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Exposition Fleuves

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1

Les grands bassins


fluviaux
L’eau douce Essentielle à la survie des hommes
et au développement des sociétés, cette eau
souterraine, et de la fonte des glaciers
s’écoulent vers un exutoire commun,

représente 3 % est inégalement répartie sur la planète. un océan, une mer ou un lac.

Les stocks les plus importants se situent Le bassin versant porte le nom

des stocks d’eau en zone intertropicale où les pluies sont


les plus abondantes. Les précipitations,
du fleuve principal, cours d’eau alimenté
par de nombreux affluents de l’amont
et donc les débits des cours d’eau, peuvent vers l’aval. Il existe toute taille de bassins
de la planète. être très variables au sein d’un bassin versants, les plus importants étant ceux
versant. C’est un territoire où les eaux de l’Amazone, du Congo, du Mississippi
Les lacs, fleuves provenant de la pluie, des nappes d’eau et du Nil.

et rivières, dont
la ressource
1 4 5

est facilement 9
11

mobilisable 2 6 8
10

3 7

par l’homme, PRINCIPAUX


BASSINS VERSANTS
SUR TERRE
ne représentent 6. Niger
Superficie : 1,2 million de km².
que 1 à 2 % de 1. Mississipi
Débit moyen : 5 600 m3/s.
Longueur : 4 184 km.
Superficie : 3,2 millions de km².
Débit moyen : 13 000 m3/s.
cette eau douce. Longueur : 3 780 km. 7. Congo
Superficie : 3,5 millions de km².
Débit moyen : 40 000 m3/s.
Longueur : 4 700 km.
2. Orénoque
Superficie : 1 million de km².
Débit moyen : 35 000 m3/s. 8. Nil
Longueur : 2 140 km. Superficie : 3 millions de km².
Débit moyen : 2 800 m3/s.
Longueur : entre 6 400 et 6 700 km.
3. Amazone
Superficie : 6 millions de km².
Débit moyen : 206 000 m3/s.
9. Gange-Brahmapoutre
Longueur : entre 6 300 et 6 800 km. Superficie : 1,5 million de km².
Débit moyen : 30 800 m3/s.
Longueur : 2 896 km.

4. Rhône
Superficie : 0,1 million de km². 10. Mékong
Débit moyen : 1 700 m3/s. Superficie : 0,8 million de km².
Longueur : 810 km. Débit moyen : 21 000 m3/s.
Longueur : 4 350 km.

5. Danube 11. Yangzi Jiang


Superficie : 0,8 million de km². Superficie : 2 millions de km².
Débit moyen : 6 300 m3/s. Débit moyen : 30 000 m3/s.
Longueur : 3 020 km. Longueur : 6 380 km.

LE SAVIEZ-VOUS ?
Le Nil et l’Amazone ont presque
la même longueur, 6 700 km environ.
Cependant, l’Amazone, avec un bassin
plus grand et des pluies plus abondantes,
est nettement plus puissant avec
un débit moyen 25 fois plus important !

Fleuves, lacs et rivières offrent


un indispensable moyen
de communication entre
les hommes

2
Des fleuves
sous influence
Les fleuves L’eau choisit toujours la pente la plus
importante. Le parcours d’un fleuve
comme les sécheresses ou les fortes pluies,
accentuent l’érosion et donc le transport
est donc lié à la topographie, elle-même de matière, qui façonnent en retour
et rivières ne sont héritée de l’histoire géologique du bassin. les cours de l’eau.

pas figés dans Mais l’eau façonne les paysages,


en altérant par dissolution les roches et
Depuis le XIXe siècle, l’homme
a profondément modifié les fleuves.
en transportant dans les cours d’eau les Ses aménagements détournent les bras,
le temps et dans produits de cette altération vers l’aval. modifient les rives, réduisent le débit,
Ainsi, les blocs, galets, sables, limons, créent des retenues d’eau, perturbent
l’espace. Il existe produits de cette érosion, se déposent
et s’accumulent dans le lit et sur les berges,
les écoulements et la vie dans les cours
d’eau. Mais ils apportent aussi des services

de subtils liens perturbant et détournant le parcours


des rivières et des fleuves.
aux populations : alimentation en eau
des villes et des champs, production
Les évènements climatiques extrêmes, d’électricité, création d’aires de loisirs...
entre les cours
Équateur Espagne France
d’eau et les reliefs
dans lesquels
ils évoluent. Mais,
le changement
climatique, Vallée du Rio Pastaza.
De torrent dans les zones montagneuses
Barrage d’Aldeadávila.
Les réservoirs créés par les barrages
servent à alimenter les villes en eau
Les centrales thermiques (ou nucléaires)
utilisent les fleuves pour refroidir
leurs installations. L’augmentation
à forte pente, il devient plus large, et électricité et irriguer les cultures. de 2 à 3 °C de la température de l’eau

et surtout les plus profond et plus lent vers l’aval


dans les plaines.
De nombreux projets de barrages géants
sont prévus sur les fleuves tropicaux.
qui en résulte perturbe les écosystèmes
fluviaux.

aménagements Bolivie Russie Maroc

humains depuis
presque 200 ans,
ont profondément
et rapidement Glacier sur la montage Huayna Potosí.
Les glaciers de Colombie, d’Équateur, Rivière Léna.
Les effets du changement climatique
sont fluctuants dans le temps,
du Pérou et de Bolivie, qui alimentent Lorsqu’un fleuve se divise en plusieurs avec de fortes sécheresses une année,

modifié ces les cours d’eau andins, se sont réduits


de 30 à 50 % depuis la fin des années 70,
confirmant l’accélération du changement
chenaux, certains ne sont alimentés
que pendant les crues, d’autres
sont définitivement coupés du fleuve,
et d’importantes inondations la suivante ;
mais aussi dans l’espace avec,
au même moment, un déficit en pluie
climatique à la fin du XXe siècle mais encore en eau et riches dans une zone et de fortes précipitations

milieux. dans cette région du monde. en biodiversité. dans une autre.

LE SAVIEZ-VOUS ?
Certaines rivières modifient
le paysage au point de creuser leur lit
profondément dans la roche.
C’est le cas du Colorado aux états-Unis
qui « sculpte » le Grand Canyon
depuis 7 millions d’années.

Les méandres évoluent


sous l’effet de l’érosion et de la sédimentation
dues au courant

3
Réchauffement climatique :
faits et méfaits
D’après Sans changement majeur et rapide
dans les émissions de gaz à effet de serre,
moyenne sont multiples. Parmi elles, le
changement du régime des pluies avec une
le thermomètre mondial subira en moyenne
le GIEC*,
fréquence plus importante des évènements
une hausse de 3,7 à 4,8°C d’ici à 2100. extrêmes, qu’il s’agisse de fortes précipitations

la température
L’objectif de la communauté internationale ou de sécheresses, entrainant des crues et des
est de tout faire pour la limiter à 2°C, défi étiages sévères sur pratiquement l’ensemble
encore réalisable selon les experts. Les des grands bassins fluviaux, en régions
moyenne conséquences de la hausse de la température tempérées comme en régions tropicales.

de la Terre
a grimpé
de 0,85°C
depuis 1880. Le CO2 est de loin le plus problématique Si l’on considère la température moyenne
des gaz à effet de serre avec 76 % C’est depuis 1950, date à partir de laquelle de la Terre, 5°C seulement différencient

Il est « extrêmement des émanations. Leurs sources principales :


production d’énergie, agriculture,
l’industrie s’est fortement développée, que
l’augmentation de température est la plus
les périodes glaciaires des périodes chaudes,
où les calottes polaires étaient quasi
industrie et transports. importante jamais enregistrée : +0,6°C. inexistantes.

probable »
que cette hausse
soit liée,
en majeure partie, Si les gaz à effet de serre ne diminuent pas Dans l’hypothèse la plus pessimiste, en Inde et au Bangladesh,
d’au moins 40 % avant 2050, les scientifiques prévoient les pluies de la mousson, génératrice d’inondations, seront amplifiées

aux activités des bouleversements profonds. d’environ 20 % en 2100, et de plus de 50 % un siècle plus tard.

humaines**.
*
Groupe intergouvernemental
d’experts sur le climat.
**
Rapport 2013-2014.
À l’inverse, le bassin méditerranéen, le Sahel, le sud de l’Afrique En France, le changement climatique induirait une baisse
et une partie de l’Amazonie verraient leurs précipitations diminuer de 10 à 20 % de 20 à 30 % des débits des cours d’eau, dès 2050,
en 2100, et même de plus de 50 % d’ici à 2200. avec des sécheresses plus fréquentes et plus longues.

LE SAVIEZ-VOUS ?
Selon le scénario à +4,8°C, les fleuves,
rivières, lacs, zones humides subiront
de plein fouet le changement climatique.
La réduction des apports en eau
aggravera la concurrence entre
les quatre principaux usages de l’eau :
domestique, agricole, industriel
et environnemental.

La désertification menace 40 %
des terres émergées de la planète, dans
110 pays, surtout en Asie et en Afrique

4
bassin de l’Amazone

5
Puissant Amazone
Fleuve le plus Les cours d’eau formateurs
de l’Amazone dévalent la cordillère
À l’échelle du continent
sud-américain, le climat de l’Amazone
des Andes en passant d’une altitude est influencé par les océans Atlantique
puissant de 5 000 m à 300 m sur une distance et Pacifique, qui en régulent les pluies
de quelques centaines de kilomètres. tropicales.
et parmi les Dans la plaine, les flux d’eau Les précipitations abondantes,
et de sédiments, ainsi que la faible pente, qui évoluent d’est en ouest jusqu’à être
plus longs, créent de nombreux méandres et bras bloquées par la cordillère des Andes
secondaires. Vers l’aval, le bassin est sont régulièrement alimentées
plus grand soumis à la crue annuelle de l’Amazone,
qui génère des inondations saisonnières.
par l’évapotranspiration des arbres
de la forêt amazonienne.

bassin versant LE SAVIEZ-VOUS ?

du monde,
l’Amazone
est le fleuve
de tous
L’Amazone a 5 fois plus de débit que
le 2 e fleuve le plus puissant du monde,
le Congo. Deux des affluents de l’Amazone,
les records. le Rio Madeira et le Rio Negro font
également partie des rivières les plus
puissantes de la planète.
Le bassin versant de l’Amazone recouvre près de la moitié
de l’Amérique du Sud. Plus de 500 rivières viennent grossir ses eaux.

CARTE D’IDENTITÉ

Source : cordillère des Andes


Embouchure : océan Atlantique
Longueur : entre 6 300 et 6 800 km
Débit à l’embouchure : 206 000 m3/s
Surface du bassin versant :
6 millions de km²
Pays : Venezuela, Colombie,
Équateur, Pérou, Bolivie,
Brésil, Guyana

20 % des apports d’eau douce


continentale aux océans proviennent
du bassin amazonien.

La salinité des eaux océaniques


au niveau de l’embouchure du fleuve
est fortement réduite et le transfert
Rencontre entre les eaux du Rio Solimões (chargées de sédiments
des sédiments charriés par le fleuve La hauteur des fleuves de l’Amazonie centrale peut varier argileux fertiles) et celles sombres du Rio Negro (chargées de matière
est visible par satellite. de 20 m entre les périodes de basses et hautes eaux. organique dissoute) à Manaus.

L’ Amazone peut atteindre une profondeur


de 110 m et une largeur de 2 à 10 km
en fonction de l’importance des inondations

6
bassin de l’Amazone

Pluies diluviennes,
sécheresses extrêmes
Les chercheurs les mesurent grâce L’influence de phénomènes climatiques
à diverses techniques pour comprendre sur le Pacifique et l’Atlantique en est Le bassin
et prévenir ces phénomènes qui affectent la cause principale. Des facteurs locaux
les populations de plusieurs pays peuvent amplifier ces épisodes : de l’Amazone
d’Amérique du Sud. la déforestation, par exemple, réduit

Des épisodes exceptionnels de basses


l’humidité disponible en période de
sécheresse et augmente le ruissellement
est confronté
eaux - 2005, 2010 - et de crues - 1999,
depuis 15 ans
en période des pluies.
2009, 2012, 2014 - ont affecté l’Amazone
et ses confluents, suivis grâce
En conséquence, les pêches diminuent
à des stations de mesure locales.
Depuis 2002, grâce à l’altimétrie spatiale,
et les principaux centres urbains sont à une succession
sinistrés. En 2014, en Bolivie, on compte
les chercheurs disposent de données
plus fiables et régulières pour suivre
56 morts et 58 000 familles touchées
par la crue catastrophique du Rio Madeira.
de périodes
la hauteur des fleuves.
de crues et
Au Brésil, les inondations et les basses
Les résultats montrent ces dernières eaux perturbent les transports le long

de basses eaux
années une fréquence plus importante des cours d’eaux, uniques voies
et une plus forte ampleur des évènements de communication pour la plus grande
extrêmes. partie des habitants de l’Amazonie.

RECHERCHE
exceptionnelles,
Depuis 2003, les scientifiques du Service d’Observation
(SO)HYBAM suivent les principales rivières du bassin amazonien
en lien avec
pour mesurer et comprendre l’impact de la variabilité du climat
sur l’hydrologie, l’érosion des sols et la chimie des eaux. lavariabilité
climatique et
Ces données sont mises à disposition de toute la communauté
via un site internet : [Link]

les changements
de l’environnement
à une échelle
régionale.

En 2014, à Porto Velho, au Brésil, le niveau


du Rio Madeira est le plus haut jamais
Au Pérou, les 3 niveaux les plus élevés du fleuve Amazone de ces 40 dernières enregistré. Le débit est largement supérieur
années ont été enregistrés en 2009, 2012 et 2014 tandis que les plus faibles datent de 2005 aux maximums historiques et a engendré
et 2010. Inondation en 2012 dans la ville d’Iquitos. de nombreux dégâts du Pérou au Brésil.

Habituellement utilisés pour l’étude


des océans, les radars embarqués dans En 2010 à Iquitos au Pérou, l’Amazone
les satellites Jason 2 et Saral, effectuent Les variations de températures des océans atteint son niveau le plus bas depuis 45 ans,
aujourd’hui les mesures altimétriques Atlantique et Pacifique sont la principale suite à une absence prolongée de pluie
de hauteur d’eau dans les fleuves. cause de la baisse des pluies sur l’Amazonie. et à de fortes températures.

Les précipitations sur l’Amazonie


ont globalement diminué de 9 %
en 40 ans

7
bassin de l’Amazone

Une biodiversité
exceptionnelle
L’Amazone et ses affluents hébergent En revanche, les chercheurs viennent
près de 20 % des espèces de poissons de montrer que les effets du changement De la cordillère
d’eau douce de la planète, dont climatique n’augmenteraient que très
les célèbres piranhas, les anguilles marginalement ces taux d’extinction. des Andes
électriques ou les poissons-chats géants. L’Arapaima gigas, une des espèces les plus

Jusqu’à aujourd’hui, le bassin reste


emblématiques de ce bassin, peut atteindre jusqu’aux vastes
4 m de long pour 200 kg. Il vit dans les
relativement bien préservé par rapport
aux autres grands cours d’eau du monde.
lagunes naturelles et les faibles courants
des fleuves amazoniens. Sa chair savoureuse
plaines de forêts
Les activités humaines en développement
tropicales,
et quasiment dépourvue d’arêtes, en fait
constant telles que la pêche, la construction un poisson très prisé, victime de surpêche.
de barrages et la déforestation pourraient Face à la diminution des prises, des fermes
accélérer les taux d’extinction naturelle d’élevage ont été implantées en Colombie, le bassin
des espèces. au Pérou et au Brésil.

RECHERCHE amazonien abrite


Le LMI EDIA*, créé en 2011 par l’IRD et l’IIAP**, regroupe
des scientifiques français, allemands et des principaux pays
une incroyable
amazoniens. Son programme scientifique s’articule autour
de la connaissance de la diversité des populations naturelles diversité
de poissons en Amazonie, de leur évolution, de leurs stratégies
d’histoire de vie et du développement d’une pisciculture durable. de systèmes
* Laboratoire mixte international « Évolution et Domestication de l’Ichtyofaune Amazonienne. » ** Institut de Recherche en Amazonie Péruvienne.

aquatiques
où vivent plus
de 2 000
espèces
de poissons
Les piranhas sont les poissons
Le pacú, Colossoma macropomum, poisson
pouvant atteindre 30 kg, est fort apprécié
Une caractéristique générale de la faune
de poissons d’eau douce tropicaux d’eau douce.
emblématiques des rivières du bassin pour sa chair. Il est pêché ou produit dans est l’abondance de très petites tailles
amazonien. des fermes d’élevage. (20 à 40 mm), comme Hyphessobrycon eques.

Les écailles de l’arapaima


sont équipées d’une surface
L’arapaima figure depuis 1975 sur l’annexe II
de la CITES* : non menacé d’extinction
épaisse en collagène extrêmement
Les eaux du bassin Amazonien abritent pour l’instant, il pourrait le devenir si son L’élevage d’arapaima est très rentable : dure. Cette « armure » le protège
aussi deux espèces de dauphin d’eau douce, le taux de reproduction est important
les dauphins Inia geoffrensis
commerce n’est pas étroitement contrôlé.
et les poissons peuvent prendre
entre autres contre les agressions
et Inia boliviensis.
* Convention sur le commerce international des espèces
de faune et de flore sauvage menacées d’extinction. 10 kg par an. de piranhas.

L’arapaima, l’une des espèces


amazoniennes victime
de la surpêche

8
bassin de l’Amazone

Au risque de l’eau
En Amazonie, environ 300 000 cas
de paludisme sont recensés chaque année.
Le mercure, présent naturellement
dans les sols, constitue, dans certains sites,
L’Amazonie connaît
Dans certaines régions, les moustiques
qui transmettent la maladie sont plus
un problème de santé publique sous
le double effet des activités humaines de nombreux
problèmes
abondants de juin à septembre, pendant et du climat.
la saison « sèche ».
Mines, agriculture, orpaillage

de santé,
À cette période, les rivières ne sont plus et déboisement déstabilisent et mettent
en hautes eaux, et découvrent des zones à nu les sols, ce qui favorise leur lessivage,
où restent piégés des lacs d’eaux stagnantes, accru par les pluies, de plus en plus
potentiellement favorables à une forte densité abondantes dans certaines régions. étroitement liés à
de moustiques. La transmission peut aussi Le mercure est alors rejeté dans les cours
se produire toute l’année, là où les conditions
de l’environnement sont favorables.
d’eau, contaminant les poissons ainsi
que les populations qui les consomment.
la présence d’eau.
RECHERCHE C’est le cas
du paludisme,
Parmi ses activités, l’UMR ESPACE-DEV développe des re-
cherches sur le thème « Environnement, Sociétés et Risques
sanitaires » (ESoR). Ces recherches visent à caractériser les
inégalités spatiales de santé, à les expliquer et à les modéliser. causé par un
Les trois équipes de l’UMR assurent également des formations aux
chercheurs des pays du Sud. Une équipe de l’UMR GET développe
un nouvel outil géochimique permettant de tracer et quantifier la part
parasite et transmis
des sources de mercure liées à l’orpaillage dans l’environnement,
depuis les rivières et fleuves jusqu’aux populations amérindiennes par certains
exposées à ce neurotoxique (ANR RIMNES).
moustiques,
et de la
contamination
au mercure.
Le climat et
En Guyane française, contrairement au
Habitation sur pilotis en Amazonie
brésilienne lors d’une crue. L’habitation
bassin amazonien, une part non négligeable
de la contamination au mercure est due
Le mercure, est transformé en méthylmercure,
une des formes chimiques les plus toxiques, par les l’environnement
est cernée par les eaux qui peuvent être aux activités d’orpaillage, qui l’utilisent bactéries présentes dans les sédiments des plaines
des lieux où prolifèrent les moustiques. pour séparer l’or des alluvions. inondées et les biofilms des plantes aquatiques.
en général jouent
un rôle essentiel
dans leur diffusion.

Formation de lacs
après le retrait des eaux
d’inondations près
de Manaus, lieux idéaux
pour la reproduction Prélèvement de cheveux pour des analyses.
des moustiques. Les populations peuvent présenter des taux de mercure
La proximité d’une La chair des poissons piscivores est beaucoup plus bien supérieurs aux seuils fixés par l’OMS. Cela entraine Le principal vecteur du paludisme
ville aggrave contaminée par le mercure que celle des poissons des retards de développement du fœtus et du jeune
la propagation herbivores, jusqu’à 5 fois la valeur limite, fixée enfant, ainsi que des atteintes neurologiques en Amazonie est le moustique
du paludisme. par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). chez l’adulte. Anopheles darlingi.

Les sols amazoniens contiennent


des taux de mercure 10 fois supérieurs
à ceux des sols tempérés

9
bassin de l’Amazone

Des variations
très anciennes
Pour étudier les climats passés, d’incendies anciens, dans les sédiments
les scientifiques s’appuient sur les études lacustres et les sols, prouve l’exceptionnelle L’Amazonie
d’archives et marqueurs environnementaux baisse d’humidité dans l’atmosphère à cette
naturels : grains de pollen fossiles, époque. Ces interprétations sont aussi a connu
sédiments lacustres, charbons de bois confirmées par la tendance des valeurs
ou spéléothèmes - dépôts minéraux
prélevés dans les grottes -.
de l’isotope de l’oxygène qui indiquent
une baisse des précipitations.
d’importantes
L’analyse des grains de pollen fossiles
et des sédiments lacustres permet de
Tous ces changements indiquent que
cette phase sèche résulte d’une diminution
variations
reconstituer, par exemple, le climat qui
régnait dans la région il y a 6 000 ans.
de l’insolation, à l’origine d’un
affaiblissement de la mousson sud-américaine.
climatiques,
Beaucoup plus sec qu’aujourd’hui, La reconstruction des climats anciens
il a provoqué une diminution importante permet de mieux appréhender environnementales
de la superficie de la forêt amazonienne. les conséquences du changement actuel
En parallèle, la découverte de couches et d’affiner les modèles de prévision et hydrologiques
de micro-charbons de bois, indicateurs climatique.

au cours
RECHERCHE
Le LMI « PALEOTRACES », fondé en 2009, de ces 10 000
regroupe des équipes multidisciplinaires brésiliennes,
chiliennes et françaises, qui travaillent
sur les paléoclimats de l’Amérique du Sud, depuis
dernières années.
l’Holocène moyen à l’actuel. Elles travaillent à partir
d’enregistrements sédimentaires lacustres et marins, Les chercheurs
reconstituent
de coraux et de spéléothèmes.

ces évolutions
pour mieux
comprendre
les changements
Les grains de pollen fossiles sont
des preuves de la présence, à une époque Carotte sédimentaire présentant différentes
actuels.
et en un lieu donné, de certaines plantes Lame mince de sédiments lacustres. strates : blanc (sables) et foncé (argiles).
typiques d’un climat. Le pollen de Byrsonima On peut voir des micro-charbons de bois, Ces traceurs livrent de précieuses informations
témoigne d’un environnement de savane en noir, dans des couches de sables sur les états successifs de l’atmosphère,
ponctué par des incendies. et de limons. de la biodiversité et des cours d’eau.

Il y a 4 000 ans, la période sèche s’est


progressivement estompée, laissant la place
à des conditions favorables au développement La recherche sur les archives et marqueurs permet de simuler plus finement l’impact
de la forêt et du réseau de cours d’eau du changement climatique sur les ressources en eau, les productions végétales et animales
tels que nous les connaissons actuellement. ainsi que la sécurité alimentaire.

Les concrétions calcaires


des grottes sont des marqueurs
des climats anciens

10
bassin du Niger

11
Les multiples visages
du fleuve Niger
Troisième fleuve Soumis à un régime tropical dans
son bassin supérieur, le fleuve Niger
du Sahara avant de prendre la direction
du sud pour se jeter, par les multiples

d’Afrique par sa
se transforme en Delta Intérieur au Mali, bras d’un grand delta, dans le golfe
où il perd près de la moitié de son eau de Guinée, au Nigéria.

longueur après
par évaporation et infiltration dans le sol.
Chacun de ces « paysages »
Dans ce delta, où vit un million du fleuve a un fonctionnement particulier
de personnes, les activités alternent en relation avec le climat, le rythme
le Nil et le Congo, au rythme des inondations : pêche des précipitations, la morphologie
en hautes eaux, pâturage et cultures en des bassins versants, les infrastructures
le Niger parcourt basses eaux. Le cours du Niger traverse sur le fleuve et les activités
le Sahel et serpente dans le désert humaines.

sur 4 200 km LE SAVIEZ-VOUS ?

l’Afrique de
l’Ouest. Il présente
de multiples
visages tout Lamantin Trichechus senegalensis.
Le Delta Intérieur du Niger est une
au long de son vaste zone inondable, riche en biodiversité,
où l’on peut rencontrer des hippopotames,
des lamantins...
cheminement. Pirogues destinées au transport de voyageurs d’une rive à l’autre
du fleuve aux alentours de Mopti.

CARTE D’IDENTITÉ

Source : monts Tingi


Embouchure : golfe de Guinée –
océan Atlantique
Longueur : 4 184 km
Débit à l’embouchure : 5 600 m3/s
Surface du bassin versant :
1,2 million de km²
Pays : Sierra Leone, Guinée,
Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali, Niger,
Bénin, Nigeria, Cameroun, Tchad.
Le Delta Intérieur du Niger
dans la région du lac Débo.

L’exploitation du pétrole,
dans le delta maritime du fleuve
au Nigéria, pose de graves
problèmes environnementaux avec
Aigrette garzette attrapant un poisson. Le Delta Intérieur du Niger Marché de Bamba, dans la région de Gao au Mali. Les cours d’eau sont
des marées noires quasi est la plus grande zone d’hivernage de l’Afrique de l’Ouest d’une importance économique majeure en permettant de transporter
permanentes. pour les oiseaux. Les chercheurs y ont répertorié 250 espèces. les marchandises du lieu de production vers le lieu de vente.

La population du bassin devrait


doubler d’ici à une vingtaine d’années

12
bassin du Niger

Les caprices
des crues
La ressource en eau du fleuve Niger -
et de ses principaux affluents de rive droite
et des débits, variant localement selon
la géologie et les sols. Le changement
comme le Bani - dépend essentiellement du
haut bassin en Guinée, Mali et Côte d’Ivoire.
Le débit très abondant favorise la pêche,
la navigation et l’irrigation, sur tout le cours
climatique et
Les précipitations y sont plus abondantes
les activités
du fleuve et en particulier dans le Delta
que dans les parties sahélienne et saharienne.
Intérieur du Niger. Mais, des inondations
Mais elles restent irrégulières, causant une

humaines
dévastatrices ont lieu régulièrement comme
grande variabilité des écoulements. Depuis
en 1967 à Bamako, 1994 dans le delta
1970, une diminution des pluies entraîne
intérieur, 2001 sur les berges du Sankarani,
une baisse durable des ressources en eau
souterraine et une réduction des surfaces
ou 2010 et 2012 à Niamey. Celles-ci sont
essentiellement causées par un fort
- exploitation des
inondées dans le delta.
ruissellement des pluies sur des sols dénudés,
L’impact du changement climatique sur dus à la sécheresse et à l’augmentation terres, irrigation
le bassin du Niger peut entraîner aussi bien des surfaces cultivées, ou par l’inondation
une augmentation qu’une baisse des pluies de zones urbanisées dans le lit du fleuve. et barrages -
RECHERCHE entrainent une
L’objectif de l’observatoire AMMA-Catch est de mieux
comprendre le phénomène de la mousson en Afrique de l’Ouest
et son impact sur l’environnement. Les chercheurs suivent sur
modification du
le long terme la végétation et le cycle de l’eau ainsi que leur interaction
avec le climat. Ils modélisent l’hydrologie et les échanges sol- régime du fleuve
atmosphère afin d’évaluer leur rôle et de prévoir la dynamique des
pluies et de la végétation. Dans le contexte de changement climatique Niger qui se
et d’usage du sol actuel, ces informations sont vitales afin de planifier
le futur développement économique de la région. traduit par une
diminution
des réserves
d’eau en période
sèche et une
augmentation
du risque
En amont, sur la partie guinéenne du fleuve, les précipitations Dans les parties sahélienne et saharienne du fleuve, les pluies
sont très abondantes, de l’ordre de 2 000 mm/an. sont plus rares et irrégulières, avec moins de 600 mm/an.

d’inondation
et des pertes
en sol.

Habitations à « fleur d’eau » à Bamako.


L’extension de l’habitat dans des zones à risques
On a dénombré 340 000 sinistrés Les crues de 2001 sur les berges et la combinaison du changement climatique
et 44 morts suite aux fortes inondations du Sankarani ont presque totalement et des activités humaines, expliquent les effets
d’août 2012 à Niamey au Niger. détruit les plantations de bananes. néfastes de certaines crues, surtout au Sahel.

Le fleuve Niger a atteint en août 2012


son plus haut niveau depuis 1929

13
bassin du Niger

Prolifique Niger
Les cultures irriguées, notamment
la riziculture, se sont développées autour
du Delta Intérieur et par conséquent
les rendements agricoles. De la forêt
des barrages et de façon traditionnelle dans
les plaines d’inondation et aux abords du
La pêche dans le bassin reste largement
artisanale. Les pêcheurs professionnels,
guinéenne aux
fleuve. Le motopompage, pratique en plein
essor pendant la saison sèche, permet
l’irrigation des petites parcelles familiales
comme les Bozos, sont localisés sur le fleuve
et dans le Delta Intérieur. marécages de
Les communautés d’agriculteurs pratiquent
pour le riz et le maraichage.
eux une pêche occasionnelle. La ressource son embouchure,
La construction de grands barrages en poisson dans le delta varie chaque année
hydroélectriques et l’augmentation des
prélèvements impacteront les débits
selon l’amplitude de la crue.
Les grandes sécheresses, mais également
en passant par
du fleuve et demanderont une meilleure l’intensification de la pêche et les nombreuses
gestion de l’eau. Le fonctionnement du fleuve captures de juvéniles, ont accentué les étendues
influence notamment l’ampleur de l’inondation la pression sur cette ressource.
sèches du Sahel
RECHERCHE
L’IRD s’investit depuis plusieurs décennies sur le bassin et désertiques du
du fleuve Niger afin d’améliorer la compréhension des régimes
pluviométriques et hydrologiques soumis aux influences climatiques
et humaines. Ces données permettent de mieux comprendre
Sahara, le bassin
et d’optimiser les pratiques agricoles. L’IRD a participé aux projets
CGIAR (Challenge Programme Eau et Alimentation, BFP Niger), du fleuve Niger
HydroDIN, Niger-Loire : gouvernance et culture (UNESCO), à l’ANR
RESSAC, et l’Institut fédératif de recherche ILEE. héberge plus de
100 millions
de personnes
qui vivent de
l’agriculture sous
pluie et irriguée,
La vie des pasteurs Peul dans le Delta

de l’élevage
Intérieur est rythmée par le cycle Le fleuve Niger est une source d’eau agricole
de la transhumance. Leurs trajets suivent Motopompes dans la région de Kouakourou. essentielle dans les zones plus arides.
les crues, l’afflux des eaux en saison pluvieuse Cette pratique permet une diversification Avec une population de 50 millions d’individus,
puis l’assèchement progressif des plaines des cultures (majoritairement des bananes les agriculteurs-éleveurs constituent la majorité
et bras secondaires. mais aussi mangues, agrumes…). des ruraux du bassin.
et des pêches.

Récolte de sorgho à Koré Maïroua


au Niger. L’agriculture pluviale est
majoritaire dans le bassin du Niger,
où se succèdent des cultures de
Le Delta Intérieur du Niger est une vaste
zone inondable riche en biodiversité où vivent Pêche collective de la mare de Bolé Case de pêcheur bozo dans un campement
céréales sèches puis de tubercules
120 espèces de poissons. sur la rivière Niandan en Guinée. temporaire du Delta Intérieur du Niger. en fonction des précipitations.

L’irrigation ne représente que 5 %


des surfaces agricoles du bassin

14
bassin du Niger

Vivre et se développer
avec le fleuve
Conscients des enjeux socio-économiques
et des tensions à craindre entre les différents
d’envergure voient le jour : l’Autorité
du Bassin du Niger met en œuvre Les neuf pays
usagers, les neuf États drainés par le fleuve d’importants investissements pour atteindre
se sont associés, dès 1964 au sein de la 15 000 km² irrigués en 2025, avec entre qui se partagent
commission du fleuve Niger, puis en 1980, autres le barrage de Fomi en Guinée
au sein de l’Autorité du Bassin du Niger.
Cette organisation intergouvernementale
ou encore le barrage de Taoussa au Mali. le bassin du Niger
En parallèle, depuis la sécheresse
assure la coopération entre ses membres,
pour une gestion durable et équitable
des années 1980, prolifèrent sur les rives dépendent en
du fleuve de petits aménagements hydrau-
des 1,2 million de km² du bassin.

Le Niger et ses affluents demeurent


liques. Ne cessant de se multiplier, ces petits
barrages ou petits pompages ont sans doute
grande partie
du fleuve et de
peu et inégalement équipés en grands un impact non négligeable sur le bilan
aménagements hydroagricoles et hydroé- hydrologique du bassin et doivent être pris
lectriques. Mais de nombreux projets en compte dans la gestion de l’eau.
ses affluents
RECHERCHE
L’objectif fondamental du projet Gire 2 est de doter l’Autorité pour l’agriculture
du Bassin du Niger de moyens lui permettant d’assurer avec efficacité
le suivi des ressources en eau et des grands ouvrages hydrauliques,
pour une gestion harmonieuse, intégrée et coordonnée : équipements
et l’alimentation
hydrologiques fonctionnels, renforcement des capacités des agents,
bases de données opérationnelles et amélioration des systèmes en eau potable,
de traitements et de diffusion des données et informations.
mais aussi
pour l’énergie,
le transport,
l’industrie,
le tourisme…
Avec une population qui devrait doubler d’ici Agriculteur de l’ethnie Peul Rimaybe
20 ans et des aménagements hydrauliques dans l’attente des premières pluies. Zones irriguées près du Sankarani, affluent
inégalement répartis entre les territoires, Dans le Delta Intérieur du Niger, l’inondation du Niger. Le barrage, en plus de produire
on peut craindre un regain de tensions est essentielle pour le développement de l’électricité, crée une retenue d’eau utilisée
entre usagers et entre États. des activités agro-pastorales. pour irriguer une vaste zone de champs.

Environ 500 petits aménagements hydrauliques


sont construits sur le bassin versant de
la rivière Bani, au Mali. Ils ont très certainement
Depuis 1982, le fonctionnement du barrage de Selingué a modifié le régime du Sankarani une incidence sur les régimes des écoulements,
(affluent) et du Niger jusqu’au Delta Intérieur. Si le débit en période de crue est très faiblement impossible à quantifier par manque
réduit, l’impact en période d’étiage est beaucoup plus important car l’eau est restituée d’informations sur la taille des réservoirs,
en saison sèche pour assurer un écoulement permettant navigation et pêche. le fonctionnement et les usages de l’eau.

Le barrage de Markala est l’un


des plus importants du fleuve Niger

15
bassin du Mékong

16
Mékong, la mère
de tous les fleuves
Après avoir contourné l’Himalaya, directement de la pêche et de l’agriculture.

Quatrième il s’écoule dans d’étroites et profondes


vallées en Chine et au Laos. Il continue
Deux zones du bassin sont particulièrement
productives : le Tonlé Sap - un système

fleuve de l’Asie
son périple en Thaïlande, au Cambodge complexe associant un affluent du Mékong
jusqu’aux mangroves de son delta et le plus grand lac d’eau douce d’Asie
au Vietnam. du Sud-Est - et le delta, l’un des plus grands
par le débit Le bassin du Mékong est l’une
du monde.

des zones les plus riches en biodiversité La région du bassin versant du Mékong
(après le Yangzi dans le monde. Environ 70 millions est sous l’influence directe de la mousson
de personnes y habitent dont 85 % vivent de mai à octobre.
Jiang, le Gange- LE SAVIEZ-VOUS ?
Brahmapoutre
et l’Ienisseï),
le Mékong naît
au Tibet.
En raison des dénivelés importants
sur le fleuve et ses affluents dans
le Haut-Mékong, quatre barrages
hydro-électriques ont été construits en Chine
Près de la moitié de la longueur totale du Mékong coule et une vingtaine est en projet en Thaïlande,
en Chine. Il y est appelé « fleuve turbulent » en raison
de ses gorges et précipices. Sur ses 2 000 km de périple en Chine,
au Laos et au Cambodge.
le Mékong passe d’une altitude de plus de 4 500 m à 500 m.

CARTE D’IDENTITÉ

Source : Himalaya
Embouchure : Mer de Chine
méridionale
Longueur : entre 4 350 et 4 900 km
Débit moyen annuel : 15 000 m3/s
Surface du bassin versant :
0,8 million de km²
Pays : Chine, Birmanie, Laos,
Thaïlande, Cambodge, Vietnam.
Le delta du Mékong.

Le delta du Mékong est l’un


des plus grands au monde. Il abrite
une multitude de canaux, de chemins
d’eau et de terre, de rizières
Le delta est le « grenier » du Vietnam avec 50 % de la production
et de marais. 20 millions vivrière, 95 % des exportations de riz, 65 % de la production Le Tonlé Sap, d’une superficie habituelle de 3 000 km², devient
de personnes y vivent. halieutique et 70 % de la production de fruits. 4 fois plus étendu pendant la mousson.

Le Mékong s’élargit au sud


de Luang Prabang, où il inonde
régulièrement la région

17
bassin du Mékong

Sous surveillance
Déjà touché par des crues plus importantes
que la moyenne en 2011 et 2013 et des
la disponibilité de l’eau en saison sèche
et accroissant le risque d’inondation
Caractérisé par
des écoulements
étiages plus sévères en 2010, le Mékong, pendant la saison des pluies.
d’après les scientifiques, verra son débit
Ces évolutions prévues sont nuancées
modifié plus fortement à l’avenir.

D’après des recherches récentes, la


ou aggravées par l’action de l’homme dans
le bassin : les barrages hydro-électriques
saisonniers
température annuelle moyenne augmentera et les captations d’eau pour l’irrigation
de 0,7°C sur l’ensemble du bassin d’ici réduisent le débit lors de la mousson ; réguliers,
à 2050. La pluviométrie annuelle moyenne la déforestation et l’usage intensif des sols
s’amplifiera de 10 % dans le Haut-Mékong, accentuent au contraire les crues. avec une période
en saison sèche comme pendant la mousson, Mais, l’effet combiné de tous ces facteurs
tout en restant constante au Cambodge et
dans le delta. Le débit évoluera, stimulant
est complexe et rend incertaines
les prévisions.
d’inondation
RECHERCHE et une période
Le projet Mékong-HYCOS a pour objectif de minimiser les pertes
humaines et les dégâts en réduisant la vulnérabilité des populations de basses eaux,
aux inondations dans le bassin du Mékong. Composé d’une cinquantaine
de stations télétransmises, ainsi que d’un système d’information le Mékong sera
hydrométéorologique, cet observatoire couvre les 800 000 km²
de la partie aval du bassin versant. Cet outil performant permet un suivi
en temps réel et une meilleure anticipation des crues.
affecté par
le changement
climatique et
le développement
des activités
humaines.

Variations du niveau d’eau dans Un barrage régule le débit d’un fleuve, diminuant
le Bas-Mékong. Les périodes d’inondations l’intensité des crues et des sécheresses, crée
sont régulières, avec un maximum au mois un réservoir pour l’irrigation et produit
d’octobre. Leur amplitude est cependant Au moment de sa crue, le Mékong de l’électricité. Mais, Il modifie le mode d’écoulement
contrastée : la crue de 1998 fut par exemple peut atteindre un débit de 60 000 m3/s contre naturel des rivières, gêne la migration des poissons
plus faible que la moyenne. 1 500 m3/s au moment des basses eaux. et bloque les sédiments.

Le Tonlé Sap, plus grand lac d’eau douce


du Sud-Est asiatique, a un régime
hydrologique particulier : pendant Dans le delta, les crues d’été ont été de faible
la mousson, le trop-plein du fleuve vient ampleur ces dernières années. Faute de limon
remplir le lac. À la saison sèche, En 2011 à Phnom Penh, 75 000 personnes pour fertiliser les rizières, les agriculteurs ont dû
le mouvement s’inverse. ont été sinistrées par les inondations. utiliser davantage d’engrais.

Le débit du Mékong et de ses affluents


peut être multiplié par 30 en période
de mousson

Photo trop petite


(ne peut pas être
agrandie plus
que ça)

18
bassin du Mékong

Au royaume
de la pêche
Le Mékong contribue à la sécurité
alimentaire de 70 % des habitants du bassin
de tonnes par an. Les crevettes géantes tigrées
et d’eau douce sont également largement
Le bassin
inférieur avec la pêche et les activités
de transformation de poisson. Le lac Tonlé
produites dans des bassins d’eau salée.
du Mékong,
Des dizaines de barrages, prévus en Chine
Sap et le delta forment, lors de la mousson,
des zones inondées où les poissons viennent
et au Laos, mettent en péril la pêche, dont
les captures baisseront de 25 % d’ici à 2030.
le plus riche
se reproduire. À la saison sèche, le lac rend
en biodiversité
Ces ouvrages constitueront des barrières
au fleuve ses eaux abondantes en poissons.
à la migration des poissons, malgré
Dans le delta, l’aquaculture se développe les passages. Les barrages existants
rapidement, avec 32 espèces indigènes sont également accusés de faire baisser après celui de
du Mékong. L’élevage du poisson-chat le niveau de l’eau. Les exploitants
Pangasianodon hypophthalmus domine
avec une production supérieure à un million
désignent plutôt les effets du changement
climatique.
l’Amazone, abrite
RECHERCHE 850 espèces
Le programme des pêches de la Commission du bassin du Mékong
comporte 4 volets : la gestion des programmes, la coordination de de poissons d’eau
l’information des pêches et le renforcement de capacités ; la connais-
sance de l’écologie des milieux, évaluation des captures et gestion des douce. Avec
impacts environnementaux ; le développement des techniques pour
l’aquaculture des espèces indigènes ; le développement des mesures
techniques et institutionnelles pour la gestion des pêches.
2,6 millions
de tonnes
de prises chaque
année, c’est
la plus grande
réserve de pêche
Des dizaines de milliers de pêcheurs
vivent sur les berges du Tonlé Sap ou
intérieure
dans des villages flottants qui se déplacent Élevage de poisson-chat Pangasianodon
au gré des crues. 60 % de la pêche
cambodgienne, devenue majoritairement
industrielle, provient de ce lac. Pêche dans le Tonlé Sap.
hypophthalmus. Les poissons sont généralement
élevés 6 à 8 mois pour leur faire atteindre un poids
de 0,6 à 1 kg.
au monde.

Le dauphin de l’Irrawaddy Catlocarpio siamensis. Au moins 40 %


(Orcaella brevirostris) évoluant dans des espèces de poissons du Mékong migrent
le Mékong est mis en danger par la pêche. en remontant le courant pour se reproduire.
Comptant moins de 50 individus adultes, Les barrages pourraient alors contribuer Les passages à poissons prévus au niveau
cette population est classée en danger à la diminution, voire à l’extinction des barrages risquent de ne pas être efficaces,
critique d’extinction. de ces espèces. s’ils ne sont pas adaptés aux espèces locales.

La population rurale vivant


de la pêche dans le bassin est estimée
à 12 millions de foyers

Photo trop petite


(ne peut pas être
agrandie plus
que ça)

19
bassin du Mékong

Au fil de l’eau
Les impacts environnementaux
de la déforestation sont nombreux. Les sols,
particulier dans le delta. L’impact
des gouttes de pluies sur ces terres dénudées
Les activités
n’étant plus protégés des fortes pluies
par le couvert forestier, sont érodés.
et le ruissellement emportent également
des agents pathogènes de la surface du sol, humaines et
Le défrichement à des fins agricoles, qui se retrouvent dans les cours d’eau.
l’extraction de ressources minières
Les chercheurs ont par ailleurs mis en
le changement
et sylvicoles et les bombardements liés
évidence une diminution de la concentration
aux conflits entre 1965 et 1975 en sont
les principaux responsables.
de 50 à 75 % des sédiments dans le fleuve, climatique ont
en grande partie causée par le piégeage dans
Le recul du couvert forestier et l’affaiblis- les barrages et les extractions de sédiments une forte
sement de son effet régulateur, associé en amont. Ceci entraîne une pénurie
au renforcement de la mousson, entraînent
des crues de plus en plus fréquentes, en
d’apport de matière fertile dans les terres
agricoles du delta et un recul du trait de côte.
influence sur
RECHERCHE le ruissellement
Le projet PASTEK regroupe des chercheurs français et asiatiques
qui étudient les impacts du changement global sur les volumes et la conservation
et la qualité des eaux de l’un des sous-bassins du Mékong :
le bassin versant de la Nam Khan (7 400 km²). L’objectif est de des sols, avec des
comprendre le lien entre l’usage des terres, le signal pluviométrique,
la réponse hydrologique et la qualité des eaux et d’établir
un modèle pour la période 2010-2050.
conséquences
importantes sur
le débit,
la qualité de l’eau
et la quantité
de sédiments
charriés par
Au sud du Laos, autant de bombes ont été L’impact des gouttes de pluie détache
larguées entre 1965 et 1975 qu’au cours
de toute la Seconde Guerre mondiale, Pour un hectare de terrain en pente,
des particules de sol qui peuvent être riches
en matières fécales, contenant la bactérie le Mékong et ses
détruisant 70 % de la forêt tropicale. Elle a le défrichement pour l’agriculture entraîne Escheria Coli. Lors de la saison des pluies

affluents.
été remplacée par une végétation herbacée, des pertes de terres de 10 t/an et de crues exceptionnelles, la contamination
qui retient moins efficacement les sols. contre 0,1 t/an pour une zone boisée. peut être très élevée.

Eau chargée en sédiments près des chutes L’extraction des sédiments dans le lit De moins en moins de sédiments, donc de
de Khone Phapheng au Laos. Les barrages du fleuve, généralement pour la construction matières fertiles, atteignent le delta du Mékong.
piègent une partie des sédiments des cours des routes et des habitations, contribue Les agriculteurs utilisent alors plus d’engrais,
d’eau. S’ensuit une baisse de leur densité à la baisse de la concentration en matière et, le trait de côte, faute de sédiments
dans le fleuve. solide dans l’eau. pour compenser l’érosion due à la mer, recule.

L’érosion diminue la fertilité des sols


sur les terres de pente

Photo trop petite


(ne peut pas être
agrandie plus
que ça)

20
bassin du Rhône

21
Le Rhône, fleuve aménagé
Le Rhône français, du Léman à la Saône, continental, méditerranéen - qui influencent

Appelé Rotten dans un parcours sinueux, traverse


les massifs du Jura et des Préalpes avant
son fonctionnement.

Le Rhône est une voie de communication


de rejoindre la plaine de l’Ain.
dans la première À Lyon, le fleuve se heurte à la barrière
majeure, aménagée pour optimiser
sa navigation, dès la première moitié

partie de son
rocheuse du Massif Central qui l’oblige du XIXe siècle. Depuis 1934, la navigabilité,
à modifier la direction de son cours suivant l’hydro-électricité et l’utilisation des eaux
un axe nord-sud qu’il ne quittera plus pour l’irrigation ont été développées.
cours, le Rhône jusqu’à son delta, la Camargue. Le bassin Le Rhône est un fleuve aménagé, endigué,
du Rhône est remarquable par la diversité canalisé, dont le cours naturel est depuis
eaux
naît des des climats - montagnard, océanique, longtemps détourné.

de fonte du LE SAVIEZ-VOUS ?

glacier de la Furka
dans le canton du
Valais en Suisse.
Il parcourt 300 km
Aujourd’hui, sur le Rhône français, on
dénombre 22 centrales hydro-électriques,
avant d’atteindre 16 réacteurs nucléaires et 19 écluses
Le glacier de la Furka, comme la plupart des autres glaciers permettant une navigation fluviale
le lac Léman. sur près de 300 km.
alpins, a fortement régressé depuis 150 ans à cause
du changement climatique.

CARTE D’IDENTITÉ

Source : glacier de la Furka,


Alpes suisses
Embouchure : mer Méditerranée
Longueur : 810 km
Débit moyen annuel : 1 700 m3/s
Surface du bassin versant :
0,1 million de km²
Embouchure du Rhône, chargé Pays : Suisse, France
de sédiments glaciaires, dans le lac
Léman, côté Suisse.

Une lône est un bras abandonné


ou secondaire du Rhône. Elles
résultent pour la plupart d’une
déconnexion artificielle suite
aux travaux de correction du fleuve.
Elles sont alimentées en eau par La température du Rhône et de ses affluents a augmenté
L’Ain, la Saône, l’Isère et la Durance, les quatre affluents majeurs sensiblement ces 40 dernières années. Ces modifications sont dues
la nappe alluviale ou directement du Rhône drainent 60 % des eaux du bassin. Confluence du Rhône au changement climatique, à des écoulements moins vifs
par le fleuve en période de crue. (à droite) et de la Saône (à gauche) à Lyon. et au rejet d’eau chaude des centrales thermiques et nucléaires.

Le Rhône rejette 54 milliards de m3 d’eau


par an, soit 20 % des apports fluviaux
en Méditerranée

22
bassin du Rhône

Un fleuve
complexe
Les affluents du Rhône présentent des débits
mensuels très variés. Certains, alimentés
et soudaines. Si elles se produisent en même
temps ou à quelques jours d’intervalle,
Du fait de régimes
hydrologiques
par la fonte des neiges, ont un fort débit en été, une crue « généralisée » apparaît, souvent
d’autres, alimentés surtout par les pluies, ont dévastatrice, comme en 2003.
un régime important en automne et en hiver.
Les apports de ces rivières pèsent différemment
Selon les chercheurs, il est difficile
d’apprécier l’impact du changement climatique
contrastés
sur les écoulements, les crues et les basses
sur le bassin du Rhône. Distinguer cette
eaux du Rhône, suivant le lieu et la saison.
influence d’autres facteurs comme les activités de ses divers
Différentes crues peuvent intervenir dans humaines et les modifications de l’environnement
le bassin en hiver et en automne : « océaniques » est complexe. Il est cependant avéré sous-bassins
dans le nord du bassin, « cévenoles » et que les températures augmentent,
« méditerranéennes extensives » dans le sud,
ces deux dernières étant extrêmes
que l’évaporation est plus importante
et que la fonte des neiges est plus précoce.
et des différents
RECHERCHE climats qu’il
traverse, le Rhône
Les organismes scientifiques (Irstea, CNRS, Météo-France,
Universités ou grandes écoles) se coordonnent depuis des années sur
toute une série de programmes étudiant la ressource en eau et l’impact
du changement climatique. Ces projets de modélisations hydroclima- est un fleuve
tiques, allant de Gewex-Rhône à l’actuel programme « Modélisation
du Rhône » permettent de montrer la sensibilité du système
aux fluctuations d’origine humaines et naturelles.
à écoulement
complexe,
Débits moyens mensuels
qui peut connaître
des épisodes
de crues ou
de basses eaux
Source : banque hydro

à plusieurs
Le bassin du Rhône reçoit de fortes précipitations, L’Isère est un affluent alimenté par les eaux de fonte des neiges
près de 1 100 mm de moyenne annuelle. Dans les Alpes, on relève
des précipitations supérieures à 3 m par an, majoritairement
et des glaciers, la Saône est un cours d’eau strictement à régime pluvial.
Les débits de chacune ces rivières seront très différents en fonction moments
sous forme de neige. des saisons.

dans l’année.

La Camargue est extrêmement


Les chercheurs prévoient une hausse
de la température de l’air de 1 à 3°C,
vulnérable aux inondations du Rhône
À partir de Valence, le Rhône Les quais du Rhône à Lyon en 2003. une évolution incertaine des précipitations car sa topographie est plate et peu
et ses affluents sont affectés par Cette crue généralisée a provoqué plus en hiver (-10 à +10 %) et une baisse de 5 % élevée. Elle peut être inondée en cas
le climat méditerranéen, dont les averses d’un milliard d’euros de dégâts, faisant de la pluviométrie en été. Ils n’ont cependant
automnales entraînent des crues de cet épisode une des inondations pas dégagé une tendance claire de l’évolution
de rupture de digue, comme ici
fréquentes, comme ici sur les Gardons. les plus dommageables en France. des crues. en décembre 2003.

Le fleuve a atteint
un débit exceptionnel de 11 500 m3/s
en décembre 2003

Photo trop petite


(ne peut pas être
agrandie plus
que ça)

23
bassin du Rhône

Un fleuve
anesthésié
La matière en mouvement dans les rivières
se compose de limons et argiles en suspension,
des sédiments en suspension et des sables.
Les apports de galets et graviers par
À partir
de Lyon, le Rhône
de sables, graviers et galets charriés au fond les affluents sont stoppés par les extractions
du lit. Dans le cas du Rhône, le transport massives de granulats. Avec la raréfaction
des sédiments fins en suspension et du sable des apports de graviers et sa chenalisation,
s’est réduit depuis un siècle, mais reste le fleuve est aujourd’hui figé, son lit et ses rives a fait l’objet
important. Celui des graviers et galets par n’évoluent plus, ne se reconstruisent plus.
charriage s’est presque arrêté. Ainsi, seuls
les sables, limons et argiles façonnent la plaine
Les gestionnaires du fleuve travaillent d’aménagements
actuellement sur le démantèlement des
et atteignent actuellement l’embouchure
du Rhône.
aménagements « Girardon » pour limiter successifs pour
le niveau des crues, stimuler le transport
Les aménagements « Girardon », conçus
pour augmenter la profondeur du chenal
de sédiments et favoriser les écosystèmes
en réhabilitant les bras morts du Rhône,
la protection
navigable, ainsi que les grands barrages les lônes et les milieux riverains
réservoirs, retiennent une grande partie terrestres. contre les
RECHERCHE inondations,
L’Observatoire des Sédiments du Rhône (OSR) est une plate-forme
de recherche pluri-partenariale. Sa vocation est de produire sur le long la navigation et
terme des connaissances scientifiques interdisciplinaires permettant
de mieux comprendre la dynamique du système et d’éclairer
les opérateurs publics. Partenaires : Zone Atelier bassin du Rhône,
l’hydroélectricité.
OHM Vallée du Rhône, gestionnaires du fleuve, services d’État, Agence
de l’Eau, Compagnie Nationale du Rhône, EDF, régions riveraines Ceux-ci ont modifié
le transport
du fleuve, Instituts de recherche.

Digues basses longitudinales


sédimentaire
Epis plongeants
du fleuve et plus
Accumulation des galets

généralement sa
Digue basse
géométrie et son
Mis en place entre 1880 et 1920, le système Girardon,
constitué de tenons, traverses et digues basses
fonctionnement.
réduit la largeur du fleuve tout en l’approfondissant.
Ces aménagements ont eu pour conséquences
d’augmenter la période de navigation mais aussi
d’inciser significativement le lit, de réduire la diversité
Le transit de sédiments fins en Arles est estimé à 10 millions de tonnes/an, des fonds, de favoriser le dépôt de limons et de sables
contre 20 millions de tonnes/an dans les années 1950 et peut-être 30 millions sur les rives, d’aggraver l’effet des crues à l’aval
de tonnes/an à la fin du 19e siècle. et d’isoler les bras secondaires du Rhône.

Les apports solides des affluents ont


La côte de la Camargue recule été réduits par 5 principalement suite aux
car les apports de matière solide du fleuve prélèvements de granulats, notamment à Aux Saintes-Maries de la Mer, en Camargue,
sortent directement dans la mer par les bras leur embouchure, à certains aménagements le blockhaus allemand construit à l’origine sur
extérieurs du delta, la Camargue hydroélectriques et à la réduction des débits, le haut de plage est actuellement immergé,
étant endiguée et isolée. qui limite la capacité de transport. ce qui permet d’évaluer le recul de la côte.

Le barrage de Génissiat
retient plus de 12 millions de m3
de sédiments divers

Photo trop petite


(ne peut pas être
agrandie plus
que ça)

24
bassin du Rhône

Retour aux sources


Avec plus d’un siècle d’aménagements,
le Rhône est passé d’un système à plusieurs
les écoulements, recréant une diversité
d’habitats typique des plaines alluviales.
Depuis 1995,
un programme
chenaux à un fleuve canalisé. Les enjeux
D’autres bras du lit historique, ou « vieux
de la restauration sont multiples : réintroduire Rhône », ne recevaient plus qu’une fraction

de restauration
et améliorer le transport des sédiments de leur débit initial. Le débit dans ces
grossiers, remettre en eau et reconnecter tronçons court-circuités est augmenté afin
les bras abandonnés (lônes), augmenter d’améliorer le fonctionnement écologique
le débit dans les tronçons court-circuités,
réhabiliter les habitats fluviaux et restaurer
et de retrouver un fleuve « vif et courant ». hydraulique
Ces actions contribuent à rétablir une
les axes de migration des poissons.
continuité écologique et favorise l’accès des et écologique
Les lônes, coupées de la dynamique fluviale poissons sur une plus grande partie du bassin.
par des digues et la régulation des débits,
se comblent de sables et de limons, conduisant
Il est essentiel de suivre et d’analyser les effets
de la restauration pour l’étendre à d’autres sites
est mis en œuvre,
à la formation de plans d’eau isolés, de mares du bassin du Rhône, tout en tenant compte de
et de fossés. Curer leur lit et supprimer l’impact des activités humaines et du change- pour recréer des
partiellement les digues favorise ment climatique sur ces nouveaux habitats.
habitats et tenter
RECHERCHE
RhônEco (suivi scientifique de la restauration du Rhône) est de réhabiliter
un programme animé par la ZABR (Zone Atelier Bassin du Rhône)
dans le cadre du plan Rhône. RhônEco est axé sur le suivi écologique
des Vieux Rhône et de leurs annexes restaurées. C’est un programme
une biodiversité
de recherche qui s’inscrit sur le long terme et dont les objectifs
sont d’analyser les effets écologiques de la restauration, d’évaluer caractéristique
la capacité à les prédire, et de contribuer ainsi à la définition
du potentiel écologique du fleuve. des grands

Avant
fleuves
médio-européens
(Rhin, Rhône
Après
et Danube).

Depuis l’augmentation du débit réservé de 10 à 100 m3/s,


en 2000, dans le Vieux-Rhône de Pierre-Bénite, l’abondance relative Les lônes sont restaurées par curage des sédiments et ouverture
de certaines espèces de poissons (ablette, hotu, vandoise) a augmenté à l’aval et à parfois l’amont. Restauration avant/après de la lône
significativement (en moyenne de 42 %). de Ciselande dans le secteur de Pierre Bénite, au sud de Lyon.

Les aménagements et les barrages sur


le fleuve ont fragmenté l’espace aquatique.
Les déplacements des poissons migrateurs
Les débits du vieux Rhône ont été réduits en ont été limités, comme dans le cas
(de 80 à 98 %) pour alimenter, par un canal de l’alose feinte du Rhône. Le plan de L’apron, seule espèce endémique du bassin,
de dérivation, des usines hydroélectriques. Gestion des Poissons Migrateurs mis n’est plus recensée dans le Rhône et n’est
Vieux Rhône de Chautagne à droite en place en 1993 permet la réouverture présente aujourd’hui que dans quelques
et canal à gauche. progressive des axes de migrations. affluents.

La réhabilitation du vieux Rhône


contribue à la sauvegarde de centaines
d’espèces animales et végétales

Photo trop petite


(ne peut pas être
agrandie plus
que ça)

25
L’exposition a été réalisée sous la direction scientifique de
Jean-Loup Guyot, Directeur de recherche à l’IRD, Géosciences
Environnement Toulouse. Représentant de l’IRD au Pérou.
Présent dans l’ensemble Comité scientifique
Gil Mahé, Directeur de recherche à l’IRD, Laboratoire HydroSciences Montpellier.

de la zone intertropicale, Jean-Pierre Bricquet, Ingénieur de recherche à l’IRD, Laboratoire HydroSciences Montpellier.
Carole Barthélémy, Maître de conférences à Aix-Marseille Université, Laboratoire Population
Environnement Développement.

l’Institut de recherche Stéphane Calmant, Directeur de recherche à l’IRD, LEGOS (Laboratoire d’Études en Géophysique
et Océanographie Spatiales).
Anne Clémens, Directrice de la Zone Atelier Bassin du Rhône.

pour le développement Laurent Durieux, Ingénieur de recherche à l’IRD, ESPACE-DEV.


Luc Ferry, Directeur de recherche à l’IRD, G-EAU (Gestion de l’Eau, Acteurs, Usages).
Étienne Leblois, Chargé de recherche à l’Irstea, Unité de recherche HHLY (Hydrologie - Hydraulique).
Jean-Michel Martinez, Chargé de recherche à l’IRD, Géosciences Environnement Toulouse.
(IRD) remplit trois missions Laurence Maurice, Directrice de recherche à l’IRD, Géosciences Environnement Toulouse.
Thierry Oberdorff, Directeur de recherche à l’IRD, BOREA (Biologie des Organismes
et Écosystèmes Aquatiques).

fondamentales : la recherche, Jean-Michel Olivier, Ingénieur de recherche au CNRS, Laboratoire d’Écologie des Hydrosystèmes
Naturels et Anthropisés (UMR CNRS 5023).
Andrew Ogilvie, Ingénieur d’études à l’IRD, G-EAU (Gestion de l’Eau, Acteurs, Usages).

l’expertise et la formation. Hervé Piégay, Directeur de recherche au CNRS, Laboratoire Environnement, Ville, Société.
Abdel Sifeddine, Directeur de recherche à l’IRD, LOCEAN (Laboratoire d’Océanographie et du Climat).
Christian Valentin, Directeur de recherche à l’IRD, iEES-Paris, Institut d’Écologie et des Sciences
Environnementales de Paris.

Ses programmes Exposition réalisée par les services


Communication et Culture scientifique de l’IRD
Benjamin Poupin sous la direction de Marie-Lise Sabrié

de recherche sont Conception graphique et réalisation : Delphine Bonnet


Photogravure - Impression - Fabrication : Noir Ebène - Picto Méditerranée
Photographies : Banque d’images Indigo de l’IRD (Christelle Mary, Daina Rechner),
centrés sur les relations Nous tenons à remercier pour leur aide et le prêt des photos
[Link]

entre l’homme et son


Les chercheurs du comité scientifique, Benjamin Adam (Biotope), Hervé Amaudric (Conseil général du Gard), Sabine Arbeille (Irstea), Jérôme
Badie (Groupe Plattard), Magali Ballesteros (EDF - Centrale de production thermique d’Aramon), Delphine Bossy (IRD), Aurore Boulanger (GRAIE),
Jean-Paul Bravard (Université Lumière Lyon 2), Georges Carrel (Irstea), Thomas Changeux (IRD), Gérard Cochonneau (IRD), Serge Colombaud
(Syndicat Mixte Camargue Gardoise), Lionel Cottenot (INRA), Sylvain Cusant (Compagnie nationale du Rhône), Weronika Czekaj (Not at Her
Desk), Jacques Descloitres (NASA), Claudine Dieulin (IRD), Guillaume Dramais (Irstea), D. Ducros (CNES), Cécile Dufour (Université Pierre et

environnement dans
Marie Curie), Marie-Claire Fontebasso (Cnes), Daiana Fontes (Univ. fédérale Fluminense-Niteroi-Brésil), Frédéric Frappart (CNES), Séverine Gabet
(DREAL Rhône-Alpes), Pauline Gaydou, Anne Grégoire (IRD), Sabrina Grimaud (IRD), Vincent Herbreteau (IRD), Daniele Kasper (INPA), Christian
Lavit (DREAL Languedoc-Roussillon), Ibrahim Mamadou (Université de Zinder) et Ibrahim Noma (Université Abdou Moumouni de Niamey),
Adalberto Marques (Integração Nacional), Mavic Matillano (WWF), Marjorie Mercier (Parc naturel régional de Camargue), Gilles Poussard
(Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse), Mireille Provansal (Aix-Marseille Université), Brian Rasmussen (Randers Regnskov), Sylvain
Reynaud (Compagnie nationale du Rhône), Emmanuel Roux (IRD), Georgina Smith (CIAT), Sylvie Tabarand (Syndicat mixte du Rhône des îles et

les pays du Sud dans


des lônes), Catherine Tailleux (Irstea), Fernando Trujillo (Fondation Omacha), Géraldine Verdot (Association migrateurs Rhône-Méditerranée),
Vo Thi Be Nam (Mekong River Commission), Alexandre Wiefels (IRD), André Zumak (Photographe Universidade Federal do Amazonas).

Crédits photographiques
l’objectif de contribuer
à leur développement
1 2 3 1 2
1 2 3
1 2 7 4 5
8
3 9 3
1 4 4 5 6 6 7 © IRD – W. Santini
10
5 11
2 3 4 5 6 6 12
8 4 5 6

durable.
13 7
7

14 8 9 7

1 © IRD - J.-M. Martinez 1 © [Link] 1 © IRD – J.-L. Guyot 1 © IRD – M.-N. Favier 1 © Wikimedia
2 © IRD - A. Laraque 2 © Wikipedia 2 © Wikimedia 2 © Wikipedia 2 © Wikimedia
3 © T. Thi Hoa / World Bank 3 © IRD – A. Laraque 3 © Wikipedia – J.-L. Zimmermann 3 © IRD – C. Levêque 3 © A. Zumak
4 © IRD - G. Mahé 4 © IRD – J.-M. Martinez 4 © IRD – P. Blanchon 4 © Wikipedia 4 © J. Descloitres, MODIS
5 © IRD - J. Nunez 5 © [Link] 5 © JAXA/ESA 5 © Eurosianstudies Land Rapid Response

Engagé dans de nombreux


6 © IRD – L. Ferry 6 © Droits Réservés 6 © IRD - T. Ruf 6 © Wikipedia Team, NASA/GSFC
7 © A. Zumak 7 © IRD – G. Fédière 7 © Wikipedia – A. Aqwis 7 © Wikipedia 5 © IRD – B. de Merona
8 © J. Malard 8 © A. Zumak 8 © IRD – F. Boyer 6 © Wikimedia
9 © IRD – C. Leduc 9 © IRD – T. Ruf 7 © IRD – A. Laraque
10 © Wikipedia – A. Taveneaux
11 © IRD – J.-P. Montoroi
12 © Wikipedia - T. Wei Liang Byorn
13 © Wikipedia – ABr – W. Dias
14 © A. Zumak

programmes scientifiques 1 2
1 1
1 1

européens et internationaux,
2 3 4 2 3 4
2 3 4
2 3 © IRD – [Link]é 3
8 5 6 7
5 6 7 8 5 6
4 5 6 4 5 6

il entreprend ses recherches 7


9 9 7 7

1 © IRD – J. Luis Carranza 1 © IRD - E. Leciak 1 © SEAS-OI 1 © IRD - P. Moreira Turcq 1 © IRD - G. Mahé
2 © IRD – W. Santini 2 © IRD - M. Jegu 2 © IRD – L. Durieux 2 © D. Fontes – Univ. 2 © Wikimedia

en étroite concertation
3 © A. Marques/ Integração 3 © Wikipedia 3 © IRD – A. Fatras fédérale Fluminense- 3 © IRD - G. Mahé
Nacional 4 © IRD – M. Jegu 4 © IRD – M. Pouilly Niteroi-Brésil 4 © Amnesty International
4 © CNES – Avril 2005/Illus 5 © F. Trujillo – Fondation 5 © IRD – A. Wiefels 3 © IRD - P. Moreira Turcq 5 © IRD – G. Mahé
D. Ducros Omacha 6 © IRD – M. Pouilly 4 © IRD – L. Ortlieb 6 © G. Fédière
5 © IRD – B. Bourlès 6 © IRD – J. Nunez 7 © IRD – UPMC - C. Dufour 5 © IRD – L. Emperaire 7 © G. Fédière
6 © IRD – W. Santini 7 © IRD – J. Nunez 8 © Centers for Disease 6 © IRD – J.-L. Guyot
7 © IRD – W. Santini 8 © M. Jégu Control and Prevention / 7 © IRD – J.-L. Guyot
9 © B. Rasmussen - J. Gathany
R. Regnskov 9 © D. Kasper - INPA

avec ses pays partenaires. 2 1


1 1
1 1
2 3 4 2 3 4
2 3 2 3 4
© W. Czeka 3
5 6 7 8 5 6 5 6 7
4 5 6 4 5 6

7 9 7 7 8

1 © IRD – M. Oï 1 © IRD – L. Ferry 1 © IRD – G. Mahé 1 © Blog Life along the Mekong 1 © IRD – J.-P. Bricquet
2 © IRD - L. Descroix 2 © IRD – O. Barrière 2 © IRD – D. Rechner 2 © [Link] 2 © F. Frappart et al.
3 © IRD – L. Ferry 3 © IRD – L. Ferry 3 © IRD – O. Barrière 3 © CIAT – G. Smith 3 © IRD – A. Pierret
4 © I. Mamadou - I. Noma 4 © IRD – A. Ogilvie 4 © Google Earth 4 © Blog SATW Canadian Chapter 4 © Wikipedia - Chaoborus
5 © IRD – M. Le Bars 5 © IRD – C. Lévêque 5 © IRD – L. Ferry 5 © CIAT – G. Smith 5 © Blog internationally
6 © IRD - L. Ferry 6 © IRD – L. Ferry 6 © IRD – L. Ferry 6 © Panoramio – Google Maps [Link]
7 © IRD – A. Tahirou 7 © IRD – C. Lévêque 7 © IRD – L. Ferry 7 © IRD – C. Valentin 6 © [Link]
8 © Wikipédia 7 © T. Thi Hoa / World Bank
9 © IRD – A. Ogilvie 8 © IRD – O. Evrard

1 1 2
1 1 1
1
2 3 4 2 3 4 2
2 3
© Vincent Rustuel 3 2 3
5 6 7 5 6 7 4 3 4 5 6 4 5 6
5 6 4 5 6

8 8 7 7 7 7

1 © Mekong River Commission 1 © IRD - A. de Rouw 1 © Photothèque CNR 1 © Irstea – Guillaume 1 © CNRS – Elsa Parrot 1 © J-M Olivier, UCBL CNRS
2 © IRD – [Link] 2 © IRD – A. Pierret 2 © J-M Olivier, UCBL CNRS Dramais 2 © P. Gaydou 2 © SMIRIL
3 © Blog Come fly with me - 3 © IRD – V. Chaplot 3 © Wikipédia - Rama 2 © Wikipedia – Warbug 3 © Jean-Paul Bravard 3 © SMIRIL
Laurent 4 © INRA – L. Cottenot 4 © Irstea - G. Carrel 3 © C. Soustelle - CG30 4 © Christian Lavit - DREAL 4 © CNRS – Rodolphe
4 © IRD – M. Legendre 5 © Vietnamitas en Madrid 5 © Photothèque CNR 4 © G. Poussard Languedoc-Roussillon Montagnon
5 © WWF M. Matillano 6 © IRD – J.-P. Bricquet 6 © Vincent Rustuel 5 © Irstea – Michel Lang 5 © Groupe Plattard 5 © [Link] /
6 © Projectnoah 7 © ESA 7 © CNES/dist. Spot Image, 6 © Syndicat mixte 6 © M. Provansal Association MRM
7 © Wikipedia 8 © IRD – J.-P. Bricquet 2003 Camargue Gardoise 7 © Photothèque CNR 6 © B. Adam 2007
8 © Backpackers - H. Karges 7 © DREAL Rhône-Alpes 7 © Christof Angst,
Biberfachstelle

Cette exposition est disponible


sur demande à :
exposition@[Link]

Pour consulter
l’exposition en ligne :
[Link]
disponibles-en-pret/des-fleuves-des-climats-et-des-hommes

Février 2015

26

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