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Introduction au Calcul Vectoriel

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CALCUL VECTORIEL 127

24. Calcul vectoriel


Prérequis : trigonométrie Requis pour : géométrie analytique

I. Les vecteurs
L’Irlandais Sir William Hamilton (1805-1865) fut l’un des premiers à
utiliser les vecteurs et il est probablement l’inventeur du mot (mot venant
du latin vehere, qui signifie « porter »). L’Allemand Hermann Grassman
(1809-1877) introduisit la notation vectorielle à l’occasion de problèmes
de physique. L’Américain Gibbs (1839-1903) et l’Anglais Heaviside
(1850-1925), disciples de Hamilton, donnent au calcul vectoriel sa forme
quasi définitive, mais ce type de « calcul » met assez de temps à
s’introduire en France. Michel Chasles (1793-1880), avait déjà pressenti
l’importance du sens sur un axe sans aller jusqu’à la notion de vecteur.

En termes simples, un vecteur est une grandeur qui a une intensité, une
William Hamilton (1805-1865) direction et un sens. Il est commode de le représenter par une flèche.
Pour fixer les idées, on peut penser aux flèches indiquant la direction et la
force du vent sur les cartes météorologiques. Les vecteurs sont
Notation particulièrement utilisés en physique, par exemple pour représenter la
Les vecteurs seront écrits en gras (par force, la vitesse, l’accélération, etc. Ils sont à différencier des scalaires
exemple v). (le temps, la température) qui ont une intensité mais pas de direction.
r
Une autre notation usuelle est v .

U Deux vecteurs v et w sont égaux s’ils ont la même intensité (longueur),


Q la même direction et le même sens. Par exemple, les trois vecteurs de la
figure ci-contre sont égaux, même s’ils ont des points initiaux et
terminaux différents. Ces trois flèches représentent donc le même
T S
vecteur. On peut ainsi penser à un vecteur en terme de flèche, en gardant
P
à l’esprit que cette flèche « flotte » dans le plan, c’est-à-dire qu’elle n’a
pas de point fixe.
R Le vecteur qui a une longueur de 0 est appelé vecteur nul et est noté 0.

→ 
→ 
→ Le vecteur nul n’a évidemment pas de direction, donc pas de sens.
v = PQ = RS = TU

Point terminal de w Addition de vecteurs


La somme v+w de deux vecteurs est définie comme suit: on met les deux
vecteurs bout à bout de sorte que le point terminal de v coïncide avec le
w
v+ w point initial de w. Le vecteur u=v+w relie le point initial de v au point
u= terminal de w.
v

Point initial de v
Les quatre propriétés de d’addition

i. L’addition de vecteurs est commutative. Cela signifie que, si v et w


v sont des vecteurs, alors

w
w =v+ w v +w =w +v
u
Remarquez que la propriété de commutativité est une autre façon de
v dire que les côtés opposés d’un parallélogramme sont égaux et
parallèles.

DM - LCP - 2001
128 CHAPITRE 24

ii. L’addition de vecteurs est aussi associative. Cela veut dire que, si u,
v+w v et w sont des vecteurs, alors

(u + v ) + w = u + (v + w)
u w
v
iii. L’addition a un élément neutre : le vecteur nul. En effet :
u+v
v+0=0+v=v

iv. Enfin, si v est un vecteur, alors –v est le vecteur ayant la même


v direction et la même intensité que v, mais de sens opposé à v. Donc
-w

w v + (–v ) = 0
-w
v-w
La différence v–w de deux vecteurs est définie comme

v – w = v + (–w)

Multiplication d’un vecteur par un scalaire


Quand on manipule des vecteurs, on utilise le mot « scalaire » à la place
de « nombre réel ». Les scalaires sont souvent désignés par une lettre
grecque.

Si α est un scalaire et v un vecteur, alors le produit αv est défini comme


suit :

1. Si α > 0, alors le produit αv est le vecteur dont l’intensité a α fois


v -1.5 v l’intensité de v et dont le sens est le même que v.
2v 2. Si α < 0, alors le produit αv est le vecteur dont l’intensité a α fois
l’intensité de v et dont le sens est l’opposé de celui de v.
3. Si α = 0 ou si v = 0, alors le produit αv est le vecteur nul.

Propriétés du produit
w)
αv α(v+ 0v = 0 1v = v -1v = -v

v v+w (α+β)v = αv + βv α(v+w) = αv + αw

w αw α(βv) = (αβ)v

Utilisez les vecteurs de la figure ci-contre pour dessiner les vecteurs


Exercice 1@ suivants :

a. v+w
b. u +v
w u c. 3v
d. 4w
e. v –w
[Link]/lcp/madimu
f. u –v
v g. 3(v + u) – 2w
h. 2u – 3v + w

DM - LCP - 2001
CALCUL VECTORIEL 129

Utilisez la figure ci-contre pour répondre aux questions ci-dessous :


Exercice 2
B a. Que vaut x, sachant que x+B =F ?
b. Que vaut x, sachant que x+D=E ? Donnez trois possibilités.
F C c. Exprimez C par rapport à E, D et F.
A K d. Exprimez G par rapport à C, D, E et K .
e. Exprimez E par rapport à G, H et D.
G H
f. Exprimez E par rapport à A, B, C et D.
E D g. Que vaut x, sachant que x=A+B+K+G ?
h. Que vaut x, sachant que x=A+B+C+H ?

Quels que soient les points A, B, C, O du plan, on a les trois relations


suivantes :


→ 
→ 
→
1. AB + BC = AC (Relation de Chasles)

→ 
→
2. − AB = BA

→ 
→ 
→
3. AB = OB − OA

La relation 3 se déduit des deux premières. Saurez-vous le faire ?


Michel Chasles (1793-1880)

Soient A, B, C, D et E cinq points quelconques du plan. Simplifiez au


Exercice 3 maximum les expressions suivantes (sans faire de dessin) :
→ 
→ 
→ → 
→ 
→ 
→ 
→ 
→
Réponses : a = AC + DC a = BC + DE + DC + AD+ EB
→ 
→ → 
→ 
→ 
→
b = DC b = AC − BD − AB
r r → 
→ 
→ 
→ 
→
c =0 c = EC − ED + CB − DB

Soient trois points A, B et C non alignés. Soit le point G défini par la


Exercice 4 →  →  → r
relation GA + GB + GC = 0 . Démontrez que pour tout point M du plan,

→ 
→ 
→ 
→
on a la relation MA+ MB+ MC = 3MG .

Représentation des vecteurs dans le plan


y On utilise un système de coordonnées rectangulaires pour représenter les
vecteurs dans le plan. Appelons i un vecteur unité dont la direction est
P(a,b) celle de l’axe Ox et j un vecteur unité dont la direction est celle de l’axe
b
bj Oy.
ai +
v= bj En deux dimensions, les deux vecteurs i et j forment ce que l’on appelle
j la base canonique. Elle est orthonormée, c’est-à-dire que les deux
0 i ai a x vecteurs sont orthogonaux et de norme 1.
Si v est un vecteur ayant son point initial à l’origine O et son point
terminal en P(a,b), alors on peut représenter v comme combinaison des
Pour abréger la notation, on écrit :
vecteurs i et j :
 1  0  a  a
i =  0 , j =  1  et v =  b  v = ai + bj =  b
       

Les scalaires a et b sont appelés les composantes du vecteur v = ai + bj,


Exemple avec a étant la composante dans la direction i et b la composante dans la
 1  0  5 direction j.
v = 5i + 3j= 5 0 +3  1  =  3
     
En n dimensions, les vecteurs ont n composantes.

DM - LCP - 2001
130 CHAPITRE 24

Théorème 1 Supposons qu’un vecteur v a pour point initial P1 (x1 ,y1 ) et comme point
terminal P2 (x2 ,y2 ). On a alors :
y → x −x
P 2(x2,y2) v = P1P2 =(x 2 –x1 )i + (y 2 –y1 )j =  y2 − y1 
 2 1

(y2-y1) j
v
P 1=(x1,y1) Pour s’en convaincre, on peut comparer les deux figures ci-contre. Les
deux triangles sont égaux ; on a simplement translaté le second vers la
j (x2-x1) i droite et en haut. Comme la base utilisée est la même, on a clairement
0 i x a = x2 – x1 et b = y2 – y1 (voir l’exemple en bas à gauche).

Théorème 2 Deux vecteurs v et w sont égaux si et seulement si leurs composantes


correspondantes sont égales.

Soit le vecteur v ayant comme point initial P et comme point terminal Q.


Exercice 5  a
Écrivez v sous la forme v = ai + bj et sous la forme v =  b .
Réponses  
 3  2
a. v =3i +4j =  4 b. v=2i+4j =  4 a. P(0; 0) ; Q(3; 4)
    b. P(3; 2) ; Q(5; 6)
8  3
c. v=8i–j =  −1 d. v=3i–7j =  −7 c. P(–2; –1) ; Q(6; –2)
    d. P(–3; 7) ; Q(0;0)

Nous pouvons à présent définir l’addition, la soustraction et le produit en


Exemple utilisant les composantes d’un vecteur.
Soient v = a1 i + b1 j et w = a2 i + b2 j deux vecteurs et λ un scalaire.
y
Alors :
-w 2v
v-w  a +a 
v w v + w = (a1 + a2 )i + (b1 + b2 )j =  b1 + b2 
 1 2
 a −a 
v+w v − w = (a1 − a2 )i + (b1 − b2) j =  b1 − b2 
j  1 2
0 i x  λa1
λv = (λa1 )i + (λb1)j =  λb 
 1
 4 2
v =  2 w =  −2
   

 4  2   6 Norme d’un vecteur


v + w =  2 +  −2 =  0
     
Si v est un vecteur, on utilise le symbole v pour représenter la norme de
 4  −2  2 v. Puisque v est égale à la longueur du vecteur, il suit que v a les
v − w = v + (−w) =  2  +  2  =  4
      propriétés suivantes :
Soit v un vecteur et λ un scalaire, alors
 4  8
2v = 2 2 =  4 (a) v ≥ 0
   
(b) v = 0 si et seulement si v = 0
v = 4 2 + 2 2 = 20 = 2 5 (c) −v = v
(d) λv = λ ⋅ v
2v = 82 + 4 2 = 2 42 + 2 2 = 4 5 (e) v + w ≤ v + w (inégalité du triangle)
w = 22 + (−2)2 = 8 = 2 2
Un vecteur v pour lequel la norme v =1 est appelé un vecteur unité
(ou unitaire).

Dans le plan muni d’un système orthonormé, on a :


Les quatre termes suivants sont
synonymes :
v = a12 +b12
norme, intensité, longueur, module.

DM - LCP - 2001
CALCUL VECTORIEL 131

 3  −2
Exercice 6@ Faites les calculs ci-dessous en utilisant v =  −5  et w =  3  .
   
Réponses a. v+w b. w –v
 1  −5  −15 c. –5 v d. v
a.  −2 b.  8  c.  25 
      e. 2v + 3w f. 3v – 2w
0  13  g. v− w h. v − w
d. 34 e.  −1 f.  −21
    i. le vecteur unité de direction v
1  3
g. 89 h. 2.2254 i.  
34  −5

Théorème 3 Pour tout vecteur non nul, le vecteur


1
u= v
v

est un vecteur unité qui a la même direction et le même sens que v.

Preuve Soit v = ai + bj. Alors v = a 2 + b 2 et


v ai + bj a b
u= = = i+ j.
v a +b a +b a + b2
2 2 2 2 2

Le vecteur u a la même direction et le même sens que v, puisque


v > 0 et que a et b sont divisés par le même nombre. De plus
On peut rendre unitaire n’importe quel
vecteur (non nul) en le multipliant par a2 b2 a2 + b2
u = 2 + 2 = =1
l’inverse de sa norme. a +b
2
a + b2 a2 + b2
Donc u est bien un vecteur unité de direction v.

Trouvez un vecteur v dont la norme est égale à 4 et dont la composante


Exercice 7 dans la direction i est deux fois plus grande que la composante dans la
4  2
Rép. v = ±   direction j.
5 1 

a. Trouvez un vecteur v incliné de 32° par rapport à l’horizontale et dont


Exercice 8* la norme est égale à 7.
 5.936 8  −1
Rép. v ≅  3.709 w =   b. Trouvez un vecteur w de direction –i + 3j et dont la norme est égale à
  10  3  8.

Applications
Les forces fournissent un exemple de quantités physiques qui peuvent
être représentées avantageusement par des vecteurs ; en effet deux forces
se combinent comme deux vecteurs s’additionnent. Comment savons-
nous cela ? Ce sont des expériences de laboratoire qui ont corroboré cette
hypothèse. Ainsi, si deux forces (ou vitesses) F 1 et F 2 agissent simultané-
ment sur un objet, le vecteur somme F 1 +F 2 produit le même effet.
La force F 1 +F 2 est parfois appelée la résultante de F 1 et F 2 .

D’après ses instruments de bord, un avion se déplace à 500 km/h dans la


Exercice 9 direction est. Si le vent souffle à une vitesse de 60 km/h dans la direction
Rép. 459.54 km/h du nord-ouest, déterminez la vitesse de l’avion par rapport au sol.

Vu du sol, un avion se déplace vers le nord-ouest à une vitesse constante


Exercice 10 de 250 miles par heure, poussé par un vent d’est de 50 miles par heure.
Rép. 217.54 mph Quelle serait la vitesse de l’avion s’il n’y avait plus de vent ?

DM - LCP - 2001
132 CHAPITRE 24

II. Le produit scalaire


La définition du produit scalaire est quelque peu inattendue. En effet, le
résultat de ce produit de deux vecteurs sera un scalaire (d’où son
nom)! Cependant, le produit scalaire a une signification dans de
nombreuses applications géométriques et physiques.

Définition du produit scalaire Si v=a1 i + b1 j et w=a2 i + b 2 j sont deux vecteurs, alors le produit scalaire
v·w est défini ainsi :

v ⋅ w = a1 a2 + b1b2 (1)

Exemples Soient v = 2i – 3j et w = 5i + 3j deux vecteurs. Trouvez :


a. v·w b. w·v c. v·v
d. w·w e. v f. w

Solutions a. v·w = 2·5 + (–3)·3 = 1 b. w·v = 5·2 + 3·(–3) = 1


c. v·v = 2·2 + (–3)·(–3) = 13 d. w·w = 5·5 + 3·3 = 34
Que remarquez-vous ? v = 2 + (−3) = 13 w = 52 + 32 = 34
2 2
e. f.

Propriétés du produit scalaire


Les résultats obtenus dans l’exemple ci-dessus suggèrent quelques
propriétés générales.

Théorème 4 Si u, v et w sont des vecteurs, alors

Commutativité u·v = v·u (2)


Distributivité u·(v+w) = u·v + u·w (3)
v·v = v 2 (4)
0·v = 0 (5)
La démonstration de ces propriétés est (λ·v )·w = λ·(v·w) (6)
laissée en exercice.

Angle entre deux vecteurs


Le produit scalaire permet entre autres de mesurer l’angle compris entre
deux vecteurs.
u u-v Soient u et v deux vecteurs ayant le même point initial A. Les vecteurs u,
v et u–v forment un triangle. C’est l’angle θ au point A que l’on appelle
l’angle compris entre les vecteurs u et v (voir dessin ci-contre).
v Les côtés du triangle ont pour longueurs u , v et u −v . Le théorème
A du cosinus nous dit :
u −v = u + v − 2 u v cos θ
2 2 2

Nous pouvons utiliser la propriété (4) pour réécrire cette formule en


termes de produit scalaire :
(u− v) ⋅(u− v) = u ⋅u + v⋅ v − 2 u v cos θ (7)
Le côté gauche de l’équation peut se réécrire ainsi, grâce à la propriété
(3) :
(u–v)·(u–v) = u·(u-v) – v·(u-v)
= u·u – u·v – v·u + v·v
= u·u + v·v – 2 u·v (8)

DM - LCP - 2001
CALCUL VECTORIEL 133

En combinant les équations (7) et (8), nous obtenons :


u·u + v·v – 2 u·v = u·u + v·v – 2 u v cosθ
ce qui donne, après simplification :
u·v = u v cosθ

Nous pouvons maintenant énoncer le théorème suivant :

Théorème 5 Si u et v sont deux vecteurs non nuls, l’angle θ, 0 ≤ θ ≤ π, compris entre


Angle entre deux vecteurs les vecteurs u et v est déterminé par la formule :

Remarque u ⋅v
cos θ= (9)
u ⋅v u v
cos θ= donne l’angle aigu
u v

Calculez le produit scalaire v ·w et l’angle aigu entre v et w.


Exercice 11
1  −1
a. v = i – j, w = i + j b. v =  1 , w =  1 
Réponses    
a. 0 ; 90˚ b. 0 ; 90˚  2  1
c. v = 2i + j, w = i + 2j d. v =  2 , w =  2 
c. 4 ; 36.87˚ d. 6 ; 18.43˚    
e. v = 3i + 4j, w = 4i + 3j f. v = 3i – 4j, w = i + j
e. 24 ; 16.26˚ f. –1 ; 81.87˚
 1 4 
g. 7 ; 8.13˚ h. 0 ; 90˚ g. v =  −1 , w =  −3 h. v = i, w = –3j
   

Vecteurs parallèles et vecteurs orthogonaux


Deux vecteurs v et w sont parallèles (on dit aussi colinéaires) s’il existe
un scalaire non nul λ tel que v = λw.

Exemple Les vecteurs v = 3i – j et w = –6i + 2j sont parallèles, puisqu’on peut


écrire v = –0.5 w. On aurait aussi pu voir que
v⋅ w −18 − 2 −20
cos θ= = = = −1
v w 10 40 400
ce qui implique que l’angle est θ entre v et w est de π.

Terminologie Si l’angle entre deux vecteurs non nuls v et w vaut π/2, les vecteurs sont
Orthogonal, perpendiculaire et normal dits orthogonaux. Il suit de la formule (9) que si v et w sont orthogonaux,
sont trois termes pour dire « se croisent alors v·w = 0, puisque cos(π/2)=0.
selon un angle droit ». Il est coutumier À l’inverse, si v·w = 0, cela signifie que soit v = 0, soit w = 0, soit enfin
de dire que deux vecteurs sont cos(θ) = 0. Dans le dernier cas, θ = π/2 et donc v et w sont orthogonaux.
orthogonaux, deux droites sont
perpendiculaires et qu’une droite ou Puisque le vecteur nul n’a pas de direction, on utilise comme convention
un vecteur et un plan sont normaux. que le vecteur nul est orthogonal à tous les autres vecteurs.

Théorème 6 Deux vecteurs v et w sont orthogonaux si et seulement si v·w = 0.

Trouvez a tel que l’angle entre v = ai – j et w = 2i + 3j soit π/2.


Exercice 12
Rép. a = 3/2

Généralisez à trois dimensions les formules (1) et (9) et calculez l’angle


Exercice 13 1  −3 
Rép. env. 83.5° aigu entre les vecteurs v =  −2 et w =  0  .
   
1  2

DM - LCP - 2001
134 CHAPITRE 24

Projection d’un vecteur sur un autre vecteur


Dans beaucoup d’applications physiques, il est nécessaire de savoir
F1 « quelle fraction » d’un vecteur est appliquée dans une direction donnée.
Regardez la figure ci-contre. La force F due à la gravité attire le bloc vers
F2 le centre de la Terre. Pour étudier l’effet de la gravité sur le bloc, il faut
décomposer la force F en deux forces F 1 et F 2 , F 1 étant une force dont la
F direction est parallèle au plan incliné et qui fait glisser le bloc (si le
frottement n’est pas trop fort), F 2 étant une force normale au plan incliné
qui plaque le bloc contre la surface.
Soient v et w deux vecteurs non nuls ayant la même origine P. Nous
cherchons à décomposer v en deux vecteurs : v 1 qui sera parallèle à w et
v 2 qui sera orthogonal à w. Le vecteur v 1 est appelé le vecteur projection
v de v sur w et est noté proj wv.
v2
Le vecteur v 1 est obtenu comme suit : du point terminal de v, tirer une
perpendiculaire à la droite contenant w. Le vecteur v 1 a pour point initial
P w P et pour point terminal le pied de la perpendiculaire. Le vecteur v 2 est
v1
donné par v 2 =v –v 1 .
Maintenant nous cherchons une formule pour v 1 basée sur v et w.
Comme v=v 1 +v 2 , nous avons :

v2 v·w = (v 1 +v 2 )·w = v 1 ·w+v 2 ·w (10)


v

Puisque v 2 est orthogonal à w, nous avons v 2 ·w = 0. De plus, comme v 1


v1 P w est parallèle à w, nous avons v 1 = λw, λ étant un scalaire dont nous allons
chercher la valeur. Ainsi, l’équation (10) peut se réécrire :
v·w = λw·w = λ w 2
v = v1 + v 2
v⋅ w
λ=
w2
Donc
v⋅w
v 1 = λw = w
w2

Théorème 7 Soient v et w deux vecteurs non nuls, le vecteur projection de v sur w


est :
v ⋅w
(v1 =) proj w v = w (11)
w2

Décomposez v en deux vecteurs v 1 et v 2 , où v 1 est parallèle à w et v 2


Exercice 14 orthogonal à w.
Réponses
a. v = 2i – 3j, w =i –j
5  1 1 1
a. v 1 =  −1 v2 = −  1 b. v = –3i + 2j, w = 2i + j
2  2  c. v = i – j, w = i + 2j
4  2 7  −1
b. v 1 =−  1 v2 =  2 d. v = 2i – j, w = i – 2j
5  5 
1  1 3  2 Que remarquez-vous en comparant les composantes de v 1 et v 2 ?
c. v 1 =−  2 v2 =  −1
5  5 
4 1 3  2
d. v 1 =  −2 v2 =  1
5  5 

DM - LCP - 2001
CALCUL VECTORIEL 135

Un bateau à moteur veut atteindre le point de la rive opposée situé


Exercice 15 exactement en face de lui. La vitesse du courant est de 3 km/h. Le bateau
Réponses est capable de maintenir une vitesse constante de 20 km/h. Selon quel
8.63 degrés angle par rapport à la ligne directe doit être dirigé le bateau pour qu’il
1.52 minutes atteigne son objectif ? Si la rivière a une largeur de 0.5 km, combien de
temps durera la traversée ?

Soit un plan incliné à 27˚. On pose sur ce plan une voiture miniature qui
Exercice 16 est attirée avec une force de 12 N vers le centre de la Terre.
Réponses a. Décomposez ce vecteur-force F en un vecteur-force F 1 parallèle au
 −4.854  4.854  plan incliné et en un vecteur-force F 2 perpendiculaire au plan incliné.
a. F1 =  −2.473 F2 =  −9.527 
    b. On attache une ficelle à l’arrière de la voiture. En supposant qu’il n’y
b. 5.44 N ait pas de frottement, quelle force (en N) faut-il exercer pour retenir le
jouet ?

Travail d’une force


Première définition du travail Considérons un mobile décrivant une trajectoire rectiligne d’un point A à
un point B. Soit F une force constante s’exerçant sur ce mobile.
En physique élémentaire, le travail W d’une force F sur le chemin AB est
le produit de l’intensité de la force par la longueur du chemin :
W = F ⋅d où d est la distance de A à B. (12)

L’unité de travail est le joule (1 J = 1 N · 1 m).

F Dans définition ci-dessus, on a supposé que la force est appliquée le long


de la ligne de déplacement. Si la force forme un angle avec la direction
du mouvement, alors le travail est défini à l’aide du produit scalaire de
A B deux vecteurs :

→
Deuxième définition du travail W = F ⋅ d où d est le vecteur AB . (13)
Cette deuxième définition est bien compatible avec la première définition
travail = force longueur, puisque
F⋅d
W = projd F ⋅ d = d ⋅ d = F⋅d (14)
d2

Attention ! Remarquez bien que dans la deuxième définition, on a affaire


à un produit scalaire de deux vecteurs alors que dans la première
définition, on avait simplement un produit de deux nombres.

On tire un wagonnet sur un terrain plat en exerçant sur lui une force de 20
Exercice 17 kilos selon un angle de 30˚ avec l’horizontale. Quel est le travail effectué
Rép. 1732 kg·m = 16991 J si l’on déplace ce wagonnet sur une distance de 100 mètres ?

Trouvez le travail effectué par une force de trois Newton agissant selon la
Exercice 18 direction 2i+j et déplaçant un objet de deux mètres de (0, 0) à (0, 2).
Rép. 2.68 J

Trouvez l’angle aigu qu’un vecteur-force unité fait avec la partie positive
Exercice 19 de l’axe des x si le travail effectué par cette force (constante) pour
Rép. 60˚ déplacer un objet de (0, 0) à (4, 0) est de 2.

DM - LCP - 2001
136 CHAPITRE 24

III. Combinaison linéaire de vecteurs


Définition Soit S = (v 1 , v 2 , ..., v n) un ensemble de n vecteurs.
On appelle combinaison linéaire des n vecteurs tout vecteur v tel que:
v = λ1 v 1 + λ2 v 2 + ... + λn v n

avec les λi ∈ IR.


Les λi sont appelées les composantes scalaires.

Indépendance linéaire Les vecteurs v i sont linéairement indépendants si le seul moyen d’obte-
nir le vecteur nul par une combinaison linéaire des v i est de poser λi = 0
∀i .

 2  −4
Exemples v =  1 et w =  −2 sont linéairement dépendants puisque 2v + w = 0.
   
 2  5
v =  1 et w =  3 sont linéairement indépendants.
   

Les vecteurs suivants sont-ils linéairement indépendants ?


Exercice 20
Réponse  1  −1  −1
a =  2 , b =  0  , c =  2 
non, car a+2b–c=0      
 3  1  5

Montrez comment utiliser les déterminants 2x2 (resp. 3x3) pour montrer
Exercice 21 que 2 vecteurs du plan (resp. 3 vecteurs l’espace) sont linéairement
indépendants. Testez votre méthode sur l’exercice 20.

IV. Base vectorielle


Définition Une base vectorielle B est une famille de vecteurs linéairement
indépendants qui permet l’écriture de tout vecteur de l’espace de
Attention ! L’ordre des vecteurs de la manière unique comme combinaison linéaire des vecteurs de la famille.
base est important. Les coefficients de cette combinaison linéaire sont appelés composantes
scalaires de u dans la base B.

Propriétés • Pour un espace donné, toutes les bases ont le même nombre d’éléments.
Ce nombre est appelé dimension de l’espace. Dans le plan, une base est
un ensemble de deux vecteurs non colinéaires ; dans l’espace à 3
dimensions, une base est un triplet de vecteurs non coplanaires.

• Le vecteur nul ne fait jamais partie d’une base. En effet, le vecteur nul
est linéairement dépendant de tous les autres, puisque 0·v=0.
[Link]/lcp/madimu

 −5  1 3
Exercice 22 Dans IR2 , on donne les vecteurs a =  2  , b =  6 , c =  −4 .
     
Réponses a. L’ensemble S = (a ) est-il une base de IR2 ?
a. non, il faut deux vecteurs b. L’ensemble T = (a, b) est-il une base de IR2 ?
b. oui, car a et b sont lin. indépendants c. L’ensemble U = (a, b, c) est-il une base de IR2 ?
c. non, il y a un vecteur de trop

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CALCUL VECTORIEL 137

1   0  1 1  −1
Exercice 23 Soient les vecteurs i =  0 , j =  1  , a =  −2  , b =  1 et v =  −2 .
         
Note Dessinez les quatre premiers vecteurs sur un quadrillage, puis dessinez
v ( i,j ) signifie que le vecteur v est (sans calculs préalables) les vecteurs v ( i,j ) , v ( j,i ) , v ( a, b ) , v ( i,b) , v ( j,a) .
exprimé dans la base (i, j).

Soit (i, j) une base du plan, ainsi que les vecteurs


Exercice 24
a = 3i + 7j b = i – 5j c = –2i + 3j.
Réponses
a. (-22/7, -23/7) b. (-7/23, -22/23) Calculez les composantes scalaires de
c. (-23/22, -7/22) d. (-7/22, -23/22) a. a dans la base (c, b) b. b dans la base (a, c)
e. (1, 0) f. (-7/23, 3/23) c. c dans la base (b, a) d. c dans la base (a, b)
g. (23/3, -2/3) e. a dans la base (a, b) f. i dans la base (c, a)
g. c dans la base (j, a)

V. Coordonnées d’un point dans un repère


Définition On appelle repère du plan tout ensemble constitué d’un point arbitraire
fixe (origine) et d’une base. On notera ce repère {O, (i, j)}, où O est
l’origine et i et j sont les vecteurs de la base.
j
Si i et j ont une norme de 1 et qu’ils sont orthogonaux, on dit que le
repère est orthonormé.
O i

Sauf indication contraire, nous travaillerons toujours dans un repère


orthonormé.

On a défini un certain nombre d’opérations pour travailler avec des


vecteurs et on aimerait en faire de même avec des points. La solution
consiste à trouver une correspondance entre un point et un vecteur. On
aura ainsi :
→  x

P(x;y) ⇔ OP =  y
 

Définition On appelle coordonnées d’un point P dans un repère {O, (i, j)} les

→
composantes du vecteur OP dans la base (i, j).

Dans le plan, les coordonnées du point P dans le repère {O, (i, j)} sont
P (x;y) les nombres réels x et y tels que

→  1  0
OP = x·i + y·j , la plupart du temps avec i =  0 et j =  1 
   
On écrit P(x ; y).
j
O i Dans l’espace, les coordonnées du point P dans le repère {O, (i, j, k)}
sont les nombres réels x , y et z tels que
→  1  0  0
OP = x·i + y·j + z·k, très souvent avec i =  0 , j =  1 et k =  0
     
 0 0  1
On écrit P(x ; y ; z).

DM - LCP - 2001
138 CHAPITRE 24

Terminologie La première coordonnée x est appelée abscisse du point P.


La deuxième coordonnée y est appelée ordonnée du point P.
Dans l’espace, la troisième coordonnée z est appelée cote du point P.

Exercice 25 On donne les points A(1 ; 1), B(–2 ; 1), C(–2 ; –1) et D(1 ; –1). Dessinez
ces quatre points sur une feuille quadrillée si…

 1  0
a. i =  0 et j =  1  .
   
 1  −1
b. i =  −1 et j =  3  .
   
 0  1
c. i =  1 et j =  0  .
   

Coordonnées du milieu d’un segment


Définition On appelle milieu d’un segment AB le point M tel que:

→ 
→ →
MA+ MB = 0

Les coordonnées du milieu M de AB Soient A(xA; y A) et B(xB; y B). En résolvant l’équation ci-dessus, on trouve
sont les moyennes arithmétiques des que le milieu de AB est le point
coordonnées des extrémités du vecteur  x + xB y + yB 

→ M A ; A 
AB .  2 2 

Coordonnées du centre de gravité d’un triangle


Soient les points A(xA; yA), B(xB; y B) et C(xC ; yC ). Le centre de gravité G
La formule ci-contre est obtenue en du triangle ABC a pour coordonnées
résolvant l’équation :
 x + xB + x C y + y B + yC 

→ 
→ 
→ → G A ; A 
GA + GB + GC = 0  3 3 

a. Construire les points A, B, C et D définis par


Exercice 26 
→ 
→ 
→ 
→
OA = 2i + 3j, OB =− 4i − 3j , OC =− 4j, OD = 2i − 3j
Réponses
b. Calculez les coordonnées du milieu de AC et du milieu de BD.
b. milieu de AC : E(1 ; –0.5), c. Calculez le centre de gravité du triangle ABC.
milieu de BD : F(–1 ; –2.37). d. Calculez les coordonnées du point N tel que
c. (–2/3 ; –4/3) →  →  →  → r
d. N(0 ; –1.43) NA + NB + NC + ND = 0

On donne les points A(2 ; 3), B(–3 ; 1) et C(8 ; –1).


Exercice 27 a. Calculez les coordonnées du point D tel que ABCD soit un parallélo-
Réponses gramme. Calculez les coordonnées du centre I du parallélogramme
a. D(13 ; 1), I(5 ; 1) ABCD.
b. E1 (0 ; –1), E2 (0 ; –21/5) b. Déterminez le(s) point(s) E de l’axe des ordonnées tel(s) que ABEC
soit un trapèze.

DM - LCP - 2001

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