Introduction au Calcul Vectoriel
Introduction au Calcul Vectoriel
I. Les vecteurs
L’Irlandais Sir William Hamilton (1805-1865) fut l’un des premiers à
utiliser les vecteurs et il est probablement l’inventeur du mot (mot venant
du latin vehere, qui signifie « porter »). L’Allemand Hermann Grassman
(1809-1877) introduisit la notation vectorielle à l’occasion de problèmes
de physique. L’Américain Gibbs (1839-1903) et l’Anglais Heaviside
(1850-1925), disciples de Hamilton, donnent au calcul vectoriel sa forme
quasi définitive, mais ce type de « calcul » met assez de temps à
s’introduire en France. Michel Chasles (1793-1880), avait déjà pressenti
l’importance du sens sur un axe sans aller jusqu’à la notion de vecteur.
En termes simples, un vecteur est une grandeur qui a une intensité, une
William Hamilton (1805-1865) direction et un sens. Il est commode de le représenter par une flèche.
Pour fixer les idées, on peut penser aux flèches indiquant la direction et la
force du vent sur les cartes météorologiques. Les vecteurs sont
Notation particulièrement utilisés en physique, par exemple pour représenter la
Les vecteurs seront écrits en gras (par force, la vitesse, l’accélération, etc. Ils sont à différencier des scalaires
exemple v). (le temps, la température) qui ont une intensité mais pas de direction.
r
Une autre notation usuelle est v .
Point initial de v
Les quatre propriétés de d’addition
w
w =v+ w v +w =w +v
u
Remarquez que la propriété de commutativité est une autre façon de
v dire que les côtés opposés d’un parallélogramme sont égaux et
parallèles.
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ii. L’addition de vecteurs est aussi associative. Cela veut dire que, si u,
v+w v et w sont des vecteurs, alors
(u + v ) + w = u + (v + w)
u w
v
iii. L’addition a un élément neutre : le vecteur nul. En effet :
u+v
v+0=0+v=v
w v + (–v ) = 0
-w
v-w
La différence v–w de deux vecteurs est définie comme
v – w = v + (–w)
Propriétés du produit
w)
αv α(v+ 0v = 0 1v = v -1v = -v
w αw α(βv) = (αβ)v
a. v+w
b. u +v
w u c. 3v
d. 4w
e. v –w
[Link]/lcp/madimu
f. u –v
v g. 3(v + u) – 2w
h. 2u – 3v + w
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CALCUL VECTORIEL 129
→
→
→
1. AB + BC = AC (Relation de Chasles)
→
→
2. − AB = BA
→
→
→
3. AB = OB − OA
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130 CHAPITRE 24
Théorème 1 Supposons qu’un vecteur v a pour point initial P1 (x1 ,y1 ) et comme point
terminal P2 (x2 ,y2 ). On a alors :
y → x −x
P 2(x2,y2) v = P1P2 =(x 2 –x1 )i + (y 2 –y1 )j = y2 − y1
2 1
❏
(y2-y1) j
v
P 1=(x1,y1) Pour s’en convaincre, on peut comparer les deux figures ci-contre. Les
deux triangles sont égaux ; on a simplement translaté le second vers la
j (x2-x1) i droite et en haut. Comme la base utilisée est la même, on a clairement
0 i x a = x2 – x1 et b = y2 – y1 (voir l’exemple en bas à gauche).
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CALCUL VECTORIEL 131
3 −2
Exercice 6@ Faites les calculs ci-dessous en utilisant v = −5 et w = 3 .
Réponses a. v+w b. w –v
1 −5 −15 c. –5 v d. v
a. −2 b. 8 c. 25
e. 2v + 3w f. 3v – 2w
0 13 g. v− w h. v − w
d. 34 e. −1 f. −21
i. le vecteur unité de direction v
1 3
g. 89 h. 2.2254 i.
34 −5
Applications
Les forces fournissent un exemple de quantités physiques qui peuvent
être représentées avantageusement par des vecteurs ; en effet deux forces
se combinent comme deux vecteurs s’additionnent. Comment savons-
nous cela ? Ce sont des expériences de laboratoire qui ont corroboré cette
hypothèse. Ainsi, si deux forces (ou vitesses) F 1 et F 2 agissent simultané-
ment sur un objet, le vecteur somme F 1 +F 2 produit le même effet.
La force F 1 +F 2 est parfois appelée la résultante de F 1 et F 2 .
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Définition du produit scalaire Si v=a1 i + b1 j et w=a2 i + b 2 j sont deux vecteurs, alors le produit scalaire
v·w est défini ainsi :
v ⋅ w = a1 a2 + b1b2 (1)
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CALCUL VECTORIEL 133
Remarque u ⋅v
cos θ= (9)
u ⋅v u v
cos θ= donne l’angle aigu
u v
Terminologie Si l’angle entre deux vecteurs non nuls v et w vaut π/2, les vecteurs sont
Orthogonal, perpendiculaire et normal dits orthogonaux. Il suit de la formule (9) que si v et w sont orthogonaux,
sont trois termes pour dire « se croisent alors v·w = 0, puisque cos(π/2)=0.
selon un angle droit ». Il est coutumier À l’inverse, si v·w = 0, cela signifie que soit v = 0, soit w = 0, soit enfin
de dire que deux vecteurs sont cos(θ) = 0. Dans le dernier cas, θ = π/2 et donc v et w sont orthogonaux.
orthogonaux, deux droites sont
perpendiculaires et qu’une droite ou Puisque le vecteur nul n’a pas de direction, on utilise comme convention
un vecteur et un plan sont normaux. que le vecteur nul est orthogonal à tous les autres vecteurs.
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CALCUL VECTORIEL 135
Soit un plan incliné à 27˚. On pose sur ce plan une voiture miniature qui
Exercice 16 est attirée avec une force de 12 N vers le centre de la Terre.
Réponses a. Décomposez ce vecteur-force F en un vecteur-force F 1 parallèle au
−4.854 4.854 plan incliné et en un vecteur-force F 2 perpendiculaire au plan incliné.
a. F1 = −2.473 F2 = −9.527
b. On attache une ficelle à l’arrière de la voiture. En supposant qu’il n’y
b. 5.44 N ait pas de frottement, quelle force (en N) faut-il exercer pour retenir le
jouet ?
On tire un wagonnet sur un terrain plat en exerçant sur lui une force de 20
Exercice 17 kilos selon un angle de 30˚ avec l’horizontale. Quel est le travail effectué
Rép. 1732 kg·m = 16991 J si l’on déplace ce wagonnet sur une distance de 100 mètres ?
Trouvez le travail effectué par une force de trois Newton agissant selon la
Exercice 18 direction 2i+j et déplaçant un objet de deux mètres de (0, 0) à (0, 2).
Rép. 2.68 J
Trouvez l’angle aigu qu’un vecteur-force unité fait avec la partie positive
Exercice 19 de l’axe des x si le travail effectué par cette force (constante) pour
Rép. 60˚ déplacer un objet de (0, 0) à (4, 0) est de 2.
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136 CHAPITRE 24
Indépendance linéaire Les vecteurs v i sont linéairement indépendants si le seul moyen d’obte-
nir le vecteur nul par une combinaison linéaire des v i est de poser λi = 0
∀i .
2 −4
Exemples v = 1 et w = −2 sont linéairement dépendants puisque 2v + w = 0.
2 5
v = 1 et w = 3 sont linéairement indépendants.
Montrez comment utiliser les déterminants 2x2 (resp. 3x3) pour montrer
Exercice 21 que 2 vecteurs du plan (resp. 3 vecteurs l’espace) sont linéairement
indépendants. Testez votre méthode sur l’exercice 20.
Propriétés • Pour un espace donné, toutes les bases ont le même nombre d’éléments.
Ce nombre est appelé dimension de l’espace. Dans le plan, une base est
un ensemble de deux vecteurs non colinéaires ; dans l’espace à 3
dimensions, une base est un triplet de vecteurs non coplanaires.
• Le vecteur nul ne fait jamais partie d’une base. En effet, le vecteur nul
est linéairement dépendant de tous les autres, puisque 0·v=0.
[Link]/lcp/madimu
−5 1 3
Exercice 22 Dans IR2 , on donne les vecteurs a = 2 , b = 6 , c = −4 .
Réponses a. L’ensemble S = (a ) est-il une base de IR2 ?
a. non, il faut deux vecteurs b. L’ensemble T = (a, b) est-il une base de IR2 ?
b. oui, car a et b sont lin. indépendants c. L’ensemble U = (a, b, c) est-il une base de IR2 ?
c. non, il y a un vecteur de trop
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CALCUL VECTORIEL 137
1 0 1 1 −1
Exercice 23 Soient les vecteurs i = 0 , j = 1 , a = −2 , b = 1 et v = −2 .
Note Dessinez les quatre premiers vecteurs sur un quadrillage, puis dessinez
v ( i,j ) signifie que le vecteur v est (sans calculs préalables) les vecteurs v ( i,j ) , v ( j,i ) , v ( a, b ) , v ( i,b) , v ( j,a) .
exprimé dans la base (i, j).
Définition On appelle coordonnées d’un point P dans un repère {O, (i, j)} les
→
composantes du vecteur OP dans la base (i, j).
Dans le plan, les coordonnées du point P dans le repère {O, (i, j)} sont
P (x;y) les nombres réels x et y tels que
→ 1 0
OP = x·i + y·j , la plupart du temps avec i = 0 et j = 1
On écrit P(x ; y).
j
O i Dans l’espace, les coordonnées du point P dans le repère {O, (i, j, k)}
sont les nombres réels x , y et z tels que
→ 1 0 0
OP = x·i + y·j + z·k, très souvent avec i = 0 , j = 1 et k = 0
0 0 1
On écrit P(x ; y ; z).
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138 CHAPITRE 24
Exercice 25 On donne les points A(1 ; 1), B(–2 ; 1), C(–2 ; –1) et D(1 ; –1). Dessinez
ces quatre points sur une feuille quadrillée si…
1 0
a. i = 0 et j = 1 .
1 −1
b. i = −1 et j = 3 .
0 1
c. i = 1 et j = 0 .
Les coordonnées du milieu M de AB Soient A(xA; y A) et B(xB; y B). En résolvant l’équation ci-dessus, on trouve
sont les moyennes arithmétiques des que le milieu de AB est le point
coordonnées des extrémités du vecteur x + xB y + yB
→ M A ; A
AB . 2 2
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