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BTS M.V. L.P.

Frédéric ESTEVE
Cours n° 4 / 7 : Chaleur, travail et énergie interne des gaz parfaits Mise à jour du 31/03/2015

Chaleur, travail et énergie interne des gaz parfaits.

Sommaire

1. Les gaz parfaits sont les gaz "simplifiés"

2. Energie interne U des gaz parfaits

3. Conséquences pour les quatre transformations élémentaires

Bibliographie :
Introduction à la thermodynamique, C. Lhuillier et J. Rous, Dunod, 1994.
Les machines transformatrices d'énergie, tome 1, par G. Lemasson, Delagrave, 1963

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1. Les gaz parfaits sont les gaz "simplifiés"


L'état d'un gaz pur (contraire d'un mélange) est décrit par la donnée de trois variables indépendantes (P, V, T) ou
(P, V, n) , (V, T, H) etc.1 que l'on nomme "variables d'état". Toutes les autres variables d'états en dépendent. Dans
le cas du gaz dit "parfait" on a une relation qui lie 3 de ces variables indépendantes à une quatrième :

P V =n R T

avec 2:

n quantité de matière en moles [mol]


R constante des gaz parfaits 8,31434 0,00035 [Link]-1.
T = température absolue du gaz (en kelvins [K])
P la pression du gaz en pascals [Pa]
V le volume du gaz en mètres-cubes [m 3]

Cette équation est indépendante de la nature du gaz : elle est vraie pour l'O 2, le CO2, l'hélium etc…. Elle permet
d'étudier grossièrement le comportement d'un gaz quelconque à partir du modèle du gaz parfait.

Dans la pratique on utilise souvent la masse d'un gaz au lieu de sa quantité de matière (moins parlante). Dans ce
cas, l'équation du gaz (puisqu'elle dépend alors de la nature du gaz étudié) s'écrit :

P V =m r T

avec :
m masse du gaz [kg]
r constante thermodynamique du gaz considéré [[Link]-1]

En réalité les relations précédentes ne sont qu'une approximation de la réalité, il s'agit d'une modélisation du gaz
qui permet de simplifier son étude. Comme toute modélisation, cette équation des gaz parfaits n'est vraie que
dans un domaine d'étude, elle est d'autant plus exacte que son état P(T) est éloigné de la courbe de vaporisation
et de la courbe de condensation, tout en restant à T < Tcritique (voir le cours n°6). Ce domaine d'étude est
cependant suffisamment large pour englober beaucoup d'applications industrielles et la relation des gaz parfaits
est donc largement utilisée.

Ainsi, le gaz parfait (G.P.) est le modèle simplifié du gaz réel étudié. Dans le cas du CO2 on parle alors du "CO2
parfait" qui vérifie l'équation P.V = n.R.T . On peut également affiner le modèle précédent pour élargir son champ
d'application et parler du "CO2 réel" qui suit approximativement l'équation :

(P + 0,36/V²) (V - 4,3.10-5.n) = n.R.T.

On peut alors représenter la surface caractéristique d'un gaz parfait dans l'espace P-V-T afin de prévoir d'un coup
d'œil l'évolution d'un GP (voir page suivante). On peut déjà affirmer qu'un gaz parfait ne subit jamais de
changement de phase (étudié au cours n° 6) car il n'y a pas de "cassure" de la surface caractéristique.

1
L'enthapie H est une variable d'état que l'on a déjà rencontrée, de même que l'entropie S que l'on verra
ultérieurement.
2
Rappel : 1 mole de gaz contient 6,022 52 0,000 09.1023 molécules de gaz, il s'agit en fait du nombre
d'atomes contenus dans 12 grammes de carbone 12 (incertitudes données par le cours de physique statistique de
Berkeley, Armand Colin). Une mole de grains de sable de 0,1 mm (sable très fin) est contenue dans un volume de
10 km 3, soit celui d'un cube de 2,15 km de côté (source : Wikipedia). Lorsqu'on travaille avec des volumes de gaz
de l'ordre du litre, le nombre de molécules qui le compose est tellement élevé que cela justifie l'emploi de la
physique statistique pour expliquer les mécanismes internes qui interviennent en thermodynamique.
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Surface caractéristique d'un gaz parfait


P

P
T
T

2. Energie interne U d'un gaz parfait (première loi de Joule)

On a vu qu'un corps sous forme gazeuse possédait deux capacités calorifiques massiques (ou chaleurs
massiques) différentes, selon qu'on travaille à volume constant ou à pression constante : Cv et Cp. La quantité de
chaleur Q = M·Cv· T ou M·Cp. T développée lors d'une transformation ne dépend donc pas seulement de l'état
initial et de l'état final du gaz, mais également des conditions dans laquelle elle s'est déroulée : on disait bien que
Q n'était pas une variable d'état, on ne dit pas Q1 (chaleur "contenue" dans le gaz à l'état 1) ou Q2, mais Q12
(chaleur développée pour aller de l'état 1 à l'état 2 du gaz).

Cependant l'expérience montre que l'énergie interne U, contrairement à Q12, ne dépend que de la température T
pour un G.P (c'est la première loi de Joule) ainsi on

U = Cte T

Cela confirme bien que U est une fonction d'état puisque T est une fonction d'état : on a le droit de parler de
l'énergie interne U1 du gaz dans l'état 1 ou de l'énergie interne U2 du gaz dans l'état 2. En particulier on écrira U
pour désigner la variation d'énergie interne, au lieu de U12 (écriture réservée à la chaleur ou au travail, qui ne sont
pas des variables d'état).

On aura bien évidemment :


U = Cte T

La variation d'énergie interne subie lors d'une transformation ne dépend que de la variation de température
constatée. En particulier une transformation isotherme ( T = 0) laissera inchangée l'énergie interne du gaz ( U
= 0).

Précisons maintenant la valeur de la constante qui lie U et T : prenons 2 transformations qui amènent le gaz de
la température T1 à la température T2. L'une de ces transformations (1-2) est quelconque, tandis que l'autre (1'-2)
est isochore (cas particulier qui nous donne W 1'2 = 0 ) :
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Cours n° 4 / 7 : Chaleur, travail et énergie interne des gaz parfaits Mise à jour du 31/03/2015

1’

1
V/n

T identique pour les 2 transformations U12 = U1'2 U


Pour la transformation 1'2 on a U = W 1'2 + Q1'2 = 0 + Q1'2 = [Link]. T

d'où pour une transformation quelconque U = [Link]. T [Link] est la constante de proportionnalité entre U et
T avec :
m masse du gaz étudié [kg]
cV capacité calorifique massique à volume constant du gaz étudié [[Link]-1]

On peut alors montrer que l'énergie interne U d'un G.P. est donnée par la relation :

U = 3/2.n.R.T pour un G.P monoatomique (un seul atome par molécule)

U = 5/2.n.R.T pour un G.P. diatomique

Comme U = 0 pour une transformation isotherme et comme U = Q12 + W12, il en découle que :

W 12 = - Q12 pour une transformation isotherme

Tout le travail échangé dans une transformation isotherme d'un gaz parfait est intégralement évacué en chaleur,
et inversement (cela est faux pour les solides ou lors des changements de phase, c'est-à-dire quand on sort du
domaine de validité du modèle des gaz parfaits).

piston poussé suffisamment lentement pour que la température


du gaz reste constante (chaleur évacuée par l'eau courante).
Un travail W > 0 est apporté au gaz du cylindre
La chaleur Q = -W est évacuée par le gaz, absorbée par l'eau
courante et qui s'évacue par convection (mouvement de l'eau)
T °C
T °C

T °C
Exercice 1

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3. Conséquences pour les quatre transformations élémentaires


3.1. Cas de la transformation isochore (W12 = 0)

Pour une transformation isochore on a U = Q12 + 0 d'après le premier principe de la thermodynamique et U =


[Link]. T pour un G.P. Ainsi on a Q = [Link]. T…on le savait déjà (voir cours n°1) :

Q12 = m·CV· T échauffement


T

P 2

T2
1 T1
V

Ainsi, pour une transformation isochore :


U = [Link]. T
W 12 = 0
Q12 = [Link]. T

Remarque : bien que Q12 soit proportionnelle à T, il ne faut pas croire que Q12 ne dépend pas du trajet suivi car
ce dernier est ici rigoureusement défini : il s'agit d'une transformation isochore qui n'est pas un trajet quelconque !

3.2. Cas de la transformation isobare (W12 = -P. V)

Pour une transformation isobare on a U = Q12 + W 12 d'après le premier principe de la thermodynamique, d'où
[Link]. T = [Link]. T - P. V

W 12 = -P· V
T

U
Q12 = m·CP· T

P
T2
1 2
T1
V
Ainsi, pour une transformation isobare :
U = [Link]. T
W 12 = -P. V
Q12 = [Link]. T

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Remarque : On peut noter les capacités calorifiques Cp [Link] et Cv [Link], d'où U = Cp. T - P V et P = Cte
Cv. T = Cp. T - PV Cv. T = Cp. T - nRT or n = Cte Cv. T = Cp. T - nR. T

Cp - Cv = n R

Comme Cp et Cv sont des coefficients caractéristiques du gaz (et non de la transformation), cette relation, établie
dans un cas particulier (transformation isobare), garde sont caractère général pour toute transformation. On
constate alors que l'on a forcément CP > CV puisque n R est toujours > 0 il faut plus de chaleur pour élever de
T la température d'un corps à pression constante qu'à volume constant (on s'en doutait puisque dans ce dernier
cas on n'a pas de perte d'énergie par le biais du travail).

3.3 Cas de la transformation isotherme


T V2
nR.T
On a alors U = Q12 + W 12 ou dU = Q + W [Link] = Q - [Link] [Link] = Q12 - .dV 0 = Q12 -
T V1 V
V2
1
n.R.T. .dV Q12 = [Link](V2/V1)
V1 V

W 12 = [Link](V1/V2)
T °C

Q12

T °C
P 2

T
1
V

Ainsi, pour une transformation isotherme :


U=0
W 12 = n R T ln(V1/V2)
Q12 = n R T ln(V2/V1)

3.4. Cas de la transformation adiabatique (Q 12 = 0)

Le premier principe de la thermodynamique donne U = Q12 + W 12 Cv. T = 0 + W 12

P 2
T2
T W 12 = m·CV. T
T1
1
V
parois
calorifugées

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Ainsi pour une transformation adiabatique :

U = [Link]. T
W 12 = [Link]. T = U
Q12 = 0

Comme CV < CP on en déduit qu'il faut moins d'énergie pour élever la température lors d'une transformation
adiabatique que lors d'une transformation isobare (on s'en doutait puisque l'adiabatique n'évacue pas la chaleur à
l'extérieur). Inversement on peut alors dire qu'à quantités d'énergie évacuée égales, l'expansion isobare abaisse
moins la température du gaz que l'expansion adiabatique.

D'autre part :
dU = Q + W [Link] = -[Link] [Link] = - [Link]/V [Link]/T = (Cv - Cp).dV/V Cv ln(T2/T1) = (Cv - Cp)
ln(T2/T1)Cv = ln(V2/V1)(Cv-Cp) T2/T1 = (V2/V1)1- = (V1/V2) -1
-1 -1 -1
ln(V2/V1) T1.V1 = T2.V2 , c'est-à-dire T.V =
te
C . Petit à petit on démontre finalement que (utilisé pour les exercices) : :

T.V -1 = Cte
T.P(1- )/ = C
te
te
P.V = C

Remarque :
On démontre que le rapport des tangentes des courbes au point 1 vaut :
pente de l'adiabatique
= Cp/Cv , or Cp > Cv donc > 1 : une adiabatique est plus "raide" qu'une isotherme. ( =
pente de l'isotherme
1,4 pour un gaz parfait)

Exercices 2, 3, 4 et 5.

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Exercices sur le travail, la chaleur et l'énergie interne des gaz parfaits


Notez bien que ces exercices sont une partie intégrale du cours et doivent être résolus au fur et à mesure de leur
apparition dans le cours.

Ils permettent de bien assimiler les concepts abordés dans chaque paragraphe et de se donner quelques ordres
de grandeur. Les données numériques sont issues de différents ouvrages (en particulier le Cours de Physique
statistique de Berkeley qui indique les incertitudes des valeurs numériques).

Exercice 1 : volume utile d'une bonbonne de gaz sous pression


On dispose d'une bouteille de gaz carbonique (CO2) de 0,5 L comprimée à 2 bars ( 2000 hPa) destinée à
l'aquariophilie (alimentation des plantes aquatiques). La sortie de la bouteille est reliée à un tuyau qui plonge à
environ 1 cm en dessous de la surface de l'eau d'un aquarium. Quelle quantité de CO2 peut-on en extraire si on
ouvre lentement la bouteille ?

bulles
aquarium

Rép : 0,5 litre seulement…il vaut mieux acheter une bouteille de brasserie à 60 bars…

Exercice 2 : compression adiabatique.


On effectue une compression de 1 bar à 10 bars d' 1 litre d'air (G.P.) pris initialement à la température ambiante
(20°C). Cette compression est suffisamment rapide pour que le récipient renfermant l'air n'ait pas le temps
d'évacuer la chaleur pendant la compression. On donne 1,40, r 287 [Link]-1 et cV 720 [Link]-1 pour l'air.

T=? 1 bar

V=? 10 bar

U=?

1. Calculer la température finale de la masse d'air.


2. Déduisez en son volume final et sa variation d'énergie interne.

Rép : 1 : 293 °C ; 2 : 0,2 L ; 236 J.

Exercice 3 : quelques calculs simples.


Un volume d'air (gaz parfait) de 20 litres à la pression atmosphérique Po 1013 hPa et à To 0° C subit les deux
transformations suivantes : 3. P0

T=?
V=? 600 °C
U=?
U=?
transfo. 1-2 transfo. 2-3

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transformation 1-2 : compression isochore. L'air est chauffé jusqu'à ce que sa pression soit égale à 3 Po.
transformation 2-3 : expansion isobare. L'air est chauffé jusqu'à ce que sa température atteigne 600 °C.

On donne pour l'air : masse molaire M 29 g/mole, Cv 708 J K-1 kg-1 , 1,40 et R 8,32 [Link]-1.

1. Quelle est la température atteinte par l'air à la fin de la transformation 1-2 ?


2. Calculez la masse m d'air et déduisez - en la variation d'énergie interne de l'air dans la transformation
1-2.
3. Quel est le volume occupé par l'air à la fin de la transformation 2-3 ?
4. Calculez la variation d'énergie interne de l'air dans la transformation 2-3.

Rép : 1 : 819 K ; 2 : 26 g ; 10,0 kJ 3 : 21,3 L ; 4 : 985 J.

Exercice 4 : Compression et travail.


On comprime isothermiquement jusqu'à la pression de 20 bars 1m 3 d'air se trouvant initialement dans les
conditions normales (rappel : To 273 K, Po 1013,25 hPa). On admet que l'air se comporte comme un gaz
parfait (R 8,32 [Link]-1)

20 bars 1 bar

W=? W=?
T0
°C V2 = ? T2 = ?
Q=
?

T0

1. Quel est le volume final de l'air ?


2. Calculez le travail de compression et la quantité de chaleur cédée par le gaz au milieu extérieur.

La masse d'air est ramenée à la pression P2 1 bar par une détente adiabatique (PV = Cte avec 1,42 pour
l'air).

3. Déterminez le volume V2 et la température T2 du gaz après la détente.


4. Calculez le travail fourni au milieu extérieur et comparez - le au travail fourni au gaz pendant la
compression isotherme. Interprétez les résultats en utilisant le diagramme de Clapeyron.

Rép : 1 :50 L ; 2 : 304 kJ ; -304 kJ ; 3 : 412 L ; 113 K 4 : -142 kJ.

Exercice 5 : cycle, travail et chaleur.


Une certaine masse d'air est enfermée dans un corps de pompe dans les conditions initiales (point A en
coordonnées de Clapeyron) P1 1 bar, V1 0,010 m3, T1 273 K. On lui fait subir une série de transformations
représentées par le rectangle ABCD ci - dessous. L'ordonnée de B est P2 = 2·P1, l'abscisse de D est V2 = 2·V1.

On donne :
chaleur massique de l'air à pression constante : Cp 992 [Link]-1 ;
constante des gaz parfaits R 8,31 [Link]-1.
Cp/Cv 1,42 ;
Masse molaire de l'air M 29 g/mole.

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P isotherme

P2 B
C

P1
A D

V1 V2 V

2 bars 1 bar

1 bar 2 bars

glace
10 L 10 L 20 L 20 L
0 °C T=? T=? T=?

échauffement échauffement
refroidissement

1. Calculez le travail échangé au cours du cycle ABCD.


2. Déterminez la température de l'air dans les états B, C et D.
3. Calculez la masse d'air m mise en jeu et déduisez - en les quantités de chaleur mises en jeu pendant les
transformations AB, BC, CD et DA.

Rép : 1 : -1,00 kJ ; 2 : 546 K ; 1092 K ; 546 K ; 3 : 12,8 g ; 2,44 kJ ; 6,92 kJ ; -4,88 kJ ; -3,46 kJ

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