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Droit des organisations internationales

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Institut Universitaire d’Abidjan

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Droit des organisations internationales
Licence 3 – Droit public
Cours de M. Balakiyém GNAZOUYOUFEI
Docteur en Droit public
(Année universitaire 2023-2024)
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Introduction

Section 1 – Existe-t-il un droit des organisations


internationales ?

Cela peut paraître une gageure d'étudier une matière dont on n'est pas
certain de l'existence. De fait, tout aurait été beaucoup plus simple si
l'intitulé du cours avait compté une lettre de plus : droits (au pluriel) au
lieu de droit (au singulier) des O.I. Il aurait alors suffi à l'auteur d'analyser
le droit de chaque organisation sans chercher à faire une synthèse
d'autant plus inutile qu'elle risquait de déboucher sur une sociologie du
droit des O.I. ! Il y a en effet autant de droits que d'O.I., et l'on verra
combien celles-ci sont nombreuses !

Pourtant, le droit des O.I. existe, et on le rencontre là où précisément il


n'apparaît pas. C’est-à-dire, là où s'arrête le droit d'une O.I., car c'est là
que commence le droit des O.I.

En d'autres termes, le droit des O.I. n'est rien d'autre qu'un ensemble de
règles internationales coutumières et conventionnelles applicables à toute
O.I. sans préjudice des règles propres à l'O.I. elle-même.

Ceci ne signifie pas que ce droit est purement supplétif de la volonté de


l'O.I. et que celle-ci peut sécréter n'importe quelle règle, décider n'importe
quoi : ses pouvoirs et ses compétences restent soumis à certaines règles
de droit international au même titre que ceux des États. La « souveraineté
» de l'O.I. résulte des pouvoirs spécifiques et limités que lui ont consentis
les États membres dans le cadre du droit international. Il arrive toutefois
que l'autonomie et la dynamique interne de l'OI finissent par lui assurer un

1
champ de compétences et de libertés plus important que ce qui lui était
reconnu au départ.

En somme, le droit des OI passe constamment de l’unité - règles


communes - à la diversité - règles propre. L’examen de ces deux types de
règles constitue l’objet de ce cours. Nous étudierons donc :
 Les règles propres à certaines OI et les comparer entre elles.
 Mais nous allons surtout étudier les règles communes qui
s’appliquent transversalement à toutes les OI. Il faudra évidemment
à chaque fois vérifier que les règles s’appliquent et donc être sûr de
leur caractère général.
Il n’y a en fait que deux corpus de règles qui sont véritablement
communes à toutes les OI. Ce sont :
 La Convention de Vienne de 1975 sur les rapports entre les États et
les OI universelles dont ils sont membres
 La Convention de Vienne de 1986 sur le droit des traités entre OI et
entre OI et États

Section 2 – La notion d’organisation internationale

La définition de l’organisation internationale (OI) n’est pas une tâche


aisée. La doctrine s’est longtemps évertuée à fournir une définition
consensuelle de l’OI. Une définition a été proposée, à partir de 1969 sans
toutefois prétendre à l’exhaustivité.
La difficulté de définition de cette notion tient aussi en ce que le contenu
que les auteurs donnent aux OI dépend de la place qu’ils leurs accordent.
Les politiques, les sociologues et les juristes n’accordent pas la même
importance aux OI. Les premiers minimisent en général la portée des OI,
pour les seconds, il s’agirait simplement des structures au sein desquelles
les États déploient leurs activités, manifestent leur rivalité.

Ainsi, pour le professeur Marcel Merle, les OI présentent un trait commun


qui est d’être fondées et constituées par les des États et aminées par les
représentants des gouvernements qui ont la qualité pour agir au nom de
ces entités.

Pour le professeur Simone Dreyfus, les OI sont la manifestation d’une


véritable communauté internationale en devenir par la structuration de la
société internationale.

Le professeur Michel Virally définit, quant à lui, l’OI comme « une


association d’États, établie par un accord entre ses membres et dotée d’un

2
appareil d’organes permanents, chargée de poursuivre la réalisation
d’objectifs d’intérêt commun par une coopération entre sens membres ».

Une frange importante de la doctrine est plutôt favorable à la définition


proposée par le Rapporteur de la Commission de Droit International (CDI),
Sir Gérard Fitzmaurice au cours des travaux de codification du droit des
traités, selon laquelle, une OI est une « association d’États constituée par
un traité, dotée d’une constitution et d’organes communs et possédant
une personnalité juridique distincte de celle des États membres ». Bien
que satisfaisante d’un point de vue théorique, cette définition n’est pas
retenue par la pratique conventionnelle car, en insistant sur le fondement
conventionnel et la nature institutionnelle de l’organisation, il reste qu’elle
exclut de la catégorie des organisations celles d’entre elles qui ne
bénéficient pas de l’ensemble des critères retenus dans la définition.

In fine, c’est la définition proposée par la convention de Vienne du 23 mai


1969 qui est retenue. Selon l’article 2 § 1 de la Convention sur les droit des
traités, « l’expression Organisation internationale s’entend d’une
Organisation intergouvernementale ». Le mérite de cette définition est
qu’elle insiste sur un aspect important de la nature des organisations
internationales. En effet, l’expression OI est un terme générique qui
permet de désigner plusieurs choses différentes. En effet, ce terme permet
de regrouper à la fois les organisations intergouvernementales (OIG) et
les organisations non gouvernementales (ONG). Toutefois, dans le cadre de
ce cours seule la première catégorie c’est-à-dire les OIG retiendront notre
attention. L’expression OIG peut également prêter à confusion dans la
mesure où ce n’est pas un terme tout à fait approprié à la réalité. Les OIG
ne sont pas vraiment composées de gouvernements. Elles sont composées
d’États représentés par leurs gouvernements. Par commodité, on utilise
tout de même ce terme et cela a pour avantage de différencier les OIG des
autres OI. C’est donc l’élément intergouvernemental qui sert de critère
distinctif entre les OIG et les ONG qui ne sont rien d’autres que des
associations de droit privé régie par le droit local de leur lieu de
constitution ou de leurs principales activités.

En ce sens, le mérite de la précision revient à la Convention des Nations


unies sur la représentation des États dans leurs relations avec les
Organisations intergouvernementales de 1975 qui considère
que « l’expression OI s’entend d’une association d’États, constituée par un
traité, dotée d’une Constitution et d’organes communs et possédant une
personnalité juridique distincte de celle des États membres ».

3
Les OI ont donc essentiellement une composition interétatique. Toutefois, il
existe quelques exceptions à cette règle. Des entités non étatiques ont
pu/peuvent faire partie d’une OI. C’est le cas par exemple de l’OIT avec
une composition tripartite regroupant les représentants des
gouvernements, des syndicats d’employeurs et des organisations
syndicales nationales de travailleurs.

On comprend donc aisément que, devant ce fourmillement organique et


normatif, une définition et une extrême simplification ne sont guères
aisées.

Section 3 – L’histoire de la création des organisations


internationales

Selon le contexte international, on peut distinguer quatre phases décrivant


les tendances étatiques vers l’instauration de la société internationale
organisée faisant apparaitre et multiplier les organisations internationales
gouvernementales.

1815-1870 : Le XIXème siècle fut celui des nationalismes, des rivalités


entre puissances impérialistes. C’est l’époque de l’Union Internationale
Télégraphique et d’initiatives de pacification des relations internationales
qui tenteront d’établir un équilibre entre des puissances cherchant, d’une
part, à étendre leur empire et, d’autre part, à préserver leur contrôle sur
leurs sociétés, leurs territoires et leurs ressources. Un ordre international
apparaît alors que se forme un consensus autour du principe de
souveraineté, lequel deviendra le pilier central de la construction des OI.

Il n'existe pas alors de véritable coopération mais plutôt un ordre précaire


et fragile fondé sur une balance du pouvoir, une sorte de recherche
d'équilibre, qui résulte de l’effervescence des relations diplomatiques.

1870-1919 : Tissant un lien de plus en plus étroit et paradoxal entre


souveraineté et liberté, que ce soit celles des États, des individus et des
peuples, l’histoire des OI contemporaines se met en marche. Les efforts
d’organisation des relations internationales se font alors, dans trois grands
domaines :
 Le domaine diplomatique, à travers duquel, les États cherchent à
maintenir une forme de concertation et de solidarité qui ne
parviendra pourtant pas à s’élever au-dessus des nationalismes
 En deuxième lieu, malgré la faiblesse des mécanismes, le droit
international se développe en vue de la normalisation des relations

4
interétatiques. En effet, c’est lors de la Conférence de La Haye que
plusieurs pays signèrent une convention sur le règlement pacifique
des différends internationaux. Si la souveraineté des États est
assurée, une obligation de coopération volontaire est mise en place
et des mécanismes sont créés afin de permettre d’éviter les conflits
et les guerres meurtrières
 Le troisième domaine, et le plus important, est celui de la
coopération technique internationale avec la création de plusieurs
unions administratives et commissions internationales permanentes,
notamment pour assurer la libre navigation (Rhin et Danube),
s’occuper des communications (créée en 1865, l’Union
Internationale Télégraphique, l’ancêtre de l’Union internationale des
télécommunications, la plus ancienne des OI), des chemins de fer,
des brevets et droits de propriété intellectuelle.

Le premier conflit mondial, la guerre de 14-18, fut le véritable déclencheur


d’un processus de construction des OI au XXIème siècle. Les organisations
syndicales et militantes feront valoir l’idée selon laquelle la justice sociale
était un élément préalable à toute tentative d’assurer la paix
internationale. L’Organisation internationale du travail (OIT) fut créée,
mais plus importante encore fut la création de la SDN.

La création de la SDN : La première guerre mondiale allait finir de


convaincre les États de créer une structure exerçant des pouvoirs
susceptibles d’assurer la sécurité de la communauté d’États tout en
assurant l’indépendance de ces derniers qui en avaient, pour beaucoup
d’entre eux, payé cher le prix. Le choc de la Première guerre mondiale a
permis d’envisager une véritable révolution par la constitution d’un
pouvoir international supérieur aux États. C’est ainsi que sera créé pout la
première fois, conformément au discours du président Woodrow Wilson,
une Organisation a vocation universelle. Il s’agit de la Société des Nations
(SdN) instituée par le Pacte du 28 avril 1919 annexé au Traité de
Versailles, lequel établit les conditions de la paix, tout en punissant, du
même coup et ce, fort maladroitement, les perdants.

Elle aura du mal à jouer un rôle efficace en raison des difficultés que posait
la prise de décision par consensus.

Dans les années 1920-30, la SDN a échoué dans ses tentatives de


prévention et de règlement des conflits armés qui se multipliaient. De
nombreux pays quittèrent l’organisation et l’optimisme initial céda
graduellement la place à l’insécurité collective. Qui plus est, la SDN restait

5
totalement désarmée devant la crise économique, dont les conséquences
politiques et sociales finirent par tuer les modestes efforts de coopération
économique internationale. Le déclanchement de la deuxième guerre
mondiale venait pour prouver ces échecs. Il n’est pas étonnant, dans ce
contexte, que la SDN ait été abandonnée à son triste passé. Les Etats-Unis
et les alliés préférèrent fonder l’avenir sur un nouveau système, celui des
Nations Unies.

Le fait marquant durant cette période fut l’institutionnalisation de la


fonction juridictionnelle par la création en 1920 de la Cour Permanente de
Justice Internationale (CPJI) et la fonction sociale confiée à l’OIT établie par
la partie 13 du Traité de Versailles. Depuis 1946, l’OIT est devenue une
institution spécialisée des NU.

La naissance des NU : En 1944, la conférence de Dumbarton Oaks


réunissant la Chine, l’URSS, le Royaume-Uni et les États-Unis –
officiellement les « Washington Conversations on International Peace and
Security Organisation », permet de faire le bilan des propositions
concernant la création d’une nouvelle organisation internationale, et
conduira à la Charte des Nations Unies adoptée à San Francisco en 1945.

La sécurité et la paix internationales seraient conjuguées dans toutes leurs


dimensions. Les causes de la seconde guerre mondiale étant également
d’ordre économique, il n’était plus simplement question de désarmement
militaire, mais également de désarmement économique, avec un
gigantesque bouleversement de l’équilibre des puissances.

C’est ainsi que l’ONU a été fondée sur les principes du multilatéralisme, de
l’égalité et des droits des nations, et de l’internationalisme libéral, ce qui
impliquait un changement radical des relations internationales. Plusieurs
organisations spécialisées ayant des mandats spécifiques dans des
domaines précis de coopération viennent compléter l’organigramme et la
structure pour former ce qu’on appelle aujourd’hui « le système des
Nations Unies ». Chacune de ces organisations est liée de manière
différenciée à l'ONU, laquelle apparaît quasiment comme un
gouvernement mondial dont chacune des composantes doit agir de
manière à favoriser et à atteindre une cohérence d’ensemble.

Les Organisations internationales n’ont cessé dès lors de se multiplier et


de se diversifier. Des centaines en font leurs créations prenant l’aspect
gouvernemental et non gouvernemental, universel et régional, général et
spécialisé, politique, économique, culturel et technique.

6
Il faut noter qu’au niveau régional africain, les solidarités de voisinage et
de situation économique se sont renforcées. En Afrique, la création de
l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue Union Africaine (UA) en
est une illustration. Sa naissance est liée au développement de l’idéologie
du panafricanisme. Nous y reviendrons.

Aujourd’hui, les organisations internationales sont actuellement


confrontées à des défis complexes de régulation du système mondial. Ces
défis sont multiples ; ils comportent des dimensions politiques,
économiques, juridiques, sociales, culturelles et environnementales, et ils
sont également différenciés selon les perspectives distinctes des
nombreux acteurs sur la scène internationale, les États, les entreprises ou
encore les organisations de la société civile.

Titre I – Théorie générale des organisations


internationales

La diversité des organisations internationales interdit a priori toute théorie


générale. Chaque organisation internationale est soumise à un droit
spécifique, en vertu du principe de spécialité, ainsi explicité par la CIJ dans
son avis sur l’affaire Licéité de l’utilisation des armes nucléaires par un
État dans un conflit armé de 1927 « la cour a à peine besoin de rappeler
que les organisations internationales sont des sujets de droit international
qui ne jouissent pas à l’instar des États, de compétences générales. Les
organisations internationales sont régies par le principe de spécialité,
c’est-à-dire dotées par les États qui les créent, des compétences
d’attribution dont les limites sont fonction des intérêts communs que ceux-
ci leur donnent pour mission de promouvoir ».

Toutefois, de grandes tendances se dégagent lorsqu’on s’intéresse aux


traités constitutifs et à la pratique des organisations internationales d’où
l’intitulé théorie générale. Elle sera abordée à travers quatre chapitres

7
successifs portant sur la création, les structures, les compétences et les
finances des organisations internationales.

Chapitre I – Le processus de création des organisations


internationales

L’organisation internationale est un sujet dérivé du Droit international. En


tant que telle, elle ne peut exister que par un traité. Pour le dire plus
clairement, l’organisation internationale a une origine purement
conventionnelle. Il s’agit d’un traité multilatéral, c’est-à-dire conclu entre
plusieurs parties contractantes et qui obéit, selon l’article 5 de la
Convention de Vienne du 23 mai 1969, au droit commun des traités.

Nous étudierons donc l’acte constitutif de l’OI (section 1) ainsi que sa


mise en œuvre (section 2).

Section 1 – L’acte constitutif de l’OI : le traité multilatéral

Le traité constitutif des OI peut faire l’objet de dénomination diverses :


Constitution, Pacte, Charte … quelque que soit le nom qu’on lui donne, la
forme de l’acte constitutif demeure la même c’est-à-dire un traité
multilatéral. La CIJ dans l’affaire de Sud ouest africain, exceptions
préliminaires, arrêt du 21 décembre 1962 affirme que : « la terminologie
n’est pas un élément déterminant quant au caractère d’un accord ou d’un
engagement international ».

L’adoption du traité constitutif se fait selon une procédure (§1) qui


détermine aussi sa valeur (§2).

§1.- L’adoption de l’acte constitutif

L’adoption de l’acte constitutif se fait suivant une procédure solennelle. Il


faut distinguer l’initiative des opérations de conclusions (A) de l’entrée en
vigueur du traité (B).
A. L’initiative

L’initiative peut émaner de :

 Un groupe d’États ou d’un État : Par exemple, la Conférence de


San Francisco en vue de l'élaboration de la Charte de l'ONU a été
convoquée par la Chine, les États Unis d'Amérique, l'Union des

8
Républiques Socialistes Soviétiques, le Royaume Uni, les quatre
puissances en guerre contre l'Allemagne et le Japon.

Les États membres de l'UMOA ont été à l'origine de la création de


l'UEMOA au sommet de Dakar de janvier 1994.

Un État peut aussi prendre l'initiative. Ex. : l'Italie pour la Conférence


de 1905 qui allait établir la Charte de l'Institut International
d'Agriculture, ancêtre de la FAO ; ou encore la Libye de Kadhafi pour
la Conférence de Syrte de septembre 1999, premier pas vers la
création de l'Union Africaine.

 Une organisation internationale : Ainsi, l'ONU joue un rôle


fondamental pour la création d'organisations universelles. L'OMS par
exemple fut créée à la suite d'une initiative du Secrétariat Général et
du Conseil économique et social des Nations unies. De même, c'est
l'A.G. des NU qui a pris l’initiative de la création en 1956 de l’Agence
internationale de l’énergie atomique.

La prise de l’initiative, qui correspond également à celle des négociations,


est suivie par la phase d’adoption et d’entrée en vigueur.

B. L’adoption et l’entrée en vigueur du Traité

L’adoption. La conclusion de l'acte s'effectue dans le cadre de


conférences internationales qui sont des réunions de plénipotentiaires
dotées d'un règlement intérieur qui, comme son nom l'indique, réglemente
l'organisation de la Conférence, le débat, le vote, etc. Ce traité peut être
conclu en forme solennelle ou en forme simplifiée.

La détermination de l'autorité compétente pour négocier, relève du droit


constitutionnel de chaque État et c'est l'autorité qui est investie, par la
Constitution de l'État, de la compétence de négociation, qui détient le
pouvoir de désigner les plénipotentiaires et de leur donner les pleins
pouvoirs.

En règle générale, le texte est soumis au vote au sein des Conférences et


adopté à la majorité des 2/3 des États présents et votants (art. 9§2 de la
Convention de Vienne), pour les Organisations Universelles ou régionales
ou à l'unanimité pour certaines Organisations avec peu de membres.

9
En outre, le texte peut être adopté par consensus, conformément au
règlement intérieur en vigueur à la Conférence. Ex. : Dans le cadre de la
Conférence de Montego Bay en ce qui concerne le vote au sein du Conseil
de l'Autorité chargée de gérer les fonds marins. Le consensus existe à
l'OIT, à la Banque mondiale, au FMI, à l'ONU et dans les OI africaines.
L'acte adopté par consensus a la même valeur juridique que si un vote
était intervenu.

L’entrée en vigueur du Traité. Elle marque le début de l’exécution du


traité. Elle peut être appréciée à deux niveaux :

 Dans le cadre de l’OI : les règles concernant l’entrée en vigueur


découlent du droit des traités. Généralement, il est prévu un taux de
participation en dessous duquel, la constitution de l’OI ne peut
entrer en vigueur. Il peut également être prévue un minimum de
ratification proportionnelle. La charte de l’ONU en son article 110
prévoit une double condition de son entrée en vigueur. D’une part, il
exige une ratification des membres permanents du conseil de
sécurité et, d’autre part, celle de la majorité des autres États
signataires.

 Dans l’ordre interne : le traité une fois adopté doit faire l’objet
d’une ratification ou d’une approbation conformément aux règles
constitutionnelles propres à chaque État. En droit ivoirien, l’article
119 dispose que le président de la République négocie et ratifie les
traités. Toutefois, lorsqu’un traité portant création d’une OI tend à
modifier les lois internes de l’État, sa ratification nécessite une
intervention législative. La loi d’autorisation en vue de la ratification
est soumise au contrôle du Conseil constitutionnel selon les
dispositions de l’article 120 de la Constitution de 2016.

§2.- La portée juridique de l’acte constitutif de l’OI

Il sera question ici du contenu de l’acte constitutif (A) et de ses effets


juridiques (B).

A. La constitution de l’acte

L’acte constitutif contient deux éléments :


 Le préambule : c’est l’esprit général du texte, la raison d’être, la
finalité propre de l’OI. Il contient généralement deux catégories
d’énumération :

10
o Les parties contractantes souvent désignés par l’expression
« Hautes parties contractantes ».
o L’exposé des motifs : elle se fait sous forme de déclaration de
politique générale précisant l’objet et le but du traité.

En droit international, le préambule d’un traité ne possède pas de force


obligatoire. Toutefois, il s’agit d’un élément important dans l’interprétation
du traité.

 Le dispositif : c’est le corps du traité c’est-à-dire l’ensemble des


dispositions ayant un caractère juridiquement obligatoire. Le
dispositif contient généralement les articles de fond et de forme. Les
premiers sont relatifs aux droits et obligations. On les appelle
également les clauses de droit matériel. Elles prévoient en plus les
organes et leurs attributions. Les seconds (articles de forme) sont
relatifs au droit processuel, ce sont les clauses finales qui prévoient
par exemple, les mécanismes et procédures d’adhésion,
d’amendement, de signature …

Le dispositif peut éventuellement être accompagné ou complété par


des annexes qui font partie intégrante et possèdent la même force
obligatoire à moins que le traité n’en dispose autrement. Certaines
annexes peuvent être intitulées protocoles.

B. Les effets juridiques de l’acte constitutif

L’ordre juridique international fonctionne comme un système horizontal,


donc sans hiérarchie des normes.

Mais chaque OI a son ordre juridique propre et ces ordres juridiques là sont
plutôt des systèmes verticaux, avec une hiérarchie. Dans chaque OI, il
existe une certaine hiérarchie avec au sommet l’acte constitutif. Sous ce
rapport, est affirmé le principe de la primauté de l’acte constitutif vis-à-vis
des autres accords conclus, soit par les États membres soit par
l’organisation elle-même.

Ainsi, l’article 103 de la Charte de l’ONU prévoit que les


obligations qu’ont les États membres en vertu de la Charte
doivent primer sur toutes leurs autres obligations internationales,
même postérieures. Cet article crée donc une hiérarchie en faveur de la
Charte : toute disposition de la Charte et toute décision prise en vertu de
la Charte devra primer sur les autres normes internationales.

11
Cette disposition est fortement rappelée par la CIJ dans l’affaire de
Lockerbie. En l’espèce, après l’attentat de Lockerbie, l’Angleterre (dont le
territoire avait été visé) et les USA (dont l’avion avait été utilisé pour
commettre l’attentat) ont demandé à la Libye d’extrader deux suspects.
La Libye a refusé en invoquant la Convention de Montréal de 1971 qui
dispose que lorsqu’un État détient des criminels recherchés à l’étranger, il
doit soit les extrader, soit les juger lui-même. La Libye entendait juger elle-
même les suspects. Mais le Conseil de Sécurité (CS) avait pris une
résolution ordonnant l’extradition. La CIJ a donc dit qu’en vertu de l’article
103 de la Charte, la Convention de Montréal devait céder devant la
résolution du CS et que la Libye ne pouvait plus décider de juger elle-
même les suspects.

Ce principe s’applique également en matière communautaire.

La conséquence de l’application de ce principe :

 Les actes adoptés par l'OI doivent se conformer à l'acte


constitutif. En effet, l'Organisation n'est en fait compétente qu'en
vertu de l'habilitation contenue dans le traité de base et dans les
limites de cette habilitation. La norme de référence, pour apprécier
la légalité des actes de chaque Organisation, réside dans sa Charte
ou dans sa Constitution selon la dénomination qui lui est parfois
officiellement attribuée. Ceci est affirmé dans le principe de
spécialité exprimé ainsi par la CIJ, « les organisations internationales
sont régies par le "principe de spécialité", c'est-à-dire dotées par les
États qui les créent de compétences d'attribution dont les limites
sont fonction des intérêts communs que ceux-ci leur donnent pour
mission de promouvoir ».

 L'acte s'impose juridiquement aux États membres. En règle


générale, l'effet obligatoire de l'acte constitutif résulte du
consentement des États à être liés par l’acte et non du seul fait de la
signature, à moins que les parties en décident autrement. Il faut
souligner que l'État signataire n'est plus dans la même situation que
celle de l'État qui s'en est abstenu. En effet, l'État signataire a
certains droits et obligations. Par ailleurs, s'il l'a fait au moment de la
signature, l'État réservataire doit confirmer sa réserve (si l'acte
constitutif admet celle-ci) au moment de l'acceptation définitive
(ratification).

12
Section 2 – Les problèmes de mise en œuvre de l’acte constitutif

À partir du moment où elle est instituée, l'OI est appelée à s'adapter aux
circonstances du moment dans un environnement toujours en mutation.
Ainsi, pour des raisons extérieures ou d'adaptation, les États membres
peuvent procéder à l'interprétation, à la révision de l'acte constitutif (§1).
Une OI peut également disparaitre pour laisser la place à une autre. La
question de la succession doit également être traité (§2).

§1.- L'interprétation et la révision de l'acte constitutif

L'interprétation et la révision de l'acte constitutif sont deux modalités


visant à adapter l'OI au nouveau contexte, au changement de
circonstances exceptionnelles, mais aussi, à la clarification dynamique du
sens et de la portée de certaines dispositions.

A. L'interprétation de l'acte constitutif

La doctrine et la jurisprudence s'accordent à considérer l'interprétation


comme consistant à dégager le sens exact et le contenu de la règle de
droit applicable dans une situation donnée.

Deux modalités sont généralement prévues pour interpréter l'acte : le


recours au texte interprétatif et le recours à un tiers.

 Le recours au texte interprétatif : Le texte interprétatif est


adopté simultanément à la conclusion de l'acte constitutif.
La jurisprudence considère que le texte interprétatif fait partie du
traité. En effet, la CIJ a considéré que la Déclaration, jointe au Traité
de commerce et de navigation du 16 juillet 1926 entre le Royaume-
Uni et la Grèce, fait partie intégrante du traité.

Pour apprécier la valeur juridique du texte interprétatif, il faut


analyser ses termes et les circonstances de son adoption. Sous ce
rapport, il peut s'agir tantôt d'un accord bénéficiant de la portée
obligatoire du traité avec lequel il fait corps, tantôt d'un simple acte

13
concerté non conventionnel ayant la valeur probante qui s'attache à
un tel acte.

L'instrument interprétatif peut être adopté postérieurement au


traité. Il prend la forme d'un accord en forme simplifiée conclu selon
la procédure courte même si le traité de base a revêtu la forme
solennelle. L'acte constitutif peut prévoir qu'en cas de difficulté,
l'ensemble des parties se réunit pour dégager le sens du traité.
Juridiquement, un accord interprétatif ne lie que les seuls États qui
l'ont accepté.

 L'interprétation par un tiers. Les États membres interprètent


parfois de façon différente, ou sollicitent l'avis d'un tiers, en
l'occurrence, le juge.
C'est une clause de l'acte constitutif qui prévoit expressément la
compétence internationale du juge ou de l'arbitre. Parfois, cette
compétence résulte de sa mission générale de dire le droit. C'est le
cas lorsque l'acte constitutif reste silencieux. L'article 36 du Statut
de la CIJ dispose que la Cour est compétente pour connaître de tous
les différends d'ordre juridique ayant pour l'objet l'interprétation d'un
traité.

Il faut noter que la tendance à confier le règlement des différends


relatifs à l'interprétation et à l'application des traités de base aux
juridictions internationales, en dehors du continent africain, est
aujourd'hui progressivement inversée par la création, dans de
nombreuses OIA, d’organes juridictionnels chargés des mêmes
missions.

B. La révision de l’acte constitutif

Il s’agit d’une procédure visant à modifier l’acte. La révision vise à


remplacer les dispositions de l’acte pour d’autres dispositions nouvelles.

Ainsi, l’acte constitutif peut faire l’objet d’amendements. Quand l’acte


constitutif ne prévoit pas la manière dont doivent se faire les
amendements, il faut se rapporter à la Convention de Vienne de 1969.

En principe, un amendement se fait explicitement : il faut un accord


des parties, étant entendu que si toutes les parties ne sont pas d’accord
avec l’amendement, il n’aura d’effet qu’entre les parties qui l’ont accepté.
Évidemment, ça peut amener à ce que l’acte constitutif ne soit plus le

14
même aux yeux de tous les États membres. Dans certaines OI, c’est
autorisé et dans d’autres non.

Toutefois, un amendement peut se faire implicitement : c’est le cas


lorsqu’on a des traités successifs. Si un 2 nd traité est contraire en certains
points à un 1er traité entre mêmes États, on considère que le 2 nd a
implicitement amendé le 1er.

Quand l’acte constitutif prévoit une procédure d’amendement, il faut


évidemment la suivre. En général, l’acte désigne l’organe compétent pour
procéder à l’amendement et la règle d’unanimité ou de majorité
nécessaire au vote de l’amendement.

Quand on a une règle de majorité, l’amendement lie tout le monde, même


les États qui ont voté contre. Par ex. l’article 108 de la Charte de l’ONU
prévoit que tous les membres sont liés par les amendements lorsqu’ils ont
été votés à la majorité des 2/3 et que 2/3 des États membres ont ratifié
l’amendement au niveau interne, dont les 5 membres permanents du CS.

PS : Même quand une procédure d’amendement est prévue par l’acte


constitutif, ça n’empêche pas les États de développer une pratique
interprétative et donc des amendements informels, à condition qu’il y ait
accord des États membres.

§2.- La fin de l’acte constitutif

Selon l'art. 7 de la Convention de Vienne de 1969 « Les parties sont


libérées de l'obligation de continuer d'exécuter le traité éteint ». L'acte
constitutif frappé d'extinction n'est plus en vigueur et cesse de produire
ses effets à la fois comme acte et comme norme. La fin de l'acte peut
résulter de la dissolution de l'organisation internationale (A) ou d'une
succession d'organisations internationales (B).

A. Par la dissolution

Les conditions de la dissolution. La dissolution peut intervenir si l'acte


prévoit que la survenance de certains faits produit certains effets. Par ex. :
La chute du nombre d'États membres en-dessous d'un seuil déterminé ou
à l'échéance du terme d'une organisation internationale à durée
déterminée n'ayant pas fait l'objet d'une reconduction.

15
La dissolution peut être concertée lorsque les États membres décident par
accord de mettre un terme à la vie légale de l'organisation internationale
et de procéder à sa liquidation. Dans ce cas, l'accord doit être unanime.
C'est le cas dans les organisations internationales restreintes ou dans
certaines organisations internationales universelles.
L'accord des membres peut être acquis à la majorité dans les autres OI, et
parfois par une simple délibération de l'organe plénier. La SDN, par
exemple, a été dissoute sur la base d'une résolution adoptée par son
Assemblée, le 18 avril 1946.

Les modalités de la dissolution. Elles consistent à aménager des


procédures de liquidation de l'organisation internationale, relatives à ses
fonctions, à ses agents et à son patrimoine. La personnalité juridique de
l'organisation dissoute peut être maintenue pour les besoins de la
liquidation.

B. Par la succession d'organisations internationales

Il y a succession d'organisations internationales lorsqu'une organisation


internationale nouvelle appelée organisation successeuse, se substitue à
une OI ancienne ou prédécesseuse, dans l'exercice de certaines
compétences et dans la possession et/ou la jouissance d'un patrimoine.

Il y a une diversité des techniques juridiques de succession, ce qui


entraîne des conséquences sur les objets mêmes de la succession.

Diversité des techniques juridiques de succession. En matière de


succession, l'Acte constitutif ne peut être abrogé qu'avec le consentement
des États parties. L'accord peut également être conclu entre organisations
intéressées elles-mêmes. Selon le Professeur Bettati, il est parfois difficile
de distinguer certaines dissolutions de certaines successions d'OI, dans la
mesure où la transmission des biens et fonctions, avec la disparition de
l'une et la naissance de l'autre, s'effectue tantôt simultanément (Ex. OECE
- OCDE), tantôt de manière dissociée (Ex. : SDN - ONU).

L'accord de succession peut être autonome et exclusif, unique ou multiple.


La solution peut résulter d'une résolution émanant d'use organisation
intéressée. Mais le plus souvent, cette résolution est accompagnée
d'accords interétatiques ou inter-organisations qui forment un ensemble
normatif. Là, on peut avoir une combinaison d'actes unilatéraux et
bilatéraux de transfert comprenant une résolution associée à des accords

16
inter-organisations. Ex. : trois phases ont été opérées pour le transfert
entre la SDN et l'ONU.

D'abord, à l'AGNU, on a procédé à l'adoption de la Résolution A, 24 [1] du


12 février 1946, et à la SDN, à l'adoption d'une Résolution parallèle du 18
avril 1946. Puis un accord a été conclu entre la SDN et l'ONU, le 19 juillet
1946 portant sur les biens mobiliers et immobiliers, les dettes, les
créances. Enfin, des résolutions d'approbation de ces accords ont été
adoptées par l'AG (Résolution 79 (1) du 7 décembre 1946.

La dissolution d'une OI peut susciter des problèmes juridiques et


techniques que les ex-États membres devront s'attacher à résoudre. Dans
l'hypothèse d'une déconstruction (avec la dissolution) et reconstruction
(succession), la nouvelle OI hérite des biens, normes, archives, actifs et
passifs de l'Organisation précédente.

La succession-transformation de l'OUA en Union Africaine a eu pour


conséquence le remplacement de la Charte de l'OUA par l'Acte constitutif
de l'UA (Art. 33 de l'Acte).

Dans le cas d'une dissolution pure et simple (non suivie de création d'une
nouvelle OI), il sied de nommer un liquidateur qui sera chargé du sort des
biens, dettes, archives et patrimoine de l'ex-Organisation.

Les objets de la succession. Le transfert de certains objets requiert le


consentement des États membres de l'organisation prédécesseur. Pour
d'autres, le transfert peut se réaliser avec le consentement des institutions
qui les rassemblent. Aussi, le transfert varie d'un cas à l'autre, notamment
pour la dévolution des fonctions, des normes, des agents, du patrimoine...

 Les fonctions : leur transmission d'une OI à l'autre est prévue


expressément dans un des actes de succession. Ex. : C'est le cas du
Statut de la CIJ (art. 36, parag. 5 et art.37 pour la succession de la
CPJI). Certains actes opèrent une distinction entre les fonctions
techniques qui sont transférées et les fonctions politiques qui ne
peuvent l'être qu'au cas par cas.

 Les normes : il faut distinguer entre les actes qui, par nature, ne
sont pas transférables et les normes contenus dans ces actes qui
peuvent être reprises ou incorporées par les États membres de
l'Organisation successeuse ou par ses organes dans son Acte
constitutif ou dans les textes de droit dérivé.

17
 Les agents : il est rare que la totalité du personnel soit transféré de
l'ancienne OI à la nouvelle organisation internationale, sauf dans le
cas de succession-transformation du genre OECE /OCDE. Dans les
autres cas (succession S.D.N. - ONU), le principe retenu a été celui
de la liberté de choix de la nouvelle organisation internationale
quant au recrutement des agents de l'ancienne organisation et
quant au type de régime juridique.

 Le patrimoine : C'est l'ensemble des droits mobiliers ou


immobiliers, les avoirs et créances ainsi que les dettes. Il est objet
de transfert en cas de succession. Cependant, le transfert de l'actif
ne s'accompagne pas nécessairement d'un transfert du passif.

Le Traité de base, qui résulte de l'aboutissement du processus de création


des OI, fonde l'assise structurelle et les droits et obligations des États
membres.

Chapitre 2 – Les membres et la structure des


organisations internationales

En créant les OI, les États fondateurs l’ont doté d’organes nécessaires à
leur fonctionnement. Nous étudierons donc dans ce chapitre les organes
des OI (section 2). Mais avant, il convient d’aborder les conditions de
participation à l’OI (section 1).

Section 1- La participation à l’organisation internationale

18
Il s’agit ici d’envisager les règles régissant l’accès aux organisations
internationales (§1) ainsi que celles relatives à la perte de la qualité de
membre (§2).

§1.- L’accès à l’organisation internationale

L’OI est caractérisé par sa nature interétatique. Toutefois, les membres


d’une OI n’ont pas tous la même qualité. Certains disposent de la qualité
de membre à part entière à laquelle s’applique l’ensemble des droits et
devoirs des parties à l’acte constitutif de l’OI (A) et d’autres, la qualité de
membre partiel. Seuls certains droits et devoirs relatifs aux entités ayant
le statut d’observateur s’applique à ces derniers (B).

A. La qualité de membre à part entière

Deux exigences contradictoires caractérisent les règles qui


régissent l’accès au statut de membre à part entière :
l’universalité et l’homogénéité. La première voudrait que les règles
soient suffisamment souples pour favoriser l’accès du plus grand nombre
et la seconde est davantage restrictive afin de préserver une certaine
similitude entre les membres.

L’universalité est propre aux organisations dites ouvertes telles que l’ONU
et ses institutions spécialisées. L’article 3 de l’OMS stipule que la qualité
de membre de l’Organisation est accessible à tous les États.
L’homogénéité se rencontre davantage dans les organisations fermées
comme l’OPAEP.

Toutefois, certaines organisations peuvent concilier les deux exigences en


fixant les règles relatives à l’élargissement. C’est le cas, des
Communautés Européennes.

Pour des raisons de commodité, la doctrine distingue les membres


originaires des autres membres c’est-à-dire les adhérents.

Les membres originaires. Ils étaient partis à l’acte constitutif dès son
entrée en vigueur. Ils ont donc toujours été membres de l’OI et le
problème de leur adhésion ne se pose pas. Ces membres peuvent
bénéficier de privilèges particuliers, notamment le droit de veto sur
l’admission de nouveaux membres.

19
Les autres membres. Ils n’ont adhéré à l’acte constitutif
qu’ultérieurement et ont donc dû être admis par les États déjà membres.
C’est pour eux que se pose la question de l’admission et de ses conditions.

Les conditions d’admission : C’est l’acte constitutif qui prévoit les


conditions nécessaires pour adhérer à l’OI. Elles varient selon les cas :

o Certaines OI sont totalement fermées : seuls les membres


originaires peuvent en faire partie et elles n’admettent pas
d’adhésion. Dans ce cas, l’acte constitutif mentionne le nom
des membres (ex. le Benelux).
o Certaines OI sont totalement ouvertes : tout le monde
peut y adhérer sans conditions (ex. l’Autorité internationale
des fonds marins).
o Mais la plupart des OI sont entre ces deux extrêmes et
admettent les nouvelles adhésions sous certaines conditions,
plus ou moins strictes selon les cas.

On fait généralement une distinction entre conditions objectives et


subjectives :

 Conditions objectives : ce sont des conditions où l’OI n’a pas


vraiment de pouvoir d’appréciation. Exemples : pour être admis
dans une OI régionale, il faut faire partie de la région ; pour être
admis dans une institution spécialisée du système de l’ONU, il faut
être membre de l’ONU (ou bien être admis par un organe de
l’institution).

 Conditions subjectives : ce sont des conditions qui dépendant du


pouvoir d’appréciation de l’OI. Dans ce cas, cette appréciation a
souvent une connotation politique, le but étant de maintenir la
cohérence et l’union de l’OI.
Exemples :
o L’UE, l’OTAN, et d’autres OI importantes ont des critères stricts
d’adhésion dont beaucoup dépendent de leur appréciation. Le
strict respect de l’État de droit et des droits de l’Homme au
niveau de l’UE.
o L’ONU mélange les critères subjectifs et objectifs : pour être
membre, il faut être un État pacifique qui accepte les
obligations de la Charte (critère objectif) et être considéré par
l’AG comme capable de respecter la Charte (critère subjectif).

20
Pour les OIA à vocation continentale, elles sont accessibles à tous les États
selon la clause du « tout État ».
B. La qualité de membre partiel

Parfois, pour certaines raisons, une admission au titre de membre à part


entière n’est pas possible. Dans ce cas, on admet parfois une admission
sous statut particulier d’« observateur » ou de « membre associé ».

Le statut de membre associé. L’État associé participe à l’OI avec des


droits et des obligations réduits mais de façon effective aux activités de
certains organes principaux. Ce statut peut être accordée par certaines OI
à des États. Les associés n’ont pas généralement de droit de vote dans les
organes pléniers.

La possibilité d’admettre comme membres partiels des États dits associés


n’est pas fréquente dans les OIA. Au niveau de l’UEMOA, le Traité de base
(Titre V chapitre I) admet la possibilité de « l’admission de nouveaux États
membres et de membres associés ».

La qualité d’observateur. Il s’agit des représentants d’États, d’OI ou de


Mouvements de Libération Nationale autorisés par une autre OI à suivre
les travaux de certains organes de celle-ci. A la différence des membres
associés, les observateurs ont des droits plus limités. Ils ne peuvent en
général participer aux activités de l’OI que lorsqu’ils sont directement
concernés.

L’attribution du statut d’observateur permet à l’OI d’avoir une audience


plus vaste tout en rehaussant la situation diplomatique du bénéficiaire.
Pour les Mouvements de Libération, ce statut a une fonction de
légitimation et de promotion. Il peut être conféré aussi aux ONG comme le
CICR, Human Right Watch ou Amnesty International…

§2.- La perte de la qualité de membre

La participation d’un État à une OI est un acte de souveraineté. Toutefois,


la liberté d’en sortir est limitée par les règles conventionnelles qui
s’appliquent à l’organisation. On étudiera donc le retrait (A), la suspension
(B) et l’exclusion (C).

A. Le retrait ou la dénonciation unilatérale

21
Quand un État membre n’est plus d’accord avec l’orientation prise par une
OI, il peut se retirer. C’est néanmoins assez rare car en général, les États
membres préfèrent pratiquer la contestation interne. Et si malgré tout il y
a retrait, souvent, l’État qui s’est retiré finira par revenir quelque temps
plus tard.

Les conditions du retrait :

 L’acte constitutif prévoit une possibilité de retrait : dans ce


cas, le retrait sera admis par l’OI à condition qu’il se fasse dans le
respect des conditions prévues par l’acte constitutif. Ex. l’article 1er,
§ 5 de la Charte de l’OIT prévoit que, pour se retirer, un État membre
doit donner un préavis. Deux ans après, il pourra se retirer à
condition de s’être acquitté de toutes ses obligations financières vis-
à-vis de l’OIT.

 L’acte constitutif ne prévoit pas de possibilité de retrait :


dans ce cas, l’article 56 de la Convention de Vienne de 1969 prévoit
que le retrait est malgré tout possible :
o Soit s’il y a un accord unanime des autres États membres
o Soit si on peut déduire de l’intention des parties ou de la
nature des choses qu’un retrait est possible malgré le silence
de l’acte constitutif
Par ex. tant que la Constitution européenne ne sera pas entrée
en vigueur, il n’y aura aucun texte dans le droit
communautaire prévoyant une possibilité de retrait de l’UE.
Pourtant, il est unanimement admis qu’un tel droit existe car
ça découle de la volonté des États membres.

Les conséquences du retrait :

 Quant aux obligations liées à la qualité de membre : L’État qui


s’est retiré perd la qualité de membre (même s’il peut parfois garder
un statut d’observateur) et n’est donc plus lié par les obligations
attachées à cette qualité. Cependant, il doit s’être acquitté de ses
obligations financières vis-à-vis de l’OI. En général, la dette est fixée
par une négociation.

 Quant aux actes de l’OI : l’État n’est plus partie à l’acte constitutif
de l’OI ni à son droit dérivé (par ex. les résolutions du CS). En
revanche, il peut rester tenu par d’autres règles qui s’imposent à lui
en vertu de la coutume ou d’un traité.

22
B. La suspension d’un État membre de l’organisation

Trois formes de suspension sont possibles : la suspension du droit de vote


au sein des organes, la suspension du droit de représentation au sein des
organes de Conférence et la suspension des droits inhérents à la qualité
de membre originaire.

 Suspension du droit de vote au sein des organes. C'est


l'hypothèse des articles 5 et 19 de la Charte des Nations unies. Elle
peut sanctionner la violation des normes de conduite fixées par
l'Organisation ou le manquement à des obligations financières. À cet
effet, le mécanisme est déclenché au-delà d'un certain montant
d'arriérés (art. 19 de la Charte). En l'espèce, il ne s'agit que des
contributions obligatoires, c'est-à-dire celles qui sont destinées à
couvrir des dépenses ordinaires de l'OI La plupart des Traités de ses
institutions spécialisées en aménagent la teneur. C'est le cas, par
exemple, de l'UNESCO (art. 4), de la FAO (art. 3, § 4).

 Suspension du droit de représentation au sein d'organes ou


de Conférences. Elle interdit non seulement le droit de vote mais
aussi la participation aux travaux de l'Organisation. Elle est prévue
par les actes constitutifs pour violation des obligations financières ou
pour violation des obligations de respecter les Droits de l'Homme
(art. 8 et 9 Statut du Conseil de l'Europe).

 Suspension des droits et privilèges inhérents à la qualité de


membre originaire. Elle est prévue par l'art. 5 de la Charte de
l'ONU. Cette sanction consiste en une suspension du droit de vote,
du droit de représentation, du droit d'être élu dans les organes
restreints et en une impossibilité de participer aux réunions. L'État
visé ne peut plus recourir aux services de l'OI Par ex. : il ne peut pas
recevoir de prêts du FMI, de la Banque mondiale.

Cette sanction n'a jamais été appliquée systématiquement.


Cependant, on a eu recours à d'autres expédients comme l'exclusion
d'un organe subsidiaire. Ex. : l'Afrique du Sud avait été suspendue
de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique
(UNECA).

Dans certaines Institutions spécialisées des Nations unies, cette


sanction est prévue. Ex. : l'UIT. Si l'exclusion ou expulsion d'un État

23
membre n'est pas l'approche la plus usitée dans les OIA, celles-ci ont
en revanche, aménagé une gamme de sanctions pour l'État qui a
manqué à ses obligations. Il s'agit d'abord de la suspension qui
sanctionne l'État qui enfreint les engagements conventionnels
financiers ou les principes et objectifs de base de l'OIA (Art. 77 Traité
CEDEAO).

Généralement, la violation des engagements financiers permet de


déclencher la clause de suspension. Si l'État reste plus d'un an sans
verser sa contribution au budget de l'OI, « pour des raisons autres
que des troubles publics ou des catastrophes naturelles ou toute
autre circonstance exceptionnelle portant atteinte à son économie »,
il sera privé du droit de participer aux activités et de bénéficier des
privilèges et immunités (Art. 80 du Traité de la CEEAC).

C. L’exclusion d’un État membre de l’organisation

C'est la sanction suprême. Elle intervient à la suite de manquements


graves et persistants d'un État à ses obligations. Cette sanction, du fait de
ses effets pervers, est entourée de précautions tant en ce qui concerne les
règles de procédure, que s'agissant des règles de fond.

L'exclusion est prévue par la Charte de l'ONU. Elle intervient, selon l'art. 6
de la Charte, lorsque l'État sanctionné a « enfreint de manière persistante
les principes énoncés dans la Charte ». L'exclusion est prononcée par l'AG
sur recommandation du Conseil de Sécurité. Mais, en raison du droit de
véto dont disposent les grandes puissances au sein du Conseil de Sécurité,
son application a été rendue difficile. Cependant, certaines Institutions
spécialisées des Nations unies l'ont appliquée. Ainsi, l'Union Postale
Universelle avait exclu en 1964, l'Afrique du Sud.

La cessation de la qualité de membre d'une OIA, par l'exclusion d'un État,


est peu fréquente dans les traités constitutifs. La raison principale en est
que l'exclusion est une sorte d'ultima ratio regum. Les OIA préfèrent
négocier avec l'État qui viole de manière persistante ses obligations dans
le but de le ramener à l'observation correcte de ses engagements
conventionnels.

Néanmoins, comme des exceptions qui confirment la règle, certains Traités


de base contiennent des dispositions permettant d'exclure un État.

24
L'article 113 du Traité de l'UEMOA dispose, à ce sujet, que « les États
membres s'engagent sous peine d'exclusion automatique, de l'Union, à
respecter les dispositions du présent traité, du Traité de l'UEMOA et des
textes pris pour leur application, notamment en ce qui concerne… ».
Toutefois, la sévérité affichée est adoucie par une gamme de sanctions
pour inexécution ou mauvaise exécution des mécanismes de surveillance
multilatérale (Art. 74. d du Traité).

Dans le cadre de la Communauté de l'Afrique de l'Est, l'expulsion d'un État


membre peut survenir « pour violation grave et persistante des principes
et objectifs... » (Art. 147 du Traité). Quant à la suspension, elle peut être
prononcée pour une durée de 18 mois. L'État continuera à respecter ses
obligations mais sera privé, durant cette période, « de bénéfices découlant
du Traité.... Jusqu’à ce que la suspension soit levée » (Art. 146 du Traité).
Une procédure particulière est alors organisée avec une « notification
écrite et avec un préavis de 12 mois ». À l'échéance, l'État concerné perd
sa qualité de membre « à moins que la notification ne soit annulée ». Il
reste bien entendu que l'État exclu continuera à appliquer tous les
engagements à long terme souscrits jusqu'au jour où prend effet
l'exclusion définitive (Art. 147 § 2 et 3).

D. Le cas spécifique de la succession d'État

Le problème de fond est de savoir si, en cas de succession d'État, le


nouvel État acquiert automatiquement le droit de devenir partie au Traité
constitutif d'une Organisation internationale, du simple fait qu'à la date de
la succession, le Traité était applicable au territoire du nouvel État et que
celui-ci était du ressort de l'Organisation internationale en question.

La réponse est, en principe, négative. Selon la Convention de Vienne du 23


août 1978 relative à la succession d'État en matière de traités et qui
s'applique aux Actes constitutifs des Organisations internationales, un État
nouvellement indépendant n'est pas tenu de maintenir en vigueur l'Acte
constitutif. Mais de manière générale, les solutions varient suivant le type
de succession.

Soit l'État nouveau doit être candidat dans les conditions habituelles. S'il
avait été associé à la veille de son indépendance pour faciliter la
transition, dans ce cas, il est admis par simple adhésion.

25
La succession-transformation de l'OUA en Union africaine a eu pour
conséquence le remplacement de la Charte de l'OUA par l'Acte constitutif
de l'UA (Art. 33 de l'Acte).

De même, la Commission du Fleuve Niger (créée le 25 novembre 1964)


est remplacée par l'Autorité du Bassin du Niger. Il en va également, de la
CEMAC, selon l'art. 47 de l'Additif à son Traité qui dispose : « le patrimoine
ainsi que les droits et obligations précédemment dévolus au Secrétariat
général de l'Union douanière et économique de l'Afrique centrale (UDEAC)
sont transférés à la CEMAC ».

Dans le cas d'une dissolution pure et simple non suivie de création d'une
nouvelle OI, il sied de nommer un liquidateur qui sera chargé du sort des
biens, dettes, archives et patrimoine de l'ex-Organisation. Ainsi, le Traité
sur le Kagera avait prévu, qu'en cas de survenance de cette hypothèse, «
la liquidation de l'Organisation sera effectuée par un liquidateur agréé par
les gouvernements qui détermineront l'affectation des biens et avoirs de
l'Organisation » (Art. 20).

Section 2 – Les organes de l’OI

L'Organisation est créée pour remplir un certain nombre de fonctions


limitées. De ce point de vue, elle est dotée de structures fonctionnant
selon des règles de procédure et une répartition des compétences régies
par un droit propre à son ordre juridique. La pluralité des organes
commande une classification (§1) avant d’aborder la question de leur
fonctionnement (§2) et des privilèges (§3).

§1.- La classification des organes de l’OI

Plusieurs critères permettent d’opérer cette classification.

A. La classification fondée sur l’origine et la composition des


organes

Suivant l’origine, on distingue les organes principaux des organes


subsidiaires.

Les organes principaux. On les appelle aussi organes constitutifs


parce qu'ils sont créés directement par l'Acte constitutif et constituent la
structure originaire de l'Organisation. Ils ne peuvent changer de
composition, de pouvoirs, de fonctions que par une révision de l'Acte

26
constitutif. Celle-ci exige une procédure d'amendement parallèle à celle
utilisée pour l'adoption du Traité initial comportant négociation, rédaction,
signature, et ratification. Ainsi pour l'OHADA, on peut citer comme organes
principaux, la Conférence, le Conseil des Ministres, la Cour Commune de
Justice et d'Arbitrage (CCJA) et le Secrétariat Permanent.

Les organes subsidiaires. On les appelle aussi organes dérivés ou de


droit conventionnel subséquent. Ils sont créés postérieurement par les
organes principaux dans le cadre des pouvoirs dont ils disposent. C'est
dire que la structure de l'Organisation n'est pas figée.

En effet, il y a un dynamisme institutionnel qui peut, dans une certaine


mesure, compenser la rigidité de l'Acte constitutif. Ainsi, sans révision
formelle, on parvient, en créant de nouveaux organes, à développer
certaines fonctions, voire à adapter l'Organisation à une nouvelle
hiérarchie des objectifs. Ainsi, par exemple, l'orientation des Nations unies
vers les problèmes économiques et de développement s'est accompagnée
de la création de divers organes subsidiaires comme le PAM, le PNUD, le
PNUE.

La composition des organes subsidiaires, leurs règles de fonctionnement,


leur budget, dépendent de l'organe principal qui les a créés ou sous l'égide
duquel ils fonctionnent. Il faut noter que les organes subsidiaires peuvent
être habilités à créer d'autres organes subsidiaires mais dans la plupart
des organisations, ces créations sont strictement encadrées. Ainsi, à
l'ONU, seuls l'AG (articles 7 et147 Art. 3 du Traité OHADA révisé en 2008.
22) et le Conseil de sécurité (articles 7 et 29) peuvent créer des organes
subsidiaires.

Le caractère subsidiaire n'implique pas que les organes sont chargés de


taches secondaires. Ils jouent, en effet, dans la plupart des cas, un rôle
aussi important que les organes principaux. Ainsi, par exemple, une
décision du Tribunal Administratif des Nations Unies (TANU) s'impose à
l'AG. En tout état de cause, l'organe subsidiaire ne dispose pas de
compétences dont serait dépourvu l'organe qui le crée ou l'organe
hiérarchique supérieur. De même, comme le note la Cour de Justice des
Communautés Européennes (CJCE) dans l'Affaire Méroni du 13 juin 1958,
l'organe subsidiaire ne peut être qu'un organe d'exécution et ne saurait
modifier la répartition des compétences instituée par l'Acte constitutif.

27
À titre exemplatif, la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement
peut créer tout organe de l'Union Africaine (Art. 9 § 1, d, Acte constitutif).
Elle peut décider de créer d'autres organes (Art. 5 § 2).

Suivant la composition, on distingue les organes interétatiques


des organes intégrés.

Les organes interétatiques. Ils sont constitués de représentants des


États membres. Ils expriment juridiquement la volonté de l'Organisation
mais politiquement, les positions collectives des membres.

Les États sont représentés soit par des membres permanents (Conseils
des Communautés Européennes, Conseil exécutif de l'UA, Conseil des
ministres de la CEDEAO ou de l'UEMOA) ou par des parlementaires ou tout
simplement par des diplomates (le Comité des Représentants Permanents
de l'UA qui a remplacé l'ancien Comité des Ambassadeurs de l'OUA).

Certains organes sont exclusivement composés de parlementaires


(organes parlementaires de la CEDEAO, CEMAC, UEMOA).

Divers intérêts peuvent être représentés comme dans la composition


tripartite des organes de l'OIT (les intérêts du gouvernement, des
employeurs, des employés). Parmi les organes interétatiques, on peut
noter le Conseil d'Administration de l'OAPI (Art. 38), le COREP de l'UA, le
Comité des Ambassadeurs de l'IGAD.

Les organes intégrés. Ils sont composés d'agents de l'Organisation.


Ceux-ci ne dépendent, dans l'exercice de leurs fonctions, que de
l'organisation elle-même pour le compte de laquelle ils agissent. Ils
doivent, en principe, conserver une totale indépendance à l'égard des
États membres. Cette indépendance résulte des règles de recrutement qui
s'effectuent en fonction de leur qualification technique et non de leur
appartenance nationale, sauf à retenir un critère de représentation
géographique équitable.

Il peut s'agir des agents des organes juridictionnels de la CU, du TANU


(devenu Tribunal du contentieux administratif des NU), de la CJCE ou des
cours de justice des organisations communautaires africaines CEDEAO,
CAE, COMESA, SADC, CEMAC, UEMOA.

28
Il peut s'agir d'Experts recrutés en principe uniquement sur les critères de
compétence et de représentation géographique de certains organes
techniques.
Ex. : Commission de D.L, CNUDCI, CUADI de l'UA, ou bien de l'Organisation
Ouest Africaine en matière de santé.

On peut évoquer des organes intégrés, fonctionnant comme institutions


spécialisées, outre l'OOAS, l'Agence Monétaire de l'Afrique de l'Ouest
(AMAO) dans le cadre de la CEDEAO, la BCEAO et la BOAD pour l'UEMOA,
la BEAC et le COBAC pour la CEMAC.
Des organes intégrés peuvent être consultatifs : Conseil consultatif de
l'UMA (Art. 12), Commission Supérieure des Recours de l'OAPI (Art. 33),
Comité des Experts (CIMA), Comité technique des Experts de l'IGAD,
Commission Permanente des Eaux de l'OMVS (Art. 20).

B. Classification fondée sur l'extension et les fonctions des


organes

Selon l'extension, on distingue les organes pléniers et les organes


restreints.

Les organes pléniers. On les appelle différemment selon les OI :


Assemblée ou Assemblée Générale (ONU), Conférence générale ou
Conférence des plénipotentiaires (art.3 FAO, art. 3 OIT),
exceptionnellement Congrès (OMM, art. 7).

Ils sont composés des représentants de tous les États membres. Les
organes pléniers reflètent l'extension géographique de l'Organisation
internationale. Ils ont pour fonction d'orienter la politique générale de
l'Organisation, de convoquer des Conférences diplomatiques sous son
égide, de contrôler le fonctionnement de l'OI sur les plans politique et
administratif, de régler les questions financières du budget, etc. Leurs
sessions varient : annuelle pour P'ONU (art. 20) ; quinquennale pour la
Conférence des plénipotentiaires de l’OIT ou de la FAO.

Des sessions extraordinaires, par définition ou exception, sont parfois


réunies de même que des sessions extraordinaires d'urgence (AGNU).

Les organes restreints. Les raisons de leur création sont d'ordre


politique ou technique. Ils ont un double caractère aristocratique et
fonctionnel. Il s'agit de donner à certains États une responsabilité
particulière dans certains domaines, en raison de leurs intérêts ou de leurs

29
compétences. On crée ici une inégalité fonctionnelle entre les membres,
justifiée par l'inégalité réelle qui existe entre eux dans les domaines
d'action de l'organe considéré. Ils présentent certaines qualités techniques
par rapport aux organes pléniers, notamment la périodicité rapprochée de
leurs réunions, leur caractère permanent, l'efficacité des débats.

En général, ils favorisent une composition spécialisée et assurent une


meilleure représentation des compétences ou des intérêts dès lors que
ceux-ci sont inégalement répartis entre les États membres ! On peut
évoquer des Organes restreints comme la Commission, la Cour africaine
des Droits de l'Homme dans le cadre de l’UA ; la Cour de Justice de la
CEDEAO, de l'UEMOA, la Cour des Comptes de l'UEMOA, le Conseil de Paix
et de Sécurité (CPS), la Commission de Médiation, de Conciliation et
d'Arbitrage (CMCA).

Selon les fonctions, on distingue les organes politiques ou délibérants,


les organes administratifs et les organes juridictionnels.

Les organes délibérants ou politiques. Ce sont ceux dans lesquels


s'exerce la diplomatie multilatérale. Ils ont des fonctions normatives ou
exécutives. Ex. : à l'ONU, l'AG et le Conseil de Sécurité disposent tous
deux d'un pouvoir normatif.
Un même organe peut être investi à la fois de la fonction normative et
exécutive.
Ex. : Dans le cadre de la Communauté Européenne ; la Commission
exécute les actes du Conseil mais dispose d'un pouvoir normatif
subordonné lui permettant d'édicter des textes d'application. Comme
exemples d'organes politiques, on peut énumérer les Conférence, Autorité,
Sommet des OIA, le Conseil Présidentiel de l'UMA ou des Organes
parlementaires délibérants au sein de l'UEMOA, de la CEMAC, de la
CEDEAO, le Parlement Panafricain

Les organes administratifs. On distingue l'Administration, c'est-à-dire


le Secrétariat, et son chef. Un Secrétariat permanent existe dans toutes les
Organisations.

Les organes administratifs participent à la préparation des décisions, à


leur délibération et à leur exécution. Ils fournissent des renseignements et
établissent des rapports, etc.
Ils agissent sous l'autorité des organes politiques. Leur initiative est par
conséquent limitée. Ils assurent des tâches opérationnelles qui mettent en
jeu des moyens matériels, financiers et humains.

30
Le Chef du Secrétariat est généralement désigné par l'organe délibérant
plénier. Il dispose des pouvoirs de direction de l'Administration et des
pouvoirs propres dans le fonctionnement des organes et dans la vie
extérieure de l'Organisation internationale.

En général, les organes administratifs ont les appellations suivantes :


Secrétariat, Commission, Secrétariat Exécutif ou Permanent, Haut-
commissariat, Direction Générale.

Les organes juridictionnels. On distingue les juridictions internationales


et les juridictions administratives des OI.

Pour les juridictions internationales, on ne les trouve pas dans toutes les
organisations. Ce sont des organes principaux institués par les Actes
constitutifs ou par les documents annexes qui en font partie ou qui y sont
attachés. Elles sont ouvertes aux États et aux organes des O.I. et
exceptionnellement aux particuliers (CJCE, CEDH ou CJ de la CEDEAO),
c'est-à-dire ressortissants des États. Ces juridictions internationales
exercent souvent un double fonction, contentieuse et consultative.

Pour ce qui est des juridictions administratives, ce sont des organes


subsidiaires, sauf pour celles créées par les Traités communautaires, et qui
sont compétentes pour les litiges entre les agents d'une Organisation
internationale et l'Administration de cette OI. Des Organes juridictionnels
existent dans les OIA suivantes : UA, SADC, UEMOA, CEDEAO, CEMAC,
COMESA, CAE, OHADA.

L'architecture complexe des OI est mise en fonctionnement selon des


règles précises.

§2.- Le fonctionnement des organes de l’OI

Il s'agit de voir l'ordre juridique de l'Organisation, l'origine des normes qui


le caractérise et son articulation (A). Au-delà de cet aspect, on
s'interrogera sur la substance de ces normes qui concernent la
représentation des membres et le mode de votation au sein des organes
(B).

A. L’origine des normes de fonctionnement de l’organisation

31
Elles sont soit conventionnelle parce que prévues dans l'Acte constitutif,
soit dérivée parce que produites par l'Organisation elle-même en vertu de
l'habilitation que lui ont consentie ses créateurs.

- La Constitution de l’organisation :

L'origine de l'Acte constitutif réside non seulement dans sa double nature


juridique et politique, mais aussi dans sa capacité d'adaptation aux
circonstances, en fonction de sa souplesse ou de sa rigidité formelle. Cette
double nature conduit à aménager ou à adapter le régime commun des
Traités dans la mesure où l'Acte constitutif suppose l'homogénéité des
normes communes aux États membres.

- Les règles élaborées par l’organisation :

Elles peuvent être formées de deux manières : par l'Organisation elle-


même ou par une procédure de concertation avec d'autres sujets de droit
international, en vertu des normes d'habilitation contenues dans l'Acte
constitutif.

o Le droit élaboré ou le droit dérivé unilatéralement par


l'Organisation : En général, les organes de l'Organisation
sont investis d'un pouvoir réglementaire interne destiné à
organiser leurs conditions de travail, celles des agents et des
organes subsidiaires. Ces règles sont opposables aux États et
affectent leur situation. Ces règles sont à l'image de celles
issues du pouvoir réglementaire interne subordonné à l'Acte
constitutif. Leur conformité avec ces derniers forme la base de
leur caractère obligatoire. Dans les OI les plus perfectionnées,
cette conformité est contrôlée par un organe juridictionnel. En
effet, les organes de l'Organisation ont simplement une
compétence d'attribution pour édicter des règles dans les
seuls domaines énumérés par l'Acte constitutif.

o Les Accords conclus par l’Organisation : Il s'agit des


Accords conclus avec d'autres OI (accord de coordination ou
de coopération) avec des États (accords de siège ou de
gestion). Ces Accords sont régis par les règles propres à la
Convention de Vienne du 21 mars 1986 relative aux Accords
conclus entre OI ou entre Organisations et États.
Généralement les chefs de secrétariats disposent du pouvoir
de représenter 1'OI dans les relations internationales et de

32
signer des accords, y compris pour le financement extérieur de
certains programmes.

- Les règles applicables à l’Organisation :

L'Organisation est soumise au Droit international général et pour certains


de ses actes au Droit interne des États membres. En ce qui concerne le
Droit international général, il s'agit du Droit des Traités, du Droit de la
Responsabilité, des règles relatives aux privilèges et immunités
diplomatiques. Toutefois, chacune de ces catégories fait l'objet d'une
codification particulière en vue de déterminer les spécificités de ces règles
dans leur application aux OI ou par les organes des OI.

Pour ce qui est du Droit interne des États membres, il est applicable à de
nombreux actes de la vie de l'OI. Il en est ainsi de la ratification, des
contrats de location, d'acquisition des biens mobiliers et immobiliers,
d'emprunt, de louage des services ou des actes de la procédure judiciaire
liée à son droit d'accès aux tribunaux internes.

B. La composition des représentations et les mode de votation


et de délibération

- La composition :

Les organes de l'Organisation, pléniers ou restreints, sont composés de


représentants désignés par les gouvernements des membres.
Généralement, les organes interétatiques sont composés, soit des Chefs
d'État ou de gouvernement, soit de Ministres (Affaires étrangères ou tout
autre Ministre sectoriel), soit de toute autre personne dotée de pleins
pouvoirs pour négocier, signer ou participer au nom et pour le compte de
l'État.

Ils doivent suivre strictement les instructions de leur gouvernement


respectif. Leur nombre est fixé par certains actes constitutifs (art. 9 parag
2 Charte de l’ONU ; art. 11, FAO) et précisé par des règles de droit dérivé,
pour ce qui concerne notamment les suppléants, conseillers et autres
personnes qualifiées pouvant siéger dans les organes : Ex. : art. 25 du
Règlement général de l'AG des NU, art. 3 Règlement général de la FAO,
art.2 du règlement intérieur de CEG de l’OUA).

Les disparités de développement peuvent affecter l'exercice de ce droit.


Certains États les plus démunis ont eu à déléguer qu'un représentant (ex.

33
du Belize) et parfois n'en envoient aucun (ex. : les Maldives). En revanche,
d'autres États membres mieux pourvus en délèguent un peu trop. Ex. :
l'URSS qui avait envoyé 127 représentants à la 1 ere Session de l'Assemblée
générale en 1946 à Londres. Depuis lors, à l'AG de l'ONU, chaque État a
cinq représentants (art. 9 parag 2 de la Charte).

- Les modes de délibération ou de vote :

Les modes de prise de décisions sont divers : l'unanimité, la majorité, le


consensus ou la pondération, avec leurs variantes.

o Le système unanimitaire : On les retrouve dans les OI


classiques. Ce système est protecteur de la souveraineté,
favorise l'adhésion dépourvue de risques. Toutefois, ils sont
générateurs de stagnation ou de paralysie de l’OI dans la
mesure où chaque délibération est à la merci du désaccord
d’un seul de ces représentants. L'unanimité peut être
relative, concertée ou négative.
 Unanimité relative. C'était la règle à la SDN (art. 5,
parag. 1 du Pacte) sauf pour les questions de procédure
(art. 5, parag. 2) et d'admission de nouveaux membres
(art. 1, parag, 2). Aujourd'hui, elle est la base du
système délibératif de plusieurs O.I. économiques
comme l'OCDE (art. 6, parag. 1 et 6). L'abstention ne fait
pas obstacle à une prise de décision, inopposable à l'État
qui s'abstient. On parle alors d'une unanimité relative
car le texte adopté ne s'applique qu'aux États qui se
sont déclarés intéressés en votant en sa faveur.
 Unanimité concertée. Dans ce système, les États
membres de l'O.I. disposent d'un droit de veto. On le
retrouve au BENELUX, à l'OPAEP et dans certaines
Commissions Fluviales comme le Danube. Il existe aussi
une unanimité concertée au sein de la C.E. Dans le cadre
de l'ONU, on peut citer le système du Conseil de Sécurité
où les membres permanents disposent du droit de veto.
L'usage qui en a été fait a paralysé le C.S., ce qui a
conduit à l'adoption de la Résolution 377 (V) du 3
novembre 1950 ou Dean ACHESON, considérée comme
inconstitutionnelle par certains États. Dans la pratique
des N.U., l'abstention des membres permanents ne fait
pas obstacle à l'adoption d'une décision par le Conseil de
Sécurité, seul un vote négatif aurait cet effet. Cette règle

34
non prévue par la Charte et contestée par certains
auteurs, a été consacrée par la voie coutumière et
confirmée par la jurisprudence.
 Unanimité négative. On l'appelle aussi système
d'intégration. Ce système n'est pas destiné à protéger
les États membres mais l'organe intégré de
l'Organisation. Il s'agit par exemple du mécanisme selon
lequel, dans le cadre de la CE, lorsque le Conseil, organe
intergouvernemental, prend un acte sur proposition de la
Commission, organe intégré, le Conseil ne peut amender
cette proposition qu'en statuant à l'unanimité. Un seul
État membre peut, dès lors, par son opposition,
empêcher la modification de la proposition de la
Commission.

o Les systèmes majoritaires : Ils se caractérisent par leur


diversité. On distingue la majorité simple, la majorité absolue
et la majorité qualifiée. À l'ONU, l'AG vote, à la majorité des
2/3 des membres présents et votants, sur les questions
importantes (maintien de la paix, élection des membres non
permanents du Conseil de Sécurité, des membres de
l'ECOSOC, l'admission, la suspension et l'exclusion de membre,
les questions relatives au fonctionnement du régime de la
tutelle et les questions budgétaires). Pour les autres questions,
l'Assemblée vote à la majorité simple.

o Le système de pondéré : Dans certains cas, il est institué un


système de pondération des voix, soit qui est fondé sur le
principe selon lequel on attribue à un État un nombre de voix,
soit visant à affecter les voix qui lui sont attribuées d'un
coefficient proportionnel à son importance. Le système se
caractérise par un souci d'efficacité pratique et de sécurité
pour les États intéressés par une décision. Toutefois, il n'en
demeure pas moins qu'il est dans son essence même anti-
démocratique pour les pays en voie de développement. Il
évoque, en effet, le suffrage censitaire.

Le coefficient est établi selon plusieurs critères.

 La pondération peut être faite en fonction du montant de


la souscription au capital (cas des Institutions financières
: Banque mondiale, S.F.I., F.M.L.). Dans certaines

35
Institutions, la pondération peut être tempérée, inversée
au nom du principe de l'inégalité compensatrice comme
dans l'accord portant création du Fonds Commun des
Programmes Intégrés pour les produits de base du 27
juin 1980.
 La pondération peut être fonction du poids de l'État sur
le marché d'un produit. A cet effet, le coefficient est
établi relativement à la production, la consommation,
l'exportation ou l'importation du produit.
 Enfin, il y a une pondération en fonction d'un coefficient
complexe, négocié et combinant des critères divers.
C'est le cas des Communautés coefficient de
pondération plus élevé.

o Le système du consensus : Le consensus est défini par le


Professeur Nguyen Quoc Dinh comme « un système de
décision sans vote où le silence général témoigne de l'absence
d'objection dirimante de la part des États membres et autorise
l'adoption du texte dont une autorité convenue, porte-parole
d'un groupe ou Président d'un organe, a indiqué le contenu ».
Selon Charles Cadoux et Raymond Ranjeva, « À la différence
des techniques diplomatiques et parlementaires, le consensus
n'exprime pas la décision de la majorité, mais l'absence
d'objections fondamentales de la part de la minorité ». Ce
système connait un essor considérable dans les OIA. Il permet
de faire prévaloir la cohésion et d’éviter un usage abusif du
vote.

§3.- Les privilèges et immunités dans le cadre de l’OI

Ils sont destinés à assurer l'égalité entre tous les États membres, y
compris ceux du siège, en leur octroyant toutes les facilités pour mener à
bien les taches dans le cadre de l'organisation.

Ne disposant pas de territoire qui lui est propre, l'OI installe ses locaux sur
le territoire d'un État et signe avec celui-ci un accord de siège qui contient
les privilèges et immunités accordés à l'OI, aux représentants des États
membres et aux fonctionnaires de l'organisation.

Le siège permanent, ses terrains, bâtiments et dépendances appelés


district administratif échappent en général à l'emprise du droit national

36
local. Il ne s'agit pas d'une exterritorialité comme pour les ambassades
mais d'une jouissance fonctionnelle.

Ces privilèges et immunités sont définis dans les limites imposées par les
compétences explicites et implicites de l'OI. Ils sont organisés soit par les
textes conventionnels, soit par la coutume qui précise leur contenu.

A. Les fondements juridiques des privilèges et immunités de


l’OI

Les textes conventionnels et la coutume : Trois types de traités


prévoient les privilèges et immunités diplomatiques :

 Les Actes constitutifs. Ex. : art. 105 de la Charte de l'ONU qui


constitue le modèle de référence pour les Constitutions des autres OI
Selon cet article, l'Organisation internationale, ses fonctionnaires et
les représentants des États membres, doivent jouir des privilèges
nécessaires à la réalisation de ses buts et à l’exercice de ses
fonctions.
 Les Accords spécifiques ou subséquents qui sont conclus en
même temps que l'Acte ou, de manière différée, dont l'objet est de
définir, de préciser et de mettre en œuvre les privilèges et
immunités accordés, lorsque les Chartes renvoient à un texte
distinct ou en l'absence de dispositions de celles-ci.
 Enfin, les Accords de siège conclus bilatéralement entre l'O.I. et
l'État où elle installe son Secrétariat, ses organes. Ex. : Accord entre
l'ONU et les États Unis, 26 juin 1947 pour le siège à New-York 163ou
les Accords particuliers entre l'O.I. et les États sur le territoire
desquels sont installés les établissements décentralisés de
l'Organisation où se déroulent certaines de ses activités. Ex. :
 ONU-Suisse pour le Bureau de Genève ; ONU-Kenya pour le siège du
Programme des NU pour l'Environnement à Nairobi ; ONU-Éthiopie
pour le siège de la Commission économique de l'Afrique à Addis-
Abeba.

La coutume : Les règles relatives aux privilèges et immunités des Nations


Unies sont de nature coutumière. Elles s'imposent aux États.

Le contenu des privilèges et immunités : On distingue l'immunité de


juridiction de l'immunité fiscale.

37
L’immunité de juridiction et l’inviolabilité : Il existe trois catégories de
bénéficiaires de l'immunité de juridiction et de l’inviolabilité : il s'agit de
l'OI elle-même, des représentants des États membres et des agents de
l'Organisation.

o De l'Organisation internationale
L'immunité de l'organisation s'applique à tous les actes accomplis à
l'occasion d'une procédure devant les autorités nationales, judiciaires,
exécutives ou administratives, que l'Organisation internationale soit
assignée en justice ou qu'elle soit appelée à fournir des renseignements.
C'est ce qui ressort de la Section II de la Convention sur les privilèges et
immunités des Nations Unies (CPINU) du 13 février 1946. Toutefois, selon
la Section XXIX de la même Convention, cette immunité de juridiction
n'implique pas que l'Organisation soit soustraite à tout mode de règlement
des différends.
Pour ses correspondances, l'OI jouit des mêmes immunités que les
courriers et valises diplomatiques, en vertu de la Section X de la CPINU
l'Organisation peut utiliser des codes pour l'envoi de ses télégrammes, de
même qu'elle a droit à un emblème et un drapeau. Par ailleurs,
l'inviolabilité de l'Organisation consiste en une exemption de toute forme
de contrainte exécutive à l'égard de ses locaux et de ses biens. En effet,
selon la Section III de la CPINU, elle ne peut pas faire l'objet d'une
perquisition, de réquisition, de confiscation ou d'expropriation.

o Des représentants des États membres


Par rapport aux agents diplomatiques, l'immunité de juridiction et
l'inviolabilité des représentants des États membres sont plus restreintes.
En effet, selon la Section XI de la CPINU, et l'art. 60 de la Convention sur la
Représentation des États dans leurs relations avec les O.I. de 1975,
l'immunité de juridiction et l'inviolabilité des représentants des États
membres sont limitées aux actes accomplis à titre officiel.

o Des agents de l'Organisation internationale


Ils sont dans la plupart des cas, des fonctionnaires internationaux. Dans
son article, « La nature du lien de fonction publique dans les OI », Prosper
WEIL définit le fonctionnaire international comme un agent exerçant de
manière exclusive et continue une fonction publique au service d'une
Organisation internationale. Selon WEIL, si jadis, le caractère permanent
de la fonction publique était de règle, aujourd'hui il fait l'objet de
nombreuses restrictions fondées sur des considérations techniques,
politiques, et économiques.

38
Dans son étude sur « La condition juridique des agents internationaux », le
Professeur Louis DUBOUIS distingue une fonction publique ouverte dont les
membres ont un lien contractuel avec l'OI qui les engage pour une courte
durée, et une fonction publique fermée dont les membres sont soumis à
un statut et sont engagés sans limitation de durée (sauf à l'âge de
retraite).

Il faut souligner que la jurisprudence, de même qu'une partie de la


doctrine, refusent de distinguer les hauts fonctionnaires des autres agents
des OI.
Ainsi, la CIJ dans son avis de 1989, a estimé que même un expert en
mission de la Sous-commission des Droits de l'Homme qui devait rendre
un rapport sur « les Droits de l'Homme et la jeunesse », devait bénéficier
de ces privilèges et immunités pour pouvoir exercer ses fonctions en toute
indépendance, ces droits étant opposables à tout État membre. Ceux-ci
couvrent même les paroles prononcées par un rapporteur spécial et
reproduites dans des journaux.

Concernant les agents, les fonctionnaires internationaux, l'immunité


couvre la faute de service et non la faute personnelle. En tout état de
cause, le pouvoir de lever l'immunité est détenu par l'OI elle-même qui
peut le déléguer à son conseiller juridique en cas d'infraction à l'ordre
juridique de l'État de siège afin que ce dernier puisse traduire l'agent
devant les juridictions locales.

Il faut noter que les Organisations sont peu enclines en matière pénale, à
lever l'immunité dont bénéficie le fonctionnaire. Il n'en est pas de même
en matière civile. Le fonctionnaire international ne peut comparaître
comme témoin si cette comparution conduit à révéler des renseignements
concernant le fonctionnement de l'OI. Pour ce qui est de leur inviolabilité,
elle ne couvre que les activités accomplies en rapport avec leurs fonctions
officielles.

Les immunités fiscales : L'O.I. est exemptée de tous impôts directs et


de tous prélèvements indirects dans ses achats importants. Elle est
exonérée de tout contrôle de change, de droits de douane ou de
restriction.

En ce qui concerne les agents, leurs émoluments, salaires et revenus


perçus auprès de l'Organisation ne sont pas imposables. Ils sont
également dispensés d'en déclarer le montant à l'administration locale
pour le calcul de l'impôt applicable aux revenus non exonérés.

39
Il faut souligner que le problème de l'immunité fiscale des agents par
rapport à leur État d'origine est très complexe.

Ainsi, par exemple, les États Unis ont vu dans cette immunité, une entorse
au principe d'égalité de tous leurs nationaux devant l'impôt. Le problème a
été réglé par les Nations Unies. En effet, aux Nations Unies, l'Organisation
retient elle-même un impôt établi par tranches sur les traitements et
émoluments en vertu des art.3.3 a à 3.3 e du Règlement du personnel,
qu'elle porte au crédit du fonds de péréquation des impôts constitués en
vertu de la Résolution 373/X et d'autre part, elle rembourse selon l'art. 3.3
f sous forme de dédommagement, ce que les fonctionnaires
internationaux ont dû verser à l'État dont ils sont ressortissants pour éviter
une double imposition.

Ces privilèges et immunités s'accompagnent aussi de la responsabilité.

B. La responsabilité internationale de l’OI

Ce régime connait des similitudes avec la responsabilité des États. Les OI


sont responsables des dommages qu’elles causent. Elles peuvent être
victimes ou auteurs du dommage.

- Le droit à la réparation d’un préjudice subi : L'O.I. peut mettre


en cause la responsabilité d'un sujet de Droit international dont le
comportement actif ou passif lui a directement causé un dommage.
Elle peut également, en exerçant la protection fonctionnelle,
demander réparation d'un dommage subi par elle en la personne de
l'un de ses agents, conformément à l'Avis de la CIJ du 11 avril 1949
relatif à l'Affaire de la réparation des dommages subis au service
des Nations Unies. Dans cette hypothèse, l'évaluation du montant de
la réparation tient compte du dommage subi par la victime et ses
ayants-droits.

- L’obligation de réparation d’un dommage causé : La


responsabilité internationale de l'OI peut être engagée lorsqu'un
manquement au DI engendre un dommage qui lui est imputable.
Mais une telle situation ne se produit qu'en cas d'activité
internationale. Il faut souligner que si les NU ont refusé d'indemniser
les victimes d'actes commis par les forces de maintien de la paix
résultant des nécessités militaires, il n'empêche qu'elles ont reconnu

40
leur responsabilité pour les actes de pillages et de violences commis
par ces forces en dehors des opérations militaires.

La question de la responsabilité extracontractuelle de l'Organisation


ne fait pas de doute. La doctrine s'accorde à considérer que toute
référence au Droit interne est exclue, seul le DIP est applicable.
Ainsi, à la suite du dommage causé par les Forces des NU au Congo,
deux accords ont été conclus, l'un avec le Congo prévoyant le
recours à la négociation ou à l'arbitrage, l'autre avec la Belgique
relatif au versement d'une indemnité forfaitaire.

Au-delà de ces considérations, des règles relatives à la réparation


des dommages causés par l'OI figurent dans certains contrats. Par
ex. : Ceux conclus par la BM ou dans certains traités. Toutes ces
prescriptions peuvent impliquer des charges financières

Chapitre III – Les finances des organisations internationales

Le problème des finances des OI se pose avec quelques analogies par


rapport aux finances de l'État. Mais la spécificité de nature des OI atténue
les similarités car il existe des différences très sensibles qu'il convient de
marquer, au niveau des recettes (Section 1) et des dépenses (Section
2).

Section 1 – Les recettes des OI

Les ressources principales des OI sont constituées par des contributions


versées par les États membres. Quelquefois, certaines OI peuvent disposer
de ressources propres.

§1.- Les contributions des États

Ici, la source principale de financement est représentée par les


contributions obligatoires (CO) dont un pourcentage est affecté à chaque
membre. Il y a aussi les contributions volontaires (CV).

 Les contributions volontaires

41
Elles sont un système utilisé pour toutes les actions de coopération
internationale qui ne résultent pas directement d'un traité. Les CV peuvent
d'ailleurs provenir de source gouvernementale ou non gouvernementale
(UNICEF, PNUD, HCR). Ce système a l'inconvénient de rendre les OI
tributaires des États les plus riches et, l'avantage de procurer des
ressources extrêmement variables, ces fluctuations étant surtout sensibles
pour les contributions d'origine privée.

Pour certaines contributions volontaires, elles servent à regrouper des


crédits fournis au gré des gouvernements intéressés à un ou plusieurs
programmes particuliers (PNUD, HCR, etc.). Ces versements s'effectuent
auprès d'un fonds d'affectation spéciale hors budget de l'ONU ou d'une
Institution spécialisée après un appel à contribution. Ex. : Système utilisé à
l'ONU pour alléger les dépenses dans le cadre de procédures de règlement
pacifique des différends ou pour les Opérations de Maintien de la Paix.

 Les contributions obligatoires

Elles constituent le système fondamental utilisé par les OI depuis la


création des formes rudimentaires jusqu'aux formes les plus avancées.
C'est un système de cotisation, ce qui pose le problème du calcul du
montant de ces contributions. Plusieurs systèmes sont utilisés par les OI
pour les contributions obligatoires.

- Le système de l'Union Postale Universelle : ici, il existe


différentes classes de contribution parmi lesquelles sont répartis les
États membres. On offre donc à ceux-ci un barème important
comportant un certain nombre de contributions distribuées en
classes 1, 2, 3, etc. L'État membre est invité à choisir sa classe de
contribution. La valeur de l'unité de contribution est déterminée
d'après le montant des dépenses totales de l'OI, divisé par le
nombre total d'unités de cotisations. Ce système offre une liberté de
choix mais les ressources ne sont pas élastiques. Elles sont fixées
pour une longue période. Ex. : UPU, IUT, OMM et Interpol.

- Le système de la SDN ou système de la capacité de paiement


: ici, on détermine les parts contributives de chaque État par une
contribution correspondant à un certain pourcentage du montant du
budget de l'organisation. La capacité de paiement est généralement
calculée en fonction de l'évaluation complète du revenu national, ou
de l'intérêt porté aux activités de l'organisation. Ex. : pour la SDN,
parts des États des recettes budgétaires qui avaient été les leurs en

42
1913 et du chiffre de la démographie du pays tel qu'il apparaît en
1919.

- Le système utilisé aux Nations Unies : Il est semblable au


précédent. Le problème est posé à l'art. 17 § 2 de la Charte : « Les
dépenses de l'organisation sont supportées par les membres selon la
répartition fixée par l'AG ». Des commissions d'experts ont dégagé
les bases techniques les plus équitables et les montants
comparables du revenu national. Et un Comité Spécial des
contributions fixe le montant des recettes obligatoires en tenant
compte de divers correctifs (revenu national global, revenu par tête
d'habitant, destruction économique causée par la Deuxième Guerre
Mondiale, capacité d'acquérir des devises étrangères.

Survient un autre défi : éviter qu'un État ait une trop grande part
dans le fonctionnement de l'organisation, d'où la nécessité de fixer
une quote-part plus ou moins acceptable. Ainsi, les USA
contribuaient au départ pour près de la moitié du budget, puis par
des résolutions successives, on a fixé le maximum à 40%, 31,50%,
25% (1972), 22% (2003). Cette recherche de la contribution
maximale s'effectue, d'une part en tenant compte de l'admission de
nouveaux membres et, d'autre part avec la mise à jour triennale des
quotes-parts qui vont résulter de l'augmentation du revenu national
des États membres. Il y a des États qui contribuent aux dépenses de
l'organisation pour une partie seulement parce qu'ils n'en sont pas
membres mais peuvent participer à certaines sessions de
l'organisation.

- Les systèmes particuliers africains : Dans les OIA, les


contributions des
États sont généralement basées sur une répartition égale pour
couvrir les dépenses.

Toutefois, des aménagements peuvent affiner la répartition des


contributions pour tenir compte de la situation économique et
financière de chaque membre.
Ainsi peut-on retenir un barème calculé au prorata des budgets
nationaux ; reprendre le barème des Nations Unies (Art. 23 OUA) ou
calculer selon le montant net du budget des États (OCAM), et
imposer que les contributions soient réglées en monnaies
convertibles déclarées telles par le FMI.

43
Généralement, pour éviter un déséquilibre, aucune contribution
obligatoire ne devra excéder 20% du budget annuel de l’OI. La
contribution est fixée par le Secrétariat ou le Conseil des Ministres
(CEDEAO, UEMOA, OHADA, etc.). En outre, pour éviter les problèmes
récurrents d'arriérés de contributions, des sanctions ont été prévues
pour susciter un regain d'empressement des États membres à
satisfaire à leurs obligations financières (voir les paragraphes sur la
suspension et l’exclusion).

Aussi importantes qu'elles soient, ces contributions ne sont jamais


suffisantes, d'où la prévision de ressources propres.

§2.- Les ressources propres des OI

Quelques OI, en vertu de leurs traités de base, peuvent instituer des


impôts et taxes qu'elles peuvent percevoir plus ou moins directement ; Ex.
: dans le cadre des CE, la décision du 21 avril 1970 attribue différentes
ressources : les ressources propres sont constituées par les droits de
douane et les prélèvements agricoles perçus par les États membres à
l'importation dans la CE et la CECA, les prélèvements sur les entreprises
du secteur charbon-acier (art. 49 Traité de la CECA) et ceux dits de
coresponsabilité dans le domaine agricole : le produit des amendes, une
fraction de la TVA et depuis 1998, une fraction du PNB des États membres
(voir Décision du 31 octobre 1994 relative au système des ressources
propres des Communautés Européennes).

Dans le cadre de la CEDEAO, le Traité de Lagos 1975 révisé en 1993 à


Cotonou innove en prévoyant un prélèvement communautaire qui «
représente un pourcentage de la valeur imposable des marchandises
importées dans la Communauté en provenance des pays tiers » (art. 72 §
2). Le PC est destiné à générer des ressources pour financer les activités
de la Communauté (art. 70 et 72).

Quant à l’UEMOA, elle a un Prélèvement communautaire et de solidarité


avec l'Acte additionnel n° 4/96 de 1996 en ses articles 16 à 27.

Les OI peuvent disposer d'autres ressources. Ex. : recettes provenant aux


NU de l'imposition du personnel permanent dont une certaine somme est
déduite pour rembourser les ressortissants des États Unis d'Amérique et
du Canada que leurs gouvernements refusent d'exempter de l'impôt sur le

44
revenu. Aux NU, on peut citer aussi les fonds extrabudgétaires comme le
compte spécial du programme élargi d'assistance technique, le fonds des
contributions volontaires, la caisse commune des pensions du personnel,
le revenu de fonds et placements divers, le produit de la vente des
timbres-poste, revues et publications, les services destinés aux visiteurs,
les emprunts, etc.

De plus en plus, à l'instar des autres OI, les OIA développent des
ressources propres qui ne sont pas des contributions volontaires ou
obligatoires des États membres. À cet égard, les OIA d'intégration ont été
les plus loin dans ce domaine.

Ainsi, dans l'UEMOA, il est prévu un tarif extérieur commun, des taxes
indirectes directement perçues par l'OI, des emprunts, subventions et
aides extérieures (Art. 54 du Traité), une taxe sur la valeur ajoutée (Art.
55). La faculté de recevoir des dons, fonds, revenus d'activités, la
perception de droits du Marché Commun et subventions, n'est pas ignorée
dans les OIA.

Section 2 – Les dépenses des OI

Deux problèmes se posent : le volume des dépenses qui ont naturellement


tendance à s'accroitre et la nature très diversifiée des dépenses.

§1.- Le volume des dépenses

On entend souvent dire que les OI coûtent chères aux États. Mais cela
n'est pas tout-à-fait exact. Il est vrai que toute OI a une bureaucratie plus
ou moins lourde, plus ou moins coûteuse qu'il faut rationaliser. On a dès
lors constaté pour les NU, la faiblesse du budget qu'aucune rationalisation
ne peut réellement compenser car les États ne versent pas toujours à
temps leur contribution mais se servent de leurs dettes comme un moyen
de chantage pour remettre en cause les activités de l'organisation. À cet
égard, Koffi ANNAN, alors Secrétaire général de l'ONU, récusait le cout
excessif des dépenses de l'ONU en ces termes : « Le budget de nos
activités de base -fonctionnement du Secrétariat à New-York, Genève,
Nairobi, Vienne et dans les cinq Commissions régionales - ne s'élève qu'à 1
milliard 250 millions de dollars par an, ce qui correspond à 4% environ du
budget annuel de la Ville de New-York et près d'un milliard de dollars de
moins que le coût annuel du fonctionnement du Service des Pompiers à
Tokyo. Nos ressources ne sont absolument pas en rapport avec nos taches
à l'échelle mondiale ».

45
Un autre constat est la progression inévitable du volume des dépenses,
surtout à l'ONU du fait des nouveaux mandats à elle assignés sans que les
contributions ne suivent la même courbe ou que les États n'épongent leurs
dettes en termes d'arriérés de contributions.

§2.- La nature des dépenses

De nombreuses distinctions sont avancées à ce niveau. On retiendra la


distinction entre dépenses administratives (DA) et les dépenses
opérationnelles (DO). Mais la Charte des NU ne retient aucune distinction.

Les Dépenses Administratives

Ce sont des dépenses de fonctionnement normal de l'OI, c'est-à-dire pour


l'entretien des bâtiments, du siège, la vie du secrétariat, le paiement des
fonctionnaires et agents et diverses dépenses liées au fonctionnement. À
l'ONU, beaucoup de critiques ont été soulevé par les États Unis,
relativement aux dépenses, en insistant surtout sur le fait que les
décideurs (majorité mécanique du tiers monde) n'étaient pas les payeurs.
En 1985, le Congrès américain avait décidé de bloquer une partie de la
contribution américaine pour obtenir l'adoption du vote pondéré à l'AG.
Finalement, en 1986, l'AG prit une résolution insistant sur le principe du
consensus pour l'adoption de décisions en matière budgétaire.

Les Dépenses Opérationnelles

Ce sont des dépenses qui manifestent l'action extérieure de l'OI, comme


les programmes de secours alimentaire, l'aide au développement, les
opérations de maintien de la paix (OMP). C'est relativement à ces
dernières que les controverses ont surgi lorsque l'Union soviétique et la
France ont refusé de payer leurs contributions sous prétexte que celles
relatives aux OMP (en l'occurrence, l'Opération des NU au Congo) n'étaient
prévues à l'art.17 de la Charte et que de telles dépenses devaient être
décidées par le CS et non par l'AG. En fait, l'URSS tombait sous le coup de
l'art. 19 de la Charte et devait être suspendue pour retard de contribution.
Saisie, la CIJ releva que si la distinction entre DA et DO ne figure pas dans
la Charte, l'AG n'est pas cantonnée à l'énonciation d'exhortations. Elle
peut prendre l'initiative d'actions, à condition que celles-ci n'aient pas un
caractère coercitif car seul le CS peut prendre des mesures de contrainte.
Les dépenses relatives aux OMP sont donc obligatoires pour tous les États
membres, dans la réalisation des buts de l'Organisation.

46
Ces différentes activités des OI sont enserrées dans un cadre juridique des
compétences attribuées à celles-ci.

Chapitre IV – Les compétences des organisations internationales

Si l'État a la « compétence de sa compétence » selon l'expression du


juriste Georg Jellinek, une OI n'a, en principe que des compétences
d'attribution. La compétence est un pouvoir, une capacité d'action et de
décision, l'aptitude à accomplir des actes (ici, juridiques), à mener des
opérations, à connaitre de telle cause ou problème juridique, à trancher un
différend.

L'OI est un groupement d'États et, comme les États, elle a un statut de
personne morale et juridique. C'est un statut finalisé que lui accordent ses
fondateurs en vue d'atteindre les objectifs qu'ils lui ont assignés. De ce
point de vue, l'organisation est un sujet dérivé du DI. Pourtant, au-delà de
cette considération, les auteurs cherchent ailleurs que dans la volonté des
États créateurs, le fondement de la personnalité juridique de l'OI. Des
doutes sont émis sur l'existence même de celle-ci, selon la doctrine. Mais,
du point de vue du droit, on considère que l'organisation a une double
personnalité : une personnalité interne et une personnalité internationale.

Section 1- Le fondement des compétences : la personnalité


juridique internationale des OI

Le DIP définit la personnalité juridique internationale comme étant la


capacité d'être titulaire de droits et de devoirs internationaux. Comment
déterminer cette personnalité de l'OI ? Quelle est l'origine de cette
personnalité ? Ces deux questions posent le problème de l'origine et des
effets de la personnalité juridique de l'OI.

§1.- Une origine jurisprudentielle

La personnalité internationale de l'organisation est le résultat d'une


construction jurisprudentielle, contestée par une partie de la doctrine,
mais consacrée dans la pratique. Cette personnalité se distingue de la
personnalité juridique interne de l'organisation.

À la suite de l'assassinat par un groupe armé du Comte Folke Bernadotte,


diplomate suédois envoyé par l'ONU comme médiateur en Palestine, la CIJ

47
a été saisie le 11 avril 1949 pour Avis par l'AG de l'ONU, sur la question de
savoir, si l'ONU (dont la Charte est muette sur ce point) avait qualité pour
présenter contre le gouvernement de jure ou de facto, responsable des
dommages subis, une réclamation internationale en vue d'obtenir
réparation. La Cour va répondre par l'affirmative. En effet, employant une
méthode d'interprétation téléologique, la Cour a estimé que les membres
de l'ONU, en lui assignant certaines fonctions, avec les devoirs et les
responsabilités qui les accompagnent, l'ont revêtue de la compétence
nécessaire pour s'acquitter de ses missions. Et la Cour conclut que l'ONU
est une personne internationale. Mais selon la Cour : « Ceci n'équivaut pas
à dire que l'organisation soit un État ; ce qu'elle n'est certainement pas, ou
que sa personnalité juridique, ses droits et ses devoirs soient les mêmes
que ceux d'un État. Cela signifie que l'organisation est un sujet de droit
international, qu'elle a capacité d'être titulaire de droits et devoirs
internationaux et qu'elle a capacité de se prévaloir de ses droits par voie
de réclamation internationale ».

Cette personnalité est distincte de celle prévue par la Charte. En effet, la


Charte de l'ONU ne reconnaît à l'Organisation Mondiale que la personnalité
interne. En vertu de l'art. 104, « l'organisation jouit sur le territoire de
chacun de ses membres de la capacité juridique qui lui est nécessaire pour
exercer ses fonctions et atteindre ses buts ».

C'est une contestation qui est située dans le temps. Elle est
principalement d'origine soviétique. Elle a aussi mobilisé une partie de la
doctrine italienne au sein de laquelle on peut retenir celle présentée par
QUADRI et l'école de Naples. Les auteurs soviétiques avaient une certaine
méfiance à l'égard de cette conception susceptible de renforcer les
moyens juridiques et les institutions de l’OI. Dans son cours, le Professeur
KRILOV soutenait une thèse selon laquelle, les OI ne sont pas des sujets de
droit international ; sous ce rapport, elles ne disposent pas de la
personnalité internationale.

Cette thèse a été défendue aussi sar le Professeur QUADRI, pour qui la
majorité de la doctrine favorable à la PJ des OI procède de façon erronée
par analogie, à partir des observations sur la personnalité de droit interne.
Or, la séparation des deux ordres juridiques interdit un tel raisonnement
en ce que, dans l'ordre interne, la PJ est attribuée par la loi, alors que dans
l'ordre international, elle est, tout au plus, issue d'un accord qui demeure
limité par l'effet relatif des traités.

Ces positions doctrinales s’opposent à la consécration conventionnelle.

48
§2.- La consécration conventionnelle de la personnalité juridique
internationale

Dans le cadre du régionalisme européen, les traités instituant les CE,


contiennent des dispositions expresses selon lesquelles, les Communautés
ont la personnalité juridique.

La Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) a eu à


interpréter les caractéristiques de cette personnalité. Elle confirme les
opinions de la doctrine selon laquelle, il s'agit aussi de la personnalité
internationale. Elle l'a affirmé dans son arrêt du 31 mai 1977 relatif à
l'affaire Commission contre Conseil.

On trouve des dispositions analogues dans de nombreux traités


constitutifs.
Ex.: art. 6, CECA; art. 4, OPAEP. Les actes constitutifs des institutions
spécialisées des Nations Unies contiennent également des dispositions
relatives à la personnalité internationale. Ex. : art. 10 FIDA ; art. XII,
UNESCO ; art. XVI, FAO.

La Convention du 21 novembre 1947 sur les Privilèges et immunités des


institutions spécialisées reprenant les dispositions de la Convention du 13
février 1946 sur les Privilèges et immunités de l'ONU, affirme simplement
que l'organisation possède la personnalité juridique.

En droite ligne de la jurisprudence internationale, les États africains ont eu


très tôt à adopter l'attitude prudente d'insérer expressis verbis, la mention
que l'OIA concernée dispose de la personnalité juridique interne et
internationale.

En effet, l'OIA jouit de la personnalité juridique internationale et de la


personnalité sur le territoire de chacun des États membres (art. 88 du
Traité de la CEDEAO ; art. 9 Traité de l’UEMOA). Généralement, le contenu
de cette personnalité juridique se traduit en une capacité de conclure des
traités et contrats, d'ester en justice, d'acquérir des biens mobiliers et
immobiliers, de faire tout acte juridique répondant à son objet (art. 46 du
Traité de l’OHADA).

Section 2- La nature des compétences des OI

49
Il s'agit de la sphère d'action ouverte à l'organisation internationale. En
effet, l'organisation dispose de toutes les compétences nécessaires à la
réalisation de ses buts. Il s'agit ici de compétences finalisées qui sont
prévues par les textes constitutifs ou déduites d'une interprétation
dynamique des compétences expresses et des objectifs assignés à l'OI.
Aussi, distingue-t-on des compétences implicites (§2) et des compétences
expresses (§1).

§1.- Les compétences fonctionnelles ou expresses de l’OI

On distingue ici les compétences normatives, territoriales et les


compétences matérielles et personnelles de l'OI.

A. Les compétences normatives

Ce sont les compétences qui autorisent à adopter les règles juridiques ou


financières de portée générale ou individuelle.

1. Dans le cadre de l'Organisation universelle

Les organes de l'OI peuvent adopter des résolutions, des


recommandations et des décisions. Ils peuvent rendre des arrêts ou des
jugements. La doctrine, analysant ces différents actes, distingue les actes
autonormateurs et les actes hétéronormateurs.
 Les actes autonormateurs s'adressent à l'OI elle-même ou aux
États en tant qu'éléments de l'Organisation et soumis à son droit
propre. Peuvent être rangés dans cette catégorie les règlements
intérieurs des différents organes, les règlements financiers, les
règlements du personnel, actes ou décisions d'ordre intérieur,
d'organisation et de fonctionnement des divers services de l'OI.
 En revanche, les actes hétéronormateurs sont dirigés vers des
sujets autonomes vis-à-vis de l'OI. Outre, les résolutions,
déclarations, Protocoles et Actes, on a les Accords avec les États
tiers ou autres OI, les Accords de siège, etc.
La compétence normative d'une organisation comprend le droit de
participer à des conventions internationales. Cette capacité est régie par
les règles de la Convention de Vienne sur le Droit des Traités conclus entre
États et OI ou entre deux ou plusieurs OI, du 21 mars 1986. Cette
Convention se présente comme le prolongement de la Convention de
Vienne du 23 mai 1969 sur le Droit des Traités.

50
Les Chartes prévoient fréquemment les procédures de conclusion
d'accords qui intéressent l'OI. L'adoption du texte, (après la négociation, et
la signature ou, la ratification), est régie par les règles analogues à celles
de la Convention de 1969 mais adaptées aux particularités
institutionnelles caractéristiques des OI (art. 8 à 17 de la Convention du 21
mars 1986).

Pour les réserves, il y a transposition des règles du Droit des Traités.


L'organisation est assimilée à l'État pour ce qui concerne l'acceptation des
réserves et le régime des objections. En outre, on retrouve les mêmes
principes concernant l'obligation d'exécuter de bonne foi les traités,
l'impossibilité d'invoquer le droit interne (pour les États) ou les règles de
l'organisation (pour les OI) comme justifiant la non-exécution du traité. Il
en est de même en ce qui concerne aussi la règle de la non-rétroactivité
des traités et de la règle de l'applicabilité des traités par les États.

2. Dans le cadre des Organisations régionales

Le pouvoir d'adopter des décisions unilatérales obligatoires est la règle


dans les OI d'intégration. On distingue ici le règlement, la directive et la
décision, les avis et recommandations.

Les règlements ont une portée générale car ils visent tous les États
ou leurs ressortissants directement ou indirectement. En revanche, la
directive est adressée à un ou plusieurs États membres ou à des individus
ou à des personnes morales. La spécificité de l'ordre juridique
communautaire atténue fortement la distinction entre actes
autonormateurs et actes hétéronormateurs.

Dans l'affaire Costa c/Enel de 1964, la CJCE a marqué les limites de


l'analogie avec le droit des autres OI. Selon la Cour, les actes décisoires
communautaires régulièrement adoptés et publiés, sont directement
opposables à toutes les autorités publiques administratives et
juridictionnelles. Ils ont une autorité supérieure à celle des règles
constitutionnelles, législatives, administratives des États membres. Il faut
noter que les décisions, règlements et directives se distinguent des
recommandations, lesquelles ne lient pas les États eux-mêmes. Il en est
de même des avis et conseils de la Commission. Cependant, selon l'art.

51
187 C.E., les Arrêts de la C.J. ont force obligatoire et leur exécution forcée
peut être recherchée par les États membres. Il y a ici des facteurs de
supranationalité qui facilitent aux organisations communautaires l'exercice
de leur fonction d'intégration.

Au-delà de ces considérations, les compétences normatives se distinguent


des compétences opérationnelles des OI, lesquelles se limitent aux
activités de gestion ou de conseil dans le domaine administratif, technique
ou financier.

B. Les compétences liées à un territoire

Il ne s'agit pas de compétences territoriales mais de droit de


réglementation et du contrôle étendu de l'Organisation internationale dans
le périmètre de ses installations. Il en est ainsi des compétences relatives
au siège de l'Organisation, c'est-à-dire le lieu de son établissement, dont
le régime juridique est fixé par une convention appelée Accord de siège,
conclue entre l'OI et l'État hôte.

Les compétences liées au siège sont fonctionnelles parce que limitées aux
exigences du bon fonctionnement de l'Organisation. Elles ne portent pas
atteinte à la souveraineté territoriale de l'État, car celui-ci renonce
seulement à son monopole dans l'exercice de compétences sur son
territoire.

Par ailleurs, l'OI peut être amenée à contrôler l'exercice par certains États
d'une compétence territoriale. Par ex. : la SDN s'est vue confiée par le
traité de Versailles des responsabilités dans la Sarre et à Dantzig. De
même, l'ONU a exercé de telles attributions pour ce qui concerne la ville
de Trieste, la Namibie ou le Kosovo.

C. Les compétences personnelles de l’OI

Il ne s'agit pas d'une compétence fondée sur le lien d'allégeance, le lien de


la nationalité qui rattache l'État à des personnes physiques et morales,
mais d'une compétence rattachée à un territoire ou d'un lien qui résulte
d'une fonction publique.

En fait, les agents internationaux, bien que rattachés à leur État d'origine,
dépendent de l'Organisation qui les emploie pour tout ce qui touche à
leurs activités professionnelles. L'Organisation exerce en leur faveur une

52
protection fonctionnelle opposable à leur État et même aux États non-
membres, selon la CIJ, dans l'Affaire Réparation des dommages subis au
service des Nations Unies.

Au-delà de ces compétences personnelles, les Organisations peuvent


exercer des compétences sur des engins (par exemple, faire naviguer des
bateaux ou navires sous leur pavillon) ou procéder conjointement avec des
États à l'immatriculation d'aéronefs ou d'engins spatiaux. Sous ce rapport,
elles en supportent par là-même, des responsabilités comparables à celles
du pavillon ou de l'immatriculation.

À côté de ces compétences expresses, les OI ont des compétences


implicites.

§2.- Les compétences implicites de l’OI

Les pouvoirs implicites sont définis par Charles Chaumont comme des
pouvoirs « qui, bien qu'ils n'aient pas été formellement prévus par
les fondateurs de l'organisation, ont été reconnus et acceptés par
les États membres au cours d'une certaine période de la vie de
l'organisation, en tant que moyens auxiliaires ou subordonnés,
pour atteindre les buts permanents pour lesquels l'organisation a
été créée »1.

C'est une construction jurisprudentielle qui sera transposée dans l'ordre


juridique international et qui comporte des limites. Elle a été élaborée aux
États Unis d'Amérique sous l'impulsion du Juge John Marshall, le 6 mars
1819, dans l'Affaire Mac Culloch v/Maryland. La Cour suprême, à propos de
la répartition des compétences entre l'État fédéral et les États fédérés, a
reconnu, à l'État fédéral, la compétence d'adopter des actes qui n'étaient
pas expressément prévus ou autorisés par la Constitution fédérale. A la
condition, cependant, que « les fins soient légitimes, qu'elles soient
dans la sphère de la Constitution ; tous les moyens, qui sont
appropriés à ces fins, qui ne sont pas interdits mais qui sont
compatibles avec la lettre et l'esprit de la Constitution, sont
constitutionnels ».

Cette jurisprudence de la Cour suprême à propos d'un contentieux


constitutionnel en fixe le fondement théorique.

1
Cité par J.-F. Gonidec, Les OIA, p. 77.

53
Cette théorie est ainsi définie au sens strict comme résultant du fait que
l'existence d'un pouvoir exprès implique aussi l'existence de tout autre
pouvoir raisonnablement nécessaire à l'exercice de ce pouvoir et au sens
large, tout but ou toute fonction assigné (e) implique l'existence de tout
pouvoir raisonnablement nécessaire pour l'atteindre.

A. Une transposition internationale

- Dans l’ordre onusien

Cet acte a été transposé par la CPJI dans son Avis du 23 juillet 1926 dans
l’affaire Comité de l’OIT. La CIJ l'a confirmé dans son Avis de 1949. Pour la
Cour, « selon le droit international, l'Organisation doit être considérée
comme possédant ces pouvoirs (en l'espèce, pouvoirs de protection
fonctionnelle des agents et de réclamation internationale) qui, s'ils ne sont
pas expressément énoncés par la Charte, sont, par une conséquence
nécessaire, conférés à l'Organisation en tant qu'essentiels à l'exercice des
fonctions de celle-ci ».
La Cour le réitère dans plusieurs de ses Avis consultatifs 2. Elle en a fait une
application constante en tant qu'institution juridictionnelle. Par exemple,
dans l'Affaire des Essais nucléaires, en 1974 elle se reconnaît un pouvoir
inhérent qui l'autorise à prendre toute mesure voulue, d'une part pour
faire en sorte que, si sa compétence au fond est établie, l'exercice de cette
compétence ne se révèle pas vain, d'autre part pour assurer le règlement
régulier de tous les points en litige, ainsi que le respect des limitations
inhérentes à l'exercice de la fonction juridictionnelle.

Cette théorie, il faut le dire, vaut pour toute organisation et toute


juridiction internationale.

- Dans l’ordre communautaire

Dans l'ordre communautaire, la CJCE fait référence à la théorie des


pouvoirs implicites. C'est le cas, par exemple, dans l'Affaire Fédéchar ou
dans l'Affaire Commission contre Conseil (AETR)

B. Les limites de la théorie

2
Affaire sud-ouest africain

54
Il faut considérer que c'est une direction d'interprétation des actes
constitutifs de l'Organisation internationale. Elle ne peut être absolue.
Ainsi, selon le juge Hackworth, la doctrine des pouvoirs implicites a pour
rôle de donner effet, dans des limites raisonnables, aux pouvoirs explicites
et non de les supplanter ou de les modifier. Ce qui veut dire que
l'interprétation doit se référer à l'objet et au but des textes constitutifs qui,
nécessairement, doivent coïncider avec les buts et objets de
l'Organisation.

La théorie des OI sera davantage illustrée par l'étude de l'ONU et de l'UA,


choix justifiés par l'exemplarité de l'organisation la plus universelle ou de
celle la plus continentale en Afrique.

Titre II – Études normative et institutionnelle de quelques


organisations a caractère universel ou régional

(Travail à faire par les étudiants sous forme d’exposé)

Chapitre I – L’Union Africaine

Section 1- L’évolution historique de l’UA


§1.- Le précédent de l’OUA
§2.- Le dépassement de l’OUA

Section 2 – Les principes et objectifs de l’UA


§1.- Les principes de l’Union
- Les principes politiques
- Les principes juridiques
- Les principes économiques
§2.- Les objectifs de l’Union

Section 3 – Les structures et le fonctionnement de l’Union


§1.- Les organes de l’Union Africaine
A- Les principaux organes
- La conférence de l’Union
- Le Conseil Exécutif
- La Commission de l’Union
B- Les autres organes
- Les Comités techniques spécialisés
- Le Comité des représentants permanents (COREP)
- La Cour africaine de justice t des droits de l’Homme
§2.- Les difficultés potentielles de fonctionnement de l’UA

55
Chapitre II – L’Organisation des Nations Unies

Section 1 – Les structures de l’ONU


§1.- Les principaux organes
§2.- Les organes subsidiaires
Section 2- Le fonctionnement de l’ONU
§1.- Les buts et principes de l’ONU
§2.- Les perspectives de réformes de l’ONU

56

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