Situation de La Population Mondiale en 2014: Rapport Concis
Situation de La Population Mondiale en 2014: Rapport Concis
et sociales
Situation de la population
mondiale en 2014
Rapport concis
ISBN 978-92-1-251132-0
14-5387 (F)
Nations Unies
Département des affaires économiques et sociales ST/ESA/SER.A/354
Division de la population
Situation de la population
mondiale en 2014
Rapport concis
asdf
Nations Unies
New York, 2014
DAES
Le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de
l’Organisation des Nations Unies assure l’interface indispensable entre les
politiques mondiales appliquées dans les domaines économique, social et
environnemental et les mesures prises à l’échelon national. Le Département
travaille principalement dans trois domaines reliés entre eux : i) il collecte,
produit et analyse des données et informations très variées d’ordre écono-
mique, social et environnemental auxquelles les États Membres des Nations
Unies font appel pour étudier les problèmes communs et faire le point sur
les possibilités d’action; ii) il facilite les négociations entre pays membres
dans de nombreux organes intergouvernementaux sur des plans d’action
communs pour aborder les défis mondiaux actuels ou nouveaux; et iii) il
donne aux gouvernements intéressés des avis sur les moyens utilisables pour
traduire en programmes au niveau national les cadres politiques élaborés
lors des conférences et des sommets des Nations Unies et, par le biais de
l’assistance technique, il contribue à renforcer les capacités nationales.
Note
Les appellations employées dans la présente publication et la présentation
des données qui y figurent n’impliquent de la part du Secrétariat de l’Orga-
nisation des Nations Unies aucune prise de position quant au statut juri-
dique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au
tracé de leurs frontières ou limites.
Tel qu’il est utilisé dans le texte de la présente étude, le mot « pays » peut
également désigner un territoire ou une zone, selon le cas.
On emploie les expressions « plus développés », « moins développés » et
« moins avancés » pour des pays, territoires ou régions, uniquement pour
faciliter la présentation des statistiques, mais ces appellations n’entraînent
pas nécessairement de jugement sur le stade du processus de développement
d’un pays ou d’un territoire donné.
ST/ESA/SER.A/354
Numéro de vente : F.14.XIII.9
Préface
Le présent rapport, établi conformément à la résolution 1996/2 du Conseil
économique et social, examine les tendances démographiques mondiales,
y compris à l’échelle des grandes régions, des groupes de développement
et de certains pays. Il porte sur les changements intervenus au cours des
20 dernières années depuis l’adoption du Programme d’action de la Confé-
rence internationale sur la population et le développement, tenue au Caire
en 1994. Il aborde essentiellement la taille et la croissance de la population,
la fécondité, le mariage, la formation des couples, la planification familiale,
la mortalité, les migrations internationales, les adolescents et les jeunes, le
vieillissement de la population et l’urbanisation.
Ce rapport souligne qu’en 2014, la population mondiale a atteint 7,2 mil-
liards de personnes et qu’elle pourrait s’accroître de plus de 2 milliards d’ici
à 2050. C’est dans les régions les moins développées que l’on devrait enre-
gistrer l’essentiel de cette croissance démographique et elle devrait varier
considérablement entre les grandes régions et les pays, du fait essentielle-
ment des différences entre les niveaux et les tendances en matière de fécon-
dité. Les populations d’Afrique et d’Asie vont augmenter très sensiblement
au cours des prochaines décennies. En revanche, en raison d’une fécondité
déficitaire persistante, plusieurs pays devraient accuser une baisse de la taille
de leur population. Malgré des améliorations notables constatées au cours
des 20 dernières années en ce qui concerne l’espérance de vie, de nom-
breux pays n’atteindront pas les objectifs fixés dans le Programme d’action
en matière d’espérance de vie, de mortalité infantile et postinfantile et de
mortalité maternelle.
Plus de la moitié de la population mondiale vit dorénavant dans des zones
urbaines. Même si le nombre de grandes agglomérations urbaines aug-
mente, près de la moitié des citadins vivent dans des villes plus petites. Le
nombre de jeunes a augmenté rapidement au cours des dernières décennies
et devrait rester relativement stable pendant les 35 prochaines années. Par
contre, le nombre et la proportion de personnes âgées devraient continuer
de croître encore pendant un certain nombre d’années.
Ce rapport conclut que la population mondiale n’a jamais été aussi diverse
et changeante, ce que montrent les nouvelles tendances en matière de fécon-
dité, de mortalité, de migration, d’urbanisation et de vieillissement. La
poursuite de ces tendances démographiques et leurs conséquences seront
à la fois sources d’avantages et d’inconvénients pour la formulation et la
mise en œuvre du programme de développement des Nations Unies pour
l’après-2015 ainsi que pour la réalisation de l’ensemble des objectifs de déve-
loppement arrêtés au niveau international.
iv Situation de la population mondiale en 2014
Tableaux
1. Population, accroissement annuel moyen et taux de croissance
(variante moyenne).................................................................. 4
2. Estimation du nombre de migrants internationaux, augmen-
tation pendant la période considérée, répartition géogra-
phique et proportion de femmes, en 1990, 2000 et 2013........ 24
Figures
I. Taux annuel moyen d’évolution de la population, dans le
monde et les grandes régions, 1970-2050 (en pourcentage)..... 5
II. Estimations et projections de la population mondiale pour la
période 1970-2050 (variantes fécondité constante, élevée et
faible pour 2015 et après)......................................................... 6
III. Indice synthétique de fécondité (naissances par femme), dans
le monde et les grandes régions, 1970-2015............................. 10
IV. Indice synthétique de fécondité (naissances par femme), par
pays ou régions, 1994 et 2014.................................................. 11
V. Utilisation de contraceptifs (en pourcentage) par les femmes
mariées ou vivant en couple, dans le monde et les grandes
régions, 1970-2015................................................................... 12
vi Situation de la population mondiale en 2014
I. Introduction
1. Le présent rapport offre une perspective démographique sur l’évolution
du monde au cours des 20 dernières années. La planète a connu de pro-
fonds bouleversements sur les plans social, économique et politique depuis
la Conférence internationale sur la population et le développement, qui s’est
tenue au Caire en 1994. Peu de facteurs auront une influence aussi fonda-
mentale sur le futur programme de développement mondial que la taille, la
structure et la répartition spatiale de la population mondiale. Les transitions
démographiques en cours associées à l’évolution des niveaux de fécondité,
de mortalité et des flux migratoires continuent de modifier sensiblement la
taille, la structure et la répartition spatiale des familles, des foyers et des
communautés dans le monde, ce qui présente à la fois des avantages et des
inconvénients en termes d’élaboration de politiques visant à promouvoir le
bien-être des générations actuelles et futures.
2. Les tendances démographiques exposées dans ce rapport ont été pour
la plupart déterminées à partir des résultats de la vingt-troisième série d’esti-
mations et de projections démographiques officielles établies par la Divi-
sion de la population du Département des affaires économiques et sociales,
World Population Prospects: The 2012 Revision. Cette révision s’appuie sur
la précédente série et intègre les résultats des nouveaux recensements de
la population fournis par 94 pays ainsi que les conclusions de plusieurs
enquêtes démographiques spécialisées réalisées dans le monde au cours des
dernières années. Ces données fournissent de nouvelles informations sur la
taille de la population ainsi que des éléments permettant d’évaluer les trois
composantes de l’évolution démographique : la fécondité, la mortalité et
les migrations.
3. Plusieurs autres bases de données uniques mises au point et gérées
par la Division de la population ont également fourni des informations
complémentaires reprises dans le présent rapport. Les données sur les popu-
lations urbaines, rurales et citadines proviennent de la série World Urbani-
zation Prospects: The 2011 Revision, celles sur les taux de contraception et
les besoins non satisfaits en matière de planification familiale des enquêtes
réalisées dans 194 pays ou régions, des estimations annuelles modélisées
ainsi que des projections à court terme d’indicateurs de planification fami-
liale, figurant toutes dans World Contraceptive Use 2012. Les évaluations
du nombre de migrants internationaux sont basées sur les données figurant
dans Trends in International Migrant Stock: The 2013 Revision, qui présente
des estimations du nombre de migrants par origine, âge et sexe pour chaque
pays et grande région du monde.
3
Tableau 1
Population, accroissement annuel moyen et taux de croissance (variante moyenne)
Figure I
Taux annuel moyen d’évolution de la population,
dans le monde et les grandes régions, 1970-2050 (en pourcentage)
2,5
2
Accroissement moyen annuel
1,5
0,5
-0,5
1970 1980 1990 2000 2010 2020 2030 2040 2050
Monde Afrique
Asie Europe
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
Océanie
fois plus rapide qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes et plus de 15 fois
plus qu’en Asie. En partie du fait des migrations internationales, les taux
de croissance de l’Amérique du Nord et de l’Océanie dépasseront ceux
de l’Asie et de l’Amérique latine et des Caraïbes au cours des prochaines
décennies. La population en Europe devrait amorcer une baisse après 2020.
Dans l’ensemble, le taux d’accroissement démographique mondial devrait
diminuer pour atteindre 0,5 % par an d’ici à 2050.
8. De petits écarts dans les futurs taux de fécondité auront des consé-
quences importantes sur la taille et la structure à venir de la population
mondiale (voir figure II). Pour la variante « fécondité élevée » de la projec-
tion, 0,5 enfant de plus par femme, en moyenne, signifie une augmenta-
tion de 1,3 milliard de personnes dans le monde en 2050 par rapport à la
variante moyenne. D’autre part, si les femmes ont en moyenne 0,5 enfant
de moins (variante « fécondité faible »), il y aura 1,2 milliard de personnes
en moins dans le monde en 2050.
9. L’essentiel de l’accroissement démographique prévu pour la période
2014-2050 sera concentré dans un petit nombre de pays. Pendant cette pé-
riode, neuf pays compteront pour plus de la moitié de l’accroissement prévu
6 Situation de la population mondiale en 2014
Figure II
Estimations et projections de la population mondiale pour la période 1970-2050
(variantes fécondité constante, élevée et faible pour 2015 et après)
Constante
Élevée
Faible
Population (milliards)
Figure III
Indice synthétique de fécondité (naissances par femme),
dans le monde et les grandes régions, 1970-2015
Indice synthétique de fécondité
Monde Afrique
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
Europe Océanie
Asie
Figure IV
Indice synthétique de fécondité (naissances par femme), par pays ou régions,
1994 et 2014
Afrique Asie et et
Asie Océanie
Océanie
de fécondité, 2014
de fécondité, 2014
Indice synthétique
Indice synthétique
Indice synthétique
Indice synthétique
Figure V
Utilisation de contraceptifs (en pourcentage) par les femmes mariées
ou vivant en couple, dans le monde et les grandes régions, 1970-2015
Utilisation de contraceptifs
Monde Afrique
Asie Europe
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
Océanie
3 Gilda Sedgh et al., « Induced abortion: incidence and trends worldwide from
1995 to 2008 », The Lancet, vol. 379, n° 9816 (18 février 2012), p. 625 à 632.
Rapport concis 13
Figure VI
Besoins non satisfaits en matière de planification familiale
chez les femmes mariées ou vivant en couple, par pays
ou grande région, 1994 et 2014 (en pourcentage)
Figure VII
Espérance de vie à la naissance (en années), dans le monde
et les grandes régions, 1970-2015
Espérance de vie
Figure VIII
Espérance de vie à la naissance (en années), par pays et grande région,
1994 et 2014
---------------------------------------- ----------------------------------------
5 Levels and Trends in Child Mortality: Report 2013 (Fonds des Nations Unies pour
l’enfance, 2013).
18 Situation de la population mondiale en 2014
Figure IX
Probabilité de décès avant l’âge de 5 ans (ou mortalité des moins de 5 ans),
dans le monde et les grandes régions, 1970-2015 (pour mille)
(décès pour 1 000 naissantes vivantes)
Mortalité des moins de 5 ans
Monde Afrique
Asie Europe
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
Océanie
enfants. Pour cela, il faut investir dans les infrastructures des systèmes de
santé et permettre aux femmes d’avoir accès à une bonne alimentation et
à des soins prénatals et obstétricaux de qualité. Dans les pays dont le taux
de mortalité des moins de 5 ans est élevé, la tendance actuelle à la baisse de
la fécondité, au développement de l’urbanisation et à la hausse du niveau
d’éducation des femmes et des filles, devrait contribuer à réduire davantage
la probabilité de mourir durant les cinq premières années de la vie.
23. L’adolescence et la jeunesse sont souvent considérées comme les âges de
la vie où l’on est en meilleure santé, mais ce sont aussi des périodes critiques
où la santé et la survie de l’individu sont exposées à un ensemble unique
de menaces. Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux maladies
sexuellement transmissibles, aux troubles mentaux et aux blessures dues aux
accidents de la route ou aux actes de violence. En outre, ils doivent prendre
des décisions qui peuvent avoir de grandes répercussions sur leurs risques
de morbidité et de mortalité. C’est en général à l’adolescence et au début de
l’âge adulte qu’on adopte nombre des principaux comportements à risque
(rapports sexuels non protégés, tabagisme, mauvaise alimentation, inactivité
physique et consommation excessive d’alcool) qui, plus tard, seront à l’ori-
Rapport concis 19
Figure X
Probabilité de décès avant 5 ans (ou mortalité des moins de 5 ans),
par pays et grande région, 1994 et 2014 (pour mille)
Figure XI
Probabilité de décès entre 15 et 60 ans, dans le monde et les grandes régions,
1970-2015 (pour mille)
Probabilité de décès entre 15 et 60 ans
Monde Afrique
Asie Europe
Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord
Océanie
25. Bien que des millions de personnes continuent chaque année d’être
infectées par le VIH, des progrès tangibles contre la maladie ont été enre-
gistrés à l’échelle mondiale. En 2012, on estime que 2 millions de personnes
ont été infectées par le VIH (soit une baisse de 37 % par rapport au pic de
contamination de 1996) et que 1,6 million de personnes sont mortes des
suites du sida (soit une baisse de 30 % par rapport au pic de décès de 2006).
On ne pourra réduire la mortalité associée au sida qu’en élargissant l’accès
universel au traitement. En 2012, sur les 28,3 millions de personnes vivant
dans les pays à bas revenu ou à revenu intermédiaire qui auraient eu besoin
d’un traitement, seules 9,7 millions en ont bénéficié.
tié du nombre annuel de décès maternels, qui est passé de 543 000 en 1990 à
287 000 en 2010. Plus de la moitié des décès maternels ont lieu aujourd’hui
en Afrique subsaharienne, où le taux de mortalité maternelle en 2010 est de
500 décès pour 100 000 naissances vivantes.
27. Les maladies non transmissibles courantes comme les maladies cardio
vasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires contribuent
notablement à la morbidité et la mortalité aussi bien dans les régions dé-
veloppées que dans les régions moins développées. Les facteurs de risque
que sont le surpoids et l’obésité, ainsi que le tabagisme, un mauvais régime
alimentaire et l’inactivité physique, ont ralenti la hausse de l’espérance de
vie en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines parties d’Amérique
latine et des Caraïbes et commencent à faire sentir leurs effets dans d’autres
régions du monde. Par ailleurs, les coûts de diagnostic, de traitement et de
suivi des symptômes des maladies non transmissibles sont élevés et posent
un problème particulier aux systèmes de santé qui, parallèlement, continuent
à prendre en charge le lourd fardeau des maladies transmissibles. Il faudra
renforcer les capacités des systèmes de santé pour leur permettre d’anticiper
et de gérer un doublement ou un triplement du nombre de blessures et de
maladies (transmissibles et non transmissibles) à leur charge, notamment au
moyen de plans de prévention efficaces et peu coûteux, si l’on veut conserver
et continuer d’améliorer les gains d’espérance de vie.
23
V. Migrations internationales
28. Les migrations internationales ont gagné en ampleur, en envergure,
en complexité et en importance démographique au cours des 20 dernières
années 6 . Depuis 1990, les flux migratoires internationaux se sont considé
rablement diversifiés et de nombreux pays sont désormais à la fois pays de
départ, de destination et de transit. En 2013, le nombre de migrants inter-
nationaux à travers le monde s’élevait à 232 millions, contre 154 millions
en 1990. Bien que cela représente une augmentation de 78 millions de
personnes, la part des migrants internationaux dans la population mondiale
ne s’est guère accrue, passant de 2,9 % en 1990 à 3,2 % en 2013. Le solde
migratoire net (le nombre d’immigrants moins le nombre d’émigrants) est
devenu l’un des facteurs principaux de l’accroissement démographique dans
les régions développées.
29. La part des migrants internationaux vivant dans les régions dévelop-
pées est passée de 53 % en 1990 à 59 % en 2013. En 2013, l’Europe et l’Asie
accueillaient ensemble près des deux tiers du total des migrants internatio-
naux.
30. Entre 1990 et 2013, les pays des régions développées ont accueilli plus
du double de migrants internationaux que les régions moins développées
(53 millions contre 24 millions). L’Amérique du Nord a accueilli durant
cette période le plus grand nombre de migrants internationaux, enregistrant
chaque année un solde net de 1,1 million de migrants, suivie de l’Europe
(1 million) et de l’Asie (un peu moins de 1 million). Entre 2000 et 2013,
toutefois, l’Asie a accueilli davantage de migrants internationaux que toutes
les autres grandes régions, affichant un solde net d’environ 21 millions de
migrants, soit en moyenne 1,6 million de migrants par an.
31. En 2013, les femmes représentaient 48 % du total des migrants inter
nationaux. Il existe toutefois de fortes disparités régionales, les femmes repré-
sentant 52 % des migrants dans les régions développées, contre 43 % dans
les régions moins développées. Depuis 1990, les femmes migrantes prove-
nant des régions moins développées sont moins nombreuses, du fait princi-
palement de l’augmentation du nombre d’hommes migrants en Asie, passé
de 59 % en 1990 à 66 % en 2013, en raison de la demande en travailleurs
migrants des pays producteurs de pétrole d’Asie occidentale. En revanche, les
destinations d’émigration plus traditionnelles comme l’Europe, l’Amérique
latine et les Caraïbes et l’Amérique du Nord accueillent en général plus de
femmes : l’installation durable des migrants dans les pays d’accueil, les dis-
Tableau 2
Estimation du nombre de migrants internationaux, augmentation pendant la période considérée, répartition géographique
et proportion de femmes, en 1990, 2000 et 2013
Figure XII
Part des migrants internationaux originaires de la même grande région, 2013
(en pourcentage)
75 % et plus
De 50 % à 75 %
Moins de 50 %
Données non disponibles
35. Parmi les régions moins développées, l’Asie du Sud et l’Asie occidentale
accueillent un grand nombre de migrants en provenance des pays voisins. Par
exemple, on estime qu’en 2013, environ 2,3 millions d’Afghans vivaient au
Pakistan et 2,3 millions en République islamique d’Iran, la plupart d’entre
eux étant des réfugiés. La majorité des migrants nés à l’étranger vivant dans
les pays producteurs de pétrole d’Asie occidentale sont originaires d’Asie
méridionale, dont 2,9 millions d’Indiens qui vivent aux Émirats arabes unis
et 1,8 million en Arabie saoudite.
39. Depuis 1994, le taux de fécondité des adolescentes a baissé presque par-
tout dans le monde. La figure XIII, qui illustre l’évolution du taux de nata-
lité des adolescentes entre 1990 et 1995 et entre 2010 et 2015, montre que
les quatre grandes régions ont suivi des schémas différents. L’Afrique est la
région la plus hétérogène pour ce qui est des grossesses chez les adolescentes;
toutefois, entre 1990 et 1995, le taux de natalité annuel des adolescentes
dans nombre de pays se situait bien au-dessus de 100 pour 1 000 filles âgées
de 15 à 19 ans. Depuis, le nombre de grossesses chez les adolescentes de la
région a beaucoup diminué, comme on peut le voir en comparant les points
de part et d’autre de la diagonale, mais reste élevé dans de nombreux pays.
En revanche, entre 1990 et 1995, le taux de natalité annuel des adolescentes
dans presque tous les pays d’Asie et d’Océanie était inférieur à 100 ‰. Il a
tout de même chuté de 50 %, voire plus, dans de nombreux pays. Dans la
plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le taux de natalité annuel
des filles de 15 à 19 ans a diminué mais est resté relativement élevé, entre
50 et 100 ‰, malgré une baisse considérable du taux de fécondité total. La
baisse du nombre de grossesses chez les adolescentes peut notamment être
28 Situation de la population mondiale en 2014
Figure XIII
Taux de natalité des adolescentes (nombre de naissances
par an pour 1 000 filles âgées de 15 à 19 ans),
par pays et grande région, de 1990 à 1995 et de 2010 à 2015
de 2010 à 2015
de 2010 à 2015
Taux de natalité
hs per 1de
BirtTaux women agdes
,000natalité
40. Une grossesse précoce est souvent le résultat d’un mariage ou d’un
concubinage précoce. Le mariage précoce reste fréquent en Afrique, où une
fille de 15 à 19 ans sur cinq est mariée ou en couple (voir figure XIV7).7Depuis
1990, toutes les grandes régions ont vu une baisse de la proportion d’adoles-
7 Document technique sur les estimations et les projections aux niveaux national,
régional et mondial du nombre de femmes âgées de 15 à 49 ans qui sont mariées
ou en couple, 1970-2030 (Organisation des Nations Unies, document technique
n° 2013/2).
Rapport concis 29
Figure XIV
Filles âgées de 15 à 19 ans mariées ou vivant en couple,
par grande région, 1990 et 2010 (en pourcentage)
1990
Océanie
Oceania
2010
Northerndu
Amérique America
Nord
LatinAmérique
America and the
latine
Caribbean
et Caraïbes
Europe
Europe
Asia
Asie
Afrique
Africa
0 10 20 30
Proportion
Filles âgées deof15
women aged 15ou
à 19 mariées tovivant
19 years
enmarried
couple or in-union (per cent)
Figure XV
Part de la population âgée de 60 ans ou plus, par grande région,
en 1994, 2014 et 2050 (en pourcentage)
35
30
25
20
1994
2014
15 2050
10
0
Afrique
Africa Asie
Asia Amérique latine
Latin America Europe
Europeet+ Amérique
N. America du Nord
sance de la population des personnes âgées a été plus lente en Europe, région
qui a pourtant connu la plus forte augmentation derrière l’Asie, avec 38 mil-
lions de personnes âgées en plus, soit 11 % de l’augmentation mondiale.
45. La population des pays des régions développées est globalement plus
âgée que celle de la plupart des pays des régions moins développées. Toute-
fois, en chiffres absolus, ces derniers comptent plus de personnes âgées. En
2014, environ deux tiers de la population mondiale de 60 ans ou plus vivent
dans les régions moins développées, cette proportion devant atteindre les
quatre cinquièmes d’ici à 2050.
46. Un certain nombre de pays des régions développées doit déjà faire face
à des rapports très bas de soutien économique des personnes âgées. C’est
notamment le cas de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, qui comptent
seulement 2,5 à 3 adultes en âge de travailler pour chaque personne âgée.
À l’autre extrême, des pays comme le Bahreïn, le Qatar et les Émirats
arabes unis, qui accueillent un grand nombre de migrants, comptent plus
de 35 adultes en âge de travailler par personne âgée. De manière générale,
le rapport de soutien économique des personnes âgées des pays européens
est plutôt bas, celui des pays d’Amérique latine et des Caraïbes est inter-
médiaire et celui des pays d’Asie occidentale, d’Asie centrale du Sud et
d’Afrique subsaharienne est relativement élevé.
Rapport concis 33
48. Les femmes vivant en moyenne plus longtemps que les hommes, elles
représentent la majorité des personnes âgées dans pratiquement tous les pays.
En 2014, à l’échelle mondiale, on comptait 85 hommes pour 100 femmes
parmi les personnes âgées de 60 ans ou plus et 61 hommes pour 100 femmes
parmi les personnes âgées de 80 ans ou plus. Cette différence devrait se
gommer légèrement au cours des décennies à venir, le taux de mortalité des
hommes âgés devant baisser un peu plus rapidement que celui des femmes.
VIII. Urbanisation
et croissance urbaine
50. Un cap majeur a été passé depuis la Conférence du Caire de 1994.
Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit en zone ur-
baine (voir figure XVI). Les difficultés liées à la gestion de ces zones sont
devenues plus importantes et plus complexes. Correctement planifiée, la
croissance urbaine peut permettre d’améliorer l’accès à l’éducation, à la
santé, aux logements et à d’autres services, d’ouvrir de nouveaux débouchés
et de mieux maîtriser l’impact de l’homme sur l’environnement. Parallèle-
ment, une croissance urbaine rapide pose des problèmes en matière de pla-
nification urbaine viable et de gouvernance, en particulier dans les localités
qui n’y sont pas bien préparées.
51. La population urbaine mondiale est passée de 2,3 milliards de per-
sonnes en 1994 à 3,9 milliards en 2014, et devrait atteindre 6,3 milliards en
2050. À titre de comparaison, la taille de la population rurale est restée pour
ainsi dire inchangée de 1994 à 2014 et devrait commencer à diminuer et, en
2050, pourrait compter 0,3 milliard de personnes de moins qu’aujourd’hui.
52. L’ampleur et le rythme de l’urbanisation diffèrent grandement d’une
région à l’autre, et encore plus d’un pays ou d’une ville à l’autre. Avec les
trois quarts de sa population vivant en zone urbaine en 2014, la région de
l’Amérique latine et des Caraïbes est maintenant majoritairement citadine
et a un niveau d’urbanisation comparable à celui de l’Amérique du Nord
et de nombreux pays d’Europe. En revanche, l’Afrique et l’Asie sont beau-
coup moins urbanisées, puisque seuls 41 % et 47 % de leurs populations
respectives vivent en zone urbaine. Ces deux régions, qui partent de niveaux
plus faibles, devraient connaître un taux d’urbanisation plus rapide que les
autres entre 2014 et 2050.
53. Les mégalopoles, c’est-à-dire les agglomérations de 10 millions d’habi-
tants ou plus, sont à la fois plus nombreuses et plus grandes qu’avant. Si
elles sont remarquables par leur taille et leur importance économique, elles
ne représentent qu’une part relativement faible de la population. En 2014,
10 % de la population mondiale réside dans des agglomérations d’au moins
10 millions d’habitants, proportion qui devrait passer à presque 14 % d’ici
à 2025. En revanche, la part de la population mondiale vivant dans des
villes de moins de 500 000 habitants devrait diminuer et passer de 51 % en
2014 à 43 % en 2025.
54. Tokyo, qui compte 37,2 millions d’habitants, est l’agglomération la
plus peuplée au monde, suivie de Delhi, avec 22,7 millions d’habitants,
36 Situation de la population mondiale en 2014
Figure XVI
Projection de l’évolution des populations urbaine et rurale mondiales,
1970 à 2050 (en milliards)
Urb
Urbaine
6
Rurale
5
Population (en milliards)
0
197
1970 1980
1980 1990
1990 2000 2010 2020 2030 2040 2050
Mexico et New York, qui comptent toutes deux 20,4 millions d’habitants,
Shanghai (Chine), avec 20,2 millions d’habitants, et São Paulo (Brésil),
avec 19,9 millions d’habitants. En 2025, Tokyo devrait rester la plus grande
agglomération avec 38,7 millions d’habitants, devant Delhi, Shanghai,
Mumbai, Mexico, New York, São Paulo, Dhaka, Beijing et Karachi, qui
devraient toutes compter plus de 20 millions d’habitants.
55. En 2011, 60 % de la population des villes d’au moins 1 million d’habi-
tants, soit 890 millions de personnes, vivait dans des zones extrêmement
exposées à au moins un type de catastrophe naturelle (inondation, séche-
resse, cyclone ou séisme)9.9Les grandes villes d’Afrique et d’Europe sont
les moins concernées, puisque seules 37 % et 26 % d’entre elles, respec-
tivement, sont situées dans des zones particulièrement vulnérables à au
moins un type de catastrophe. À l’inverse, les villes d’Amérique latine et
des Caraïbes, d’Amérique du Nord et, surtout, d’Asie sont souvent situées
Figure XVII
Répartition des villes en fonction de leur population
et de leur vulnérabilité aux risques naturels, 2011
No hazard risk
IX. Conclusions
56. Depuis la Conférence internationale sur la population et le dévelop-
pement, tenue au Caire en 1994, la population mondiale est passée de 5,7
à 7,2 milliards de personnes, l’Asie et l’Afrique étant responsables des trois
quarts de cette croissance. Selon les projections de l’ONU, bien qu’elle
ralentisse, la croissance démographique devrait se poursuivre et la popula-
tion mondiale atteindre 9,6 milliards de personnes d’ici à 2050.
57. D’un point de vue démographique, la différence d’un pays à l’autre
n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. D’un côté, certains pays se
caractérisent toujours par un taux de fécondité élevé et, par conséquent, par
une proportion élevée de jeunes et une croissance démographique rapide.
De l’autre, certains pays ont vu leur taux de fécondité chuter en dessous
du seuil de renouvellement, entraînant un vieillissement rapide, voire un
déclin de la population.
58. Peu de pays ont atteint l’objectif d’une réduction de 50 % des be-
soins de planification familiale non couverts, qui fait partie des principales
mesures pour la poursuite de l’application du Programme d’action de la
Conférence internationale sur la population et le développement, adoptées
en 1999. C’est pourquoi il est essentiel d’investir davantage, à l’échelle
mondiale, dans la diffusion d’informations, de conseils et de services de
qualité en matière de planification familiale volontaire.
59. En dépit des progrès accomplis dans l’allongement de l’espérance de
vie au cours de ces 20 dernières années, la plupart des pays n’arriveront pas
à atteindre, d’ici à 2015, l’objectif de 75 ans (70 ans pour les pays ayant les
taux de mortalité les plus élevés) fixé dans le Programme d’action. Seuls
35 % des pays dont l’espérance de vie s’établissait entre 60 et 75 ans au
moment de la Conférence ont dépassé l’objectif de 75 ans au cours de la
période allant de 2010 à 2015, et seul un des 53 pays dont l’espérance de vie
était de moins de 60 ans au moment de la Conférence a réussi à dépasser
l’objectif de 70 ans. De même, l’objectif fixé lors de la Conférence consistant
à réduire de 75 % le taux de mortalité maternelle ne pourra pas être atteint.
En vue d’accélérer les progrès, il est nécessaire de poursuivre les efforts
visant à améliorer la santé et la survie à toutes les étapes de la vie, y compris
chez les nourrissons et les enfants, les adolescents et les jeunes, les adultes
en âge de travailler et de procréer et les personnes âgées.
60. Ces 20 dernières années, les migrations internationales ont gagné
en ampleur, en envergure et en complexité et sont devenues plus impor-
tantes sur le plan démographique. Depuis la Conférence du Caire, les flux
migratoires se sont diversifiés et de nombreux pays sont désormais à la fois
40 Situation de la population mondiale en 2014
et sociales
Situation de la population
mondiale en 2014
Rapport concis
ISBN 978-92-1-251132-0
14-5387 (F)
Nations Unies