Exploitation des Littoraux Ivoiriens
Exploitation des Littoraux Ivoiriens
Licence 2 de Géographie
UE : GLI53(03)02
Géographie des littoraux
ECUE : GLI53(03)0202
Exploitation des littoraux ivoiriens
CM: 18h credit3 semestre 3
Nom de l’enseignant :
Dr. (MC) YAO Beli Didier
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INTRODUCTION
Par définition, l’exploitation d’un espace est l’action de mettre en valeur l’espace en vue d’en
tirer profit. C’est se servir ou utiliser les ressources de l’espace pour en tirer profit.
Le littoral ivoirien est délimité par les Latitudes 4°30 et 5°30 Nord et Longitudes 2°25 et 7°30
Ouest.
Il est limité au Nord par la côtière à l'Ouest d'Abidjan et à l'Est par la route de Noé contournant la
ville d'Alépé. Le littoral ivoirien couvre une superficie de 23 253 km 2 soit 7% de la superficie de
la Côte d'Ivoire pour 566 km de long (Livre Blanc du Littoral Ivoirien, 2004).
Le littoral ivoirien couvre le sud d'un arc de cercle allant du Cap de palmes à l'Ouest de Tabou
(frontière Libérienne) au Cap des Trois Pointes à l’Est de Tiapoum, (la frontière ghanéenne)
passant au nord d'Adiaké, Dabou, Grand-Lahou, Sassandra, San-Pedro et s’étend en mer sur le
plateau continental à l’isobathe 120 m (figure 1).
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L’espace littoral ne fait pas l’objet d’une définition spécifique dans la réglementation en vigueur
en Côte d’Ivoire. La délimitation de cet espace devrait s’apprécier à partir des limites du domaine
public de l’État plus particulièrement du domaine public maritime tel que défini par le décret du
29 septembre 1928 portant réglementation du domaine public et des servitudes d’utilité publique
en Côte d’Ivoire. Cependant, à défaut d’une définition exacte et précise, les autorités
administratives donnent une approche définitionnelle du littoral au regard de la réglementation
domaniale héritée de la France. Ainsi, la zone littorale est considérée comme faisant partie du
domaine public selon la réglementation domaniale. Il comprendrait le rivage de la mer plus 100
mètres de large à partir des plus hautes marrées (Aphing, 2001).
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CHAPITRE1 : Géographie physique et humaine du littoral
Au niveau de cette partie, il s'agit de présenter l'aspect physique à travers la situation
géographique, le relief, la morphologie, la géologie et le paysage. La suite consistera à présenter
les peuples du littoral et les circonscriptions administratives que l’on retrouve sur le littoral
ivoirien.
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1.1.1. Les côtes de plateaux à l’ouest,
Elles s’étendent de Tabou à Sassandra elles sont formées d’un socle composé de granite, de
gneiss, de dolerite. L’altitude des plateaux varie de 20 à 100 m. Les maximums se localisent entre
San Pedro et Sassandra. Le relief y est difficilement érodable. Le plateau continental est assez
régulier, très peu accidenté avec quelques bancs rocheux.
On distingue : les côtes à falaises mortes toujours situées en retrait d’une plage ou d’un petit
épandage continental et les côtes à falaises vives à Sassandra.
La côte ouest de Tabou à Sassandra est constituée de falaises moyennes où les ensembles
granitiques s’étendent jusqu’à l’océan. Il s’agit d'une série de caps rocheux taillés dans la partie
du socle qui entre directement en contact avec la mer (océan Atlantique) et qui découpent dans
celle-ci, de nombreuses baies (Grand-Béréby et Monogaga).
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On distingue sur la côte à l’Est :
- les côtes à transport dominant à l’ouest d’Abidjan (les cordons y sont peu nombreux
avec de faibles largeurs quelques centaines de mètres) et
- les côtes à dépôt dominant à l’Est d’Abidjan avec des cordons de fortes largeurs (4 à
5km à Grand Bassam). On estime à 1m/an l’engraissement de la côte dans cette zone.
Les deux côtes sont séparées par le canal de Vridi qui débouche sur le cayon sous-marin du « trou
sans fond » (figure 4). Celui-ci entaille le plateau continental non loin des côtes abidjanaises.
La dérive littoral, générée par la houle le long du littoral, a une influence prépondérante sur les
phénomènes de dépôts et d’érosion et donc sur la morphologie de la côte. Les houles attaquent
les côtes ivoiriennes obliquement avec un angle d’incidence qui dépend de l’orientation générale
du littoral et des modifications subies par les vagues au cours de leur propagation. Elles induisent
alors un courant de dérive littorale signe d’un transit littoral. Cette dérive va de l’Ouest vers l’Est.
Elle arrache au passage les sédiments, les transporte et les dépose sur le littoral Est (voir figure3).
Abidjan est situé sur la faille des lagunes orientée Est-ouest. Cette structure sépare deux
domaines morphologiques très différents : au nord, la zone des « hauts plateaux » avec des
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formations sédimentaires de plus de 200m de hauteur, au sud, la zone des « bas plateaux » et les
cordons littoraux où les hauteurs atteignes 3,5m.
Toutefois, il existe des différences régionales dans la répartition du régime climatique, notamment
entre la partie central (où les précipitations sont moindres) et le reste du littoral,
Les régions les plus arrosées (hauteur moyenne annuelle supérieure à 1800 mm/an) sont :
- L’extrême ouest de la côte : de San Pedro à Tabou et l’arrière-pays occidental forestier le
long de la frontière libérienne,
- la bande littorale orientale s'étendant de Dabou à la frontière ghanéenne.
Les régions où les précipitations sont moindres (hauteur moyenne annuelle comprise entre
1600 et 1800 mm/an) sont localisées sur la partie du littoral comprise entre Sassandra et
Jacqueville
Les températures moyennes du littoral varient de 24 à 27°C et les écarts de température sont
infimes : 3° C annuels ou journaliers 4 à 7° C. On remarque que le littoral influencé par la mer et
l'allure de la ligne de la côte, en rapport avec la direction du flux de la mousson, présente un
climat, à distribution plus ou moins azonale, d’où son nom de climat du littoral.
1.3. L’HYDROCLIMAT
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1.3.1. L’Upwelling
L’upwelling fait référence à une remontée d’eau profonde (d’eaux froides riches en nutriments
depuis le fond vers la surface). Il constitue la plus importante source d’enrichissement de la
couche superficielle de la mer en sels minéraux et participent ainsi au développement et au
maintien de la productivité biologique de l’écosystème où il se produit. Il est associé à une
remontée de la thermocline. Dans le Golfe de Guinée, la thermocline est proche de la surface
dans l'Est (entre 20 et 60 m de profondeur) et subit des variations saisonnières. La zone côtière de
la Côte d’Ivoire, partie intégrante du Golfe de Guinée est une région où se manifeste un
phénomène d’upwelling côtier très particulier. Cet upwelling se produit le long de la côte zonale
(Ouest-Est). Il se différencie de la plupart des autres upwellings côtiers se produisant le long des
côtes méridiennes (Sud-Nord), et dont les plus importants sont ceux du Benguela, de la
Mauritanie-Sénégal, du Pérou-Chili et de la Californie. En Côte-d’Ivoire, il existe essentiellement
deux saisons d’upwellings côtiers :
- Une petite saison d’upwelling (petite saison froide) observée en janvier et février et peut
s’étendre à Mars et Avril. Elle est beaucoup marquée à l’ouest ;
- Une grande saison d’upwelling centré sur les mois de Juillet à Septembre apparait sur
tout le littoral.
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La végétation sur le littoral est marquée par des paysages de type continental : forêts littorales,
boisements littoraux, et savanes littorales dont on distingue les savanes pré-lagunaires des savanes
côtières.
Les savanes pré-lagunaires : Ce sont les savanes situées au nord des lagunes, sur les sables du
Néogène (ou Continental terminal), dans la région forestière de la basse Côte d'Ivoire. C'est cette
situation particulière qui confère à ces formations végétales l'appellation de « savanes incluses »
dans la forêt. Elles comprennent de l’est à l’ouest, les savanes d’Adiaké, d’Eloka, de Bingerville,
de Dabou, de Toupah, de Cosrou, du Bandania et de N’Zida. Leur particularité écologique réside
dans le fait qu’elles sont toutes localisées sur les sols issus des sables du continental terminal qui
jouent, avec les feux saisonniers, un rôle important dans leur maintien. Leur superficie est
évaluée à environ 100.000 ha (Avenar et al, 1979).
Ces savanes se sont constituées sur des sols hygromorphes plus ou moins inondés pendant les
périodes de crue des fleuves. En fait, ces savanes peuvent être considérées également comme des
savanes marécageuses si l'on s’en tient aux caractéristiques édaphiques. Du point de vue
phytosociologique, trois types essentiels de groupements s’observent dans ces ensembles de
savanes: le groupement ou savane à Brachiaria brachylopha (Poaceae) ; le groupement ou savane
à Hyparrhenia chrysargyrea (Poaceae) ; le groupement ou savane à Anadelphia longifolia.
(Abé J 2005)
Les savanes côtières : Encore appelées savanes littorales, ces savanes côtières sont des
formations végétales ouvertes et humides, d'un type particulier. Elles sont localisées au Sud des
lagunes, sur le cordon littoral entre Port-Bouet et Grand-Bassam. Ces savanes sont situées sur des
sables quaternaires caractérisés par une hydromorphie de profondeur (podzols de nappe avec
alias humique). Ces savanes forment de vastes prairies herbeuses généralement proches des
savanes guinéennes, assez denses mais peu diversifiées du point de vue taxinomique. La strate
ligneuse, peu développée, ne comporte que quelques rares arbustes, arbrisseaux et sous-
arbrisseaux groupés en îlots d'importance relative, dominés par quelques Raphia (Abé J 2005).
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Les mangroves
Le terme mangrove est réservé aux formations arborescentes, plus ou moins denses, de la
zone de balancement des marées, sur les côtes tropicales. Les mangroves se développent
généralement sur des sols à gley, salés, issus des alluvions soumises au régime des marées. Les
mangroves occupent un espace assez réduit en Côte d'Ivoire. On les trouve sur les rives des
estuaires et le plus souvent en bordure des lagunes. Cette forêt particulière est facilement
reconnaissable par les racines-échasses et les pneumatophores des espèces caractéristiques.
Pauvre en espèces, elle constitue une formation monotone, interrompue par endroits par des
plages vaseuses couvertes de Paspalum vaginatum et des touffes dressées d’Acrostichum aureum.
2. Population du littoral
Les Akan du littoral sont installés entre la frontière ghanéenne et la rivière Agnéby le fleuve
Bandaman. Ils se composent des Akié, Sanwi, N'zima, Ehotilé, Essouman, Abouré, Ebrié,
Aladian, Ahizi, Avikam, Adioukrou et Akyé (figure 5).
Les Krou, situés entre la rivière Agnéby le fleuve Bandaman et le Cap des Palmes sont composés
des Dida, des Godié, des Néyo et des kroumen.
La plupart des immigrants viennent des pays voisins : Mali, Burkina Faso, Ghana et Guinée. A
ceux-ci s’ajoutent ceux venus du Niger, du Nigéria et un nombre non moins négligeable de
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personnes venues d’Europe, du Liban et du Maroc. L’habitat humain est très dense sur le littoral
ivoirien avec plusieurs grosses villes, dont Abidjan la métropole, San-Pédro, Grand-Bassam et
des villes moyennes, Grand-Lahou, Sassandra, Tabou, Adiaké, Dabou, Jacqueville, Fresco et
Grand-Béréby.
La façade maritime du littoral ivoirien est peuplée par des pêcheurs d'origine ghanéenne (Fanti et
Ewe, 90 %), libérienne (Nanakrou, 5 %), ivoirienne (Alladian, 3 %) et une minorité de diverses
nationalités dont des Sénégalais et des non-Africains Anoh, 2007). L'implantation des pêcheurs
sur le littoral ivoirien s'est faite par vagues successives. Les premières équipes de pêcheurs
professionnels s'y sont installées à la fin du XIXe siècle, attirées par le dynamisme des villes
naissantes et la demande des travailleurs urbains en produits de pêche.
La ville de Grand-Bassam fut le point de départ de la pêche en mer en Côte d'Ivoire.
L'essor des villes et des villages lagunaires Éhotilé, Avikam Alladian, Ahizi, Essouma, Adioukou
et Ébrié a pendant longtemps reposé sur l'économie halieutique. Dans certains cas, la pêche
continue encore d'être le moteur de l'économie des localités. C'est l'exemple d'Adiaké en pays
Éhotilé, Lahou-Kpanda et Braffèdon chez les Avikam et Jacqueville en pays alladian et ahizi.
Dans ces agglomérations, l'économie halieutique constitue un élément précieux de
développement. Les systèmes de gestion et d'exploitation des eaux mis en place génèrent des
ressources qui sont habilement utilisées pour l'amélioration du cadre de vie des populations.
D'autre part, la valeur nutritionnelle des produits de pêche est révélée chez les populations
lagunaires par un régime alimentaire essentiellement basé sur les ressources aquatiques (poissons,
crabes, crevettes etc ...).
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Les villes littorales accueillent le plus grand contingent des migrants qui quittent les milieux
ruraux ou les villes de l’intérieur du pays, c’est pourquoi elles concentrent également une forte
population de jeunes en quête d’emploi. L’influence humaine est particulièrement importante sur
le littoral et se fait sentir en de nombreux domaines. Cette région recèle d’importantes
infrastructures et surtout une activité économique très intense.
Toutes les villes littorales ivoiriennes, présentent des caractéristiques particulières dans leur
fonctionnement. Tant au niveau des pratiques (activités socio-économiques et culturelles) que du
profil des acteurs, des différences se dessinent. Ces singularités littorales sont l’expression d’un
développement socio-économique propre à la politique de gestion de chaque espace côtier. En
effet, excepté les mouvements démographiques résidentiels observés dans toutes les villes
littorales du pays, celles-ci accueillent une masse d’activités économiques dont le fonctionnement
et l’organisation tient compte du profil des acteurs.
D’un côté, l’économie portuaire et l’activité industrielle dont les partenaires principaux sont les
investisseurs et opérateurs français (Nhood, Bolloré …), chinois, allemands, libanais, burkinabé
et ghanéens.
De l’autre côté, un développement de l’économie touristique, des activités agricoles, aquacoles et
halieutiques exercées par des allogènes notamment burkinabés, guinéens, maliens, sénégalais et
nigériens.
Dans les villes littorales secondaires, en dehors de l’agriculture qui mobilise essentiellement des
populations allogènes, les pratiques de tourisme, de pêche, de l’aquaculture se partagent entre
populations autochtones et étrangères. Ces deux catégories de population animent également les
activités informelles en bordure des plages comme en centres-villes. Par ailleurs, au niveau des
pratiques résidentielles, les habitations à proximité de l’océan, perçus comme espaces de luxe par
excellence, présentent quatre principales réalités.
D’abord, dans certaines villes, le bord de mer est habité par des populations de catégories sociales
aisées principalement des allogènes (Libanais, Français, etc.), qui résident dans des logements de
hauts standings (San-Pédro, Grand-Bassam).
Ensuite, on observe dans d’autres villes (Grand-Béréby et Jacqueville), des populations de
revenus modestes ou faibles dont l’installation a été motivée par la création de campements ou de
villages de pécheurs.
Dans les villes de Grand-Bassam et Sassandra (foyers de peuplement anciens), ce sont plutôt les
populations autochtones et allochtones qui en majorité occupent les bordures des mers par des
habitats de types modernes et de hauts standings.
Enfin, à San-Pédro et à Abidjan, une double coexistence se présente, d’une part entre les
populations étrangères et ivoiriennes, et d’autre part, entre populations de catégories sociales
aisées et celles à faible revenu. Il en découle donc la présence d’un habitat mixte, à la fois de
hauts standings et des habitats parfois de type moderne ou précaire
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CHAPITRE 2 : L’exploitation des ressources vivantes du
littoral et de la mer
Le littoral de Côte d’Ivoire est riche de vastes plans d’eau lagunaires et de la mer sur près de 560
km. Les ressources vivantes de la mer et du littoral sont exploitées dans le cadre de la pêche. Le
littoral ivoirien est marqué par une importante activité de pêche et d'aquaculture. La pêche se
définie comme la capture du poisson, la cueillette des algues, la chasse des mammifères
aquatiques. Elle est différente de l’aquaculture. Sur le littoral ivoirien se déroulent deux formes
de pêche : la pêche lagunaire exercée en lagune et la pêche maritime exercée en mer.
Parmi les populations qui ont conservé leur tradition de pêcheur, certaines ont fait de
l’exploitation des ressources aquatiques un instrument de développement. Cela est perceptible
dans ces régions par l’existence d’emplois divers autour de la filière de la pêche. De plus,
l’introduction de la pisciculture lagunaire à partir de 1976 a accru les capacités piscicoles du
milieu lagunaire et du littoral (création de fermes à Aghien, Grand-Lahou, Jacqueville, Layo),
d’autant que la Direction des Pêches Maritimes et Lagunaires y a entrepris de développer la
pisciculture du machoiron en mettant en place en 1981, avec le concours financier de la Caisse
Française de Développement, le Projet de Développement de l’Aquaculture Lagunaire. Cette
initiative a suscité à partir de 1990, des initiatives privées de production aquacole. Il en est ainsi
de BP-Aquaculture (aquaculture du tilapia en lagune Ébrié, puis Aghien), de Blohorn-pisciculture
(pénéiculture à Grand-Lahou, maintenant disparue) et de la Compagnie Africaine de
Reproduction de Poissons (CARP-tilapia en lagune Aghien).
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La tradition de pêcheurs s’est perpétuée dans certains groupes (Éhotilé, Avikam, Alladian, Ahizi,
Essouma, Adjoukou et Ébrié). Jusqu’au deuxième quart du XX e siècle, ils étaient pêcheurs à titre
principal (Perrot, 1989). D’autres (Abbey, Krobou, Abidji, M’batto, Abouré, N’zima et Attié) ont
abandonné la pêche au profit des activités agricoles dont ils tirent de fructueux bénéfices.
Dans les villages de pêcheurs, le réinvestissement des revenus issus des activités de pêche a
permis l’acquisition d’équipements individuels et socio - collectifs, l’urbanisation et en définitive
le développement. Par ailleurs, le poisson joue à présent un rôle nutritionnel sans précédent dans
les communautés lagunaires et littorales (Anoh, 2007).
Les habitations, les édifices religieux, les centres de santé et les équipements socio-éducatifs sont
financés par des cotisations à partir des revenus issus de la pêche et des activités induites et
indirectes. On peut citer l'exemple des villages de Élokato et Élokaté dans la région de
Bingerville; Adiapoté, Adiapoto à l'ouest d'Abidjan ; N'gaty et Mopoyem respectivement à l'Est
et à l'ouest de Dabou.
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Figure 6: Répartition en zone du plateau continental
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La pêche maritime artisanale est dominée par les pêcheurs non nationaux en provenance de la
sous-région ouest africaine : ghanéens, togolais, béninois
Ces pêcheurs qui parcourent souvent de grandes distances sont les initiateurs de l'usage de la
glace comme moyen de conservation. Leurs prises, constituées d'espèces démersales (poissons
nobles), sont le plus souvent écoulées dans les ports de pêche à Abidjan et à San-Pedro. La vente
se fait généralement de gré à gré à une clientèle composée d'établissements hôteliers, de
restaurants et de quelques personnes aisées. La production des filets, composée d'espèces
pélagiques alimente les centres de fumage des campements et des villages de pêcheurs.
Sur la façade maritime ivoirienne, les communautés de pêcheurs s'implantent et prospèrent
généralement à proximité des centres urbains où les besoins des populations en produits de pêche
sont importants. Les pêcheurs qui sont majoritairement allogènes (90% de Ghanéens) privilégient
le transfert des gains issus de la pêche vers leur pays d'origine. Le lieu d'habitation de ces
pêcheurs constitue le plus souvent un quartier isolé, à la périphérie du centre urbain. Ces espaces
sont en général sommairement aménagés. Les résidences sont faites de matériaux de
récupération, elles sont séparées par des ruelles et le réseau d'assainissement est inexistant.
L'absence de toilettes individuelles et l'usage de latrines publiques sur pilotis aggravent davantage
l'insalubrité, la pollution et la dégradation de l'environnement. De Tabou à Tiapoum, cet
environnement des communautés de pêcheurs du littoral est permanent et invariable. Pourtant, la
pêche maritime prend une part active dans le développement du littoral et participe au
dynamisme reconnu aux villes littorales ivoiriennes. (Anoh, 2007)
2.2.3. L’aquaculture
L’aquaculture consiste en l’élevage d’organismes aquatiques, y compris les poissons, les
mollusques, crustacés et les plantes aquatiques.
Les premières tentatives d’aquaculture remontent à 1955 lorsque l’administration coloniale a créé
une section de pisciculture au sein du service des eaux et forêts.
A partir de 1960, l’Etat ivoirien crée des conditionnements piscicoles chargés de l’encadrement
des stations d’alevinage et des centres de recherches dans le but de satisfaire la demande
nationale en protéine.
L’aquaculture lagunaire est une activité pratiquée depuis 1980 en eau saumâtre ou en eau douce.
Il s’agit de fermes d’élevage produisant soit des tilapias en cages flottantes, soit des mâchoirons
et des silures en enclos. Ces systèmes de production sont intensifs.
L'aquaculture constitue un véritable potentiel national qui mérite d'être largement exploité car la
Côte d'Ivoire possède des atouts naturels considérables : 150 000 ha de lagunes, 350 000 ha de
lacs et de nombreux bas-fonds propices à l'implantation d'exploitations aquacoles ainsi qu'une
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riche faune aquatique renfermant plus de cent familles de poissons dont plusieurs espèces ont un
potentiel aquacole certain.
La moyenne de la production sur les cinq dernières années s'établit à plus de 1 200 tonnes par an.
Ce qui représente approximativement un pour cent de la production halieutique nationale qui se
situe entre 70 000 et 100 000 tonnes par an. Comparativement à l'importance de la demande
nationale annuelle qui est de 250 000 à 300 000 tonnes de produits halieutiques (15 à 20
kg/habitant/an), la production aquacole nationale reste donc très limitée.
A ce jour seule la société HYDROFISH localisée à Bingerville exploite une ferme aquacole de
façon intensive.
CHAPITRE 3 : L’exploitation des ressources énergétiques
du littoral ivoirien
Les ressources énergétiques exploitées sur le littoral de la Côte-d’Ivoire sont constituées des
hydrocarbures le pétrole et le gaz naturel. Depuis quelques années, ces deux ressources sont
exploitées au large des côtes de Jacqueville et de Grand-Lahou. La production pétrolière a connu
une expansion nouvelle depuis 1994, grâce à la mise en exploitation de nouveaux gisements.
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Les champs de pétrole et de gaz naturel
L’exploration de ce potentiel pétrolier et gazier en Côte d’Ivoire a débuté en 1941 pendant la
période coloniale, avec un ralentissement en 1963 quand les travaux de la Société Africaine de
Pétrole (SAP) déclarèrent que le sous-sol de la Côte d’Ivoire était stérile en matière
d’hydrocarbures. Mais, les recherches reprises à partir de 1970, avec le groupe ESSO sur un
permis d’exploration d’une superficie de 22 740 km 2 sur le bassin sédimentaire côtier ivoirien,
ont abouti à la découverte du premier champ pétrolier en 1974 baptisé « Champ Bélier ».
L’exploitation de ce champ a été réalisée par l’opérateur ESSO à travers un contrat de
concession de 1980 à 1992 à l’aide d’une plateforme fixe. Depuis lors, plus de 207 forages ont
été réalisés sur le bassin sédimentaire côtier de la Côte d’Ivoire et ont permis la découverte de 51
champs identifiés dont cinq en production, 26 en exploration et 21 encore libres ou en
négociation (en décembre 2021). Aujourd’hui, cinq champs sont en production :
‐ Champ FOXTROT (Bloc CI‐27), découvert en 1981. C’est un champ offshore de gaz sec dont
la production a débuté en 1999. Les réserves sont estimées à 1 502 milliards de pieds‐cube. Le
gaz naturel remonte à la surface par la pression naturelle du gisement. Le permis d’exploitation a
été accordé à l’opérateur FOXTROT qui en partenariat avec SAUR Energy et Pétroci produit en
moyenne 100 millions de pieds‐cubes par jour. Il produit également environ 600 barils d’huile
par jour.
‐ Champ Lion & Panthère (bloc CI‐11) découvert en 1993 et 1994 et dont l’exploitation a
débuté en 1995. C’est un champ offshore dont les réserves initiales prouvées d’huile et de gaz
furent respectivement estimées à 350 millions de barils et 303 milliards de pieds cube. Il est
exploité par un consortium composé des sociétés AFREN, IFC, SK Corp. et Petroci ; et cumule à
la fin de l’année 2007 une production d’environ 32 millions de barils d’huile et 75 milliards de
pieds‐cube de gaz.
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‐ Champ Baobab (bloc CI‐40), découvert en 2001 et produit depuis 2005. Ses réserves d’huile et
de gaz sont estimées à 200 millions de barils et 100 milliards de pieds cube. Son exploitation par
les partenaires suivants : CNR International Côte d’Ivoire, Svenska and Pétroci est toutefois
rendue difficile par des venues de sables qui ont entrainé l’arrêt de la production de cinq puits.
‐ Champ Espoir, situé sur le bloc CI‐26, est entré en phase de production en 2002. Ce champ
produit essentiellement de l’huile et du gaz associé. Il est exploité par un consortium composé de
CNR International Côte d’Ivoire, Tullow and Pétroci. Ses réserves d’huile et de gaz sont estimées
respectivement à 156 millions de barils et 399 milliards de pieds cubes
Champ Baleine, situé sur le bloc CI-101 découvert en septembre 2021 au large des côtes en eaux
profondes à l'Est du littoral. Ce champ produit du pétrole et du gaz naturel. Les ressources de ce
champ sont constituées de pétrole et de gaz naturel. Elles sont estimées à 2,5 milliards de barils
de pétrole brut et à 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel associé. L’exploitation a débuté
en 2023 par la société italienne Eni. Lors de la phase d'exploration, Eni contrôlait 90 % du bloc
CI-101 contre 10 % pour Petroci Holding qui représente les intérêts du gouvernement.
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L’exploitation de ces ressources est venue donner un souffle nouveau à l’économie.
La totalité du gaz naturel produit est utilisée pour la production électrique.
Quant aux revenus pétroliers, ils se sont élevés à un peu plus de 480 milliards de FCFA selon les
déclarations faites par l’Etat. Les sociétés major du secteur sont Petroci, CI Energies, Anadarko,
Total E&P CI, et Vitol Côte d’Ivoire. (Rapport de L’Initiative pour la transparence dans les
industries extractives (ITIE), (in Quotidien le Sursaut mardi 13/01/2015). La Côte d’Ivoire
dispose d’une importante société de raffinage (la Société Ivoirienne de Raffinage SIR) localisée à
Abidjan. Elle a une capacité de 3.500.000 tonnes/an de traitement brut : soit 70.000 barils/jour. A
ces unités de production d’énergie s’ajoutent les centrales thermiques de Vridi et d’Azito tous
situées à Abidjan
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La côte rocheuse du Sud-Ouest ivoirien, fort accidentée, comporte de belles plages : les plages
de Grand-Béréby, de Boubélé, de San Pedro, de Monogaga, de Pauli-plage et de Latéko.
A San Pedro, l'aménagement du bord de mer a été pensé d'emblée dans l'esprit des stations
balnéaires, avec un vaste boulevard bordé de constructions administratives et résidentielles de
haut standing. Les sites voisins de Grand-Béréby - la Baie des Sirènes et de Monogaga existent
depuis 1970. La création de l'ARSO en 1970 a changé les perspectives de cette région. En effet,
l’une des missions de cette société d'État en matière touristique était de modifier
considérablement le milieu socio-économique dans lequel s'insère l'équipement, et cela grâce à
l'amélioration de la liaison Abidjan-San Pedro, la construction du port et l'avènement de l'agro-
industrie. Ainsi, les villes de Sassandra, San Pedro, Grand-Béréby et Tabou deviennent des
supports à l'équipement touristique. Des investisseurs ont construit des complexes hôteliers de
qualité. Ces différents sites sont accessibles soit par voie terrestre, soit par voie aérienne ou par
voie maritime. Cette frange littorale jouit de conditions climatiques particulières.
A l’est, Abidjan et ses environs ont eu une place importante dans les différents plans
quinquennaux en matière de tourisme, le littoral d’Assinie en est un bel exemple. Située à 80 km
à l'est d'Abidjan Assinie est une station balnéaire, au bord du golfe de Guinée. Deux villages de
vacances y ont été construits : Assinie (à l'origine le Club Méditerranée) et Assouindé.
Plus proche d’Abidjan, Grand-Bassam est aussi une station balnéaire. Elle compte un bon nombre
d'hôtels et de restaurants lui permettant d’attirer davantage les touristes ainsi que les rencontres
internationales pour les colloques et les séminaires. Elle regorge aussi de lieux touristiques qui
permettent d'en savoir plus sur le passé historique de cette ville : le musée du costume, le centre
céramique, le phare, l'ancienne maison de la poste.
Le quartier de France de Grand-Bassam, considéré comme le cœur historique de la ville, est
classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
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4.4. Une industrie dynamisée par les deux ports maritimes
L’industrie ivoirienne est née de la volonté de transformer sur place, une bonne partie des
produits de l’agriculture. Elle contribue pour 20% au PIB. Aujourd’hui l’industrie manufacturière
domine à 80% le secteur secondaire. L’industrie ivoirienne, depuis sa naissance reste concentrée
sur le littoral. La ville d’Abidjan et son port abritent 80% des industries ivoiriennes dont 60%
pour le port seul. Cette industrie est dominée par l’agro-industrie. Ce sont les industries de Café,
Cacao et des oléagineux qu’on rencontre le plus. On rencontre des unités de traitement de noix de
cocos et de graines de palme dans la région de Jacqueville et Grand-Lahou, unilever, novalim,
chocodi à Abidjan. Les brasseries (solibra), les petites unités de production de confiseries et de
confitures sont localisées à Abidjan. On a aussi dans le port une grande raffinerie la Société
Ivoirienne de Raffinage (SIR). On note aussi la présence d’industrie du textile (Uniwax) à la zone
industrielle de Yopougon.
En dehors d’Abidjan l’activité industrielle la plus représentée est celle liée à l’exploitation du
bois (Tranchage et déroulage de bois, Scieries).
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Le deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan dit Côte d’Ivoire terminal, d’une capacité de
1,5 million d’EVP, a été mis en service en novembre 2022, accroissant ainsi la capacité du port à
2,5 millions d’EVP. En 2023, le port d’Abidjan a réalisé sur ses deux terminaux à conteneurs,
Abidjan terminal le premier et Côte d’Ivoire Terminal le second, un trafic de 1238000 EVP contre
841000 EVP en 2022 représentant une hausse de 47,3%. Le port d’Abidjan entre ainsi dans le lot
des ports traitant plus du million de conteneurs par an. Le port d’Abidjan accueille plus de 2100
navires par an.
Aujourd’hui ce port est l’essence même des relations commerciales entre la Côte d’Ivoire et le
reste du monde. Le port d’Abidjan dont le trafic était en majorité représenté par le bois (plus de 2
millions de tonnes en 1969), traite aujourd’hui un important trafic de produits pétroliers avec plus
de 10 millions de tonnes en 2010 et des produits agricoles. Troisième port du continent africain,
le port d’Abidjan dispose de 34 postes à quai s’étendant sur 6 km avec une capacité d’accueil de
60 navires en opérations commerciales simultanées. En plus des quais ordinaires, ce port exploite
plusieurs terminaux spécialisés dont un terminal à conteneurs moderne, un terminal fruitier, un
terminal à bois, un terminal minéralier, un port de pêche et des postes pétroliers en mer. Le port
d’Abidjan a été créé pour assurer de débouché extérieur aux productions destinées à
l’exportation.
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partent des villes portuaires vers l’intérieur du pays pour atteindre les frontières avec les pays
voisins (figure 8) :
- Le corridor Abidjan-Yamoussoukro-Ouangolodougou-frontières Burkina Faso et Mali. Il
est pourvu d’une autoroute de 300 km d’Abidjan à Bouaké dite autoroute du nord.
- Le corridor Abidjan- Bassam- Noé- Frontière du Ghana. Il est équipé d’une autoroute de
23 Km d’Abidjan à Grand Bassam.
- Le corridor Abidjan-San-Pédro-Tabou. Longeant le littoral cette voie est appelée "la
côtière" elle désenclave toute la bande du littoral et relie les 2 ports ivoiriens.
- Le corridor San Pédro - Man- Danané- frontiers Guinée et Libéria, est beaucoup utilisé
pour l’acheminement du Cacao au port de San-Pedro.
Ces 3corridors Noé-Abidjan, Abidjan-San Pedro et San Pedro-Man constituent le maillon
ivoirien de la route côtière transfrontalière (Cu1) Dakar – Abidjan – Lagos.
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Le transport routier se subdivise en deux sous-secteurs : le transport routier de personnes et le
transport routier de marchandises.
Le transport routier de personnes assure l’essentiel du transport des personnes. Il prend en compte
le transport urbain et interurbain de personnes au plan local et le transport inter Etat de personnes
(sous régional). Le transport routier de personne est assuré par de nombreuses compagnies de
transport dont la SOTRA au niveau du transport urbain à Abidjan, et de particuliers utilisant des
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véhicules climatisés ou non. Ce sont l’autocar, le bus, le taxi communal, le taxi compteur
horokilométrique à Abidjan, le mini car et la voiture banalisée. Ces véhicules ont en général une
capacité de 4 à 70 places. Chaque chef-lieu de département dispose au moins d’une compagnie de
transport qui le relie à Abidjan.
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Le littoral ivoirien est un espace restreint, fragile mais qui attire une population importante qui y
installe diverses activités qui participent à la dégradation du milieu. La dégradation du littoral
ivoirien engendrée par l’action de l’homme est constituée d’un ensemble de menaces aussi bien
pour le milieu que pour l’homme et ses activités. Ce sont l’érosion côtière et les pollutions
provoquées par l’urbanisation, la surpopulation et l’industrialisation des côtes.
La construction et les travaux de protection du canal de Vridi sont l’une des causes de l’érosion
côtière. Depuis la construction du canal de Vridi, la majeure partie du transit de sable de l’Ouest
vers l’Est n’est plus possible, car elle est piégée par les musoirs et épis d’arrêt de sables (280 m).
La quantité de sables qui est donc arraché à l’Est du canal n’est plus remplacée ; ce qui entraîne
une érosion continue dans les zones proches du canal de Vridi.
Toutes les activités empêchent le transit normal de sables sur le littoral ; ce qui a pour
conséquence un engraissement ou une érosion de part et d’autre du canal. Toutefois, cette érosion
reste faible à l’exception des carrières de sable.
Les plages sont de plus en plus utilisées comme carrières. L’exploitation de grandes quantités de
sables empêche les plages d’atteindre leur profil d’équilibre, ce qui entraîne par endroit des zones
d’érosions. L’extraction de sable est une activité déstabilisatrice de l’écologie des milieux marins
et lagunaires. Le pompage du sable des fonds lagunaires entraîne une forte turbidité du plan
d’eau. Or, l’eau trouble limite la pénétration de l’oxygène et de la lumière.
5.2. La pollution
Les déchets polluants peuvent se rencontrer sous forme solide, liquide ou gazeuse. Il s’agit de
pollutions chimiques, organiques, microbiennes, par hydrocarbures et par émissions en air.
Les industries installées sur le littoral déversent dans les eaux à travers les égouts, des produits
toxiques tels que la soude, les acides, les huiles minérales, les pigments des industries textiles, la
glycérine des savonneries.
On note aussi la pollution issue de l’utilisation de certains produits chimiques (la gamarine) dans
les activités de pêche.
La pollution chimique provient aussi des pesticides et insecticides utilisés dans l’agriculture. Ces
produits chimiques sont entraînés par les eaux de ruissellement dans les lagunes, les fleuves
côtiers et dans les eaux marines.
Les sources les plus connues de la pollution organique sont les rejets des industries et les
différents déchets domestiques.
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Ces rejets sont constitués de malts, de levures, d’huiles végétales que les industries déversent
dans les eaux lagunaires et marines.
Il s’agit des ordures ménagères collectées et non collectées qui sont à dessein ou clandestinement
jetées dans certains endroits sensibles, aux abords des lagunes ou sur des plages. On note aussi
les eaux usées provenant des réseaux d’assainissement tels que les égouts qui sont directement
connectés aux lagunes et aux plages.
La pollution microbienne est la contamination des eaux lagunaires et marines due aux matières
fécales, aux rejets des égouts et aux effluents acheminés par les eaux pluviales.
La pollution de l’air sur le littoral se caractérise par les émissions en air des centrales thermiques,
des unités industrielles et des moyens de transport motorisés.
Les sources les plus importantes de pollutions par hydrocarbures sont généralement les
opérations de déballastages de navires-citernes ou de manutention de la cargaison. Il faut aussi
ajouter la pollution causée par l’exploration et l’exploitation de pétrole brute aux larges de la
côte Est ivoirienne (des boulettes de goudrons sont retrouvées sur les plages). La marée noire
qui s’est produite au large de Jacqueville et qui a affecté son environnement est un exemple
palpable de la pollution par hydrocarbures. En effet dans la nuit 27 au 28 Mars 2006, suite à un
accident, un bateau canadien de forage a déversé dans la mer environ 5075 m 3 d’un mélange de
brut et d’eaux usées non loin de la plate-forme pétrolière AL BARAKA au large de Jacqueville.
Ce qui a entrainé une marée noire de 15 km de long sur 1 km de large. Cette marée noire a
fortement dégradé la qualité des eaux marines au large de Jacqueville, avec son corolaire de
pertes en biodiversité de ce milieu aquatique. La dégradation du littoral entrainée par l’action
humaine engendre des conflits.
Toutefois, la principale menace du littoral ivoirien et de son exploitation reste la montée des
eaux marines.
La montée des eaux marines et son avancée sur le littoral entrainent le déplacement des
populations à l’intérieur des terres tout le long du littoral ivoirien. Toute cette zone est menacée
par ce phénomène qui a déjà entrainé de nombreux dégâts (destruction d’habitations et
d’infrastructures). Ces conséquences sont irréversibles. A ce jour, l’ancienne route de Grand
Bassam est sous la mer. L’ex-village de Jacqueville a également disparu sous la mer. Du côté de
San-Pedro, des restaurateurs longtemps installés sur le front maritime, ont constaté qu’ils mettent
désormais beaucoup moins de temps à faire reculer leurs installations, pour échapper à l’érosion
marine, que par le passé. La montée des eaux marines en Côte d’Ivoire est l’une des
conséquences du réchauffement climatique.
Le constat établi par certaines études réalisées sur le littoral ivoirien, est que le trait de côte
(le littoral) enregistre un recul moyen d’environ 1 à 3m par an au profit de la mer.
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ressources aquatiques) et surtout naturelles (érosion des plages, élévation du niveau de la
mer, les marées de tempêtes).
C’est une situation d’autant plus préoccupante que les populations riveraines sont victimes
de la destruction de leurs habitations et le bouleversement de leurs moyens de subsistance
(ressources océaniques et en eau douce) avec pour corollaires les migrations susceptibles de
provoquer des conflits. L’économie du pays subit également les conséquences de ce
phénomène par la dégradation ou destruction des installations industrielles de premier plan
comme la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), l’Aéroport International, les Ports
Autonomes d’Abidjan et de San Pedro ainsi que les installations hôtelières (Abidjan, Grand-
Bassam, Assinie et San Pedro). « Depuis plus de deux décennies, le littoral ivoirien subit le
phénomène de l’érosion côtière accentué par les changements climatiques. Dans le cadre des
actions menées pour lutter contre ces problématiques environnementales majeures, le
Gouvernement a entrepris des actions aussi bien sur le plan des investissements que sur le
plan institutionnel et législatif afin d’assurer la résilience et l’adaptation des communautés
contre les catastrophes naturelles.
Le Gouvernement ivoirien a adopté le 2 Juin 2017 la Loi 2017-378 portant Aménagement,
Protection et Gestion Intégrée du Littoral dont l’article 37 dispose qu’il est créé une Agence
qui se chargerait de l’aménagement et de la gestion du littoral. Cette loi a été adoptée et
promulguée afin de régir le domaine du littoral afin d’assurer l’équilibre entre son
exploitation et sa protection. Elle vient renforcer la cohérence des activités dans cette zone
hautement sensible qu’est le littoral et mieux assurer la résilience et l’adaptation des
communautés contre les catastrophes naturelles.
le Gouvernement ivoirien a mis en place, avec l’appui technique et financier de la Banque
mondiale, le Projet d’Investissement pour la Résilience des Zones Côtières Ouest-Africaines
(WACA-ResIP), mis en vigueur en septembre 2014, et dont la mise en œuvre se fera sur la
période 2018-2023 », a indiqué Ochou Abé Delfin, Coordonnateur du WACA.
Conclusion
Plusieurs types de paysages sont rencontrés sur le littoral ivoirien. Ainsi, des plaines avec des
cordons dunaires et les lagunes s’observent à l’Est tandis que les plateaux rocheux occupent
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l’ouest. Les savanes et les forêts littorales sont rencontrées de Tiapoum à Tabou. Le paysage
continental ajouté à la mer donne au littoral des richesses des richesses qu’on ne rencontre nulle
part ailleurs en Côte d’Ivoire. Toutes ces richesses ont attiré de nombreuses personnes qui
pratiquent des activités économiques diversifiées sur le littoral ivoirien. L’on y pratique la pêche
et d'aquaculture dans le cadre de l’exploitation des ressources de la mer et des lagunes. Le littoral
ivoirien présente un bassin pétrolier essentiellement offshore. L’exploitation des ressources
pétrolières est venue donner un souffle nouveau à l’économie ivoirienne. La Côte d’Ivoire
dispose de 2 ports maritimes : le port d’Abidjan et le port de San-Pedro. Grâce à ces
infrastructures portuaires, de nombreuses industries se sont installées sur le littoral. L’exploitation
du littoral au travers de ces nombreuses activités implantées participent à la dégradation du
milieu. Cet état constitue une menace aussi bien pour les richesses du milieu que pour l’homme et
ses activités. D’où la nécessité de contrôler les activités menées sur le littoral afin de les
pérenniser.
Bibliographie
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sédimentaire du littoral ivoirien (cas du littoral d’Abidjan) essais de modélisation en vue d’une
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Tapé Bidi Jean, 2004 : Economie maritime et portuaire de la Côte d’Ivoire : Etude géographique
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Potier Patrick et Anoh Kouassi Paul, 2008. Géographie du littoral de la Côte d’Ivoire, Elément
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