MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE
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SECRETARIRAT GENERAL
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ECOLE NATIONALE DE SANTE PUBLIQUE
« DOCTEUR COMLAN ALFRED A. QUENUM »
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DIRECTION DES ETUDES ET DES STAGES
EXAMEN DE SYNTHESE SEMESTRE 6 –
LSIO OPTION INFIRMIER - SIO 363 - Durée : 2heures
I. Cas pratique 1
Vous êtes infirmier dans l’unité de soins de réanimation d’un hôpital universitaire.
Au cours d’un staff infirmier, il est ressorti un problème d’apparition précoce des
escarres chez les malades. Vous êtes désigné pour résoudre ce problème.
1. Définition de l’escarre : (2 points)
L'escarre anciennement connue sous l’appellation ‘’gangrène ou ulcère de décubitus ou
encore plaie de pression’’, est une pathologie qui doit son nom au mot grec "eskara" qui
signifie "foyer ". C’est une nécrose cutanée, ischémique, liée à une compression des tissus
(peau et tissus sous-jacents) dont le mécanisme de constitution dominant est la pression
exercée entre le plan osseux et le support sur lequel repose le patient longtemps alité (escarre
de décubitus).
2. Ce que nous allons faire pour résoudre le problème ? (4 points)
2.1. La prévention des escarres :
La prévention de l’escarre est l’acte essentiel à entreprendre systématiquement chez les
malades prédisposés afin de soulager la pression et diminuer les forces de cisaillement :
• Par la réduction de la durée d’appui en changeant de position toutes les deux heures au
moins au fauteuil et toutes les trois h au lit ou plus fréquemment si le risque est élevé.
• Par l’utilisation de dispositifs qui permettent au patient de changer sa position de se
soulever et de se transférer d’une manière autonome (si possible).
• Par l’utilisation d’un support adapté ou des surfaces de soutien (matelas ‘’alternating’’
anti-escarre à gonflement alterné, coussins anti-escarres, anneaux de surélévation)
• Assurer une bonne hygiène corporelle : L’infirmier/SF/MD doit être conscient de
l’importance des soins d’hygiène corporelle dans la prévention des escarres.
• Stimuler ou activer la circulation sanguine : massages/effleurage des zones d’appui.
• Assurer une amélioration de l’état nutritionnel ou une alimentation adéquate (équilibrée,
riche et suffisante)
2.2. Surveillance :
Primordiale car permet de détecter très précocement les signes et le risque et consistera à
observer les zones de pression à chaque changement de position et à prendre en
compte les plaintes du malade.
Attention à une tache brune sur un plâtre, à une mauvaise odeur ou une douleur localisée. Elles
constituent des signes d’alarmes. Il faut alors découper une fenêtre et appliquer les mesures de
prévention ou le pansement de la plaie.
2.3. Traitement curatif et local :
Un des premiers principes du traitement de l’escarre constituant est son dépistage le plus
précoce possible. Le traitement est d’autant plus facile que la lésion est débutante. La propreté
de la région ulcérée et de toute surface cutanée voisine est de première importance dans le
traitement des escarres en tenant compte des différents stades d’évolution :
• Stade 1 (érythème) : appliquer une huile peroxydée, en appoint ou un film adhésif
transparent semi-perméable. Si l’évolution favorable, poursuivre avec la prévention.
• Stade 2 (phlyctène séreuse) : inciser la phlyctène et garder le couvercle s’il, peut être
conservé, surveiller puis l’exciser complètement 8 à 10 jours après, lorsque la réépidermisation
sous-jacente est complète. Dans le cas échéant, traiter la plaie comme une ulcération
superficielle.
Stade 3-4 : Traitement chirurgical (décapage). Exciser soigneusement les nécroses et
éliminer les tissus nécrosés résiduels, contrôler les exsudats, puis nettoyer proprement (à
l’éther ou au sérum physiologique ou à l’eau bouillie tiédie) et appliquer un pansement
antiseptique (Dakin ou Bétadine) quotidiennement. Stimuler le bourgeonnement par l’utilisation
d’antiseptiques gras, d’antalgiques et une antibiothérapie adaptée, un régime alimentaire riche
en protéine, en vitamine A et C pour prévenir la malnutrition.
Stade de reconstitution (apparition de bourgeon charnu) : physiothérapie (exposition à l’air…),
pansement sec ou gras à l’huile de morue (Biafine) ou autres cicatrisants. Cependant ce stade
dure très longtemps et il peut être souvent nécessaire de recourir à des greffes afin d’activer la
cicatrisation.
3. Les personnes que nous allons impliquer dans notre démarche et justification : (4
points)
La survenue d’une escarre indique très souvent un défaut de vigilance et ou une négligence.
L’escarre entraîne le plus souvent une aggravation de l’état ou un retard dans la
convalescence. Par conséquent, la prévention de l’escarre est une exigence de la vigilance en
SIO. Elle doit être pratiquée par tous (patients, famille ou accompagnateurs, et surtout, le
personnel soignant au premier plan). Il est donc indispensable de favoriser la participation du
patient et de son entourage à la prévention des escarres par une information et des actions
éducatives ciblées en fonction du caractère temporaire ou permanent du risque d’escarre (auto-
surveillance, auto-soulèvement).
NB. : Penser également à l’implication des autorités sanitaires et décideurs à travers un
plaidoyer pour l’acquisition de matériel anti-escarre (matelas alternating, coussinets anti-
escarres, anneaux de surélévation…)
II. Cas pratique 2
Dans un centre de santé que vous dirigez, deux infirmiers s’opposent par rapport à la gestion
des soins. En effet, Monsieur XT n’assure pas correctement les soins et ne prend pas les
constantes ; ce que Monsieur TE lui reproche.
1. Le conflit est-il individuel ou organisationnel ? Dites pourquoi. (4 points)
a. Il s’agit ici d’un conflit organisationnel cognitif.
b. Justification : Nous sommes dans une situation dans laquelle les idées ou les pensées
respectives des parties sont perçues comme incompatibles par rapport à la répartition des
tâches de chaque membre de l’équipe de santé.
2. Citez deux effets négatifs et deux effets positifs du conflit (4 points)
a. Effets négatifs : (1 point pour chacun des 2 éléments suivants = 2 points)
- Un conflit peut avoir de graves conséquences négatives et détourner certains efforts de leur
but.
- Un conflit peut entraîner un gaspillage des ressources notamment en temps et en finances.
b. Effets positifs du conflit : (1 point pour chacun des 2 éléments suivants = 2 points)
- Un conflit permet souvent de trouver une solution constructive à un problème.
- Un conflit peut amener les parties intéressées à chercher le moyen de changer leurs
procédures.
- Le processus de résolution d’un conflit engendre souvent des changements positifs à
l’intérieur d’un service (motivation désir de changement changement plus
acceptable).
- Une rivalité qui conduit à un conflit au sujet d’un ou de plusieurs objectifs peut aboutir
quelquefois à des résultats salutaires.
a. Expliquez, comment allez-vous procédez pour résoudre ce conflit ? (2 points)
Il y a deux démarches possibles avec chacune ses étapes : (2 pts pour l’une ou l’autre des
approches suivantes = 2 points)
Démarche N° 1
Les étapes de cette démarche sont les suivantes :
1. Déterminer les faits et la source du conflit
2. Identifier les intérêts et besoins des parties
3. Déterminer les objectifs communs et établir des critères objectifs
4. Développer des pistes possibles d'intervention
5. Sélectionner certaines options
6. Mettre en œuvre les options
7. Evaluer les résultats du processus.
Démarche N° 2
1. Identifier l'intention positive qui se cache derrière chaque prise de position
(communication inavouée)
2. Découvrir un intérêt commun pour les deux parties en litige
3. Rechercher en commun une solution
4. Régler le conflit (écoute séparée les antagonistes ; rechercher des causes réelles du
conflit ; médiation et sondage de volonté de réconciliation ; option de résolution ; vidange de
« l’abcès » par confrontation directe où chacun s’exprime et s’explique avec courage et
franchise).