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Robert Mercier Force Mentale

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FORCE MENTALE

LE SYSTÈME EN 8 ÉTAPES POUR SE FORGER


UN CARACTÈRE DE FER, SURMONTER
L’ADVERSITÉ AVEC COURAGE ET
DÉVELOPPER UNE PROFONDE RÉSILIENCE
ROBERT MERCIER
TABLE DES MATIÈRES

Introduction
1. Principes de base de la force mentale
2. Lien entre force mentale et maîtrise des émotions
3. Exercices pratiques pour contrôler son émotivité dans la vie
professionnelle et personnelle
4. L’influence de notre voix intérieure
5. Changez d’état d’esprit. Concentrez-vous sur la solution, pas sur le
problème
6. La motivation ne suffit pas
7. Comment relever courageusement tous les défis
8. Qu’est-ce que la résilience et comment la développer ?
9. La clarté mentale, le secret de la performance sous pression
10. Comment gérer la pression, contrôler ses pulsions émotionnelles et
aborder l’inconfort émotionnel et psychologique qui accompagne la
malchance
11. La technique des sportifs : gagner dans sa tête avant même de
participer
12. Développer une discipline rigoureuse : contrôler ses pulsions et
retarder la gratification
13. Entraînez votre cerveau à gérer le stress et les tensions. Comment se
défendre contre la négativité, les attentes et les événements
indépendants de notre volonté ?
Conclusion
Du même auteur
Copyright 2022 de Robert Mercier.
INTRODUCTION

La plupart des gens croient que la force mentale est un objectif


en soi car elle garantit une vie sans problèmes, mais ce n’est
réellement pas le cas. La force mentale nous permet de
concrétiser nos projets et de mener une vie aussi proche
possible de celle que nous espérons malgré les difficultés
rencontrées. Parfois, vous pouvez regarder les autres et croire
que Louis ou de Marie, ou même quelqu’un que vous suivez
sur les réseaux sociaux, ont une vie “parfaite”. Rappelons
cependant que la perfection n’existe pas, ce n’est qu’une
conception erronée de la mentalité humaine (surtout
occidentale). Lorsque vous voyez des gens réussir, peut-être
régulièrement, cela ne suppose pas qu’on leur a tout offert sur
un plateau d’argent. Comme tout le monde, ils font face à des
problèmes, des pièges et des difficultés, mais ils démontrent
une grande force mentale qui leur permet de surmonter toutes
les adversités et de réaliser ce qu’ils veulent.
Les sportifs professionnels sont l’exemple même de ceux qui
ont grande force mentale, précisément parce qu’ils peuvent
également motiver ceux qui ne travaillent pas dans le sport à
trouver leur propre force mentale. Nous verrons leur cas plus
en détail par la suite.
En résumé, la force mentale est donc le facteur clé pour
atteindre et garder le succès. Il est important de prendre le
temps de réfléchir au terme “succès”. Dans notre société, il est
souvent associé à un gros compte en banque ou à un travail
prestigieux, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Chacun a,
ou devrait avoir, une idée personnelle du concept de succès.
Commencez donc par vous demander ce que c’est pour vous.
Il s’agit peut-être de passer plus de temps avec vos proches, ou
de voyager davantage.
Chaque domaine, depuis la famille jusqu’au travail en passant
par la vie personnelle (études, sport, etc.), nous offre la
possibilité d’atteindre des objectifs satisfaisants, mais sans
force mentale, c’est tout simplement impossible. La bonne
nouvelle, c’est que tout le monde peut en apprendre davantage
sur sa force mentale et travailler pour la trouver et la
conserver. L’objectif de ce livre est précisément de vous offrir
un guide pratique, comprenant des exercices et des conseils,
pour vous exercer à cette pratique.
Lorsque nous devons intégrer à notre vie une nouvelle
habitude, même mentale, il nous faut du temps. Ne vous
précipitez donc pas et ne faites pas de comparaisons, chacun a
son propre rythme. Concentrez-vous sur vous-même et sur la
répétition de ce que vous allez apprendre : pour donner une
nouvelle habitude à votre cerveau, vous devrez souvent
effectuer les mêmes actions. Si vous y réfléchissez, ce n’est
pas différent de ce que vous avez déjà fait lorsque vous étiez
petit. Rappelez-vous l’époque où, par exemple, vous deviez
apprendre à faire du vélo. C’était un concept étranger et inédit
pour vous. Peut-être êtes-vous monté sur la selle et avez-vous
immédiatement compris comment pédaler ? Non. Vous êtes
plutôt tombé plusieurs fois, vous vous êtes peut-être mis en
colère, vous avez même pensé à abandonner, vous vous êtes
fait mal, mais vous n’avez jamais laissé tomber. Puis à un
moment, à force de répéter les mêmes actions un certain
temps, vous avez réussi à faire du vélo et maintenant vous
savez en faire pour le reste de votre vie de manière
inconsciente, c’est-à-dire sans devoir utiliser des pensées
conscientes pour atteindre votre objectif. Si on reprend
l’exemple du vélo, vous n’avez plus besoin de dire “je vais
monter sur la selle”, “je vais mettre mon pied droit sur la
pédale”, etc. Il vous suffit d’effectuer ces actions
inconsciemment, comme en pilote automatique, pour pouvoir
faire du vélo sans tomber, même en téléphonant, en écoutant
de la musique ou en pensant à autre chose.
Il en ira de même avec le principe de force mentale et avec
l’intégration de cette nouvelle façon de penser et de vivre dans
votre vie.

P.S. : Avant de commencer la lecture, cliquez ici pour


télécharger un livre gratuit intitulé “Les 7 secrets de la
communication persuasive”.
Un petit guide pratique qui vous donnera les connaissances
nécessaires pour améliorer vos compétences en matière de
communication, parfaitement complémentaire au livre que
vous allez lire.
1
PRINCIPES DE BASE DE LA
FORCE MENTALE

A yez confiance en vous. Notre façon de penser influence


nos résultats. Si face à un défi, vous vous dites que vous
ne pouvez pas le relever et que vous vous persuadez de
ne pas être assez bon, assez vif ou assez intelligent, etc. pour
atteindre l’objectif, soyez sûr que c’est bien ce qui se produira.
Une célèbre citation d’Henry Ford dit : “Que vous pensiez que
vous être capable ou ne pas être capable, dans les deux cas
vous avez raison“. Commencez par faire un examen objectif
de votre mode de pensée. Rappelez-vous d’une récente
difficulté, petite ou grande, et demandez-vous comment vous
avez réagi en termes de réflexion. Vous êtes-vous écroulé,
convaincu que vous ne pourriez pas surmonter l’obstacle ou au
contraire, étiez-vous déterminé à réussir ?

Ne vous focalisez pas sur vos erreurs. La plupart des gens


ont tendance à s’attarder sur ce qu’ils considèrent comme des
erreurs. Prenez quelqu’un d’ordinaire qui a connu de
nombreuses réussites mais un seul échec, vous constaterez
qu’il se concentre sur ce dernier. Il est cependant important de
ne pas trop penser à vos erreurs. Pour commencer, l’erreur est
humaine, et les seuls à ne jamais commettre d’erreur sont ceux
qui ne prennent aucun risque et ne se mettent pas en danger.
Votre état émotionnel est donc déterminé par ce sur quoi vous
concentrez votre attention. Comprenez donc qu’en vous
attardant sur vos erreurs, vous ne serez ni à l’aise, ni confiant.
Dans notre culture occidentale, les erreurs ou les échecs sont
souvent considérés comme exclusivement négatifs, il faut en
avoir honte, ils nous donnent l’impression d’être mauvais ou
inférieurs, alors que ce ne sont simplement que des moments
passagers dont nous devrions tirer des leçons. Henry Ford
nous offre à ce sujet une autre perle de sagesse : “Les échecs
sont des bleus, pas des tatouages“. Tâchez de ne plus donner
autant de temps et d’attention à “ce qui n’a pas marché”, mais
considérez les soi-disant erreurs comme autant de motivations
pour avancer.

Sortez de la norme. Ce concept est si complexe dans sa


simplicité qu’il faudrait un livre entier pour l’explorer
correctement. Pour le moment, il suffit de réaliser que la
plupart des gens passent plus de 95 % de leur vie en pilotage
automatique, ils font des choix et prennent certaines décisions
non pas conformément à leur for intérieur, mais conformément
aux paradigmes qui leur ont été inculqués par la société. Sortir
du cadre demande du courage, cela implique de quitter sa zone
de confort, même partiellement, c’est-à-dire toutes ces
situations qui même si elles nous étouffent, nous mettent à
l’aise parce que nous nous sommes habitués à vivre de cette
façon. Si vous voulez atteindre un objectif, c’est en sortant des
sentiers battus que vous pourrez découvrir des idées
passionnantes et non conventionnelles.

Refusez. Quelqu’un de mentalement fort se caractérise aussi


par sa capacité à dire “non” à toutes les personnes et toutes les
situations qui ne lui apporteront aucun bénéfice. Il se demande
si cette situation ou cette personne l’aidera à atteindre son
objectif ou à bien se sentir et si ce n’est pas le cas, il décline
tout simplement l’invitation. La plupart d’entre nous, en
revanche, acceptent toutes les propositions ou toutes les
situations. Pensez à ces derniers mois et demandez-vous
combien de fois vous avez dit oui alors que vous auriez préféré
dire non. Des phrases comme “Je ferai de mon mieux pour y
arriver” ou “Je ne suis pas sûr de pouvoir le faire” sont à éviter
absolument. Une personne très forte mentalement choisit
soigneusement ses engagements afin qu’ils l’aident à atteindre
son objectif et s’y consacre avec soin et attention. Elle rejette
donc les autres engagements inutiles afin de garder son temps
et son énergie pour ce qui l’intéresse vraiment.

Ne laissez personne gâcher votre joie. Supposons que vous


veniez de recevoir des compliments de votre chef, en
retournant à votre bureau, votre collègue vous décoche une
phrase empoisonnée qui démolit votre enthousiasme. On peut
penser qu’on ne peut rien faire pour changer ces situations ni
ce qu’elles vous font ressentir parce que c’est votre collègue
qui a lâché cette phrase perfide. En réalité, on choisit tous de
se laisser influencer ou non par ce qui se passe à l’extérieur de
nous. L’opinion des autres nous est bien sûr extérieure. La
plupart des gens accordent cependant beaucoup d’importance
à ce que les autres pensent ou disent d’eux, au point de
souvent finir par prendre une décision plutôt qu’une autre
également ou surtout sur cette base. Les personnes
mentalement fortes restent concentrées sur leur objectif et ne
se laissent pas distraire par l’opinion des autres.

Ne gâchez pas la joie des autres. De la même manière, vous


ne devez pas être celui qui gâche le plaisir des autres. Lorsque
quelqu’un réussit, surtout dans un domaine qui nous intéresse
également, on peut facilement être envieux et exprimer des
félicitations qui ne sont pas sincères la plupart du temps. On
peut aussi facilement dire ou faire quelque chose qui calme
l’enthousiasme de celui qui vient de réaliser ce qu’il considère
comme important. Il n’est pas non plus recommandé de dire
des phrases comme “Tu n’y arriveras jamais” à celui qui
approche au contraire à grands pas de son objectif. Féliciter
sincèrement quelqu’un montre que vous êtes tous les deux des
vainqueurs. Ceux qui ont une grande force mentale ne se
laissent pas aller à l’envie et à la jalousie.

Pardonnez aux autres. C’est une des choses les plus difficiles
à faire, surtout si on vous a fait beaucoup de tort. Nombreux
sont ceux qui attendent les excuses des autres pour
éventuellement leur pardonner. En revanche, ceux qui ont une
grande force mentale pardonnent a priori, précisément parce
qu’ils savent que la colère, le ressentiment et le désir de
vengeance ne nuisent pas à leurs “ennemis” mais à eux-
mêmes.

Soyez positif. Il ne s’agit pas d’afficher en permanence une


expression béate sur la figure, mais de faire le choix d’avoir
chaque jour des pensées positives plutôt que de ressasser ce
qui ne va pas, que vous n’êtes pas assez bien et que la situation
pourrait mal tourner par la suite. Il est essentiel de réaliser
qu’il y a des situations que nous ne pouvons pas contrôler : ce
sont toutes celles qui se produisent en dehors de nous-mêmes.
Ce que les autres pensent, disent ou font, comment le
gouvernement va se comporter, quel temps il fera demain… ce
ne sont là que quelques exemples de facteurs extérieurs que
vous vous entêtez à vouloir contrôler, mais sur lesquels vous
n’avez en réalité aucun pouvoir. Commencez à lâcher prise sur
tout ce que vous ne pouvez contrôler et concentrez-vous sur
votre moi intérieur, ce n’est que là que vous avez le contrôle.

Comme nous l’avons mentionné, devenir mentalement fort est


à la portée de tous. Nous ne devons pas être ou devenir parfaits
ou des super-héros. Nous devons analyser objectivement notre
vie actuelle, notre situation de départ, afin d’apporter les
changements nécessaires dans notre façon de penser pour
atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. C’est ainsi
que nous aurons une meilleure estime de nous-mêmes, que
nous serons plus satisfaits de ce que nous faisons et que nous
apprécierons les résultats obtenus. Vous êtes le pivot central de
ce processus de changement. Peut-être êtes-vous encore
convaincu que les facteurs externes sont très importants, voire
décisifs, pour déterminer votre vie jusqu’à présent et à partir
d’aujourd’hui. Répétons-le, le changement ne peut se produire
qu’en vous. Il faut vous concentrer sur l’introspection pour
vous demander si vous pensez et agissez en ce moment
comme une personne mentalement forte et, si ce n’est pas le
cas, vous devez vous engager à commencer à le faire. Rien
n’est impossible. Devenir mentalement fort est à la portée de
tous, et vous ne faites pas exception.
2
LIEN ENTRE FORCE MENTALE
ET MAÎTRISE DES ÉMOTIONS

A u quotidien, nous sommes tous influencés par nos


émotions. Bien que cela puisse nous sembler étrange
voire impossible, ceux qui sont mentalement forts sont
capables de ne pas laisser leurs émotions se mettre en travers
de leur chemin. Si par contre vous êtes gouverné par ce que
vous ressentez sur le plan émotionnel, vous ne possédez peut-
être pas encore de maîtrise émotionnelle, cette maîtrise qui
vous permet de laisser vos émotions faire partie de votre vie
sans qu’elles vous dominent pour autant.
Avant d’aller plus loin, prenons le temps de nous demander ce
que sont les émotions. La définition fait référence à un état
complexe de divers sentiments qui donnent lieu à des
changements psychologiques et physiques pouvant influencer
notre façon de nous comporter ou de penser. Imaginez que
vous soyez gêné, que vous rougissiez, que vous parliez d’une
voix incertaine et que vous décidiez de fuir l’endroit où vous
vous sentez si mal à l’aise. Cet état émotionnel a eu un impact
profond sur votre façon de penser et d’agir.
Les émotions se divisent en émotions primaires, également
appelées fondamentales, et en émotions secondaires, aussi
appelées complexes. Les émotions primaires sont communes
aux humains et aux autres espèces animales et se manifestent
dès la petite enfance. Peur, joie, dégoût, colère, tristesse et,
selon certaines études, acceptation et expectative : la liste des
émotions primaires, celles que vous ressentiez déjà lorsque
vous n’étiez qu’un tout petit enfant.
Les émotions secondaires, quant à elles, s’apprennent et se
développent pendant la phase de croissance et sont le fruit
d’un mélange d’émotions primaires, d’interactions sociales et
du stade de développement de la personne. Il s’agit de la
honte, la résignation, l’envie, la joie, la jalousie, l’angoisse, le
pardon, l’offense, l’espoir, le remords, la déception et la
nostalgie.
Pensez à votre vie, et vous vous rendrez probablement compte
que vous éprouvez tous les jours une ou plusieurs de ces
émotions, primaires comme secondaires. La différence entre
ceux qui ne sont pas forts mentalement et ceux qui le sont
réside dans le fait que les premiers sont comme des petits
bateaux dans la tempête (les émotions). Les autres, en
revanche, parviennent à naviguer même dans une mer
démontée et à rejoindre le port. Pour ce faire, ils ont dû braver
les vagues, mais ont tout de même réussi à atteindre leur
objectif.
Comment gérer ses émotions

Nous avons donc compris que pour atteindre un certain niveau


de force mentale, il faut parvenir à maîtriser ses émotions.
Celui qui continue à être ballotté comme le petit bateau à la
merci des vagues dans l’exemple ci-dessus, n’aura jamais la
concentration nécessaire pour atteindre son objectif.
Puisqu’il faut que vous deveniez introspectif, si vous ne l’êtes
pas déjà au moins un peu, votre travail commence en vous.
Pensez à votre vie et demandez-vous dans quelle mesure vous
êtes capable de gérer vos émotions. Faites-vous peut-être
partie de ceux qui piquent une colère à la moindre contrariété ?
Ou, au contraire, êtes-vous capable de contrôler et de gérer ce
que vous ressentez ?
Les gens mentalement forts ont également atteint une bonne
maîtrise de soi dans le domaine du contrôle des émotions.
C’est la clé pour atteindre ses objectifs. Être esclave de ses
émotions signifie agir au hasard, en les laissant vous faire dire
ou faire ce que vous pourriez regretter à court ou à long terme.
Supposons que vous ayez toujours voulu suivre une certaine
formation pour avancer dans la réalisation de votre projet de
start-up. Vous apprenez que vous avez été admis à cette
formation mais le soir même, pour une raison quelconque,
vous vous disputez avec votre conjoint. C’est à ce moment-là
que vous êtes en colère, vindicatif, vous êtes comme un volcan
prêt à exploser et peut-être, par dépit, vous lâchez : “Tu sais
quoi ? Je ne ferai pas cette formation, de toute façon ça ne sert
à rien !”. Peut-être que l’autre vient de vous accuser de passer
trop de temps hors de chez vous, et vous vous écriez, vexé,
“Très bien, je ne suivrai pas la formation, tout le monde s’en
moque de toute façon. Je n’aurais sûrement pas eu l’examen
final”. Ce n’est qu’un exemple, mais une telle pulsion
émotionnelle, dont le point culminant est généralement
momentané, revient à voir la vie avec des lunettes aux verres
flous. Ceux qui sont mentalement forts ont une bonne vue. Les
verres de leurs lunettes sont toujours nets, si nets qu’ils ne
perdent jamais de vue la route, même lorsqu’il pleut, qu’il
neige ou que la tempête fait rage.
Contrôle émotionnel de soi

Si en lisant ces phrases vous vous dites : “Je n’y arriverai


jamais”, sachez que, de la même manière qu’on apprend à
faire du vélo ou n’importe quoi d’autre (rappelez-vous, par
exemple, quand vous avez dû apprendre à utiliser le téléphone
portable que vous utilisez maintenant sans même y prêter
attention), on peut s’entraîner pour que la maîtrise
émotionnelle de soi devienne une nouvelle habitude dans notre
vie. Sans cela, vous ne deviendrez pas fort mentalement, vous
continuerez à errer car vous êtes incapable de voir clairement,
comme dans l’exemple des lunettes aux verres flous. Être
maître de soi signifie simplement rester concentré sur
l’objectif à atteindre. Examinons maintenant quelques conseils
pour vous permettre de gérer vos émotions de mieux en mieux.

Évitez les tentations. Les personnes mentalement


fortes s’en tiennent généralement à l’écart,
précisément parce qu’elles peuvent parfois être
agréables. Mais elles ne vont pas dans le sens de leur
objectif, ou elles peuvent juste leur faire perdre du
temps. Il est donc important d’éliminer petit à petit
tout ce qui peut constituer une distraction car tant que
vous continuerez à céder à ces tentations, vous devrez
ensuite puiser dans votre énergie pour résoudre les
problèmes qu’elles provoquent. Prenons un exemple :
si votre objectif est de perdre cinq kilos en dix mois,
et que tous les jours avant d’aller travailler vous vous
obstinez à vous arrêter dans le plus beau bar de la
ville pour prendre un café, alors que vous savez très
bien que vous succombez à la tentation de manger un
gâteau, une glace ou des viennoiseries, ces tentations
(qui vous font plaisir sur le moment) s’avèrent contre-
productives à long terme, car elles vous éloignent de
votre objectif ultime de perdre du poids.
Ayez un objectif à la fois. Vous pouvez avoir toute
une série d’objectifs que vous espérez atteindre à plus
ou moins long terme, mais il est judicieux d’en
choisir un et de vous concentrer sur celui-ci. Une fois
atteint, vous pouvez alors travailler à la réalisation
d’un autre objectif, mais “avoir trop de choses sur le
feu” risque de vous faire perdre le temps et l’énergie
nécessaires pour vous consacrer soigneusement à tous
les objectifs, avec pour résultat de n’en atteindre
aucun.

Ayez une alimentation saine. Vous vous demandez


peut-être en quoi ce que vous mangez a un rapport
avec la maîtrise des émotions. Une alimentation saine
et équilibrée est toujours préférable à une
alimentation basée sur la malbouffe ou les produits
micro-ondables, et cette vérité ne fait pas exception.
Un taux de glycémie insuffisant dans le sang peut
saper la volonté, même forte. Pensez également à ce
que vous ressentez lorsque vous avez faim. Vous
remarquerez que vous êtes incapable de vous
concentrer. Votre but est de ne pas vous détourner de
votre objectif et de résister à la tentation, et pour cela
vous devez éviter de rester à jeun trop longtemps (la
faim rend irascible, elle vous déconcentre et diminue
le potentiel de votre cerveau).
Changez vos habitudes. Comme mentionné
précédemment, la plupart des gens passent une grande
partie de leur vie voire la totalité, en pilotage
automatique : ils ne prennent pas de décisions
spontanément mais font “ce qu’il faut”. Par ce
concept, nous entendons généralement ce que font la
plupart des gens/la société. S’inscrire à l’université
après avoir terminé le lycée est une bonne chose.
Partir avec seulement cinq cents euros en poche pour
faire le tour du monde et tenter de devenir écrivain à
dix-huit ans est considéré comme une folie parce que
ce n’est pas ce que font la plupart des gens et ce que
la société attend d’un jeune. Changer ses habitudes,
en commençant petit, signifiera probablement, surtout
dans la phase initiale, faire face à l’embarras et au
sacrifice. C’est cependant le seul moyen de se
débarrasser de ses biais cognitifs ainsi que de réécrire
ses paradigmes. Les personnes mentalement fortes ne
sont pas des clones des autres, elles ne pensent pas et
n’agissent pas en fonction de ce que font la plupart
des gens mais suivent leur propre boussole intérieure
et savent comment gérer les conséquences de ce
choix.

Créez-vous des garde-fous. Toucheriez-vous une


clôture électrique ? Bien sûr que non. Si vous saviez
qu’une seule cigarette pouvait vous tuer sur le coup,
la fumeriez-vous ? Encore une fois, non. Créez-vous
des obstacles ; par exemple, en supposant que vous
vouliez arrêter de fumer, faites en sorte qu’il vous soit
difficile de vous procurer des cigarettes. Prenez un
itinéraire pour vous rendre au travail qui ne passe pas
devant un bureau de tabac. Lisez les panneaux
“Défense de fumer” affichés dans le bureau et, même
pendant les pauses, ne demandez pas de cigarette à
vos collègues. Partir sans argent, de sorte que vous ne
puissiez pas acheter votre paquet de cigarettes. Cet
exercice a un but très simple : vous empêcher de faire
le mauvais choix.

Le secret, c’est la répétition. Nous l’avons souvent


déjà dit, mais cela vaut la peine de le répéter : si vous
voulez changer votre état d’esprit, vous ne pouvez pas
vous attendre à ce que cela se produise en un clin
d’œil, ou après avoir changé votre habitude une seule
fois. Si par exemple, vous n’achetez pas de cigarettes
ou ne fumez pas toute une journée mais que vous
reprenez le lendemain, il est évident que l’exercice ne
vous a pas aidé. Commencez à vous forcer à changer
l’habitude choisie au moins une fois par semaine.
Vous pouvez arrêter d’aller au restaurant si l’objectif
est d’économiser pour faire le voyage dont vous avez
toujours rêvé ou pour vous acheter quelque chose
d’essentiel pour démarrer votre projet. Vous pouvez
aussi renoncer à la télévision si vous souhaitez
consacrer ce temps à autre chose, comme votre
famille ou un hobby que vous aviez délaissé.
Commencer par faire ces changements une fois par
semaine n’apportera pas de changement trop brutal
dans votre vie, mais cela vous encouragera car vous
vous rendrez compte que vous êtes capable de vous
contrôler. Lorsque vous vous dites : “Aujourd’hui, je
ne vais pas passer l’après-midi à regarder des séries
sur Netflix, mais je vais faire l’effort d’écrire une
histoire, d’apprendre à jouer de la guitare, etc.” et que
vous le faites, le message que vous vous envoyez est
clair et net. Ce n’est qu’un début, mais vous pouvez
prolonger le temps en répétant pendant des semaines
jusqu’à ce que, presque sans vous en rendre compte,
vous ayez apporté le changement réel dans votre vie.

Si vous rencontrez des difficultés au début, ne vous


découragez pas. Pratiquer la maîtrise de soi est difficile pour
tout le monde. Il est important de garder à l’esprit que chacun
a son propre rythme et donc d’éviter les comparaisons avec
des collègues, des amis ou, pire encore, des personnes que
vous ne connaissez pas et que vous suivez sur les réseaux
sociaux. Concentrez-vous sur votre parcours et sur vous-
même. Nous avons vu que la clé de la maîtrise des émotions et
de la force mentale, qui sont liées, se tourne vers l’intérieur.
3
EXERCICES PRATIQUES POUR
CONTRÔLER SON ÉMOTIVITÉ
DANS LA VIE
PROFESSIONNELLE ET
PERSONNELLE

N ous venons de voir que ceux qui maîtrisent leurs


émotions peuvent affronter les différents écueils de leur
vie sans se laisser submerger par ce qu’ils ressentent.
Nous avons également mentionné que bien que certains
contrôlent plus naturellement leurs émotions, nous pouvons
tous apprendre à faire de même avec persévérance et
engagement. Le fait est qu’au cours de votre existence, vous
serez confronté à des difficultés dans différents domaines.
Pour simplifier, nous allons diviser votre vie en deux aspects,
le premier étant la carrière et le second les relations. Vous
accèderez ainsi à des conseils ciblés pour chacun qui vous
permettront d’apprendre à maîtriser vos émotions et mieux
faire face à l’adversité.
Le monde du travail

Quel que soit votre métier, vous avez certainement dû faire


face à diverses difficultés et, à l’avenir, vous devrez
également, par exemple, piloter une entreprise et motiver votre
personnel dans des moments difficiles, ou encore gérer des
clients épouvantables, affronter une crise et, d’une manière
générale, vivre des situations qui vous épuisent
émotionnellement. Même si vous ne dirigez pas une
entreprise, si vous êtes incapable de gérer vos émotions, vous
courez le risque qu’elles vous dominent chaque fois que vous
vous disputez avec un collègue, que votre supérieur ne vous
comprend pas, que vous devez travailler plus longtemps que
prévu ou que vous êtes face à un projet très exigeant.
Le goal-setting : de quoi il s’agit et comment contrôler ses
émotions pour y parvenir

Comme son nom l’indique, ce terme anglais signifie “fixer des


objectifs” et constitue un concept de base dans le monde du
travail. Beaucoup se lèvent le matin, vont au travail, font ce
qu’ils ont à faire puis rentrent chez eux le soir. Si vous vous
reconnaissez dans cette description, vous devez probablement
sans cesse vous demander quels sont vos objectifs
professionnels. Aller au travail en se disant “Je n’ai pas
d’objectifs, je veux juste survivre ici” n’est pas un bon départ
pour travailler à la maîtrise de ses émotions et encore moins
pour se motiver. Un objectif n’est que ce que vous voulez
atteindre par votre performance. Si nous considérons
l’exemple ci-dessus en termes d’objectifs, nous pourrions dire
que le vôtre est ici d’arriver à la retraite. Vous avez maintenant
un objectif précis en tête, une motivation qui vous fera faire un
choix plutôt qu’un autre. Travailler plus dans l’espoir d’être
choisi pour une promotion ? Vous refuserez sûrement, car
votre objectif n’est pas de gravir les échelons, mais
simplement de survivre dans l’entreprise jusqu’à prendre votre
retraite. Il faut toutefois préciser que vous devez accorder une
attention toute particulière aux objectifs que vous choisissez,
car ils constituent la base de votre motivation. Si votre objectif
est simplement de prendre votre retraite, il est probable que
vous n’ayez pas la motivation nécessaire au travail pour
apprendre, relever des défis et être performant. Abordons
brièvement la manière de définir vos objectifs, sujet qui
mériterait un petit manuel à lui seul, mais il suffit de connaître
le modèle S.M.A.R.T., qui établit les caractéristiques des
objectifs que vous avez choisis :

Spécifiques : par exemple, si votre objectif est de


prendre votre retraite, il est trop général ;
Mesurables : pour évaluer vos progrès éventuels, par
exemple “Je veux franchir la ligne d’arrivée en trente
secondes” ;
Accessibles et Réalistes : inutile de viser la lune tout
de suite, vous serez certainement déçu, assurez-vous
que votre objectif soit réalisable pour vous ;
Temporels : votre objectif doit avoir une date-butoir.
L’implication des émotions dans les objectifs

Les émotions sont autant de qualités pour atteindre nos


objectifs car lorsqu’elles nous animent, nous augmentons nos
capacités de raisonnement, de mémoire et de décision. Plus
nous sommes concentrés sur une tâche qui nous implique
émotionnellement, plus nous avons de chances de réussir.
Supposons que vous deviez faire un discours devant vos
collègues et que vous vous réjouissiez de le faire. Vous êtes
galvanisé par l’énergie qui règne dans la pièce et exalté à
l’idée d’apporter votre contribution. Vraisemblablement, votre
présentation sera très réussie et marquera l’esprit de ceux qui
vous écoutent. On vous demandera probablement aussi de
prendre la parole lors d’autres événements. Supposons à
l’inverse que le jour de la présentation, vous arriviez déjà en
colère, peut-être après une dispute familiale, ou furieux contre
vous-même d’avoir commis une erreur au travail, ou même
énervé à cause des bouchons incroyables que vous avez dû
affronter. Vous prenez la parole, vos émotions négatives
prennent le dessus et l’auditoire le ressent. Peut-être que l’idée
d’apporter votre contribution vous a enthousiasmé au départ,
mais maintenant vous êtes plein de colère et de frustration.
Mais là encore, vous pouvez guider vos émotions, par exemple
en orientant la colère que vous ressentez vers une plus grande
concentration.
Conseils et tactiques pour gérer vos émotions au travail :

Écoutez activement. Nous avons déjà vu l’importance


de se connaître soi-même. L’écoute active vous
permet justement d’écouter ce qui se passe en vous.
Nous parlons d’une écoute différente de celle à
laquelle nous sommes habitués, plus cognitive : elle
commence par cesser de nier les émotions négatives.
Lorsque vous êtes en colère ou, plus fréquemment,
triste ou en souffrance, vous pouvez parfois nier ce
que vous ressentez. Désormais, n’ignorez plus vos
émotions mais écoutez-les et prenez-en conscience.
Cela vous permettra de ne pas vous détacher de
l’expérience douloureuse que vous vivez, mais de la
métaboliser, jusqu’à ce que vous en sortiez. Cela aura
un impact positif sur votre vie professionnelle, car
vous serez en mesure de contrôler vos émotions
négatives en partant du constat qu’elles existent bien
et que vous les vivez.

Exprimez vos émotions. Dans le même ordre d’idées,


il n’est jamais bon de tout garder à l’intérieur, et cela
vaut également pour le travail. Si vous êtes triste ou
en colère, parlez-en à un collègue en qui vous avez
confiance ou, de manière générale, apprenez à
exprimer ce que vous ressentez de manière
constructive. Si vous êtes en colère, par exemple, il ne
sert à rien de vous en prendre à vos collègues ou de
lancer des objets contre le mur, ils n’ont rien à voir
avec la cause de votre colère. Peut-être pourriez-vous
essayer de marcher ou de courir un peu avant d’aller
au bureau pour relâcher les tensions, ou de vous
détendre avec une méditation rapide dans votre salle
de bains ou, mieux encore, sur votre terrasse, ou
même en faisant une pause.
Ouvrez-vous aux émotions des autres. Si travailler sur
vos propres émotions est déjà complexe, vous risquez
de vous demander : “Pourquoi m’occuper aussi des
émotions des autres ?” Vous devez savoir que les
émotions des autres peuvent toujours avoir un impact
sur votre humeur et vos performances
professionnelles. Il est donc important de travailler à
développer votre empathie, surtout si naturellement,
vous en avez peu ou pas du tout. En effet, l’empathie
et la compréhension permettent également de
transmettre une attitude positive aux autres, ce qui est
crucial si vous êtes un manager.
Sachez vous comporter dans les situations tendues. Si
la gestion des émotions peut être relativement aisée
lorsque tout va bien ou lors des journées “calmes” au
travail, les choses se compliquent lorsque nous
sommes dans des situations tendues. En repensant à
vos réactions lors de moments de grand stress au
bureau, par exemple en raison d’une surcharge de
travail, d’un scandale impliquant votre entreprise ou
lorsque vous étiez en danger de faillite, vous vous
rendez probablement compte que vous n’avez pas
géré la situation de la meilleure façon possible. Si
quelqu’un vous provoque, il importe de rester calme.
Vous devez sûrement vous dire que c’est plus facile à
dire qu’à faire, et ce n’est certainement pas une
attitude facile à garder, surtout si la personne en
question vous provoque avec une certaine régularité.
Mais face à des gens qui cherchent à créer des
querelles, des malentendus et des incompréhensions,
rester calme est à la base de votre sérénité. Lorsque
vous devez donner votre opinion, avant de formuler
une critique, n’oubliez pas de parler de manière
constructive, en vous concentrant sur ce qui est bon,
puis sur ce qui ne l’est pas. A fortiori si vous occupez
une position importante dans l’entreprise, n’oubliez
pas que l’état émotionnel de vos employés, ou en tout
cas de vos collaborateurs, dépend aussi de la façon
dont vous vous comportez et dont vous leur parlez.
Dans une situation de conflit, qui entraîne
inévitablement beaucoup de tension, il est essentiel de
conserver sa maîtrise de soi. Crier, menacer, jeter des
objets contre le mur, gâcher son travail ou celui des
autres, etc. sont autant de comportements d’une
personne incapable de contrôler ses émotions. Si vous
avez affaire à une personne en colère, vous risquez de
répondre avec la même colère. La clé est d’apprendre
à réagir de manière constructive, à ne pas répondre à
la colère par la colère, mais à rester calme et à garder
le contrôle. Il s’agit d’un travail très difficile qui peut
vous sembler impossible maintenant, illusoire même,
mais en réalité, avec beaucoup de travail et
d’engagement, il est possible de rester calme même
face à une énième réflexion décourageante de votre
chef ou de discuter de manière constructive avec
votre collègue en colère.

Enfin, votre corps peut vous aider à gérer vos émotions,


notamment dans les moments de tension. Bien se reposer, faire
du sport et pratiquer des exercices de respiration sont autant
d’outils qui vous permettront de gérer vos émotions. En cas de
besoin, par exemple lorsque tout le monde au bureau est tendu
à cause de la visite imminente du PDG, ou lorsque toute
l’entreprise transpire d’inquiétude et que vous ne savez pas
exactement pourquoi, vous pouvez vous éloigner de votre
bureau et vous ménager un peu d’espace et de temps pour
pratiquer des exercices de méditation rapides en vous
concentrant sur votre respiration. Se concentrer sur sa
respiration permet en effet de se calmer.
La vie personnelle : comment gérer ses émotions dans ses
relations.

Nombreux sont ceux qui ont également du mal à gérer leurs


émotions dans la cellule familiale. Partant du principe
qu’aucune famille n’est parfaite (car la perfection n’existe tout
simplement pas) et que certaines publicités ne servent qu’à
nous mettre la pression, il faut que chaque membre de la
famille travaille sur sa capacité à contrôler et à gérer ses
émotions pour éviter qu’elles ne prennent le dessus, surtout
dans les moments de tension. Tout comme au travail, dans la
famille (ainsi que dans d’autres domaines de votre vie
personnelle, par exemple avec vos amis), il peut se produire
des épisodes et des situations où les gens sont en colère, où
l’on se fait la tête pendant des jours et où, en général, il règne
une ambiance malsaine qui peut avoir entre autres de graves
effets à long terme sur la croissance et le développement des
enfants et des adolescents.
Conseils pratiques pour gérer vos émotions dans votre vie
personnelle

Exprimez et acceptez ce que vous ressentez. Tout


garder à l’intérieur n’est jamais une bonne idée. Vous
avez sans doute déjà remarqué que lorsque nous
sommes heureux, nous voulons le crier sur tous les
toits, alors que lorsque nous sommes tristes ou en
peine, nous avons tendance à tout garder pour nous.
Ce n’est une bonne chose ni pour vous, ni pour les
personnes qui vous entourent. Votre mauvaise humeur
et votre apathie risquent d’affecter la vie familiale, ou
la dynamique au sein du groupe d’amis, même à long
terme. Cela ne sert à rien de dire : “Ça va” ou “Il n’y
a pas de raison de s’inquiéter”, peut-être pour
protéger vos enfants, car les gens voient très bien que
quelque chose vous perturbe, même les enfants. Le
changement se produit au moment où vous acceptez,
comprenez et vivez correctement ce que vous
ressentez. Bien entendu, savoir gérer ses émotions ne
signifie pas que l’on cesse de ressentir des émotions
négatives, ce qui serait impossible, mais que l’on
apprend à bien les gérer.

Acceptez les émotions des autres. Prenons l’exemple


de vos enfants. De nombreux parents ont tendance à
dire à leurs enfants des phrases comme “Arrête de
pleurer”, “Ne sois pas triste, tu n’as aucune raison de
l’être” ou “Tu es en colère pour cette petite chose ?”
Nier ou déprécier les émotions des autres membres de
la famille, en particulier des enfants en phase de
croissance, n’est certainement pas propice à
l’harmonie familiale et au bien-être des membres de
la famille. Si vous avez des enfants, expliquez-leur
que les émotions existent, qu’elles font normalement
partie de la vie et qu’elles doivent être acceptées en
tant que telles, comprises et traitées correctement. Si
votre enfant est triste ou en colère, par exemple, vous
pouvez le guider pour qu’il exprime convenablement
ce qu’il ressent. Dans le cas de la colère, si vous le
voyez crier sur son petit frère ou jeter ses jouets
contre le mur, vous pouvez lui proposer de jouer
ensemble dans le jardin, en pensant à un jeu qui lui
demandera beaucoup d’efforts moteurs, car l’activité
physique aide à libérer les émotions.

Méfiez-vous de la vie tranquille et de l’idée de


“perfection”. Revenons à l’idée de perfection car bien
qu’elle n’existe pas, nous finissons tous par
développer certains critères selon lesquels quelque
chose sera parfait, ici la famille. Supposons que pour
Pierre, la famille parfaite est celle où sa femme et lui
travaillent, où les deux enfants font du sport en plus
de l’école, vont chez les scouts et font mille autres
activités. Pour Julie, la famille parfaite est celle où
elle travaille à temps partiel, ce qui lui laisse du temps
à consacrer à ses enfants. Pour Marc, la famille
parfaite est celle où sa compagne et lui peuvent
compter sur les grands-parents pour garder leur
enfant. Comme vous pouvez le constater, chacun a sa
propre idée de la “perfection” qui, en réalité, ne
respecte pas de normes universelles, mais plutôt des
normes individuelles. Comme toujours, nous sommes
ici aussi victimes des idées et des croyances des
autres, à commencer par celles inculquées dans notre
enfance, jusqu’à celles que l’on nous sort encore tous
les jours, comme les publicités montrant des familles
parfaites en train de dîner ou de prendre le petit-
déjeuner autour d’une table où tout le monde est
toujours en train de rire, de s’embrasser et de s’aimer.
En réalité, aucune relation n’est uniquement faite que
de “hauts”. Il y a toujours des bas. Il est normal de se
disputer avec son conjoint, de se fâcher contre un
enfant, de voir son enfant se fâcher contre vous, etc.
Si vous vous accrochez à la notion de “perfection” en
ce qui concerne votre famille, et que vous êtes peut-
être en colère, triste ou agacé quand elle s’écarte de
l’idéal que vous vous êtes fixé, arrêtez tout de suite,
c’est un jeu très dangereux qui ne fera qu’alimenter
les problèmes au sein de la cellule familiale. De
même, beaucoup étouffent leurs sentiments et,
comme on dit, “lavent leur linge sale en famille”,
convaincus que cela est nécessaire pour maintenir un
statu quo. La mère qui va chercher ses enfants à
l’école n’imagine même pas raconter aux autres
mères la dispute de la veille avec son mari, ou que
son fils boude parce qu’elle ne veut pas qu’il aille à la
fête d’anniversaire de son copain, ou qu’elle a parfois
du mal à communiquer avec ses beaux-parents. L’idée
du statu quo repose en grande partie sur la notion
même de “perfection”, sur le besoin de faire croire
aux autres que sa famille est parfaite. Vous êtes-vous
déjà demandé ce qu’il se passait une fois les portes
closes de ces familles qui sont tout amour ? La
perfection risque de paralyser toutes vos émotions et
celles des autres membres de votre famille, en
encourageant les réactions négatives face à une erreur
ou une broutille.

L’interconnexion des émotions. En famille, il est


normal de partager ses émotions avec les autres
membres, surtout quand quelque chose de grave ou
d’important se produit. Un deuil, une maladie grave,
un problème financier sérieux et tout le monde, en
tant que membres d’un même foyer, ressent des
émotions à ce sujet. Gardez toujours à l’esprit que
chaque membre est un individu et peut donc réagir
différemment à l’événement. Lorsque le chien meurt,
la maman peut pleurer pendant trois jours, le papa
peut ne s’émouvoir que pendant une heure, Lucas
peut réagir en voulant un autre chien immédiatement
et Matthieu peut alterner entre le désespoir et la joie
en se rappelant les moments passés avec son ami
quadrupède. Il n’y a pas de bonne façon de réagir à
une situation. N’agressez pas les membres de votre
famille avec des phrases comme “Tu pourrais montrer
un peu plus de chagrin pour la mort de ton grand-
père”, car peut-être que le petit-garçon vit ce décès
d’une manière différente de la vôtre, qui n’implique
pas de larmes, ou qu’il préfère se défouler dans sa
chambre. Lorsque nous ressentons des émotions, nous
nous replongeons dans le passé et dans ce que nous
ressentions alors. Il est donc probable qu’au décès de
votre père (le grand-père de vos enfants), vous ne
réagissiez pas uniquement en fonction de la
disparition réelle, mais que vous reviviez des
émotions déclenchées par les moments passés avec lui
ou que vous vous souveniez de la mort de votre
grand-père.

Soyez serein. C’est le point essentiel. Une personne


sereine est parfaitement capable de connaître et de
gérer ses émotions. Celui qui vit en revanche dans un
état constant de stress, d’inquiétude, d’anxiété et de
tristesse peut avoir plus de mal à faire correctement
face aux moments difficiles, ou juste à la vie
quotidienne avec sa famille ou ses amis.
Comment surmonter émotionnellement un divorce

Un divorce n’est pas seulement une séparation physique mais


avant tout une séparation émotionnelle et psychologique. Que
cela arrive soudainement ou au contraire, après des années,
presque comme un épilogue que tout le monde attendait, il
entraîne une série de conséquences psychologiques qui se
poursuivent souvent bien au-delà de la période du divorce,
voire pendant des années. Examinons quelques conseils
pratiques pour faire face au divorce aussi bien que possible
d’un point de vue émotionnel :

Acceptez ce qui s’est passé. Cela peut sembler


difficile, parfois même impossible. C’est peut-être
vous qui avez demandé le divorce, mais c’est le
comportement de l’autre (tromperie, violence, etc.)
qui vous y a poussé. Là encore, c’est peut-être votre
mari ou votre femme qui vous a mis devant le fait
accompli et, bien que cela ne soit pas une surprise,
vous ne savez comment réagir maintenant que c’est
bien réel. Se séparer de son mari ou de sa femme
signifie laisser derrière soi de nombreux souvenirs et
habitudes partagés, même dans la vie intime.
S’entêter à ne pas accepter le divorce ne mènera
cependant à rien. Essayez de comprendre la douleur
que vous ressentez, de reconnaître qu’elle fait partie
de votre vie et de vous efforcer de bien la gérer sur le
plan émotionnel car, même si cela vous semble
insensé aujourd’hui, cette expérience pourrait vous
faire beaucoup grandir.

Ne vous isolez pas. Plus vous avez aimé, ou aimez


encore, votre mari ou votre femme, plus vous aurez
l’impression d’avoir été écrasé par un train à grande
vitesse. Il est normal que vous passiez beaucoup de
temps seul à pleurer, mais essayez de ne pas vous
isoler. Il est contre-productif d’enfouir vos émotions
au fond de vous-même et peut-être de vous contenter
de sortir en affichant un faux sourire pour se faire
croire que tout va bien.

Retrouvez votre équilibre émotionnel. Ne soyez pas


pressé de chercher une autre relation, ne vous forcez
pas à faire ce que vous ne voulez pas faire et, s’il est
vrai que vous devez éviter de vous isoler, il est
également vrai que vous obliger à voir des couples
d’amis tous les samedis n’est peut-être pas bon pour
vous. Prenez le temps de traiter vos émotions, sans
vous précipiter et sans vous comparer aux autres.
Chacun a son rythme.

Suivez une formation sur l’intelligence émotionnelle.


Si vous n’avez pas réussi à gérer correctement vos
émotions jusqu’à présent, il est probable que vous n’y
parviendrez pas de sitôt car, comme nous l’avons vu,
cela implique un travail difficile fait de constance et
de répétition. Un cours d’intelligence émotionnelle, à
combiner avec votre travail individuel sur
l’apprentissage de la gestion de vos émotions,
conduira à une amélioration émotionnelle générale.
L’intelligence émotionnelle repose sur cinq piliers : la
connaissance de soi, la régulation des émotions,
l’auto-motivation, l’empathie et les compétences
sociales.
Comment surmonter émotionnellement une maladie

Beaucoup d’entre nous ont peut-être connu des gens qui, face
à une maladie grave, ne se sont pas apitoyés sur leur sort mais
ont bien réagi sur le plan émotionnel, au point qu’ils ont
souvent réussi à transformer une expérience qui, pour
beaucoup, aurait été exclusivement négative en une source de
croissance. Si on vous a diagnostiqué une maladie, en
particulier une maladie grave, il est important que vous vous
donniez le temps d’assimiler ce qui s’est passé. Vous pouvez
pleurer, vous mettre en colère, être frustré, mais ressasser des
émotions négatives ne vous aidera pas. Malheureusement,
c’est votre nouvelle réalité, alors apprenons à connaître
quelques astuces pour la vivre au mieux :
- (Re)découvrez votre capacité de résilience.
Nous nous pencherons sur la résilience, mais pour l’instant, il
vous suffit de savoir que c’est la capacité à faire face à
l’adversité de façon correcte et productive. Une personne
résiliente s’adapte facilement à son changement de vie et de
normalité et ne s’accroche pas à ses anciennes habitudes. Il ou
elle sait que la vie est un flux, que tout change et que l’idée
que tout restera identique à jamais n’est tout simplement pas
réaliste. Cela ne signifie pas que la personne ne sera pas
confrontée à des difficultés émotionnelles ou pratiques dans le
processus d’adaptation, mais qu’elle est capable de vivre
correctement ce processus. Participez activement à
l’organisation de votre nouvelle vie quotidienne, ne déléguez
pas tout à votre conjoint, à vos parents ou à d’autres
personnes. Déterminez comment vous voulez vivre votre
nouveau quotidien, identifiez ce qui vous fait du bien,
découvrez de nouvelles passions et ressortez les rêves que
vous aviez mis de côté. Si par exemple votre maladie vous
oblige à passer beaucoup de temps à l’intérieur, faites en sorte
que la pièce où vous passez le plus de temps soit aussi
confortable que possible, organisez la visite de vos amis et de
votre famille, ressortez votre vieille guitare, essayez de
dessiner, etc.
- Acceptez la situation.
Le processus d’acceptation est à la base de toutes vos
émotions et de tous les défis que la vie vous présente. Il va
sans dire qu’accepter un petit problème, comme avoir une
mauvaise note à l’école, ou même (encore plus trivial) ne pas
trouver le livre ou la robe que l’on cherche depuis longtemps,
est extrêmement plus facile que d’accepter le diagnostic d’une
maladie grave, peut-être dégénérative ou terminale.
Cependant, la volonté de celui qui veut bien gérer ses
émotions est toujours sous-entendue. Lutter contre l’épreuve
elle-même, ne pas l’accepter, c’est aussi lutter contre toutes les
émotions qu’elle nous fait ressentir. Beaucoup peuvent avoir
du mal à accepter leur maladie à cause de la peur, de la honte
(si par exemple, ils doivent peu à peu compter sur les autres
pour la moindre chose), de l’angoisse, de la douleur…
Cependant, l’acceptation de la maladie est le point de départ
pour y faire face.
Bien entendu, ces conseils conviennent également aux
maladies ou blessures sans gravité, comme une fracture de la
jambe qui vous oblige à porter un plâtre et à changer votre vie
quotidienne pendant quelques semaines.
4
L’INFLUENCE DE NOTRE VOIX
INTÉRIEURE

N ous nous parlons tous à nous-mêmes, c’est ce qu’on


appelle notre dialogue intérieur. Peut-être n’y avez-vous
jamais prêté attention et, avant d’aller plus loin, il serait
judicieux de penser à la journée que vous venez de passer et de
vous concentrer sur ce que vous vous êtes dit. Notre voix
intérieure est cruciale pour déterminer notre état d’esprit. La
plupart des gens pensent à tort que l’état d’esprit se fait tout
seul, que nous n’avons aucun contrôle sur lui. Il se trouve en
nous et, comme nous pouvons travailler sur tout ce qui est
interne, nous pouvons aussi déterminer comment nous nous
sentons.
Le problème réside précisément dans notre habitude de donner
trop de pouvoir à tout ce qui se passe hors de nous (sur lequel,
rappelons-le, nous n’avons aucun contrôle). Quelqu’un nous
fait un compliment ? Là, on se sent bien, on est même
heureux. Une mauvaise note à un examen, ou une remarque
désagréable de notre chef ? C’est notre moral qui en pâtit.
Nous avions prévu de sortir et il pleut ? Nous sommes obligés
d’annuler et nous sommes frustrés. Les exemples pourraient se
multiplier à l’infini. Il est donc important de se concentrer sur
tout ce qui se passe en vous, car votre voix intérieure, qui vous
parle régulièrement, est bien plus forte que tout ce qui pourrait
se passer hors de vous.
Le dialogue intérieur (connu sous le nom anglais de “self
talk“) peut se manifester soit dans le cadre de conversations
réelles à voix haute avec soi-même, soit dans la tête. Le mode
n’est pas important, ce qui compte c’est de prêter attention à
ce que vous vous dites et à la fréquence à laquelle vous le
faites.
Supposons que vous ayez travaillé nuit et jour, toute une
semaine, pour présenter votre projet à la réunion
d’aujourd’hui. Le chef ne choisira qu’une seule proposition
parmi tous les collaborateurs. Pendant que vous travaillez sur
le projet, que vous dites-vous ? Vous vous répétez
probablement, peut-être sans même vous en rendre compte,
des phrases comme “Mais pourquoi je fais ça ? Je sais déjà
que le chef choisira le projet de Paul Beaulieu”, “Hier soir, ma
présentation m’avait l’air meilleure”, “Peut-être qu’elle n’est
pas aussi intéressante que je le crois”, “Je sais déjà qu’au
moment de présenter le projet, je ne saurai pas quoi dire”.
Pensez à la différence de situation et à ce que vous ressentiriez
si, de votre côté, vous travailliez sur votre projet en disant
“Beau travail”, “Mon idée est vraiment originale, si elle n’aide
pas le chef, je verrai si je peux la développer d’une autre
manière”, “Je viens d’avoir une idée brillante qui va aider le
projet”, “Je suis sûr que pendant la présentation, tout le monde
sera étonné de découvrir le rapport qualité-prix de ma
proposition”. Il s’agit de comprendre que l’état d’esprit est
influencé par la conversation intérieure. Dans le premier cas,
la personne est démoralisée, pas sûre d’elle, et va aller à la
présentation en doutant d’elle-même et de ce qu’elle a fait,
peut-être en se faisant des remarques plus négatives encore en
apprenant que c’est un autre projet qui a été choisi. Des
phrases comme : “Pourquoi ai-je participé ? Je sais que je ne
suis pas aussi bon que Beaulieu”, “J’ai vu Martin se moquer
de moi, il a dû me prendre pour un imbécile !”, “De quoi j’ai
eu l’air quand on a présenté celui de Galois après mon petit
projet”, et ainsi de suite. Dans le second cas, la personne est
dans un état d’esprit bien disposé, chargé à bloc, en
mouvement. Il sait que son projet ne sera peut-être pas celui
choisi par le chef, mais cela n’entamera pas sa confiance en
lui.
Notre voix et celle des autres

S’il est vrai que dans le dialogue intérieur, c’est toujours vous
qui vous parlez à vous-même, il est également vrai que très
souvent, certaines de ces voix ne sont pas à nous mais à ceux
qui ont été importants dans notre vie et qui le sont peut-être
encore. Cela fonctionne un peu comme avec les paradigmes
qui nous ont été inculqués par la société et, en premier lieu par
la famille, ou avec les biais cognitifs. En effet, nous sommes
tous esclaves de toute une série d’habitudes et de croyances
mentales que nous nous sommes appropriées, non pas parce
qu’on y croit aveuglément ou qu’on les a choisies, mais parce
qu’elles nous ont été inculquées. La phase d’inculcation atteint
son maximum au cours des cinq premières années de la vie
d’un enfant, mais elle ne se termine jamais en réalité. Nous
sommes tous une sorte de rouage pour lequel la société a déjà
tout arrangé, et nous nous retrouvons donc avec des étapes
préétablies à atteindre dans un délai imparti, ou avec toute une
série de règles et d’interdictions qui ne servent souvent à rien
et ne favorisent pas notre évolution, mais servent uniquement
à nous faire nous comporter comme les autres et à maintenir le
statu quo. Il est donc probable que certaines des conversations
que vous avez avec vous-même trouvent leur origine dans les
discours d’autres personnes, et que vous n’en êtes même pas
conscient. Prenons l’exemple de Lucas qui a la trentaine
aujourd’hui. Toute son enfance, son père lui a dit qu’il n’était
bon à rien, et l’a même comparé à son frère aîné qui avait de
bonnes notes à l’école, ou à son cousin, qui était très bon en
sport. Lucas a donc grandi en se sentant toujours inférieur à
son frère ou à son cousin et, en général, aux autres. Peut-être
que Lucas a d’autres talents que son frère et son cousin n’ont
pas, ou qu’il n’a rien de spécial, mais il n’est certainement pas
inférieur aux autres. Cependant, lorsque Lucas se parle à lui-
même, il se surprend à dire des phrases telles que “Je n’y
arriverai jamais”, ou “Je ferais mieux d’abandonner, je sais
que c’est Marion qui aura la promotion”, etc. Bien que ce soit
Lucas qui se dise ces choses, et il entend peut-être même sa
propre voix, mais c’est en fait la voix de son père qui est à
l’origine de tout cela, car Lucas s’est désormais approprié la
conviction de ses parents qu’il n’est pas assez doué.
Conseils pratiques pour un dialogue intérieur sain et
productif

Si vous vous êtes reconnu dans l’exemple de Lucas, pas de


panique. La plupart d’entre nous sont aux prises avec un
dialogue intérieur qui est tout sauf simple, souvent négatif, et
qui peut affecter notre réussite et notre bonheur. Les personnes
mentalement fortes sont capables d’entretenir un dialogue
intérieur positif, ce qui leur permet de se sentir encouragées et
de trouver la motivation pour atteindre leurs objectifs. Mais
comment changer la façon dont nous nous parlons à nous-
mêmes ? Voici quelques conseils pratiques :

Faites le point sur la situation. Surtout si le concept de


dialogue intérieur vous était étranger jusqu’à présent,
vous devez vous en emparer et vous demander ce que
vous vous dites lorsque vous vous parlez à vous-
même. Êtes-vous comme Lucas, avez-vous tendance
à vous déprécier, peut-être parce que vous êtes
influencé par des croyances inculquées par d’autres ?
Ou êtes-vous votre “pire ennemi” et vous ne pouvez
pas vous résoudre à dire quoi que ce soit de positif ?
Ou peut-être que votre dialogue intérieur a des hauts
et des bas, avec des moments où vous pouvez vous
parler de manière encourageante et positive et
d’autres où vous avez un dialogue intérieur qui n’est
pas du tout constructif.

Soyez attentif aux situations désagréables où votre


voix intérieure entre en jeu. Le dialogue intérieur a
lieu principalement face aux difficultés et c’est
justement à ces occasions que nous avons tendance à
être durs, voire cruels avec nous-mêmes. Une femme
qui vient de découvrir que son compagnon la trompe
pourrait se dire : “Quelle naïveté, comment ai-je pu le
croire ? Je suis une idiote, je suis une idiote !”. Dans
ce cas, la femme assume toute la responsabilité de ce
qui s’est passé et se flagelle, ce qui l’empêche de
penser clairement et de manière productive. Essayez
également de remarquer dans quelles situations vous
commencez à vous parler à vous-même pour passer
en revue tout ce qui pourrait mal tourner. Cela peut se
produire dans n’importe quelle situation, qu’elle soit
apparemment négative (par exemple, lorsque vous
êtes licencié), neutre ou même potentiellement
positive (par exemple, lorsque vous êtes sur le point
d’embarquer pour la destination de vos rêves). C’est
là que vous pouvez commencer à vous dire que vous
n’allez pas vraiment vous amuser, que votre ami
Franck avait raison, que vous auriez peut-être mieux
fait d’utiliser cet argent pour le crédit de la maison,
etc.

Comprenez que le dialogue intérieur n’est pas


toujours utile. Dans certaines situations, les
conversations que nous avons avec nous-mêmes
peuvent être productives, si elles sont positives, mais
il n’est pas toujours nécessaire d’avoir ce dialogue
avec soi-même. Lorsque vous vous surprenez à
penser et à vous dire des phrases négatives, prenez le
temps de vous poser la question : “Est-ce utile pour
moi de me dire cela ?” Si, pour reprendre l’exemple
de la personne sur le point de décoller, vous vous
retrouvez au pied de l’avion à vous sentir coupable
d’avoir dépensé cet argent pour le voyage, alors que
vous savez que même si vous aviez décidé de ne pas
partir, vous l’auriez perdu, demandez-vous si ces
propos que vous vous tenez sont utiles. La réponse est
bien sûr “non”. Comme si elles étaient écrites sur un
tableau noir, effacez-les et remplacez-les peut-être par
des phrases positives telles que : “J’ai bien fait de
m’offrir ce voyage !” ou “Je suis fier de moi. C’est
grâce à mon talent et à mon travail acharné que j’ai
gagné l’argent dont j’avais besoin pour pouvoir vivre
ce rêve”.

“Bravo !” est le mot clé. Repensez à la semaine


écoulée et essayez de vous rappeler combien de fois,
au cours de vos conversations avec vous-même, vous
vous êtes dit “Bravo !”. Vingt ? Deux ? Zéro ? La
plupart d’entre nous passent des jours, parfois des
semaines ou des mois, sans jamais se féliciter. Vous
risquez de vous dire : “Ma vie est nulle, comment
pourrais-je me féliciter ?” ou encore : “Je ne suis rien,
je ne peux pas me résoudre à dire que je suis bon”. La
réalité est que nous sommes et nous devenons ce que
nous pensons. Si vous restez bloqué sur des pensées
et des conversations avec vous-même qui tournent
autour de phrases comme celles ci-dessus, c’est le
serpent qui se mord la queue. Nous sommes tous
confrontés à des difficultés. Nous avons tous des
forces et des faiblesses. Nous avons tous des succès et
des échecs. Le problème est que, comme nous l’avons
déjà mentionné, la plupart des gens ont tendance à se
concentrer sur ce qu’ils considèrent comme des
erreurs ou des échecs, plutôt que sur ce qu’ils ont fait
de bien. Commencez à changer votre façon de penser
et, même maintenant, prenez le temps de vous dire
“Bravo !”. Il est probable qu’au début, vous viviez ce
changement presque comme une contrainte qui ne
vous correspond pas, mais vous découvrirez peu à peu
que, comme tout le monde, vous avez des points forts
et des raisons de vous féliciter. Vous pouvez
commencer par les petites choses, comme lorsque
vous apprenez à faire du vélo et que vous apprenez,
avant tout, que vous devez vous asseoir sur la selle. Si
vous ne vous approchez pas du vélo, vous
n’apprendrez jamais à pédaler. Commencez donc par
l’essentiel et efforcez-vous chaque jour de trouver une
ou plusieurs raisons d’être fier de vous.

Pour résumer, il est donc important de comprendre que nous


sommes ce que nous pensons être. Une personne qui se répète
constamment qu’elle ne vaut rien, qu’elle est inférieure aux
autres, qui a tendance à se gronder, à s’accuser de tout (“Je l’ai
bien mérité !”, “J’ai eu tort de…”) vivra certainement dans un
état d’insatisfaction constant où il est impossible d’avoir la
force mentale pour réaliser ce qu’elle veut. Votre objectif est
donc de changer (lentement et grâce à la répétition) le type de
conversation que vous avez avec vous-même. Concentrez-
vous de plus en plus sur les aspects positifs, en vous rappelant
de ne pas les chercher hors de vous, mais de faire une
recherche intérieure. Si par exemple, vous vous êtes disputé
avec votre collègue, au lieu de vous marteler des phrases
négatives et décourageantes qui ne feront qu’aggraver votre
colère, votre déception et votre frustration, vous pouvez vous
dire : “Bravo, j’ai bien fait de réagir calmement face aux
insultes de mon collègue”. À long terme, cette attitude vous
prédisposera de plus en plus à augmenter votre force mentale.
5
CHANGEZ D’ÉTAT D’ESPRIT.
CONCENTREZ-VOUS SUR LA
SOLUTION, PAS SUR LE
PROBLÈME

E n cas de problème, beaucoup d’entre nous ne cherchent


pas de solutions possibles mais se concentrent sur la
difficulté qui se présente à eux. Si vous vous
reconnaissez dans cette description, ne désespérez pas. Il est
tout à fait normal d’avoir cet état d’esprit car nous avons
appris toute notre vie à raisonner ainsi. Mais la bonne
nouvelle, c’est qu’il est possible de changer d’état d’esprit en
choisissant de se concentrer sur les opportunités qui mènent
aux solutions.
En vous focalisant sur le problème au point de ne plus penser à
autre chose, vous ne faites que l’amplifier. Imaginons que vous
vous promeniez et que vous voyez soudain une flaque d’eau.
Vous vous arrêtez, vous êtes inquiet, vous ne savez pas si la
flaque est profonde et donc dangereuse, et cette eau si sombre
ne vous met pas à l’aise. Admettons que la flaque d’eau soit
votre problème. Si vous décidez de la contourner ou même de
la sauter sans y prêter plus d’une seconde d’attention, vous
poursuivrez votre chemin, alors que si vous restez bloqué là et
que vous pensez sans cesse “Je me demande si la flaque est
profonde”, “Et si je tombais dans la flaque, que se passerait-il
?” et ainsi de suite, vous risquez de rester bloqué un bon
moment au même endroit. Le plus surprenant, c’est qu’alors
que vous ne quittez pas la flaque des yeux et que vous vous
posez toutes ces questions, vous ne voyez pas en quoi il est
facile, et même amusant ou constructif, de la contourner ou de
la sauter. Avec les problèmes et les solutions, cela fonctionne
de la même manière.
Vous avez peut-être déjà entendu parler de la loi de
l’attraction. C’est l’une des lois de l’Univers et, pour mieux la
comprendre, il faut partir du principe que tout est énergie, nous
y compris. L’énergie se manifeste par certaines vibrations se
déplaçant à certaines fréquences. Il ne s’agit pas de
mysticisme ou de “New Age”, mais d’une simple vérité qui
une fois assimilée, nous permet de réaliser que notre vie est
influencée par ce que nous demandons. Vous devez sans doute
vous dire : “Mais je ne fais que recevoir des problèmes de la
vie, je n’en veux évidemment pas d’autres !”. Au contraire,
selon toute probabilité, vous vous concentrez tellement sur ces
difficultés que la loi de l’attraction vous envoie exactement ce
que vous demandez, à savoir plus de problèmes.
Ceux qui désirent la richesse économique ne doivent pas
penser ou dire : “J’aimerais avoir plus d’argent” ou
“J’aimerais vivre dans une belle grande maison sans avoir de
crédit à rembourser” car, dans ce cas, la loi d’attraction perçoit
votre demande comme ce qu’elle est : un manque. Demandez
plus de manque, et l’abondance ne se manifestera jamais dans
votre vie. Commencez par faire preuve de gratitude pour ce
que vous avez déjà, et vous obtiendrez bientôt encore plus.
Vous voyez comment ça marche ?
Concentrez votre énergie sur la solution

Lorsque vous êtes confronté à un problème, petit ou grand,


commencez par vous dire que ce n’est pas la fin du monde. Il
est vrai qu’il existe de grandes épreuves, comme une grave
maladie, la perte d’un être cher ou de sérieux problèmes
financiers qui vous empêchent peut-être de subvenir
confortablement aux besoins de votre famille. Cependant, il
est aussi vrai que, dans tous les cas, s’attarder de manière
obsessionnelle sur le problème sans chercher de solution ne
servira à rien et ne fera que l’amplifier. Pour commencer à
vous concentrer sur la solution, il vous faut opérer de petits
changements chaque jour dans votre façon de penser. Il sera
contre-productif de tout vouloir “tout de suite”, et vous
abandonnerez peut-être si vous n’atteignez pas immédiatement
ce que vous vous êtes fixé. La méthode Kaizen, largement
utilisée dans les entreprises mais adaptable à tous les
domaines, nous propose justement d’apporter de petits
changements dans notre vie quotidienne, de progresser et de
croître quand et si nous le voulons. Pour commencer, prenez
donc conscience que se concentrer sur le problème n’apportera
pas de solution, mais risque au contraire de vous faire entrer
dans la spirale de l’overthinking, c’est-à-dire de la pensée
exagérée et non constructive qui, à terme, peut entraîner toute
une série de problèmes sur le plan physique, psychologique et
émotionnel.
Lorsque vous vous fixez un objectif, concentrez votre énergie
exclusivement sur ce que vous devez faire pour l’atteindre.
Les objectifs ne s’atteignent pas par miracle, vous devez créer
une stratégie d’actions pratiques à entreprendre pour y
parvenir. Concentrez-vous sur cela plutôt que sur les
difficultés auxquelles vous êtes confronté. En réfléchissant à la
solution, vous vous apercevrez souvent qu’il en existe
plusieurs, et vous passerez du stade où vous n’en voyez
aucune à celui où vous devez choisir celle qui vous convient le
mieux. Notre esprit est comme un coffre à trésor qui contient
des propositions, des idées, des énergies positives, des
opportunités et bien d’autres choses encore. Cependant, la
plupart d’entre nous n’ont pas l’habitude de l’utiliser
correctement, en toute conscience, et de l’exploiter au
maximum de son potentiel. N’oubliez pas non plus que ce sur
quoi vous vous concentrez se développe. Si vous vous
concentrez sur le problème, il prendra de l’ampleur et
deviendra parfois si important que vous risquez de le perdre de
vue. Si au contraire vous vous concentrez sur la recherche
d’une solution, l’éventail des possibilités et des opportunités
s’élargira.
Ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas

Nombreux sont ceux qui, au lieu de se concentrer sur ce qu’ils


veulent, fixent leur attention sur ce qu’ils ne veulent pas. Vous
pensez sans doute ne pas faire partie de cette catégorie et, en
fin de compte, personne ne décide consciemment de se
concentrer sur ce qu’il ne veut pas vraiment. Le fait est que,
comme nous l’avons déjà mentionné, nous passons presque
tous la plupart de notre temps en pilotage automatique : nous
ne prenons pas nos décisions et ne réfléchissons pas
consciemment mais inconsciemment. Notre inconscient est
une somme de préjugés cognitifs et de paradigmes inculqués
par la société et par notre famille, ainsi que par d’autres
situations auxquelles nous avons été confrontés, en particulier
pendant l’enfance (par exemple à l’école). Supposons que
vous vous disiez : “Je ne veux plus avoir de dettes” ou “Je ne
veux pas faire des heures supplémentaires ce week-end” et
voilà que vous vous découvrez des dettes et que votre chef
vous confie un projet important qui vous demandera de
travailler dix-huit heures par jour le week-end. Vous voyez
comment, dans ce cas, vous vous concentrez sur ce que vous
ne voulez pas ? Vous ne voulez plus avoir de dettes et vous ne
voulez pas faire d’heures supplémentaires le week-end qui,
dans l’esprit de chacun, est le moment qu’on consacre à la
détente ou à la famille.
Commencez à changer votre état d’esprit et concentrez-vous
sur ce que vous voulez plutôt que sur ce que vous ne voulez
pas. Au lieu de vous dire : “Je ne veux plus de dettes”, pensez
: “Je veux avoir de l’argent”, ou au lieu de vous dire : “Je ne
veux pas faire d’heures supplémentaires ce week-end”, dites-
vous : “J’ai hâte de passer du temps avec la famille ce week-
end”, et vous verrez que, bientôt, les choses commenceront à
changer parce que vous commencerez à envoyer à l’Univers
des vibrations d’énergie différentes de vos vibrations actuelles.
Perdez votre mentalité de victime

Vous arrive-t-il parfois de penser que vous n’avez vraiment


pas de chance et que tout le monde vous en veut ?
Probablement souvent. Le directeur qui ne reconnait pas vos
compétences, votre collègue qui parle dans votre dos, votre
conjoint qui semble prendre plaisir à vous compliquer la vie,
vos enfants qui ne vous obéissent pas, vos amis qui changent
d’avis toutes les secondes et qui chamboulent vos projets, ou
encore le gouvernement qui augmente les impôts dès qu’il en a
envie, ou même la société qui devient trop technologique à
votre goût et qui vous laisse à la traîne… bref, vous êtes une
pauvre victime des “méchants”. Il est essentiel de changer
cette mentalité pour devenir quelqu’un de mentalement fort.
Ceux qui ont atteint l’objectif que vous vous êtes fixé en lisant
ce livre ne rejettent certainement pas la faute sur les autres
pour ce qui se passe dans leur vie.
Le seul responsable de votre existence, c’est vous. Il s’agit
d’un concept très difficile à comprendre pleinement,
précisément parce qu’il est plus facile de blâmer les autres et
aussi parce que, quoi qu’on en dise, jouer les victimes présente
un certain nombre d’avantages. Tout d’abord, si c’est la faute
des autres, vous ne pouvez souvent rien y faire. Vous ne cessez
de vous plaindre de ce qui ne va pas dans votre vie, mais
comme c’est la faute de votre femme/mari, de la société, de
votre chef et ainsi de suite, vous terminez toujours par
“Qu’est-ce que j’y peux ?”. Cela vous dispense de prendre vos
responsabilités et d’agir. Il va sans dire que vous n’êtes ni
heureux ni épanoui, mais d’une certaine manière, vous
préférez vivre dans ce malaise auquel vous êtes habitué plutôt
que d’admettre que ce qui ne va pas dans votre vie est de votre
responsabilité et non celle d’un d’autre. Il peut y avoir des
facteurs externes qui vous donnent raison, mais c’est vous qui
avez toujours le dernier mot. En effet, vous décidez comment
réagir face à un problème ou à un manque, et votre choix de
comportement déterminera qui vous êtes et ce qui se passera
dans votre existence.
En ce moment, vous vous trouvez donc à la croisée des
chemins et vous pouvez opter pour un des choix suivants :

Prendre votre vie en main ;


Continuer avec votre mentalité de victime.

Si vous lisez ce livre, c’est que vous êtes probablement


prédisposé à la première option, mais examinons d’abord
quelques points pour savoir si vous avez une mentalité de
victime.
Comment savoir si vous avez une mentalité de victime

Ceux qui ont une mentalité de victime ont tendance à voir des
catastrophes partout. Le moindre problème est à leurs yeux
une difficulté insurmontable. Ils pensent que face à une
difficulté, le pire va se produire. Si vous vous reconnaissez
dans ce comportement, lorsque vous êtes confronté à un
problème, demandez-vous quelle est la pire chose qui puisse
arriver et demandez-vous également quelles sont les risques
réels que cela se produise. Vous constaterez que, dans la
plupart des cas, ce que vous craignez le plus ne se produira
jamais et n’est possible que dans votre esprit, et l’attention que
vous portez au problème alimente.
Ceux qui ont une mentalité de victime se sentent alors
impuissants. Après tout, comment pourrait-il en être autrement
? Il vous semble n’avoir aucun contrôle sur les événements.
Tout dépend des choix, des propos et du comportement des
autres, à commencer par vos proches et même la société en
général. Dans ce cas, il est important de s’entraîner à
apprendre à dire non. Il est probable que, jusqu’à présent, vous
vous sentiez un peu obligé d’accepter tous les projets, toutes
les invitations, en prétendant que, sinon, vous feriez mauvaise
impression, que vous rateriez une occasion ou toute autre
excuse. Comme nous l’avons déjà mentionné, les gens qui ont
grande force mentale ne remplissent pas leur agenda et leur vie
de choses à faire et de personnes à voir, mais restent
concentrés sur l’objectif et ne donnent leur temps et leur
attention qu’aux activités et aux personnes qui leur permettent
de progresser ou d’apprendre quelque chose. En commençant
à refuser, on a également l’impression de reprendre un certain
contrôle sur sa vie. C’est vous et personne d’autre qui
choisissez qui vous voyez et ce que vous faites.
Ceux qui ont une mentalité de victime ont un dialogue
intérieur négatif. Dans un chapitre précédent, nous avons
consacré une large place au dialogue avec soi-même, à cette
conversation permanente et à son importance pour déterminer
si nous avons réussi et si nous sommes heureux. Avoir un
dialogue intérieur négatif, caractéristique malheureusement
partagée par la plupart d’entre nous, est déjà un signal
d’alarme pour savoir si vous avez une mentalité de victime.
Lisez attentivement le chapitre consacré à ce sujet et suivez les
conseils qui y sont donnés. Commencez par changer votre
façon de vous parler à vous-même, que ce soit dans votre tête
ou à voix haute. Remplacez les phrases comme “Je ne suis pas
doué”, “Je me suis encore trompé”, “Pierre est cent fois
meilleur que moi” par des phrases inspirantes, encourageantes
et positives comme “J’ai fait de mon mieux”, “Je suis fier de
moi” et “Bravo”. À force de répéter, vous prendrez l’habitude
de vous parler de manière positive.
Enfin, ceux qui ont une mentalité de victime sont convaincus
que le monde entier leur en veut. Il y a une loi, qui peut vous
sembler dure mais qui est douce en réalité : personne n’est
indispensable. Nous sommes tous uniques et importants, mais
personne ne l’est assez pour être l’axe autour duquel le monde
tourne. Les gens riches, très célèbres, puissants, etc. ne sont
que des êtres humains. Il est impensable que le monde ou
l’Univers consacrent toute leur énergie à gâcher votre vie.
Répétons-le, il est important de choisir comment réagir face à
l’adversité, justement parce que ceux qui sont dotés d’une
grande force mentale n’ont évidemment pas une vie sans
problèmes, ils ont juste appris à se comporter face aux
difficultés.
Comment se détacher de sa mentalité de victime

Abandonner sa mentalité de victime est donc fondamental


pour devenir quelqu’un avec une grande force mentale.
Passons en revue quelques conseils pratiques pour cultiver un
état d’esprit de croissance.

Réalisez que vous n’êtes pas la victime de ce qui vous


arrive.

Ça a l’air plus facile à dire qu’à faire, mais le secret est bien là.
Rien ne changera tant que vous continuerez à vous persuader
que le monde entier vous en veut, que vous seriez mieux si
votre conjoint ou votre chef faisait ceci ou cela, ou que ce
n’est pas juste de travailler pour huit cents euros par mois alors
que des gens sur les médias sociaux gagnent des milliers
d’euros pour faire un post. Vous vous souvenez de la loi de
l’attraction ? Votre énergie continuera à vibrer à la fréquence
des plaintes, des problèmes et des manques, de sorte que
l’Univers continuera à vous envoyer exactement ce que vous
avez demandé. Commencez par réaliser que personne ne vous
en veut et que vous ne pouvez rien contrôler de ce qui se passe
hors de vous, pas même ce que pensent, disent ou font vos
proches. La seule chose que vous puissiez contrôler, ce sont
vos réactions, même face au comportement des autres.

Quittez votre zone de confort.

C’est la zone où vous vous sentez en sécurité malgré


l’inconfort et les difficultés. Vous pouvez détester travailler
dans votre bureau, mais vous y êtes depuis vingt-cinq ans et il
vaut mieux y rester et subir que de faire le grand saut vers
l’inconnu. Vous vous dites qu’à présent, vous savez comment
vous en sortir malgré le stress, vous connaissez les blagues de
vos collègues par cœur, vous savez comment se comporte le
chef et ce que vous pouvez espérer de votre journée au bureau,
alors que si vous décidiez de créer votre propre entreprise ou
de changer de travail, vous ne sauriez pas à quoi vous attendre.
Eh bien, pour acquérir une grande force mentale et abandonner
votre mentalité de victime, vous devez sortir de votre zone de
confort. Bien sûr, il ne s’agit pas de tout quitter
immédiatement, mais de commencer par de petites actions qui
vous dirigent vers la croissance et la motivation. Par exemple,
continuez à aller travailler dans cette société que vous
détestez, mais le soir, au lieu de vous engourdir l’esprit avec
des séries télévisées, suivez une formation en ligne pour
apprendre à gérer une start-up ou en savoir plus sur le travail
de vos rêves.

Prenez la responsabilité de votre vie.

Il s’agit d’un facteur clé et pourtant, il est souvent si effrayant


que la plupart des gens préfèrent continuer à blâmer les
facteurs externes. Comme nous l’avons vu, ils peuvent alors se
complaire dans la croyance que “c’est la faute du
gouvernement” ou “ce serait vraiment bien si mon conjoint
n’était pas comme ça” sans jamais lever le petit doigt pour
changer les choses. Vous avez souvent dû vous dire “oui, je
veux bien essayer, mais ça ne changera rien”. Cette mentalité
de victime signifie que rien ne change vraiment (ce qui
renforce cette croyance) car, bien entendu, le changement ne
se produit pas par miracle et n’est pas servi sur un plateau, il
s’obtient en modifiant ses habitudes et sa façon de penser.

Identifiez et débarrassez-vous de vos croyances


limitantes.

À la naissance, sommes-nous prédisposés à avoir une


mentalité de victime ? Non. C’est le résultat d’années
d’inculcation par la société et nos proches. Nous avons tous
intégré, à un niveau inconscient, toute une série de paradigmes
et de croyances limitatives qui ne viennent pas vraiment de
nous mais qui nous ont été transmis par quelqu’un d’autre.
Prenons l’exemple de Matthieu, un garçon de huit ans qui fait
de gros efforts à l’école, mais qui n’a pas de bons résultats en
mathématiques. Son père ne voit même pas les autres bonnes
notes et lui dit seulement : “Tu es nul en maths”, “Tu n’es pas
assez intelligent”, “Tu ne sais pas te concentrer sur tes
devoirs”, “Tu es un incapable”… et ainsi, une fois adulte,
Matthieu sera convaincu qu’il est nul en maths alors qu’il
pourrait, en travaillant davantage, constater qu’il obtient les
mêmes résultats que les autres. Il est également possible que,
d’une manière générale, il ait le sentiment d’être un bon à rien
ou de ne pas valoir grand-chose. Cette perception de lui-même
ne vient pas de Matthieu lui-même mais des propos que son
père lui a tenus toute son enfance, et peut-être même au-delà.
Commencez par identifier les croyances qui vous limitent.
Vous pouvez les coucher sur une feuille de papier si cela peut
vous aider, et ensuite essayer de les vaincre. Pour vous
débarrasser de la mentalité de victime, concentrez-vous sur
l’identification des croyances telles que la faible estime de soi,
la fausse culpabilité et l’auto-apitoiement.
6
LA MOTIVATION NE SUFFIT
PAS

V ous avez probablement acheté ce livre en ” dernier


recours “, car vous avez peut-être déjà essayé diverses
méthodes pour acquérir une plus grande force mentale,
mais sans succès. Il est également possible que vous soyez en
colère ou frustré parce que vous vous dites “J’aimerais
changer” et que ce changement ne se produit pas. Vous êtes
motivé et pensez que cette motivation suffit pour apporter les
changements dont vous avez besoin, mais c’est une erreur très
courante qui ne reflète pas la réalité. La motivation est bien
évidemment importante. Rappelez-vous les fois où vous avez
fait quelque chose parce que vous étiez poussé par les autres
sans être vraiment motivé, comment les choses ont-elles
tourné ? En général, dans de tels cas, la personne ne ressent
pas de satisfaction, de bonheur et est incapable d’atteindre ses
objectifs. Voyons la motivation comme le carburant d’un
moteur. Il est nécessaire pour faire avancer la voiture, mais si
nous ne la démarrons pas et que nous n’effectuons pas certains
gestes, le carburant ne suffit pas pour que la voiture se déplace
et atteigne sa destination.
Se gérer soi-même

Nous avons déjà vu que nous ne pouvions rien contre ce qui


nous entoure et qui est hors de nous, il est donc nécessaire
d’agir en nous-mêmes. La première étape est celle de l’auto-
observation pour déterminer si nous sommes réellement,
authentiquement motivés ou si nous nous sentons plutôt
obligés de faire certaines choses, peut-être pour ne pas
décevoir les autres. Prenons l’exemple de Sarah qui ayant fini
le lycée, aimerait voyager six mois avec son sac à dos.
Toutefois, ses parents aimeraient qu’elle suive leurs traces et
fasse médecine. Sarah a grandi en entendant ses parents dire à
tout le monde qu’elle s’inscrirait à la faculté et deviendrait
médecin quand elle serait grande, tout comme eux. Lorsque la
jeune fille décide de passer le concours d’entrée, il est évident
que son élan de motivation n’est pas spontané et qu’elle
échouera fort probablement. Cet échec sera mal vécu par
Sarah, elle aura le sentiment d’avoir déçu ses parents qui
avaient placé tant d’espoirs en elle. Demandez-vous alors d’où
vient votre besoin de changer ? Vient-il de vous ? Souhaitez-
vous changer parce que quelqu’un vous a dit de le faire ?
Objectifs et sous-objectifs

La motivation est nécessaire pour atteindre un objectif, qui


peut être en l’occurrence de devenir quelqu’un avec une plus
grande force mentale. Vous pouvez bien sûr aussi décider
d’autres objectifs pour les différents domaines de votre vie, en
veillant toujours à vous occuper d’un seul objectif à la fois.
Une fois l’objectif identifié, vous devez vous fixer plusieurs
sous-objectifs. Par exemple, si vous souhaitez améliorer votre
force mentale, vous pouvez avoir les sous-objectifs suivants :
cesser d’avoir une mentalité de victime, faire une sérieuse
auto-analyse, assumer la responsabilité de votre vie, etc.
Récompensez-vous

Vous devez opérer des changements par petites étapes, c’est


ainsi que vous constaterez rapidement des progrès. Une fois
ces améliorations obtenues, il est important que vous vous
récompensiez pour reconnaître le travail accompli. La
réalisation d’un sous-objectif doit donc inclure une satisfaction
personnelle. Commencez par vous dire que vous avez fait du
bon travail ou que vous êtes bon (petit à petit, votre dialogue
intérieur prendra l’habitude d’être positif en permanence) ou
offrez-vous une chose que vous aimez. Vous n’avez pas besoin
de dépenser beaucoup ou de vous récompenser avec quelque
chose de très significatif. C’est une très bonne idée que de
s’offrir son gâteau préféré après avoir atteint l’objectif que
l’on s’est fixé, de le manger de très bonne humeur et peut-être
de se dire qu’on mérite bien ce gâteau parce que l’on a fait un
excellent travail et que l’on a beaucoup travaillé.
En quoi la motivation seule n’est pas suffisante

Il n’est pas tout à fait vrai que la motivation seule ne suffit


pas : elle peut en vérité suffire pendant une période de temps
très limitée. Si vous avez un objectif à long terme, comme
changer votre façon de penser, vous ne pouvez sûrement pas
ne compter que sur votre motivation. Vous devez également
tenir compte du niveau de motivation variable. Lorsque vous
décidez d’opérer un changement, vous pouvez être très motivé
au début, mais dès que vous vous heurtez aux obstacles de la
réalité, votre motivation s’effondre, disparaît même. Il est
important de savoir qu’entre l’objectif que vous imaginez dans
votre esprit (souvent déjà atteint) et la réalité, il y a une grande
différence : le travail régulier nécessaire pour atteindre cet
objectif.
Vos alliés : la patience et la persévérance

Si la motivation seule ne suffit pas pour atteindre des objectifs


à long terme, ne désespérez pas, car vous avez à vos côtés
deux précieux alliés : la patience et la persévérance. De nos
jours, notamment à cause des nouvelles technologies, nous
sommes habitués à ce que tout soit immédiat. Si par exemple
vous faites des recherches sur Google, vous constatez que le
temps de réponse est de quelques secondes. Dans ce domaine,
nous nous attendons souvent à ce que les changements
apportés à nous-mêmes et à notre vie se produisent tout aussi
rapidement et facilement, mais ça ne peut pas être le cas.
Apporter des changements durables et atteindre des objectifs
demande du temps et de la répétition, surtout s’ils sont
importants et “complexes”. Ceux qui réussissent ne sont pas
ceux qui sont motivés, mais ceux qui sont capables de faire
preuve d’autodiscipline. Ainsi, même lorsque vous êtes
fatigué, que vous avez le moral à zéro ou que les choses ne se
déroulent pas exactement comme prévu, n’abandonnez pas et
continuez à travailler pour atteindre votre objectif. Patience et
travail acharné vont de pair et vous devez apprendre entretenir
les deux pour atteindre vos objectifs.
Donc, pour récapituler, voici les deux points pour partir de la
motivation et arriver à votre objectif :

Trouvez votre motivation. Nous avons déjà vu que


sans véritable motivation pour stimuler la volonté de
changer ou d’atteindre un objectif, nous n’allons pas
loin. La motivation est donc la bienvenue tant que
vous avez conscience qu’elle ne suffira pas à vous
faire faire les changements souhaités ou à atteindre
les objectifs que vous vous êtes fixés ;
Travaillez beaucoup. L’erreur la plus courante des
gens est de croire qu’une fois qu’ils ont trouvé leur
motivation, celle-ci fera le travail ingrat à leur place.
Parfois nous continuons notre vie comme d’habitude
et nous cherchons impatiemment, presque
désespérément, des signes que notre motivation porte
ses fruits. C’est bien vous, et non votre motivation,
qui devez faire le travail difficile, souvent au
quotidien, en ajustant votre autodiscipline pour ne pas
abandonner.
7
COMMENT RELEVER
COURAGEUSEMENT TOUS LES
DÉFIS

N ous avons vu que personne n’a une vie facile, sans


problèmes ou sans défis. Nous pouvons parfois tomber
dans le piège de croire que telle ou telle personne vit
sereinement en permanence, mais en réalité c’est nous qui
nous racontons plus ou moins consciemment des histoires. Il
est important de comprendre ce point car quels que soient les
changements et les améliorations que vous apporterez en vous
et dans votre vie, ils ne pourront jamais vous mettre
complètement à l’abri des obstacles.
Cela ne doit cependant pas vous faire peur. Vous ne devez
donc pas vous concentrer sur comment vivre une vie sans
problèmes (parce que justement, c’est impossible), mais
apprendre à relever avec courage tous les défis qu’elle vous
présente. C’est là que se trouve la différence. Une fois que
vous aurez appris ces techniques, les obstacles feront toujours
partie de votre vie, mais vous disposerez des outils pour y faire
face.
Comment surmonter toutes sortes de défis

Si vous vous attendez à trouver une sorte de formule magique


qui vous permettra de surmonter facilement n’importe quel
défi, vous allez être déçu. Il n’y a pas de recette universelle
contre toutes sortes de problèmes de la vie mais il existe
heureusement quelques astuces et modes de pensée favorisant
la résilience (concept que nous explorerons plus en détail par
la suite) et nous permettent de mieux surmonter les adversités
que la vie nous présente. Même les gens les plus résilients
ressentent de l’inquiétude et du stress face à un défi. Dans
certains cas, ils arrivent dans les pires moments possibles,
lorsque nous avons déjà d’autres problèmes, ou lorsque nous
sommes tellement occupés par notre quotidien que nous
n’avons ni le temps, ni l’énergie de relever un défi aussi
important. Mais même dans ce cas, nous ne devrions pas avoir
d’autre choix que de l’affronter. Nous ne pouvons pas
simplement nous asseoir, fermer les yeux et espérer qu’il
disparaîtra tout seul.
Considérez un nouveau défi, aussi inquiétant soit-il, comme un
moyen de grandir et peut-être d’apprendre quelque chose sur
vous-même, sur les autres ou sur le monde. Tous les défis que
vous avez relevés jusqu’ici ont aussi été des leçons de vie, des
plus minimes aux plus importants. Vous ne les avez
probablement considérés que comme des désagréments
jusqu’à présent. Nous vous invitons donc à choisir ceux qui
vous ont causé le plus de difficultés et à les analyser pour
comprendre ce que vous avez tiré de ces expériences. Il y a
toujours quelque chose à apprendre, même et surtout dans
l’adversité. Si à première vue, il vous semble que ces défis
n’ont servi à rien, consacrez-leur plus de temps et de
concentration pour identifier ce qu’ils vous ont permis
d’apprendre. Lorsqu’un nouvel obstacle vous barre la route,
commencez par vous demander si vous l’avez déjà vécu
auparavant. Dans ce cas, les personnes craignent généralement
moins les effets d’un défi qu’elles ont déjà vécu, identique ou
analogue, car elles sont fortes de l’idée “Si je l’ai déjà fait une
fois, je peux le refaire”.
Une nouvelle normalité

La plupart des Occidentaux tendent à penser que la vie est


statique, ou du moins devrait l’être. C’est pourquoi il y a
tellement de gens qui ne sortent pas de leur zone de confort,
même si elle les étouffe. La vie est en réalité une rivière qui
coule, tout change constamment, que nous le voulions ou non.
Pensez à ce que vous étiez il y a vingt ans, et à ce qu’était
votre vie à l’époque. Ensuite, pensez à ce que vous étiez il y a
six mois. Êtes-vous sûr que tout était exactement pareil que
maintenant ? Certains défis changent notre normalité. Il peut
s’agir d’une grave maladie, du décès d’un être cher, d’un
déménagement à l’étranger, de la perte d’un travail, d’une
grave crise financière… Face à ce défi, la plupart des gens ont
pour première réaction de penser à toutes les choses les plus
terribles à venir. Un déménagement à l’étranger, par exemple,
qui pourrait être le début de quelque chose de merveilleux, est
souvent perçu comme extrêmement menaçant. La personne se
persuade qu’elle ne pourra jamais s’intégrer dans la nouvelle
ville, surtout si elle ne parle pas bien la langue du pays, qu’elle
ne s’adaptera pas à sa nouvelle entreprise, qu’elle ne trouvera
pas de travail, que ses enfants la détesteront pour les avoir
séparés de leurs amis, etc. Une fois le déménagement passé, la
personne se rendra compte que tout ce qu’elle craignait de
tragique n’est pas arrivé. La première étape consiste donc à
accepter que de devoir faire des changements. Se concentrer
sur la normalité telle que nous la connaissons aujourd’hui
signifie se retrouver face au changement avec beaucoup plus
de difficultés que quelqu’un qui a assimilé que la vie est elle-
même, en effet, un changement constant.
Comment le défi vous fera progresser

Face à un nouveau défi, surtout important, vous ne voyez


probablement rien de positif et vous êtes convaincu que vous
ne progresserez pas. La bonne attitude est celle de se
demander ce que l’adversité va vous apprendre. Une maladie
grave dans la famille peut vous aider, vous et les autres
membres, à vous rappeler ce qui compte vraiment dans la vie,
ce qui vous rapproche. Les défis peuvent vous aider à vous
améliorer sur le plan émotionnel et spirituel, à reconnaître de
nouvelles opportunités et des voies différentes de celles
envisagées auparavant, et peuvent vous aider à apprécier
davantage la vie, en tenant moins de choses pour acquises.
Pensez à votre avenir

Face à un nouveau problème, posez-vous la question : dans un


an, est-ce que je verrai encore cela comme un problème ?
Dans la plupart des cas, la réponse objective est non.
Cependant, presque tout le monde (du moins, ceux qui n’ont
que peu ou pas de résilience) a tendance à penser qu’un défi
est éternel. Supposons que vous souffriez d’une maladie qui
n’est pas grave mais qui dérange néanmoins la sérénité de
votre quotidien, et qu’il vous soit devenu une corvée de faire
ce que vous considériez comme banal il y a encore deux mois.
Les médecins vous ont peut-être rassuré en vous disant que
vous seriez totalement remis dans six mois, mais vous êtes
pour l’instant convaincu que cela durera toujours, que vous
êtes peut-être une exception et que dans six mois vous n’aurez
pas du tout progressé… être convaincu que le problème ne
sera jamais résolu est la première façon de le laisser prendre
plus de place qu’il ne le mérite. Les gens résilients savent que
tout passe. Pour se débarrasser du choc initial provoqué par le
problème, il est important de s’adapter à la nouvelle normalité.
Plus le malade s’entêtera à vouloir revenir à son état
précédent, plus il luttera contre le changement qui s’impose à
ce stade de sa vie. En acceptant sa nouvelle normalité (même
temporaire), il vivra le défi plus sereinement et se rendra plus
facilement compte qu’il ne durera pas éternellement.
Demander de l’aide

La société occidentale nous laisse souvent penser que


demander de l’aide est un signe de faiblesse, et même face à
de grands défis, beaucoup d’entre nous gardent tout en eux et
essaient de se débrouiller seuls, convaincus qu’ils dérangent
les autres ou que les gens se sentiront obligés de les aider alors
qu’ils n’en ont pas vraiment envie. Tout le monde connaît
tellement de gens, depuis les membres de la famille aux amis
proches et même aux simples relations. Parmi votre entourage,
y a-t-il quelqu’un qui a déjà affronté un défi identique ou
similaire au vôtre ? Si c’est le cas, n’ayez pas peur de
demander de l’aide. Prenons un exemple : Marie vient
d’apprendre qu’elle a un cancer du sein et qu’elle doit
commencer immédiatement une chimiothérapie. Elle est
désorientée, elle a peur, elle doit en plus penser à son travail, à
son fils qui est encore à l’école primaire, elle craint que son
mari ne la trouve laide et ne se lasse d’une femme malade, et
bien plus encore. Charlotte travaille dans la même entreprise
que Marie mais dans un service différent, elle a été opérée
d’un cancer du sein l’année dernière, et elle va bien désormais.
Marie se souvient de la petite fête de retour au travail que
l’entreprise a organisée pour Charlotte. Marie, à ce stade
précoce de son défi où tout peut lui sembler confus et
effrayant, peut demander conseil à Charlotte : elle est déjà
passée par là, elle peut donc s’avérer une alliée précieuse pour
Marie, non seulement sur le plan pratique mais aussi sur le
plan émotionnel. Elle est la preuve, comme nous l’avons dit
précédemment, qu’un défi ne dure pas éternellement.
D’ailleurs, plus le défi est important, plus ceux qui l’ont
traversé sont prêts à aider d’autres gens dans la même
situation. Charlotte soutiendra volontiers Marie, parce qu’elle
sait justement ce que cela représente de passer par un tel défi.
En sollicitant de l’aide et en bénéficiant du soutien d’autres
gens, vous serez plus confiant et plus apte à réussir à vous
sortir de cette situation difficile de manière positive.
8
QU’EST-CE QUE LA
RÉSILIENCE ET COMMENT LA
DÉVELOPPER ?

N ombreux sont ceux qui ont entendu parler de résilience,


souvent en lien avec ceux qui affrontent ou ont affronté
de difficiles épreuves, comme une maladie grave ou une
guerre. Mais qu’est-ce que la résilience au juste ? C’est la
capacité à surmonter l’adversité en réorganisant son état
psychologique et physiologique en opérant des changements
positifs pour s’adapter à la nouvelle normalité. La bonne
nouvelle c’est que dès la naissance, nous avons tous ce qu’il
faut pour nous adapter positivement au changement, même si
beaucoup sont ensuite incapables d’utiliser les mécanismes
nécessaires pour se comporter de manière résiliente.
Si le terme “résilience” est souvent associé aux gens qui
surmontent de grandes épreuves, il est également vrai qu’on
peut l’adapter à n’importe quelle épreuve, même petite. La
résilience est notre capacité à aborder l’adversité en nous
transformant, en trouvant en nous les ressources nécessaires
pour affronter positivement la nouvelle réalité. Une personne
résiliente qui perd son travail, par exemple, ne passe pas son
temps à s’apitoyer sur son sort et à rejeter la faute sur son
directeur, son entreprise, son collègue, etc. Rappelons que ces
personnes ont leurs “mauvais” jours et que la vie des résilients
n’est pas une suite de positivité perpétuelle presque toxique.
Nous parlons ici d’individus capables de faire face à
l’adversité et aux défis aussi bien que possible, précisément
parce qu’ils n’opposent pas de résistance au changement et
s’adaptent de l’intérieur pour pouvoir vivre au mieux leur
nouvelle réalité.
Différentes formes de résilience

Avant de les aborder, il est important de savoir que


“résilience” et “résistance” ne sont pas synonymes. Ce dernier
terme, en effet, signifie résister à l’événement alors que celui
qui est résilient, comme nous l’avons vu, accepte le défi et son
déroulement, sans s’y opposer.
Il en existe quatre formes :
- La résilience physique.
Vous avez sûrement déjà entendu les histoires de femmes qui
pour sauver leur fils coincé sous une voiture, la soulevaient à
mains nues ? Ou bien pensez à Lucas, espoir de l’athlétisme,
qui court jusqu’à l’épuisement pendant une course de
qualification, malgré la fatigue, fixé sur son objectif d’être
sélectionné pour les championnats nationaux. De même, la
résilience physique se manifeste lorsque le corps se rétablit
après une maladie, surtout grave, ou un accident. Une
personne temporairement paralysée après un grave accident de
voiture qui se remet à marcher, est un exemple de résilience
physique.
- La résilience psychologique.
Cette forme de résilience se manifeste lorsque l’individu est
confronté à un événement stressant et qu’il parvient malgré
tout à retrouver ou à garder sa concentration. Nous pouvons
penser aux étudiants pendant les sessions d’examens ou la
remise des diplômes universitaires, ou à ceux qui doivent
traverser des périodes stressantes et incertaines mais qui n’en
ressortent pas désorientés. Au contraire, ils continuent à vivre,
en s’adaptant si nécessaire, sans se déconcentrer.
- La résilience émotionnelle.
Une personne résiliente sur le plan émotionnel est capable de
réguler ses émotions, par la compréhension, suite à une
épreuve. Nous sommes tous affectés par une difficulté ou un
événement en fonction de notre émotivité. Il y a ceux qui sont
victimes de leurs émotions et qui stressent pour des choses
insignifiantes et ceux qui, même face à un obstacle, sont
capables de comprendre leur monde intérieur et d’utiliser les
outils à leur disposition pour les transformer en ressources afin
de traverser l’épreuve.
- La résilience communautaire.
Comme son nom l’indique, ce type de résilience réunit
plusieurs personnes. Ce sont par exemple des groupes
d’individus contraints de faire face à une guerre ou à une
communauté dont l’un des membres a subi de graves
violences. Ces personnes se réunissent donc parce qu’elles ont
en commun quelque chose de grave comme un conflit, une
catastrophe naturelle, la peur que ce qui est arrivé à l’une
d’entre elles puisse arriver à d’autres, ainsi que l’empathie
naturelle qui pousse la plupart d’entre nous à ressentir la
souffrance des autres, surtout dans des cas particuliers (par
exemple lorsque des enfants souffrent).
Comment acquérir et cultiver la résilience

Si vous espérez devenir plus résilient, il est important de


savoir que c’est un objectif à votre portée mais comme pour
tout objectif, vous devez prévoir de beaucoup travailler, avec
constance et répétition. La résilience se caractérise par un
certain mode de pensée et d’action qui doit devenir le vôtre à
un niveau inconscient, au quotidien. Il ne suffit pas de se dire,
consciemment, “à partir de demain, je me comporterai ainsi”.
C’est certes un premier pas mais comme nous vivons souvent
en pilotage automatique, il est essentiel que cette nouvelle
façon de penser et d’agir passe de votre côté conscient à votre
côté inconscient, afin d’y accéder même sans activer votre
côté rationnel.
Apprenons à connaître les traits caractéristiques des personnes
résilientes afin de pouvoir les cultiver :
- Conscience et estime de soi.
Pour différentes raisons, la plupart d’entre nous ont une estime
et une conscience de soi très limitées. Cela dépend du niveau
d’introspection de chacun, de la connaissance de soi-même, de
ce que l’on est vraiment, et de la volonté de penser et d’agir
selon notre boussole intérieure plutôt que selon les pensées et
les attitudes inculquées par d’autres. Une bonne conscience de
soi implique que vous êtes capable d’identifier et de connaître
vos forces tout comme vos faiblesses, sans les considérer
comme des défauts ou des échecs, mais comme faisant partie
de vous-même. Après tout, nous sommes tous humains et par
conséquent imparfaits. L’accepter est une étape importante
pour améliorer votre connaissance de vous-même. Une
personne consciente d’elle-même et pleine d’estime de soi ne
se laisse pas abattre facilement par un problème, mais
s’efforce au contraire de trouver une solution, convaincue
intérieurement qu’elle peut s’en sortir car elle sait qu’elle
possède les qualités nécessaires pour favoriser la résilience.
- Expression de ses émotions et empathie
L’empathie permet de comprendre, et parfois de ressentir les
émotions des autres comme si elles étaient les nôtres. Cela
s’applique également aux pensées et aux besoins des autres.
Elle nous permet de savoir sur qui nous pouvons compter et en
qui avoir confiance, ce qui augmentera notre résilience. Au
cours de leur vie, beaucoup ont appris à masquer leurs
émotions, car ils ont peut-être subi des abus ou des violences
de toutes sortes qui les ont amenés à se refermer sur eux-
mêmes, presque comme pour se protéger, et à ne plus pouvoir
exprimer correctement ce qu’ils ressentent. Exprimer
librement ses émotions est toutefois très important. Pour
commencer, si vous gardez tout en vous (surtout des émotions
négatives), vous risquez d’être toujours sur le point d’exploser
comme une cocotte-minute. Reconnaître et vivre vos émotions
implique d’être capable de les traiter, ce qui est crucial pour
favoriser la résilience.
- Persévérance et adaptation
Nous avons déjà vu que les gens résilients ne s’accrochent pas
à la normalité telle qu’ils l’ont toujours connue ou telle qu’ils
avaient l’habitude de vivre jusqu’alors. Lorsqu’ils doivent
traverser une épreuve, même sérieuse, ils font preuve d’une
bonne, voire excellente, adaptabilité. Il va sans dire que
personne ne souhaite une maladie grave, un accident grave, la
perte de son travail et autres tragédies majeures, pour soi ou
pour ses proches, mais la vie nous présente parfois des
obstacles vraiment complexes à affronter. La personne
résiliente en est consciente mais ne se décourage pas et fait au
contraire en sorte de s’adapter afin que sa nouvelle normalité
devienne la meilleure possible pour elle et son entourage. La
persévérance peut se traduire par le fait d’essayer encore et
encore. Une personne résiliente qui veut atteindre un objectif
n’abandonne pas à la première difficulté, ni parce qu’elle
n’obtient pas les résultats dans les délais fixés Au contraire,
elle s’adapte, essaie de comprendre où et comment s’améliorer
et continue à travailler pour atteindre son objectif.
Qui est la personne résiliente

Essayons maintenant de dresser une sorte de portrait-robot de


la personne résiliente pour vous rendre compte si vous en avez
autour de vous, mais surtout pour réaliser que les personnes
résilientes ne sont pas des super-héros, mais des êtres humains
imparfaits, comme vous et moi, qui ont décidé d’aiguiser leur
capacité à s’adapter et à surmonter les épreuves.
Une personne résiliente est avant tout empathique. Elle est
également consciente d’elle-même et compétente. Cette
personne est capable d’exprimer correctement ses émotions,
de les comprendre et de les accepter, et ne se laisse pas noyer
sous les problèmes. Ce point est particulièrement important et
nous ne cesserons jamais de le souligner : les personnes
résilientes étant également optimistes, on peut facilement
croire qu’elles sont capables d’aborder les difficultés d’une
certaine manière parce qu’elles possèdent une qualité que nous
n’avons pas. La personne résiliente ne passe pas trop de temps
à réfléchir, elle agit, ce qui la différencie de la plupart des gens
qui ont tendance au contraire à ruminer longtemps leur
problème. Ils finissent par l’amplifier et se concentrer sur tout
ce qui pourrait mal tourner, imaginer des scénarios
extrêmement négatifs et en ressortent souvent paralysés,
physiquement ou moralement, enlisés, parfois même pendant
un long moment.
Face à l’épreuve, la personne résiliente voit en revanche un
défi à relever, un obstacle à surmonter qui la rendra très
probablement meilleure et dont elle tirera des leçons. Elle sait
qu’elle possède un certain nombre de qualités et de
compétences affinées avec le temps qui lui permettent de gérer
correctement ses émotions. Lorsque la personne résiliente agit,
c’est pour résoudre la situation ou se rétablir. Un individu
résilient qui a divorcé, perdu un être cher ou fait face à une
grave crise financière n’est pas à l’abri de la colère et du
chagrin, mais il ne laisse pas ses émotions le contrôler ni
influencer sa façon de vivre. Enfin, la personne résiliente
apprend de ses erreurs. Chaque jour est une épreuve où de
nouvelles leçons peuvent être apprises et permettent de
s’améliorer. Les échecs ne sont pas perçus de manière négative
et ne sont certainement pas définitifs. L’individu résilient
connait son objectif et le surveille en permanence. Si en
chemin il rencontre un obstacle, l’individu résilient ne reste
pas bloqué, il ne s’effondre pas de désespoir, n’en veut pas au
monde entier pour son problème, mais cherche et trouve juste
une autre route.
9
LA CLARTÉ MENTALE, LE
SECRET DE LA PERFORMANCE
SOUS PRESSION

L orsque nous parlons de paix de l’esprit, cela peut paraître


inaccessible, sauf pour les moines des pays asiatiques.
Comment penser autrement, après tout, dans notre
société bruyante et pressée ? La vérité, cependant, c’est que la
clarté mentale n’est pas l’apanage de quelques privilégiés,
mais qu’avec beaucoup de travail et de répétition, tout le
monde peut l’atteindre et la conserver. C’est aussi la clé de la
performance sous pression. Si votre esprit est entouré de
confusion, qu’on peut représenter par un gribouillis grisâtre, si
vos idées ne sont pas claires, il est facile d’être incapable de
donner son maximum, en particulier dans les moments de
grand stress ou les situations de conflit.
Comment parvenir à la clarté mentale

Si vous aimeriez rendre votre esprit semblable à l’eau d’un lac,


calme et transparente, vous devez être prêt à consacrer du
temps à des exercices car comme nous l’avons vu,
l’apprentissage de nouvelles habitudes requiert persévérance,
concentration et répétition. Familiarisons-nous avec trois
astuces pour approcher pas à pas de la clarté mentale :

Tenez un journal. Que vous aimiez écrire ou non n’a


aucune importance, l’objet de cet exercice est de vous
permettre à la fois de planifier ou de faire le bilan de
votre journée (dans le premier cas, vous devrez
l’utiliser le matin alors que dans le second, ce sera le
soir) et de chasser certaines de vos idées. Si vous êtes
sujet à l’overthinking, c’est-à-dire à ruminer certains
événements, vous pouvez trouver dans votre journal
un allié précieux. En écrivant les pensées qui
envahissent votre esprit, vous leur permettrez de
s’éloigner de vous et vous-même les verrez de loin.

Soyez clair et objectif. Il y a de fortes chances que,


comme la plupart des gens, vous vous réveilliez le
matin en pilotage automatique et que celui-ci
fonctionne même toute la journée. On se lève, on
déjeune, on lit le même journal, on se dispute avec sa
famille, on va au travail, on arrive déjà énervé par la
circulation, on passe huit heures au bureau, on rentre
chez soi, on dîne, on regarde un film puis on s’endort.
Il peut y avoir de petites variations dans votre routine,
par exemple un petit match de football avec vos amis
le vendredi soir, ou un après-midi en famille le
dimanche, mais il est certain que lorsque vous ouvrez
les yeux le matin, vous n’avez aucun objectif en tête.
Commencez par vous demander : “Qu’est-ce que je
veux tirer de cette journée ?”. Supposons que votre
objectif soit de passer plus de temps en famille.
Gardez-le à l’esprit lorsqu’à 17 heures, votre chef
vous demande de rester au bureau encore quelques
heures, vous refuserez afin de pouvoir jouer avec vos
enfants avant le dîner. D’autres questions que vous
pouvez vous poser chaque matin, mais aussi au cours
de la journée, sont : “Quel est mon objectif ?” ou
“Quelles sont mes valeurs ?”.

La pleine conscience. Nous avons tous entendu parler,


ne serait-ce qu’une fois, de la pleine conscience. Mais
de quoi s’agit-il exactement ? C’est une voie
permettant de prendre conscience de soi et de sa
réalité, dans le “ici et maintenant”, sans jugement. La
pleine conscience est un allié précieux pour ceux qui
souhaitent trouver une plus grande clarté mentale car
elle aide à observer la réalité de manière détachée et à
l’accepter telle qu’elle est.
Comment être plus performant si vous êtes sous pression

Certains connaissent sporadiquement des moments de stress


aigu, tandis que d’autres ont l’habitude de vivre des situations
qui les mettent régulièrement sous pression. Dans les deux cas,
la clarté mentale permet d’être plus performant en cas de
stress. Avant tout, que veut-dire être sous pression ? En
général, nous avons la pression lorsque les enjeux sont très
élevés, par exemple lors d’entretiens professionnels pour un
travail dont nous rêvons, lors de la soutenance de notre thèse
ou même lors d’un examen qui déterminera si nous réussirons
la matière. Ce peut être aussi notre premier rendez-vous avec
le garçon ou la fille qui nous plaît, le jour du mariage, la prise
de parole en public lors d’un événement très important… les
exemples sont multiples, et cela nous fait comprendre que la
plupart d’entre nous se retrouvent presque tous les jours face à
des situations qui les mettent sous pression.
Les ennuis commencent lorsque nous sommes incapables de
nous contrôler. Dans ce cas, le corps envoie des messages pour
faire savoir que la situation est trop difficile : les mains
commencent à transpirer, les battements du cœur s’accélèrent,
on a les jambes en coton ou les oreilles qui bourdonnent. Sur
le plan émotionnel et psychologique, on est anxieux, on a peur,
on n’est pas sûr de soi. Vous savez peut-être au fond de vous
que vous avez travaillé pour votre thèse ou votre oral, ou que
vous connaissez par cœur le discours que vous devrez faire
lors d’un événement, et vous vous êtes préparé du mieux
possible pour le rendez-vous avec le gars ou la fille qui vous
plaît, mais à un niveau inconscient, vous êtes terrifié et votre
esprit n’est pas du tout clair et limpide comme un lac de
montagne, il ressemble plutôt à une flaque d’eau, trouble et
agitée.
Chunking up and down

Ce concept, qui appartient au modèle de Milton, peut


s’expliquer comme suit :

Chunking up : il s’agit de la transmission


d’informations ou d’idées d’une façon plus générale,
plus vaste. Cela permet de vous concentrer sur la
vision d’ensemble de la situation.
Chunking down : il s’agit au contraire de mettre
l’accent sur les détails. Prenez conscience de chaque
mot, de chaque geste, de chaque petite chose qui se
passe autour de vous. Vous ne vous concentrerez donc
plus sur la vue d’ensemble (le grand événement où
vous devez prendre la parole, l’oral de l’examen, etc.)
pour laquelle vous risquez en fait de vous voir comme
un perdant et d’activer un dialogue intérieur négatif
qui ne fera qu’alimenter vos peurs et vos insécurités.

En fonction de votre situation et de votre expérience


personnelle, vous pouvez choisir lequel des deux modèles
appliquer.
Détente et optimisme

Il semble impossible de parler de relaxation dans le contexte


de situations hautement stressantes qui donnent des sueurs
froides à leur seule évocation. Pourtant, le secret de ceux qui
parviennent traverser ces épisodes sources de stress c’est
précisément qu’ils ont trouvé un rituel de relaxation qui
fonctionne pour eux. Il est important de réaliser que c’est une
affaire individuelle : si votre collègue prend cinq minutes pour
se concentrer sur sa respiration avant de parler devant un
millier de collaborateurs, cette technique ne fonctionnera pas
nécessairement pour vous. Essayez différentes manières de
vous détendre, de l’activité physique à la pleine conscience,
jusqu’à trouver ce qui vous convient et sur quoi vous pourrez
vous reposer juste avant l’événement qui vous met sous
pression pour retrouver votre calme.
L’optimisme est ici compris sous l’angle de l’imagination et de
la visualisation. Nous avons souvent tendance à imaginer le
pire, même si, dans l’antichambre de notre cerveau, une petite
partie rationnelle de nous sait pertinemment que les risques
sont presque nuls que cette catastrophe ait lieu. Prenez
l’habitude de commencer à imaginer des situations positives
plutôt que des moments gênants, des problèmes et des ennuis
sans fin. Imaginez que vous prenez la parole, que votre
présentation est réussie, que les collaborateurs approuvent
avec satisfaction et que votre directeur vous demande
d’intervenir à nouveau lors du prochain événement. Ce
scénario ne vous serait-il pas plus utile que celui que vous
avez l’habitude d’imaginer, où vous perdez vos moyens ou
vous bégayez au milieu de votre présentation parce que vous
avez un trou de mémoire ?
10
COMMENT GÉRER LA
PRESSION, CONTRÔLER SES
PULSIONS ÉMOTIONNELLES
ET ABORDER L’INCONFORT
ÉMOTIONNEL ET
PSYCHOLOGIQUE QUI
ACCOMPAGNE LA
MALCHANCE

I l a dû souvent vous arriver, peut-être même régulièrement,


d’avoir tellement la pression que vous avez envie
d’exploser. Vous avez beaucoup de contraintes au travail,
une dynamique familiale qui vous accable, vous met en colère
ou vous énerve, et plus vous vous occupez d’un sujet, plus il
vous semble qu’il y en a toujours un autre à traiter. Gérer la
pression et ne pas s’effondrer sous la quantité de contraintes et
de problèmes urgents, c’est pourtant possible. Examinons
quelques exercices pratiques pour vous empêcher de craquer.

Organisez-vous. Commencez par traiter ce qui est


vraiment important. Remettre le fichier à votre chef
demain ou emmener votre fille chez le dentiste parce
qu’elle ne fait que se plaindre d’avoir mal peuvent
constituer deux de vos priorités. Ne croyez pas qu’il
faille “tout faire tout de suite”, car si vous vous
obstinez à remplir votre journée d’activités qui ne
sont peut-être ni urgentes ni importantes, vous finirez
au bord de la crise de nerfs. Organisez-vous donc en
fonction de ce qui est vraiment urgent et de vos
priorités personnelles. Si par exemple il est essentiel
pour vous de passer du temps en famille, assurez-vous
d’être présent au match de football de votre fils ou
organisez votre travail pour ne pas manquer
l’anniversaire de votre conjoint. Notez tout dans un
document Word ou, mieux encore, dans un agenda :
rendez-vous, engagements professionnels… chaque
petite chose dont vous devez vous occuper, afin de ne
pas risquer de l’oublier et de devoir éventuellement la
gérer à la dernière minute.

Reconnaissez et écoutez les signaux d’alarme. En


vérité, il est tout à fait impossible de faire une
dépression soudaine. Votre corps tire généralement la
sonnette d’alarme pour vous dire qu’il commence à
être très fatigué ou stressé. Le problème c’est que la
plupart d’entre nous ne savent pas reconnaître ces
signaux et à supposer que oui, nous avons tendance à
les ignorer. Des réflexions comme “Oui, je suis
fatigué, mais je dois absolument tout finir” ne font
qu’aggraver votre pression et votre stress. Essayez de
commencer par identifier ce qui provoque votre
malaise, c’est-à-dire ce qui déclenche une réaction
émotionnelle et psychologique négative. Si par
exemple vous êtes quelqu’un qui se met facilement la
pression quand vous devez travailler en public, vous
saurez que des situations comme une conférence, où
vous devrez peut-être parler devant un auditoire, sont
potentiellement dangereuses pour vous, et vous
pourrez vous organiser en conséquence.

Gardez votre motivation. Lorsque vous croulez sous


les contraintes, il peut être facile de la perdre. Vous
pouvez vous retrouver à travailler très tard sans même
vous rappeler pourquoi. Votre objectif est peut-être de
mettre de l’argent de côté pour faire un voyage de six
mois ou pour acheter une maison. De temps en temps,
il faut donc prendre le temps de se demander
pourquoi on fait les choses. Si nous avons vu que la
motivation seule ne suffit pas, c’est certainement-là
un bon point de départ.
Prenez le temps de faire de vraies pauses. Bien qu’il
nous semble souvent le contraire, nous ne sommes
pas des machines. Notre corps et notre cerveau ont
besoin de décompresser de temps en temps. Il est tout
à fait possible de faire des pauses. Une demi-journée
à passer avec vos proches ou même une promenade
d’une heure dans le parc peuvent vous aider à vous
détendre et reprendre votre agenda chargé avec plus
d’énergie.
Méditez. La méditation est un véritable miracle pour
prendre soin de votre corps et de votre cerveau. Elle
ne prend que quelques minutes, mais il vous faut
trouver un endroit où personne ne vous dérangera et
où vous serez serein. Coupez-vous des bruits
extérieurs. Ordonnez le chaos dans votre esprit. Une
séance de méditation, même courte, vous aidera à
vivre dans le “ici et maintenant”, à apprécier qui vous
êtes et à être reconnaissant pour ce que vous avez. Si
pour une raison quelconque vous ne vous sentez pas
prédisposé à la méditation, vous pouvez simplement
réfléchir sur un sujet.

Acceptez que vous puissiez “échouer”. Vous avez des


objectifs clairs en tête et vous travaillez presque sans
relâche pour les atteindre. Avec cette idée, vous
n’envisagez probablement même pas la possibilité
d’un échec. Nous avons vu que les échecs ne sont pas
les terribles monstres que la plupart d’entre nous
pensent qu’ils sont. Ils n’existent pas pour qu’on vous
considère comme un raté, mais plutôt pour vous
enseigner quelque chose de nouveau. Il est normal de
donner le meilleur de soi-même, mais aussi
d’accepter la défaite quand elle se produit.
Demandez-vous plutôt ce que vous pouvez apprendre
et comment grandir suite aux événements.
Contrôler vos pulsions émotionnelles

Face à une certaine situation, la plupart des gens réagissent de


manière impulsive, mais apprendre à gérer ses pulsions est une
des étapes clés de la gestion des émotions. Ce contrôle,
comme on peut facilement le comprendre, est plus facile à dire
qu’à faire et exige une grande maîtrise de soi. Face à une
fureur incontrôlable, une dispute avec un collègue ou un
malentendu en famille, on peut facilement réagir de manière
impulsive, en se mettant aussi en colère, en faisant une scène,
en claquant la porte, en élevant la voix, etc. Quelqu’un qui
peut contrôler ses impulsions, en revanche, réagit de manière
calme et posée, même face à des situations de colère, de
conflit ou de pression.
La gestion de nos émotions détermine non seulement notre
avenir, mais aussi notre présent. Une décision impulsive,
surtout si elle est irréversible, peut finalement ne pas rapporter
grand-chose à long terme. Réfléchissez, chaque émotion,
positive ou négative, sert précisément à nous pousser à prendre
des décisions. Lorsque nous sommes tristes, par exemple, nous
pouvons digérer une perte, qu’il s’agisse de la perte d’un être
cher ou simplement de la conséquence d’un changement de vie
(déménagement, divorce, etc.). La colère, en revanche, nous
pousse à nous défendre et à nous protéger. Les émotions sont
en effet nos alliées, mais si nous sommes incapables de les
gérer correctement, elles deviennent plus souvent des
problèmes que des ressources. Lorsque les émotions
constituent une entrave pour nous ou pour notre entourage, il
est plus que jamais nécessaire d’apprendre à contrôler nos
pulsions émotionnelles.
Vous vous demandez peut-être pourquoi vous n’arrivez pas à
contrôler vos pulsions. Pour commencer, vous croyez à tort
que vous en êtes incapable, nous avons tous le potentiel pour
atteindre une plus grande maîtrise de soi et gérer correctement
nos émotions. Cependant, comme nous l’avons déjà vu, cela
demande de la persévérance, de la persistance et de la
répétition. Dans certaines situations, il est particulièrement
difficile de gérer ses émotions, par exemple si vous êtes
hypersensible ou si vous souffrez de troubles de la
personnalité comme le borderline. Il existe ensuite des
situations qui font baisser la tolérance à l’inconfort, comme
avoir été abandonné par un ou deux parents, avoir vécu dans
un contexte où il était impossible ou interdit d’exprimer
librement ses émotions et ses souffrances, ou d’avoir essuyé
des humiliations.
Apprendre à réguler vos pulsions émotionnelles

Nous avons vu que le chemin de la maîtrise de soi et de la


bonne gestion des émotions est un véritable parcours et qu’à
ce titre il est nécessaire de le suivre avec constance et sérénité,
le plus tôt possible. Il est important d’apprendre à réguler nos
impulsions et, vous devez avant toute chose être conscient que
vous “avez un problème”. Nombreux sont ceux qui n’aiment
pas le reconnaître, cela ne veut pas dire être inférieur aux
autres ou être malade, mais plutôt avoir identifié que quelque
chose nous fait mal et avoir décidé d’y remédier. À ce stade, il
est important que vous vous exploriez pour comprendre qui
vous êtes, comment vous vous comportez et quel est votre
objectif.
Vous allez apprendre des techniques psychologiques qui vous
aideront à réguler vos pulsions émotionnelles, mais il est
crucial de se rappeler que le changement ne se fera pas du jour
au lendemain. Si vous espérez le contraire, vous vous exposez
à de douloureuses déceptions. Le changement se produira avec
le temps et il ne faudra jamais perdre votre courage et votre
espoir.
La tolérance à l’inconfort
La plupart des gens choisiraient volontiers d’exclure toute
forme d’inconfort de leur vie mais, en réalité, c’est tout
simplement impensable. Au cours de notre vie, nous sommes
tous confrontés à des épreuves plus ou moins difficiles. Il est
donc important de commencer à accepter cette réalité,
d’intégrer que la douleur est inévitable et que vous ne pouvez
pas prévoir quand cela vous touchera. Lutter contre ses
émotions est toujours une erreur. En revanche, parvenir à les
comprendre et à les accepter, même si elles sont négatives, est
une des étapes fondamentales pour les gérer correctement.
Prenons un exemple : vous vous promenez paisiblement dans
un beau champ de fleurs quand soudain vous êtes piqué par
une abeille. Vous ne vous y attendiez absolument pas et vous
ressentez pourtant une vive douleur. Tout ce que vous pouvez
et devez faire, c’est vous en occuper, par exemple en
appliquant une pommade sur la piqûre. Il en va de même pour
les blessures et les douleurs émotionnelles.
La distraction, un allié précieux
Plus vous vous concentrez sur vos pulsions émotionnelles,
moins vous serez en mesure de penser à autre chose. Trouvez
des distractions agréables sur lesquelles vous pouvez compter
partout, comme appeler un ami ou parler à ce collègue sympa.
Vous n’avez pas besoin d’avoir des conversations profondes, il
suffit de demander à l’autre personne comment elle va et de lui
parler de choses banales pour vous aider à ne plus donner
autant de temps et d’attention à vos émotions. Sinon, vous
pouvez aussi faire une activité que vous aimez : jouer de la
musique, écrire, chanter, dessiner, faire du sport… les activités
qui vous plaisent ont le pouvoir de vous distraire et aussi de
vous faire sentir mieux très rapidement. Mais pourquoi la
distraction est-elle si importante ? Elle nous empêche de
prendre des décisions irréfléchies ou de faire des choix
impulsifs.
La détente.
Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de la force de la
relaxation et de la méditation. La relaxation est vraiment
importante car elle permet de nous concentrer sur nos sens et
sur le “ici et maintenant”. Si vous avez tendance à ressasser le
passé ou, au contraire, à vivre projeté dans le futur, vous
pouvez commencer à méditer car cette pratique vous permettra
de vivre le moment présent qui en fin de compte, est le seul
que vous ayez. Et si vous avez peu de temps, allez au parc et
laissez votre téléphone à la maison. Asseyez-vous sur un banc,
regardez les enfants jouer, sentez les rayons du soleil
réchauffer votre peau et le vent caresser votre visage… en peu
de temps, vous serez beaucoup plus détendu et serez en
mesure d’envisager plus clairement les situations qui
traversent votre vie.
Faire face à un problème
Lorsque nous décidons d’affronter un problème, nous prenons
inconsciemment une décision. Ceux qui réfléchissent, parfois
des mois ou des années, n’agissent pas. Faire face à une
difficulté signifie en réalité être déterminé à faire un choix et à
prendre une décision. Cependant c’est pour cette raison précise
qu’il est important d’analyser la situation avec l’esprit clair et
lucide, ce qui peut être difficile si vous êtes habitué à réagir
selon vos pulsions émotionnelles. Dans ce cas, il est important
de ne pas perdre de temps à s’autoflageller en vous disant que
vos émotions vous dominent, mais plutôt de travailler à
trouver une solution au problème. Le directeur a déclaré qu’à
la fin de l’année, l’entreprise allait fermer et que vous alliez
tous perdre votre travail ? Commencez dès maintenant à en
chercher un autre, faites le point sur votre situation financière
et, si vous pouvez vous le permettre, profitez de ce
changement de plan pour suivre une formation qui vous
intéresse ou lancer la start-up de vos rêves. Réagir à la
nouvelle de votre licenciement à venir par la colère, les
effusions, les cris ou les larmes, sans prendre le temps de
réfléchir à la manière de résoudre le problème, ne vous aidera
pas. Vous serez émotionnellement et physiquement malade,
vous ne serez pas en capacité d’aider vos proches et, au
moment du licenciement, vous ne serez qu’une somme
d’émotions incontrôlées sans aucune solution pratique. Alors
comment parvenir à une solution ? Demandez-vous quel est le
problème. Une voiture en panne est évidemment un problème
différent d’une maladie grave. Demandez-vous alors ce que
vous pouvez faire. Quel chemin pouvez-vous prendre ? Que
voulez-vous atteindre ? Demandez-vous également quel
impact votre choix aura sur vos proches. Enfin, demandez-
vous quelle est l’alternative la plus viable.
L’inconfort émotionnel et psychologique qui accompagne
la malchance

Que celui qui n’a jamais rêvé de trouver de l’argent dans la


rue, de gagner des sommes incroyables à la loterie (peut-être
sans même avoir acheté le billet), de ravir le cœur de
quelqu’un, lève la main. Si votre vie était marquée par la
chance plutôt que par la malchance, ça ne serait pas si mal.
Vous avez probablement souvent eu des idées de ce genre,
mais la malchance n’existe pas en réalité. Certes, vous n’avez
vraiment pas de chance parce que votre chef vous a mis en
binôme avec Nicolas, que vous ne supportez plus depuis vingt
ans, ou parce que votre petite amie ou votre petit ami vous a
quitté le jour de votre anniversaire, parce que vous n’avez pas
été admis dans l’école de vos rêves, que votre start-up n’a pas
duré bien longtemps, que vous avez échoué à l’entretien pour
le poste que vous souhaitiez, etc. La chance et la malchance,
contrairement à ce qu’on est habitué à croire, sont des
concepts qui n’existent pas. Elles dépendent de notre
perception de la réalité et des événements. Rappelez-vous
quand on a parlé de la loi de l’attraction : celui qui se focalise
sur sa malchance, parfois en pensant être un loser et en se
comportant comme tel, ne fera qu’attirer davantage de
malchance et continuera à se sentir comme un loser. C’est un
cercle vicieux, semblable au serpent qui se mord la queue. En
revanche, celui qui fait preuve de gratitude pour ce qu’il
possède et qui prend tout ce qui lui arrive comme une
opportunité ne peut que penser avoir de plus en plus de
chance.
Un célèbre dicton dit que “la malchance est le grand alibi de
l’échec”. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement qu’il est
plus facile de se cacher derrière des phrases comme “je n’ai
pas de chance” que de prendre des décisions et d’agir. Si par
exemple un poste se libère dans l’entreprise de vos rêves, au
lieu de postuler, vous vous dites : “Ça ne sert à rien d’envoyer
un CV, ils ont déjà dû recevoir des centaines de candidatures et
je suis tellement nul qu’ils n’ouvriront même pas mon mail”.
Si un ami vous demande pourquoi vous ne postulez pas, vous
répondez : “Mais non, j’ai tellement la poisse, à quoi bon ? Je
ne ferais que perdre mon temps”. Ainsi, comme vous pouvez
le constater par vous-même, vous n’agissez pas et vous vous
obligez à rester dans une situation que vous n’aimez pas et
dans laquelle vous n’êtes pas à l’aise. Nous avons déjà vu
qu’en réalité, nous ne pouvons pas contrôler ce qui se passe à
l’extérieur de nous, mais comment nous réagissons à ces
événements. En y réfléchissant, vous vous rendrez compte que
les circonstances qu’on peut contrôler sont bien plus
nombreuses que celles qu’on ne peut pas contrôler. Il est
évident que vous ne pouvez pas personnellement avoir
d’impact sur la progression d’une pandémie, mais vous pouvez
choisir comment réagir face à ceux qui ne respectent pas les
règles de vie en société pour limiter la contagion, ou vous
pouvez déterminer l’attitude à avoir en période de
confinement. Cela vaut pour tous les sujets. Si vous ne pouvez
pas contrôler la réaction de votre conjoint à un événement,
vous pouvez déterminer comment vous-même allez réagir.
Supposons que votre conjoint soit en colère et qu’il vous
reproche quelque chose : à vous de choisir de répondre à la
colère par la colère ou d’adopter un autre type d’attitude.
Il va sans dire qu’une personne qui croit être constamment
malchanceuse, et se comporte comme telle, vit avec des
difficultés émotionnelles et psychologiques qui peuvent miner
sa sérénité. Voici quelques stratégies pour faire face à ce
malaise et se libérer de l’impression de malchance.

Prenez conscience. De quoi ? Du simple fait que la


malchance n’existe pas. Même s’il vous semble
parfois le contraire, la malchance ne s’est pas penchée
sur votre berceau. Si vous croyez qu’elle vous
poursuit, si vos amis vous surnomment “le guignard”
et que vous ne faites rien pour changer leur perception
de vous mais, au contraire, l’alimentez presque, si
vous vous persuadez que vous aurez la poisse à tout
jamais… il faut changer d’attitude immédiatement.
Prenez conscience que la malchance n’existe pas et
que si votre vie jusqu’à présent a pris une certaine
voie, c’est à cause de votre réaction à certaines
situations et à certaines difficultés, pas parce que vous
êtes marqué par le destin et que la Déesse de la
Chance ne sait même pas que vous existez. En ce
moment, votre vie est probablement marquée par des
difficultés émotionnelles et psychologiques et vous
vivez dans un flot constant de négativité et
d’insatisfaction, mais tout ceci s’explique par votre
perception de votre vie et de tout ce qu’elle contient.

Changez de perspective. Pour ce faire, vous devez


vous considérer comme une personne pleine de
potentiel et de compétences. Vous devez prendre
conscience qu’il est en votre pouvoir de déterminer
comment vivre votre vie. Cessez de penser que vous
êtes la cible préférée du sort, car tant que vous serez
dans cet état d’esprit, vous ne serez pas en mesure
d’évoluer et de vous libérer de votre condition
actuelle. Votre but est de déterminer le genre de vie
que vous allez mener et non de subir les événements.
Nous avons souvent tendance à rejeter la
responsabilité de notre vie sur les autres, mais nous
avons constaté que ceux qui sont dotés d’une grande
force mentale sont à même de prendre leurs
responsabilités. Blâmer son conjoint, son directeur, le
gouvernement ou la société pour ce que l’on ressent et
la façon dont on vit sa vie est un signe de manque de
maturité émotionnelle, mais il existe un remède. Vous
devez faire preuve de discipline, vous mettre en
danger et oser faire “ce petit truc en plus”, pas
seulement le strict minimum. Si par exemple votre
chef a confié à un collègue le poste avec plus de
responsabilités, ce n’est pas parce que vous êtes un
raté, mais parce que vous n’avez peut-être jamais rien
fait de spécial pour lui prouver votre compétence et
combien vous étiez taillé pour ce poste.
Prenez la responsabilité de votre vie. Nous en avons
parlé précédemment, mais il est nécessaire de
consacrer un peu de temps à ce point car il est crucial.
Rejeter la faute sur les autres pour ce qui ne va pas
dans notre vie est une habitude très courante car très
confortable (du moins en apparence). Si quelqu’un
d’autre que vous est à blâmer, vous ne pouvez rien y
faire, surtout si ce “quelqu’un” est très puissant ou
fait figure d’autorité, comme un homme politique ou
la société dans son ensemble. Prendre la
responsabilité totale de sa vie fait peur à beaucoup de
gens parce que c’est une lourde tâche et parce que dès
lors, vous n’aurez plus d’excuses ni personne derrière
qui vous cacher. “Oui, c’est vrai, je suis stressé, mais
c’est à cause de mon chef qui…”, “Si le
gouvernement baissait les impôts, je serais bien
content”, “J’ai plus de 50 ans, comment me recycler
dans une autre carrière ?”. La société ne soutient pas
les gens comme moi”… Des phrases comme celles-ci
montrent clairement que la personne rejette la
responsabilité d’une certaine situation et de sa vie en
général sur les autres. Dès que vous décidez de
devenir seul responsable du cours de votre vie, vous
tenez la “poisse” à distance et vous vous débarrassez
des inconvénients qui y sont associés. Vous devez
considérer cette prise de responsabilité non pas
comme un risque mais comme une opportunité.

Cessez de vous plaindre ! Combien de fois par jour


vous retrouvez-vous en train de vous plaindre ? Les
reproches et les plaintes ne sont qu’une perte de
temps, ils ne changent certainement pas ce qui est
passé et ne vous aident pas non plus à déterminer
l’avenir ni à vivre pleinement le présent. Se plaindre
est cependant une habitude qu’ont la plupart des gens,
précisément à cause du sujet abordé ci-dessus. Si nous
rejetons la responsabilité du cours de notre vie sur
quelqu’un d’autre, il ne reste plus qu’à nous plaindre.
Nous exprimons donc clairement notre insatisfaction
et notre malaise, mais nous laissons entendre que
nous ne pouvons rien faire d’autre que de nous
plaindre, précisément parce que le contrôle de notre
vie est entre les mains de quelqu’un d’autre. Dans la
plupart des cas, les situations qui nous font nous
plaindre sont cependant améliorables. Commencez
donc à vous demander pourquoi, au lieu de vous
complaire dans cette situation en continuant à vous
plaindre, vous n’agissez pas pour apporter des
changements. Vous allez probablement résister à ces
mots, parce que vous avez été habitué à vous
comporter et à penser d’une certaine manière pendant
des années, mais rappelez-vous que toutes les
situations peuvent avoir un bon côté et peuvent être
améliorées, et quand ce n’est vraiment pas possible,
rien ni personne ne vous interdit de vous en éloigner.
Cela nécessite une prise de conscience, du courage et
la capacité de ressentir et d’être responsable de sa
propre vie.

Adieu les prétextes et les justifications. Se réfugier


derrière des excuses et des légitimations est une
habitude de ceux qui se considèrent malchanceux et
qui vivent avec les difficultés émotionnelles et
psychologiques de la situation. Pensons à Marie,
cinquante-huit ans, qui voudrait changer de travail
mais se justifie en disant qu’à son âge personne ne la
recrutera et que si elle essayait de faire une formation,
elle n’y comprendrait rien car elle n’est pas douée
pour les nouvelles technologies. Vraiment, avec un
peu d’engagement et de volonté, et surtout avec la
conviction qu’elle est l’actrice et non la spectatrice de
sa propre vie, Marie ne pourrait-elle pas atteindre son
objectif ? Peut-être échouerait-elle, pour mille
raisons, mais elle aurait tout de même essayé et appris
quelque chose en cours de route. Ceux que l’on traite
de “losers” sont les mêmes qui ont tendance à se
justifier. C’est toujours la faute des autres, ils ne sont
que de pauvres victimes, ils ne peuvent rien faire pour
améliorer la situation, et ainsi de suite… Si vous vous
retrouvez dans cette description, sachez que tous les
problèmes trouvent leur origine en vous, et c’est là
que se trouvent les outils à votre disposition pour
changer votre attitude et votre façon de penser.

Persévérez. Il est facile de rêver, même en grand,


mais beaucoup se découragent, se fatiguent,
s’impatientent et abandonnent face aux réelles
difficultés de transformer ce rêve en réalité. Ceux qui
réussissent ne se caractérisent pas par ces qualités qui
ne nous concernent pas, nous “simples mortels”, mais
ils ont juste gardé à l’esprit leurs rêves, ils n’ont
jamais perdu de vue leurs objectifs et ont persévéré. À
l’exception de quelques rares cas, les projets ne se
réalisent pas rapidement et les objectifs n’atteignent
pas du jour au lendemain. La tendance à abandonner
est l’une des plus grandes menaces pour ceux qui
veulent concrétiser un projet. Commencez donc à
considérer les obstacles et les épreuves comme des
opportunités de croissance personnelle. Tenez bien
vos objectifs à l’œil et travaillez-y avec persévérance
et passion.
11
LA TECHNIQUE DES SPORTIFS :
GAGNER DANS SA TÊTE AVANT
MÊME DE PARTICIPER

N ous venons de parler de ceux qui réussissent et qui sont


souvent perçus par ceux qui n’effleurent même pas
leurs objectifs, comme de véritables dieux, ce qu’ils ne
deviendront jamais. Les sportifs professionnels entrent dans la
catégorie de ceux qu’on considère comme ayant “réussi”. S’il
est vrai qu’il est important pour un sportif de bien s’entraîner,
il est également vrai que la clé du succès ne se trouve pas dans
les muscles, mais dans l’état d’esprit.
Si vous pouvez en rêver, vous pouvez le faire.

La visualisation est une des techniques les plus fréquemment


utilisées par les sportifs professionnels qui, même avant une
compétition, se visualisent comme vainqueurs. Notre cerveau,
en effet, ne fait pas la différence entre ce qu’il visualise et ce
qui est réel. Prenons un exemple simple : pourquoi, en
regardant un film ou en lisant un livre, sommes-nous tellement
impliqués que nous ressentons généralement les mêmes
émotions que les personnages ? Cela s’explique parce que
notre cerveau est incapable de comprendre que ce qui se passe
à l’écran ou dans les pages du roman ne nous arrive pas
réellement, et réagit comme si ces événements étaient réels.
Qu’est-ce donc que la visualisation ? Il en existe deux types :
la visualisation dissociée et la visualisation associée. La
première vous permet de vous observer comme si vous étiez
une entité extérieure, ou comme si vous regardiez une vidéo.
En l’espèce, un athlète se voit par exemple en train de sprinter
et de franchir la ligne d’arrivée. Le second type vous permet
en revanche de vous imaginer à la première personne tandis
que vous courez, franchissez la ligne d’arrivée, montez sur le
podium et recevez la médaille de la première place. Vous vivez
tous les gestes et toutes les émotions depuis l’intérieur.
La plupart des entraîneurs suggèrent aux athlètes de
commencer par la visualisation dissociée. Même si vous n’êtes
pas sportif, on peut facilement voir que cette technique peut
être utile à n’importe qui, dans n’importe quel domaine. Si
votre objectif est d’obtenir une promotion au travail, par
exemple, au lieu de vous complaire dans l’impression de
manquer de chance ou de blâmer les autres, concentrez-vous et
imaginez-vous entrer au bureau le jour où le chef annonce qui
a obtenu la promotion. Vous êtes habillé élégamment, vous
respirez l’autorité, vous avez un dialogue interne positif, vous
serrez fermement la main de tout le monde, vous n’avez aucun
doute sur le fait que vous serez celui qui obtiendra la
promotion. Vous vous imaginez alors à votre poste de travail et
votre chef vous appelle. Vous le retrouvez dans son bureau et
l’imaginez vous féliciter et vous proposer la promotion. Vous
visualisez alors la petite fête organisée par vos collègues et le
bonheur de votre famille et de vos amis en leur annonçant la
nouvelle. Vous visualisez et faites aussi l’expérience des
émotions qui vous habitent, comme le sentiment
d’accomplissement et la joie.
Le processus de visualisation

Si vous n’avez jamais pratiqué la visualisation auparavant, ou


si vous avez essayé avec de mauvais résultats, ces conseils
peuvent vous aider à vivre la meilleure expérience possible.

Fermez les yeux et concentrez-vous. Les paupières


closes confinent le monde extérieur en dehors de
vous. Vous devez maintenant aller travailler sur vos
ressources internes, vous n’avez donc pas besoin de
voir votre environnement. Il est important de vous
concentrer car si vous continuez à penser à autre
chose, il y a de fortes chances que la visualisation ne
produise pas les effets escomptés.

Choisissez la musique qui vous convient. Cela dépend


en grande partie de l’objectif que vous souhaitez
atteindre. Si vous voulez recharger vos batteries, vous
pouvez opter pour une musique qui vous redonnera de
l’énergie, tandis que si le but est de retrouver votre
calme, choisissez une mélodie relaxante.

Observez les détails alors que vous êtes le plus à


l’aise : tout en vous visualisant, concentrez-vous sur
tout ce qu’il y a de mieux en vous. Imaginez comment
vous êtes habillé, coiffé et pour les femmes,
maquillée. Concentrez-vous également sur votre
posture et l’expression de votre visage. Si vous vous
imaginez traverser l’entrée du hall de votre entreprise
le dos voûté et le regard baissé, vous vous renvoyez
une image passive. Écoutez chaque bruit, concentrez-
vous sur les sensations, comme la rugosité du cuir de
votre sac. Regardez-vous de l’extérieur alors que vous
brillez dans ce que vous faites. Pour en revenir à
l’exemple du sportif, il peut s’agir de s’imaginer en
train de bien dribbler, ou même de marquer panier
après panier. Regardez-vous sous différents angles,
afin d’obtenir une image d’ensemble aussi complète
que possible.

Le passage à la visualisation associée. Après quelques


minutes dans la phase précédente, il est temps de
passer à la visualisation associée, c’est-à-dire en vous.
Vous ne vous voyez plus depuis l’extérieur, comme si
vous étiez quelqu’un sur une vidéo, mais vous
percevez maintenant tout comme si vous étiez à
l’intérieur de vous-même pendant la situation que
vous imaginez. Maintenant, vous vous voyez de
l’intérieur, mais vous devez continuer à vous
concentrer sur ce que vous faites. Focalisez-vous sur
votre course, les couleurs de votre tenue, les odeurs
du gymnase, le bruit de la foule qui vous encourage.
Essayez d’inclure autant de détails que possible dans
votre visualisation. N’oubliez pas d’imaginer
également votre humeur, la joie lorsque vous marquez
un panier, la satisfaction lorsque vous franchissez la
ligne d’arrivée, l’euphorie lorsque les gens vous
encerclent et vous félicitent. Gardez ces sentiments en
vous, et associez-les à ces événements spécifiques.
Consacrez-vous à la visualisation associée pendant
quelques minutes, puis ouvrez lentement les yeux et
revenez à ce que vous faisiez.

Associez l’état d’esprit à la situation imaginée. Il


s’agit d’un point clé pour être parfaitement aligné, de
sorte que lorsque vous vivrez réellement la situation
visualisée, vous puissiez être en accord avec ce que
vous avez vécu. Si vous le souhaitez, vous pouvez
également visualiser des obstacles qui pourraient
compromettre votre réussite, mais bien entendu, il est
important que vous vous visualisiez en train de
déjouer ces difficultés. Par exemple, visualisez-vous
sur le point de marquer un panier lorsqu’un joueur de
l’équipe adverse vous contre. Sur le moment, vous
êtes déçu, mais immédiatement après, vous l’esquivez
et tirez le ballon dans le panier.
Les grands champions, avant même de gagner sur le
terrain, gagnent dans leur tête. Cette façon de penser
est destinée aux vainqueurs, et c’est exactement ce
qu’ils sont. Si vous êtes confronté à des situations
particulièrement importantes, si vous devez traverser
une épreuve, mais aussi dans votre vie quotidienne,
vous pouvez utiliser l’état d’esprit de l’athlète et les
techniques de visualisation pour concrétiser ce à quoi
vous aspirez dans votre esprit, de sorte que la
réalisation de l’objectif dans la vie réelle soit
beaucoup plus facile.
12
DÉVELOPPER UNE DISCIPLINE
RIGOUREUSE : CONTRÔLER
SES PULSIONS ET RETARDER
LA GRATIFICATION

L orsque nous cédons à une pulsion, c’est généralement


parce que nous voulons être récompensés
immédiatement. Nous savons peut-être au fond de nous
que la gratification immédiate ne dure pas, ou que le plaisir
éphémère peut s’avérer contre-productif à long terme, mais
nous sommes rarement assez disciplinés pour contrôler nos
pulsions. Prenons un exemple très simple : Véronique est au
régime et son amie lui propose un gros gâteau au chocolat.
Véronique n’a pas faim, mais elle a envie d’en manger parce
qu’elle sait qu’elle en tirera une satisfaction immédiate
puisqu’elle est gourmande et qu’elle aime le chocolat. Très
vraisemblablement, même si elle sait que ce gâteau ne l’aidera
pas à perdre du poids, Véronique ne sera pas assez disciplinée
pour remercier son amie mais refuser poliment la part de
gâteau. Elle va au contraire le manger et cela lui fera très
plaisir sur le moment. Cependant, la satisfaction instantanée
n’est pas toujours une satisfaction pour laquelle il vaut la peine
de céder à nos pulsions.
Apprendre à développer une forte discipline, c’est être capable
de se contrôler, de contrôler ses pulsions, de ne pas les laisser
vous dominer, contrairement à Véronique qui finit par prendre
sa fourchette et manger le gâteau presque sans s’en rendre
compte, comme si elle était guidée par une entité propre. La
plupart d’entre nous sont habitués, à un niveau inconscient, à
préférer la gratification immédiate au sacrifice (puisqu’il est
souvent perçu comme tel). Ceux-ci sont nécessaires pour
parvenir à cette autodiscipline qui nous fera renoncer à une
récompense immédiate en échange d’une récompense dans un
avenir plus lointain. Si vous avez vous aussi l’impression que
quelque chose en vous prend des décisions impulsives, c’est
parce que c’est votre partie inconsciente, votre pilote
automatique, qui prend les décisions à votre place. D’ailleurs,
la plupart d’entre nous lui donnent carte blanche toute leur vie.
Le pilote automatique est habitué à la gratification immédiate,
il laisse les pulsions le contrôler et cette attitude est on ne peut
plus éloignée de celle d’une personne très disciplinée. La
bonne nouvelle c’est que, comme toute attitude,
l’autodiscipline est une chose qu’on peut travailler et atteindre
par la répétition, la persévérance et l’engagement.
Qu’est-ce que l’autodiscipline ?

Avant d’aborder les huit stratégies qui vous permettront de


renforcer votre discipline, il est important de bien comprendre
ce dont on parle quand nous utilisons le terme
“autodiscipline”. On peut la définir comme la capacité de
chaque individu à faire ou ne pas faire une certaine chose
même si son instinct lui dicte le contraire. Si l’instinct dit à
Véronique de manger ce gâteau et qu’elle n’est pas très
disciplinée, elle finit par y céder, comme nous l’avons vu dans
l’exemple. Si au contraire Véronique sait se discipliner, elle
peut décider de ne pas accepter le gâteau, même si son instinct
fait tout pour la tenter. La discipline dépend de deux facteurs :
la motivation et la volonté. Si Véronique est vraiment
déterminée à perdre du poids (la motivation), ou si elle est
tellement concentrée sur son objectif de perdre un certain
poids à une certaine date (la volonté), elle a alors ce qu’il faut
pour se discipliner même face aux tentations de l’instinct. En
revanche, si la motivation fait défaut, si elle n’est pas assez
forte ou si elle n’a que peu ou pas de volonté, il est très facile
de céder à l’instinct.
L’autodiscipline joue un rôle de la plus haute importance dans
la vie de chacun et elle a une double nature : elle est à la fois
positive et négative. Être capable de se discipliner peut vous
amener à faire quelque chose, même si vous n’en avez pas
envie sur le moment, ou vous permettre de ne pas céder à ce
qui est dangereux ou malsain. L’autodiscipline est un pilier
pour atteindre ses objectifs. Celui qui ne peut pas se discipliner
ne fera qu’errer dans son existence, cèdera à diverses
tentations toxiques, inutiles ou dangereuses et perdra sans arrêt
de vue son objectif.
Huit stratégies pour développer une discipline solide

Définissez votre objectif S.M.A.R.T.

Nous avons déjà évoqué l’objectif S.M.A.R.T., mais il


convient de s’y attarder un peu car pour atteindre un objectif,
il ne suffit pas d’y penser. Celui-ci doit posséder certaines
caractéristiques qui aident à progresser sur la voie de sa
réalisation. Un objectif S.M.A.R.T. doit donc être Spécifique,
Mesurable, Accessible, Réaliste et Temporalisé. Traiter ces
différents points avec le sérieux qu’ils méritent nécessiterait un
livre à part, mais il suffit déjà de savoir que lorsque vous
devez prendre certaines décisions, vous devez vous donner des
résultats mesurables (est-ce que vous progressez ou non ?) et
assortis d’une certaine échéance (je veux perdre deux kilos en
trois mois). Vous pouvez également déterminer vos actions de
cette manière. Que faire pour atteindre l’objectif de perdre
deux kilos en trois mois ? Vous pouvez choisir de ne pas
manger de sucreries pendant trois mois ou de vous rendre au
travail à pied plutôt qu’en voiture tous les matins.

Corrigez-vous si nécessaire.

Pris dans votre routine quotidienne, vous risquez


probablement de perdre de vue à la fois votre objectif et les
actions nécessaires pour l’atteindre. Cela s’explique
principalement par ce que nous avons déjà abordé à de
nombreuses reprises tout au long de ce livre : la plupart d’entre
nous vivent en pilotage automatique. Pensez à une journée
typique ou récente, comme hier ou il y a deux jours, et
demandez-vous si vous avez agi sans être vraiment présent. Le
manque de conscience vous fait risquer de prendre des
décisions hasardeuses, ce qui peut vous éloigner de votre
objectif. Soyez toujours conscient, présent dans le moment que
vous vivez, conscient de vos idées, de vos émotions et des
actions que vous devez entreprendre pour atteindre votre
objectif. Si nécessaire, adaptez-le : peut-être découvrirez-vous
au fil de l’eau qu’il ne vous est pas possible d’aller au travail à
pied tous les matins, parce que le bureau est trop loin, parce
qu’il pleut particulièrement ce mois-ci ou pour mille autres
raisons. Vous pourrez alors vous corriger, si vous ne pouvez
pas aller au travail à pied, remplacez cette activité physique en
préférant l’escalier à l’ascenseur en rentrant chez vous.

Restez ferme dans votre décision.

Une fois votre décision prise, vous devez la mettre en œuvre


avec détermination, même si cela semble difficile, voire
impossible. C’est de cette façon que vous développerez votre
autodiscipline. Si on reprend l’exemple de la perte de poids,
on peut se dire qu’on souhaite perdre deux kilos en trois mois,
mais après quelques jours, peut-être parce que les sucreries
nous manquent plus que prévu, on change d’avis et on se dit
qu’on veut finalement ne perdre qu’un kilo en six mois, puis
on change à nouveau. Prenez une décision et tenez-vous-y. Si
cela peut vous aider, vous pouvez même conclure une sorte de
contrat avec vous-même, avec texte et signature, à prendre
comme un véritable engagement. Lorsque votre confiance en
vous faiblit, que vous avez l’impression que la réalisation de
votre objectif est trop difficile, revenez au contrat passé avec
vous-même ou, si vous l’avez écrit, relisez-le. Cela vous
aidera à vous souvenir de l’objectif à atteindre et à renforcer
cette autodiscipline nécessaire pour y parvenir.

Décomposez votre objectif en petites actions


habituelles.

Pour en revenir à la vie en pilote automatique, elle concerne


principalement les gestes qui font partie de nos habitudes. Si
par exemple vous avez l’habitude de boire un café le matin,
vous devez parfois le faire tout en discutant avec votre
collègue, en préparant vos enfants pour l’école, et même le
boire tandis que vous êtes perdu dans vos pensées. Il est
important, pour renforcer votre discipline, de décomposer
chaque action nécessaire pour atteindre votre objectif en
petites choses à faire chaque jour et grâce à la répétition, elles
deviendront si banales que vous pourrez les faire
inconsciemment. Au début, arrêter de grignoter vous
demandera peut-être un effort. Par habitude, vous ouvrirez
peut-être le placard où vous gardez les biscuits et les goûters,
et vous vous forcerez à vous dire : “Ah non, je dois plutôt
manger un fruit” mais progressivement, vous perdrez
l’habitude de fouiller dans le placard et prendrez le fruit en
première intention. La décomposition en petites actions ne
nous fait pas peur : les grandes actions donnent
paradoxalement moins de résultats, tout comme les grands
changements, parce que justement nous sommes réticents au
changement car il nous fait souvent peur. Procéder par petites
étapes, comme l’enseigne la méthode Kaizen, avec régularité,
persévérance et répétition, donnera des résultats plus sûrs tout
en demandant moins d’efforts de notre part.

La motivation doit venir de vous.

Nous avons vu que la motivation est un des piliers de


l’autodiscipline et en son absence, ou si elle est basse, il est
pratiquement impossible de cultiver notre discipline. C’est
pourquoi il est important, quel que soit l’objectif, qu’il vienne
de votre désir ou de votre besoin et qu’il soit animé par une
motivation personnelle authentique. Si vous voulez perdre du
poids juste parce que vos proches vous taquinent avec vos
kilos en trop ou pour faire bonne figure pendant les vacances à
la plage avec vos copines, sachez que votre motivation ne sera
pas très forte car vous n’auriez pas décidé de perdre ces kilos
si ces gens ou ces événements n’avaient pas fait partie de votre
vie.

Soyez créatif.
L’imagination et la créativité sont deux des meilleures armes
dont vous disposez pour garder votre motivation et trouver des
idées pour résoudre les problèmes qui peuvent se présenter.

Ne culpabilisez pas.

Aucun chemin ne sera sans obstacles, mais cela ne doit pas


vous décourager. Si vous partez convaincu que tout ira bien et
que vous ne rencontrerez pas le moindre problème, vous
pouvez être sûr que vous serez déçu. Vous ne devez pas penser
négativement mais simplement garder à l’esprit que les choses
peuvent ne pas se dérouler exactement comme prévu.
L’important est de ne pas se laisser abattre émotionnellement
et psychologiquement, de rester fixé sur son objectif et de
continuer à avancer malgré les problèmes. Enfin, n’oubliez pas
que chaque épreuve vous apprendra quelque chose.

Prenez soin de votre espace.

Vous vous demandez peut-être ce que votre espace a à voir


avec le développement de votre discipline. Demandez-vous si
les lieux où vous passez la plupart de votre temps, comme
votre maison ou votre bureau, sont aménagés de manière à
favoriser votre épanouissement personnel ou éventuellement
faciliter le chemin qui vous mènera à un plus grand
développement de votre discipline. Éloignez-vous de tout ce
qui n’est pas positif et gardez ce qui vous aide au contraire à
avancer, à vous sentir bien dans votre peau et à progresser.
13
ENTRAÎNEZ VOTRE CERVEAU
À GÉRER LE STRESS ET LES
TENSIONS. COMMENT SE
DÉFENDRE CONTRE LA
NÉGATIVITÉ, LES ATTENTES
ET LES ÉVÉNEMENTS
INDÉPENDANTS DE NOTRE
VOLONTÉ ?

Q ui que vous soyez et quel que soit votre travail, la vie


n’a jamais été aussi stressante que de nos jours. Rares
sont ceux qui peuvent dire qu’ils ne sont ni stressés ni
tendus. Ce n’est pas parce que, comme nous l’avons déjà vu,
ils ne connaissent ni événements ni épreuves négatives, mais
parce qu’ils ont appris à contrôler et à gérer leurs émotions, à
s’autodiscipliner, à avoir une forte résilience et, de manière
générale, une grande force mentale.
Comment entraîner son cerveau à gérer le stress et les
tensions ?

Prenons à nouveau l’exemple des sportifs, car ils gèrent


souvent aussi l’aspect mental dans leur entraînement. Ils
savent que le cerveau est un muscle et qu’en conséquence, il
doit être entraîné. Dans le sport, mais aussi dans les autres
domaines, le mental compte pour 90 % dans la réussite. Un
vainqueur est donc celui qui sait entraîner et prendre soin de
son cerveau.
Découvrons quelques techniques pour pouvoir vous aussi
entraîner votre cerveau à mieux gérer les tensions et le stress.
- La pleine conscience.
Les exercices de pleine conscience vous aideront à vous
concentrer, à accueillir et à laisser partir l’expérience présente
et à maintenir élevé votre niveau d’attention. Beaucoup de ces
exercices tournent autour de la respiration, acte naturel auquel
la plupart d’entre nous ne prêtent généralement pas attention
mais qui, au contraire, peut devenir une véritable clé pour se
calmer en cas de stress ou de tension. Se concentrer sur sa
respiration, observer les pensées qui traversent l’esprit, puis
les laisser partir est un exemple d’exercice. Cela semble
simple mais ce n’est pas le cas. Cet exercice vous permet de ne
plus juger vos pensées mais de les observer et de les prendre
pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire de simples pensées qui
traversent votre esprit. Vous conviendrez que la plupart des
gens passent un temps fou au cours d’une seule journée à
juger, évaluer, analyser, s’inquiéter, etc.… cet exercice vous
permet de devenir simple spectateur et de ne pas être influencé
par les pensées qui traversent votre esprit. Vous réalisez qu’il
ne s’agit que de pensées et non de choses qui ont un pouvoir
énorme sur votre vie, comme vous l’avez toujours cru.
Maintenant, prenez le temps de vous demander combien de
temps vous passez au cours d’une journée, à vous concentrer
sur vos émotions, à “être” plutôt qu’à “agir”, et si vous êtes
réellement dans le moment présent. La pleine conscience vous
aidera à réduire le temps passé à avoir des attitudes négatives
et favorisera votre développement mental et votre processus
d’adaptation face au stress et à la tension.
- La restructuration cognitive.
Si vous avez une certaine attitude, c’est parce que vous suivez
des schémas de pensée et de comportement que vous avez
développés ou, plus fréquemment, qui vous ont été inculqués
toute votre vie, particulièrement pendant vos cinq premières
années. Vous vous êtes approprié ces schémas de pensée et ils
se manifestent même lorsque vous êtes en pilotage
automatique. Vous n’avez plus besoin d’activer votre pensée
consciente, ils font tellement partie de vous que vous prenez
des décisions à partir de ces modes de pensée. Pour apprendre
à gérer le stress et les tensions, il est judicieux de les changer,
surtout, comme c’est souvent le cas, s’ils sont négatifs et
contre-productifs pour ceux qui veulent s’engager dans un
processus de croissance. C’est à ça que sert la restructuration
cognitive. Il s’agit d’une pensée positive, pas du type “tout va
bien”, mais simplement d’une pensée proactive qui vous
encourage à vous concentrer sur les opportunités et les
solutions plutôt que sur les problèmes ou les épreuves.
- Le journal de gratitude.
Dans le même ordre d’idées que le point précédent, tenir un
journal de gratitude peut également vous être utile pour avoir
quelque chose de concret à quoi vous raccrocher si vous êtes
sous pression ou si vous faites face à une période de stress
aigu et que vous perdez de vue ce dont vous pouvez être
reconnaissant. Rares sont ceux qui prennent le temps de se
demander de quoi ils peuvent être reconnaissants et face à
cette question, beaucoup ne savent pas y répondre. Prenez un
cahier et écrivez une chose pour laquelle vous êtes
reconnaissant. Essayez de prendre l’habitude, par exemple,
d’écrire le soir avant de vous coucher, en repensant à la
journée qui vient de s’écouler. Il peut s’agir de petites ou de
grandes choses, mais vous verrez que tout le monde a de quoi
être reconnaissant. Quelques exemples ? La santé, l’amour des
êtres chers, avoir un foyer, prendre un bon repas, pouvoir
travailler ou aller à l’école, avoir du temps libre pour faire ce
que l’on veut, voyager… Nous pouvons même aller jusqu’aux
choses apparemment insignifiantes mais qui sont peut-être
importantes pour nous, comme l’odeur du café frais le matin
qui est pour nous synonyme de “foyer” et de “sécurité”. Face à
une situation stressante ou qui augmente votre tension,
appuyez-vous sur votre journal de gratitude, relisez ce que
vous y avez écrit, cela vous aidera à vous calmer et à vous
rappeler ce que vous avez déjà et la chance que vous avez.
- L’alimentation.
“Nous sommes ce que nous mangeons” : cette phrase est on ne
peut plus vraie. Une alimentation qui n’est pas saine peut aussi
avoir un effet délétère sur votre état mental et sur la capacité
de votre esprit à faire face aux situations stressantes et à la
pression. Il est important de limiter ou, si possible, d’éviter
complètement la caféine, les sodas, les aliments artificiels et le
sucre. Favorisez au contraire les aliments frais, les tisanes, les
aliments complets et l’eau en abondance. Le choix de repas
sains aura donc un impact sur votre corps et votre cerveau et
vous aidera à tirer le meilleur parti de vos journées, même les
plus chargées.
Comment se préserver de la négativité

Le monde dans lequel nous vivons n’a jamais été dans une
situation aussi problématique que celle que nous connaissons
aujourd’hui. Ce qui peut sembler insignifiant pour beaucoup
peut en fait être une overdose permanente de négativité dans
nos vies. Outre tout ceci, il y a nos problèmes personnels, nos
difficultés au travail, les malentendus dans la famille, et nos
esprits doivent faire face à la négativité au quotidien mais dans
la plupart des cas, ils ne savent même pas par où commencer.
De la négativité aux solutions
Comme toujours, tout dépend de notre façon d’aborder un
certain facteur, ici la négativité. En général, les gens ne voient
ce qui est négatif que comme une nuisance, un problème, une
menace qui leur apporteront des ennuis et des torts à différents
niveaux, ce qui les obligera à dépenser de l’argent ou à faire
des changements dans leur vie. Mais ce qui est négatif a aussi
des aspects positifs. Nous avons vu qu’il est important
d’apprendre à penser que les épreuves et les problèmes sont
des obstacles qui permettent de grandir et d’apprendre quelque
chose de nouveau. Les situations négatives peuvent donc aussi
être considérées comme le point de départ de quelque chose de
positif. Un licenciement inattendu peut par exemple être perçu
comme un événement extrêmement négatif mais la personne
peut trouver un meilleur travail ou saisir l’occasion de créer sa
propre entreprise, ce dont elle a toujours rêvé. On peut
facilement voir qu’un événement négatif est en fait une
passerelle vers quelque chose de positif.
Attention à l’optimisme forcé
Beaucoup pensent que pour réagir à la négativité, ils doivent à
tout prix être positifs. Ils commencent donc à se forcer à vivre
en voyant toujours le verre à moitié plein, en se répétant des
phrases positives jusqu’à plus soif, en s’obligeant à sourire
même s’ils sont de mauvaise humeur, et en essayant
généralement de réagir positivement à toute situation, y
compris en faisant taire leurs émotions négatives. Ce n’est pas
la bonne façon de vivre l’optimisme. Malheureusement, dans
notre société, nous avons vu se développer de plus en plus la
pensée positive dans le sens de rester toujours insouciant et
souriant, ce qui bien sûr n’est pas réaliste. Il est normal de
s’efforcer d’être positif, de voir des opportunités dans les
problèmes et les épreuves et de réagir en se concentrant sur les
solutions et en gardant à l’esprit qu’aucune situation, même la
plus difficile, n’est éternelle. Il est cependant conseillé de se
tenir à l’écart des courants de pensée qui veulent que vous
soyez “positif quoi qu’il arrive”.
Ne vous sabotez pas
S’il est vrai que certaines expériences négatives sont nées de
situations extérieures à vous-même, il est également vrai que
dans certains cas, vous vous êtes saboté tout seul. Vous avez
donc été le premier à ne pas croire en vous, à ne pas vous
appliquer assez, à ne pas prendre de risques, et par conséquent
une situation potentiellement positive est devenue négative. Il
faut ici revenir au dialogue intérieur, car si vous avez
l’habitude de vous répéter des phrases comme “Tu n’y
arriveras jamais”, “Pour qui tu te prends ?”, “Tu es un raté”,
“Tu es un incapable” et ainsi de suite, il va de soi que vous
vous saboterez et que la situation va mal finir. Travaillez à
changer votre dialogue intérieur, à abandonner les schémas de
pensée négatifs et contre-productifs, et vous verrez
progressivement la négativité dans votre vie diminuer.
Relevez le défi
Pensez à la dernière personne qui a essayé de vous décourager.
Vous avez peut-être confié un plan ou un rêve à un parent ou à
un ami et au lieu de vous encourager, il l’a démoli pièce par
pièce et a même dit des choses comme “Tu n’y arriveras pas,
laisse tomber”. Au lieu de vous mettre en colère ou de réagir
de façon négative, remerciez-le. Vous vous dites sûrement
“Mais pourquoi je remercierais celui qui m’a découragé ?”.
Simplement parce que son attitude représente un défi que vous
devez accepter. Prouvez-lui qu’il a tort. Prouvez-lui que vous
en êtes capable et que vous atteindrez votre objectif. Bien sûr,
ce désir de prouver quelque chose à quelqu’un ne doit pas être
le seul moteur de la volonté car il faut, comme nous l’avons
déjà vu, que la motivation vienne de vous pour être
suffisamment forte, mais voir les défis et les situations
négatives sous cet angle peut vous rendre inarrêtable.
Comment contrôler ses expectatives

Les attentes ne sont que des “châteaux mentaux”, c’est-à-dire


ce que nous attendons de notre avenir. Si nous sommes à
l’université, nous étudions beaucoup parce que nous espérons
exercer le métier de nos rêves ou devenir riches dans quelques
années. Si cela n’arrive pas, nous sommes déçus car nous
avons beaucoup investi et fait de nombreux sacrifices “en
vain”. Il suffit de ne pas avoir d’attentes et de prendre chaque
jour comme il vient mais c’est très difficile pour la plupart des
gens. Pour survivre en tant qu’espèce, nous avons dû “prévoir
l’avenir”, mais c’est au-delà des capacités de tout être vivant.
Nous pouvons fantasmer, imaginer, souhaiter… mais nous
n’aurons jamais la garantie que les choses se passeront comme
nous le souhaitons.
Comprendre et changer nos règles
Nous avons tous des règles personnelles qui déterminent nos
actions et notre pensée et comme nous l’avons vu, qui sont
souvent le fruit non seulement de nos expériences passées
mais aussi et surtout de schémas mentaux inconscients
inculqués par les autres. Prenons un exemple : si votre ami
Matthieu est supporter de la même équipe que vous, vous irez
au match de football ensemble, sinon non. Vos “règles” vous
indiquent comment vous comporter et à quoi vous attendre
selon le choix fait par Matthieu. Pour donner un autre
exemple, si vous pensez que Jules fanfaronne sans arrêt, vous
le traiterez comme un fanfaron. Et donc Jules fanfaronnera
encore plus. Vos attentes sont donc confirmées parce que vous
vous efforcez de prouver qu’elles sont vraies.
Nos attentes envers les autres
Nous avons tous des attentes vis-à-vis des autres qui
détermineront comment nous nous comporterons avec eux,
ainsi que leurs réactions envers vous. Si vous pensez que votre
collègue est un peu “lent”, il fera probablement tout pour vous
prouver le contraire. Bien qu’il vous semble avoir assez
d’informations que votre collègue est un peu plus lent que les
autres, vous vous trompez. Il ne s’agit que de votre opinion de
lui et elle ne correspond pas nécessairement à un fait, à la
réalité. Pour mettre fin à ce cycle, vous devez assumer la
responsabilité de vos suppositions et réaliser que votre
collègue n’est peut-être pas si “lent”. Ce n’est pas lui qui vous
agace ou vous cause du tort mais l’image que vous vous êtes
fait de lui. Ce mécanisme se déclenche avec n’importe qui et
on peut facilement voir les choses se compliquer à mesure que
la relation entre vous et l’autre devient intime.
Lâcher le contrôle
Pour limiter ou supprimer totalement vos attentes envers les
gens et les situations, vous devez accepter d’avoir moins de
prise sur les autres et sur les événements votre vie. Plus vous
voulez garder le contrôle, plus vous en serez réduit à faire des
hypothèses sur l’avenir, cela vous donne en effet l’illusion que
vous pouvez contrôler les événements ou gérer les dangers ou
les situations négatives. Cependant nous savons tous que
l’avenir peut changer en une seconde, nous comprenons donc
que planifier et avoir des expectatives n’a pas beaucoup de
sens. Pour en revenir aux exemples des relations, si quelqu’un
veut que vous fassiez quelque chose, il essaiera probablement
de vous “acheter” avec des cadeaux et des privilèges pour
s’assurer (c’est-à-dire contrôler) que vous fassiez bien ce à
quoi il s’attend.
Les expectatives ne sont que des possibilités
Il s’agit d’un concept fondamental à garder à l’esprit, nous
avons vu que malgré de bonnes intentions théoriques, la
plupart d’entre nous ont beaucoup de mal à vivre sans la
moindre attente envers les autres, les situations, mais aussi
nous-mêmes. Il est possible d’atteindre ce niveau, mais cela
demande beaucoup de discipline, de répétition, de
persévérance et aussi beaucoup de temps. Arriver à
comprendre que vos attentes ne correspondent pas
nécessairement à la réalité mais ne sont que des possibilités,
des versions de l’avenir, est en soi une étape très importante.
L’étudiant qui a travaillé comme un fou pendant des années à
l’université, qui n’a pas trouvé de poste dans le domaine de ses
rêves et n’a pas un gros salaire n’a pas travaillé “pour rien”. Il
n’a certes pas décroché le travail qu’il espérait et n’a pas un
gros compte en banque, mais au cours de ces années, il a peut-
être appris des notions qui lui seront utiles plus tard ou il est
peut-être devenu plus discipliné pour obtenir ces résultats.
Puisque vous ne pouvez pas contrôler les autres, essayez
d’agir avec les meilleures intentions du monde et laissez aux
autres la liberté de penser par eux-mêmes. De même, essayez
de ne pas avoir d’attentes concernant les personnes et les
situations, plus vous vous accrochez à cette version de l’avenir
ou à l’autre personne en fonction de vos attentes, plus vous
risquez d’être déçu si les choses se passent autrement.
Comment gérer les événements hors de notre contrôle

Tout ce que vous pouvez gérer et contrôler se trouve en vous


seulement. Vous ne pouvez pas contrôler ce que les autres
pensent, disent ou font. Vous ne pouvez pas gérer ce qui se
passe au niveau du pays ou du monde. Alors vous vous
demandez peut-être comment gérer des événements que vous
ne pouvez pas contrôler ? En apprenant à gérer vos réactions.
Il y a des événements que vous ne pouvez tout simplement pas
contrôler, comme le temps qu’il va faire pendant le pique-
nique que vous prévoyez depuis six mois ou si votre conjoint
décrochera ce travail dont il a toujours rêvé. Examinons
quelques stratégies pour apprendre à gérer les événements que
nous ne pouvons pas contrôler.
Cessez de vous inquiéter
L’inquiétude naît de notre besoin de contrôler les autres et les
situations extérieures à nous-mêmes, nous croyons ainsi mieux
nous protéger en cas d’événements négatifs ou dangereux.
S’inquiéter de choses sur lesquelles vous ne pouvez pas avoir
la moindre influence n’a pour seule conséquence qu’une
grande perte de temps et d’énergie que vous pourriez utiliser
de manière constructive, en travaillant sur les facteurs que
vous pouvez contrôler. Le terme “inquiétude” implique de
s’occuper de quelque chose avant que cela ne se produise.
Vous vous creusez la tête pour imaginer le temps qu’il fera le
jour du pique-nique, vous passez des heures à consulter
l’application météo, etc., mais au final, quoi que vous fassiez,
vous ne pouvez pas décider s’il fera beau ce jour-là. La
première étape consiste donc à lâcher prise et à cesser de
s’inquiéter de tout ce qui se passe hors de soi, y compris de ce
que les autres peuvent dire, penser ou faire.
Identifiez ce que vous ne pouvez pas contrôler
Il est probable que le concept de “vous ne pouvez pas
contrôler tout ce qui se passe en dehors de vous” n’est pas
clair pour certains. Nous allons donc examiner les éléments
sur lesquels nous n’avons aucun contrôle :
Ce que les autres pensent, disent ou font. Plus nous
sommes proches de quelqu’un, comme un enfant ou
un mari/une femme, plus nous sommes convaincus
que nous pouvons contrôler ses réactions, ses pensées,
ses propos et son comportement, mais ce n’est
évidemment pas vrai. Certains sont convaincus de
savoir ce que les autres pensent, ce qui est faux
également. Les seules pensées dont vous pouvez être
sûr sont les vôtres. Vous pouvez essayer de
convaincre l’autre en exposant votre point de vue,
mais au final, il prendra sa propre décision.

Ce qui s’est déjà passé. Il va sans dire que vous ne


pouvez plus changer le passé, il est donc évident que
vous n’avez aucun contrôle sur ce qui a été. Ceux qui
ont développé une grande force mentale n’ont pas de
regrets, mais s’attachent à faire des choix en fonction
de la manière dont ceux-ci peuvent affecter les deux
seuls aspects de la vie contrôlables : l’avenir et
surtout le présent.

Ce qui ne s’est pas encore passé. S’il est vrai que


certaines actions que vous entreprenez peuvent faire
évoluer le présent et l’avenir dans une direction plutôt
que dans une autre, il est également facile de voir que
des facteurs externes peuvent avoir une influence,
facteurs sur lesquels vous n’avez aucun contrôle et
qui peuvent parfois vous submerger soudainement
alors qu’à d’autres moments ils se produisent
progressivement. Les choix et le comportement des
autres, une crise financière nationale majeure, une
pandémie mondiale ne sont que trois exemples de
facteurs externes qui peuvent influencer votre avenir
et les scénarios hypothétiques que vous aviez en tête
lorsque vous avez pris les mesures nécessaires pour
les concrétiser.

Maintenant que nous avons vu tout ce que nous ne pouvons


pas contrôler, nous allons mieux comprendre comment aborder
ce qui échappe à notre contrôle. La première chose à faire est
commencer un voyage à l’intérieur de soi, généralement une
expérience de prise de conscience qui dure toute une vie, mais
l’important est de débuter. Précisément parce que tout ce que
vous pouvez contrôler se trouve en vous, votre conscience de
vous-même vous aidera à déterminer votre réaction aux
situations extérieures et au comportement des autres. Lorsque
nous ne sommes pas conscients de quelque chose, nous ne
pouvons pas le contrôler. Si votre collègue vous agace mais
que vous ne pouvez pas l’éviter, concentrez votre attention sur
vous-même et réalisez que c’est vous qui lui permettez de
vous agacer. Prendre conscience de nos habitudes est essentiel
si nous voulons changer. Si vous avez réalisé que vous
réagissez à la colère par la colère, en être conscient est crucial
pour travailler sur cette réaction. En changeant votre façon de
voir et vos attentes, il est donc possible de supprimer ou de
limiter les sentiments négatifs qui sont le fruit de vos attentes
non satisfaites. Le dernier point, et non des moindres, c’est
d’accepter que la vie soit incertaine. Nous avons déjà vu que la
plupart des êtres humains ont du mal à accepter le
changement, même lorsqu’il est clairement positif. Nous
préférons rester dans notre zone de confort au point que
beaucoup d’entre nous préfèrent des situations où ils ne se
sentent pas bien plutôt que d’affronter l’inconnu. Le
changement, cependant, fait partie de la vie elle-même, tout
comme l’incertitude. Qui que vous soyez, quel que soit votre
travail, où que vous viviez ou quelle que soit la somme sur
votre compte en banque, il y a tellement de facteurs qu’un rien
suffit pour que les choses changent. Accepter cette réalité,
c’est accepter la vie elle-même. Il est également important de
se concentrer non seulement sur ce qui nous arrive de négatif,
mais aussi sur les bonnes surprises, car même si la plupart des
gens jureraient avoir eu plus de mauvaises surprises que de
bonnes dans leur vie, ce n’est pas nécessairement vrai. Nous
avons surtout tendance à nous concentrer davantage sur les
aspects négatifs.
Lorsque quelque chose de négatif se produit, on peut
facilement se dire “Ce n’est pas juste”, “Pourquoi moi ?”, “Je
n’avais pas besoin de ça en plus” et ainsi de suite, mais en
réalité ces attitudes confirment que nous ne comprenons
généralement pas l’essence même de la vie, qui est non
seulement fluide et en mouvement constant, comme l’eau
d’une rivière, mais aussi incertaine. En apprenant à accepter ce
que vous ne pouvez pas contrôler, votre anxiété, votre tristesse
et votre colère diminueront.
CONCLUSION

Nous avons vu que bien que certains facteurs comme le talent


soient importants pour réussir, et donc atteindre ses objectifs,
il faut penser avec un esprit de vainqueur avant même d’avoir
commencé. Tout comme l’athlète se visualise en train de
franchir la ligne d’arrivée, vous devez apprendre à vous
visualiser quand vous réussissez à atteindre votre objectif.
Il est possible de changer son attitude, de réécrire ses
paradigmes et de modifier les schémas de pensée qui nous ont
caractérisés et guidés jusqu’à présent. Beaucoup de gens ont
tendance à se convaincre que rien ne changera jamais et qu’ils
doivent donc eux aussi rester comme ils ont toujours été,
précisément parce qu’ils croient que l’inattendu et les
surprises, c’est-à-dire le changement, sont négatifs. Combien
de fois, par exemple, avez-vous déclaré : “Je suis comme je
suis”, “Je suis comme ça depuis toujours, qu’est-ce que j’y
peux ? “. Ces phrases indiquent que vous ne croyez pas en vos
possibilités et en votre capacité à changer et qu’il vous sera par
conséquent difficile de bouger votre état d’esprit. Supposons
que nous puissions tous être reprogrammés mentalement, un
peu comme un ordinateur.
Pour faire progresser votre force mentale, vous devez donc
vous concentrer sur la motivation, la répétition, la
persévérance et sur la volonté. Vous devez être prêt à ne pas
abandonner même face aux épreuves et aux difficultés,
grandes ou petites, en les considérant comme des opportunités
de croissance et non comme des bâtons dans vos roues qui
vous montrent combien vous êtes un incapable.
Pour conclure, examinons d’autres conseils pratiques pour
vous aider à consolider votre force mentale :

Gardez toujours votre self-control. Il convient de


consacrer quelques lignes supplémentaires au concept
de contrôle car, s’il est vrai que nous ne pouvons pas
contrôler ce qui se passe à en dehors de nous, il est
aussi vrai que nous pouvons, et devons, contrôler ce
qui se passe en nous. Favorisez donc toutes ces
activités (comme la méditation) qui vous aident sur la
voie de la conscience de soi et surtout qui vous font
comprendre que vous êtes le seul responsable de votre
vie, car c’est ce que vous êtes. Arrêtez de rejeter la
faute sur les autres, de vous plaindre, de vous dire que
vous seriez heureux, riche, etc. “si le chef ne se
comportait pas comme ça”, “si le gouvernement
arrêtait de faire la vie dure aux gens comme vous”,
etc. Assumer la responsabilité de ce qui se passe ou
ne se passe pas dans votre vie est le premier pas vers
une plus grande force mentale.

Prenez moins de décisions. Chaque jour, nous


sommes tous tellement occupés par mille choses
qu’on doit faire de nombreux choix. Certains sont
mineurs, d’autres peuvent être décisifs pour le présent
et l’avenir, mais n’oubliez pas que les choix sont une
sorte d’ennemi. Faire moins de choix vous aidera en
outre à en faire de plus judicieux.

Oubliez tout ce que vous ne pouvez pas contrôler.


Comme pour tout, il faut du temps et de la pratique
mais vous vous rendrez compte un beau jour que vous
ne vous souciez plus de tout ce qui se passe en dehors
de vous-même ou plutôt que vous ne ressentez plus le
besoin d’essayer de le contrôler. Votre force mentale
n’est pas infinie, elle a ses limites. Si vous l’utilisez
pour essayer de contrôler ce qui se passe au niveau de
votre pays ou du monde, le comportement du
gouvernement, ce que votre entourage pense ou dit,
etc. vous risquez de la gaspiller et il ne vous en
restera pas assez pour ce que vous pouvez vraiment
contrôler : votre monde intérieur.
Tirez les leçons du passé. Nous avons déjà vu qu’il
est inutile d’avoir des regrets et de se dire
constamment : “Si j’avais dit ou fait ceci…” lorsque
nous pensons au passé. Le passé ne peut être changé
et ne reviendra jamais. Tirez-en des leçons, car ce
sont surtout les expériences les plus difficiles qui sont
source d’apprentissage, puis lâchez prise. C’est une
partie difficile, pour ceux qui l’abordent en
néophytes, mais laisser aller le passé est nécessaire
pour évoluer et avancer réellement sur votre chemin.

Réjouissez-vous pour les autres. Votre collègue a


acheté une belle voiture toute neuve ? Votre frère
gagne-t-il plus que vous ? Vous lisez sur Internet
l’histoire d’un type que vous ne connaissez même pas
et qui a fait un bel héritage alors que vous travaillez
tard tous les jours et arrivez à peine à joindre les deux
bouts ? Vous ressentez de la jalousie, de l’envie, du
ressentiment, des émotions néfastes, car se comparer
aux autres est stérile. Vous n’avez aucune idée de ce à
quoi ressemble réellement la vie de ces gens, ni des
sacrifices qu’ils font ou ont dû faire pour devenir ce
qu’ils sont. Si quelqu’un accomplit de grandes choses,
soyez heureux pour lui. La réussite d’une autre
personne ne nuit pas à la vôtre ; elle peut au contraire
vous motiver à vous améliorer.

Cessez de vous plaindre. Ce point vaut également la


peine d’être investi de quelques lignes
supplémentaires car la plupart d’entre nous ont
l’habitude de se plaindre de tout et de rien. Ils
rejettent généralement la faute sur les autres ou sur
quelque chose d’extérieur à eux, sans quoi on ne perd
pas son temps à se plaindre et on agit. Arrêtez donc
de vous plaindre et prenez des décisions, prenez des
actions pour changer ce qui ne va pas.
Impressionnez-vous. Comme la plupart des gens,
vous ne vivez probablement que pour impressionner
les autres. Même si vous pensez que non, et peut-être
vous vantez-vous de vous moquer de ce que les autres
disent ou pensent de vous, l’analyse de votre
comportement pourrait dire le contraire. Si vous
achetez une nouvelle voiture, belle, chère, rutilante,
que faites-vous ? Vous l’utilisez pour aller travailler.
Et pourquoi ? Parce que vous voulez que vos
collègues et votre directeur la voient et vous croient
riche, puissant et supérieur à eux. Si vous ne
souhaitiez pas impressionner les autres, vous
garderiez votre voiture au garage et ne l’utiliseriez
qu’en cas de réel besoin, vous iriez au travail en
transport en commun comme vous l’avez toujours
fait. Bien sûr, il ne s’agit que d’un exemple très
simple, mais l’important est que vous vous
concentriez sur la volonté de vous impressionner
vous-même, pas les autres. Cela nous ramène au
concept de travailler sur ce qui est en nous, pas sur ce
qui est hors de nous. Pour ce faire, essayez d’être
vous-même, sans chercher à impressionner qui que ce
soit.

Soyez reconnaissant pour ce que vous avez. Nous


avons vu que nous avons tous de nombreuses raisons
d’être reconnaissant pour ce que nous avons déjà.
Utilisez un journal de gratitude si vous pensez que
cela vous aidera, ou prenez l’habitude d’être
reconnaissant dès le matin au réveil ou avant de vous
coucher. Vous constaterez que vous concentrer sur les
trésors que vous avez déjà vous aidera à en attirer
davantage à l’avenir.

Focalisez-vous sur vos objectifs à long terme. Il est


important que vous vous efforciez de poursuivre un
seul objectif à la fois, mais vous devez être conscient
que votre énergie mentale a tendance à préférer les
raccourcis afin de moins se fatiguer. Ces derniers
vous conduisent cependant dans la mauvaise
direction. Ne choisissez pas de raccourcis mais optez
pour le chemin le plus long, même si cela vous
demande plus de temps et d’efforts.
Contrôlez vos émotions. Nous avons longuement
parlé de ce sujet, mais c’est un des plus importants.
Lorsqu’il vous arrive de vouloir agir d’instinct, vous
pouvez utiliser quelque chose de palpable pour vous
rappeler votre objectif à long terme et vous aider à
vous calmer. Vous pourrez faire un choix calme et
rationnel et non pas simplement en suivant votre
instinct et vos émotions. Développer sa maîtrise de
soi est crucial, tout comme être capable de se
discipliner.

Atteindre un état de force mentale supérieur à celui de


la plupart des gens signifie donc d’atteindre ses
objectifs à long terme sans avoir peur d’affronter le
chemin, ou plutôt, savoir gérer sa peur. Vous savez
très bien que vous devez choisir le chemin le plus
difficile et que vous devez tout faire pour suivre la
voie ainsi déterminée. Vous apprendrez à demander
conseil si nécessaire à des personnes de confiance,
mais surtout à compter sur vous-même. Tout ce qui se
passe dans votre vie, les gens que vous fréquentez, les
opportunités qui se présentent à vous, les contrariétés,
les événements qui semblent vous écraser sous le
stress et la pression, sont là parce que vous les avez,
d’une certaine manière, attirés ou construits, souvent
inconsciemment, avec votre attitude et votre façon de
penser. La force mentale vous donne la capacité de
créer la vie que vous désirez, à partir de votre for
intérieur.

P.S. : Si vous ne l’avez pas encore fait, cliquez ici pour


télécharger un livre gratuit intitulé “Les 7 secrets de la
communication persuasive”.
Un petit guide pratique qui vous donnera les connaissances
nécessaires pour améliorer vos compétences en matière de
communication, parfaitement complémentaire au livre que
vous venez de lire.
DU MÊME AUTEUR
Philosophie JAPONAISE: Techniques orientaux de Développement Personnel pour
trouver son Ikigai, gérer ses soucis et atteindre ses objectifs en toute sérénité
Que faire si on doit traverser une épreuve difficile ?
Comment surmonter ses peurs et ses inquiétudes ?
Comment trouver son but dans la vie ?
Découvrez un guide pour apprendre la philosophie japonaise ancestrale et adapter
ses principes à votre vie !
Dans notre société occidentale, nous sommes englués dans notre train-train
quotidien et vivons en mode pilotage automatique. Nous faisons toujours les mêmes
choses et ne savons souvent même plus pourquoi. Nous sommes en permanence
stressés, sous pression, tristes, angoissés et en colère.
En lisant ces quelques lignes, vous vous retrouvez probablement dans cette
description.
Laissez-moi vous dire une chose : rien ne vous oblige à vivre comme ça.
Vous n’avez pas à fonder votre existence sur le consumérisme, le matérialisme,
l’individualisme ou tout ce qui vous fait vous sentir si mal dans votre peau.
Au lieu de prendre votre vie en main, de chercher des réponses en vous ou de
découvrir vos valeurs et vos piliers, vous vous traînez péniblement toute la journée
sans jamais rien changer.
Mais comment changer cela ? Comment trouver la motivation, votre but dans
la vie ou ce qui vous met à l’aise avec vous-même et avec les autres ?
Dans ce manuel, vous trouverez les réponses que vous cherchez !
Avec cette approche pleine de conseils et d’exercices pratiques sur le plan
philosophique, social, spirituel et culturel, vous aurez en main un véritable guide
pour vous approprier la philosophie japonaise. Ce mode de pensée vous permet
d’aborder votre quotidien d’une façon totalement différente, même s’il vous est
géographiquement très éloigné, surtout dans la façon de vivre !
Vous pourrez enfin avoir accès aux informations qui ont déjà permis à des milliers
de gens d’être plus sereins, sains et conscients. Tout ça juste dans ce guide !
Après avoir lu ce livre, vous connaîtrez :
• Les 5 étapes de base pour se reconnecter à son vrai moi ;
• Les différentes techniques pour être plus conscient et pouvoir profiter pleinement
du quotidien ;
• Comment vivre mieux avec moins de stress, moins d’angoisses et plus de bonheur
!
• Comment se remettre de blessures intérieures comme le rejet, l’abandon,
l’humiliation et la trahison grâce à une méthode pratique et éprouvée ;
• Comment vivre plus en harmonie avec les autres. Vos relations seront plus
intenses et plus heureuses !
• Comment améliorer votre relation avec vous-même. C’en est fini des doutes, du
manque d’estime de soi et de l’auto-sabotage !
Arrêtez de vivre en subissant les événements. Devenez le maître de votre vie.
Comprenez pourquoi vous êtes dans ce monde, suivez votre but, appropriez-vous
les principes de la philosophie japonaise à travers des exemples et des exercices
pratiques pour les adapter à votre quotidien.
Dès les premiers jours, vous sentirez grandir en vous un sentiment de paix et de
sérénité. Vous commencerez à percevoir le monde et votre vie quotidienne avec un
regard nouveau, différent.
N’attendez plus. Achetez votre exemplaire et commencez votre parcours. Tout de
suite même !
DOMINATION MENTALE: 33 formules pratiques et gagnantes de Persuasion
Avancée pour aller bien au-delà de la manipulation et garantir votre succès dans
toutes les situations (Communication Efficace)
Vous est-il déjà arrivé de commencer un projet ou une négociation en sachant
que vous réussiriez INÉVITABLEMENT ?
Une situation que vous maîtriseriez sans le moindre doute ?
C’est précisément ce que Robert Mercier appelle la “Domination mentale”.
Convaincre et communiquer de manière vraiment efficace ne se joue pas sur un
coup de dés…
Ce n’est pas non plus jouer à la roulette…
Si vous le croyez, c’est qu’il y a quelque chose que vous faites sans doute mal.
Mais ce n’est pas de votre faute, c’est juste qu’on ne vous a jamais appris à
convaincre de façon scientifique, mathématique et aiguisée comme une lame.
Vous avez peut-être déjà lu quelques manuels sur le sujet : trop théoriques et pas
assez pratiques, ils vous ont finalement ennuyé et déçu.
Dans ce cas, attachez votre ceinture…
Avec la “Domination mentale”, vous allez vous emparer du livre sur la
persuasion le plus complet de France et au-delà.
Robert Mercier vous y révélera, sans censure, TOUS les leviers émotionnels à
activer pour maîtriser la nature humaine, vous insinuer dans l’inconscient des
gens et influencer leur volonté et leurs décisions, tout en étant respectueux de
l’éthique.
C’est possible même si vous êtes timide, pas très empathique et même si vous
n’avez pas fait 5 ans de psychologie clinique…
La ” Domination mentale “, c’est avoir sous la main 33 différents guides
d’influence et de persuasion : quelle que soit la situation, vous en sortirez
toujours frais comme un gardon.
Chacune de ces techniques exploite les 6 principes de persuasion de Robert
Cialdini, ainsi que les nombreux biais cognitifs et pensées erronées dont tout le
monde est victime.
Par exemple :
1 Une astuce vous révèlera “Comment convaincre n’importe qui de vous faire
une faveur, quel qu’en soit le prix“….
2 Une technique vous permettra de “maîtriser le système de décision de votre
interlocuteur en touchant une corde sensible peu connue“…
3 Une ficelle vous aidera à “Persuader n’importe qui d’accepter votre
invitation”…
4 Et une autre vous montrera “Comment cultiver votre charisme et votre popularité
en une seule journée“…
Bref, vous pourrez passer du rôle de proie à celui de prédateur. Et ce changement de
paradigme vous permettra de voir vos anciennes discussions sous un autre
angle, vous repenserez à toutes les bonnes réparties que vous auriez pu dire.
Vous vous en voudrez peut-être de ne pas avoir lu ce manuel plus tôt : vous
penserez à tous ces malentendus et à toutes ces fois où vous auriez pu éviter
d’avoir l’air bête.
Si seulement vous aviez su exactement quoi faire à ce moment-là, quels mots dire,
quels leviers émotionnels et psychologiques exploiter pour prendre le dessus d’une
manière étonnamment facile.
Alors n’attendez plus.
Commencez à lire maintenant et préparez-vous à apprendre en un clin d’œil
des techniques vraiment fatales.

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