MP - DS2 - 2021-2022 1
DEVOIR SURVEILLE 2
R +∞ Rx
Soit a ∈ R. Soit f une fonction continue sur [a, +∞[. On dit que a f (t)dt converge lorsque a f (t)dt
R +∞
converge vers une limite finie lorsque x tend vers +∞. On note alors a f (t)dt la limite.
Problème 1
n
Pour tout entier naturel n dans N∗ , on note hn = 1
P
k , fn = hn − ln(n).
k=1
On considère les suites (un )n∈N∗ et (vn )n∈N∗ définies par :
1 1 1 1
u1 = 1 et pour n ≥ 2, un = + ln(1 − ) ; vn = − ln(1 + )
n n n n
1. Rappeler le domaine de définition de la fonction (x 7→ x+ln(1−x)). Préciser son développement
limité à l’ordre 2 en 0.
2. Soit n un entier naturel. Quel est le signe de un ?
P
3. Justifier que la série n≥1 un est convergente.
4. Etudier la fonction (f : x 7→ x − ln(1 + x)) sur [0, 1].
P
5. Justifier que la série n≥1 vn est convergente.
6. Soit n un entier naturel non nul. Exprimer en fonction de n, vn − un .
N
P
En déduire une expression de (vn −un ) en fonction de N pour tout entier naturel N supérieur
n=1
ou égal à 3.
N
P N
P +∞
P +∞
P
7. Que peut-on dire des suites ( vn )N ∈N∗ et ( un )N ∈N∗ ? Justifier que vn = un .
n=1 n=1 n=1 n=1
P P
Dans la suite de l’exercice, on note γ la somme des séries vn et un .
n≥1 n≥1
8. Démontrer que γ est dans l’intervalle ]0, 1[.
9. Soit n un entier naturel non nul. Justifier que :
ln(n + 1) ≤ hn ≤ 1 + ln(n)
10. Justifier que la suite (fn )n∈N∗ est décroissante.
11. Démontrer que la suite (fn )n∈N∗ est convergente et de limite γ.
N
P
Indication : exprimer les sommes partielles de la série un en fonction des termes de la suite
n≥1
(fn ).
12. Soit r un entier naturel > 1.
(a) Dessiner le graphe de la fonction (x 7→ 1/xr ) sur R+∗ .
R +∞ R +∞
(b) Soit a un nombre réel > 0. Montrer que a t1r dt converge et exprimer I(a) = a 1
tr dt,
en fonction de a et r.
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1
R n+1 dt
(c) Montrer que ∼
nr n→+∞ n tr .
(d) En déduire
+∞
X 1 1
∼ .
kr n→+∞ (r − 1)nr−1
k=n
(e) Soit (wn ) une suite de nombres réels qui converge vers 0.
On suppose que la suite (nr (wn+1 − wn ))n∈N est convergente vers une limite ` telle que
` > 0. P
En considérant le reste de rang n − 1 de (wk+1 − wk ) (après avoir justifié son existence),
démontrer que la suite (nr−1 wn )n∈N est convergente et expliciter en fonction de ` et r sa
limite.
(f) Ce résultat reste-t-il vrai si la limite ` de la suite (nr (wn+1 − wn ))n∈N est 0 ?
13. Démontrer qu’il existe un nombre réel α que l’on explicitera tel que :
n
X 1 α 1
∀n ∈ N∗ , = ln(n) + γ + + o( )
k n n
k=1
Indication : on appliquera les résultats de la question 12 à une suite bien choisie.
Problème 2
On note bxc la partie entière d’un réel x. On rappelle qu’un nombre entier naturel, au moins égal à
2, est dit premier s’il n’est divisible que par 1 et lui même (donc 1 n’est pas premier).
On note P = {2, 3, 5, 7, 11, . . . } l’ensemble des nombres premiers. On rappelle aussi que tout entier
naturel n, au moins égal à 2, se décompose, de façon unique à l’ordre des facteurs près, comme produit
de nombres premiers c’est-à-dire qu’il existe r ∈ N∗ , (p1 , . . . , pr ) ∈ P r et (α1 , . . . , αr ) ∈ (N∗ )r tels que
r
Y
n= pαk k
k=1
P
Si a et b sont deux entiers naturels tels que a ≤ b, la notation αp désigne la somme des
a≤p≤b
p∈P
nombres
P α
Qp pour tous les entiers premiers p de l’intervalle entier [[a, b]]. On définit de la même façon
αp , αp etc.
p≤b a≤p≤b
p∈P p∈P
P Q
Par exemple, αp = α5 + α7 ou αp = α2 × α3 × α5 × α7 .
4≤p≤10 p≤8
p∈P p∈P
Partie I. Préliminaires
On établit, dans cette partie, quelques résultats préliminaires, indépendants les uns des autres, qui
seront utilisés par la suite.
1. Soit n0 ∈ N∗ et f une fonction continue, décroissante et positive de [n0 , +∞[ dans R.
Pn
On pose, pour tout entier naturel n non nul, Sn = f (k).
k=n0
Rn
(a) Montrer que la suite (γn )n≥n0 de terme général γn = Sn − n0 f (t) dt est monotone et
convergente.
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(b) En déduire l’existence d’un réel, noté C, pour lequel on a, lorsque l’entier n tend vers +∞
n
X 1
= ln(ln(n)) + C + o(1)
k ln(k)
k=2
R +∞ 1
(c) Etablir la convergence de l’intégrale 2 t ln2 (t)
dt et en déduire la convergence de la série
P 1
k ln2 (k)
.
ln(k)
2. Montrer que la série de terme général k(k−1) est convergente.
+∞
P ln(k)
On note K = k(k−1) sa somme.
k=2
3. (a) Prouver, pour tout entier naturel n au moins égal à 2, l’inégalité :
n
X
ln(k) ≥ n ln(n) − n + 1
k=2
(b) En déduire, quand n tend vers +∞, l’estimation : ln(n!) = n ln(n) + O(n).
4. (a) Soit λ un réel strictement positif. Justifier, pour tout n ∈ N∗ , l’existence et l’unicité d’un
réel x > 0 tel que x ln(x) − λx = ln(n). On note rn cet unique réel.
ln(n)
(b) Montrer que lim rn = +∞ puis établir l’équivalence rn ∼ ln(ln(n)) .
n→+∞
5. On note, pour toute partie E de N∗ et pour tout n ∈ N∗ , En l’ensemble des éléments de E
inférieurs ou égaux à n, c’est à dire que En = E ∩ [[1, n]], et l’on pose dn (E) = n1 Card(En ).
Si la suite (dn (E))n∈N∗ converge, on note d(E) sa limite et on dit que la partie E de N∗ admet
une densité égale à d(E).
(a) Montrer que les ensembles suivants possèdent une densité dont on donnera la valeur.
i. Une partie finie F de N∗ .
ii. L’ensemble aN∗ = {ka/ k ∈ N∗ } des multiples non nuls de l’entier a ∈ N∗ .
iii. L’ensemble C = {k 2 / k ∈ N∗ } des entiers non nuls qui sont des carrés.
(b) Soient E1 , E2 des parties disjointes de N∗ possédant une densité. Les parties N∗ \ E1 et
E1 ∪ E2 possèdent-elles une densité ? Et si oui, que valent-elles ?
6. (a) Justifier, pour tout entier naturel m non nul, l’inégalité : 2 2m+1 ≤ 22m+1 .
m
p divise l’entier 2r+1
Q
(b) Montrer que, pour tout entier naturel r non nul, l’entier r
r+1<p≤2r+1
p∈P
(le produit s’effectuant donc sur tous les entiers premiers de [[r + 2, 2r + 1]]).
p ≤ 4n (le produit s’effectuant
Q
(c) Etablir, pour tout entier n au moins égal à 2, l’inégalité
p≤n
p∈P
donc sur tous les entiers premiers au plus égaux à n).
On raisonnera par récurrence forte et, ayant supposé l’inégalité vraie jusqu’au rang n, on
examinera, en particulier, le cas P où n + 1 est un entier premier égal à 2r + 1.
On en déduit ainsi l’inégalité ln(p) ≤ n ln(4).
p≤n
p∈P
7. Soit n ∈ N∗ . On note, pour tout nombre premier p et tout entier r ∈ N, r ≥ 2, vp (r) l’exposant
de p dans la décomposition en nombres premiers de r, et on pose vp (1) = 0.
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Par exemple, puisque 300 = 22 × 3 × 52 , v2 (300) = 2, v3 (300) = 1, v5 (300) = 2 et vp (300) = 0
pour p ∈/ {2, 3, 5}.
Soit p un nombre premier. On note, pour tout entier naturel k non nul, αk (rep. βk ) le nombre
d’entiers d ∈ [[1, n]] tels que pk divise d (resp. tel que vp (d) = k).
Bien sûr, dès que k est assez grand, αk = βk = 0.
(a) Prouver, pour tout k ∈ N∗ , l’égalité αk = b pnk c.
+∞
P
(b) Justifier l’égalité vp (n!) = kβk .
k=1
+∞
b pnk c.
P
(c) En déduire, en reliant βk aux αi , l’égalité vp (n!) =
k=1
n n n n
(d) En déduire l’encadrement : p − 1 ≤ vp (n!) ≤ p−1 (= p + p(p−1) ).
n
8. Soient (an )n∈N∗ et (εn )n∈N∗ deux suites réelles. On note, pour tout n ∈ N∗ , An =
P
ak .
k=1
Prouver, pour tout entier n ≥ 2, l’égalité
n
X n−1
X
εk ak = (εk − εk+1 )Ak + εn An
k=1 k=1
Partie II. Deux résultats asymptotiques
P
1. (a) Etablir, pour tout entier naturel n non nul, l’égalité : ln(n!) = vp (n!) ln(p).
p≤n
p∈P
(b) En déduire, pour tout entier naturel n non nul, l’encadrement :
ln(n!) X ln(p) ln(n!)
−K ≤ ≤ + ln(4)
n p≤n
p n
p∈P
où le réel K est défini dans la question I.2).
P ln(p)
(c) Conclure que, quand l’entier n tend vers +∞, p = ln(n) + O(1).
p≤n
p∈P
2. On note χ l’application qui, à chaque entier k ∈ N∗ , associe 1 si k est premier (i.e. k ∈ P) et 0
sinon.
k
(a) En posant, pour tout entier naturel k non nul, ak = χ(k) ln(k)
P
k , Ak = ai , en utilisant I.8),
i=1
établir, pour tout n ≥ 2, l’égalité :
X 1 n−1 X ln(1 + 1/k) An
= Ak +
p ln(k) ln(k + 1) ln(n)
p≤n k=2
p∈P
(b) Etablir, quand l’entier k tend vers +∞, l’égalité :
ln(1 + 1/k) 1 1
Ak = + O( )
ln(k) ln(k + 1) k ln(k) k ln2 (k)
(c) En déduire, quand l’entier n tend vers +∞, l’égalité :
X1
= ln(ln(n)) + O(1)
p≤n
p
p∈P