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Introduction au Moyen Age occidental

Semestre de printemps 2022

4. « Château fort »
Prof. Thalia Brero
17 mars 2022

Pierre Le Baut, Compillation des


Cronicques et ystores des Bretons (XVe s.)
Paris, BnF, ms. fr. 8266, fol. 281r.
Plan de la présentation

Introduction
La société des trois ordres
Le château
Les seigneurs
Le système féodal
Le rituel de l’hommage vassalique
Ceux qui travaillent : le monde paysan
La croissance économique dans les
campagnes
Conclusion

Pierre Le Baut, Compillation des


Cronicques et ystores des Bretons (XVe s.)
Paris, BnF, ms. fr. 8266, fol. 281r.
La société des trois ordres
Les trois ordres

Manière de penser la société qui apparaît à la fin du


IXe siècle (Saint-Germain d’Auxerre), se développe au
Xe siècle (Cluny), mais se répand surtout au XIe siècle
au travers des écrits de Gérard de Cambrai et
d’Adalbéron de Laon

« Triple est donc la maison de Dieu que l’on croit


une : ici-bas les uns prient, d’autres combattent,
d’autres encore travaillent ; lesquels trois sont
ensemble et ne supportent pas d’être désunis. De
sorte que sur la fonction de l’un reposent les
ouvrages des deux autres, tous à leur tour apportant
leur aide à tous ».

Adalbéron, évêque de Laon, XIe siècle.

Initiale C avec représentation des trois ordres : le clerc, le chevalier et le


paysan. Gossuin de Metz, L’image du monde (1265-1270), Londres,
British Library, Ms. Sloane 2435, fol. 85.
Une société tripartite

Nouvelle manière de penser la société, qui serait


divisée en trois :
• Ceux qui prient (oratores)
• Ceux qui combattent (bellatores)
• Ceux qui travaillent (laboratores)

Le clergé occupe le sommet de la pyramide, suivi


par la caste des guerriers.
La masse paysanne (plus de 90% de la société
d’alors) est considérée comme inférieure.

Va se maintenir jusqu’à la Révolution française.

Le clergé, la noblesse et les travailleurs


Boccace, Des cas des nobles hommes et femmes (ms du XVe siècle)
BnF, mf. fr. 131, fol. 1.
Le château
Un réseau dense de châteaux

En France, au Moyen Age, un château


tous les 4 kilomètres approximativement:
il en subsiste entre 30’000 et 45’000 en
tout.

Il y en avait encore plus, comme en


témoignent
• les toponymes en -château / -châtel
• l’archéologie et la photographie
aérienne

Une multitude de châteaux…


Jean Fouquet, miniature dans les Antiquités judaïques de
Flavius Josèphe, vers 1465
Paris, BnF, ms. fr. 247, fol. 270v.
Des châteaux souvent très restaurés…

En 1858, Napoléon III charge l’architecte Eugène Viollet-le-


Duc de reconstruire le château de Pierrefonds (construit au
XIVe siècle), en ruines depuis le XVIIe siècle.
Le château, une invention médiévale

Il y avait des places fortifiées et des


palais durant l’Antiquité déjà.

Pendant le haut Moyen Age, des


refuges temporaires étaient
construits sous formes de palissades
de bois au sommet d’une colline.

Les châteaux s’imposent et se


diffusent surtout entre le Xe et le
XIIe siècle.

Le donjon de Loches (v. 1010-1030)


construit par le comte d’Anjou Foulques
Nerra parmi une dizaine d’autres pour
contrôler sa principauté
La motte castrale (Xe-XIe s.)
(En Italie, incastellamento)

Travaux de terrassement en cours autour d’une motte castrale


Broderie de Bayeux, fin XIe s.
Motte castrale de Gisors
Châteaux de pierre

La construction du château
Renaud de Montauban (Bruges, 1462-1470)
Un château médiéval construit Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 5073, fol. 43.
aujourd’hui: Guédelon (1997-2025?)
Des constructions féodales
Fonctions du château :
• A l’origine, défensives (lieu de repli), mais au fil du
temps les forteresses se transforment en palais.
• Matérialise le pouvoir du seigneur et l’inscrit dans
le paysage. Verticalité du donjon, qui se voit de
loin.
• Centre économique et politique de la seigneurie.
La population peut s’y réfugier, c’est là que sont
stockés les biens prélevés par le seigneur, que la
justice est rendue, que les vassaux viennent prêter
serment
• Habitation du seigneur, sa famille, son entourage,
de ses chevaliers – et, occasionnellement, des
membres de la cour à l’occasion des grands
événements.

Septembre, Les vendanges devant le château de Saumur, en Anjou


Les Très Riches Heures du duc de Berry (XVe s.)
Chantilly, Musée Condé, ms. 65, fol. 9v.
Les seigneurs
Qu’est-ce que la féodalité?

Définition de féodal: «Relatif au régime économique, politique


et social, fondé sur l'institution du fief, qui prévalut en Europe
du Xe au XVe siècle.»

Définition de fief: «Terre, droit ou revenu qu’un vassal tenait de


son seigneur moyennant certains services dus à celui-ci. »

La féodalité s’articule autour d’un lien


• entre un seigneur qui donne une terre
• et un vassal qui la reçoit, mais fournit des contreparties.

Le rêve du roi Henri Ier avec les trois ordres


Jean de Worcester, Chronique des chroniques, XIIe siècle.
Oxford, Corpus Christi College, ms 157, fol. 383r.
L’apparition des seigneurs

Entre le Xe et le XIIe siècle, une nouvelle catégorie sociale


apparaît et monte en puissance dans tout l’Occident.

Il s’agit des seigneurs, qui exercent sur un territoire réduit


(parfois juste un village) des pouvoirs qui avaient jusqu’alors
été exercés par l’empereur ou le roi, via leurs représentants
directs, à savoir

• La levée de l’armée
• La perception de l’impôt
• L’exercice de la justice

Le comte Guifred Ier de Cerdagne recevant un hommage vassalique


Liber Feudorum Ceritaniae (XIIe siècle)
Barcelona, Arxiu de la Corona d'Aragó, Canc. Reg. 4.
Rappel du cours précédent: les instruments de
contrôle de l’Empire carolingien
Au IXe siècle, pour administrer son empire, Charlemagne déléguait son
pouvoir à des officiers locaux.
Les principaux étaient les plus de 200 comtes, répartis sur le territoire
de tout l’Empire

Pour mieux contrôler les régions périphériques (soit qu’elles soient


particulièrement lointaines, soit difficiles à tenir), Charlemagne avait
créé des institutions intermédiaires entre les comtes et lui :
• Royaumes (confiés à ses fils)
• Duchés (beau-fils)
• Marches (zones frontalières dont le responsable, le marquis,
coordonnait plusieurs comtés)

Quand l’empire carolingien s’effondre, et dans son sillage, les


royaumes, ces structures intermédiaires que sont les comtés et duchés
se maintiennent et montent en puissance, au point de devenir
autonomes.

Fresque représentant le fondateur, église St. Benedikt à Mals, Sud-Tyrol (vers 800)
Le domaine royal français (XIe s.)

987:
Les Grands de Francie occidentale portent
au pouvoir Hugues Capet (à l’origine de la
dynastie capétienne).

Le domaine royal représente une toute


petite portion du territoire (en bleu clair),
par rapport au terres des grands féodaux:
• Le comte de Flandre
• Le duc d’Aquitaine
• Le duc de Bourgogne
etc.
L’essor de la seigneurie

Dans un second temps, certaines attributions du pouvoir


passsent des mains des princes à celles des seigneurs, sires
ou châtelains, régnant sur un ensemble de terres plus
modestes réunies autour d’un château.

Ce processus se diffuse au cours des Xe-XIIe siècles


partout en Europe, mais pas en même temps.
• Très précoce dans l’Europe du Nord-Ouest où il est né,
entre Seine et Rhin
• Plus tardif:
- Angleterre (la féodalité reste très contrôlée par le
roi)
- Empire germanique
Le Sachsenspiegel (Miroir des Saxons), 1220-1230.
- Italie: l’importance du monde urbain freine le
C’est un recueil juridique coutumier, le plus ancien code développement féodal
de lois médiéval allemand. Ici, un seigneur donne à des
paysans le droit de s’installer et administre la justice dans
la communauté.

Universitätsbibliothek Heidelberg, Cod. Pal. germ. 164


Le système féodal
Le fonctionnement du système féodal

La seigneurie est l’espace


sur lequel un seigneur
exerce son pouvoir. C’est:
• un territoire : ensemble
de terres cultivées, de
forêts, regroupés
autour du château.
• une population :
essentiellement
composée de paysans

Le seigneur a des
vassaux, soit des
seigneurs moins
puissant à qui il donne
une terre en échange
Une famille de paysans portant tribut à son seigneur au château du Broc
de services.
Guillaume Revel, héraut Auvergne, Armorial d’Auvergne, Forez et Bourdonnais (vers 1450)
Paris, BnF, ms. fr. 22297, fol. 344
Donnant-donnant

Fief : du latin feo ou fevum « bien donné en échange ».


Il s’agit d’un bien que le seigneur accorde à son vassal en échange de ses services.

Ce que le seigneur apporte à son vassal : Ce que le vassal apporte au seigneur:


• Un fief – constitué à la fois de terres et de Servir son seigneur 40 jours par an – soit pour faire la guerre
droits seigneuriaux sur ces terres – (service d’ost), soit pour tenir garnison dans un de ses
autrement dit de revenus (impôts que châteaux
doivent payer les paysans). Siéger à la cour et y conseiller le seigneur
L’assister quand il règle un conflit (se porter garant de son
• Protection judiciaire (le seigneur se porte
seigneur en justice)
garant pour son vassal devant la justice)
Participer à certaines dépenses, quand le seigneur :
• Protection militaire - marie sa fille
- fait adouber son fils
- se rend en Croisade
- doit verser une rançon

Le labour
The Luttrell Psalter (1325-1340)
Londres, British Library, Add. MS 42130
Un système complexe

Pyramide féodale: les vassaux peuvent fragmenter leur seigneurie


en seigneuries plus petites.

Les vassaux peuvent cumuler plusieurs seigneuries (donc


plusieurs maîtres). Création de l’hommage-lige, supérieur aux
autres.

Il était possible de rompre le lien vassalique par un procès, jugé


par un seigneur plus puissant

La féodalité n’était pas qu’un processus « top down ».


Il arrive aussi qu’un chevalier ou un petit seigneur demande la
protection d’un seigneur plus puissant.

Les terres reçues en fief étaient parfois déjà librement possédées


par les vassaux, mais s’inscrivant dans un rapport de vassalité, le
Hommage d’Édouard III d'Angleterre à
vassal trouvait des avantages (protection, réseau). Philippe VI de Valois le 6 juin 1329
Grandes chroniques de France (1375-1379)
Paris, BnF, Ms. Français 2813, fol. 357 v.
Le rituel de l’hommage vassalique
L’hommage vassalique

« Le comte demanda au futur vassal s’il voulait


devenir son homme, sans réserve. Celui-ci répondit :
« Je le veux ». Puis, ses mains étant étreintes dans
celles du comte, ils s’allièrent par un baiser. En
second lieu, celui qui avait fait hommage engagea sa
foi en ces termes. « Je promets en ma foi d’être, à
partir de cet instant, fidèle au comte Guillaume et de
lui garder contre tous et entièrement mon hommage,
de bonne foi et sans tromperie ». En troisième lieu, il
jura cela sur les reliques des saints »

Adapté de Galbert de Bruges, Histoire du meurtre de


Charles le Bon, comte de Flandre, 1127.

Vassal rendant hommage à René, roi de Jérusalem et de Sicile, duc


d’Anjou
Aveu à René (vers 1469), Paris, Archives nationales, AE/II/481/b
Déroulement du rituel de l’hommage vassalique
Le futur vassal se présente sans armes devant son seigneur
Il s’agenouille et place ses deux mains jointes entre celles du
seigneur.

Il promet de
• lui être fidèle,
• de combattre à ses côtés,
• de l’assister de ses conseils
• et de ne pas donner ou vendre son fief sans son autorisation.

Le seigneur
• s’engage à protéger son vassal
• lui garantit la possession de son fief.

L’accord est scellé par


• un baiser de paix (sur la bouche)
• un serment prêté sur la Bible ou des reliques
• la remise, par le seigneur à son vassal, d’un objet symbolisant Alphonse Ier, roi d’Aragon, recevant les hommages du
le fief – motte de terre (terrain) ou bâton de commandement défunt comte Girard de Roussillon
(pouvoir). Liber Feudorum Ceritaniae (XIIe siècle)
Barcelona, Arxiu de la Corona d'Aragó, Canc. Reg. 4,
fol. 62r.
L’impact de la féodalité sur le système
social.

Primogéniture: principe qui consiste à


avantager systématiquement l’aîné au
détriment des autres membres de la fratrie

Ancrage géographique (château familial)

Problématique des cadets sans revenu / terres

Déséquilibre du marché matrimonial


(hypergamie)

Identité se définit par rapport à un passé


familial et un ancrage territorial. Généalogies
et héraldique

Hans Memling, Triptyque Moreel (volet gauche), 1480, Bruges,


Groeningemuseum.
«Ceux qui travaillent»: le monde paysan
L’exploitation des paysans

La plupart des terres sont possédées par les seigneurs (les


paysans propriétaires sont très minoritaires).
Elles sont divisées en deux zones:

• La réserve, exploitée par les paysans pour le compte du


seigneur, qui conserve tout le produit des récoltes pour lui
et son entourage.

• Les tenures, parcelles que les paysans cultivent pour leur


propre subsistance (potagers, champs) contre le paiement
du cens (une sorte de loyer) et de redevances payées en
argent ou en nature

Mois de juillet : les moissons


Missel franciscain (XVe siècle), Lyon, Bibliothèque municipale,
ms 514, fol. 4.
L’exploitation des paysans (suite)
Pour pouvoir exploiter les terres, les paysans
doivent :
• Fournir un travail (corvées)
• Reverser une part de leurs récoltes et de leurs
revenus sous forme de redevances.
• Avoir l’autorisation du seigneur pour
accéder aux moulins, fours, pressoirs.
• Pour aller au marché ou aux foires, ils
doivent payer des taxes aux péages, ainsi que
des taxes sur les marchandises et les
échanges commerciaux

Les seigneurs ont sur la population de


seigneurie le pouvoir de police et de justice.
Importants revenus sous formes d’amendes et
de taxes.

Calendrier issu du Rustican de Pierre de Crescent (vers 1470-1475).


Chantilly, Musée Condé, ms. 340.
Libres et non libres
Paysans libres :
• Peuvent disposer de leur personne (pour se marier, entrer
dans un ordre religieux…)
• et de leurs biens
• et ont plein droit pour agir en justice

Serfs (du latin servus, esclave):


• N’ont aucun de ces droits – s’ils les veulent, doivent
négocier avec leur maître.
• Font partie de l’équipement du domaine, au même titre
que les troupeaux ou les outils.

Esclaves:
• Surtout dans le monde méditerranéen

Queen Mary's Psalter (1320-1330)


British Library, Ms. Royal 2. B. VII)
La croissance économique dans les campagnes
L’explosion démographique

Deuxième doublement de la population:


• Europe occidentale 600-1000: ca. 12.000.000 -> ca. 24.000.000 habitants
• Europe continentale 1000-1300 (incl. La Russie et les Balkans, mais sans les Iles britanniques); ca. 30/40.000.000 -
> ca. 70/80.000.000 habitants

En France, la population double entre 1000


et 1300. Au début du XIVe siècle, elle
atteint environ 20 millions d’habitants.

Une page du Domesday Book (1086) (décrivant le Sussex)


Enquête commandée par Guillaume le Conquérant après sa
conquête du royaume d’Angleterre, qui liste les comtés, les
seigneuries et au sein de celles-ci, les terres cultivées, les
hommes libres ou non, les moulins, etc.
Londres, The National Archive, E 31/2/1
La révolution agricole du Xe siècle

• L’outillage s’améliore, l’usage du fer


se répand
• Nouvelles installations : fours, forges,
ateliers de céramique.
• La machine révolutionnaire de
l’époque : le moulin à eau

• Défrichements
• Multiplication des villages autour des
châteaux et des églises, solidarités
communautaires.
• Développement de « proto-industries »,
comme l’activité textile développement
de l’activité textile ou la vigne.
Commerce spécialisé, marchés. Un moulin à eau
• Diffusion de la monnaie The Luttrell Psalter (1325-1340)
Londres, British Library, Add. MS 42130
Autres causes de l’essor des campagnes

Amélioration des conditions climatiques : Xe-XIIIe siècle : petit


optimum. Les températures augmentent et l’humidité diminue.
Meilleures récoltes permettent du stock, moins de famines.

Cercle vertueux…
Les conditions de vie s’améliorent. Mortalité moins forte, donc
la population augmente et la productivité aussi.

Ou cercle vicieux? Une autre explication avancée est la pression


seigneuriale. Le mode de vie de plus en plus en plus fastueux de
seigneurs les mène à forcer les paysans à travailler plus.

La moisson se fait toujours à la faucille, mais le collier d’épaule permet


d’utiliser au mieux la traction du cheval.
Psautier (vers 1180),
La Haye, Koninklijke bibliotheek, ms. 76, fol. 8v.
Conclusion

Following a remarkable epoch of greater dispersion of wealth and opportunity, we are


inexorably returning towards a more feudal era marked by greater concentration of
wealth and property, reduced upward mobility, demographic stagnation, and increased
dogmatism. If the last seventy years saw a massive expansion of the middle class, not only
in America but in much of the developed world, today that class is declining and a new,
more hierarchical society is emerging.

The new class structure resembles that of Medieval times. At the apex of the new order
are two classes--a reborn clerical elite, the clerisy, which dominates the upper part of the
professional ranks, universities, media and culture, and a new aristocracy led by tech
oligarchs with unprecedented wealth and growing control of information. These two
classes correspond to the old French First and Second Estates.

Below these two classes lies what was once called the Third Estate. This includes the
yeomanry, which is made up largely of small businesspeople, minor property owners,
skilled workers and private-sector oriented professionals. Ascendant for much of modern
history, this class is in decline while those below them, the new Serfs, grow in numbers--a
vast, expanding property-less population.

The trends are mounting, but we can still reverse them--if people understand what is
actually occurring and have the capability to oppose them.

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