de Bruno Taut étaient souvent
annotées de phrases tirées de Nietzsche21, notamment d' Ainsi parlait Zarathoustra, dont le
personnage principal incarne la liberté chère aux expressionnistes ; la liberté de rejeter le monde
bourgeois, la liberté par rapport à l'Histoire et la force de l'esprit dans l'isolement individualiste21.
La retraite de Zarathoustra dans la montagne fut une inspiration pour l'architecture alpine de
Taut22. Henri Van de Velde dessina l'illustration de la couverture du livre Ecce Homo de
Nietzsche23. Franz Kafka, l'auteur de la Métamorphose parlant de changement de forme allait de
pair avec l'instabilité matérielle de l'architecture expressionniste24. Les naturalistes,
comme Charles Darwin ou Ernst Haeckel, avaient contribué à une idéologie en faveur des formes
architecturales biomorphiques comme dans le travail de Hermann Finsterlin. Le poète Paul
Scheerbart travaillait directement avec Bruno Taut et son cercle, et contribua aux idées basées
sur sa poésie de l'architecture de verre.
La psychologie émergente de Sigmund Freud et Carl Jung fut importante pour l'expressionnisme.
L'exploration des effets psychologiques de la forme et de l'espace25 fut prise en compte par les
architectes dans leurs bâtiments, leurs projets et leurs films. Bruno Taut nota les possibilités
psychologiques de design scénographique ; « les objets servent psychologiquement à refléter les
émotions et les expressions des acteurs. »25 L'exploration des rêves et le l'inconscient a fourni le
matériau aux investigations formelles de Hermann Finsterlin.

1824, Das Eismeer de Caspar David Friedrich (La mer de glace)

Monument des morts de mars de Walter Gropius en 1921


Tout au long du XVIIIe siècle et du XIXe siècle les philosophies de l'esthétique se sont développées,
particulièrement à travers l'œuvre de Kant et de Schopenhauer, ainsi que des notions
de Sublime. L'expérience du Sublime était supposée impliquer un auto-oubli où les peurs
personnelles seraient remplacées par un sens du bien-être et de la sécurité quand elles seraient
confrontées à un objet montrant une puissance supérieure. À la fin du XIXe siècle
le Kunstwissenschaft allemand, c'est-à-dire la science de l'art, émergea. Ce fut un mouvement
cherchant à discerner les lois de l'appréciation esthétique, et dont le but était une approche
scientifique de l'expérience esthétique. Au début du XXe siècle, Max Dessoir, philosophe néo-
kantien allemand et théoricien de l'esthétique, fonda le Zeitschift für Ästhetik und allgemeine
Kunstwissenschaft qui édita pendant de nombreuses années et publia le travail de cette
association de recherche dans lequel il formula cinq formes esthétiques primaires : la beauté, le
Sublime, le tragique, le laid et le comique. Iain Boyd Whyte écrivit que malgré le fait que « les
projections visionnaires des expressionnistes ne se contentaient pas de recopier sur la table à
dessin les idées de Kant, il y avait cependant, lors de la première décennie de ce siècle [XXe
siècle|le vingtième], un climat des idées qui était compatible avec les questionnements
esthétiques et les productions artistiques du Romantisme. »26
Les théories artistiques de Wassily Kandinsky, comme celles concernant les Point Ligne
Plan et Du Spirituel dans l’Art, furent les pièces maîtresses de la pensée expressionniste27.

5 Forme[modifier | modifier le code]


La forme joua un rôle primordial dans ce qui distingua l'architecture expressionniste de ces
prédécesseurs immédiats, l'Art nouveau ou Jugendstil. Henry Van de Velde put dépouiller ses
bâtiments de tout ornement, et, comme d'autres à l'époque, se tourner vers des concepts formels
d'individualisme et de représentations symboliques28. Tandis que l'Art nouveau s'accordait
quelques libertés avec son ornementation organique, l'architecture expressionniste s'efforça de
libérer la forme du bâtiment en entier plutôt que seulement quelques parties. Des exemples de
ceci se retrouvent dans les projets de papier du mouvement aussi bien que dans l'œuvre bâti.
La Formspiels de Hermann Finsterlin dépeint la forme de bâtiments transformés en masses
organiques et anamorphiques. L'architecture alpine de Bruno Taut illustre les structures
luminescentes dont l'enveloppe entière est changée en une forme cristalline. Un exemple de
projet expressionniste construit formellement intense est la tour Einstein d'Erich Mendelsohn. Ce
bâtiment sculptural montre la géométrie sous une optique relativiste et révolutionnaire. Dépouillés
de toute ornementation apposée, la forme et l'espace sont modelés de façon fluide pour exprimer
des concepts de l'architecte ainsi que ceux de celui dont la tour tire le nom. Mendelsohn avait un
sens profond de la forme, montré par la tour Einstein, mais aussi par ses nombreux dessins.
« Dans ces esquisses qui ne proviennent pas de commandes, Mendelsohn pensait en termes de
volumes et seulement après en termes de fonction. »16 Contemporain des expressionnistes,
Antoni Gaudí put dévier de la nature ornementale de l'Art nouveau pour faire de « larges et
sculpturales masses qui apparaissent comme des propositions cohérentes formellement. »29
Comme l'architecture expressionniste utilisait des géométries courbes, une forme récurrente de
ce mouvement est le dôme. L'intérieur de la Großes Schauspielhaus était concave.
Les Formspliels de Hermann Finsterlin ont une forme de dômes asymétriques
anthropomorphiques. Beaucoup des œuvres de Bruno Taut sont aussi arrondies, comme le
pavillon de verre et le Käseglocke (cloche à fromage) de Worpswede. L'architecture alpine de
Taut possède le charme excentrique des palais du plaisir en forme de dôme du Kubla
Khan de Samuel Taylor Coleridge. L'architecture incurvée requiert une couverture courbe, les
toits de l'architecture expressionniste sont donc souvent des dômes. Un autre motif
expressionniste fut l'accentuation soit des horizontales, soit des verticales, afin d'effets
dramatiques, influencé en cela par de nouveaux objets techniques comme les paquebots ou les
gratte-ciel.
La forme, comme révélée par une loi, fut dépeinte sous un jour expressionniste par Hugh Ferriss.
Ses illustrations de l'ordonnancement par zone de New York en 1916 avaient une qualité
expressionniste dans leur rendu. Elles furent publiées en Allemagne dans le
magazine Baukunst en 192630. Par leur important contraste lumineux, utilisées pour révéler la
forme, elles semblent inspirées par le film Metropolis tourné en 1927.
Le formalisme fut une tendance que l'architecture expressionniste aida à faire contribuer au
modernisme. Kandinsky postula en 1912 que la forme était une expression du contenu31 et en de
nombreuses instance que la forme elle-même était le contenu. Le travail des expressionnistes qui
rejoindront par la suite la Neue Sachlichkeit, était initialement formalisé par un début de distorsion
des formes, mais peu accentuée. Peter Behrens, Walter Gropius, Mies van der Rohe et d'autres
épousèrent un aspect formel normatif (avec cependant quelques exceptions), usant de
géométries orthonormées pour suggérer d'autres concepts architecturaux basés sur la régularité
géométrique.

6 Matériaux[modifier | modifier le code]

Église paroissiale catholique Heilig-Kreuz à Gelsenkirchen par Josef Franke, 1927–1929

Un intérêt récurrent des architectes expressionnistes fut l'utilisation de matériaux et de la façon


poétique dont ils pouvaient être mis en œuvre. Souvent l'intention était d'unifier les matériaux
d'un bâtiment pour le rendre monolithique. La collaboration avec Bruno Taut et le poète utopique
Paul Scheerbart a cherché à adresser les problèmes de la société allemande par une doctrine de
l'architecture de verre. Cet utopisme peut être vu dans le contexte de la révolution allemande où
la lutte entre la nationalisme et le socialisme devait se résoudre d'elle-même. Taut et Scheerbart
ont imaginé une société qui se serait émancipée en rompant avec les formes anciennes et les
traditions, propulsée par une architecture qui inonderait chaque bâtiment de lumières multicolores
et incarnerait un futur plein de promesse32. Ils ont publié des textes à ce sujet et ont construit le
pavillon de verre lors de l'exposition du Werkbund de 1914. Sont inscrits autour de la base du
dôme des aphorismes sur le matériau rédigés par Scheerbart.
« Le verre coloré détruit la haine », « Sans un palais de verre, la vie est un fardeau »,
« Le verre nous apporte une nouvelle ère, construire en briques nous nuit » — Paul
Scheerbart, inscriptions sur le pavillon de verre du Werkbund de 191413.
Un autre exemple de l'usage expressionniste de matériaux monolithiques fut celui d'Erich
Mendelsohn avec la tour Einstein. Il ne faut pas oublier le calembour autour du nom de la
tour, Einstein, qu'on entend en allemand comme « une pierre », et une tentative de modeler
le bâtiment comme s'il provenait d'une seule pierre, de ein Stein33. Bien qu'elle ne fut pas
moulée à partir d'une coulée de béton (à cause de difficultés techniques, ce fut de la brique
et du stuc qui furent en partie utilisés) l'effet que donne la tour est une expression de la
fluidité d'un béton moulé. Architecture de l'acier et du béton fut le titre d'une exposition de
dessins de Mendelsohn en 1919 à la galerie de Paul Cassirer à Berlin.
La brique fut utilisée de façon similaire pour exprimer la nature inhérente du matériau. Dans
les années 1920, Josef Franke produisit quelques églises au caractère expressionniste dans
la Ruhr (voir : Expressionnisme de brique). Bruno Taut utilisa la brique pour montrer la
masse et la répétition dans ses lotissements Legien-Stadt de Berlin. Selon Pehnt : « Des
arguments moraux et parfois même irrationnels furent présentés en faveur de la construction
en briques34. » Avec ses couleurs et son effet de vibration un peu pointilliste, la brique devint
pour l'expressionnisme ce que le stuc deviendra plus tard pour le style international.
7 Théâtre et cinéma[modifier | modifier le code]
L'Europe a connu un boum dans la production théâtrale au début du XXe siècle. En 1896 il y
avait 302 théâtres permanents en Europe, en 1926 ils étaient 2 49935. Le cinéma a connu
une progression comparable dans sa fréquentation, sa popularité et l'augmentation du
nombre de salles de cinéma. Ces médias étaient aussi capables de rendre temporairement
concrètes quelques idées architecturales innovantes25. Beaucoup d'architectes conçurent des
décors de théâtre et de films expressionnistes. Ce furent des moments primordiaux pour le
mouvement, et, avec cet intérêt pour le théâtre et le cinéma, les arts vivants tinrent une place
importante dans l'expression architecturale expressionniste. Tout comme dans le cinéma et
le théâtre, l'architecture expressionniste créa un environnement inhabituel et excentrique qui
assaillait le spectateur.
Des exemples construits de théâtres expressionnistes comprennent la construction
par Henry Van de Velde du modèle du théâtre pour l'exposition du Werkbund de 1914, ainsi
que l'important remaniement de la Großes Schauspielhaus de Hans Poelzig. La gigantesque
capacité de la Großes Schauspielhaus rendit possible les places bon marché et la création
d'un « théâtre pour tous »35. Non seulement les architectes expressionnistes firent des décors
de théâtre, mais Bruno Taut commit aussi une pièce destinée aux
planches, Weltbaumeister4.
Les architectes expressionnistes furent à la fois impliqués dans des films et inspirés par eux.
Hans Poelzig s'efforça de faire des films basés sur des légendes et des contes36. Poelzig
dessina des décors pour Der Golem, le film de Paul Wegener de 1920. L'espace dans Der
Golem était un village tridimensionnel, une reconstitution du ghetto juif de Prague. Celui-ci
contraste avec les décors de Das Kabinett des Doktors Caligari où là ils étaient peints sur
des toiles de fond37. Peut-être ce dernier put atteindre une liberté stylistique plus grande,
mais Poelzig, avec Der Golem, put créer un village entier qui « parlait avec un accent juif »36.
Herman Finsterlin approcha Fritz Lang avec une idée pour un film4. Le film de
Lang, Metropolis, montrait une société « futuriste », visuellement progressiste, mais il traitait
en fait, avec beaucoup de pertinence, le rapport qu'entretenaient le travail et la société dans
l'Allemagne des années 1920. Bruno Taut proposa un film en guise d'anthologie de
la Gläserne Kette intitulé Die Galoschen des Glücks (Les galoches du bonheur), titre
emprunté à Hans Christian Andersen. Sur ce film Taut remarqua qu'« un expressionnisme de
la plus subtile espèce apportera une ambiance, un support et de l'action en harmonie les uns
avec les autres.38 » Ça caractériserait les fantaisies architecturales adaptées à chaque
membre de la chaîne4. Finalement non-produit, il révèle cependant les aspirations que ce
nouveau média, le cinéma, invoquait.

8 Abstraction[modifier | modifier le code]


La tendance vers l'abstraction en art a correspondu à l'abstraction en architecture. La
publication en 1912 d'À propos de la spiritualité en Art de Wassily Kandinsky, son premier
plaidoyer en faveur de l'abstraction alors qu'il était encore dans sa phase Blau Reiter,
marque le commencement de l'abstraction dans l'expressionnisme ainsi que l'abstraction
dans l'architecture expressionniste27. La conception de la tour Einstein d'Erich Mendelsohn
suivit de peu Kandinsky dans les avancées de l'abstraction en architecture. Par la publication
de Point Ligne Plan en 1926, une forme rigoureuse et plus géométrique de l'abstraction
émergea, et le travail de Kandinsky épousa des lignes esquissées et plus claires. Les modes
en architecture ne sont pas distinctes, ainsi le Bauhaus acquerrait de l'audience tandis que
l'expressionnisme faisait face à l'abstraction géométrique de l'Architecture moderne.

9 L'école d'Amsterdam[modifier | modifier le code]


Amsterdam: Het Schip de Michel de Klerk en 1917

Article détaillé : École d'Amsterdam.


L'École d'Amsterdam fut grandement influencée par l'Expressionnisme et fut caractérisée par
l'utilisation de façades arrondies et organiques39 avec de nombreux éléments purement
décoratifs et non-fonctionnels comme des pinacles, des sculptures et des fenêtres à
« échelle » (avec des barres horizontales, sorte de réminiscence de barreaux d'échelle).
Parfois on considère ce mouvement comme le pendant néerlandais de l'Expressionnisme de
brique tant de part et d'autre de la frontière les influences étaient fortes et réciproques.

10 Héritage[modifier | modifier le code]

Le terminal TWA d'Eero Saarinen en 1962

Le legs de l'architecture expressionniste se prolonge jusqu'à des mouvements tardifs


du XXe siècle. Elle eut une influence sur ses successeurs directs, aussi bien l'Architecture
moderne que l'Art déco. Le mouvement artistique de la Neue Sachlichkeit s'éleva en
opposition directe à l'expressionnisme. L'architecture expressionniste infuse aujourd'hui
évidemment plusieurs courants architecturaux comme le Déconstructivisme, l'œuvre
de Santiago Calatrava et les mouvements organiques de la Blob architecture.
Nombreuses, parmi les fondateurs ainsi que les figures majeures de l'architecture
expressionniste, furent aussi des figures importantes de l'Architecture moderne. Il en va ainsi
de Bruno Taut, Hans Scharoun, Walter Gropius et Mies van der Rohe. À partir de 1927,
Gropius, Taut, Scharoun et Mies construisaient tous en Style international et participaient
au Weißenhofsiedlung. Gropius et Mies sont plus connus pour leurs œuvres Modernistes,
mais le Monument des morts de mars de Gropius, le projet d'immeuble de bureaux sur la
Friedrichstraße de Mies constituent des œuvres maîtresses de l'œuvre expressionniste. Le
Corbusier commença sa carrière par l'Architecture moderne, mais évolua à la fin de sa vie
vers des expressions plastiques inspirées de l'Expressionnisme.
Identifiée pour la première fois à l'Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels
modernes en 1925, l'Art déco partage un certain caractère avec l'Expressionnisme et semble
même avoir été directement influencé par ce mouvement - particulièrement les activités du
Bauhaus de Weimar - et plus généralement avec les éléments et les idéologies qui ont
influencé les deux mouvements à l'époque, comme le socialisme et la mécanisation. En
commun avec l'Art nouveau et l'expressionnisme, ils étaient intéressés par les effets
décoratifs qui rompaient avec le passé et reflétaient plutôt une modernité nouvelle : par
exemple l'usage audacieux de lacets, de formes crantées, de courbes amples et les motifs à
chevrons. De nouveaux matériaux sont employés d'une façon nouvelle comme le verre,
l'aluminium et l'acier inoxydable. Des exemples plus tardifs de l'Art déco, particulièrement
à New York peuvent être vus comme l'équivalent outre-Atlantique de l'expressionnisme
européen.
Au milieu du XXe siècle, dans les années 1950 et 1960, beaucoup d'architectes
commencèrent à concevoir des projets avec des réminiscences de l'architecture
expressionniste. Lors de l'après-guerre une variante de l'expressionnisme, le brutalisme, eut
une approche sincère des matériaux, dans leur utilisation du béton sans fioritures, qui était
similaire dans leur démarche à l'emploi de la brique par l'école d'Amsterdam. L'œuvre de Le
Corbusier prit un tournant vers une plus grande expressivité dans sa période brutaliste, mais
encore plus dans son église de Notre-Dame-du-Haut. Un autre architecte moderne du milieu
du siècle à évoquer l'expressionnisme fut Eero Saarinen. On trouve en effet une esthétique
similaire dans certains de ses édifices comme le terminal TWA de l'aéroport JFK de New
York en 1962. Ce terminal avec ses formes organiques est proche du travail de Herman
Finsterlin et de ses Formspiels plus que tout autre, sauf peut-être de l'opéra de
Sydney dessiné par Jorn Utzon. Encore plus proche de nous, l'esthétique et la rugosité de
l'architecture expressionniste ont trouvé un écho dans le travail d'Enric Miralles, surtout dans
le bâtiment du parlement écossais, et chez les architectes déconstructivistes comme Zaha
Hadid et Daniel Libeskind.

11 Historique[modifier | modifier le code]


1900[modifier | modifier le code]
• Réactions contre l'Art nouveau motivées en partie par le désir moral d'un style
plus rigoriste et moins ornementé, mais aussi en partie par les idées rationnelles
réclamant une justification pratique aux effets formels. L'Art nouveau a
néanmoins ouvert la voie à un langage abstrait et montré les leçons à retenir de
la nature40.
• 25 août, 1900, mort de Friedrich Nietzsche
1905

• Formation à Dresde du mouvement expressionniste Die Brücke.


1907

• Le poète Paul Scheerbart de son côté propose une vision d'anticipation d'un
futur utopique.
1908

• Adolf Loos publie son essai/manifeste « Ornament und Verbrechen » (Ornement


et crime) qui rejette l'ornementation au profit de l'abstraction.
1909

• Neue Künstlervereinigung München, la nouvelle association d'artistes munichois


est créée par et autour de Wassily Kandinsky à Munich.
1910[modifier | modifier le code]
• Publication à Berlin du journal Der Sturm par Herwarth Walden et Die
Aktion par Franz Pfemfert comme une porte-parole contre-culturelle anti-
Deutscher Werkbund.
1911

• Hans Poelzig fonde une agence à Breslau. Dessins d'un château d'eau à Posen
(maintenant Poznań en Pologne), décrits par Kenneth Frampton comme une
certaine image de Stadtkrone, et un immeuble de bureau qui inspirera par la
suite Eric Mendelsohn pour sa Mosse-Haus à Berlin en 192140.
• Wassily Kandinsky quitte la direction du Neue Künstlervereinigung München.
• Walter Gropius et Adolf Meyer construisent l'usine Fagus à Alfeld an der Leine.
• Formation du Blaue Reiter et premières expositions du groupe à Munich et Berlin
1912

• Hans Poelzig dessine une usine chimique à Luban avec des volumes en briques
articulés de façon très expressive.
• Wassily Kandinsky publie Über das Geistige in der Kunst, (Du Spirituel dans l’Art)
• Le travail de l'École d'Amsterdam devient visible avec la construction de leur
projet pour la coopérative commerciale Scheepvaarthuis, dessinée par Johan
van der Mey
1913

• Michel de Klerk commence les travaux sur le premier des trois immeubles
de Spaarndammerplantsoen à Amsterdam, le dernier sera fini de construire en
1921.
• Rudolph Steiner entame les travaux du premier Goetheanum. Les travaux seront
achevés en 1919.
1914

Couverture de 'Die Aktion' de 1914 avec une illustration d'Egon Schiele

• Paul Scheerbart publie Glasarchitecktur


• L'exposition du Deutscher Werkbund à Cologne montre la faille idéologique
entre :

1. une approche plus rationnelle (Typisierung) - Behrens, Gropius - et


2. une approche plus artistique (Kunstwollen) - Taut, Van de Velde
1915
• Mort de Paul Scheerbart.
• Franz Kafka publie « Die Verwandlung » (la Métamorphose).
1917

• Michel de Klerk commence à construire le Het Schip, le troisième et le plus


accompli des trois immeubles de Spaarndammerplantsoen pour la société Eigen
Haard à Amsterdam41. Il sera achevé en 1921.
• Bruno Taut publie « Architecture alpine ».
1918

• Adolf Behne étend les implications socio-culturelles des écrits de Scheerbart sur
le verre.
• Armistice – révolution en faveur de la république en Allemagne. Les sociaux-
démocrates forment des conseils d'ouvriers et de soldats. Grève générale.
• Expression libre de l'école d'Amsterdam élucidé dans le magazine Wendingen.
• Novembre - fondation de l'Arbeitsrat für Kunst (Assemblée des travailleurs pour
l'Art) par Bruno Taut et Adolf Behne. Ils prennent modèle volontairement sur les
soviets et se rattachent au programme gauchiste de leurs activités utopiques et
expressionnistes. Ils demandent, premièrement une révolution spirituelle qui en
accompagnerait une politique, deuxièmement que les architectes s'organisent en
corporations s'aidant mutuellement.
• Novembre - le Novembergruppe se forme le mois suivant uniquement pour
fusionner avec l'Arbeitsrat für Kunst. Il proclame :
1. la création d'œuvres artistiques collectives ;
2. de l'habitation de masse ;
3. la destruction des monuments artistiquement dénués de valeur (ceci
caractérise l'attitude commune des avant-gardes contre le militarisme élitiste qui
était perçu comme la cause de la Première Guerre mondiale).
• Décembre - l' Arbeitsrat für Kunst expose ses objectifs primordiaux dans
lArchiteckturprogramm, le programme architectural de Bruno Taut. Il en appelle à
une nouvelle « œuvre artistique totale » faisant activement participer le peuple.
• Bruno Taut publie « Die Stadtkrone » (la ville-couronne).
1919

• Le manifeste du printemps de l'Arbeitsrat für Kunst est publié. Art pour les
masses. Alliance des arts sous l'aile de l'architecture. 50 artistes, architectes et
patrons réunis sous la houlette de Bruno Taut, Walter Gropius et Adolf Behne.
• Avril - Exposition des architectes inconnus d'Erich Mendelsohn, Hannes
Meyer, Bernhard Hoetger, Max Taut et Otto Bartning. Walter Gropius écrit
l'introduction de ce qui est maintenant considéré comme le premier brouillon du
programme du Bauhaus publié un peu plus tard le même mois. Appelé
une cathédrale du futur pour unifier les énergies créatives de la société comme
au Moyen Âge.
• Le Bauhaus s'établit et commence une phase expressionniste qui durera jusqu'à
1923.
• Adolf Behne publie Ja! Stimmen des Arbeitsrates für Kunst in Berlin (Oui ! Les
voix du soviet de l'Art à Berlin).
• La révolte spartakiste termine les activités manifestes de lArbeitsrates für Kunst.
Le groupe commence la première correspondance utopique de la Gläserne
Kette de Bruno Taut. Ils sont rejoints par des architectes alors
secondaires : Hans Luckhardt, Wassili Luckhardt et Hans Scharoun. Les lettres
exigent ; 1. Le retour vers l'intégration sur le modèle médiéval de l'équipe de
bâtisseurs. 2. Des formes irrégulières. 3. Des formes facettées. 4. Des
monuments en verre.
• Ouverture de la Grosses Schauspielhaus de Hans Poelzig à Berlin. Des
pendentifs tombant du plafond créaient une dissolution lumineuse de la forme et
de l'espace.
• Bruno Taut lance le magazine Frühlicht (Lumière de l'aube).
• Bruno Taut et Hans Scharoun accentuent l'importance créative de
l'inconscient freudien.
• Hans Poelzig est nommé président du Deutscher Werkbund.
• Début du travail de design de Piet Kramer sur le De Dageraad. La construction
sera terminée en 1923. Mendelsohn y voit un travail plus structurel que celui
de Hendrikus Wijdeveld.
1920[modifier | modifier le code]
• 26 février, première du film Das Kabinett des Doktors Caligari au Marmorhaus de
Berlin.
• Hans Poelzig déclare ses affinités avec la Gläserne Kette. Il dessina les décors
du film le Golem.
• La solidarité de la Glasserne Kette est rompue. La dernière lettre est écrite
par Hermann Finsterlin. Hans Luckhardt reconnaît l'incompatibilité d'une forme
inconsciente libre d'un côté avec la préfabrication rationaliste et les élans vers
le rationalisme.
• Taut maintient ses vues « scheerbartiennes ». Il publie Die Auflösung der
Städt (La dissolution de la ville) en lien avec les tendances anarcho-socialistes
de Pierre Kropotkine. En phase avec les Soviets, sa publication recommande la
rupture d'avec les villes et un retour à la terre. Il conçoit des communautés
agraires et des temples dans les Alpes. Ç'aurait été trois communautés
résidentielles séparées : 1. les gens éclairés 2. les artistes 3. les enfants.
Frampton remarquera que cet autoritarisme porte en germe, malgré les
intentions socialisantes, des traits que l'on retrouvera plus tard dans le fascisme.
1921

• Taut devient l'architecte de Magdebourg et échoue à réaliser une salle


d'exposition municipale alors que les réalités économiques sévères de
la république de Weimar devient apparent.
• Walter Gropius dessine le Monument des morts de
mars (mitpressjournals.org [archive]) à Weimar. Ce monument sera achevé en 1922
et inspirera les travailleurs Gong dans le film Metropolis de Fritz Lang en 1927.
• Le magazine Frülicht commence à péricliter.
• Eric Mendelsohn visite les Pays-Bas ainsi que des œuvres du groupe
néerlandais Wendingen. Il rencontre les rationalistes JJP Oud et WM Dudek. Il
identifie le conflit des approches conceptuelles visionnaire et objective.
• La Mossehaus d'Eric Mendelsohn ouvre ses portes. Les travaux de la tour
Einstein se terminent. Celle-ci combine les formes sculpturales du théâtre de Van
de Weldes lors du l'exposition du Werkbund avec la silhouette de la Glashaus de
Taut et les affinités formelles de l'architecture vernaculaire néerlandaise d'Eibink,
de Snellerbrand et Hendrikus Wijdeveld. Einstein lui-même la visite et la qualifie
d'« organique ».
• Mendelsohn dessine une usine à chapeau à Luckenwalde. Celle-ci est empreinte
de l'influence de l'architecte expressionniste néerlandais De Klerk, opposant les
formes spectaculairement érigées des installations industrielles aux éléments
administratifs horizontaux. Cette approche répond à son usine de textiles de
Leningrad de 1925 et anticipe les bandeaux horizontaux de ses grands magasins
de Breslau, Stuttgart, Chemnitz et Berlin de 1927 à 1931.
• Hugo Häring et Ludwig Mies van der Rohe répondent à un concours pour un
bâtiment de bureaux sur la Friedrichstraße. Leur projet relève d'une approche
organique de la structure et est complètement fait de verre.
1922

• Ludwig Mies van der Rohe publie un projet de gratte-ciel en verre dans la
dernière publication de Frülicht.
• Le film Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau sort sur les écrans.
1923

Le Goetheanum de Rudolph Steiner en 1923

La Chilehaus de Fritz Höger en 1923

• La phase expressionniste du Bauhaus prend fin. Les raisons les plus souvent
avancées en sont que l'architecture expressionniste était difficile à construire et
que l'inflation rampante en Allemagne fit évoluer les goûts de la société vers plus
de sobriété. Mais Jencks émet l'hypothèse que ces raisons communément
acceptées sont trop simplistes et avance plutôt pour sa part que
l'expressionnisme était devenu l'expression d'un utopisme extrémiste qui s'est
discrédité par l'usage de la violence, ou encore que les architectes se sont alors
convaincus que le nouveau style (rationaliste) était tout aussi expressif et captait
de façon plus juste le Zeitgeist, l'esprit du temps. Il n'y a pas eu une franche
opposition ou des manifestations publiques pour hâter ce changement de
direction. La seule réaction visible de l'extérieur fut la démission forcée du
directeur historique du Bauhaus, Johannes Itten, remplacé par László Moholy-
Nagy alors déconstructiviste.
• Érection de la Chilehaus à Hambourg par Fritz Höger.
• Walter Gropius abandonne l'expressionnisme et se tourne vers le rationalisme.
• Bruno et Max Taut commencent à travailler sur le projet gouvernemental d'habitat
bon marché.
• Exposition du Berliner secession. Mies van der Rohe et Hans et Wassili
Luckhardt font preuve d'une approche plus objective et fonctionnelle.
• Rudolph Steiner dessine le second Goethéanum après que le premier a été
détruit par le feu en 1922. Les travaux commencent en 1924 et sont terminés en
1928.
• Michel de Klerk meurt et le style de l'École d'Amsterdam meurt de fait avec lui.
1924

• L'Allemagne adopte le plan Dawes. Des architectes sont plus enclins à produire
des habitats bon marché que de poursuivre les idées utopistes sur les
constructions en verre.
• Hugo Häring dessine un complexe de ferme. Il utilise des toits pointus très
expressifs contrastant avec les éléments volumineux et plus chaotiques aux
angles arrondis.
• Hugo Häring dessine le projet résidentiel Prinz Albrecht Garten. Même s'il fait là
une démonstration évidente d'expressionnisme, il se préoccupe plus intensément
de la source intrinsèque de le forme.
• Fondation du groupe Zehner-Rings.
• Le 3 juin, mort de Franz Kafka.
• Hermann Finsterlin amorce une série de correspondance avec Antoni Gaudí42.
1925

• Hans Poelzig abandonne l'expressionnisme et retourne à un crypto-classicisme.


• Max Brod publie le Procès de Franz Kafka.
1926

• Le groupe Zehner-Rings devient der Ring avec Hugo Häring à sa tête. Ce


collectif d'architectes se détourne largement de l'expressionnisme au profit
du fonctionnalisme.
• Wassily Kandinsky publie Point Ligne Plan.
• Max Brod publie le Château de Franz Kafka.
1927
Anzeiger-Hochhaus de Fritz Höger à Hanovre en 1927

• Construction de l'Anzeiger-Hochhaus à Hanovre par Fritz Höger.


• Sortie du film Metropolis de Fritz Lang.
• Le Weißenhofsiedlung est construit à Stuttgart. Des architectes expressionnistes
comme Taut, Poelzig, Scharoun, construisent en style moderne.
1928

• Le premier Congrès International d'Architecture Moderne se déroule


en Suisse. Hugo Häring échoue à sortir du consensus autour de Le Corbusier et
de son appel pour un rationalisme dirigé vers une approche organique.
Finalement la vision de scheerbartienne est éclipsée tout comme est écartée une
approche du projet non-normative.
• Achèvement de la Großmarkthalle construite par Martin Elsaesser à Francfort-
sur-le-Main.
• La chapelle du cimetière de Glienicke/Nordbahn en Allemagne dessinée par Paul
Poser est terminée.
1930[modifier | modifier le code]
1931

• Construction de la maison de l'Atlantide dans Böttcherstraße à Brême.

Böttcherstraße

1933
• Après l'arrivée au pouvoir des nazis, l'art expressionniste est considéré comme
de l'art dégénéré.
1940[modifier | modifier le code]
• La salle de concert du philharmonique de Berlin est détruite en 1944 lors de
la Seconde Guerre mondiale.
1950[modifier | modifier le code]
• Le Corbusier construit Notre Dame du Haut signifiant son retour postmoderne à
une architecture aux formes plus expressionnistes. Il construit aussi les unités
d'habitation qui appuient sur l'expression architecturale des matériaux.
L'utilisation par les architectes brutalistes du béton brut rappelle l'utilisation du
verre, de la brique et de l'acier des architectes expressionnistes.
1960[modifier | modifier le code]
• L'expressionnisme renaît, mais sans le contexte politique, dans l'architecture
fantastique.
• Reconstruction du philharmonique de Berlin par Hans Scharoun en 1963.

Philharmonique de Berlin de Hans Scharoun

12 Architectes expressionnistes
notables[modifier | modifier le code]
• Adolf Behne
• Hermann Finsterlin
• Walter Gropius - dans ses premières réalisations
• Hugo Häring
• Erich Mendelsohn
• Hans Poelzig
• Hans Scharoun
• Rudolf Steiner
• Bruno Taut

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