Gestion des Compétences en Entreprise
Gestion des Compétences en Entreprise
MASTER 2
MODULE :
GESTION DES COMPETENCES
SOMMAIRE
MATIERE PAGE
INTRODUCTION CHAPITRE 1 : LA GESTION DES COMPETENCES PROFESSIONNELLES DANS
L’ENTREPRISE
7 – La mobilité inter-métier
II – La gestion des compétences collectives
1 – La recherche de l’intelligence collective
I – Définition de la GPEC
1 – Le plan de mobilité
2 – Le plan de formation
3 – Le recrutement et la restructuration
4 – Les entretiens annuels d’évaluation
1 – L’analyse de poste
2 – Le profil de poste
3 – L’emploi-type
4 – Le référentiel d’emploi
5 – Le référentiel de compétences
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
4
INTRODUCTION
De nos jours il est difficile pour une entreprise de garder sa part de marché et de rester debout
face à une concurrence impitoyable. Elle se doit d’être la plus performante et la plus
compétitive pour fournir un produit ou un service de grande qualité à un prix minimal.
Pour cela, une entreprise doit évoluer, s’optimiser au maximum, s’adapter au marché en étant
flexible aux changements importants dans son organisation, bien connaitre les ressources
disponibles ainsi que les connaissances existantes au sein de l’entreprise et pouvoir les rendre
rapidement opérationnelles dans tous les cas de figure.
Au milieu des années 70, avec la loi sur la formation professionnelle continue, le concept de
compétence prend de l’importance et modifie radicalement l’approche des problèmes en
matière de gestion des ressources humaines. Depuis lors, l’enjeu prioritaire de la fonction
réside dans l’adaptation des compétences des salariés aux exigences d’un environnement en
continuelle évolution.
A partir de la fin des années 80, avec la mondialisation et l’accentuation de la concurrence
internationale, la nécessité d’être davantage à l’écoute des clients, la rapidité des innovations,
la difficulté grandissante à prévoir donc à gérer les risques, sont autant de données qui ont
conduit les entreprises à prendre conscience de l’importance du « facteur humain » dans le
contexte de compétitivité actuelle.
En effet, qui mieux que les hommes et les femmes au contact des clients et des problèmes
peuvent apporter la réactivité nécessaire pour répondre à l ‘évolution de l’environnement et
permettre ainsi aux entreprises de rester performantes ?
De leur côté, les actionnaires cherchent à évaluer les entreprises par des moyens autres que
par les résultats financiers : ils cherchent de plus en plus à évaluer le capital immatériel, dont
les compétences font partie. Les compétences sont donc au cœur des Ressources Humaines
depuis plusieurs décennies.
5
- le recrutement,
- l’évaluation,
- la rémunération,
6
- la première est basée sur la performance. C’est le management par objectifs quantifiés
(exemple : atteindre tel chiffre d’affaires) ;
- la seconde est basée sur la réalisation d’activités et sur les compétences. C’est
l’attribution puis la vérification de l’atteinte d’objectifs qualitatifs comme les types
d’activités à mener, les compétences à acquérir ou à développer.
- le modèle déclaratif. La compétence est déclarée par l’intéressé ou par un tiers sans
qu’il y ait de recours à l’observation directe de la conduite ;
- le modèle analogique. La compétence est observée et évaluée dans un contexte et
dans une tâche choisie pour être analogue au domaine de performance considéré. Si
ce modèle constitue, en théorie, une forme idéale dans la détection des compétences,
son utilisation est relativement lourde pour les entreprises ;
7
En ce qui concerne les pratiques de rémunération des compétences, elles sont très différentes
d’une entreprise à l’autre. Il existe cinq modèles de rémunération des compétences : la
rémunération des compétences utilisées dans un poste, dans un emploi à géométrie variable,
en situation professionnelle individualisée, dans un parcours professionnel (capacité
prouvée), et enfin dans une fonction pronostiquée à court ou long terme (capacité
potentielle).
4 – La GPEC
La GPEC, qui constitue pour la plupart des entreprises une politique de GRH incontournable,
correspond à la conception et à la mise en œuvre d’actions préventives permettant d’anticiper
des problèmes d’ajustement quantitatif et qualitatif des emplois et des compétences, à la fois
sur le plan individuel et collectif, face à des contraintes internes et/ou externes. La mise en
place de la GPEC correspond à deux objectifs :
- adapter les ressources humaines dans une démarche d’anticipation, autrement dit en
fonction des besoins évolutifs de l’entreprise. La GPEC constitue dès lors un outil d’aide
à la décision ;
- faire des ressources humaines un facteur de développement économique.
Ainsi, faire de la GPEC, c’est se poser les questions suivantes : quelles sont les compétences
dont nous aurons besoin demain ? Comment répondre au manque de compétences ?
8
La Direction Générale doit donc s’investir dans ce domaine, puisque ce sont ses choix
stratégiques qui orienteront les compétences à développer dans le futur.
5 – La formation des individus
La formation est le premier facteur de développement des compétences individuelles. D’un
point de vue qualitatif, la comparaison entre les compétences actuelles d’un individu et les
compétences attachées au métier exercé ou à un métier probable de demain, permet de
déterminer les formations à mettre en œuvre pour préparer le changement dans l’entreprise
tant au niveau global qu’au niveau de chaque individu. L’identification des écarts induit la
définition des objectifs pédagogiques du plan de formation de l’entreprise.
D’un point de vue quantitatif, les prévisions des effectifs nécessaires pour un métier donné,
accompagnées de l’étude d’évolution prévisible des effectifs de l’organisation (pyramide des
âges, turnover, etc.), permettent de prévoir la répartition des effectifs sur les différents
métiers et d’accompagner l’évolution de chacun vers ces métiers.
6 – La gestion des carrières
L’étude des compétences d’une personne, associée à l’étude de ses aspirations personnelles
et professionnelles, permet d’envisager ses voies d’évolution possibles à moyen terme. Cette
évolution professionnelle implique généralement un besoin d’acquisition de compétences
nécessaires à la tenue du métier cible et non maîtrisées par l’individu.
L’acquisition de ces compétences peut être réalisée par la formation mais également par la
construction d’un parcours professionnel durant lequel l’individu sera amené à apprendre et
à mettre en œuvre les compétences acquises. Un plan de carrière est alors défini, au terme
duquel la personne devrait atteindre avec le maximum de chance de réussite le métier ciblé.
7 – La mobilité inter-métier
La mobilité est un élément essentiel de la politique RH, en particulier parce que la gestion des
carrières ne peut plus reposer sur des parcours fixes et uniquement verticaux. En effet,
favoriser la mobilité horizontale inter-métiers permet d’une part, pour l’individu, de varier les
tâches et d’autre part, d’enrichir l’organisation par un « brassage » permanent des
compétences.
II – La gestion des compétences collectives
Le niveau collectif du management des compétences s’articule autour de la notion de «
compétence collective ». Il s’agit des compétences attribuées à un collectif de travail, à une
équipe. Dès lors, elles apparaissent très souvent dans le cadre des équipes projets, des équipes
opérationnelles autonomes ou semi-autonomes, ou de façon informelle lorsque des groupes
émergent autour d’un objectif professionnel commun.
Moins répandue que la notion de compétences individuelles, les compétences collectives
prennent néanmoins de plus en plus d’importance pour les dirigeants, étant donné
9
Elle peut également être définie comme étant le résultat de la mobilisation optimale des
compétences individuelles, afin de créer des synergies concourantes à la poursuite d’un
objectif commun.
Dans ces conditions, il y a intelligence collective lorsque l’on observe l’utilisation collective, au
sein d’une entreprise, d’informations éparses détenues par différents individus au travail et
que cette démarche vise à susciter un consensus d’action collective par le biais de processus
cognitifs individuels et collectifs. Dès lors, les entreprises ne peuvent plus se satisfaire des
actions individuelles des acteurs, mais doivent les intégrer dans des ensembles collaboratifs
harmonieux et créatifs.
Aussi, le passage de l’intelligence individuelle à une intelligence collective s’établit grâce à
l’accès de tous les acteurs à la production et la diffusion du savoir. Autrement dit, la recherche
de l’intelligence collective passe par le partage des connaissances. En particulier, cette
intelligence collective peut être développée par le recours aux technologies de l’information
et de la communication (TIC).
Ces dernières favorisent le développement de savoirs inédits, c’est-à-dire qu’elles mettent en
relation, en temps réel, les savoirs et savoir-faire des individus. Il en résulte alors une diffusion
supérieure du savoir, une participation accrue, ou encore une reconnaissance et un
enrichissement mutuels des personnes.
2 – L’élaboration des représentations partagées
Les compétences collectives émergent et se développent au travers de représentations
mentales partagées, de référentiels communs, qui permettent une régulation efficace des
situations de travail. Plus précisément, les représentations individuelles se focalisent en un
référentiel commun, une représentation collective, qui résulte d’une élaboration commune et
progressive.
Il faut préciser que cette élaboration n’a rien de spontané : elle suppose un espace de
discussion, la confrontation de points de vue sur le travail, de la part d’acteurs aux intérêts et
enjeux parfois divergents. Le référentiel commun se construit, dès lors, au fur et à mesure de
l’expérience de l’équipe, dans l’affrontement aux problèmes, dans l’action et la recherche
collectives. De plus, ce référentiel commun doit savoir évoluer, sinon il risque de perdre en
pertinence.
Appliquée à l’étude des compétences collectives, la notion de représentations collectives,
considérée comme une construction dynamique, est souvent liée au partage des
représentations au sein du groupe.
Développées dans l’interaction sociale, portées par les acteurs, les représentations collectives
partagées s’appuient sur des valeurs communes sur lesquelles l’individu peut fonder sa
participation, sa motivation et trouver un sens à sa propre action. En outre, il faut préciser que
les interactions influent sur les représentations qui évoluent en fonction des processus de
communication et d’influence opérant dans les groupes.
11
Enfin, si les interactions deviennent le lieu central de structuration d’une vision consensuelle
de la réalité entre les individus d’un groupe, cette représentation commune passe également
par une communication interindividuelle efficace et compréhensible par l’ensemble des
membres de l’organisation.
3 – Une communication interpersonnelle efficace
Les savoirs et savoir-faire des individus n’acquièrent le statut de compétence collective que
lorsqu’ils sont communiqués et échangés. En fait, ce sont les échanges d’informations issus
des interactions entre les membres du collectif de travail, qui sont à l’origine de l’émergence
de la compétence collective. Cette dernière suppose ainsi, pour exister, une situation de
communication de personne à personne.
Le principal moyen de communication interpersonnelle, à l’œuvre au sein des groupes de
travail, reste incontestablement le langage commun. Au sein des collectifs de travail, le
langage commun, nommé plus précisément le langage de travail ou langage professionnel,
occupe une place importante dans le processus d’émergence de la compétence collective.
Jargon technique incompréhensible pour le non-spécialiste, le langage de travail est orienté
par une recherche d’économie et d’efficacité. Il vise une automatisation des processus de
production et de compréhension du langage dans un cadre finalisé. En effet, les langages
professionnels sont en grande partie construits à partir de codes professionnels connus et
reconnus par les personnes d’une même profession.
Par exemple, les langages utilisés par les ingénieurs sont issus de formations spécialisées et
d’expériences professionnelles. Ils permettent des gains de temps non négligeables, dans la
mesure où l’explication d’un mot devient par le fait même inutile, puisqu’il est communément
connu par les collaborateurs et partagé par les membres d’une même équipe de travail ou
d’une même catégorie professionnelle.
Ce langage commun se manifeste par la mise en commun rapide des informations pertinentes,
la capacité de réaction aux signaux faibles, l’utilisation d’un « dictionnaire d’entreprise ».
Aussi, la constitution d’un langage commun renforce la confiance et l’appartenance au groupe
puisqu’il est hermétique aux membres extérieurs.
en cherchant à mettre en commun les savoirs et les expériences que se constitue une
compétence collective.
La mise à disposition de l’équipe des compétences individuelles est une condition essentielle
de complémentarité et de polyvalence. Le « savoir coopérer » est donc une coopération et
une entraide quotidienne : les membres de l’équipe parlent, discutent pour trouver une
solution à un problème, etc.
Dans cette situation de dépendance mutuelle, il faut savoir écouter le point de vue de l’autre.
Chacun doit pouvoir compter sur les autres membres de l’équipe, faire appel à leurs savoirs
ou compétences, trouver de la disponibilité. Ainsi, la coopération entre les membres d’une
équipe de travail permettra une résolution collective des problèmes.
5 – Savoir apprendre collectivement de l’expérience
Le « savoir apprendre » est une autre composante dans l’élaboration d’une compétence
collective. Il n’y a de compétence collective que lorsque les membres de l’équipe tirent les
leçons de leur propre expérience ou apprentissage et les mettent à profit au sein de la
collectivité. Une erreur de gestion a été commise, une procédure a été mal appliquée, un
malentendu a été provoqué avec un client, un changement de méthode s’est avéré positif ou
négatif.
Toutes ces situations peuvent être riches d’enseignements. Il s’agit, en fait, d’un apprentissage
collectif dans l’expérience commune et par l’action commune. En d’autres termes, les
compétences collectives se forgent dans et par l’action grâce à des apprentissages constants.
La capitalisation des apprentissages est également essentielle. Elle prend la forme d’une
mémoire collective, permettant de constituer une base de connaissances, de valeurs et de
principes directeurs communs. En fait, l’existence d’une mémoire collective permet aux
compétences collectives constituées de perdurer malgré la disparition des personnes ou des
équipes.
Pour conclure cette partie sur le management des compétences collectives, il faut préciser que
si la DRH souhaite développer les compétences collectives de ses collectifs de travail, elle
dispose de plusieurs leviers d’action. Tout d’abord, au moment des phases de recrutement, la
DRH doit s’assurer que les candidats susceptibles d’intégrer l’entreprise partagent les valeurs
collectives souhaitées par les dirigeants.
Ensuite, lors des procédures d’évaluation des performances des salariés, les spécialistes des
ressources humaines seront vigilants à mentionner formellement parmi les critères guidant
les managers dans leurs appréciations, des éléments comme la coopération, l’échange
d’informations, le transfert de savoir-faire, etc.
Aussi, les formules servant de base au calcul de la rémunération peuvent contenir
explicitement des facteurs relatifs à la performance collective et même éliminer tout élément
attaché à la performance individuelle, en renforçant ainsi le message d’une volonté de
coopération entre les membres du personnel. Mais c’est sans doute lors de l’élaboration
13
- les savoirs ;
- les systèmes techniques (savoir-faire techniques) ; - les systèmes de management
(savoir-faire managériaux) ; - les valeurs et normes (culture d’entreprise).
Les compétences stratégiques sont définies « comme les capacités qui sous-tendent la
prééminence dans une gamme de produits ou de services », ou comme « un ensemble de
savoirs et de technologies qui permettent à l’entreprise de proposer un avantage particulier à
la clientèle ». Plus précisément, pour être qualifiées de stratégiques ou fondamentales, les
compétences doivent satisfaire trois critères très généraux de caractérisation :
- apporter une réelle valeur ajoutée aux clients. C’est le client qui décide en dernière
instance si la compétence est fondamentale ou pas. Certes, il ne peut construire son
jugement qu’à partir des conséquences observables sur les produits, mais si cette
compétence augmente sensiblement la valeur aux yeux du client, alors cette compétence
pourra être considérée comme stratégique ;
- être différentes par rapport à celles des concurrents. Pour être fondamentale, la
compétence doit être unique, sans équivalent sur le marché. Cela ne veut pas dire qu’elle
appartienne en exclusivité à une entreprise, mais tout simplement que toute capacité à
peu près universelle au sein d’un secteur d’activité donné ne mérite ce qualificatif que si
l’entreprise y manifeste un niveau de compétence nettement supérieur à celui de tous ses
concurrents ;
- alimenter une diversité d’offre sur des marchés différents. Les compétences stratégiques
servent de tremplin vers de nouveaux marchés où elles pourront être transférées. C’est
pourquoi une compétence fondamentale est mesurée par son élasticité. En d’autres
14
termes, les compétences stratégiques sont transversales par rapport aux produits et
services de l’entreprise.
Elles se déploient dans plusieurs segments stratégiques en même temps, ou dans plusieurs
divisions de l’entreprise. Certaines entreprises y parviennent mieux que d’autres et savent
exploiter leurs compétences stratégiques pour un large éventail de produits.
Par exemple, la compétence fondamentale de HONDA se fonde sur une maîtrise parfaite de la
technique des moteurs, qu’ils soient destinés aux véhicules de Formule 1 ou aux tondeuses à
gazon.
A partir de cette caractérisation, on peut différencier trois grands domaines de compétences
fondamentales :
Ensuite, une autre conséquence se rapporte aux personnes au sein d’une entreprise en charge
des actions d’outsourcing. Elles ont un rôle essentiel d’interface à l’égard des fournisseurs en
étant capable d’être en mesure de définir les besoins de l’entreprise, de rédiger un cahier des
charges précis, de repérer des prestataires potentiels, de négocier les conditions de prix, de
qualité, de délai, ou encore de suivre la progression de la commande.
Le rôle des acheteurs est dès lors fondamental. Dans la majorité des cas, ils doivent accepter
d’être en position de généraliste vis-à-vis de prestataires spécialisés.
- Visant d’une part, à réduire de façon anticipée les écarts entre les besoins et les
ressources humaines de l’organisation (en termes d’effectifs et de compétences) en
fonction de son plan stratégique ou au moins d’objectifs à moyen terme bien identifiés.
- Et d’autre part, à impliquer le salarié dans le cadre d’un projet d’évolution
professionnelle ».
Ainsi, la GPEC constitue un outil stratégique de management pour l’entreprise si elle est
intégrée dans la politique stratégique. Dans ce sens, on peut l’illustrer par une définition de
Jean-Pierre Citeau :
16
Donc, la GPEC dépasse le champ de la gestion des ressources humaines. Elle définit le cadre et
les relations à partir desquels les différentes activités de la GRH vont pouvoir s’organiser. Elle
vise alors à constituer un levier d’action efficace pour promouvoir, au service d’un emploi de
qualité, les pratiques d’anticipation dans la gestion des ressources humaines.
II – Les objectifs de la GPEC
La GPEC vise plusieurs objectifs :
Si Plusieurs mobiles justifient une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences, la nécessité d’anticiper reste le dénominateur commun des entreprises qui
s’engagent dans cette voie.
III – Les facteurs d’émergence de la GPEC
La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) n’est pas une notion récente.
Depuis plusieurs décennies, les entreprises cherchent à prévoir leurs ressources à court, à
moyen et à long terme.
Dans les années 60, les entreprises se sont concentrées sur la gestion quantitative de l’effectif,
(gestion prévisionnelle du personnel) en essayant de calculer le nombre de personnes
nécessaire par niveau de qualification, en s’appuyant sur des modèles de planification
stratégique.
La gestion prévisionnelle du personnel était caractérisée par :
vont être axées sur la gestion des carrières. Ces années sont marquées par les chocs pétroliers
et la croissance.
C’est dans les années 80 que va réapparaître la notion de gestion prévisionnelle. En effet,
compte tenu de l’accélération des mutations économiques, technologiques et sociales, les
entreprises doivent faire face à une obsolescence rapide des qualifications. Il s’agit de
mesurer, d’analyser et de réduire les écarts entre ce qui avait été prévu et ce qui a été réalisé,
entre les besoins futurs et les ressources disponibles.
Aujourd’hui, la notion de GPEC s’inscrit également dans une notion de qualité. Nombreuses
sont les entreprises à avoir mis en place une démarche qualité, que ce soit au niveau de la
production ou de l’environnement. Dans ce nouveau mode de gestion, il ne faut pas ignorer
la fonction ressources humaines. Ainsi la norme ISO 9001 préconise l’élaboration de
référentiels de compétences, afin de décrire des fonctions et de mettre en œuvre
l’amélioration continue des compétences.
Un rapide éclairage historique permet de suivre le développement de différent type de
modèles de gestion prévisionnelle en relation étroite avec les modèles de stratégie
d’entreprise.
-Plan de formation
-Recrutement
-Mobilité interne
-Départs
-Organisation du travail
21
Il s'agit de produire une base de données faisant apparaître les principales caractéristiques de
la structure démographique des différentes populations de salariés de l'entreprise :
La qualification :
Le niveau de qualification est déterminé selon une échelle de cinq niveaux :
N° QUALIFICATION Niveau
1 Qualification non adaptée par rapport au poste 5
2 Qualification incomplète par rapport aux exigences du poste 4
3 Qualification satisfaisant les exigences actuelles du poste 3
4 Qualification dépassant les exigences actuelles du poste 2
5 Trop de qualification par rapport aux exigences du poste 1
L’efficacité :
Le niveau de l’efficacité est déterminé selon une échelle de cinq niveaux :
N° EFFICACITE Niveau
1 Inefficace dans son poste 5
2 Manque d’efficacité dans son poste 4
3 Efficace dans son poste 3
4 Très efficace dans son poste 2
5 Très efficace au-delà de son poste 1
Le potentiel :
Le potentiel est déterminé selon une échelle de trois niveaux avec deux possibilités pour le
troisième :
N° POTENTIEL Niveau
1 Potentiel faible 3E 3M
2 Potentiel moyen 2
3 Potentiel fort 1
Compte tenu des réorganisations de plus en plus fréquentes des entreprises, que ce soit au
niveau des unités ou au niveau global avec les fusions, les absorptions, il est primordial pour
l’entreprise de définir comment l’organisation doit s’articuler.
- Il peut s’agir de déséquilibre à court terme, par exemple se trouver en sous effectifs en
raison d’un surcroît de travail. Dans ce cas-là, la régulation peut se faire à l’aide de
modulation au niveau des heures, des contrats de travail, par l’utilisation de l’intérim,
de sous-traitants, etc.
- Il peut s’agir de déséquilibre à moyen et/ou long terme, c’est le cas par exemple de
départs en retraite, de licenciements, de mutations. Dans ces cas-là, il convient
d’identifier précisément « qui fait quoi et comment ? ». D’où l’utilité de disposer dans
l’entreprise de référentiel métier/compétences. Il s’agit d’identifier, dans chaque
secteur d’activité, un ensemble de compétences repérables par des savoirs, des savoir-
être et savoir-faire liés à un profit et à une fonction. Cela permet d’établir une
cartographie et des écarts constatés. On pourra concevoir et proposer des formations
qui permettront d’acquérir un niveau de compétence adapté aux évolutions et aux
besoins futurs.
- Ils sont opérationnels. Les conditions de leur mise en œuvre devront être définies en
termes d’objectifs, de nature d’actions, de moyens à mobiliser, de procédure à mettre
en place, d’élément de calendrier et d’indicateur de résultat.
- Ils sont de nature à consolider les emplois existants, à améliorer la qualité d’emploi et
à renforcer l’attractivité, dans un climat de dialogue social.
Au-delà de ses différentes formes, la mobilité vise en fait quatre principaux objectifs :
2 – Le plan de formation
Une fois les effectifs correspondant aux besoins identifiés, si des écarts existent encore entre
compétences acquises et compétences requises, les compétences indispensables doivent être
dispensées lors de formations.
De même, un métier qui évolue sans voir ses effectifs varier nécessite la mise en place d'un
plan de formation. Enfin, les collaborateurs reclassés auront aussi besoin d'une formation à
leur nouveau métier.
3 – Le recrutement et la restructuration
Si les nouvelles compétences requises ne sont pas présentes ou transférables aux
collaborateurs actuels de l'entreprise, l'entreprise doit procéder à un recrutement externe. S'il
s'agit d'une création de poste, l'entreprise doit procéder à une définition du poste, voire à une
nouvelle fiche métier si le poste ne correspond à aucun métier présent.
Si les effectifs d'un métier sont amenés à être réduits et qu'il n'y a pas de possibilité de
reclassement au sein de l'entreprise, l'entreprise doit prévoir un plan de restructuration.
4 – Les entretiens annuels d’évaluation
L'entretien annuel d'évaluation permet de suivre la personne dans son niveau de
compétences, ainsi que dans les compétences qu'elle peut développer. Un collaborateur peut
être ainsi pressenti pour un autre poste. Ici, c'est l'entreprise qui " fait la chasse " aux
collaborateurs pouvant correspondre à d'autres postes.
L'entretien annuel peut aussi détecter des écarts entre les compétences du collaborateur et
les compétences requises du poste, aujourd'hui ou dans le futur. Une formation peut alors
être prescrite.
5 – Les entretiens d’orientation et les bilans de compétences
Ici, c'est le collaborateur qui fait le bilan des compétences qu'il possède ou peut développer.
Il construit alors un projet professionnel en vue d'une évolution de sa place dans l'entreprise.
Il pourra alors volontairement postuler à des recrutements internes de l'entreprise.
La démarche GPEC s'appuie donc sur une méthodologie coûteuse, tant en temps qu'en argent.
Il s'agit d'une démarche fastidieuse qui peut cependant rapporter à l'entreprise sur le long
terme, aussi bien en adaptation qu'au niveau concurrentiel.
En général la démarche de la GPEC s'organise selon les phases suivantes :
- Diagnostic des besoins ainsi induits, prenant en compte les intérêts de l’entreprise et
ceux des salariés, et mise en relation avec les ressources et les compétences dont
dispose l’entreprise.
- Conception des réponses et formalisation de préconisations (réorganisation du travail,
plan d’amélioration des conditions de travail, cartographie des métiers, plan de
formation, individualisation de la gestion des carrières et des mobilités et la
reconnaissance des acquis et de l’expérience).
1 – L’analyse de poste
C’est la première étape du processus de Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des
Compétences. Elle en constitue la base, en permettant la connaissance précise des postes de
l’entreprise. C’est un outil qui décrit les activités principales et la finalité du poste dans le cadre
d’une organisation.
On y retrouve en général les rubriques suivantes : intitulé de la fonction, finalité, rattachement
hiérarchique (service, direction), relations internes ou externes, activités principales. Ce
descriptif concerne la situation d’aujourd’hui et une projection de la situation à moyen terme.
Les postes ainsi décrits sont regroupés dans un répertoire des emplois (ou des métiers) par
emplois-type, eux-mêmes regroupés en famille professionnelle.
Cette analyse permet de :
- Faire un diagnostic et avoir une vision synthétique des emplois existants dans
l’entreprise ;
- Faire un pronostic sur les emplois qui vont évoluer ; - Hiérarchiser et classer ces
emplois dans l’organisation.
Plusieurs méthodes existent : entretien, inventaire écrit des activités, analyse d’une journée
de travail, questionnaire d’évaluation, analyse documentaire, observation directe, auto
description. Les activités ainsi décrites sont analysées au regard de critères propres à certaines
méthodes ou spécifiques à l’entreprise.
La mise en place d’une communication spécifique ainsi qu’un management plutôt participatif
sont des facteurs favorables à la réussite de cette étape. Cet outil est utilisé au début du projet
GPEC et autant que nécessaire dans la vie de la GPEC.
Il porte aussi des limites :
29
2 – Le profil de poste
Un profil de poste n'est pas le portrait idéalisé du collaborateur dont on souhaite s'attacher
les services. Au sein d'une organisation donnée, un profil de poste, représente une situation
professionnelle concrète définie par un ensemble d'activités déterminées au sein d'une unité
de travail.
Le profil de poste définit les conditions dans lesquelles s'exercent les fonctions confiées à un
agent. Il renvoie à des responsabilités, des activités auxquelles correspondent les moyens mis
à la disposition de l'agent qui occupera le poste. En résumé, un "profil de poste" c'est une
description des caractéristiques essentielles d'un poste de travail.
C'est au niveau de ce poste que sont définis les objectifs attendus, les résultats du travail et
évaluées les performances, notamment dans le nouveau contexte relatif à l'évaluation et à la
notation des salariés. La définition d'un profil de poste est un acte délicat en matière de
gestion des ressources humaines et lourd de conséquences pour l'avenir.
Le profil de poste correspond aux exigences en matière de travail, aux qualités requises pour
tenir le poste, dans le but de réaliser deux finalités :
EXEMPLE DE PROFIL D
32
E POSTE 3 – L’emploi-type
L’emploi-type correspond à un "ensemble de situations de travail que rapprochent l'activité
exercée et les compétences exigées". Il est indépendant de la structure d'exercice et fait donc
abstraction de l'organisation des entités de travail. C'est le "plus grand dénominateur
commun" d'activités et de compétences au-delà de la diversité des structures et des situations
concrètes de travail.
Tout emploi type correspond à un niveau de classification dans l'échelle hiérarchique des
corps. Chacune des fiches "emploi-type" décrit le contenu de cet "emploi de référence",
agrégeant différentes situations concrètes de travail mais suffisamment proches les uns des
autres dans la mise en œuvre de techniques, d'outils et de méthodes, pour être regroupés et
analysés de façon globale.
L'emploi-type suppose donc des situations de travail suffisamment communes pour pouvoir
être occupées par un même individu.
Remarque : La notion d'emploi-type élargit la notion de poste qui désigne, elle, une situation
de travail spécifique, définie dans le temps et l'espace, et qui se caractérise par une mission et
un ensemble de tâches précises.
Cet outil a pour objectif :
L'ensemble des Emplois Types pourra être répertorié dans une base de référence nommée,
selon les entreprises, "La nomenclature des métiers" ou "Le répertoire d'emplois-types".
L'emploi type peut s'étudier, par exemple, sous quatre angles :
Lorsque sa terminologie est mal précisée dans l’entreprise (risque de devenir un outil « placard
» si on ne maîtrise pas son utilité)
- Lorsque sa conception est trop complexe et qu’il devient inutilisable.
4 – Le référentiel d’emploi
Un référentiel est un outil de la gestion des ressources humaines et de la gestion prévisionnelle
des emplois et des compétences (GPEC).
Complémentaire d’une Nomenclature des métiers, dont il précise l’ensemble des termes,
notamment sur le champ des compétences, il permet d’établir une référence commune pour
l’ensemble des entreprises et des agents.
Résultat d’une démarche d’analyse des situations de travail, le référentiel permet de dresser,
à un moment donné, un inventaire :
Il nécessite d’être actualisé en fonction des évolutions des activités et des métiers.
L’Emploi est un ensemble générique de missions, d’activités autour d’une finalité commune,
quel que soit le contexte.
Le référentiel emploi représente un ensemble d’activités pouvant être référées à un même
métier.
Le Référentiel Emploi (ou Métiers) peut, selon les entreprises, s’appeler :
Il a pour but de :
Un Référentiel Emploi peut, par exemple, pour la famille « Ressources Humaines », se décliner
en cinq phases :
34
Le rapprochement entre les fiches d'emploi-type et le référentiel métier dévoile les différentes
familles professionnelles existantes (c’est-à-dire les grandes fonctions de l'entreprise). Les
plus courantes sont :
- Direction Générale
- Logistique
- Ressources Humaines
- Qualité
- Achat
- Recherche &Développement
- Marketing
- Finances
- Production
5 – Le référentiel de compétences
Un référentiel de compétences est un document précisant le type et le niveau de prestation,
attendus d’un agent occupant un emploi donné, en terme de performances stratégiques à
atteindre (résultats attendus) et de compétences induites à maîtriser, dans un contexte bien
spécifique.
La liste produite n’est pas exhaustive. Il est important de ne retenir que les performances et
les compétences stratégiques et de les présenter sous forme hiérarchisée. Un document trop
détaillé est inutilisable.
Le passage par la performance permet d’avoir :
REMARQUE : Une même compétence peut être requise pour plusieurs activités.
On peut recourir à différentes méthodes pour identifier, décrire et analyser les compétences
:
EXEMPLE 1
Niveau 1 :
- niveau de base ;
- compétence dont la connaissance est partielle ;
- simple application ;
- pratique superficielle et occasionnelle.
Niveau 2 :
- niveau intermédiaire ;
- compétence pratiquée régulièrement et maitrisée ;
- maitrise de la situation, de l’attitude ;
- pratique correcte.
Niveau 3 :
- niveau final, le plus élevé ;
- possibilité de pouvoir transmettre cette compétence à d’autres
- pratique approfondie et permanente.
Liste des compétences pouvant être communes à toutes les familles professionnelles :
- langues étrangères ;
- informatique ;
- contrôle ;
- qualité ;
- organisation ;
- analyse ;
- synthèse ;
- management ;
- communication ;
- travail en équipe.
37
Cette liste non exhaustive peut être complétée en fonction des compétences liées à des
connaissances techniques selon le secteur d’activités.
EXEMPLE 2
CONCLUSION
Pour garder leur position sur le marché et se développer, les entreprises d’aujourd’hui se
doivent d’être au maximum de leur potentiel face à une concurrence toujours plus féroce.
Pour être la plus compétitive possible, une entreprise doit s'optimiser, s’adapter, subir des
changements, bien connaitre ses ressources et les connaissances disponibles, être flexible
dans son organisation et avoir des ressources rapidement opérationnelles dans tous les cas de
figure. La gestion des compétences est une activité nécessaire à toute entreprise devant
répondre à ces exigences.
La définition des compétences requises et l’évaluation des compétences acquises peuvent
être réalisées à l’aide de différentes méthodes dont le choix devient primordial. Chacune de
ces méthodes répond à des exigences différentes et nécessite des ressources différentes.
39
BIBLIOGRAPHIE
ALBOUY, M., et RETOUR, D., « L’impartition : quels impacts sur les ressources de l’entreprise ?
», in Castagnos, J.C., et Retour, D., (Coord.), Le management des achats, Presses Universitaires
de Grenoble, pp. 65-85, 2002.
ALLARD-POESI, F., Nature et processus d’émergence des représentations collectives dans les
groupes de travail restreints, Thèse de Doctorat en Sciences de Gestion, Université Paris IX
Dauphine, 1997.
AMHERDT, C.H., DUPUICH-RABASSE, F., EMERY, Y., ET GIAUQUE, D., Compétences collectives
dans les organisations : émergence, gestion et développement, Québec, Les Presses de
l’Université Laval, 2000.
AUBRET, J., GILBERT, P., ET PIGEYRE, F., Management des compétences : réalisations, concepts,
analyses, Paris, Dunod, 2002.
BATAILLE, F., Compétence collective et management des équipes opérationnelles : une étude
longitudinale de Philips Consumer Communications, Thèse de Doctorat en Sciences de Gestion,
IAE de Caen, 1999.
BERNAUD, J.L., « Evaluer les compétences individuelles en situation de travail », Revue
Française de Gestion, n° 126, novembre-décembre, pp. 120-128, 1999.
BEYOU, C., Manager les connaissances : du Knowledge Management au développement des
compétences dans l’organisation, Paris, Editions Liaison, 2003.
COURPASSON, D., ET LIVIAN, Y.F., « Le développement récent de la notion de compétence :
glissement sémantique ou idéologie ? », Revue de Gestion des Ressources Humaines, n° 1,
octobre, pp. 3-10, 1991.
DEFELIX, C., DUBOIS, M., ET RETOUR, D., « GPEC : une gestion prévisionnelle en crise », in
Tremblay, M., et Sire, B., (Coord.), GRH face à la crise : GRH en crise ?, Montréal, Presses de
l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales, pp. 83-99, 1997.
JOYEAU, A., ET RETOUR, D., « La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences entre
contrôle et autonomie », Revue de Gestion des Ressources Humaines, n° 32, juillet-août, pp.
127-143, 1999. Le Boterf, G., De