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b
Laboratoire d’Études Rurales - ISARA Lyon, 23, rue Jean Baldassini, 69364 Lyon cedex 07
c
Laboratoire d’Études Rurales, Université de Lyon 2, 14 avenue Berthelot, 69363 Lyon cedex 07
d
Département d’Économie Agroalimentaire et des Sciences de la Consommation, Université Laval,
Pavillon Paul-Comtois, 2425, rue de l’Agriculture, Québec (QC), G1V 0A6. Canada.
Résumé
Le phénomène de relocalisation des circuits alimentaires recouvre une diversité de réalités,
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Auteur correspondant : [email protected]
doi :10.3166/ges.16.455-478 © 2014 Lavoisier, Paris. Tous droits réservés.
Summary
Proximity supply chains, an analytical framework for the localization of food supply chains. The
localization of food supply chains represents various realities, old and most innovative, named in
several ways: short food supply chains, local food, etc. The purpose of this paper is to propose a theo-
retical framework enabled to all marketing channels relative to the localization phenomenon. From
a literature review of the existing concepts and the economy of proximity applied to local food supply
chains, we build the concept of «proximity supply chains» (I). It is then tested in three case studies
representing a variety of marketing channels and products (II). The main findings of case studies
demonstrate the value of the concept of «proximity supply chains»: on the one hand, it includes mar-
keting channels that exceed the definition of short supply chains but which are a way to localize the
food supply chains, and on the other hand, it highlights the role of intermediaries in this localization.
Keywords : localization, short food supply chains, proximity, e-business, collective catering
facilities. © 2014 Lavoisier, Paris. Tous droits réservés.
Introduction
• e nvironnementaux pour leur capacité à mieux préserver les ressources naturelles (Gilg et
Battershill, 2000 ; Duram et Oberholtzer, 2010) ;
• en termes de gouvernance locale, ces systèmes conférant à leurs acteurs une meilleure
maîtrise de l’alimentation que le système conventionnel (Hendrickson et Hefferman,
2002 ; Renting et al., 2003 ; Hinrichs, 2003).
L’objet de cet article est de proposer, par le concept de « circuits de proximité », un
cadre d’analyse opératoire pour décrypter les caractéristiques structurantes des circuits
alimentaires relevant de ce phénomène de relocalisation.
Pour ce faire, nous conduirons d’abord une revue de littérature des travaux portant sur
ces circuits alimentaires, afin de préciser ce que chaque notion met en exergue dans leur
fonctionnement. L’analyse plus fine des apports de l’économie de proximité appliquée
à cet objet, et en particulier sur les circuits courts, permettra de proposer une première
définition du concept de circuit de proximité et un cadre d’analyse à quatre dimensions :
spatiale, fonctionnelle, relationnelle et économique.
Dans une seconde partie, ce cadre d’analyse sera testé sur différents exemples de cir-
cuits de proximité, qui présentent la particularité d’un lien a priori « très proche » (la
vente directe) ou plus « distendu » entre producteurs et consommateurs (les circuits de
commercialisation régionaux de fruits, le e-commerce et l’approvisionnement local de la
restauration collective).
Les cas de circuits de proximité présentés ont été étudiés par des enquêtes semi-direc-
tives menées auprès des différents types d’acteurs intervenants dans les circuits : produc-
teurs, intermédiaires, consommateurs. Ces enquêtes ont été réalisées dans le cadre d’une
thèse de doctorat pour ce qui concerne la filière fruits (Praly, 2010), et du programme de
recherche Liens Producteurs Consommateurs (LIPROCO) pour les autres cas.
Cette mise à l’épreuve empirique montrera que le concept ainsi proposé permet de tenir
compte de la variété des acteurs locaux susceptibles de contribuer à la relocalisation de l’ali-
mentation, comme le font d’ailleurs les travaux sur les alternatives food networks (Renting
et al., 2003 ; Ilbery, et et Maye, 2005 ; Roep et Wiskerke, 2010 ; Kneafsey et al., 2012).
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Afin d’établir un cadre d’analyse opératoire pour saisir les formes de commercialisa-
tion relevant de la relocalisation des circuits alimentaires, nous examinerons d’abord les
définitions existantes, leurs principaux apports et leurs limites, puis nous nous appuierons
sur l’état de l’art de l’économie de proximité et son application aux circuits alimentaires.
reprendre la définition proposée dans leur revue de la littérature par Kneafsey et al.,
(2012) pour qualifier ce qui relève du « short food supply chains » : « The foods involved
are identified by, and traceable to a farmer. The number of intermediaries between far-
mer and consumer should be “minimal” or ideally nil. » (p. 13). Les auteurs notent que
cette définition est issue de quelques travaux fondateurs (Marsden et al. 2000 ; Renting et
al. 2003) et qu’elle est adoptée par l’union européenne ou le gouvernement français. Ils
précisent aussi que le concept de short food supply chains est plus aisé à définir que celui
de « local food systems » du fait des difficultés à qualifier le concept de « local ».
Ce terme est moins englobant que celui de « alternatives food networks » qui couvre
l’ensemble des réseaux émergents de producteurs, de consommateurs et d’autres acteurs
s’engageant dans des alternatives au modèle conventionnel (industriel, concentré et stan-
dardisé) d’approvisionnement alimentaire (Renting et al., 2003). Cela inclut les marques
d’attachement des productions à un territoire (IGP, AOC, slow food), les différentes
formes de ventes directes, les associations entre producteurs et consommateurs (coopé-
ratives, Community Supported Agriculture, AMAP), les formes de production directes
par les consommateurs (jardins communautaires ou scolaires), les structures ou adminis-
trations communales ou territoriales d’approvisionnement et de distribution alimentaire
(food policy councils, food security safety nests). Dans cet ensemble, ce sont la valorisa-
tion de la confiance, de la relocalisation et de l’authenticité qui sont largement montrées.
Conceptuellement, ces notions font appel aux dimensions relationnelles et spatiales des
circuits alimentaires, mais de manière imprécise, confondant parfois les référents sociaux
et spatiaux du local, le socialement proche et le géographiquement proche (Selfa et Qazi,
2005).
En France, divers travaux mentionnèrent l’existence de stratégies alternatives dans des
exploitations agricoles à partir de la fin des années 1980 (Pernet, 1982 ; Muller, 1984 et
1987, Colson, 1986). La vente directe y est étudiée, mais davantage dans la façon dont
elle permet aux agriculteurs de reconquérir une autonomie en recombinant « ce qui a été
dissocié de l’extérieur par la division du travail » (Muller, 1984, p. 44). Sont plus parti-
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Débats ayant eu lieu notamment au sein des groupes de travail du Réseau Rural Français auxquels nous
avons participé, en 2010.
vices : abattoirs, ateliers de découpe pour la viande ; pressoirs ou légumeries pour les fruits
et légumes ; moulins pour les farines, etc. De fait, nombreuses sont les situations où le
producteur fait appel à un ou plusieurs intermédiaires de transformation ou de conditionne-
ment pour des produits qu’il vendra lui-même (Ribier, 2010). La même remarque peut être
faite par rapport aux prestataires logistiques (plates-formes, transporteurs) qui contribuent
eux-aussi à permettre certains approvisionnements par des producteurs locaux (Praly et al.,
2012). On se situe alors clairement dans cette définition des circuits courts, mais ni le travail
réalisé par ces intermédiaires, ni le parcours effectué par le produit n’apparaissent.
À l’issue de cette revue de littérature, quatre grandes caractéristiques définissant ces
circuits alimentaires jalonnent l’ensemble du corpus, quelles que soient la chronologie
et l’origine des travaux conduits (francophones ou anglophones). Nous proposons de les
retenir comme base de notre cadre d’analyse des circuits alimentaires relevant de la relo-
calisation, sous forme de quatre dimensions :
• une dimension spatiale, par la référence au « local », à l’idée d’une distance plus courte
parcourue par le produit que dans le cas des circuits dits longs. Néanmoins la difficulté d’ap-
préhender et de définir ce « local », la variabilité des échelles observées, conduisent finale-
ment souvent les auteurs à considérer cette caractéristique comme sous-entendue, voire même
à l’évacuer (cas de la définition des circuits courts par le Ministère de l’Agriculture).
• une dimension fonctionnelle, expliquant concrètement le cheminement du produit
depuis le producteur jusqu’aux consommateurs, via les éventuels intermédiaires (transfor-
mateurs, logisticiens, etc.). Cette dimension est présente dans la littérature essentiellement
par la référence au nombre d’intermédiaires intervenants entre producteurs et consomma-
teurs, étant majoritairement dit que leur réduction est favorable soit en termes de répartition
de la plus-value pour les producteurs et les consommateurs, soit en termes de gouvernance
par une meilleure autonomie des exploitations. Nous avons explicité cependant l’importance
de ne pas se restreindre à l’analyse du nombre d’intermédiaires marchands pour saisir le bon
fonctionnement d’un circuit alimentaire. En outre, conclure que diminuer le nombre d’inter-
médiaires est systématiquement favorable nous semble discutable. De fait, les avantages
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• la dimension économique est enfin bien présente dans la littérature mais traitée de
manière implicite, attendue comme conséquence évidente soit d’une réduction du nombre
d’intermédiaires, de la distance plus courte ou encore d’une relation plus équitable entre pro-
ducteurs et consommateurs. Or, ceci apparaît dans bien des situations comme une simplifica-
tion excessive (Kneafsey et al., 2012).
Pour affiner cela, les outils conceptuels proposés par l’économie de proximité per-
mettent de se dégager de la polysémie du terme « proximité ». De plus en plus de travaux
les ont, d’ailleurs, appliqués au cas des circuits courts.
La notion de proximité a été théorisée au début des années 1990, par un groupe de
chercheurs associant des économistes régionaux intéressés par la mobilisation des outils
de l’économie industrielle pour analyser le développement territorial et des économistes
industriels intéressés par le caractère territorial des processus productifs (Torre et Gilly,
1999 ; Bouba-Olga et al., 2008)2. La proximité, dans cette perspective, est un concept à
la fois relationnel et spatial. Elle touche à l’économie et à la géographie et concerne ce
qui éloigne ou rapproche des individus ou des collectifs dans la résolution d’un problème
économique. La distance ici n’est pas seulement métrique, mais aussi culturelle, cogni-
tive, sociale. Elle permet d’analyser les dynamiques de coordination entre les acteurs
situés dans un espace donné et la nature de ce qui les influence (Gilly et Torre, 2000 ;
Dupuy et Burmeister, 2003 ; Pecqueur et Zimmermann, 2004 ; Talbot et Kirat, 2005).
Sa définition est sujette à débat au sein du groupe. On différencie notamment deux
courants : le courant dit « institutionnaliste » qui distingue trois types de proximité : géo-
graphique, organisationnelle et institutionnelle et le courant dit « interactionniste » qui
rassemble en une seule catégorie appelée « proximité organisée » les proximités organisa-
tionnelle et institutionnelle (Carrincazeaux et al., 2008). Dans les deux approches, le rôle
des institutions, soit un ensemble de règles et représentations communes (Gilly et Lung,
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Le numéro spécial de la Revue d’Économie Régionale et Urbaine (RERU, n° 3, 1993) intitulé « Économie
de proximité » est considéré comme la première publication des travaux de cette école.
structure (…)» (Rallet et Torre, 2004, p. 27), puisqu’ils nouent plus facilement des interactions
entre eux. Ensuite, la « logique de similitude », liée au fait que sont proches des acteurs qui se
ressemblent et partagent un système commun de représentations, de valeurs, et de croyances.
Les proximités géographique et organisée sont interdépendantes. Si dans un premier
temps on a pu considérer que l’activation du potentiel de la proximité géographique repo-
sait sur la mise en place « de relations efficaces de proximité organisée » (Torre, 2004,
p. 4), des travaux plus récents ont pu montrer des configurations variées dans lesquelles
les proximités peuvent se compenser. Ainsi, dans certaines situations territoriales de
conflictualité (par exemple dans les situations où la proximité géographique est subie
parce que source d’effets externes négatifs pour certains acteurs), la construction de
proximités organisées est un outil de gouvernance permettant de rapprocher les acteurs
(Torre et Beuret, 2012). Mais, il a pu également être observé des situations où la proxi-
mité géographique détermine suffisamment la nécessité pour les acteurs de se coordon-
ner. Dans ce cas, la proximité organisée peut être faible, au moins au début des projets, et
activée progressivement grâce à la proximité géographique (Mundler et al., 2013).
L’interdépendance entre proximités géographique et organisée a aussi été mobilisée
pour analyser la coordination dans les contextes de circuits courts, que ce soit entre pro-
ducteurs lorsqu’il y a des démarches collectives (Poisson et Saleilles, 2012 ; Mundler et
al., 2013), mais aussi entre producteurs et autres acteurs du circuit (Praly et al., 2009) ou
entre producteurs et consommateurs (Prigent-Simonin et al., 2012 ; Kebir et Torre, 2013).
Ils montrent tous qu’analyser la plus ou moins grande distance spatiale (par la proximité
géographique) et relationnelle (par la proximité organisée) entre les acteurs permet de
mieux comprendre le fonctionnement de ces circuits.
La proximité organisée, essentiellement par la logique de similitude, permet en effet d’ex-
pliquer la dimension relationnelle des circuits alimentaires. De nombreux travaux montrent
comment la qualité de la relation entre producteurs et consommateurs contribue à l’acte
d’achat. Dans le cas de la vente directe, celle-ci s’appuie essentiellement sur la confiance
construite grâce à la relation directe (Dubuisson-Quellier, 2005 ; Prigent-Simonin et Hérault-
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Nous proposons par conséquent d’enrichir les approches usuelles des proximités géo-
graphique et organisée par la dimension fonctionnelle, qui se trouve à leur intersection.
En effet, si la logique de similitude permet de saisir les conditions dans lesquelles se
construisent la confiance, la différenciation du produit, le partage de valeurs entre produc-
teurs et consommateurs et donc in fine l’échange marchand ; elle ne suffit pas pour rendre
compte des interactions plus concrètes qui permettent aux acteurs d’assurer l’achemine-
ment et l’adaptation du produit de la production jusqu’à la consommation. Les travaux
existants montrent que cette dimension est construite par les acteurs des circuits de proxi-
mité selon différentes modalités, résultant à la fois de leurs interactions, de leurs valeurs
communes et de leur situation géographique les uns par rapport aux autres. F. Denéchère
et al. (2008) montrent en effet que les modalités de circuits courts proposant un service
aux consommateurs, soit en construisant de la praticité (constitution d’une gamme dans
les PVC3, livraison dans les systèmes de paniers), soit en élaborant un engagement réci-
proque (AMAP) entre producteurs et consommateurs, relèvent d’abord d’une proximité
organisée inscrite dans une logique d’appartenance. En revanche, ils concluent que les
modalités dites « traditionnelles » (marchés, vente directe à la ferme), offrant peu de ser-
vices aux consommateurs, sont essentiellement construites sur la proximité géographique.
Ainsi, on voit ici que la proximité organisée peut rendre plus fonctionnelle une proximité
géographique entre producteurs et consommateurs (par l’organisation collective, le ras-
semblement d’une offre, etc.). Elle permet même parfois d’optimiser la logistique en
diminuant la dépense énergétique de la distribution (Mundler et Rumpus, 2012), ce point
ayant souvent été présenté comme le talon d’Achille des circuits de proximité (Schlich et
al. 2006 ; Coley et al. 2009). Enfin, cette dimension fonctionnelle fait souvent intervenir
d’autres acteurs que les seuls producteurs et consommateurs généralement considérés
dans les circuits courts, ce que montreront les exemples étudiés en seconde partie.
La dimension économique est en revanche peu abordée dans les travaux étudiés. De
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Points de Vente Collectifs
duction ; elles s’appuient sur une dimension fonctionnelle, visant le bon acheminement
du produit du producteur jusqu’aux consommateurs via les différents acteurs du système ;
elles valorisent l’interconnaissance entre ces acteurs et permettent des échanges mar-
chands économiquement viables pour les acteurs concernés.
Tableau 1 : Les quatre dimensions (spatiale, fonctionnelle, relationnelle, économique) des cir-
cuits de proximité
Dimension Dimension Dimension Dimension
spatiale fonctionnelle relationnelle économique
Trois circuits de commercialisation ont été choisis en Région Rhône-Alpes pour représenter
différentes modalités de commercialisation et divers types de produits qui y circulent afin de
confronter le cadre d’analyse proposé à cette forte diversité : les circuits de commercialisation
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Les arboriculteurs commercialisent leurs fruits sur deux types de circuits régionaux
(Praly, 2010) : la vente directe aux consommateurs et la vente aux détaillants
La vente directe aux consommateurs est pratiquée essentiellement à la ferme, sur des
stands au bord des routes, sur les marchés forains ou plus rarement dans des points de
vente collectifs. La proximité géographique est alors activée par les producteurs par la
recherche d’accessibilité pour les consommateurs : recherche de localisation le long des
grands axes de circulation ou sur des marchés d’agglomération, créant ainsi ce que Kebir
et Torre (2013) appellent une proximité géographique temporaire. La dimension fonction-
nelle ainsi construite permet de différencier l’offre de celle proposée sur les circuits longs,
appelés « circuits d’expédition » dans le cas des fruits. En effet, la vente directe permet de
vendre des fruits cueillis le matin même ou quelques jours auparavant et qui ne subissent
pas autant de manipulations que pour l’expédition. Ils peuvent donc être proposés plus
frais, plus mûrs. En outre, la vente directe autorise la vente d’une diversité de qualités qui
ne correspondent pas aux standards commerciaux4, comme des petits calibres, des fruits
hors normes, trop mûrs ou grêlés pour la confiture par exemple, que le consommateur
ne peut trouver ailleurs. Le producteur peut ainsi dégager un prix pour ces qualités qui,
sinon, ne vaudraient rien sur les circuits d’expédition.
La dimension relationnelle est également importante dans la vente directe, le contact
avec le producteur étant le support principal de la confiance du consommateur. Le produc-
teur apporte des conseils quant au choix des fruits, des explications sur la manière dont ils
sont cultivés, ou comment les conserver et les consommer. Les échanges répétés entre le
producteur et ses clients conduisent peu à peu à une évolution de l’offre, le premier s’adap-
tant en fonction des demandes des seconds. Les producteurs développent ainsi la gamme
proposée, en nombre de variétés pour couvrir la saison, d’espèces, en ajoutant quelques
fois des légumes d’été. Sans renouveler les vergers, quelques arbres sont plantés en bord de
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Qui s’appuient essentiellement sur des critères de calibre, d’aspect, de variétés, et plus rarement de taux
de sucre et de fermeté.
production5, ainsi que les ventes à certains grossistes qui eux-mêmes distribuent les fruits
aux détaillants sur les marchés de gros des agglomérations environnantes.
Les détaillants qui achètent directement aux producteurs sont des primeurs sédentaires
ou non, ayant un magasin ou vendant sur un ou plusieurs marchés forains. Ils alimentent
principalement les agglomérations du nord de Rhône-Alpes et des régions limitrophes
où il n’y a pas de production fruitière : les Savoie, l’Auvergne, le sud de la Bourgogne et
de la Franche-Comté. En s’approvisionnant directement auprès des producteurs, ils sont
ainsi en mesure de proposer des fruits plus mûrs et plus frais pour un prix raisonnable,
en comparaison de l’offre des circuits d’expédition. En outre, lorsque les producteurs
assurent les livraisons, le détaillant bénéficie d’un service et d’une réactivité utile en cas
de besoin. Par ses dimensions spatiale, fonctionnelle et relationnelle (entre le détaillant
et le producteur), ce type de circuit relève des circuits de proximité (Praly et Chazoule,
2013). Pourtant, la grande majorité des détaillants qui s’approvisionnent auprès de pro-
ducteurs locaux ne le communiquent pas aux consommateurs, expliquant que cela néces-
siterait un dispositif trop contraignant sur les étalages pour peu de valeur ajoutée sup-
plémentaire. Ce constat rejoint celui issu d’une étude réalisée à l’échelle nationale sur la
commercialisation des productions maraîchères de ceinture verte par les circuits courts
(Vernin et Baros, 2007).
Les grossistes qui interviennent dans ces circuits se différencient de leurs concurrents,
les grands groupes nationaux et internationaux, en proposant une offre haut de gamme aux
épiceries fines des bassins de consommation à fort pouvoir d’achat (Côte d’Azur, bassin
genevois, etc.). Localisés au cœur de la Moyenne Vallée du Rhône, ils connaissent pré-
cisément les meilleurs terroirs et les meilleurs producteurs de fruits qu’ils sélectionnent
pour élaborer la diversité et la saveur de leur offre. Comme les détaillants, ces grossistes
maintiennent un délai minimum entre la récolte et la mise en étal des fruits, pour valori-
ser leur fraîcheur et leur maturité. Si les premiers s’approvisionnent généralement dans
un rayon maximum de deux-trois heures de transport de leur lieu de vente, les seconds
organisent un transport nocturne qui permet d’étendre ce rayon jusqu’à cinq-six heures de
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Les marchés de production sont des marchés destinés principalement aux échanges entre agriculteurs et
acheteurs professionnels (détaillants, grossistes…). Celui de Pont-de-l’Isère est le principal en Moyenne Vallée
du Rhône. Certains producteurs vendent également sur le Marché d’Intérêt National de Lyon.
en compte. Par conséquent, les producteurs bénéficient d’une partie de cette valorisation,
soit parce qu’elle leur permet d’écouler des fruits trop mûrs ou de qualité commerciale peu
payée à l’expédition (cas des fruits commercialisés sur le marché de production), soit parce
qu’elle permet des prix de vente meilleurs (cas des circuits haut de gamme). En ce qui
concerne la dimension relationnelle, elle est forte entre producteurs et intermédiaires, mais
n’est pas transmise aux consommateurs, parce que peu utile pour la valorisation finale. En
effet, la différenciation qualitative des fruits permise par le faible délai de mise en étalage et
par l’interconnaissance entre producteurs et intermédiaires paraît suffisante pour assurer la
viabilité économique des opérateurs de ces circuits.
Ainsi, malgré la diversité des pratiques existantes, une logique de fonctionnement
commune aux circuits de proximité se dégage dans l’arboriculture de la Moyenne Vallée
du Rhône. Les opérateurs y valorisent un délai de mise en étalage court (dimension fonc-
tionnelle), permise par les proximités géographique et organisée entre les différents opé-
rateurs et qui permet de proposer des fruits d’une maturité et d’une fraîcheur supérieure
à celles disponibles sur les autres circuits. La dimension spatiale de ces circuits est donc
essentiellement circonscrite par l’exigence de ce délai court entre la récolte et la vente au
détail, devant permettre une maturité-fraicheur du fruit optimale.
Les possibilités offertes par le e-commerce élargissent la palette des formes de circuits
courts et modifient les relations entre producteurs et consommateurs (Gigon et Crevoisier,
1999). En Rhône-Alpes, l’inventaire entrepris début 2009 des sites Internet de vente de
produits locaux montre une nette distinction entre deux modes de mobilisation d’Internet au
service de la construction de proximités entre producteurs et consommateurs (Bon, 2009).
Le premier groupe de e-circuits-courts rassemble des sites Internet qui proposent une
gamme de produits liés à un territoire à forte identité. Ces produits sont conservables,
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Les résultats de cette section proviennent de l’enquête réalisée par N. Bon, dans le cadre du programme
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posés. Le site Internet et l’écran d’ordinateur sont ici des outils permettant de renfor-
cer la communication et la construction de l’identité territoriale des produits auprès des
consommateurs, construction dont l’importance a déjà été décrite dans le cas des produits
de terroir, par exemple par Lacroix et al. (2000). La vente par Internet permet en outre,
pour les producteurs, de développer leur marché en atteignant directement des consom-
mateurs « à distance » et non plus seulement les habitants et touristes de passage sur leur
territoire. Elle permet aussi de prolonger le lien issu de la proximité géographique tempo-
raire pour les personnes non-résidentes ayant apprécié les produits lors de leur visite sur
le territoire. Cette forme de e-circuit-court (zéro ou un intermédiaire) est essentiellement
présente dans les espaces rhône-alpins bénéficiant d’une identité renommée et de produits
de terroirs reconnus. Ce sont donc les territoires ruraux et touristiques, comme la Savoie,
la Haute-Savoie et l’Ardèche. Enfin, les sites Internet recensés apportent généralement
un modeste débouché complémentaire aux produits déjà vendus par ailleurs, mais ne
constituent pas, à eux seuls, un marché capable de faire vivre une exploitation agricole.
Le second groupe rassemble des e-circuits-courts majoritairement situés en espaces
urbains et périurbains. Ces offres de vente par Internet proposent des livraisons très régu-
lières de produits frais issus de la production locale aux consommateurs-habitants urbains.
Ici plus que dans le premier groupe, le statut et le mode d’organisation de l’e-commerce
sont très variables. Pour exemple, « Les Paniers de Martin » (intermédiaire privé livrant
des paniers sur commande) et « Alter Conso » (Société Coopérative d’Intérêt Collectif
(SCIC) passant commande en direct auprès de plusieurs producteurs) entrent dans cette
catégorie. Dans tous les cas, le site Internet assure l’interface de vente, où le consom-
mateur passe commande et, souvent, effectue son règlement. Ensuite, les produits sont
livrés aux consommateurs, soit à domicile, soit sur un point de livraison (épicerie ou bar
de quartier), soit encore sur leur lieu de travail. Il y a donc activation de la proximité géo-
graphique entre producteurs et consommateurs, le site Internet la rendant lisible et l’orga-
nisation des livraisons la rendant accessible. Cette proximité géographique est renforcée
de diverses façons (« Les Paniers de Martin » sont par exemple installés dans les locaux
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rendant lisible, tandis que les intermédiaires (privés ou collectifs) organisent les livraisons.
En outre, l’écran d’ordinateur devient médiateur d’une proximité relationnelle construite,
non seulement parce que les consommateurs peuvent « visiter » les fermes des producteurs
présentées sur le site, mais également par l’élaboration d’un discours et d’un graphisme
porteurs de valeurs partagées. Notons enfin que dans les deux cas, les prix de vente restent
bien maîtrisés par les agriculteurs, soit du fait que la vente est directe, soit de fait de la proxi-
mité organisée avec les intermédiaires. Comme dans d’autres circuits courts, ces modes de
commercialisation permettent aux agriculteurs de ne pas être affectés par la volatilité des
prix des matières premières agricoles (Mundler, 2013).
7
Les résultats de cette section proviennent de l’enquête réalisée par M. Cornée, dans le cadre du programme
PSDR 3 - LIPROCO (Cornée, 2009).
8
Nous concentrons ici notre analyse sur les contraintes logistiques. Il faut toutefois noter qu’une partie
des cas étudiés sont soumis au code d’approvisionnement des marchés publics qui est à la source d’autres
contraintes, puisque notamment, la proximité géographique ne peut être retenue comme critère d’achat. Cela
dit, différents organismes (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, Fondation Nicolat Hulot, …) ont
publié des guides pour aider les restaurants collectifs à publier des appels d’offres respectant le code des mar-
chés publics, mais permettant de privilégier des approvisionnements de proximité.
Dans ce contexte, de grands groupes se sont spécialisés pour proposer une offre adaptée
à ces contraintes (comme Pomona ou Sodexho), alors que les organisations de producteurs
régionaux se sont pendant longtemps détournées de ces marchés jugés trop peu rémuné-
rateurs. Mais le Grenelle de l’environnement, en annonçant que 20 % des repas devaient
provenir de l’agriculture biologique a entraîné une réflexion sur l’approvisionnement de
ces produits, souvent importés. Dans les faits, de multiples initiatives se sont développées
autour de l’achat local, entraînant d’ailleurs souvent une confusion entre « bio » et « local ».
Malgré cette injonction publique, les restaurateurs ont de ce fait beaucoup de difficultés
à trouver des fournisseurs en produits locaux capables de répondre à leurs exigences. Les
quelques expériences existantes en Rhône-Alpes montrent la nécessité de structurer un
approvisionnement propre à ce secteur d’activités, dont les modalités organisationnelles
sont différentes selon que les restaurants sont de statut privé ou public (Faraco, 2010).
Un restaurant d’entreprise privé servant un ensemble d’organismes de Lyon développe une
politique volontariste en termes d’approvisionnement local, notamment en viande. Après s’être
fourni auprès de bouchers-grossistes locaux entre 2007 et 2009, le restaurant se trouve obligé
de s’approvisionner directement auprès de l’abattoir de son dernier fournisseur, celui-ci ayant
cessé son activité. L’abattoir doit donc prendre en charge des compétences qui n’étaient pas
les siennes : la découpe, la préparation, la livraison de la viande. Cette transition ne se fait pas
sans erreurs, comme la livraison de pièces pour le pot-au-feu non découpées, ou de tripes qui
n’étaient pas précuites. Si jusqu’à présent le restaurant a pu s’adapter à ces aléas, grâce à la
compétence du chef cuisinier et à la réactivité de la petite équipe, la pérennité de ce fonctionne-
ment reste conditionnée à la professionnalisation de l’abattoir. La traçabilité de cette nouvelle
filière d’approvisionnement est organisée par l’interprofession bovine régionale et formalisée
par un identifiant « Agricultures Rhône-Alpes ». Le restaurant peut ainsi communiquer explici-
tement sur sa démarche et informer les convives lorsque du bœuf régional est servi.
Pour les restaurants scolaires ou hospitaliers publics, la contrainte économique est plus
forte et les moyens humains dont disposent les cuisiniers sont déterminants. En revanche,
dans ce cas, les collectivités territoriales et autres organismes de développement peuvent
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Association pour le Développement de l’Agriculture dans l’Y Grenoblois. À noter que l’association a cessé
ses activités en 2012.
Nous avions identifié quatre dimensions à prendre en compte pour comprendre ce qui
participe, ou non, du phénomène de relocalisation des circuits alimentaires : les dimen-
sions spatiale, fonctionnelle, relationnelle et économique. Le tableau 2 résume, pour les
différents circuits étudiés, chacune de ces dimensions.
Tableau 2 : Les circuits de proximité étudiés au prisme des dimensions spatiale, fonctionnelle,
relationnelle et économique.
Vente par 0-200 km, Liée aux réseaux Interconnaissance Constitution d’une
détaillants définie par des grossistes, entre professionnels offre de fruits mûrs
régionaux le délai court détaillants et permet la confiance et frais, meilleure
en fruits de mise des marchés de et la sélection de valorisation pour
en marché production la qualité, peu l’agriculteur
(48 heures) médiatisée lors de
la vente au détail
(consommateurs)
Plusieurs des circuits étudiés ici se caractérisent par une apparente distance, tant spa-
tiale que relationnelle, entre producteurs et consommateurs. L’analyse à l’aide des outils
issus de l’économie de la proximité montre toutefois que ces circuits s’inscrivent bien
dans des dynamiques sociales et économiques similaires à celles relevant de la relocali-
sation des circuits alimentaires : rapprochement producteurs – consommateurs, partage
de la valeur ajoutée plus équilibré entre échangeurs artisanaux, voire du fait de la réduc-
tion du nombre d’intermédiaires, relocalisation de la production et des flux économiques.
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ou valeurs recherchées, quantité, etc.) et de ce qui les sépare ou les rapproche, donc des
conditions de proximités préexistantes (infrastructures de transport, logistique, accessibi-
lité, organisation, valeurs partagées, etc.).
Ensuite, les acteurs de ces circuits de proximité tendent à compenser l’absence de lien
direct entre producteurs et consommateurs finaux en construisant un rapprochement rela-
tionnel, réel ou perçu. La dimension relationnelle peut ainsi être médiatisée. Producteurs
et intermédiaires mettent en place des dispositifs pour communiquer vers les consom-
mateurs, pour les informer tant sur l’agriculteur lui-même que sur son exploitation et ses
conditions de production, voire même sur son territoire (lors de relations directes, ou par
des écriteaux, affiches, médiatisation par site internet, visite dans les cantines, etc.).
des différentes filières possèdent ces compétences et moyens et sont ainsi des acteurs dont
les fonctions sont déterminantes dans la mise en œuvre des différents circuits étudiés.
La dimension relationnelle n’est en revanche pas toujours reconstruite lorsque le lien
producteur-consommateur est distendu. Il semble qu’elle le soit essentiellement lorsqu’elle
participe à la qualification de l’offre, donc à la réussite de la transaction marchande et de
la viabilité économique du circuit de proximité. En effet, dans le cas de la vente des
fruits par les détaillants régionaux, le lien entre producteurs et consommateurs n’est pas
médiatisé parce que le faible délai de mise en marché et la gestion de la variabilité de la
qualité des fruits par les intermédiaires spécialistes de ces produits (Praly et Chazoule,
2013) permettent une différenciation suffisante des fruits, par leur fraîcheur, leur matu-
rité et l’élargissement de la gamme. Dans les autres cas, la dimension relationnelle est
reconstruite, soit par un identifiant territorial (dans la restauration collective), soit par des
rencontres avec les producteurs, soit encore par des informations sur les exploitations ou
par la revendication de valeurs éthiques, toujours dans une perspective de différencier
l’offre en asseyant la confiance et fidélisant les consommateurs. Ici encore, le rôle des
intermédiaires est important. Leur engagement dans la construction et la médiation de la
dimension relationnelle entre producteurs et consommateurs est déterminant.
Sur le plan économique enfin, nos exemples confirment la possibilité pour les agricul-
teurs de mieux valoriser leurs produits, à la fois grâce à la proximité organisée entre pro-
ducteurs et consommateurs, mais également entre producteurs et intermédiaires lorsque
ces derniers sont présents. Dans certains cas comme celui de la livraison aux cantines sco-
laires, le soutien d’associations ou de collectivités joue un rôle déterminant. La meilleure
valorisation vient aussi de la dimension fonctionnelle des circuits, lorsqu’il y a moins
d’intermédiaires, mais également lorsque des intermédiaires spécialisés permettent de
valoriser des produits aux qualités spécifiques comme on l’a vu pour les fruits. Au final,
ce sont bien les combinaisons à chaque fois spécifiques des proximités d’un circuit qui
permettent la valorisation des produits.
Le cadre théorique des circuits de proximité permet donc d’alimenter utilement l’ac-
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La société « drive des épouvantails » développe ce service dans plusieurs régions de France avec un enga-
gement ferme sur l’approvisionnement auprès de « producteurs et des commerçants qui valorisent les produits
locaux » : http://drive-des-epouvantails.fr/nos-engagements.html
par les Départements permettent aux restaurants collectifs (cantines, maisons de retraite,
hôpitaux, etc.) d’informer directement les producteurs locaux de leurs commandes, par
mail ou par sms11.
Le concept de « circuits de proximité », définissant des circuits mobilisant les proxi-
mités organisée et géographique entre acteurs du système alimentaire en valorisant à la
fois la dimension spatiale, l’interconnaissance entre acteurs et la dimension fonctionnelle
du circuit permet d’appréhender ces objets qui dépassent la définition des circuits courts
mais qui s’imposent aujourd’hui comme une modalité de développement des circuits
alimentaires localisés. Il permet également de mettre en lumière le rôle souvent détermi-
nant que peuvent jouer les divers intermédiaires dans ce développement. Il éclaire enfin
les modalités que peuvent prendre diverses initiatives visant à renforcer la gouvernance
locale de l’alimentation.
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