PROGRAMME DETAILLE :
Comment se faire respecter quand on a été abusé ?
Date : 6 juillet 2021
4ème MODULE :
CQJP
Les « Positions de vie » en Analyse Transactionnelle :
Définition de ces positions : être OK+ c’est considérer que l’on s’accepte, que l’on est bien avec
soi, on se sent autonome et responsable. Être OK- c’est l’inverse ! On ne s’accepte pas, on n’est
pas bien, on dépend du regard de l’autre pour se positionner.
Ces positions qu’explique l’A.T. se comprennent par « Soi par-rapport à l’autre » c’est-à-dire JE
par-rapport à TU. Le centrage est sur soi qui est expliqué par-rapport à l’action de TU sur soi.
Je OK-, tu OK+
Je OK-, tu OK-
Je OK+, tu OK-
Je OK+, tu OK+ (la certivité)
Je OK-, tu OK+
Quand on débute sa vie, l’enfant est dépendant de l’adulte pour vivre (manger, boire,
s’habiller, la sécurité d’un toit…), il apprend tout de l’adulte pour grandir (éducation, valeurs,
injonctions…). Aussi, l’A.T. dit que l’enfant est OK- car il ne sait rien, il attend tout de l’autre
qui, du coup, sera OK+ d’après lui.
Par-rapport à l’inceste : Les parents enseignent à l’enfant qu’il doit obéir car il est trop petit
pour comprendre et prendre des décisions. De ce fait, l’enfant obéit à toutes les grandes
personnes même à un prédateur puisqu’on lui a dit d’obéir. S’il se défend parce que
l’autre est violent, le parent-violeur va le manipuler : si le prédateur est le père… « Tu dois
obéir parce que sinon papa sera malheureux que tu ne veuilles pas « jouer » avec ton
papa et tu ne veux pas que papa soit malheureux, n’est-ce pas ? » et aussi : « Si tu te
laisses faire, papa sera content et c’est ce que tu veux parce que tu aimes ton papa,
n’est-ce pas ? »
S’il a mal ou trouve quelque chose d’étrange, on lui a appris aussi à dire les choses à
l’autorité concernée (le professeur à l’école, les parents à la maison etc.). Naturellement il
va vouloir dire mais le prédateur l’en empêche en le manipulant «Si tu dis ce qui s’est
passé, papa peut aller en prison parce que les autres sont méchants, tu ne veux pas que
papa aille en prison hein ? sinon papa ne sera plus là avec toi. »
Je OK-, tu OK-
L’enfant grandit, commence à marcher et explore le monde, pas toujours au goût des adultes
qui le grondent car il a cassé quelque chose ou ouvert un produit interdit. Il a du mal avec ces
voix méchantes, il se sent délaissé et culpabilise. En faisant cela, il crée graduellement son
individualité par son mal-être. Mais, suivant ce qu’il entend de lui « Tu es méchant ! ou pire :
Mais qu’est-ce que tu es bête ! »… il va grandir avec une image de lui désastreuse, OK-, et
trouvera les personnes hostiles autour de lui, OK-. Cette phase revient au moment de
l’adolescence.
Par-rapport à l’inceste : L’enfant grandit dans la soumission du parent-violeur croyant qu’il
fait bien de lui obéir, c’est ce qu’on lui a appris. Mais sa conscience aussi grandit et se
développe et, à un moment donné, il va comprendre ce que lui a fait le prédateur et va le
détester, voire le haïr, mais lui-même va se détester aussi car il a obéi ; était-il
consentant ? C’est une question pour laquelle il mettra des années à répondre.
Définition du consentement : Accepter que quelque chose se fasse. Le dicton : « Qui ne
dit mot consent » influence des générations d’enfants ou de femmes violées en état de
sidération. Les usages s’en sont longtemps servi pour violer un enfant ou une femme
impunément.
Je OK+, tu OK-
C’est le cas de l’enfant battu ou qui n’est pas aimé ou a le sentiment d’être mal-aimé. Quand il
se réfugie dans son coin où il se sent à l’abri, il se dit : « Aujourd’hui je suis petit, vous me faites
mal parce que vous êtes plus forts, mais un jour je serai grand et fort moi aussi et là je me
vengerai. ». Cette position est aussi celle du jeune adulte qui commence à travailler, il doit faire
ses preuves et prouver ses diplômes. Compétition avec les autres, coups bas, trahisons… Ces
douleurs renforceront (normalement) son amour-propre et sa rage de réussir en affrontant les
autres. Il doit être le meilleur.
Par-rapport à l’inceste : Quand l’enfant parvient à dire non à son parent-violeur, si celui-ci
respecte son refus des viols, l’enfant regagne son pouvoir personnel et sa propre estime. Il
se sent puissant, il détestera son parent-violeur (OK-) mais il se fera respecter désormais
(OK+). Par-contre, si le parent-violeur outrepasse la décision de refus de l’enfant, ce sera
la guerre ! L’enfant est grand et n’hésitera pas à le faire savoir, avec ou sans public, et à se
battre de toutes les manières possibles y compris en manipulant. Il se défendra (il reste
OK+) contre l’autre (toujours OK-).
Je OK+, tu OK+
L’enfant est devenu adulte confirmé, a remporté des batailles dans tous les domaines
(professionnel, personnel, amoureux…) et à un moment donné, fait un bilan de sa vie. C’est
souvent vers les 40-50 ans. Il peut faire la paix avec lui-même (je OK+) et considère que les
autres sont source d’enseignement pour lui et d’échanges également (tu OK+). Il est dans la
plénitude des interactions positives.
Par-rapport à l’inceste : L’enfant devenu adulte parvient à faire la paix avec lui-même et
aussi avec son parent-violeur. Cela peut prendre plusieurs décennies, il y arrive grâce à
des aides extérieures (thérapeute, stages, livres, échanges, aussi un conjoint aimant et
respectueux, des amis éclairants…), quel que soit le temps passé à parvenir à cette paix
intérieure, le point final est lorsqu’il pardonne à son parent-violeur (en le lui disant si c’est
possible, c’est mieux) et qu’il se pardonne à lui-même d’avoir souffert. Il a enfin pansé ses
blessures d’enfant violé et reconstruit sa personnalité au grand complet.
Apprendre le lien à l’autorité
Que signifie « obéir » ? Quand et comment ?
Définition de « obéir » : Se soumettre à quelqu’un en se conformant à ce qu’il ordonne ou
défend ».
On distingue trois niveaux d’obéissance ou de soumission à quelqu’un ou à un système :
o L’autre est nettement plus fort, on ne fait pas le poids.
Avec l’inceste : L’enfant est obligé de se laisser faire car l’autre est plus grand et plus fort,
il ne peut pas lutter. Ou alors, l’autre le manipule avec des paroles culpabilisantes : « Tu
vas être gentil avec moi parce que tu m’aimes » ; l’enfant ne connaît pas le double
langage avec un objectif malsain, de ce fait il se soumet.
o L’autre semble plus fort et on obéit de manière stratégique.
Avec l’inceste : L’enfant a grandi, est adolescent et suivant sa corpulence peut se sentir
encore inférieur à l’autre, plus costaud. Il obéit consciemment, mais juste en attendant le
moment de pouvoir se défendre. En attendant, il affûte ses couteaux…
o L’autre est compris dans sa démarche, dans ses ordres, on obéit naturellement.
Avec l’inceste : L’ex-enfant violé est devenu adulte et a travaillé sur ses souffrances avec
un thérapeute ou des personnes bienveillantes. Il a fait la paix en lui et le parent-violeur
est vieillissant, il ne peut pas le changer ni changer son enfance qui souffrait tant. Il va
pouvoir naître à lui-même, apaisé, l’autre est devenu un semblable, ce n’est plus un
ennemi.
Que se passe-t-il quand on obéit ou désobéit ? Quand doit-on obéir, et comment ?
o Deux manières d’obéir dans un monde adulte :
On obéit naturellement en étant dans la première position de vie. Je dois demander
un papier ou un renseignement à une administration (Je OK-) qui me donne les
critères pour bien faire comme une liste de documents à réunir, un service à
contacter…(Tu OK+). On applique ce qu’on nous demande ou conseille.
On estime que l’autre est irrespectueux, ou fait preuve d’autoritarisme (Tu OK-), on
se rebelle pour manifester notre désaccord et exiger la teneur de notre demande.
On a obéi à soi-même (Je OK+) et on se fait respecter.
o Comment désobéir ?
Il faut discriminer.
L’adulte ex-enfant violé peut développer trois tendances générales : être asocial et se
méfier de tout le monde (Je OK-, Tu OK-), obéir systématiquement (Je OK-, Tu OK+),
soit désobéir par esprit de contrariété (Je OK+, Tu OK-).
Les trois démontrent un déséquilibre dans la relation.
Si on ressent de la violence dans une relation, il faut désobéir. Rappel : on n’est pas
obligé de souffrir dans une relation.
Il faut s’imposer, se faire respecter : dire non à tout, ou refuser après réflexion, ou
fuir quand la situation est devenue invivable ou dangereuse, ou s’allier avec d’autres
pour se défendre plus fortement (syndicat, protection juridique… etc.
Rechercher l’égalité avec autrui :
Est-on l’égal de l’autre ? Comment le sait-on ? L’égal fait référence à « légal », la législation, le
Droit. On doit être légitime.
Test n° 10 :
o Majorité de Oui : L’autre est notre égal, tout le temps. Certes, mais il peut y avoir une
nuance qui s’appelle « Pouvoir ». Humainement parlant nous sommes égaux, mais l’autre
peut avoir du pouvoir et en toute légalité avoir à nous donner des ordres.
Ainsi, le Maire peut être charmant et avoir un relationnel chaleureux, mais en tant que
Premier Magistrat de la commune il peut imposer un texte de loi que les autres
l’approuvent ou pas.
On peut être obligé d’obéir à quelqu’un parce qu’il a le pouvoir statutaire, alors même que
notre nature nous estime égaux.
o Majorité de Non : L’autre nous semble supérieur ou inférieur par-rapport à nous. Là aussi
c’est une vision de l’esprit qui résulte des blessures d’inceste. On peut obéir à quelqu’un
eu égard à son statut et si ça convient, pour le reste on est tous égaux.