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Enthalpie et impact carbone en chimie

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TD 4 – Thermodynamique Correction

Enthalpie de réaction chimique


BLAISE PASCAL
PT 2023-2024

Analyse d’un corrigé

Exercice 1 : Voiture à essence 2| 1

▷ Température de flamme ;
▷ Énergie libérée par une réaction ;
▷ Bilan de matière.

Correction des questions d’analyse du corrigé


Question d’analyse 1 - Une équation bilan ne fait apparaître que les espèces qui participent réellement à la réaction,
c’est-à-dire les réactifs et les produits. L’azote est un gaz inerte, il n’apparaît donc pas dans l’équation bilan.
Question d’analyse 2 - En fonction de l’avancement, la quantité de matière finale de C6 H14 vaut n − ξF = 0 et celle
de dioxygène n′ − 19
2 ξF = 0. En isolant ξF , on trouve le résultat annoncé.
Question d’analyse 3 - La capacité thermique est celle dans l’état final, or C6 H14 et O2 ont été totalement consommés
par la réaction et sont donc absents du système.
Question d’analyse 4 - L’air est composé à 80 % de diazote et 20 % de dioxygène, si bien que n′ mol de O2 sont
accompagnées de 4n′ mol de N2 . Comme elles ne réagissent pas, le facteur 4 s’applique par rapport à la quantité de
matière initiale de dioxygène.
Question d’analyse 5 - Le produit µV correspond à la masse d’essence. En se plaçant dans les unités du système
international, il faut prendre µ = 750 kg · m−3 , V = 8 · 10−3 m3 et M = (6 × 12 + 14) × 10−3 = 86 kg · mol−1 .
Question d’analyse 6 - Le terme avec les capacités thermiques n’apparaît plus car la réaction est supposée isotherme.
On se place ici dans la limite inverse à la question précédente : au lieu d’échauffer le milieu réactionnel, l’énergie libérée
par la transformation chimique est intégralement récupérée par l’extérieur.
Question d’analyse 7 - Une voiture qui consomme moins contribue moins au réchauffement climatique ! Les 18 kg
émis pour un trajet de 100 km sont à mettre en perspective des 2 tonnes par habitant et par an compatibles avec une
limitation du réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’époque pré-industrielle.

Bilans thermiques simples

Exercice 2 : Combustion du zinc 1| 1

▷ Température de flamme.

1 Il s’agit d’une combustion, qui se fait donc avec le dioxygène de l’air.

1
Zn(s) + O2(g) = ZnO(s) .
2

2 D’après la « loi de Hess »,


∆r H ◦ = ∆f H ◦ (ZnO) = −348,1 kJ · mol−1 .

1/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

La réaction étudiée est en fait la réaction de formation standard de ZnO ... ce qui explique que la loi
de Hess prenne une forme aussi simple.

3 La température maximale est atteinte dans la limite adiabatique : la chaleur dégagée par la réaction ne sert qu’à
chauffer les produits et l’azote de l’air. Le bilan de matière de la transformation s’écrit

1
Zn + O = ZnO
2 2
n
État intial n 0
2
n ξ
État final n−ξ =0 − =0 ξ=n
2 2
On raisonne sur une transformation thermodynamique fictive en deux étapes, partant du même état initial (réactifs
à 298 K) et aboutissant au même état final (produits à température TF ) :
▷ Réaction chimique à T0 = 298 K :
∆H1 = ξ ∆r H ◦
▷ Échauffement des produits et du diazote spectateur de T0 à TF :
∆H2 = n CP,m ◦
(ZnO) + 2n CP,m

(N2 ) (TF − T0 ) .
 

n
Il y a quatre fois plus de diazote que de dioxygène dans l’air, soit 4 × = 2n mol.
2
La transformation étant adiabatique, on a
∆H = 0 = ∆H1 + ∆H2
ce qui s’écrit
n ∆r H ◦ + n CP,m

(ZnO) + 2n CP,m

(N2 ) (TF − T0 ) = 0
 

et ainsi
∆r H ◦
TF = T0 − ◦ (ZnO) + 2 C ◦ (N ) = 3,8 · 10 K .
3
CP,m P,m 2

On peut noter que la température de flamme ne dépend pas de n : seules les proportions des différentes
espèces comptent, mais pas leur quantité de matière.

4 On note xn la quantité supplémentaire de diazote introduite. Le bilan enthalpique devient


n ∆r H ◦ + n CP,m

(ZnO) + (2 + x)n CP,m

(N2 ) (TF′ − T0 ) = 0
 

d’où on déduit
−∆r H ◦ ◦
CP,m (ZnO)
x= − .
(TF − T0 ) CP,m (N2 )
′ ◦ CP,m (N2 )

En prenant TF′ = 330 K, on en déduit qu’il faut ajouter au minimum xn mol de diazote avec

x > 3.

Exercice 3 : Chalumeau oxyacétylénique 1| 1

▷ Température de flamme.

1 La réaction de combustion de l’acétylène en phase gazeuse s’écrit

5
C2 H 2 + O −−→ 2 CO2 + H2 O .
2 2

2 Le dioxygène et le diazote gazeux sont deux corps simples (un seul type d’atomes) dans leur état standard de
référence. D’après la loi de Hess,
∆r H ◦ = 2 × (−393,5) − 241,8 − 226,7 = −1255 kJ · mol−1 .

2/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

3 Supposons partir de n mol d’acétylène. Comme le mélange est stoëchiométrique, la quantité de matière initiale
de dioxygène est 5n/2. Le tableau d’avancement de la réaction et le suivant :

5
C2 H 2 + O −−→ 2 CO2 + H2 O
2 2
5
état initial n n 0 0
2
5 5
état final n − ξmax = 0 n − ξmax 2n n
2 2
On raisonne sur une transformation fictive en deux étapes :
▷ d’abord, la transformation chimique isotherme ;
▷ ensuite, l’échauffement des produits (et aussi excès de réactif et constituants inertes, négligés ici).
La transformation étant adiabatique, le bilan d’enthalpie s’écrit
∆H = n ∆r H ◦ + (2n CP◦ (CO2 ) + n CP◦ (H2 O)) (TF − TI ) = 0 ,
↑ ↑
transf 1er P

d’où on déduit
∆r H ◦
TF = TI − ≃ 11 700 °C ,
2 CP (CO2 ) + CP◦ (H2 O)

en supposant TI = 25 °C.

4 Le résultat précédent est très fortement surestimé par rapport à la valeur annoncée dans le texte, car le dioxygène
n’est pas pur mais issu de l’air, qui contient également du diazote. Qualitativement, le diazote va également se
réchauffer et donc absorber une partie de l’énergie libérée par la réaction, ce qui va diminuer la température de
flamme. Quantitativement, les 5n/2 mol de dioxygène s’accompagnent de 4 × 5n/2 = 10n mol de diazote, qui ne
réagissent pas et sont donc présentes dans l’état final. La relation issue du bilan d’enthalpie devient alors
∆H = n ∆r H ◦ + (2n CP◦ (CO2 ) + n CP◦ (H2 O) + 10n CP◦ (N2 )) (TF′ − TI ) = 0 ,
↑ ↑
transf 1er P

d’où on déduit
∆r H ◦
TF′ = TI − ≃ 3170 °C ,
2 CP◦ (CO2 ) + CP◦ (H2 O) + 10 CP◦ (N2 )
ce qui est désormais conforme à la valeur annoncée dans l’énoncé.
En pratique, pour augmenter la température de flamme, il est possible d’utiliser du dioxygène pur issu
d’une deuxième bouteille, comme c’est probablement le cas pour le chalumeau de la photo de l’énoncé.

Exercice 4 : Impact carbone de la production électrique 2| 1|

▷ Énergie libérée par une réaction.

1 La réaction de combustion s’écrit

CH4(g) + 2 O2(g) = CO2(g) + 2 H2 O(g) .

2 Calculons l’énergie libérée Qlib par la combustion isotherme d’une quantité de matière n de méthane. D’après le
premier principe,
∆H = −Qlib = n ∆r H ◦ .
↑ ↑
1erP transf
Comme le rendement n’est que de η = 0,3, l’énergie électrique produite vaut
E = η Qlib = −η n ∆r H ◦ .
On en déduit la quantité de matière n nécessaire à la production d’une énergie électrique E,

E
n=−
η ∆r H ◦

3/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

D’après la loi de Hess,

∆r H ◦ = ∆f H ◦ (CO2 ) + 2 ∆f H ◦ (H2 O) − ∆f H ◦ (CH4 ) = −802 kJ · mol−1 ,

et 1 kWh = 3,6 · 106 J d’où on déduit


n = 15 mol .

3 Les nombres stoëchiométriques étant les mêmes, la quantité de matière de CO2 produite lors de la combustion
est égale à la quantité de matière de CH4 consommée, ce qui donne une masse

m = n × MCO2 = 658 g .

Ainsi, la production de 1 kWh d’énergie électrique par combustion du méthane rejette 658 g de CO2 dans l’atmosphère.
En réalité, un bilan carbone complet nécessite de prendre en compte différentes émissions indirectes
qui s’ajoutent aux émissions directes étudiées ici, qui incluent par exemple la construction et le déman-
tèlement de la centrale, sa maintenance, etc ... et surtout toutes les émissions nécessaires à l’extraction
du combustible et à son transport. Avec cette méthode de calcul, 1 kWh d’énergie électrique produit
par combustion du gaz naturel avec un rendement de 0,3 entraîne un rejet moyen de 756 g de CO2 dans
l’atmosphère.
(Source : base carbone ADEME)

4 La réaction de combustion du charbon s’écrit

C(s) + O2(g) = CO2(g) .

L’enthalpie de réaction vaut


∆r H ◦ ′ = ∆f H ◦ (CO2 ) = −393,5 kJ · mol−1 .
Ainsi, en reprenant les résultats de la question précédente, la production de E = 1 kWh d’énergie électrique par
combustion du charbon génère l’émission d’une masse de CO2

E
m′ = − MCO2 = 1,3 kg .
η ∆r H ◦ ′

Remplacer des centrales à charbon par des centrales à gaz permet donc de diviser par deux les émissions de CO2
pour une même quantité d’électricité produite.
En tenant compte des émissions indirectes, le bilan carbone d’une centrale à charbon est plutôt de
l’ordre de 1,2 kg de CO2 par kWh électrique produit, ce qui s’explique par le fait que le charbon n’est
pas du carbone pur comme dans la modélisation utilisée ici.
(Source : base carbone ADEME)

5 Une réaction nucléaire n’est pas une réaction de combustion ! Il n’y a donc aucune émission directe de CO2 lors
de la production d’électricité nucléaire : c’est donc un atout très important de l’énergie nucléaire en termes de lutte
contre le changement climatique. Les problèmes posés par cette source d’énergie sont d’une autre nature : sécurité
des installations et production de déchets que l’on ne sait pas retraiter à l’heure actuel.
Toujours en tenant compte des émissions indirectes, le bilan carbone de l’énergie nucléaire demeure très
favorable par rapport au gaz ou au charbon puisqu’il est de seulement 6 g de CO2 par kWh électrique
produit.
(Source : base carbone ADEME)

Bilans thermiques plus avancés

Exercice 5 : Bilan carbone de la production de ciment 2| 1

▷ Énergie libérée par une réaction ;


▷ Écriture de réactions et bilan de matière.

4/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

1 L’équation de la réaction s’écrit

3 CaCO3(s) + SiO2(s) = Ca3 SiO5(s) + 3 CO2(g) .

Elle forme également du CO2 .

2 L’approximation d’Ellingham consiste à supposer que l’enthalpie (et l’entropie) standard d’une réaction
ne dépendent pas de la température à laquelle elle a lieu. Ainsi, on peut calculer l’enthalpie de réaction avec la
table à 298 K et utiliser sa valeur quelle que soit la température.
Attention, cette approximation devient franchement fausse dès qu’un des réactifs ou produits change
d’état.

3 D’après la loi de Hess,

∆r H1◦ = ∆f H ◦ (Ca3 SiO5 ) + 3 ∆f H ◦ (CO2 ) − 3 ∆f H ◦ (CaCO3 ) − ∆f H ◦ (SiO2 ) soit ∆r H1◦ = 473 kJ · mol−1 .

Comme ∆r H1◦ > 0, la réaction (R1 ) est endothermique

4 Une masse m = 1 tonne de silicate de calcium correspond à une quantité de matière


m
n= = 4,4 · 103 mol .
MCa3 SiO5

Calculon maintenant la quantité de matière de calcaire nécessaire à partir d’un tableau d’avancement. Comme on
s’intéresse à la consommation du calcaire, on suppose la silice en excès.

3 CaCO3 + SiO2 = Ca3 SiO5 + 3 CO2(g)


État initial n0 excès 0 0
État final n0 − 3ξ1 = 0 excès ξ1 = n 3ξ1

Ainsi, la quantité de matière minimale de calcaire requise vaut

n0 = 3n = 1,3 · 104 mol ,

ce qui correspond à une masse


m0 = n0 MCaCO3 = 1,3 tonne .

Le transfert thermique à fournir à la réaction vaut

Q = ξ1 ∆r H1◦ = 2,0 · 109 J .

5 L’énoncé sous-entend une écriture avec nombres stoëchiométriques algébriques potentiellement fractionnaires,
mais il vaut mieux toujours commencer par une écriture avec nombres entiers qui distingue réactifs et produits,

CH4(g) + 2 O2(g) = 2 H2 O + CO2(g)

soit
0 = −CH4(g) − 2 O2(g) + 2 H2 O + CO2(g)

6 Comme le nombre stoëchiométrique est pris égal à −1 pour le méthane, alors la quantité de méthane consommée
est égale à l’avancement ξ2 de la réaction (R2 ). On veut ainsi
mCH4
ξ2 ∆r H2◦ = Q soit ∆r H2◦ = Q
MCH4

d’où on déduit
Q MCH4
mCH4 = = 48 kg .
∆r H2◦

7 Les deux réactions (R1 ) et (R2 ) produisent du CO2 . Au total, la masse de CO2 produite vaut

mCO2 = (3ξ1 + ξ2 )MCO2 = 7,1 · 102 kg .

5/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

Exercice 6 : Grillage de la blende adapté oral banque PT | 2| 1|

▷ Température de flamme ;
▷ Énergie libérée par une réaction.

1 D’après la loi de Hess,

3
∆r H ◦ = ∆f H ◦ (ZnO) + ∆f H ◦ (SO2 ) − ∆f H ◦ (ZnS) − ∆f H ◦ (O ) = −442 kJ · mol−1 .
2 | {z 2}
=0

La réaction est donc exothermique.

2 Raisonnons sur une quantité de matière n de blende. On décompose la transformation en deux étapes : d’abord
la transformation chimique a lieu (en totalité, ξf = ξmax = n) à Ti = 298 K ; puis les produits et le diazote spectateur
sont chauffés jusqu’à la température finale Tf . Ainsi,

3
 
∆H = n × ∆r H ◦ + nCP◦ (ZnO) + nCP◦ (SO2 ) + 4 × nCP◦ (N2 ) (Tf − Ti ) = 0
2 ↑
adiab

d’où on déduit
[CP◦ (ZnO) + CP◦ (SO2 ) + 6CP◦ (N2 )] (Tf − Ti ) = −∆r H ◦
et enfin
∆r H ◦
Tf = Ti − = 1838 K .
CP◦ (ZnO) + CP◦ (SO2 ) + 6CP◦ (N2 )

Attention aux unités : ∆r H ◦ doit être convertie en J · mol−1 pour l’application numérique.
La température a laquelle la réaction a lieu est nécessairement inférieure à cette température de flamme, car le réacteur
ne peut pas être parfaitement calorifugé, il y a donc nécessairement des fuites thermiques dans l’environnement.

3 Le réacteur utilisé est un système ouvert, et pas un système fermé comme le laisse entendre l’énoncé. Une
formulation plus précise consisterait à dire que l’énergie libérée par la réaction chimique pendant un intervalle de
temps ∆t doit être suffisante pour porter à la température de réaction les réactifs entrant dans le réacteur pendant
cet intervalle de temps, ces nouveaux réactifs apportés étant à la température ambiante.
Notons n la quantité de matière de ZnS consommée pendant la durée ∆t à la température T = Tr constante. Un
bilan enthalpique donne le transfert thermique libéré,

∆H = −Qlib = n ∆r H ◦ .
↑ ↑
1er P réaction

Procédons maintenant à un second bilan enthalpique pour les réactifs entrant dans le réacteur portés de la tempéra-
ture Ti à la température Tr en recevant un transfert thermique Qreçu ,

3 3
 
∆H = Qreçu = nCP◦ (ZnS) + nCP◦ (O2 ) + 4 × nCP◦ (N2 ) (Tr − Ti )
↑ ↑ 2 2
1er P Joule

La réaction est auto-entretenue dès lors que

3 3
 
Qlib > Qreçu soit − n ∆r H ◦ > nCP◦ (ZnS) + nCP◦ (O2 ) + 4 × nCP◦ (N2 ) (Tr − Ti )
2 2

ce qui donne
∆r H ◦
Tr < Ti − = 1803 K
CP◦ (ZnS) + 23 CP◦ (O2 ) + 6CP◦ (N2 )
Cette température est supérieure à la température à laquelle la réaction a lieu, elle est donc auto-entretenue.
La proximité numérique avec la température de flamme appelle un commentaire ... En allant au delà de
l’approximation d’Ellingham, c’est-à-dire en prenant en compte les variations de l’enthalpie de réaction
avec la température (hors programme de PT), on peut en fait l’établir de façon rigoureuse : une réaction
est auto-entretenue dès lors qu’elle a lieu à une température inférieure à sa température de flamme.

6/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

4 Une quantité de matière n de blende s’accompagne d’une quantité de matière αn de silice, qui est un constituant
inerte. En reprenant la question précédente, on en déduit que la réaction demeure auto-entretenue tant que
∆r H ◦
Tr < Ti −
CP◦ (ZnS) + αCP (SiO2 ) + 32 CP◦ (O2 )
◦ + 6CP◦ (N2 )
d’où on obtient
3 −∆r H ◦
CP◦ (ZnS) + αCP◦ (SiO2 ) + CP◦ (O2 ) + 6CP◦ (N2 ) <
2 Tr − Ti
soit
1 −∆r H ◦ 3 ◦
 
α< ◦ − CP (ZnS) − CP (O2 ) − 6CP (N2 ) = 1,75
◦ ◦
CP (SiO2 ) Tr − Ti 2
On en déduit la fraction molaire associée,
α
x= = 63 % .
1+α

Exercice 7 : Cheminée au bioéthanol oral CCINP PSI | 2| 1

▷ Température de flamme ;
▷ Énergie libérée par une réaction.

1 Par définition, une combustion est une transformation chimique avec le dioxygène de l’air, conduisant (lorsqu’elle
est complète) uniquement à la formation de dioxyde de carbone et d’eau :
C2 H5 OH(liq) + 3 O2(g) = 2 CO2(g) + 3 H2 O(g) .

2 D’après la loi de Hess,


∆r H ◦ = 2 ∆f H ◦ (CO2(g) ) + 3 ∆f H ◦ (H2 O(g) ) − 3 ∆f H ◦ (O2(g) ) − ∆f H ◦ (C2 H5 OH(liq) ) = −1,24 · 103 kJ · mol−1 .
L’enthalpie de réaction est négative, signe que la transformation est exothermique ... et heureusement puisqu’on
cherche à réchauffer la pièce !

3 Un volume V = 1,5 L d’éthanol liquide à 298 K contient une quantité de matière


V ×ρ 1,5 · 10−3 × 789
n= = = 25,7 mol .
MC2 H5 OH (24 + 6 + 16)10−3
Compte tenu de la stoëchiométrie de la réaction, la combustion exige une quantité de dioxygène d’au moins 3n. En
tenant compte du diazote, la masse d’air correspondante est
mair = 3nMO2 + 4 × 3nMN2 = 11,1 kg .

4 On se place dans les conditions stœchiométriques et on raisonne en deux temps : d’abord la réaction à Ti = 298 K
puis le chauffage des produits de Ti à Tfl ... sans oublier le diazote qui est bel et bien présent même s’il est inerte. Le
bilan d’enthalpie s’écrit
∆H = n∆r H ◦ + [2nCP◦ (CO2 ) + 3nCP◦ (H2 O) + 12nCP◦ (N2 )] (Tfl − Ti ) = 0

1er ppe

ce qui donne
∆r H ◦
Tfl = Ti − = 2,6 · 103 K .
2CP◦ (CO2 ) + 3CP◦ (H2 O) + 12CP◦ (N2 )

Attention au nombre « stœchiométrique » du diazote : comme celui de O2 est 3, alors 3n moles de O2


ont été consommées, et comme on a mis de l’air elles étaient accompagnées de 4 × 3n = 12n moles de
diazote.

5 Supposons maintenant la transformation isotherme à la température de la pièce. On raisonne sur une trans-
formation de durée ∆t = 1 heure, qui nécessite n0 mol de butane pour fournir à la pièce la puissance P . Le bilan
d’enthalpie s’écrit
P ∆t
∆H = −P ∆t = n0 ∆r H ◦ d’où n0 = −
↑ ↑ ∆r H ◦
1er P réaction

7/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

P est la puissance fournie par la combustion à la pièce à chauffer, d’où le signe ⊖.


En introduisant la masse volumique et la masse molaire, on en déduit le volume requis

V0 ρ P ∆t MC2 H5 OH
n0 = d’où V0 = = 5 · 10−4 m3 = 0,5 L
MC2 H5 OH ρ ∆r H ◦

C’est un volume qui semble tout à fait raisonnable pour une utilisation domestique, sous réserve d’un bon renouvel-
lement de l’air de la pièce.

Exercice 8 : Synthèse de l’acide fluorhydrique 3| 1

▷ Bilan de matière ;
▷ Énergie libérée par une réaction ;
▷ Transformation non isobare.

1 Les deux réactifs sont des phases condensées, on peut donc supposer leur capacité thermique constante. Ainsi,
 
∆H |{z}
= Q |{z}= nCaF2 CP,CaF

2
+ n H2 SO 4
C p,H2 SO4 (T0 − TI )

1er ppe Joule

En remplaçant on obtient

mCaF2 ◦ mH2 SO4 ◦


 
Q= Cp,CaF2 + C (T0 − TI ) = 1,6 · 108 J
MCaF2 MH2 SO4 p,H2 SO4

2 D’après la loi de Hess,

∆r H ◦ = 2∆f H ◦ (HF) + ∆f H ◦ (CaSO4 ) − ∆f H ◦ (CaF2 ) − ∆f H ◦ (H2 SO4 ) = 69,8 kJ · mol−1 .

Il s’agit de l’approximation d’Ellingham.

3 Le bilan de matière de la transformation est le suivant.

CaF2 + H2 SO4 = 2 HF + CaSO4


nCaF2 ,I nH2 SO4 ,I
État initial 0 0
= 2,82 · 103 mol = 2,86 · 103 mol
nCaF2 ,I − ξf nH2 SO4 ,I − ξf 2ξf ξf
État final
=0 = 40 mol = 5,63 · 103 mol = 2,82 · 103 mol

Cela correspond à des masses

mH2 SO4 = nH2 SO4 ,F MH2 SO4 = 3,92 kg et mCaSO4 = nCaSO4 ,F MCaSO4 = 383 kg

4 La pression finale se déduit de l’équation d’état des gaz parfaits,

(nHF + nair )RT0


PF = .
V0
La quantité de matière initiale d’air étant donnée par
P0 V0
nair = avec P0 = 1 bar
RT0
il vient
RT0
PF = P0 + nHF,F = 2,9 bar .
V0

5 La transformation est isochore mais pas isobare : on ne peut donc pas procéder directement à un bilan d’enthalpie,
il faut raisonner en termes d’énergie interne. D’après le premier principe,

∆U = Qc .

8/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]


Correction TD 4 : Enthalpie de réaction chimique Blaise Pascal, PT 2023-2024

Or par définition de l’énergie interne, on a au cours de la transformation isochore

∆U = ∆H − V0 ∆P = ξF ∆r H ◦ − V0 (PF − P0 )

En combinant,
Qc = ξF ∆r H ◦ − V0 (PF − P0 ) = 2,0 · 108 J .

La relation ∆H = ξF ∆r H ◦ est moralement la définition de l’enthalpie standard de réaction : elle est


donc vraie quelles que soient les conditions expérimentales, y compris si la transformation n’est pas
isobare. En revanche, la relation Qreçu = ξF ∆r H ◦ est une traduction du premier principe, qui ne prend
sa « forme enthalpique » que pour une transformation monobare avec équilibre mécanique initial et
final ... ce qui n’est pas le cas ici.

6 Non : la réaction est endothermique, donc le milieu réactionnel refroidirait, ce qui ralentirait la transformation.

Problème ouvert

Exercice 9 : Harfang des neiges inspiré oral CCINP PSI | 3| 2

▷ Problème ouvert.

Comme le suggère l’énoncé, modélisons la chouette harfang par une boule de rayon a = 15 cm. Raisonnons sur
une durée ∆t = 1 heure = 3600 s.
Commençons d’abord par déterminer l’énergie libérée par le métabolisme de la chouette. Déterminons la quantité
de matière de dioxygène consommée pendant cette durée, correspondant au volume V = 1,4 L. D’après l’équation
d’état des gaz parfaits,
PV
nO2 = = 7 · 10−2 mol .
RT
L’oxygène étant le réactif limitant de la réaction métabolique (la chouette a mangé suffisamment de lemmings pour
avoir des réserves de glucose !), l’avancement maximal de la réaction est n/6, d’où on déduit le transfert thermique
libéré par la réaction de métabolisme,
nO
Qmétab = − 2 ∆r H ◦ .
6
en calculant ∆r H ◦ = −2,8 · 103 kJ · mol−1 .
En parallèle, l’oiseau perd de l’énergie par conduction thermique au travers du plumage (et convection, ce que
l’on néglige ici). Le transfert thermique cédé par conduction pendant la durée ∆t vaut
1
Qcond = (Tint − Text ) ∆t .
Rth

Comme la température de l’oiseau ne varie pas, un bilan enthalpique donne

∆H = 0 = Qmétab − Qcond
↑ ↑
équilibre1er P

d’où on déduit
4πλ a2 nO
(Tint − Text ) ∆t = − 2 ∆r H ◦
e 6
et ainsi
24π λa2 (Tint − Text ) ∆t
e=− = 4 cm .
nO2 ∆r H ◦

9/9 Étienne Thibierge, 23 avril 2024, [Link]

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