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Exploitation des Littoraux Ivoiriens

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UNIVERSITE FELIX HOUPHOUËT-BOIGNY

INSTITUT DE GEOGRAPHIE TROPICALE


Année universitaire : 2024-2025

Licence 2 de Géographie

UE : GLI53(03)02
Géographie des littoraux

ECUE : GLI53(03)0202
Exploitation des littoraux ivoiriens
CM: 18h credit3 semestre 3

Nom de l’enseignant :
Dr. (MC) YAO Beli Didier

1
INTRODUCTION
Par définition, l’exploitation d’un espace est l’action de mettre en valeur l’espace en vue d’en
tirer profit. C’est se servir ou utiliser les ressources de l’espace pour en tirer profit.
Le littoral ivoirien est délimité par les Latitudes 4°30 et 5°30 Nord et Longitudes 2°25 et 7°30
Ouest.
Il est limité au Nord par la côtière à l'Ouest d'Abidjan et à l'Est par la route de Noé contournant la
ville d'Alépé. Le littoral ivoirien couvre une superficie de 23 253 km 2 soit 7% de la superficie de
la Côte d'Ivoire pour 566 km de long (Livre Blanc du Littoral Ivoirien, 2004).

Le littoral ivoirien couvre le sud d'un arc de cercle allant du Cap de palmes à l'Ouest de Tabou
(frontière Libérienne) au Cap des Trois Pointes à l’Est de Tiapoum, (la frontière ghanéenne)
passant au nord d'Adiaké, Dabou, Grand-Lahou, Sassandra, San-Pedro et s’étend en mer sur le
plateau continental à l’isobathe 120 m (figure 1).

Figure1 : le littoral ivoirien

2
L’espace littoral ne fait pas l’objet d’une définition spécifique dans la réglementation en vigueur
en Côte d’Ivoire. La délimitation de cet espace devrait s’apprécier à partir des limites du domaine
public de l’État plus particulièrement du domaine public maritime tel que défini par le décret du
29 septembre 1928 portant réglementation du domaine public et des servitudes d’utilité publique
en Côte d’Ivoire. Cependant, à défaut d’une définition exacte et précise, les autorités
administratives donnent une approche définitionnelle du littoral au regard de la réglementation
domaniale héritée de la France. Ainsi, la zone littorale est considérée comme faisant partie du
domaine public selon la réglementation domaniale. Il comprendrait le rivage de la mer plus 100
mètres de large à partir des plus hautes marrées (Aphing, 2001).

Tableau 1 : Résumé des différentes définitions du littoral


Discipline Critères Exemple de délimitation
Ethnosociologie Groupes humains, communautés Il faut prendre en compte les limites
ethniques homogènes, activités sous-préfectorales : Tiapoum,
économiques, flore et faune. Adiaké, Assinie, Bonoua, Grand-
Bassam, District d’Abidjan, Dabou,
Jacqueville, Grand-Lahou, Fresco,
Sassandra, San-Pedro et Tabou
Géomorphologie Zone de déferlement des vagues, plage, Zone Est : limite nord des lagunes
cordons littoraux, lagunes, vasières en incluant les vasières.
littorales, baies, estuaires et deltas. Zone Ouest : limite nord du rivage.
Bio Écologie Critères physiques, flore et faune, Supra littoral, médiolittoral,
mangrove, lagunes. infralittoral, circalittoral.
Géologie marine Bassins sédimentaires, contact 5°30 au Nord et isobathe 120 m au
sédiments-socle, pétrographie. Sud.
Administration Décret du 29 septembre 1928,
qualification juridique (DPM), rivage
de la mer plus 100 m de large à partir
de la plus haute marée, rivage de la
mer plus 100 m à partir de la laisse de
la basse mer (convention des Nations
Unies sur le droit de la mer
Source : Atelier de réflexion sur les limites de l’espace littoral. Abidjan, 21 août 2001, in Aphing, 2001, et nos
enquêtes

3
CHAPITRE1 : Géographie physique et humaine du littoral
Au niveau de cette partie, il s'agit de présenter l'aspect physique à travers la situation
géographique, le relief, la morphologie, la géologie et le paysage. La suite consistera à présenter
les peuples du littoral et les circonscriptions administratives que l’on retrouve sur le littoral
ivoirien.

1. Géographie physique du littoral


1.1. Géologie du littoral ivoirien
L’étude géologique du littoral ivoirien pressente deux grands ensembles distincts à l’ouest et à
l’Est (figure 2) :

Figure 2 : Carte géologique de la Côte d’Ivoire

4
1.1.1. Les côtes de plateaux à l’ouest,
Elles s’étendent de Tabou à Sassandra elles sont formées d’un socle composé de granite, de
gneiss, de dolerite. L’altitude des plateaux varie de 20 à 100 m. Les maximums se localisent entre
San Pedro et Sassandra. Le relief y est difficilement érodable. Le plateau continental est assez
régulier, très peu accidenté avec quelques bancs rocheux.
On distingue : les côtes à falaises mortes toujours situées en retrait d’une plage ou d’un petit
épandage continental et les côtes à falaises vives à Sassandra.
La côte ouest de Tabou à Sassandra est constituée de falaises moyennes où les ensembles
granitiques s’étendent jusqu’à l’océan. Il s’agit d'une série de caps rocheux taillés dans la partie
du socle qui entre directement en contact avec la mer (océan Atlantique) et qui découpent dans
celle-ci, de nombreuses baies (Grand-Béréby et Monogaga).

1.1.2. Les côtes de plaines à l’Est,


Elles s’étendent de Fresco à la frontière du Ghana. Le relief ici est formé du bassin sédimentaire.
Il est composé de sables, meubles, plus ou moins argileux. Cette zone est favorable à l’érosion.
La côte Est, sableuse, laisse entrevoir un cordon littoral qui isole de la mer, un vaste système
lagunaire qui s’étend sur une superficie totale de 1 400 km², avec plus de 1 500 km de rivages
autour desquels règne une végétation particulière dite mangrove. Le complexe lagunaire est
reparti d’ouest en Est de la manière suivante (Figure 3) :
- le complexe lagunaire de Fresco ;
- le complexe lagunaire de Grand-Lahou est la plus petite de toutes les lagunes, avec une
longueur de 50 km et une superficie de 190 km². Elle se compose d’une suite de 4 petites
lagunes ;
- le complexe lagunaire Ebrié est la plus étendue, avec en moyenne, 566 km² de superficie, une
largeur de 7 km, une longueur de 150 km et une profondeur de 4 m. Elle est aussi divisée en
plusieurs sections par les lagunes Aghien et Potou, le canal d’Assinie, la Ville d’Abidjan et le
Canal de Vridi ;
- le complexe lagunaire Aby, d’une superficie de 427 km², s’étend sur 56 km de largeur d’est
en Ouest et 24 km de long du nord au sud. C’est un complexe de trois lagunes (Tendo, Aby et
Ehy)

Figure 3 : complexe lagunaire ivoirien

5
On distingue sur la côte à l’Est :
- les côtes à transport dominant à l’ouest d’Abidjan (les cordons y sont peu nombreux
avec de faibles largeurs quelques centaines de mètres) et
- les côtes à dépôt dominant à l’Est d’Abidjan avec des cordons de fortes largeurs (4 à
5km à Grand Bassam). On estime à 1m/an l’engraissement de la côte dans cette zone.
Les deux côtes sont séparées par le canal de Vridi qui débouche sur le cayon sous-marin du « trou
sans fond » (figure 4). Celui-ci entaille le plateau continental non loin des côtes abidjanaises.

Figure 4 : Configuration du littoral d’Abidjan

La dérive littoral, générée par la houle le long du littoral, a une influence prépondérante sur les
phénomènes de dépôts et d’érosion et donc sur la morphologie de la côte. Les houles attaquent
les côtes ivoiriennes obliquement avec un angle d’incidence qui dépend de l’orientation générale
du littoral et des modifications subies par les vagues au cours de leur propagation. Elles induisent
alors un courant de dérive littorale signe d’un transit littoral. Cette dérive va de l’Ouest vers l’Est.
Elle arrache au passage les sédiments, les transporte et les dépose sur le littoral Est (voir figure3).
Abidjan est situé sur la faille des lagunes orientée Est-ouest. Cette structure sépare deux
domaines morphologiques très différents : au nord, la zone des « hauts plateaux » avec des

6
formations sédimentaires de plus de 200m de hauteur, au sud, la zone des « bas plateaux » et les
cordons littoraux où les hauteurs atteignes 3,5m.

1.1.3. La mer côtière


La mer côtière est la partie maritime de la zone côtière. Elle est comprise entre le trait de côte et
l’isobathe 120m qui marque la limite du plateau continental ivoirien. Le plateau continental
s'étend sur une largeur de 35km au maximum. Vers Abidjan, il se rétrécit et, ensuite, en direction
de Grand-Lahou, son développement ne dépasse pas 22km. La morphologie sous-marine est
perturbée au large d'Abidjan par le canyon, le « trou sans fond ». Ce canyon entaille la plate-
forme sous-marine jusqu'à la côte. Ailleurs, la topographie est peu accidentée. Toutefois on peut
observer des affleurements sur les fonds entre Tabou et Sassandra.

1.2. Le climat du littoral ivoirien


Sur le littoral règne un climat de type équatorial humide (ou subéquatorial) appelé climat attiéen
ou akiéen. Ce type de climat appartient au domaine des climats chauds de la zone intertropicale.
Le régime pluviométrique est lié aux déplacements du front intertropical de transition (F.I.T.) qui
est la ligne de démarcation entre d’une part l’air sec et chaud de l’harmattan et d’autre part, l’air
humide et relativement frais de la mousson.
Le climat subéquatorial se singularise par l’abondance des précipitations (1.500 à 2.500 mm) et
par une succession de quatre saisons d'inégale durée :

- La grande saison sèche de décembre à mars (4mois)


- La grande saison des pluies d'avril à juillet (4mois), avec un maximum de pluie en juin
- La petite saison sèche d'août à septembre (2mois)
- La petite saison des pluies d'octobre à novembre (2mois).

Toutefois, il existe des différences régionales dans la répartition du régime climatique, notamment
entre la partie central (où les précipitations sont moindres) et le reste du littoral,
Les régions les plus arrosées (hauteur moyenne annuelle supérieure à 1800 mm/an) sont :
- L’extrême ouest de la côte : de San Pedro à Tabou et l’arrière-pays occidental forestier le
long de la frontière libérienne,
- la bande littorale orientale s'étendant de Dabou à la frontière ghanéenne.
Les régions où les précipitations sont moindres (hauteur moyenne annuelle comprise entre
1600 et 1800 mm/an) sont localisées sur la partie du littoral comprise entre Sassandra et
Jacqueville
Les températures moyennes du littoral varient de 24 à 27°C et les écarts de température sont
infimes : 3° C annuels ou journaliers 4 à 7° C. On remarque que le littoral influencé par la mer et
l'allure de la ligne de la côte, en rapport avec la direction du flux de la mousson, présente un
climat, à distribution plus ou moins azonale, d’où son nom de climat du littoral.

1.3. L’HYDROCLIMAT

7
1.3.1. L’Upwelling
L’upwelling fait référence à une remontée d’eau profonde (d’eaux froides riches en nutriments
depuis le fond vers la surface). Il constitue la plus importante source d’enrichissement de la
couche superficielle de la mer en sels minéraux et participent ainsi au développement et au
maintien de la productivité biologique de l’écosystème où il se produit. Il est associé à une
remontée de la thermocline. Dans le Golfe de Guinée, la thermocline est proche de la surface
dans l'Est (entre 20 et 60 m de profondeur) et subit des variations saisonnières. La zone côtière de
la Côte d’Ivoire, partie intégrante du Golfe de Guinée est une région où se manifeste un
phénomène d’upwelling côtier très particulier. Cet upwelling se produit le long de la côte zonale
(Ouest-Est). Il se différencie de la plupart des autres upwellings côtiers se produisant le long des
côtes méridiennes (Sud-Nord), et dont les plus importants sont ceux du Benguela, de la
Mauritanie-Sénégal, du Pérou-Chili et de la Californie. En Côte-d’Ivoire, il existe essentiellement
deux saisons d’upwellings côtiers :
- Une petite saison d’upwelling (petite saison froide) observée en janvier et février et peut
s’étendre à Mars et Avril. Elle est beaucoup marquée à l’ouest ;
- Une grande saison d’upwelling centré sur les mois de Juillet à Septembre apparait sur
tout le littoral.

1.3.2. Les saisons marines


Les facteurs environnementaux agissant sur la mer au niveau du littoral provoquent l’apparition
alternée de différents types d’eaux et permettent de définir quatre saisons marines :
- Une petite saison froide de Décembre à Janvier, caractérisée par un upwelling côtier qui
intéresse tout le territoire avec des eaux marines froides (de température égale à 24.-.25°C)
et salées (> 35‰) ;
- Une grande saison chaude de Février à Mai présentant des eaux océaniques dont la
température varie entre 27°C et 28°C et la salinité très peu différente de 35‰ ;
- Une grande saison froide de Juillet à Octobre, caractérisée par un upwelling très marqué
avec des eaux relativement fraîches (< 23°C) et salées (35‰) ;
- Une petite saison chaude de Novembre à Décembre, période durant laquelle les eaux
chaudes et dessalées d’origine Libero-guinéenne viennent recouvrir celles de l’upwelling.

1.4. Sols et végétation du littoral ivoirien


1.4.1. Les sols
Les sols du littoral ivoirien sont à 65% ferralitiques et 35% hydromorphes. Les sols
hydromorphes sont rencontrés dans les fonds lagunaires et les fleuves (Livre Blanc du Littoral
ivoirien, 2004). Ce type de sol est défini comme « des sols dont les caractères sont dus à une
évolution dominée par l'effet d'un excès d'eau par suite d'un engorgement temporaire de surface,
de profondeur ou d'ensemble, ou par suite de la présence ou de la remontée d'une nappe
phréatique ». (Avenar et al, 1979).

1.4.2. La végétation du littoral ivoirien

8
La végétation sur le littoral est marquée par des paysages de type continental : forêts littorales,
boisements littoraux, et savanes littorales dont on distingue les savanes pré-lagunaires des savanes
côtières.
Les savanes pré-lagunaires : Ce sont les savanes situées au nord des lagunes, sur les sables du
Néogène (ou Continental terminal), dans la région forestière de la basse Côte d'Ivoire. C'est cette
situation particulière qui confère à ces formations végétales l'appellation de « savanes incluses »
dans la forêt. Elles comprennent de l’est à l’ouest, les savanes d’Adiaké, d’Eloka, de Bingerville,
de Dabou, de Toupah, de Cosrou, du Bandania et de N’Zida. Leur particularité écologique réside
dans le fait qu’elles sont toutes localisées sur les sols issus des sables du continental terminal qui
jouent, avec les feux saisonniers, un rôle important dans leur maintien. Leur superficie est
évaluée à environ 100.000 ha (Avenar et al, 1979).
Ces savanes se sont constituées sur des sols hygromorphes plus ou moins inondés pendant les
périodes de crue des fleuves. En fait, ces savanes peuvent être considérées également comme des
savanes marécageuses si l'on s’en tient aux caractéristiques édaphiques. Du point de vue
phytosociologique, trois types essentiels de groupements s’observent dans ces ensembles de
savanes: le groupement ou savane à Brachiaria brachylopha (Poaceae) ; le groupement ou savane
à Hyparrhenia chrysargyrea (Poaceae) ; le groupement ou savane à Anadelphia longifolia.
(Abé J 2005)

Les savanes côtières : Encore appelées savanes littorales, ces savanes côtières sont des
formations végétales ouvertes et humides, d'un type particulier. Elles sont localisées au Sud des
lagunes, sur le cordon littoral entre Port-Bouet et Grand-Bassam. Ces savanes sont situées sur des
sables quaternaires caractérisés par une hydromorphie de profondeur (podzols de nappe avec
alias humique). Ces savanes forment de vastes prairies herbeuses généralement proches des
savanes guinéennes, assez denses mais peu diversifiées du point de vue taxinomique. La strate
ligneuse, peu développée, ne comporte que quelques rares arbustes, arbrisseaux et sous-
arbrisseaux groupés en îlots d'importance relative, dominés par quelques Raphia (Abé J 2005).

La Forêt hygrophile ou forêt ombrophile


Les hauteurs pluviométriques (plus de 1500 mm/an) et leurs distributions annuelles (régime
bimodal) conviennent au développement d’une formation végétale sempervirente sur le littoral
ivoirien.
On retrouve sur le littoral la Forêt à Turraeanthus africanus et Heisteria parvifolia. Ce type de
forêt est lié aux sols appauvris en argile du continental terminal, c'est-à-dire au nord du système
lagunaire sous climat sub-équatorial de la frontière ivoiro-ghanéenne, à l'extrémité occidentale de
la lagune Ebrié. Plus à l'Ouest, le sol s'enrichit peu à peu en argile, jusqu'à Fresco ou sur les
plateaux entre Sassandra et Monogaga. Dès lors il apparaît progressivement une forêt du type
Eremospatha macrocarpa et Diospyros mannii.
De cette forêt, peu étendue et très menacée autour de la ville d'Abidjan par l'urbanisation et par sa
mise en culture intensive, il ne restera bientôt que les 3.000 hectares du parc national du Banco.

9
Les mangroves
Le terme mangrove est réservé aux formations arborescentes, plus ou moins denses, de la
zone de balancement des marées, sur les côtes tropicales. Les mangroves se développent
généralement sur des sols à gley, salés, issus des alluvions soumises au régime des marées. Les
mangroves occupent un espace assez réduit en Côte d'Ivoire. On les trouve sur les rives des
estuaires et le plus souvent en bordure des lagunes. Cette forêt particulière est facilement
reconnaissable par les racines-échasses et les pneumatophores des espèces caractéristiques.
Pauvre en espèces, elle constitue une formation monotone, interrompue par endroits par des
plages vaseuses couvertes de Paspalum vaginatum et des touffes dressées d’Acrostichum aureum.
2. Population du littoral

2.1. Les peuples du littoral


La population autochtone du littoral ivoirien est constituée de deux grands groupes ethniques, les
Akan à l’Est et les Krou à l’ouest.

Les Akan du littoral sont installés entre la frontière ghanéenne et la rivière Agnéby le fleuve
Bandaman. Ils se composent des Akié, Sanwi, N'zima, Ehotilé, Essouman, Abouré, Ebrié,
Aladian, Ahizi, Avikam, Adioukrou et Akyé (figure 5).

Figure 5 : Installation des Akan du littoral

Les Krou, situés entre la rivière Agnéby le fleuve Bandaman et le Cap des Palmes sont composés
des Dida, des Godié, des Néyo et des kroumen.
La plupart des immigrants viennent des pays voisins : Mali, Burkina Faso, Ghana et Guinée. A
ceux-ci s’ajoutent ceux venus du Niger, du Nigéria et un nombre non moins négligeable de

10
personnes venues d’Europe, du Liban et du Maroc. L’habitat humain est très dense sur le littoral
ivoirien avec plusieurs grosses villes, dont Abidjan la métropole, San-Pédro, Grand-Bassam et
des villes moyennes, Grand-Lahou, Sassandra, Tabou, Adiaké, Dabou, Jacqueville, Fresco et
Grand-Béréby.

La façade maritime du littoral ivoirien est peuplée par des pêcheurs d'origine ghanéenne (Fanti et
Ewe, 90 %), libérienne (Nanakrou, 5 %), ivoirienne (Alladian, 3 %) et une minorité de diverses
nationalités dont des Sénégalais et des non-Africains Anoh, 2007). L'implantation des pêcheurs
sur le littoral ivoirien s'est faite par vagues successives. Les premières équipes de pêcheurs
professionnels s'y sont installées à la fin du XIXe siècle, attirées par le dynamisme des villes
naissantes et la demande des travailleurs urbains en produits de pêche.
La ville de Grand-Bassam fut le point de départ de la pêche en mer en Côte d'Ivoire.
L'essor des villes et des villages lagunaires Éhotilé, Avikam Alladian, Ahizi, Essouma, Adioukou
et Ébrié a pendant longtemps reposé sur l'économie halieutique. Dans certains cas, la pêche
continue encore d'être le moteur de l'économie des localités. C'est l'exemple d'Adiaké en pays
Éhotilé, Lahou-Kpanda et Braffèdon chez les Avikam et Jacqueville en pays alladian et ahizi.
Dans ces agglomérations, l'économie halieutique constitue un élément précieux de
développement. Les systèmes de gestion et d'exploitation des eaux mis en place génèrent des
ressources qui sont habilement utilisées pour l'amélioration du cadre de vie des populations.
D'autre part, la valeur nutritionnelle des produits de pêche est révélée chez les populations
lagunaires par un régime alimentaire essentiellement basé sur les ressources aquatiques (poissons,
crabes, crevettes etc ...).

1.2.2. Les circonscriptions administratives du littoral


Le littoral ivoirien est composé d’un District autonome, le District d’Abidjan et.de 4 régions
administratives : Sud Comoé, Les Grands Ponts, le Gblôklè, et le San Pedro.
Le District d’Abidjan et la région de San Pedro sont les principaux foyers de peuplement.
Le dernier recensement de la population du pays en 2014 indique 4.707.000 habitants pour la
ville d’Abidjan, soit 20% de la population ivoirienne qui compte 23 millions d’habitants. A
Abidjan, Yopougon est la commune la plus peuplée avec 1.071.000 personnes, suivie par celle
d’Abobo avec 1.030.000 et celle de Cocody avec 447.000 habitants, (RGPH 2014).
Abidjan reste le principal centre urbain et économique de la Côte d’Ivoire.
Avec une population de 174.000 habitants, San Pedro est la deuxième ville du littoral ivoirien.
Au niveau national, elle arrive derrière les villes de Bouaké (542.000 hbts), Daloa (266.000 hbts),
Korhogo (245.000 hbts) et Yamoussoukro (207.000 hbts) (RGPH 2014).
Ces deux villes Abidjan et San Pedro abritent les deux ports ivoiriens. Les raisons du peuplement
d’Abidjan et San Pédro se trouvent dans la présence des infrastructures portuaires et l’historique
même de la création de ces deux villes. Dès ses origines, la ville d’Abidjan a été marquée par le
cosmopolitisme. La population étrangère est longtemps restée dominante à Abidjan. Les
nationaux n’y devinrent majoritaires qu’à partir de 1975 (PUIUR, 2011 p10).

11
Les villes littorales accueillent le plus grand contingent des migrants qui quittent les milieux
ruraux ou les villes de l’intérieur du pays, c’est pourquoi elles concentrent également une forte
population de jeunes en quête d’emploi. L’influence humaine est particulièrement importante sur
le littoral et se fait sentir en de nombreux domaines. Cette région recèle d’importantes
infrastructures et surtout une activité économique très intense.
Toutes les villes littorales ivoiriennes, présentent des caractéristiques particulières dans leur
fonctionnement. Tant au niveau des pratiques (activités socio-économiques et culturelles) que du
profil des acteurs, des différences se dessinent. Ces singularités littorales sont l’expression d’un
développement socio-économique propre à la politique de gestion de chaque espace côtier. En
effet, excepté les mouvements démographiques résidentiels observés dans toutes les villes
littorales du pays, celles-ci accueillent une masse d’activités économiques dont le fonctionnement
et l’organisation tient compte du profil des acteurs.
D’un côté, l’économie portuaire et l’activité industrielle dont les partenaires principaux sont les
investisseurs et opérateurs français (Nhood, Bolloré …), chinois, allemands, libanais, burkinabé
et ghanéens.
De l’autre côté, un développement de l’économie touristique, des activités agricoles, aquacoles et
halieutiques exercées par des allogènes notamment burkinabés, guinéens, maliens, sénégalais et
nigériens.
Dans les villes littorales secondaires, en dehors de l’agriculture qui mobilise essentiellement des
populations allogènes, les pratiques de tourisme, de pêche, de l’aquaculture se partagent entre
populations autochtones et étrangères. Ces deux catégories de population animent également les
activités informelles en bordure des plages comme en centres-villes. Par ailleurs, au niveau des
pratiques résidentielles, les habitations à proximité de l’océan, perçus comme espaces de luxe par
excellence, présentent quatre principales réalités.
D’abord, dans certaines villes, le bord de mer est habité par des populations de catégories sociales
aisées principalement des allogènes (Libanais, Français, etc.), qui résident dans des logements de
hauts standings (San-Pédro, Grand-Bassam).
Ensuite, on observe dans d’autres villes (Grand-Béréby et Jacqueville), des populations de
revenus modestes ou faibles dont l’installation a été motivée par la création de campements ou de
villages de pécheurs.
Dans les villes de Grand-Bassam et Sassandra (foyers de peuplement anciens), ce sont plutôt les
populations autochtones et allochtones qui en majorité occupent les bordures des mers par des
habitats de types modernes et de hauts standings.
Enfin, à San-Pédro et à Abidjan, une double coexistence se présente, d’une part entre les
populations étrangères et ivoiriennes, et d’autre part, entre populations de catégories sociales
aisées et celles à faible revenu. Il en découle donc la présence d’un habitat mixte, à la fois de
hauts standings et des habitats parfois de type moderne ou précaire

12
CHAPITRE 2 : L’exploitation des ressources vivantes du
littoral et de la mer
Le littoral de Côte d’Ivoire est riche de vastes plans d’eau lagunaires et de la mer sur près de 560
km. Les ressources vivantes de la mer et du littoral sont exploitées dans le cadre de la pêche. Le
littoral ivoirien est marqué par une importante activité de pêche et d'aquaculture. La pêche se
définie comme la capture du poisson, la cueillette des algues, la chasse des mammifères
aquatiques. Elle est différente de l’aquaculture. Sur le littoral ivoirien se déroulent deux formes
de pêche : la pêche lagunaire exercée en lagune et la pêche maritime exercée en mer.

2.1. La pêche lagunaire


La pêche lagunaire est une activité traditionnelle (artisanale) exercée par les populations
autochtones. Les acteurs de la pêche lagunaire sont estimés à 10 307 dont 5 722 pêcheurs, 2 602
fumeuses, 858 mareyeurs et 1 125 commerçants.
Les engins de pêche utilisés sont de petites pirogues de 4 à 6m et de petits filets
Le rôle important joué par la pêche explique les systèmes de gestion et de contrôle des eaux mis
en place par les populations riveraines. Dans toutes ces régions, l'accès aux eaux lagunaires est
réglementé et les allogènes qui pratiquent la pêche doivent s'acquitter d'un droit d'accès à l'eau
qui est reversé aux familles autochtones riveraines ou à la chefferie traditionnelle. C'est à cette
organisation qu'on attribue la rapide urbanisation et le développement de l'espace lagunaire.
L'érection de la plupart des agglomérations en chef-lieu de sous-préfecture ou de préfecture après
l'indépendance et l'implantation de divers commerces ont contribué à renforcer le poids
économique des villes riveraines des lagunes du littoral ivoirien.

Parmi les populations qui ont conservé leur tradition de pêcheur, certaines ont fait de
l’exploitation des ressources aquatiques un instrument de développement. Cela est perceptible
dans ces régions par l’existence d’emplois divers autour de la filière de la pêche. De plus,
l’introduction de la pisciculture lagunaire à partir de 1976 a accru les capacités piscicoles du
milieu lagunaire et du littoral (création de fermes à Aghien, Grand-Lahou, Jacqueville, Layo),
d’autant que la Direction des Pêches Maritimes et Lagunaires y a entrepris de développer la
pisciculture du machoiron en mettant en place en 1981, avec le concours financier de la Caisse
Française de Développement, le Projet de Développement de l’Aquaculture Lagunaire. Cette
initiative a suscité à partir de 1990, des initiatives privées de production aquacole. Il en est ainsi
de BP-Aquaculture (aquaculture du tilapia en lagune Ébrié, puis Aghien), de Blohorn-pisciculture
(pénéiculture à Grand-Lahou, maintenant disparue) et de la Compagnie Africaine de
Reproduction de Poissons (CARP-tilapia en lagune Aghien).

13
La tradition de pêcheurs s’est perpétuée dans certains groupes (Éhotilé, Avikam, Alladian, Ahizi,
Essouma, Adjoukou et Ébrié). Jusqu’au deuxième quart du XX e siècle, ils étaient pêcheurs à titre
principal (Perrot, 1989). D’autres (Abbey, Krobou, Abidji, M’batto, Abouré, N’zima et Attié) ont
abandonné la pêche au profit des activités agricoles dont ils tirent de fructueux bénéfices.
Dans les villages de pêcheurs, le réinvestissement des revenus issus des activités de pêche a
permis l’acquisition d’équipements individuels et socio - collectifs, l’urbanisation et en définitive
le développement. Par ailleurs, le poisson joue à présent un rôle nutritionnel sans précédent dans
les communautés lagunaires et littorales (Anoh, 2007).
Les habitations, les édifices religieux, les centres de santé et les équipements socio-éducatifs sont
financés par des cotisations à partir des revenus issus de la pêche et des activités induites et
indirectes. On peut citer l'exemple des villages de Élokato et Élokaté dans la région de
Bingerville; Adiapoté, Adiapoto à l'ouest d'Abidjan ; N'gaty et Mopoyem respectivement à l'Est
et à l'ouest de Dabou.

2.2. La pêche maritime


On distingue deux types de pêche en mer :la pêche artisanale et la pêche industrielle.

2.2.1. La pêche artisanale


La pêche artisanale se pratique sur l’ensemble du littoral ivoirien, à l’intérieur des 12 miles
marins du plateau continental. 1mile marin = 1609m ; 12 miles marins équivalent à 19km.

Figure 5 : le plateau continental en Afrique de l’ouest

14
Figure 6: Répartition en zone du plateau continental

Les villes de Tabou, Grand–Béréby, San–Pedro, Sassandra, Fresco, Grand–Lahou, Jacqueville,


Dabou dans la partie Ouest et Abidjan, Grand – Bassam (Mondoukou, Moosou, Azuretti), Adiaké
et Assinie, Tiapoum dans la partie Est représentent les principaux sites de pêche artisanale.

Les engins de pêche utilisés sont :


- les grandes pirogues de type « fanti ». Elle est faite en planches ou taillée dans un tronc d’arbre.
Les pirogues sont de taille variable. Les plus petites pirogues mesurent 4 m et les plus grandes
environ 16 m.
- les grands filets représentés par les sennes tournantes communément utilisés pour la capture des
petits pélagiques, les filets maillants, les sennes de plage, et divers filets maillants de surface et de
fond. Toutefois, une minorité de pêcheurs s'adonnent à la pêche palangrière.
La pêche artisanale en mer est collective avec un équipage de 25personnes en général. La pêche
individuelle en mer est rare.

15
La pêche maritime artisanale est dominée par les pêcheurs non nationaux en provenance de la
sous-région ouest africaine : ghanéens, togolais, béninois
Ces pêcheurs qui parcourent souvent de grandes distances sont les initiateurs de l'usage de la
glace comme moyen de conservation. Leurs prises, constituées d'espèces démersales (poissons
nobles), sont le plus souvent écoulées dans les ports de pêche à Abidjan et à San-Pedro. La vente
se fait généralement de gré à gré à une clientèle composée d'établissements hôteliers, de
restaurants et de quelques personnes aisées. La production des filets, composée d'espèces
pélagiques alimente les centres de fumage des campements et des villages de pêcheurs.
Sur la façade maritime ivoirienne, les communautés de pêcheurs s'implantent et prospèrent
généralement à proximité des centres urbains où les besoins des populations en produits de pêche
sont importants. Les pêcheurs qui sont majoritairement allogènes (90% de Ghanéens) privilégient
le transfert des gains issus de la pêche vers leur pays d'origine. Le lieu d'habitation de ces
pêcheurs constitue le plus souvent un quartier isolé, à la périphérie du centre urbain. Ces espaces
sont en général sommairement aménagés. Les résidences sont faites de matériaux de
récupération, elles sont séparées par des ruelles et le réseau d'assainissement est inexistant.
L'absence de toilettes individuelles et l'usage de latrines publiques sur pilotis aggravent davantage
l'insalubrité, la pollution et la dégradation de l'environnement. De Tabou à Tiapoum, cet
environnement des communautés de pêcheurs du littoral est permanent et invariable. Pourtant, la
pêche maritime prend une part active dans le développement du littoral et participe au
dynamisme reconnu aux villes littorales ivoiriennes. (Anoh, 2007)

2.2.2. La pêche industrielle.


La pêche industrielle reste le fait des sardiniers et des chalutiers constitués en entreprises privées.
Elles exploitent les eaux de Tiapoum à l’Est à Tabou à l’ouest. Le poisson est débarqué au port
d’Abidjan qui dispose d’usine de production de conserve de thon et d’un hall de criée. Les
espèces capturées se composent de grosses pièces comme le thon et de petites pièces comme la
sardinelle, le capitaine, le barre, le brochet…

2.2.3. L’aquaculture
L’aquaculture consiste en l’élevage d’organismes aquatiques, y compris les poissons, les
mollusques, crustacés et les plantes aquatiques.
Les premières tentatives d’aquaculture remontent à 1955 lorsque l’administration coloniale a créé
une section de pisciculture au sein du service des eaux et forêts.
A partir de 1960, l’Etat ivoirien crée des conditionnements piscicoles chargés de l’encadrement
des stations d’alevinage et des centres de recherches dans le but de satisfaire la demande
nationale en protéine.

L’aquaculture lagunaire est une activité pratiquée depuis 1980 en eau saumâtre ou en eau douce.
Il s’agit de fermes d’élevage produisant soit des tilapias en cages flottantes, soit des mâchoirons
et des silures en enclos. Ces systèmes de production sont intensifs.
L'aquaculture constitue un véritable potentiel national qui mérite d'être largement exploité car la
Côte d'Ivoire possède des atouts naturels considérables : 150 000 ha de lagunes, 350 000 ha de
lacs et de nombreux bas-fonds propices à l'implantation d'exploitations aquacoles ainsi qu'une

16
riche faune aquatique renfermant plus de cent familles de poissons dont plusieurs espèces ont un
potentiel aquacole certain.
La moyenne de la production sur les cinq dernières années s'établit à plus de 1 200 tonnes par an.
Ce qui représente approximativement un pour cent de la production halieutique nationale qui se
situe entre 70 000 et 100 000 tonnes par an. Comparativement à l'importance de la demande
nationale annuelle qui est de 250 000 à 300 000 tonnes de produits halieutiques (15 à 20
kg/habitant/an), la production aquacole nationale reste donc très limitée.
A ce jour seule la société HYDROFISH localisée à Bingerville exploite une ferme aquacole de
façon intensive.
CHAPITRE 3 : L’exploitation des ressources énergétiques
du littoral ivoirien
Les ressources énergétiques exploitées sur le littoral de la Côte-d’Ivoire sont constituées des
hydrocarbures le pétrole et le gaz naturel. Depuis quelques années, ces deux ressources sont
exploitées au large des côtes de Jacqueville et de Grand-Lahou. La production pétrolière a connu
une expansion nouvelle depuis 1994, grâce à la mise en exploitation de nouveaux gisements.

Les ressources énergétiques du littoral ivoirien


La côte ivoirienne est composée de deux zones principales de ressource en
hydrocarbures :
- une zone onshore (sur terre ferme), qui s’étire le long de l’océan entre les frontières
libérienne et ghanéenne ;
- une zone offshore (en mer) qui s’étend elle aussi entre les deux frontières, de la côte jusqu’à
150 km en mer, à des profondeurs de plus de 3 000 m.
La Côte-d’Ivoire présente un bassin pétrolier essentiellement offshore (en mer) ayant une
superficie de 53 000 km2 dont près de 80% sont situés à des profondeurs d’eaux très grandes
allant jusqu’à 3 000 m. La recherche pétrolifère s’est concentrée essentiellement sur le plateau
continental à l’Est de Grand–Lahou, le long du littoral, dans des eaux relativement peu profondes.
Jusqu’à une période récente, seules deux accumulations de pétrole, localisées en offshore, Espoir
et Bélier, avaient été développées et mises en production. Aujourd’hui, les permis de recherche
pétrolifère s’étendent sur tout le littoral en offshore et en onshore.
La PETROCI dénombre au total une cinquantaine de blocs dont 7 en onshore et une quarantaine
en offshore. Elle estime les réserves ivoiriennes de pétrole à 300 millions de barils, et celles
du gaz naturel à plus de 1500 milliards de pieds cubes (figure7).
Figure 7 : Localisation des différents blocs d’hydrocarbure délimités par la PETROCI sur le
littoral ivoirien en 2011

17
Les champs de pétrole et de gaz naturel
L’exploration de ce potentiel pétrolier et gazier en Côte d’Ivoire a débuté en 1941 pendant la
période coloniale, avec un ralentissement en 1963 quand les travaux de la Société Africaine de
Pétrole (SAP) déclarèrent que le sous-sol de la Côte d’Ivoire était stérile en matière
d’hydrocarbures. Mais, les recherches reprises à partir de 1970, avec le groupe ESSO sur un
permis d’exploration d’une superficie de 22 740 km 2 sur le bassin sédimentaire côtier ivoirien,
ont abouti à la découverte du premier champ pétrolier en 1974 baptisé « Champ Bélier ».
L’exploitation de ce champ a été réalisée par l’opérateur ESSO à travers un contrat de
concession de 1980 à 1992 à l’aide d’une plateforme fixe. Depuis lors, plus de 207 forages ont
été réalisés sur le bassin sédimentaire côtier de la Côte d’Ivoire et ont permis la découverte de 51
champs identifiés dont cinq en production, 26 en exploration et 21 encore libres ou en
négociation (en décembre 2021). Aujourd’hui, cinq champs sont en production :
‐ Champ FOXTROT (Bloc CI‐27), découvert en 1981. C’est un champ offshore de gaz sec dont
la production a débuté en 1999. Les réserves sont estimées à 1 502 milliards de pieds‐cube. Le
gaz naturel remonte à la surface par la pression naturelle du gisement. Le permis d’exploitation a
été accordé à l’opérateur FOXTROT qui en partenariat avec SAUR Energy et Pétroci produit en
moyenne 100 millions de pieds‐cubes par jour. Il produit également environ 600 barils d’huile
par jour.

‐ Champ Lion & Panthère (bloc CI‐11) découvert en 1993 et 1994 et dont l’exploitation a
débuté en 1995. C’est un champ offshore dont les réserves initiales prouvées d’huile et de gaz
furent respectivement estimées à 350 millions de barils et 303 milliards de pieds cube. Il est
exploité par un consortium composé des sociétés AFREN, IFC, SK Corp. et Petroci ; et cumule à
la fin de l’année 2007 une production d’environ 32 millions de barils d’huile et 75 milliards de
pieds‐cube de gaz.

18
‐ Champ Baobab (bloc CI‐40), découvert en 2001 et produit depuis 2005. Ses réserves d’huile et
de gaz sont estimées à 200 millions de barils et 100 milliards de pieds cube. Son exploitation par
les partenaires suivants : CNR International Côte d’Ivoire, Svenska and Pétroci est toutefois
rendue difficile par des venues de sables qui ont entrainé l’arrêt de la production de cinq puits.

‐ Champ Espoir, situé sur le bloc CI‐26, est entré en phase de production en 2002. Ce champ
produit essentiellement de l’huile et du gaz associé. Il est exploité par un consortium composé de
CNR International Côte d’Ivoire, Tullow and Pétroci. Ses réserves d’huile et de gaz sont estimées
respectivement à 156 millions de barils et 399 milliards de pieds cubes

Champ Baleine, situé sur le bloc CI-101 découvert en septembre 2021 au large des côtes en eaux
profondes à l'Est du littoral. Ce champ produit du pétrole et du gaz naturel. Les ressources de ce
champ sont constituées de pétrole et de gaz naturel. Elles sont estimées à 2,5 milliards de barils
de pétrole brut et à 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel associé. L’exploitation a débuté
en 2023 par la société italienne Eni. Lors de la phase d'exploration, Eni contrôlait 90 % du bloc
CI-101 contre 10 % pour Petroci Holding qui représente les intérêts du gouvernement.

Les champs découverts en attente de production sont :


. Le champ de gaz gazelle découvert en 1988 sur le bloc CI‐202 ;
. Le champ d'huile Acajou découvert suite au forage du puits Acajou1x sur le bloc CI‐26 en
2003.
. Le champ de gaz MAHI découvert suite au forage du puits Mahi 1a sur le bloc CI‐27 en 2005.
. Le champ de gaz MARLIN découvert suit au forage du puits Marlin 1x sur le bloc CI‐27 en
2007.
Avec 5 blocs producteurs comprenant 10 gisements, le bassin sédimentaire ivoirien produit
aujourd’hui plus de 45 000 barils jour de pétrole brut et plus de 170 millions de pieds cubes jour
de gaz naturel. La production pétrolière se fait sur des plateformes offshore photo1.

Photo 1 : Plateforme pétrolière offshore sur le littoral ivoirien.

19
L’exploitation de ces ressources est venue donner un souffle nouveau à l’économie.
La totalité du gaz naturel produit est utilisée pour la production électrique.
Quant aux revenus pétroliers, ils se sont élevés à un peu plus de 480 milliards de FCFA selon les
déclarations faites par l’Etat. Les sociétés major du secteur sont Petroci, CI Energies, Anadarko,
Total E&P CI, et Vitol Côte d’Ivoire. (Rapport de L’Initiative pour la transparence dans les
industries extractives (ITIE), (in Quotidien le Sursaut mardi 13/01/2015). La Côte d’Ivoire
dispose d’une importante société de raffinage (la Société Ivoirienne de Raffinage SIR) localisée à
Abidjan. Elle a une capacité de 3.500.000 tonnes/an de traitement brut : soit 70.000 barils/jour. A
ces unités de production d’énergie s’ajoutent les centrales thermiques de Vridi et d’Azito tous
situées à Abidjan

CHAPITRE 4 : Les autres activités économiques du littoral


Concernant les activités économiques sur l'ensemble du littoral ivoirien, les activités portuaires
ont une nette importance et constituent 55 % de l'économie maritime, contre 11 % pour la pêche,
9 % pour les hydrocarbures, 12 % pour le tourisme, 10 % pour les activités informelles et 3 %
pour les autres activités 22 mars 2022

4.1. Le tourisme balnéaire


Le littoral ivoirien offre un riche choix d’occupations et les loisirs balnéaires se développent pour
attirer les touristes. Le développement du tourisme est donc fonction d’un grand nombre de
facteurs parmi lesquels, le caractère des ressources naturelles et l’attrait exercé par différents
secteurs du littoral ivoirien.

20
La côte rocheuse du Sud-Ouest ivoirien, fort accidentée, comporte de belles plages : les plages
de Grand-Béréby, de Boubélé, de San Pedro, de Monogaga, de Pauli-plage et de Latéko.
A San Pedro, l'aménagement du bord de mer a été pensé d'emblée dans l'esprit des stations
balnéaires, avec un vaste boulevard bordé de constructions administratives et résidentielles de
haut standing. Les sites voisins de Grand-Béréby - la Baie des Sirènes et de Monogaga existent
depuis 1970. La création de l'ARSO en 1970 a changé les perspectives de cette région. En effet,
l’une des missions de cette société d'État en matière touristique était de modifier
considérablement le milieu socio-économique dans lequel s'insère l'équipement, et cela grâce à
l'amélioration de la liaison Abidjan-San Pedro, la construction du port et l'avènement de l'agro-
industrie. Ainsi, les villes de Sassandra, San Pedro, Grand-Béréby et Tabou deviennent des
supports à l'équipement touristique. Des investisseurs ont construit des complexes hôteliers de
qualité. Ces différents sites sont accessibles soit par voie terrestre, soit par voie aérienne ou par
voie maritime. Cette frange littorale jouit de conditions climatiques particulières.

A l’est, Abidjan et ses environs ont eu une place importante dans les différents plans
quinquennaux en matière de tourisme, le littoral d’Assinie en est un bel exemple. Située à 80 km
à l'est d'Abidjan Assinie est une station balnéaire, au bord du golfe de Guinée. Deux villages de
vacances y ont été construits : Assinie (à l'origine le Club Méditerranée) et Assouindé.
Plus proche d’Abidjan, Grand-Bassam est aussi une station balnéaire. Elle compte un bon nombre
d'hôtels et de restaurants lui permettant d’attirer davantage les touristes ainsi que les rencontres
internationales pour les colloques et les séminaires. Elle regorge aussi de lieux touristiques qui
permettent d'en savoir plus sur le passé historique de cette ville : le musée du costume, le centre
céramique, le phare, l'ancienne maison de la poste.
Le quartier de France de Grand-Bassam, considéré comme le cœur historique de la ville, est
classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

4.2. Une agriculture intensifiée par la présence des deux ports


maritimes
Le paysage agraire est marqué par l'homogénéité des plantations d'hévéa et de palmier à huile qui
constitue le trait dominant du paysage le long de la côtière entre Dabou et Grand-Lahou, puis de
Grand-Bereby à Tabou.
Les cocoterais et les ananeraies se succèdent d'Abidjan à Tiapoum. Des particuliers, des
collectivités et des sociétés privées, ont entrepris des plantations de type industriel : ananas,
bananier, hévéa, palmier à huile, agrumes, surtout dans la région d’Abidjan et autour des
principaux centres urbains : Sassandra, Aboisso, Dabou, principalement aux dépens des savanes
lagunaires et du domaine classé. Grace à de vastes programmes (SOGB, Palmindustrie), les
palmeraies et plantations d’hévéas ont été étendues sur l’ensemble du littoral.
L’introduction du café et du cacao a donné lieu à l‘établissement de vergers privés fixes. Dans
l’Est du pays, en pays Attié et Ebrié, on trouve aussi des vergers de colatiers.
21
La politique d'auto-suffisance alimentaire s'applique après l'exploitation de vastes plantations de
cultures industrielles à travers l'encouragement du gouvernement pour les produits de subsistance
tels que le riz, la banane plantain, le manioc ou le taro selon les régions. Pour ces cultures les
vestiges de savanes lagunaires sont régulièrement incendiés chaque année. Les forêts
prestigieuses d'autrefois sont remplacées par des exploitations agricoles.
L’exploitation des forêts de mangrove sur le littoral représente une source de conflit entre les
usagers du milieu lagunaire. Toutefois, des parcelles ont été préservées de l'activité humaine pour
lutter contre la déforestation et la perte de biodiversité ; il s'agit de la Forêt du Banco. Aussi, on y
rencontre des structures de développement telles que l'ANADER, la SODEFOR, qui, par une
politique de reboisement, préparent la régénération des reliques de forêts.

4.3. L’élevage sur le littoral ivoirien


Sur le littoral, l’élevage se limite à la volaille et aux porcs autour des grandes villes.
L’aviculture, dans les régions du littoral comme partout en Côte d’Ivoire, est la plus importante
source d’approvisionnement en protéine animale. Elle assure le meilleur taux de couverture en
viande grâce aux actions de modernisation de toute la filière. Face à la demande croissante de
viande liée à l’accroissement de la population et à l’urbanisation du littoral, de nombreux
éleveurs se sont lancés dans l’aviculture intensive de poulet. En effet, selon le gouvernement, le
cycle très court de production du poulet (45 jours) est le plus approprié pour répondre rapidement
aux besoins en viande des populations ivoiriennes. Mais faute de crédits, l’aviculture ivoirienne
se limite aux petites exploitations familiales. Les fermes qui ravitaillent Abidjan sont localisées à
Bingerville et Dabou. On y trouve une forte concentration d’aviculteurs et de fermes plus de 500
unités (fermes) contenant des effectifs de 1000 à 10 000 têtes. A Abidjan s’est installée une
industrie de production de volaille : la SIPRA (Société Ivoirienne de Production Animale) leader
ivoirien de la volaille.
La SIPRA dispose de toutes les unités de production :

IVOIR Poussins pour la production de poussin d’un jour,


IVOGRAIN pour la production d’aliment pour volaille,
COQIVOIRE pour l’abattage et la vente du poulet frais et ses dérivés
Pour accroitre et contrôler la production, la SIPRA a mis en place un système de production
intégrée : elle fournit à certains éleveurs les poussins, les aliments et les produits vétérinaires. A
la fin de l’élevage, elle rachète aux éleveurs toute leur production après avoir soustrait les
dépenses effectuées en amont.
Les fermes de porcs se localisent essentiellement à Bingerville. Pour la nourriture des porcs, on
leur distribue les déchets et détritus de l’alimentation humaine ce qui explique la faible
productivité.
Toutes ces fermes d’élevage moderne combinées avec l’élevage traditionnel ont des productions
insuffisantes à couvrir les besoins (volaille et porc), d’où le recours aux importations.

22
4.4. Une industrie dynamisée par les deux ports maritimes
L’industrie ivoirienne est née de la volonté de transformer sur place, une bonne partie des
produits de l’agriculture. Elle contribue pour 20% au PIB. Aujourd’hui l’industrie manufacturière
domine à 80% le secteur secondaire. L’industrie ivoirienne, depuis sa naissance reste concentrée
sur le littoral. La ville d’Abidjan et son port abritent 80% des industries ivoiriennes dont 60%
pour le port seul. Cette industrie est dominée par l’agro-industrie. Ce sont les industries de Café,
Cacao et des oléagineux qu’on rencontre le plus. On rencontre des unités de traitement de noix de
cocos et de graines de palme dans la région de Jacqueville et Grand-Lahou, unilever, novalim,
chocodi à Abidjan. Les brasseries (solibra), les petites unités de production de confiseries et de
confitures sont localisées à Abidjan. On a aussi dans le port une grande raffinerie la Société
Ivoirienne de Raffinage (SIR). On note aussi la présence d’industrie du textile (Uniwax) à la zone
industrielle de Yopougon.
En dehors d’Abidjan l’activité industrielle la plus représentée est celle liée à l’exploitation du
bois (Tranchage et déroulage de bois, Scieries).

4.5. Ports et transports sur le littoral ivoirien


Ports et transport maritime en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire dispose de 2 ports maritimes sur la côte ivoirienne : le port d’Abidjan qui est un
héritage colonial et le port de San-Pedro une réalisation nationale.
Avec l’ouverture à la navigation du canal de Vridi, naquit le port d’Abidjan en 1951.
Le port d’Abidjan dispose de 1000 ha de plan d'eau, 06 km de linéaire de quai, 34 magasins cales,
859 ha de terrain, une zone industrielle de 120 ha, et des terminaux spécialisés tels que le
terminal fruitier, le terminal minéralier, le port de pêche, le terminal RoRo (terme générique
maritime pour désigner un terminal roulier qui s'ouvre par l'arrière) et le terminal à conteneurs.
Son chenal d’accès le canal de Vridi est long de 2700 m et large de 370 m.
Le Port d'Abidjan traite annuellement un trafic global de plus de 28 millions de tonnes (2021).
Le terminal à conteneurs, équipé de 06 portiques lourds de quai, de 02 grues mobiles et de 16
grues de parcs, traite annuellement environ 650 000 conteneurs Equivalent Vingt Pieds, en abrégé
EVP (terme générique maritime désignant la capacité des conteneurs). L'Autorité portuaire
d’Abidjan a réalisé plusieurs projets afin de renforcer la compétitivité du Port. Ce sont :
- La construction d'un deuxième terminal à conteneurs qui a pour objectif de faire baisser
les coûts
- l'élargissement et l'approfondissement de la passe d'entrée du Canal de Vridi ;
- la réhabilitation et modernisation du port de pêche ;
- la réalisation d'un terminal céréalier ;
- la modernisation du quai minéralier ;
- le remblaiement de la baie lagunaire de Biétry- Vridi pour un gain d'espaces industriels ;
- la réfection du parc OIC afin de désengorger la plateforme portuaire.
- Aussi, la création d'un parc de stationnement au PK 25 sur l’autoroute du nord est en
cours.

23
Le deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan dit Côte d’Ivoire terminal, d’une capacité de
1,5 million d’EVP, a été mis en service en novembre 2022, accroissant ainsi la capacité du port à
2,5 millions d’EVP. En 2023, le port d’Abidjan a réalisé sur ses deux terminaux à conteneurs,
Abidjan terminal le premier et Côte d’Ivoire Terminal le second, un trafic de 1238000 EVP contre
841000 EVP en 2022 représentant une hausse de 47,3%. Le port d’Abidjan entre ainsi dans le lot
des ports traitant plus du million de conteneurs par an. Le port d’Abidjan accueille plus de 2100
navires par an.
Aujourd’hui ce port est l’essence même des relations commerciales entre la Côte d’Ivoire et le
reste du monde. Le port d’Abidjan dont le trafic était en majorité représenté par le bois (plus de 2
millions de tonnes en 1969), traite aujourd’hui un important trafic de produits pétroliers avec plus
de 10 millions de tonnes en 2010 et des produits agricoles. Troisième port du continent africain,
le port d’Abidjan dispose de 34 postes à quai s’étendant sur 6 km avec une capacité d’accueil de
60 navires en opérations commerciales simultanées. En plus des quais ordinaires, ce port exploite
plusieurs terminaux spécialisés dont un terminal à conteneurs moderne, un terminal fruitier, un
terminal à bois, un terminal minéralier, un port de pêche et des postes pétroliers en mer. Le port
d’Abidjan a été créé pour assurer de débouché extérieur aux productions destinées à
l’exportation.

4.6. Le Port de San Pedro


Le Port de San Pedro est l'une des principales infrastructures économiques construites après
l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Inauguré en 1972, le port de San-Pédro est le deuxième port
ivoirien. Il est l'un des plus importants ports maritimes d'Afrique de l'Ouest. Il est au premier rang
mondial des ports exportateurs de fèves de cacao. Il présente un plan d’eau de 90 ha, un chenal
d’accès de 650 m de long et 150m de large, 6 ouvrages d’accostage.
Le port de San Pedro affiche un volume de transit d’environ 5 millions de tonnes. Par ce port est
exporté la moitié des fèves de cacao ivoirien. San-Pédro est le deuxième pôle économique de
la Côte d'Ivoire après Abidjan, en raison de son port, qui a permis l’implantation de nombreuses
usines opérant principalement dans l'industrie cacaoyère et dans la minoterie. Le port de San
Pedro accueille en moyenne 500 navires par an. Les porte-conteneurs sont les plus nombreux
60%. La part importante de porte-conteneurs est dû au développement de l’activité de
transbordement au port de San Pedro.

4.7. Le Transport terrestre sur le littoral


Le Transport terrestre sur le littoral s’effectue à travers les modes de transport suivants : le
transport routier, transport ferroviaire, le transport lagunaire et le transport fluvial.

4.7.1. Le transport routier


Le transport routier est le service de transport réalisé par les véhicules à roues. Il est pratiqué sur
les routes. L’Etat ivoirien a consenti des efforts considérables pour accroître son réseau routier,
faisant de celui-ci le plus important de la sous-région Ouest africaine. Les principaux corridors

24
partent des villes portuaires vers l’intérieur du pays pour atteindre les frontières avec les pays
voisins (figure 8) :
- Le corridor Abidjan-Yamoussoukro-Ouangolodougou-frontières Burkina Faso et Mali. Il
est pourvu d’une autoroute de 300 km d’Abidjan à Bouaké dite autoroute du nord.
- Le corridor Abidjan- Bassam- Noé- Frontière du Ghana. Il est équipé d’une autoroute de
23 Km d’Abidjan à Grand Bassam.
- Le corridor Abidjan-San-Pédro-Tabou. Longeant le littoral cette voie est appelée "la
côtière" elle désenclave toute la bande du littoral et relie les 2 ports ivoiriens.

- Le corridor San Pédro - Man- Danané- frontiers Guinée et Libéria, est beaucoup utilisé
pour l’acheminement du Cacao au port de San-Pedro.
Ces 3corridors Noé-Abidjan, Abidjan-San Pedro et San Pedro-Man constituent le maillon
ivoirien de la route côtière transfrontalière (Cu1) Dakar – Abidjan – Lagos.

- Le corridor Abidjan-Abengourou-Bondoukou-Bouna-Frontière du Burkina Fasso. Cet


itinéraire est la section ivoirienne de la route communautaire Cu22. Il dessert aussi l’ouest du
Ghana au niveau d’Agnibilekro, et Niablé.

Figure 8 : les principaux corridors ivoiriens

25
Le transport routier se subdivise en deux sous-secteurs : le transport routier de personnes et le
transport routier de marchandises.
Le transport routier de personnes assure l’essentiel du transport des personnes. Il prend en compte
le transport urbain et interurbain de personnes au plan local et le transport inter Etat de personnes
(sous régional). Le transport routier de personne est assuré par de nombreuses compagnies de
transport dont la SOTRA au niveau du transport urbain à Abidjan, et de particuliers utilisant des

26
véhicules climatisés ou non. Ce sont l’autocar, le bus, le taxi communal, le taxi compteur
horokilométrique à Abidjan, le mini car et la voiture banalisée. Ces véhicules ont en général une
capacité de 4 à 70 places. Chaque chef-lieu de département dispose au moins d’une compagnie de
transport qui le relie à Abidjan.

Le transport routier de marchandises concerne le transport de marchandises au plan local comme


international (sous régional). Les véhicules utilisés pour ce type de transport sont les camions de
3,5 à 60 tonnes, utilisant le gasoil comme source d’énergie. Ce sont : les porte-conteneurs, les
remorques, les camions citernes, les camions-plateau etc. Toutefois, les véhicules de transport de
personnes transportent aussi des marchandises en de faibles volumes.

4.7.2. Le transport ferroviaire


Le chemin de fer, long de 1260 km, part du port d’Abidjan à Ouagadougou et fini à Kaya au nord
Est du Burkina Faso. Il ne comporte qu’une seule voie, à l’exception de 17 km à double voie à
Abidjan. La gestion est assurée par la SITARAIL.

4.7.3. Le transport fluvio-lagunaires


Les infrastructures fluvio-lagunaires sont constitués de gares de bateaux bus à Abidjan et de
débarcadères en lagunes. Le transport fluvio-lagunaire reste une activité limitée. Des canaux ont
été réalisés pour mettre en communication les étendues d’eau.

4.7.4. Le transport aérien


La Côte d’Ivoire dispose d’un aéroport international, l'aéroport international Félix-Houphouët-
Boigny d’Abidjan. Capable d'accueillir les gros porteurs, l’aéroport d’Abidjan est le plus
important de la Côte d’Ivoire pour le trafic aérien. C’est un aéroport international où sont
effectués des trafics nationaux et internationaux très denses. Il achève le désenclavement du
littoral et de la Côte d’Ivoire, grâce à des trafics nationaux et internationaux très denses.
Il dispose d’un aérodrome 3000 m de piste et de 2 aérogares l’un pour le trafic national et l’autre
pour le trafic international. La surface de l'aérogare internationale est de 25 000 m2, avec une
capacité annuelle de 2 millions de passagers. L’aéroport d’Abidjan est le hub de la
compagnie nationale Air Côte d'Ivoire.
Depuis 1996, l’aéroport d’Abidjan a été concédé à une entreprise privée AERA.
La Côte d’Ivoire dispose de 6 aéroports secondaires dont un seul situé sur le littoral : l'aéroport de
San-Pédro. II peut accueillir des appareils d'environ 100 passagers. Les aéroports secondaires
sont desservis par Air Côte d'Ivoire. Ils sont gérés par la SODEXAM.
En dehors de ceux-ci, on retrouve une vingtaine d’infrastructures aéroportuaires non
fonctionnelles disséminées dans le pays, notamment dans les villes du littoral de Sassandra,
Tabou et Grand-Béréby. Ils ne peuvent recevoir que les appareils de tourisme.
CHAPITRE 5 : La dégradation du littoral ivoirien liée à son
exploitation

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Le littoral ivoirien est un espace restreint, fragile mais qui attire une population importante qui y
installe diverses activités qui participent à la dégradation du milieu. La dégradation du littoral
ivoirien engendrée par l’action de l’homme est constituée d’un ensemble de menaces aussi bien
pour le milieu que pour l’homme et ses activités. Ce sont l’érosion côtière et les pollutions
provoquées par l’urbanisation, la surpopulation et l’industrialisation des côtes.

5.1. L’érosion côtière liée aux activités anthropiques

5.1.1. La construction et les travaux de protection du canal de Vridi

La construction et les travaux de protection du canal de Vridi sont l’une des causes de l’érosion
côtière. Depuis la construction du canal de Vridi, la majeure partie du transit de sable de l’Ouest
vers l’Est n’est plus possible, car elle est piégée par les musoirs et épis d’arrêt de sables (280 m).
La quantité de sables qui est donc arraché à l’Est du canal n’est plus remplacée ; ce qui entraîne
une érosion continue dans les zones proches du canal de Vridi.
Toutes les activités empêchent le transit normal de sables sur le littoral ; ce qui a pour
conséquence un engraissement ou une érosion de part et d’autre du canal. Toutefois, cette érosion
reste faible à l’exception des carrières de sable.

5.1.2. Les carrières de sable

Les plages sont de plus en plus utilisées comme carrières. L’exploitation de grandes quantités de
sables empêche les plages d’atteindre leur profil d’équilibre, ce qui entraîne par endroit des zones
d’érosions. L’extraction de sable est une activité déstabilisatrice de l’écologie des milieux marins
et lagunaires. Le pompage du sable des fonds lagunaires entraîne une forte turbidité du plan
d’eau. Or, l’eau trouble limite la pénétration de l’oxygène et de la lumière.

5.2. La pollution

Les déchets polluants peuvent se rencontrer sous forme solide, liquide ou gazeuse. Il s’agit de
pollutions chimiques, organiques, microbiennes, par hydrocarbures et par émissions en air.

Les industries installées sur le littoral déversent dans les eaux à travers les égouts, des produits
toxiques tels que la soude, les acides, les huiles minérales, les pigments des industries textiles, la
glycérine des savonneries.

On note aussi la pollution issue de l’utilisation de certains produits chimiques (la gamarine) dans
les activités de pêche.

La pollution chimique provient aussi des pesticides et insecticides utilisés dans l’agriculture. Ces
produits chimiques sont entraînés par les eaux de ruissellement dans les lagunes, les fleuves
côtiers et dans les eaux marines.

Les sources les plus connues de la pollution organique sont les rejets des industries et les
différents déchets domestiques.
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Ces rejets sont constitués de malts, de levures, d’huiles végétales que les industries déversent
dans les eaux lagunaires et marines.
Il s’agit des ordures ménagères collectées et non collectées qui sont à dessein ou clandestinement
jetées dans certains endroits sensibles, aux abords des lagunes ou sur des plages. On note aussi
les eaux usées provenant des réseaux d’assainissement tels que les égouts qui sont directement
connectés aux lagunes et aux plages.
La pollution microbienne est la contamination des eaux lagunaires et marines due aux matières
fécales, aux rejets des égouts et aux effluents acheminés par les eaux pluviales.

La pollution de l’air sur le littoral se caractérise par les émissions en air des centrales thermiques,
des unités industrielles et des moyens de transport motorisés.

Les sources les plus importantes de pollutions par hydrocarbures sont généralement les
opérations de déballastages de navires-citernes ou de manutention de la cargaison. Il faut aussi
ajouter la pollution causée par l’exploration et l’exploitation de pétrole brute aux larges de la
côte Est ivoirienne (des boulettes de goudrons sont retrouvées sur les plages). La marée noire
qui s’est produite au large de Jacqueville et qui a affecté son environnement est un exemple
palpable de la pollution par hydrocarbures. En effet dans la nuit 27 au 28 Mars 2006, suite à un
accident, un bateau canadien de forage a déversé dans la mer environ 5075 m 3 d’un mélange de
brut et d’eaux usées non loin de la plate-forme pétrolière AL BARAKA au large de Jacqueville.
Ce qui a entrainé une marée noire de 15 km de long sur 1 km de large. Cette marée noire a
fortement dégradé la qualité des eaux marines au large de Jacqueville, avec son corolaire de
pertes en biodiversité de ce milieu aquatique. La dégradation du littoral entrainée par l’action
humaine engendre des conflits.

Toutefois, la principale menace du littoral ivoirien et de son exploitation reste la montée des
eaux marines.
La montée des eaux marines et son avancée sur le littoral entrainent le déplacement des
populations à l’intérieur des terres tout le long du littoral ivoirien. Toute cette zone est menacée
par ce phénomène qui a déjà entrainé de nombreux dégâts (destruction d’habitations et
d’infrastructures). Ces conséquences sont irréversibles. A ce jour, l’ancienne route de Grand
Bassam est sous la mer. L’ex-village de Jacqueville a également disparu sous la mer. Du côté de
San-Pedro, des restaurateurs longtemps installés sur le front maritime, ont constaté qu’ils mettent
désormais beaucoup moins de temps à faire reculer leurs installations, pour échapper à l’érosion
marine, que par le passé. La montée des eaux marines en Côte d’Ivoire est l’une des
conséquences du réchauffement climatique.
Le constat établi par certaines études réalisées sur le littoral ivoirien, est que le trait de côte
(le littoral) enregistre un recul moyen d’environ 1 à 3m par an au profit de la mer.

5.3. La protection du littoral ivoirien.


le littoral ivoirien connait actuellement diverses menaces d’ordre anthropique (la pollution,
la destruction des mangroves, une démographie galopante et une surexploitation des

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ressources aquatiques) et surtout naturelles (érosion des plages, élévation du niveau de la
mer, les marées de tempêtes).
C’est une situation d’autant plus préoccupante que les populations riveraines sont victimes
de la destruction de leurs habitations et le bouleversement de leurs moyens de subsistance
(ressources océaniques et en eau douce) avec pour corollaires les migrations susceptibles de
provoquer des conflits. L’économie du pays subit également les conséquences de ce
phénomène par la dégradation ou destruction des installations industrielles de premier plan
comme la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), l’Aéroport International, les Ports
Autonomes d’Abidjan et de San Pedro ainsi que les installations hôtelières (Abidjan, Grand-
Bassam, Assinie et San Pedro). « Depuis plus de deux décennies, le littoral ivoirien subit le
phénomène de l’érosion côtière accentué par les changements climatiques. Dans le cadre des
actions menées pour lutter contre ces problématiques environnementales majeures, le
Gouvernement a entrepris des actions aussi bien sur le plan des investissements que sur le
plan institutionnel et législatif afin d’assurer la résilience et l’adaptation des communautés
contre les catastrophes naturelles.
Le Gouvernement ivoirien a adopté le 2 Juin 2017 la Loi 2017-378 portant Aménagement,
Protection et Gestion Intégrée du Littoral dont l’article 37 dispose qu’il est créé une Agence
qui se chargerait de l’aménagement et de la gestion du littoral. Cette loi a été adoptée et
promulguée afin de régir le domaine du littoral afin d’assurer l’équilibre entre son
exploitation et sa protection. Elle vient renforcer la cohérence des activités dans cette zone
hautement sensible qu’est le littoral et mieux assurer la résilience et l’adaptation des
communautés contre les catastrophes naturelles.
le Gouvernement ivoirien a mis en place, avec l’appui technique et financier de la Banque
mondiale, le Projet d’Investissement pour la Résilience des Zones Côtières Ouest-Africaines
(WACA-ResIP), mis en vigueur en septembre 2014, et dont la mise en œuvre se fera sur la
période 2018-2023 », a indiqué Ochou Abé Delfin, Coordonnateur du WACA.

Conclusion
Plusieurs types de paysages sont rencontrés sur le littoral ivoirien. Ainsi, des plaines avec des
cordons dunaires et les lagunes s’observent à l’Est tandis que les plateaux rocheux occupent

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l’ouest. Les savanes et les forêts littorales sont rencontrées de Tiapoum à Tabou. Le paysage
continental ajouté à la mer donne au littoral des richesses des richesses qu’on ne rencontre nulle
part ailleurs en Côte d’Ivoire. Toutes ces richesses ont attiré de nombreuses personnes qui
pratiquent des activités économiques diversifiées sur le littoral ivoirien. L’on y pratique la pêche
et d'aquaculture dans le cadre de l’exploitation des ressources de la mer et des lagunes. Le littoral
ivoirien présente un bassin pétrolier essentiellement offshore. L’exploitation des ressources
pétrolières est venue donner un souffle nouveau à l’économie ivoirienne. La Côte d’Ivoire
dispose de 2 ports maritimes : le port d’Abidjan et le port de San-Pedro. Grâce à ces
infrastructures portuaires, de nombreuses industries se sont installées sur le littoral. L’exploitation
du littoral au travers de ces nombreuses activités implantées participent à la dégradation du
milieu. Cet état constitue une menace aussi bien pour les richesses du milieu que pour l’homme et
ses activités. D’où la nécessité de contrôler les activités menées sur le littoral afin de les
pérenniser.

Bibliographie
Abé Jacques 2005 : Contribution à la connaissance de la morphologie et de la dynamique
sédimentaire du littoral ivoirien (cas du littoral d’Abidjan) essais de modélisation en vue d’une

gestion rationnelle thèse de doctorat d’Etat, es-sciences naturelles, spécialité : océanologie,


Université d’Abidjan, 352 pages
Aphing k G, 2001 : Le tourisme littoral dans le Sud-Ouest ivoirien, Thèse de doctorat de
géographie, Université de Cocody, 363 pages
Avenar J M , Eldin M, 1979 : Milieu naturel de la Côte d’Ivoire, Memoires de l’ORSTOM, 401
pages
PUIUR, 2011 : « Etude stratégique pour la gestion des déchets solides dans le District
d’Abidjan » Rapport final définitif, Programme d’Urgence d’Infrastructures Urbaines (PUIUR),
Ministère des Infrastructures Economiques de Côte d’Ivoire, juillet 2011. 176 pages.

Avit JB, Pédia PL, Sankaré Y, 1999 : Diversité Biologique de la Côte d’Ivoire – Rapport de
synthèse - Ministère de l’Environnement et de la Forêt, 273 p.

Tapé Bidi Jean, 2004 : Economie maritime et portuaire de la Côte d’Ivoire : Etude géographique
Thèse de doctorat d’Etat, Université de Cocody- Abidjan, 876 pages
Potier Patrick et Anoh Kouassi Paul, 2008. Géographie du littoral de la Côte d’Ivoire, Elément
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Université de Cocody Abidjan, Imprimerie La Clonerie, Saint Nazaire, France, 325p.

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2014 : Ressources minières, pétrolières et gazières de la Côte d’Ivoire et problématique de la
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