École polytechnique de Bruxelles PHYSH301/2017-2018
Mécanique Quantique 1 CORRIGÉ
Séance d'exercices 6 : moment cinétique et spin 1/2
Exercice 1
On se rappelle que les relations de commutations des moments cinétiques sont les suivantes :
[Lx , Ly ] = i~Lz [Ly , Lz ] = i~Lx [Lz , Lx ] = i~Ly
Calculons maintenant le produit vectoriel de L avec lui-même. Notez bien que puisque les vecteurs
ne commutent pas, il faut respecter l'ordre dans la multiplication. Ainsi, quand vous calculer le
déterminant des sous-matrices, il faut toujours multiplier d'abord l'élément de la deuxième ligne et
ensuite celui de la troisième ligne :
î ĵ k̂
L×L = Lx Ly Lz
Lx Ly Lz
= î(Ly Lz − Lz Ly ) − ĵ(Lx Lz − Lz Lx ) + k̂(Lx Ly − Ly Lx )
= î[Ly , Lz ] − ĵ[Lx , Lz ] + k̂[Lx , Ly ]
= îi~Lx − ĵ(−i~Ly ) + k̂i~Lz
= i~L
Exercice 2
Pour calculer le commutateur [S 2 , Si ], pour i = x, y, z , on se souvient que S 2 = Sx2 + Sy2 + Sz2 . De
plus, puisque le spin est un moment cinétique, on peut utiliser les commutateurs calculés à la section
précédente. Commençons par calculer [S 2 , Sx ] :
[S 2 , Sx ] = [Sx2 + Sy2 + Sz2 , Sx ]
= [Sx2 , Sx ] + [Sy2 , Sx ] + [Sz2 , Sx ]
= Sx [Sx , Sx ] + [Sx , Sx ]Sx + Sy [Sy , Sx ] + [Sy , Sx ]Sy + Sz [Sz , Sx ] + [Sz , Sx ]Sz
= 0 + 0 + Sy (−i~Sz ) + (−i~Sz )Sy + Sz (i~Sy ) + (i~Sy )Sz
= 0
Par symétrie, on trouve également que [S 2 , Sy ] = 0 et [S 2 , Sz ] = 0. Cela signie donc que S 2
commute avec chacune des composante de S et donc avec S lui-même.
Exercice 3
a)
De façon générale, voici comment les moments cinétiques S 2 et Sz agissent sur un état |1/2, mi
(avec m=1/2 ou -1/2) :
3
S 2 |1/2, mi = ~2 |1/2, mi Sz |1/2, mi = ~m|1/2, mi
4
1
La représentation matricielle de S 2 est
h1/2, 1/2|S 2 |1/2, 1/2i h1/2, 1/2|S 2 |1/2, −1/2i
2
S =
h1/2, −1/2|S 2 |1/2, 1/2i h1/2, −1/2|S 2 |1/2, −1/2i
h1/2, 1/2| 43 ~2 |1/2, 1/2i h1/2, 1/2| 43 ~2 |1/2, −1/2i
=
h1/2, −1/2| 43 ~2 |1/2, 1/2i h1/2, −1/2| 34 ~2 |1/2, −1/2i
3 2 1 0
= ~
4 0 1
et celle de Sz est
h1/2, 1/2|SZ |1/2, 1/2i h1/2, 1/2|SZ |1/2, −1/2i
Sz =
h1/2, −1/2|SZ |1/2, 1/2i h1/2, −1/2|SZ |1/2, −1/2i
h1/2, 1/2| ~2 |1/2, 1/2i h1/2, 1/2| − ~2 |1/2, −1/2i
=
h1/2, −1/2| ~2 |1/2, 1/2i h1/2, −1/2| − ~2 |1/2, −1/2i
~ 1 0
=
2 0 −1
Une autre façon de trouver la représentation matricielle de ces deux matrices est la suivante. On pose
a b 1 0
S2 = et on l'applique aux états |1/2, 1/2i = et |1/2, −1/2i = :
c d 0 1
3 a b 1 3 2 1 a 3 2 1 3
2
S |1/2, 1|2i = ~2 |1/2, 1|2i ⇔ = ~ ⇔ = ~ ⇔ a = ~2 et c = 0
4 c d 0 4 0 c 4 0 4
3 a b 0 3 0 b 3 0 3
S 2 |1/2, −1|2i = ~2 |1/2, −1|2i ⇔ = ~2 ⇔ = ~2 ⇔ b = 0 et d = ~2
4 c d 1 4 1 d 4 1 4
et de même pour Sz .
b)
On sait que S± |1/2, mi = ~ (1/2 ∓ m)(1/2 ± m + 1)|1/2, m ± 1i et donc la reprsentation matri-
p
cielle de S± est
h1/2, 1/2|S+ |1/2, 1/2i h1/2, 1/2|S+ |1/2, −1/2i
S+ =
h1/2, −1/2|S+ |1/2, 1/2i h1/2, −1/2|S+ |1/2, −1/2i
h1/2, 1/2|0|1/2, 1/2i h1/2, 1/2|~|1/2, 1/2i
=
h1/2, −1/2|0|1/2, 1/2i h1/2, −1/2|~|1/2, 1/2i
0 1
= ~
0 0
h1/2, 1/2|S− |1/2, 1/2i h1/2, 1/2|S− |1/2, −1/2i
S− =
h1/2, −1/2|S− |1/2, 1/2i h1/2, −1/2|S− |1/2, −1/2i
h1/2, 1/2|~|1/2, −1/2i h1/2, 1/2|0|1/2, −1/2i
=
h1/2, −1/2|~|1/2, −1/2i h1/2, −1/2|0|1/2, −1/2i
0 0
= ~
1 0
2
An de trouver la représentation matricielle de S, il sut de connaître les représentions matricielles
de Sx , Sy et Sz . La dernière est déjà connue, quant aux deux autres, il sut d'utiliser le fait que
S+ + S− ~ 0 1 S+ − S− ~ 0 −i
Sx = = Sy = =
2 2 1 0 2i 2 i 0
Ainsi,
~ 0 1 ~ 0 −i ~ 1 0 ~
S= î + ĵ + k̂ = σx î + σy ĵ + σz k̂
2 1 0 2 i 0 2 0 −1 2
où les σi sont les matrices de Pauli.
Exercice 4
a)
Pour ce qui est de S 2 , puisquelamatrice quilereprésente est proportionnelle à la matrice identité,
1 0
ses vecteurs propres sont | ↑i = et | ↓i = .
0 1
Cherchons maintenant les vecteurs propres de Su . Pour cela, on doit d'abord trouver la matrice
qui le représente. Soit û = sin θ cos φî + sin θ sin φĵ + cos θk̂ un vecteur untité d'orientation arbitraire,
alors
Su = û · Ŝ
~ ~ ~
= sin θ cos φ σx + sin θ sin φ σy + cos θ σz
2 2 2
~ cos θ sin θ cos φ − i sin θ sin φ
=
2 sin θ cos φ + i sin θ sin φ − cos θ
−iφ
~ cos θ sin θe
= iφ
2 sin θe − cos θ
Pour trouver les valeurs propres de Su , on résout l'équation det(Su − λI) = 0. On trouve alors
λ± = ± ~2 .
Pour trouver les vecteurs propres associés v± on résout le système matriciel Su v± = λ± v± . Pour
la valeur propre positive, on obtient :
sin θe−iφ a cos θ + b sin θe−iφ
~ cos θ a ~ a a
iφ = ⇔ = (1)
2 sin θe − cos θ b 2 b a sin θeiφ − b cos θ b
−iφ
a cos θ + b sin θe =a
⇔ iφ (2)
a sin θe − b cos θ = b
−iφ
a = b esin θ (1 + cos θ)
⇒ (3)
b quelconque
e−iφ
(1 + cos θ)
⇒ |+iu = b sin θ (4)
1
Notons que ceci est vrai seulement si sin θ 6= 0. Si sin θ = 0 et θ = 2kπ , a est quelconque et b = 0. Si
toutefois, sin θ = 0 et θ = (2k + 1)π , b est quelconque et a = 0. Pour tenir compte de ces contraintes
on peut choisir le vecteur propre unitaire suivant :
cos(θ/2)
|+iu = = cos(θ/2)| ↑i + sin(θ/2)eiφ | ↓i
sin(θ/2)eiφ
3
En eet,
e−iφ
1 + (2 cos(θ/2)2 − 1)
sin θ (1 + cos θ) 1 + cos θ cos(θ/2)
|+iu = b =b =b = 2b cos(θ/2)
1 sin θeiφ 2 sin(θ/2) cos(θ/2)eiφ sin(θ/2)eiφ
où encore, si on normalise le vecteur :
cos(θ/2)
|+iu =
sin(θ/2)eiφ
L'avantage d'écrire le vecteur propre sous cette forme permet de tenir compte du cas où sin θ = 0.
En suivant exactement la même méthode pour l'autre valeur propre, on trouve le deuxième vecteur
propre :
sin(θ/2)
|−iu = = sin(θ/2)| ↑i − cos(θ/2)eiφ | ↓i
− cos(θ/2)eiφ
Puisque ces vecteurs propres sont des combinaisons linéaires des vecteurs propres de S 2 , ce sont
bien des vecteurs prorpes communs aux deux matrices.
b)
Notez d'abord que le résultat de la mesure est donné par les valeurs propres de l'opérateur que
l'on mesure. Les probabilités elles sont calculée en prenant la norme au carré de notre état projeté
sur l'états propre associé à la valeur propre. Voyons ça en calculs :
On cherche à mesurer l'état |+iu = cos(θ/2)| ↑i + sin(θ/2)eiφ | ↓i. Si on mesure Sz , il y a deux
résultats possible : ~/2 et −~/2.
La probabilité de mesure ~/2 est donnée par
|h↑ |+iu |2 = |h↑ (cos(θ/2)| ↑ |i + sin(θ/2)eiφ | ↓i)|2 = | cos(θ/2)h↑ | ↑i + sin(θ/2)eiφ h↑ | ↓i|2 = cos2 (θ/2)
De la même façon, la probabilité de mesurer −~/2 est donnée par
|h↓ |+iu |2 = |h↓ (cos(θ/2)| ↑ |i + sin(θ/2)eiφ | ↓i)|2 = | cos(θ/2)h↓ | ↑i + sin(θ/2)eiφ h↓ | ↓i|2 = sin2 (θ/2)
Notez que puisque |+iu est écrit en fonction des vecteurs propres de Sz , si on mesure Sz sur l'état
| ↑i , on voit tout de suite que l'on obtient ~/2 avec une probabilité cos2 (θ/2) et −~/2 avec une
probabilité sin2 (θ/2). En eet, ces probabilités sont simplement la norme des constantes se trouvant
en avant des états propres respectifs.
Si on mesure maintenant Sx , il est plus simple d'écrire le vecteur |+iu en fonction des vecteurs
propres de Sx . Pour cela, on diagonalise donc la matrice correspondant à Sx et on trouve les vecteurs
propres suivants :
1 1 ~ 1 1 ~
|χ+ i = √ valeur propre : et |χ− i = √ valeur propre : −
2 1 2 2 −1 2
Ainsi,
1 1
|+iu = √ cos(θ/2) + sin(θ/2)eiφ |χ+ i + √ cos(θ/2) − sin(θ/2)eiφ |χ− i
2 2
Les valeurs propres de Sx sont ici aussi ~/2 et −~/2. On obtiendra ~/2 avec une probabilité
1 1 1
| √ cos(θ/2)+sin(θ/2)eiφ |2 = cos(θ/2)+sin(θ/2)eiφ cos(θ/2)+sin(θ/2)e−iφ = (1+sin θ cos φ)
2 2 2
4
De la même façon, on mesurera −~/2 avec une probabilité
2
1 1
√ cos(θ/2) − sin(θ/2)eiφ
= (1 − sin θ cos φ)
2 2
Finalement, que se passe-t'il si on mesure Sz d'abord, puis Sx ? Mesurer d'abord Sz va donner
comme mesure ±~/2, mais surtout cela va projeter l'état |+iu dans un des états propre de Sz (celui
associé à la valeur propre mesurée). Ensuite, si on veut connaitre le résultat des mesures de Sx , ce
n'est plus l'états |+iu qu'on mesure mais l'états propre de Sz (| ↑i ou | ↓i ) dans lequel l'état initial
se retrouve maintenant.
Si Sz nous donne ~/2 (probabilité cos2 (θ/2)) on se retrouve dans l'état | ↑i = √12 (|χ+ i + |χ− i).
Alors, Sx nous donnera ~/2 et −~/2 chacune avec un probabilité 1/2.
Si Sz nous donne −~/2 (probabilité sin2 (θ/2)) on se retrouve dans l'état | ↓i = √12 (|χ+ i − |χ− i).
Alors, Sx nous donnera ~/2 et −~/2 chacun avec un probabilité 1/2.
Au nal, pour connaître la probabilité totale d'une mesure, il faut multiplier les probabilités. Par
exemple, la probabilité d'avoir ~/2 aussi bien pour Sz que pour Sx sera 21 cos2 (θ/2).
Exercice 5
a)
0
~ ~ 1 0
H = γS · B = γ σx σy σz · 0 = γ B
2 2 0 −1
B
Les valeurs propres de l'hamiltonien sont ± γB~
2 et ses vecteurs propres sont les états | ↑i et | ↓i
(les mêmes vecteurs propres que Sz ).
b)
L'état |+iu est l'état propre trouvé à l'exercice précédent et on se souvient que
|+iu = cos(θ/2)| ↑i + sin(θ/2)eiφ | ↓i
.
De plus, on se souvient que de façon générale, un état propre de l'hamiltonien évolue de la façon
suivante :
|ψ(t)i = e−iλt/~ |ψ(0)i
où λ est la valeur propre associée.
Ainsi, l'état |+iu évolue comme
~ ~ 1
|+(t)iu = cos(θ/2)e−i 2 γBt/~ | ↑i+sin(θ/2)eiφ ei 2 γBt/~ | ↓i = e−i 2 γBt cos(θ/2)| ↑i+sin(θ/2)eiφ eiγBt | ↓i
On peut ignorer la phase globale et simplement dire que l'état évolue comme
| + (t)iu = cos(θ/2)| ↑i + sin(θ/2)eiφ eiγBt | ↓i