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La Production: Processus Biologiques

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LA PRODUCTION

LA PERSPECTIVE DES
processus biologiques
durablement
LA PRODUCTION

LA PERSPECTIVE DES
processus biologiques

INTRODUCTION
Page 1

1
RÉGULATION ET CONTRÔLE DES RAVAGEURS
Page 4

2
POLLINISATION
Page 10

3
PROCESSUS BIOLOGIQUES RELATIFS AUX SOLS
Page 16

4
ENVIRONNEMENTS POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL FAVORABLES
Page 32

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE - ROME, 2011

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 1


Les appellations employées dans cette
publication et la présentation des données
qui y figurent n’impliquent de la part de
l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO)
aucune prise de position quant au statut
juridique ou au niveau de développement
des pays, territoires, villes ou zones, ou de
leurs autorités, ni quant au tracé de leurs
frontières ou limites. La mention de sociétés
déterminées ou de produits de fabricants,
qu’ils soient ou non brevetés, n’entraîne de
la part de la FAO aucune approbation ou
recommandation desdits produits ou sociétés
de préférence à d’autres de nature analogue
qui ne sont pas cités.

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FAO
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© FAO, 2011 (Edition Française)


FAO, 2009 (Edition Anglais)
LA POPULATION MONDIALE DEVRAIT DÉPASSER LES
9 MILLIARDS D’ICI À 2050. LA PRODUCTION AGRICOLE
MONDIALE DEVRA DONC AUGMENTER DE 70 POUR
CENT SUR LA MÊME PÉRIODE AFIN DE NOURRIR CETTE
POPULATION. La nécessité de nourrir davantage de
personnes accroît la pression sur la production
végétale et sur la base de ressources dont elle dépend. Ce phénomène
est exacerbé par d’autres éléments: problèmes liés à un environnement
de plus en plus dégradé, incertitudes découlant des changements clima-
tiques et d’autres facteurs de stress comme l’urbanisation croissante et
la volatilité des cours des produits alimentaires.

La communauté internationale doit satisfaire cette demande alimentaire


en augmentation dans un monde où la résistance des écosystèmes est
compromise et où les ressources en terre disponibles pour l’expansion
agricole sont limitées, ce qui complique encore davantage la situation.

Compte tenu de la pénurie de terre, la principale solution envisageable


est l’intensification de la production végétale plutôt que l’expansion de la
surface cultivée. Il est essentiel de bien gérer les écosystèmes pour garantir
l’existence d’une base de ressources saine sur laquelle peut s’appuyer
l’intensification durable, afin de produire suffisamment de nourriture
d’ici à 2050, et par la suite.

Les pratiques agricoles sont en pleine évolution: la forte dépendance


aux intrants non renouvelables et l’intensification basée sur les produits
chimiques, comme les pesticides, cèdent progressivement la place à
d’autres formes d’intensification fondées sur les processus biologiques
naturels et la biodiversité en vue d’accroître la productivité des écosys-
tèmes agricoles.

1
INTRODUCTION

Les principes scientifiques et biologiques qui sous-tendent l’amélioration de


la santé des sols, la gestion de la pollinisation ou le contrôle des populations
de ravageurs - intégrés aux pratiques agricoles - montrent que les rende-
ments peuvent être augmentés grâce à la gestion durable des écosystèmes.

LES AGRICULTEURS JOUENT UN RÔLE ESSENTIEL DE GARANTS DE LA BIODIVER-


SITÉ ET DE GESTIONNAIRES DES ÉCOSYSTÈMES. Au niveau local, les pratiques,
approches ou technologies agricoles basées sur la gestion des processus
biologiques qui fournissent les biens et services écosystémiques essen-
tiels peuvent être appliquées à l’augmentation des rendements agricoles
et à l’optimisation de l’utilisation des intrants, tout en entretenant ou en
améliorant la santé des écosystèmes. Il existe un éventail de possibilités
en matière de bonnes pratiques, approches et technologies de gestion des
exploitations qui sont fondées sur des processus biologiques. En voici
quelques exemples: agriculture de conservation, gestion intégrée
des éléments nutritifs des végétaux, protection intégrée et gestion
de la pollinisation.

Ces pratiques de gestion des exploitations sont de plus en plus utilisées


en vue d’une intensification durable de la production végétale, qui est un
élément clé pour nourrir le monde aujourd’hui et demain (figure 1).

Afin que la production alimentaire puisse s’accroître à l’avenir, LA


PRODUCTION VÉGÉTALE DEVRA S’ADAPTER AU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET
EN ATTENUER LES EFFETS. Les effets négatifs des changements climati-
ques sur la productivité, qui se font déjà sentir dans le secteur agricole,
ne peuvent être contrecarrés que par une meilleure compréhension
des processus biologiques à l’œuvre dans les pratiques de gestion des
exploitations. À cet égard, la gestion des écosystèmes doit intégrer
aux pratiques agricoles des mesures de résistance et d’atténuation des
risques car ces éléments sont de plus en plus pertinents dans le contexte
du changement climatique.

2 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


figure 1

NOURRIR LE MONDE: UN PROCESSUS, UNE CONTINUITÉ

NOURRIR LE MONDE > Augmentation de 70% de la


production alimentaire d’ici à 2050

> Nécessité d’améliorer la productivité moyennant


une expansion limitée des terres
> Nécessité de développer les marchés et
ACCROÎTRE LA PRODUCTION
les infrastructures
ALIMENTAIRE INTÉRIEURE > Nécessité de veiller à la santé des paysages
> Nécessité de maximiser
les processus biologiques

INTENSIFICATION DURABLE DE > Nécessité d’intensifier la production alimentaire au


LA PRODUCTION VÉGÉTALE GRÂCE cours des 40 prochaines années en gérant la
À LA GESTION DE LA BIODIVERSITÉ biodiversité et les écosystèmes
ET DES ÉCOSYSTÈMES > Nécessité d’élaborer un plan de renforcement des
écosystèmes adapté au contexte local par le biais de la
gestion adaptative et de la recherche appliquée

> Nécessité d’investir dans la vulgarisation


AU NIVEAU LOCAL adaptative locale
> Nécessité de renforcer les réseaux
sociaux d’apprentissage
> Nécessité de renforcer les processus
de décision locaux

La présente brochure illustre certains des processus biologiques qui


sous-tendent les bonnes pratiques agricoles en vue d’une intensification
durable de la production végétale.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 3


1 REGULATION
ET CONTRÔLE
DES RAVAGEURS
LES PRODUCTEURS DE RIZ NOURRISSENT PLUS DE
PERSONNES QUE LES PRODUCTEURS DES AUTRES
CULTURES. LE RIZ EST LA CULTURE VIVRIÈRE PRÉ-
DOMINANTE DANS LES PAYS OÙ VIT LA MAJORITÉ
DE LA POPULATION MONDIALE. La production de
riz a été stimulée par l’irrigation, les semences
issues de nouvelles variétés et les engrais dans les années 1970 (“révolu-
tion verte”) mais elle a été menacée dans les années 1980 par des attaques
massives d’insectes nuisibles, en particulier de la cicadelle brune du riz.
Des variétés de riz résistantes ont été mises au point par des chercheurs
et distribuées par les systèmes semenciers nationaux. Cependant, au
fur et à mesure de l’évolution des populations de ravageurs, elles ont
perdu de leur efficacité et les infestations d’insectes se sont poursuivies,
occasionnant de graves dommages et tuant parfois des plants de riz.

Dans les années 1990, des réformes auda-


cieuses destinées à supprimer les subven-
tions aux insecticides ont été combinées
au financement d’une formation généra-
lisée des agriculteurs, dans le cadre de
champs-écoles, afin de réduire l’utilisation
des insecticides et de mettre fin aux attaques
d’organismes nuisibles. Aux Philippines,
entre 1996 et 2007, la production de riz a
augmenté de 60 pour cent et le rendement
par hectare a connu une hausse de 12 pour
cent. Au cours de cette période, le nombre
d’applications d’insecticides et de matières
actives a baissé de plus de 70 pour cent.

4 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Ailleurs, ces tendances ont perduré pendant plusieurs décennies. En
Indonésie, par exemple, le coût des insecticides employés dans la culture
du riz a chuté de 75 pour cent, tandis que la production de cette céréale
a augmenté de plus de 25 pour cent entre 1986 – date de lancement de
la politique de protection intégrée (PI) – et 2001. En Inde, entre 1994
et 2002, la production totale de céréales vivrières a augmenté de plus
de 20 pour cent tandis que l’utilisation de pesticides, qui se chiffre en
tonnes, a diminué de 35 pour cent.

figure 2
INDONÉSIE: PRODUCTION DE RIZ ET COÛT DES PESTICIDES (1973-2001)
180 60 000
160

Production de riz paddy


Pesticides utilisés pour le riz

50 000

(milliers de tonnes)
140
(millions d’USD)

120 40 000
100
30 000
80
60 20 000
40
10 000
20
0 0
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001

coût des pesticides production de riz

figure 3
INDE: PRODUCTION ANNUELLE TOTALE DE CÉRÉALES VIVRIÈRES
ET QUANTITÉ TOTALE DE PESTICIDES
Pesticides (milliers de tonnes, qualité technique)

80 000
1992-1993 Droits d’accise sur les pesticides en sortie d’usine

Grains vivriers (millions de tonnes)

70 000
200
60 000
50 000 150
40 000
1986-1987 Politique nationale de PI

30 000 100
20 000
50
10 000
0 0
1955-1956
1956-1957
1957-1958
1958-1859
1959-1960
1960-1961
1961-1962
1962-1963
1963-1964
1964-1965
1965-1966
1966-1967
1967-1968
1968-1969
1969-1970
1970-1971
1971-1972
1972-1973
1973-1974
1974-1975
1975-1976
1976-1977
1977-1978
1978-1979
1980-1981
1981-1982
1982-1983
1983-1984
1984-1985
1985-1986

1987-1988
1988-1989
1989-1990
1990-1991
1991-1992

1993-1994
1994-1995
1995-1996
1996-1997
1997-1998
1998-1999
1999-2000
2000-2001
2001-2002

coût des pesticides production des céréales vivrières

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 5


1
R E G U L AT I O N E T C O N T R Ô L E D E S R AVA G E U R S

Compte tenu de la nécessité d’intensifier à nouveau la production de riz


afin de satisfaire la demande future et de la commercialisation généra-
lisée d’insecticides moins coûteux, n’étant plus protégés par des brevets,
les agriculteurs et les responsables politiques doivent prendre une fois de
plus des décisions importantes concernant les méthodes d’intensification
de la production de riz.

PROCESSUS BIOLOGIQUES

Les écosystèmes agricoles du riz irrigué évoluent sous l’influence de la


gestion humaine depuis plus de 5 000 ans, ce qui correspond à plus de
50 000 générations de phytophages (herbivores) comme la cicadelle brune
du riz. Lorsque l’écosystème n’est pas perturbé, ces insectes font partie d’un
réseau trophique complexe qui transforme la lumière du soleil et la matière
organique du sol en énergie, permettant ainsi à des centaines d’espèces et à
des millions d’insectes et d’araignées de vivre dans chaque rizière: dans le
sol, sous l’eau et à sa surface, sur et autour des plantes, notamment du riz.

figure 4
À CHAQUE ÉTAPE DE LEURS CYCLES DE VIE, LES HERBIVORES
SONT ATTAQUÉS PAR DES PRÉDATEURS SPÉCIALISÉS QUI VIVENT
DANS L’ÉCOSYSTÈME DE LA RIZIÈRE

HYPERPARASITOÏDES ARTHROPODES PRÉDATEURS

PARASITOÏDES CHIRONOMIDÉS ET MOUSTIQUES

HERBIVORES TUBIFICIDÉS

PLANTS DE RIZ MICROCRUSTACÉS

ROTIFÈRES
CO 2 DÉTRITIVORES PHYTOPLANCTON
P 2O 5 PROTOZOAIRES
NH 4
NO 3 BACTÉRIES

AUTRES
MATIÈRE ORGANIQUE

champ zone aquatique lumière du soleil

6 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Certains prédateurs attaquent les
œufs de la cicadelle brune en suivant
la trace laissée par les femelles
lorsqu’elles pondent dans la tige du
riz; ils aspirent le contenu de tous les
œufs placés le long de la tige.

D’autres ne vivent qu’à la surface des étendues d’eau


douce comme les étangs, les cours d’eau et les rizières.
Ils s’en prennent aux jeunes cicadelles brunes nouvel-
lement écloses qui tombent quotidiennement à l’eau.

Les araignées prédatrices peuvent


tuer et manger plus de 20 cicadelles
brunes par jour, afin de permettre
à leurs propres œufs de parvenir à
maturité et de donner naissance à
davantage de jeunes prédateurs.

Au sein de l’écosystème, ces prédateurs et bien d’autres jouent un rôle de


régulateurs naturels et biologiques des organismes nuisibles qui ravagent
les cultures annuelles comme le riz. Leur fonction prend ou perd de
l’ampleur à mesure qu’ils se multiplient ou s’installent dans d’autres
champs, à la recherche de populations plus importantes de ravageurs.
Elle se renouvelle grâce à l’arrivée de nouveaux individus et à la repro-
duction dans les rizières, deux phénomènes qui dépendent de leur source
de nourriture: les ravageurs.

En améliorant cette fonction, en assainissant la rizière, davantage de


services écosystémiques seront dispensés: il s’agit, dans ce cas, du contrôle
des ravageurs.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 7


1 R E G U L AT I O N E T C O N T R Ô L E D E S R AVA G E U R S

PROTÉGER ET AMÉLIORER
LES ÉCOSYSTÈMES TOUT EN INTENSIFIANT
LA PRODUCTION

Lorsque des insecticides sont appliqués dans les rizières, tous les types
d’insectes et d’araignées sont tués, aussi bien les phytophages que les préda-
teurs. Cela permet aux œufs des ravageurs d’éclore et de survivre beaucoup
plus longtemps que dans des champs non traités. La figure 5 montre que le
nombre d’organismes nuisibles augmentait de plus de 600 pour cent dans
une rizière d’Indonésie quand des insecticides étaient utilisés.

figure 5
NORD-OUEST DE JAVA – SAISON 2
Non traité Traité
1093
F A F A

750 750
Moyenne par mètre carré

600 600
450 450
300 300
150 150
0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Jours après repiquage
Parasite
F Carbofuran Prédateur
A Azodrine Herbivore
Neutres

Ce phénomène peut être observé


même dans des champs de petite
taille: la partie qui n’a pas subi de
pulvérisation est à l’arrière-plan et
les parties traitées, au premier plan,
sont presque mortes.

8 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Évidemment, dans certaines situations, les
populations de prédateurs ne sont pas en
mesure de réagir à temps, comme après des
inondations massives ou une sécheresse
prolongée, mais LA DÉCISION D’APPLIQUER
DES INSECTICIDES DOIT ÊTRE PRISE DANS
CHAQUE RIZIÈRE EN FONCTION DU NOMBRE
DE PRÉDATEURS AINSI QUE DE L’ÉTAT DES
CULTURES ET DU NOMBRE DE RAVAGEURS.

Afin de prendre ces décisions de façon éclairée, d’optimiser et d’adapter


la gestion au cas par cas, les agriculteurs doivent renforcer leurs propres
systèmes de connaissance en utilisant des concepts écologiques actuels,
comme la prédation.

La FAO travaille dans ce domaine en partenariat avec de nombreuses


organisations nationales spécialisées dans les systèmes agricoles, la
recherche ou la vulgarisation, universitaires ou non gouvernementales,
ainsi que des organisations agricoles locales afin de permettre à des
millions de producteurs de riz de se familiariser avec ces concepts écolo-
giques dans des centaines de milliers de CHAMPS-ECOLES.

Des exemples de champs - écoles en Indonésie, au Mali et en Iran

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 9


2 POLLINISATION
AMÉLIORER
LES RENDEMENTS ET LA QUALITÉ
DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE

Les insectes et d’autres animaux de petite taille


remplissent un rôle essentiel: celui de la pollini-
sation. Pourtant, leur importante contribution au secteur agricole est
souvent négligée. Dans les écosystèmes agricoles, les pollinisateurs
sauvages et domestiques sont indispensables à la production fruitière,
horticole et fourragère, ainsi qu’à la production de semences de
nombreuses plantes racines et textiles. LES POLLINISATEURS COMME LES
ABEILLES, LES OISEAUX ET LES CHAUVES-SOURIS INTERVIENNENT DANS
35 POUR CENT DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE MONDIALE, ACCROISSANT CELLE
DE 87 DES PRINCIPALES CULTURES VIVRIÈRES, AINSI QUE DE NOMBREUSES
PLANTES MEDICINALES À L’ÉCHELLE DU GLOBE.

L’absence de pollinisation peut faire baisser de


manière significative les quantités produites,
mais des éléments démontrent qu’elle peut
également avoir un effet négatif sur la qualité
des fruits et des semences. Le tableau de la
page suivante regroupe des cultures dont la
production peut connaître une baisse – allant
jusqu’à 90 pour cent – si la pollinisation n’a
pas lieu.

10 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


L’ABSENCE DE POLLINISATEURS
PEUT RÉDUIRE LA PRODUCTION DE CERTAINES CULTURES

RÉDUCTION RÉDUCTION RÉDUCTION


DE PLUS DE 90 % DE 40-90 % DE 10-40 %

Kiwi Café (robusta) Fraises


Chérimole Noix de cajou Graines de sésame
Pastèque Cardamome Aubergine
Courge Colza Fèves
Fèves de cacao Sarrasin Noix de coco
Vanille Myrtilles
Pommes
Mangues
Avocats
Framboises
Figues

Source: Klein, A.-M. et al. 2007. Importance of pollinators in changing landscapes for world crops.
Proc. R. Soc. Lond. B Biol. Sci. 274, 303-313

Le fait de mieux connaître le rôle de la pollinisation dans la produc-


tion alimentaire s’accompagne d’une plus grande compréhension de la
contribution majeure des pollinisateurs sauvages. Il s’agit principalement
des abeilles, mais aussi des thrips, des guêpes, des mouches, des cocci-
nelles, des lépidoptères et d’autres insectes, ainsi que des oiseaux et des
chauves-souris.

La conservation de cette biodiversité des pollinisateurs dans les paysages


agricoles peut permettre d’assurer la pollinisation indispensable, tout en
remplissant une fonction cruciale qui consiste à limiter les risques liés aux
ravageurs et aux maladies au sein des populations de pollinisateurs gérées.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 11


2
POLLINISATION
LLIN

PRATIQUES DE GESTION DE LA POLLINISATION

Dans de multiples écosystèmes agricoles et systèmes écologiques, des


pratiques de gestion qui ne nuisent pas aux pollinisateurs ont été mises
au point: elles servent à améliorer les rendements, la qualité, la diversité
et la résistance des cultures et des systèmes de culture. Voici quelques
exemples de leurs applications:

> Préserver l’habitat sauvage.


> Gérer les systèmes de culture, les lisières des champs où les fleurs
prospèrent, les zones tampons et les haies permanentes afin de fournir
un habitat et du fourrage.
> Cultiver des essences d’ombre.
> Ménager des sites de nidation pour les abeilles, notamment en n’abat-
tant pas les arbres morts et en ne touchant pas aux branches tombées.
> Réduire l’application de pesticides et les risques associés.
> Établir des configurations de paysage qui favorisent la pollinisation
(étude de cas au Costa Rica).

Une étude (figure 6) portant sur la valeur des services de pollinisation


– en termes de diversité, de rendement, de qualité et de valeur écono-
mique – dans des plantations de café du Costa Rica a montré que plus la
forêt était proche de l’exploitation, plus la diversité des pollinisateurs qui
visitaient les caféiers et leur nombre étaient importants. Par exemple, les
caféiers qui se trouvent à proximité d’une zone forestière sont visités par
une plus grande variété de communautés d’abeilles, ce qui se traduit par
une amélioration des rendements ainsi que de la qualité du café.

12 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


figure 6
CONFIGURATION DE PAYSAGE FAVORISANT
LES SERVICES DE POLLINISATION
- proximité de la forêt -

Pollinisation naturelle du caféier:


diversité accrue des pollinisateurs = augmentation des rendements du café =
hausse des revenus des producteurs

Dans un rayon de 100 mètres autour de la forêt


À plus d’un kilomètre de la forêt

Pour une seule grande plantation,


les services de pollinisation
des deux plus importantes aires forestières
de la zone étudiée
représentaient environ
60 000 USD
REVENU
SUPPLÉMENTAIRE
ANNUEL

= =
baisse des Plus grande diversité
rendements de 20 % des pollinisateurs

A
N
N
i i
F F F
F
i
i
i
N
N
B
N N
C

Ce schéma résume les principales conclusions de l’étude sur le Costa Rica.


L’exploitation étudiée est figurée en blanc; la zone en pointillés regroupe
des caféiers, des pâturages et de la canne à sucre;
et les zones sombres (A, B et C) représentent les forêts.
Les sites portent la mention N (proche), i (intermédiaire) et F (éloigné).

Source: Ricketts et al. Economic value of tropical forest to coffee production.


PNAS 24 août 2004, vol. 101 n° 34 12579-12582

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 13


2
POLLINISATION
LLIN

Comme le suggère l’étude, entretenir les zones de nidation des pollinisa-


teurs – comme les petites aires forestières – à proximité de l’exploitation
est une pratique de gestion favorable à la pollinisation. Cela présente
également un autre avantage, outre les rendements plus élevés et la
meilleure qualité du café (et, en bout de chaîne, l’accroissement des
revenus des producteurs): en entretenant la forêt, les agriculteurs contri-
buent à maintenir d’autres services écosystémiques prodigués par la
forêt elle-même, comme la fourniture de bois de chauffe ou de ressources
génétiques et la régulation climatique.

Les pratiques de gestion de la pollinisation peuvent également être utili-


sées pour répondre aux changements climatiques. Les communautés
agricoles peuvent s’adapter au mieux aux impacts de ce phénomène
sur les pollinisateurs, notamment en prenant en compte la disponibilité
saisonnière des ressources nécessaires à ces espèces et en veillant à la
connectivité des habitats naturels dans les zones cultivées (facilitant ainsi
la dispersion des pollinisateurs en cas de modification des parcours due
au changement climatique).

14 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Les pratiques de gestion de la pollinisation peuvent aussi être appli-
quées à l’atténuation des effets du changement climatique. Beaucoup de
bonnes pratiques agricoles qui entretiennent la capacité des écosystèmes
à fournir des services englobent des mesures destinées à accroître la
couverture végétale et la biodiversité liée aux cultures. Ainsi, le dévelop-
pement des pollinisateurs peut être favorisé grâce à l’accroissement des
plantes à fleur non agricoles dans les champs, notamment sous la forme
de cultures de couverture, de cultures en bandes ou de haies.

QUE PEUVENT FAIRE LES DÉCIDEURS?

> Promouvoir des politiques qui encouragent les actions favorables aux
pollinisateurs comme la planification de l’utilisation des terres et,
quand cela est possible, l’usage responsable des pesticides.
> Renforcer les capacités en matière de gestion durable des pollinisateurs.
> Mettre en avant la contribution de la pollinisation à l’agriculture et
aux moyens de subsistance durables.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 15


3 PROCESSUS
BIOLOGIQUES
RELATIFS
AUX SOLS
PROCESSUS DE NUTRITION
DES PLANTES (FERTILISATION
BIOLOGIQUE)

L’AGRICULTURE NE PEUT PROSPÉRER QUE SI LES SOLS


SONT SAINS. La partie vivante de ceux-ci, appelée
BIOTE DU SOL, englobe toutes les formes de vie présentes dans le système
édaphique: la faune et la flore, les systèmes radiculaires souterrains de la
végétation, et leurs fonctions écosystémiques.

La biote du sol est inextricablement liée à la nutrition des plantes au travers


de processus biologiques comme la fixation de l’azote, la mobilisation, le
stockage, la libération et le cycle des nutriments ainsi que le maintien du
pH des sols, la capacité d’échange cationique, la structure et la porosité. Ces
facteurs sont liés à leur tour à la transformation de la matière organique
des plantes par le biais des réseaux trophiques des microorganismes vivant
dans le sol.

Dans ce contexte, l’amélioration de ces pro-


cessus biologiques peut permettre d’accroître
la disponibilité et l’efficacité des nutriments.
Si leur disponibilité augmente, les besoins en
engrais minéraux peuvent être réduits, ce qui
limite à la fois le coût des intrants et l’empreinte
environnementale de la production végétale.

16 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Le phosphore (P): l’un des principaux nutriments
des végétaux

Le phosphore utilisé comme engrais est une ressource limitée, essentielle-


ment obtenue grâce à l’extraction minière (phosphate naturel). C’est l’un
des trois principaux éléments de la nutrition des végétaux: il est essentiel
au fonctionnement et au développement de ces êtres vivants. Dans le
sol, il peut être facilement immobilisé, ce qui empêche les racines des
végétaux de l’atteindre dans la plupart des régions tropicales. Par consé-
quent, c’est un facteur limitatif en matière de production végétale. Il est
important de trouver des moyens de mobiliser le phosphore contenu dans
les sols et de le rendre disponible pour les végétaux. À cet effet, il faut
favoriser le développement des mycorhizes et l’accroissement de l’activité
biologique associée dans le système sol-racine.

> La mycorhize est une association symbiotique entre des champi-


gnons et des racines de végétaux. Le champignon peut pénétrer dans
les cellules des racines (endomycorhize) ou non (ectomycorhize).
Il favorise la croissance des racines et étend le système radiculaire,
fournissant du phosphore aux végétaux.
> La mycorhize produit des acides organiques, stabilise le pH et mobilise
le phosphore, notamment dans les sols à pH élevé.

Pompes à nutriments: les racines profondes contribuent


à l’équilibre nutritif

Les sols riches en matière organique disposent d’un réservoir de nutri-


ments bien équilibrés qui contribuent à la croissance et au développement
des végétaux. Ainsi, ils ne sont pas exposés à tous les problèmes résultant
d’une nutrition végétale déséquilibrée, comme la baisse de l’efficacité des
engrais et de la qualité des cultures.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 17


3
P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

> Pour une croissance et un développement optimaux des végétaux, il est


important que le réservoir de matière organique permette d’atteindre un
équilibre nutritif.
> Les végétaux à racines profondes pompent des nutriments qui peuvent
ensuite être réutilisés par le biais de leurs résidus en décomposition.

La matière organique contenue dans le sol permet également de stocker


des nutriments qui, sinon, seraient lessivés.

Les plantes à racines profondes, qui servent de cultures de couverture entre


les cultures commerciales, en séquence ou en association, peuvent puiser
des nutriments dans des strates plus profondes du sol et les ramener à la
surface. Ces nutriments sont alors disponibles pour les cultures suivantes
lorsque les résidus végétaux se décomposent.

L’azote (N): l’un des principaux éléments constitutifs


des protéines

Certaines bactéries transforment l’azote atmosphérique en composés organi-


ques azotés dont se nourrissent les végétaux et les microorganismes du sol.

> Il existe des bactéries symbiotiques fixatrices


d’azote, comme les rhizobiums que l’on trouve
dans les nodosités radicales des légumineuses
(légumes secs, graines oléagineuses, arbres et
arbustes, légumineuses de pâturage).
> Il existe aussi des bactéries libres fixatrices
d’azote comme Azotobacter et Beijerinkia qui
vivent dans la rhizosphère, la partie du sol qui
Nodosités racinaires entoure les racines des végétaux.
fixatrices d’azote de
légumineuses (comme
les petits pois, les
haricots et le trèfle)

18 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Ces bactéries transforment l’azote présent dans l’atmosphère (diazote,
N2) en composés organiques azotés dont se nourrissent les végétaux et les
microorganismes du sol.

Dans le monde, environ 44 à 66 millions de tonnes de diazote sont fixées


annuellement dans les terres agricoles par des légumineuses et d’autres
organismes vivant dans le sol, ce qui fournit près de la moitié du diazote
utilisé pour l’agriculture1. La fixation de diazote par les légumineuses
contribue grandement à rendre l’agriculture plus viable sur le plan écono-
mique et moins nuisible pour l’environnement.

Maïs cultivé en association avec une culture légumineuse intercalaire afin d’accroître la
quantité d’azote fournie au sol

1 Giller, K.E. 2001. Nitrogen Fixation in Tropical Cropping Systems. CABI Publishing,
Wallingford, Royaume-Uni

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 19


3
P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

FIXATION BIOLOGIQUE DE L’AZOTE:


LE RÔLE DES SYSTÈMES BASÉS SUR LES LÉGUMINEUSES

Importance des légumes secs et des graines oléagineuses

Quelques 56 millions de tonnes de légumes secs, 257 millions de tonnes


de graines oléagineuses et 2 351 millions de tonnes de céréales ont été
récoltées dans le monde en 2007. Les rendements en grains des légumes
secs sont plus faibles que ceux des céréales mais leur teneur en protéines
est au moins deux fois supérieure.

Fixation biologique de l’azote

Certains types de microbes peuvent fixer l’azote en


tant qu’organismes libres: les bactéries hétérotro-
phes et autotrophes ainsi que les cyanobactéries.
En revanche, d’autres microorganismes ne peuvent
le faire que par le biais d’une symbiose avec des
végétaux, principalement des légumineuses. Dans les
zones cultivées, environ 80 pour cent de la fixation
biologique de l’azote (FBA) s’effectue par le biais de
ce type d’association symbiotique entre des légumi-
neuses et des bactéries des nodosités: les rhizobiums.

Les agriculteurs disposent d’une certaine marge de manœuvre pour influencer


la FBA de plusieurs manières: sélection du génotype des légumineuses,
proportion de légumineuses et de graminées dans les mélanges fourra-
gers, inoculation de bactéries comme les rhizobiums, nutrition végétale
(en particulier azote et phosphore), désherbage, lutte contre les maladies
et les ravageurs, période de plantation, séquence et intensité culturales,
fréquence de défoliation des peuplements de graminées destinés aux
fourrage. Cependant, d’autres facteurs affectant la FBA ne peuvent être
contrôlés, notamment les températures défavorables et les sécheresses.

20 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Certaines espèces de légumineuses fixent mieux l’azote que d’autres. Parmi
les légumineuses fourragères vivaces des climats tempérés, le trèfle rouge
et la luzerne peuvent généralement fixer entre 200 et 400 kilogrammes
d’azote par hectare (fixation totale: sur et dans le sol).

Transfert d’azote vers d’autres cultures


ou plantes fourragères

L’azote fixé par les légumineuses est recueilli dans la plante et partiellement
transféré aux cultures suivantes, ce qui accroît leurs rendements. Ainsi,
dans les mélanges de légumineuses fourragères et de graminées, l’azote fixé
est transféré des légumineuses aux graminées (par exemple, entre 13 et 34
pour cent). L’azote présent dans les prés se retrouve dans l’ensilage ou le
foin, et il est ensuite ingéré par les animaux. Environ 70 à 95 pour cent
de cet azote est excrété par ces derniers, dont les déjections peuvent être
recyclées grâce à un épandage sur les terres arables (figure 7).

figure 7
CYCLE DE L’AZOTE DANS UNE ROTATION PRAIRIE
TEMPORAIRE/CULTURE ET SYSTÈME D’EXPLOITATION MIXTE
DANS SON ENSEMBLE - PRINCIPAUX FLUX

Épandage du
fumier Transfert d’azote
du sol
CULTURE

Pertes
FUMIER PRAIRIE DE
GRAMINÉES/LÉGUMINEUSES
(3 ANS)

Ramassage et stockage Récolte du


du fumier fourrage

Distribution
du fourrage

ABRI À BÉTAIL FOIN OU ENSILAGE

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 21


3
P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

Légumineuses fourragères dans les systèmes d’élevage


des zones tempérées

Dans les systèmes d’élevage des zones tempérées, le trèfle blanc est
particulièrement efficace dans les pâturages. Il peut fixer entre 100 et
300 kilogrammes d’azote par hectare. Par ailleurs, il est plus facile
à digérer et présente des teneurs en protéine brute, en lignine, en
cendre, en calcium et en magnésium plus élevées que les graminées.
Les mélanges de trèfle blanc et de graminées sont produits plus
abondamment en été et peuvent accroître l’apport alimentaire des
animaux en complétant celui des tapis végétaux composés uniquement
de graminées. La luzerne et le trèfle rouge sont très bien adaptés
aux méthodes de coupe utilisées pour le foin ou l’ensilage. Toutes
ces légumineuses peuvent contribuer à une réduction des coûts pour
les agriculteurs, accroître la biodiversité et modeler des systèmes
durables de production végétale et d’élevage (figure 8).

figure 8
CYCLE DE L’AZOTE DANS UN SYSTÈME D’EXPLOITATION MIXTE
(ÉLEVAGE/HERBAGE/TERRES ARABLES) –
PRINCIPAUX FLUX

Ramassage et stockage du fumier

FUMIER

Pertes Épandage du fumier


ABRIS À BÉTAIL

Pertes
Azote excrété
Purin Azote absorbé

Fixation
Azote ingéré

PÂTURAGE PERMANENT CULTURE

22 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


L’arachide dans les systèmes de culture tropicaux

L’azote est souvent l’élément le plus limitant en matière de production


céréalière. Les engrais chimiques sont rarement accessibles aux
petits producteurs. Par conséquent, dans de nombreux systèmes de
production végétale de subsistance, l’azote est en réalité “extrait” de
la matière organique des sols, ce qui l’appauvrit. Les légumineuses
peuvent résoudre en partie ce problème, soit en tant qu’engrais vert
dans des systèmes de culture intercalaire, dans le cadre d’un plan
de rotation des cultures ou dans des systèmes agroforestiers.

Une fois les graines d’arachide récoltées, les fanes peuvent nourrir le
bétail ou être enfouies. Dans ce dernier cas, le rendement de la culture
suivante (maïs ou riz, par exemple) peut être bien supérieur, voire
doubler, même si le rendement de l’arachide est faible.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 23


3
P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

Les rhizobiums dans la production de soja

Le soja (Glycine max L.) a été introduit au Brésil à la fin des


années 1880. Dans les années 1950, la production était supérieure à
100 000 tonnes; elle dépassait 1 million de tonnes en 1970 et cette culture
occupe aujourd’hui 22 millions d’hectares avec un rendement moyen de
2 737 kilogrammes par hectare et par an, ce qui représente une production
annuelle de 60 millions de tonnes. Les sols brésiliens étaient à l’origine
dépourvus des rhizobiums nécessaires pour noduler efficacement le soja
(fixer le diazote). Cependant, le gouvernement a reconnu l’importance
des rhizobiums et leur contribution potentielle. Il a donc apporté
son concours par le biais de politiques et d’efforts de recherche. Une
inoculation massive à partir de quelques souches de rhizobiums utilisées
dans des inoculants commerciaux au cours des dernières décennies a
permis à cette bactérie de s’installer dans la plupart des sols cultivés en
soja. Le Brésil est aujourd’hui le deuxième producteur mondial de soja et
n’applique aucun engrais à base d’azote aux cultures.

Impact des systèmes de production végétale


basés sur les légumineuses

Les rendements accrus régulièrement observés après la culture de légumi-


neuses et l’augmentation des disponibilités en azote des sols sont liés:
> à la capacité de certaines espèces de légumineuses à mobiliser le

phosphore peu soluble dans le sol;


> à l’effet mécanique positif des racines pivotantes des légumineuses sur

la structure et le drainage des sols;


> à la quantité d’eau plus faible utilisée pour certaines légumineuses

comparativement à d’autres cultures;


> ou encore à l’effet bénéfique de la rhizosphère des légumineuses (excré-

tion H+) sur les microorganismes présents dans le sol, qui peuvent
entrer en concurrence avec les agents pathogènes affectant les cultures
ou les supprimer.

24 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Impact des légumineuses sur les ressources naturelles

Le coût environnemental direct associé aux systèmes basés sur les


légumineuses est légèrement inférieur à celui des systèmes s’appuyant
sur les engrais à base d’azote. Le risque de lessivage des nitrates dépend
beaucoup des pratiques culturales et n’est pas obligatoirement plus faible
dans les systèmes basés sur les légumineuses. Les émissions de protoxyde
d’azote (N2O) semblent être comparables dans les deux cas. Cependant,
la synthèse d’engrais chimiques nécessite de grandes quantités d’énergie
fossile (au moins 27 GJ/t NH3). En revanche, la FBA s’appuie sur l’énergie
solaire et ne rejette pas de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.

Il a été prouvé que l’introduction de légumineuses (légumineuses de


couverture, pâturages composés de graminées et de légumineuses, jachère
fondée sur les légumineuses ou même légumineuses annuelles) dans la
rotation des cultures limitait l’infestation de plantes adventices, les
maladies et les attaques de ravageurs.

Les systèmes de culture basés sur les légumineuses contribuent à préserver


la biodiversité, en particulier des pollinisateurs et d’autres arthropodes, de la
faune et la flore du sol en général, ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux
et de mammifères qui peuvent vivre dans les paysages agricoles.

Importance des légumineuses pour l’agriculture durable

Dans le contexte de hausse des cours des combustibles fossiles et des


prix des engrais mineraux azotés, il serait fortement souhaitable d’aban-
donner progressivement ces engrais au profit de légumineuses capables
de fixer l’azote. Actuellement, la FBA par les légumineuses cultivées est
estimée à environ 20-22 millions de tonnes par an dans le monde2.

2 Herridge, D.F., Peoples, M.B. et Boddey, R.M. 2008. Global inputs of biological nitrogen
fixation by agricultural systems. Plant Soil, 311: 1-18

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 25


P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

Il est possible d’exploiter davantage ce phénomène, à condition de favo-


riser les processus biologiques appropriés dans les systèmes de pro-
duction basés sur les légumineuses.

Les légumineuses à graines (légumes secs et oléagineux) et divers types


de légumineuses fourragères occupent entre 12 et 15 pour cent des
terres arables du globe et couvrent un tiers des besoins en protéines de
l’humanité. Dans des conditions de subsistance, cette proportion peut
atteindre deux tiers.

PROCESSUS RELATIFS À LA STRUCTURE DU SOL


(LABOUR BIOLOGIQUE)

Un sol qui ne subit aucune perturbation et


dispose d’un réservoir suffisant de matière
organique fournit un bon habitat à la faune
souterraine. La réduction du labour mécanique
se traduit par un accroissement de la popula-
tion de vers de terre, de diplopodes, d’acariens
et d’autres animaux vivant dans le sol. Cette
macrofaune effectue le labour et influe sur la porosité ainsi que la struc-
ture du sol. Elle intègre la matière organique présente en surface; ses
excréments fournissent des mélanges de sol stables et les macropores
verticaux créés par les vers drainent l’eau en excès. Grâce à cela, la
terre est moins sensible aux inondations et à l’érosion car l’infiltration
de l’eau en profondeur est améliorée. La matière organique incorporée
par cette faune améliore la structure du sol et la capacité de stockage
de l’eau, ce qui permet aux végétaux de survivre plus longtemps lors
des périodes de sécheresse. Il s’agit de deux stratégies importantes pour
ADAPTER L’AGRICULTURE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE.

26 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Les quantités accrues de matière organique contenues dans le
sol permettent également d’ ATTÉNUER LES EFFETS DU CHANGEMENT
CLIMATIQUE grâce au stockage du carbone issu du dioxyde de carbone
atmosphérique dans la matière organique du sol. La formation de
matière organique stable lors du processus d’humification s’effectue
par le biais des microorganismes
du sol. Un autre élément contribue
au labour biologique: l’introduc-
tion de végétaux, y compris d’arbres
et d’arbustes, dotés de racines
pivotantes profondes. Certaines de
ces cultures “pionnières” comme
le lupin, le haricot-sabre ou le radis
peuvent lutter contre le compactage
du sous-sol si, par exemple, elles
sont plantées dans le cadre d’une
Renforcer la santé des sols grâce à une rotation ou en association intercalaire
espèce de Mucuna, une plante à forte
biomasse dotée d’un système radiculaire et servent de cultures de couverture
profond et utilisée comme culture de
couverture
fournissant de l’engrais vert.

EXPLOITER LES PROCESSUS BIOLOGIQUES RELATIFS


AUX SOLS GRÂCE À DES PRATIQUES AGRICOLES DE
CONSERVATION

Bien que les agronomes aient pleinement conscience de l’importance de


la fixation de l’azote, de la mobilisation du phosphore par les mycorhizes
et des pompes à nutriments, ces processus jouent un rôle mineur dans la
production végétale.

En effet, la plupart des sols cultivés ne constituent plus un environnement


de vie adapté aux microorganismes qui sont si essentiels à ces processus.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 27


3
P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

Même lorsque ces microorganismes sont utilisés (les rhizobiums et même


les mycorhizes peuvent servir d’inoculants pour certaines cultures), ils
ne prospèrent pas dans les systèmes agricoles qui reposent sur le labour
mécanique car cette technique perturbe le système édaphique et rompt la
continuité de l’habitat souterrain, ce qui est intolérable pour la plupart
des organismes qui vivent normalement dans des sols intacts.

L’une des manières de remédier à cela est de réorienter la gestion des


sols vers les processus biologiques capables d’améliorer la santé et les
fonctions du sol, y compris la nutrition et la productivité des végétaux.

Cela nécessite:
> des processus aérobies dans les sols poreux présentant des macropores

qui facilitent l’aération et les échanges gazeux entre le sol et l’atmos-


phère, et permettent le drainage en profondeur de l’excédent d’eau
afin de recharger les nappes souterraines;
> de la matière organique qui fournit des nutriments et un substrat

énergétique aux microorganismes souterrains;


> un environnement stable sans brusques changements de température,

de taux d’humidité, de concentration en sel ou de pH.

Ces conditions peuvent être remplies de manière durable en ayant recours


à un certain nombre de pratiques agricoles, regroupées sous l’appella-
tion d’agriculture de conservation, qui se fondent sur l’amélioration des
processus biologiques naturels à l’œuvre sur et dans le sol. Ces pratiques
limitent également autant que possible les interventions comme le labour
mécanique. Des intrants externes, notamment des produits agrochimiques
et des nutriments d’origine minérale ou organique, sont appliqués d’une
certaine manière et dans une certaine quantité afin de ne pas influencer les
processus biologiques ni les fonctions écosystémiques qui y sont associées.

28 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


Dans le cadre de l’agriculture de conservation, une agricultrice kenyane fournissant des expli-
cations relatives à une association de maïs et d’un sous-semis de Desmodium (légumineuse), qui
fournit de l’azote et permet également de lutter contre les foreurs de tige et striga

Le recours continu et simultané à des pratiques de l’agriculture de conser-


vation peut contribuer au développement de la faune et de la flore ainsi
qu’à la biodiversité des sols, améliorer les processus biologiques liés à la
capacité productive des sols et à la nutrition végétale et, surtout, il fournit
un environnement favorable qui permet aux microorganismes souterrains
de prospérer et crée un système édaphique vivant. Bien qu’une inocula-
tion initiale puisse être nécessaire dans certains cas, ce système améliore
la productivité des cultures et les services écosystémiques.

Des éléments montrent que les besoins en engrais minéraux (en particulier
à base de phosphore et d’azote) des sols qui ont été soumis aux pratiques
de l’agriculture de conservation pendant une longue période diminuent. Par
ailleurs, le problème de la faible disponibilité ou de l’immobilisation du
phosphore dans les sols est atténué, même si les analyses ne révèlent pas la
présence de quantités importantes de phosphore soluble (figures 9 et 10).

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 29


3
P R O C E S S U S B I O L O G I Q U E S R E L AT I F S A U X S O L S

figure 9
RENDEMENT DU BLÉ ET QUANTITÉ D’AZOTE POUR DIFFÉRENTES
DURÉES D’INTERRUPTION DE “SANS LABOUR” AU CANADA (2002)

4.0
rendement grain (t/ha)

3.5
3.0
2.5
2.0
1.5
1.0
0 30 60 90 120
Azote (kg/ha)

2 ans sans labour 20 ans sans labour

Source: [Link]

figure 10
RENDEMENTS ACCRUS DU MAÏS ET DU SOJA
POUR UNE UTILISATION MOINDRE D’ENGRAIS,
OBSERVÉS SUR UNE PÉRIODE DE PLUS DE 20 ANS (1977-1998)
DANS UNE EXPLOITATION DE PONTA GROSSA (BRÉSIL)

10 000
9 000
8 000
7 000
30 % d’engrais en moins
6 000
kg/ha

5 000
4 000
3 000
50 % d’engrais en moins
2 000
1 000
0
1980 1985 1990 1995
ans

soja maïs

Source: Derpsch R. 2005. The extent of Conservation Agriculture adoption worldwide: implications and impact.
Proceedings of the 3rd World Congress on Conservation Agriculture, Nairobi, Kenya, 3–7 October. ACT, Harare

30 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


En outre, les pratiques de l’agricul-
ture de conservation accroissent
la diversité et les populations de
la macrofaune, qui déterminent la
structure des sols.

Afin que ces pratiques soient


efficaces, il est indispensable que
les agriculteurs comprennent
les principes écologiques sous-
jacents en matière de santé et de
productivité des sols, mais aussi
qu’ils puissent s’appuyer sur une
politique favorisante et bénéfi-
cier d’un soutien institutionnel,
notamment qu’ils aient accès à des
formations participatives de vulga-
risation, des intrants abordables
et des outils adaptés.

AGRICULTURE DE CONSERVATION: TROIS PRATIQUES LIÉES

> Pertubation mécanique minimum du sol.


> Couverture organique permanente.
> Rotations de cultures diversifiées dans le cas de plantes annuelles
ou cultures associées dans le cas des plantes pérennes.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 31


4 ENVIRONNEMENTS
POLITIQUE
ET INSTITUTIONNEL
FAVORABLES

DES POLITIQUES FAVORABLES ET UN SOUTIEN


INSTITUTIONNEL DOIVENT ÊTRE MIS EN PLACE afin
d’exploiter efficacement et à une échelle suffisante
les rôles et fonctions des processus biologiques
dans l’intensification durable de la production, en
vue de satisfaire la demande alimentaire future.

PLANIFICATION ET POLITIQUE AGRICOLES

Les objectifs, stratégies, politiques, plans et programmes nationaux de


développement agricole ainsi que les lois, règles et réglementations perti-
nentes en matière d’intensification durable de la production végétale
doivent protéger et renforcer les fonctions écologiques qui favorisent
l’agriculture afin d’optimiser les biens et services écosystémiques.

Les décideurs peuvent, par exemple, promouvoir une gestion responsable


et adaptative des ravageurs grâce à la vulgarisation et à des campagnes
de sensibilisation. Ils peuvent également influencer la consommation
en supprimant les subventions pour les produits présentant des risques
plus élevés. Ils jouent un rôle clé dans l’enregistrement des pesticides
vendus et distribués sur le territoire dont ils ont la responsabilité, et
peuvent ainsi avoir un impact direct sur l’offre de produits agrochi-
miques. Par ailleurs, ils peuvent vérifier la qualité des produits utilisés
et veiller à ce qu’ils soient correctement étiquetés, commercialisés et
appliqués afin de réduire autant que possible les risques.

32 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


La planification de l’utilisation des terres et les régimes fonciers sont un
autre exemple. En termes simples, les agriculteurs qui n’envisagent pas
nécessairement de continuer à cultiver dans un lieu donné sur le long
terme sont peu enclins à adopter des pratiques de production durables.
Les responsables politiques peuvent résoudre ce problème par le biais des
régimes fonciers.

RECHERCHE

La reconnaissance et l’utilisation accrues des processus biologiques en


matière d’intensification durable de la production témoignent d’un change-
ment fondamental dans la réflexion sur les systèmes de production. Cela
implique un certain nombre d’éléments qui, encore récemment, n’étaient
pas reconnus ou suffisamment mis en avant dans ces systèmes lorsqu’il
s’agissait de la santé et des fonctions des écosystèmes, ou de l’amélioration
de la capacité productive de la base de ressources.

La meilleure intégration des processus biologiques à l’intensification


durable de la production végétale nécessite donc une compréhension plus
profonde de leur rôle de fondement écologique de la production et des
moyens de subsistance.

Cette compréhension permet aux agriculteurs de manipuler et de gérer les


différentes parties des systèmes de production, dont l’objectif est d’opti-
miser l’utilisation des ressources et de protéger ou d’améliorer, sur le long
terme, les processus écosystémiques dans le temps et l’espace. Voilà certains
des éléments qui sous-tendent les pratiques de production dictées par des
considérations biologiques qui sont basées sur du “savoir intensif”.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 33


4
E N V I R O N N E M E N T S P O L I T I Q U E E T I N S T I T U T I O N N E L F AV O R A B L E S

MOBILISATION DES PARTIES INTÉRESSÉES

Les expériences de nombreux pays ont montré que le fait de développer


la gestion des processus biologiques dans les systèmes de production
impliquait que toutes les parties intéressées évoluent dans leur engage-
ment et leur comportement. Pour les agriculteurs, la mise en place d’un
mécanisme (comme les champs-écoles) permettant d’expérimenter, d’ap-
prendre et de s’adapter est un préalable indispensable.

Pour les décideurs et les responsables institutionnels, la transformation


des systèmes non durables en systèmes améliorés et efficaces nécessite
qu’ils prennent pleinement conscience des bénéfices économiques, sociaux
et environnementaux significatifs que peuvent en tirés les producteurs et
la société dans son ensemble.

Environnements politique et institutionnel favorables à


l’intensification durable de la production végétale
Quelques considérations:

> Promouvoir les objectifs, stratégies, politiques, plans et programmes


nationaux de développement agricole ainsi que les lois, règles et
réglementations pertinentes en matière d’intensification durable de
la production végétale qui doivent protéger et renforcer les fonctions
écologiques favorisant l’agriculture afin d’optimiser les biens et
services écosystémiques.

> Renforcer les capacités afin de gérer durablement les processus


biologiques relatifs à l’intensification de la production végétale,
notamment par le biais de formations et de processus de vulgarisation
participatifs.

34 ACCOÎTRE durablement LA PRODUCTION VÉGÉTALE


> Investir dans la recherche adaptative locale, en particulier en
permettant aux agriculteurs d’expérimenter, d’apprendre et d’ap-
pliquer les principes de l’intensification durable de la production
végétale afin qu’ils soient généralisés et puissent avoir un impact.

> Promouvoir la recherche stratégique et appliquée ainsi que la recherche


opérationnelle afin de générer des connaissances, des technologies
et des pratiques concernant l’application de processus biologiques
qui peuvent permettre de relever des défis comme les changements
climatiques, la pénurie d’eau, ainsi que la dégradation de la base de
ressources en terre, de l’environnement et de la biodiversité.

> Soutenir le système éducatif à tous les niveaux, dans le secteur


universitaire comme professionnel, afin de veiller à ce que la capacité
de formation de professionnels diplômés et compétents soit suffisante
dans les domaines de la conservation, de la gestion des écosystèmes et
de l’agriculture durable basée sur l’écologie et la biologie.

> Renforcer la prise de décision au niveau local, notamment dans les


communautés rurales et les villages, car les solutions aux défis locaux
doivent s’appuyer sur la propriété et la gestion locale, qui peuvent
combiner les connaissances traditionnelles et locales aux pratiques
nouvelles et améliorées.

> Publiciser la contribution des écosystèmes aux moyens de subsis-


tance durables.

> Susciter un dialogue entre les secteurs de l’agriculture et de l’environ-


nement, ainsi qu’entre les secteurs publics, privés et la société civile.

LA PERSPECTIVE DES processus biologiques 35


Les figures sauf indications contraires sont basées sur des données fournies par
la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO.

CRÉDITS PHOTOGRAPHIQUES:

Page ©

Couverture (image principale) FAO/G. Bizzarri


(arrière-plan) studio Bartoleschi
1 FAO/[Link]
4 (haut) FAO/[Link]
(bas) [Link]
7 (haut) Institut international de recherches sur le riz (IRRI)
(centre) [Link]
(bas, gauche) [Link]
(bas, droite) Instituto Internacional del Arroz (IRRI)
8 [Link]
9 (haut) FAO/G. Bizzarri
(bas) avec l’aimable autorisation des projets FAO/PI
10 (haut) FAO/R. Pasquet
FAO/[Link]
FAO/[Link]
(bas) FAO/[Link]
14 FAO/[Link]
FAO/[Link]
15 FAO/[Link]
FAO/[Link]
16 FAO/[Link]
18 Jim Deacon
19 T. Friedrich
20 (haut) [Link]
(bas) [Link]
23 FAO/[Link]
26 FAO/[Link] l
27 T. Friedrich
29 T. Friedrich
31 FAO/G. Bizzarri
32 FAO/[Link]

Imprimé en Italie sur papier recyclé, certifié par le Forest Stewardship Council (FSC).
© FAO, 2011
Conception: pietro@[Link]
L’OBJET DE LA PRÉSENTE BROCHURE
EST D’ILLUSTRER CERTAINS DES PROCESSUS BIOLOGIQUES
QUI SONT ESSENTIELS POUR MAINTENIR LA SANTÉ DE LA BASE
DE RESSOURCE EN TERRE, DE MÊME QUE LES PROCESSUS BIOLOGIQUES
QUI CONTRIBUENT AUX BONNES PRATIQUES AGRICOLES POUR
L’INTENSIFICATION DURABLE DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE,
NOTAMMENT:
REGULATION ET CONTRÔLE DES RAVAGEURS
POLLINISATION
PROCESSUS BIOLOGIQUES DU SOL

LA DIVISION DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE ET


DE LA PROTECTION DES PLANTES (AGP)
DU DÉPARTEMENT DE L’AGRICULTURE ET DE LA PROTECTION
DES CONSOMMATEURS DE LA FAO EST CHARGÉE
DE L’INTENSIFICATION DURABLE DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE.

[Link]/agriculture/crops/core-themes/theme/spi

[Link]

sustainable-crop-intensification@[Link]
I1235F/1/11.10

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