Sommaire
• «Première soirée»
• «Sensation»
• «Le forgeron»
• «Soleil et Chair»
• «Ophélie»
• «Bal des pendues»
• «Le Châtiment de Tartufe»
• «Vénus anadyomène»
• «Les reparties de Nina»
• «A la musique»
• «Les Effares»
• « Roman»
• «Le Mal»
• «Rages de Césars»
• «Rêve pour l'hiver»
• «Le dormeur du val»
• «Au cabaret vert»
• «La maline»
• «L'éclatante victoire de Sarrebrück»
• «Le buffet»
• «Ma bohème»
Sens et émotion
amoureuses
Dans ce recueil, de nombreuses figures féminines séduisantes jouent un
rôle clé, jalonnant les différentes étapes de l'amour, depuis l'étincelle de la
passion jusqu'aux premiers élans de tendresse. Quelques exemples de ces
figures incluent :
• La jeune femme « légèrement vêtue » dans Première soirée.
• Nina, vêtue d’un « peignoir blanc » et dotée d’un « grand regard
sombre » dans Les Réparties de Nina.
• Les jeunes femmes anonymes dans Roman et Rêvé pour l’hiver.
• Les « fillettes » dans À la musique.
• Les serveuses apparaissant dans Cabaret-Vert et La Maline.
Cependant, l'éveil des sens n'est pas limité aux personnages féminins. La
nature elle-même contribue également à éveiller les sens. Souvent décrite
de manière à susciter des sensations vives, elle intensifie les expériences
du poète. Dans Sensation, par exemple, les deux quatrains expriment le
plaisir que le poète éprouve à marcher, au crépuscule, « lors des soirées
estivales bleutées », au milieu de la nature.
Dans Soleil et Chair, la nature est représentée comme une entité vivante et
vibrante, presque comparable au corps humain. Le poète l’imagine pleine
de sensualité, à l’image d’un corps féminin, affirmant que « la terre est
féconde et ruisselle de vie » et que « son vaste sein [...] est de chair,
semblable à celui d’une femme ».
réferences a la
mythologie et ref
littéraires
Dans Soleil et Chair, les allusions à la culture gréco-romaine sont
omniprésentes. L'auteur démontre une bonne connaissance de la
mythologie, évoquant diverses déesses et nymphes, ce qui enrichit ses
descriptions et établit un lien fort entre la nature et les sentiments humains.
La parodie du mythe de la naissance de Vénus dans Vénus anadyomène
illustre parfaitement son appréciation pour l'héritage culturel latin. En
revisitant ce mythe, il propose une interprétation humoristique des thèmes
classiques, révélant sa capacité à allier tradition et modernité dans son
œuvre.
Par ailleurs, les influences de la littérature française et européenne se
manifestent tout au long du recueil. Par exemple, Ophélie offre une
réécriture poétique de Hamlet de Shakespeare, tandis que Le Châtiment de
Tartufe s'appuie sur le célèbre personnage de Molière pour livrer une
critique acerbe de l'hypocrisie religieuse. Enfin, Bal des pendus puise son
inspiration dans la célèbre Ballade des pendus de François Villon.
La réprimande de La
Société du Second
empire
Tout d'abord, sur le plan politique, Arthur Rimbaud n'a pas hésité à
critiquer Napoléon III. Dans des œuvres comme Le Forgeron, il établit des
parallèles historiques en présentant Louis XVI comme un reflet de
Napoléon III. Plus directement, dans Rages de Césars, il dépeint
l'empereur de manière péjorative, le présentant comme une figure
haïssable. Rimbaud s'attaque à la propagande orchestrée par la presse et le
régime du Second Empire.
Il met en lumière l'impact des mensonges sur l'opinion publique, ce qui
démontre son engagement en faveur de la vérité et de la justice. Sa volonté
de dénoncer les injustices est manifeste, notamment dans Morts de
Quatre-vingt-douze..., où il critique les journalistes du Pays, un journal
favorable à la politique impériale.
Rimbaud dénonce la manière dont certains exploitent la Révolution
française pour inciter à la lutte contre la Prusse, révélant ainsi que des
événements historiques sont détournés à des fins personnelles. Dans le
sonnet L'Éclatante Victoire de Sarrebruck, il tourne en dérision la
propagande entourant les soi-disant victoires impériales, alors que l'armée
prussienne est en train de remporter la guerre.
Son antimilitarisme se manifeste également dans Le Mal et Le Dormeur du
val. Rimbaud critique la société de son époque, en dénonçant l'indifférence
de l'Église face aux horreurs de la guerre et son hypocrisie dans Le Mal et
Le Châtiment de Tartufe. Dans À la musique, il exprime son mépris envers
les bourgeois et leur comédie sociale.
À l'inverse, Rimbaud se fait le porte-voix du peuple et de ses souffrances,
comme le montre son portrait des enfants affamés dans Les Effarés.
Flânerie
Au cours de l'année où il compose son recueil, Rimbaud
effectue plusieurs fugues à Paris et en Belgique. Les
Cahiers de Douai reflètent ces errances, vécues par le poète
comme des moments de liberté, un thème que Paul Verlaine
évoquera plus tard en le qualifiant « d'homme aux semelles
de vent ».
Dans plusieurs de ses textes, il évoque sa flânerie : « j'irai
dans les sentiers » ; « nous irions, / ayant de l'air plein la
narine, / aux frais rayons » dans Les Réparties de Nina ; «
on va sous les tilleuls verts de la promenade » dans Roman ;
et enfin, « Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines /
aux cailloux des chemins » dans Au Cabaret-Vert. Dans
Sensation, le poète exprime sa joie, se disant « heureux,
comme avec une femme », et dans Ma bohème ainsi que
Les Réparties de Nina, il compare le plaisir de l'errance à
une forme d'ivresse.
Flânerie
poétique
Rimbaud a composé Cahiers de Douai à l’âge de
15 ans, à Douai chez Rambart, en 1870. Ce
recueil contient « Au Cabaret-Vert » ainsi que 21
autres poèmes. Bien qu’il n’ait pas eu l’intention
de publier ces écrits, il a envoyé certains d’entre
eux à un poète parnassien. C'est Paul Demeny qui
rassemblera ces textes et les publiera contre la
volonté de Rimbaud, qui deviendra par la suite
une figure emblématique connue sous le nom de
« poète vagabond ».
Flânerie poétique
« émancipations créatrices »
Arthur RIMBAUD