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Chimie des Eaux Naturelles et Cycle de l'Eau

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Chimie des Eaux 1ère Partie : Chimie des Eaux Naturelles

Chimie des Eaux


Chimie des Eaux Naturelles
Chapitre I
1 INTRODUCTION

Les eaux naturelles, qu'elles se trouvent dans les océans, les rivières, les lacs, les nappes
phréatiques ou les glaciers, sont l'un des éléments les plus essentiels de la planète Terre.
Elles jouent un rôle fondamental dans la survie de la vie sur notre planète, ainsi que
dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne. Les eaux naturelles sont
indispensables à la biodiversité, à l'agriculture, à la production d'énergie, à
l'approvisionnement en eau potable, à la régulation du climat et à de nombreuses
activités économiques.

Ces précieuses ressources sont en constante évolution, influencées par des facteurs
naturels tels que les précipitations, l'évaporation, les cycles saisonniers et les
mouvements géologiques. Elles sont également soumises à l'impact des activités
humaines, telles que la pollution, l'urbanisation, la déforestation et le changement
climatique, ce qui peut compromettre leur qualité et leur disponibilité.

« Nous buvons 90 % de nos maladies », disait Louis Pasteur à la fin du 19ième siècle ».

La gestion responsable des eaux naturelles est devenue un enjeu majeur pour la
préservation de notre environnement et la durabilité de notre mode de vie. Il est
essentiel de préserver ces ressources, de les gérer de manière durable et équitable, et de
prendre des mesures pour prévenir leur épuisement ou leur dégradation. Les eaux
naturelles sont un bien commun de l'humanité, et leur préservation revêt une importance
cruciale pour les générations présentes et futures.

Plusieurs terminologies existent pour désigner un même produit : eau du robinet, eau
potable, eau du réseau public, eau distribuée, eau de boisson, eau d’alimentation…

Les principaux types d’eaux destinées à la consommation humaine sont celles fournies
par un réseau de distribution et les eaux en bouteille. Ainsi, qu’elle soit distribuée au
robinet ou en bouteille, l’eau destinée à la consommation humaine est un aliment, et
doit à ce titre :

 Posséder des qualités organoleptiques (goût, couleur, odeur) propre à satisfaire le

2
consommateur,
 Ne pas porter atteinte à la santé de l’individu qui la consomme.

L’eau est l’aliment le plus surveillé. Le niveau d’exigence pour sa qualité est très élevé.
Pour une eau potable, la notion de qualité distingue la qualité des eaux brutes (à l’état
naturel, à son lieu de captage), de la qualité de l’eau distribuée (qui arrive au robinet du
consommateur, après traitement de potabilisation et parcours dans les canalisations).
Les normes et paramètres qui caractérisent ces deux « visions » de la qualité de l’eau
diffèrent.

La consommation des foyers est répartie comme suit :

 39% pour les bains et les douches


 20% pour les sanitaires
 12% pour le linge
 10% pour la vaisselle
 6% pour l’arrosage des plantes et le nettoyage de la voiture
 6% pour la préparation de la nourriture
 1% pour la boisson
 6% pour les autres besoins
Rappelons que seuls 5 litres par jour sont nécessaires à l’Homme pour survivre, 40 à
50 litres pour satisfaire ses besoins minima d’alimentation et d’hygiène. À cette
consommation personnelle, s’ajoute l’ensemble des consommations collectives (écoles,
hôpitaux, lavage de la voierie, milieu professionnel, restaurant...) on obtient alors une
moyenne de 200 litres par jour et par personne

3
1.1 Cycle de l’eau

Le cycle de l'eau, également connu sous le nom de cycle hydrologique, est un processus
naturel qui décrit le mouvement continu de l'eau sur la Terre. Ce cycle implique
l'évaporation, la condensation, la précipitation, l'infiltration, l'écoulement et le stockage
de l'eau. Il est essentiel pour maintenir la disponibilité de l'eau douce sur notre planète.
Voici un cours simplifié sur le cycle de l'eau :

Évaporation
Le cycle de l'eau commence par l'évaporation de l'eau depuis les surfaces d'eau, telles
que les océans, les lacs, les rivières et même les sols humides. L'énergie solaire chauffe
l'eau, provoquant sa transformation en vapeur d'eau, qui s'élève dans l'atmosphère.
Condensation
À mesure que la vapeur d'eau monte dans l'atmosphère, elle se refroidit et se condense
pour former des gouttelettes d'eau. Ces gouttelettes se rassemblent pour former des
nuages.

Précipitation
Lorsque les nuages deviennent suffisamment saturés en gouttelettes d'eau, elles
tombent sous forme de précipitations, telles que la pluie, la neige, la grêle ou la bruine.
Ces précipitations tombent sur la surface de la Terre.
Infiltration
Une fois au sol, l'eau des précipitations peut s'infiltrer dans le sol. Cette eau infiltrée
peut atteindre la nappe phréatique ou être absorbée par les racines des plantes.

Écoulement
Une partie de l'eau de surface des précipitations peut s'écouler sur le sol et former des
rivières, des ruisseaux et des ruisseaux. Cet écoulement contribue à recharger les lacs
et les rivières, ainsi qu'à fournir de l'eau aux écosystèmes et aux communautés.

Ruissellement
Le ruissellement se produit lorsque l'eau s'écoule à la surface et ne peut pas s'infiltrer
dans le sol. Cela peut entraîner l'érosion du sol et la formation de ravines.

4
Transpiration
Les plantes absorbent de l'eau du sol par leurs racines et la libèrent dans l'atmosphère
par un processus appelé transpiration. Cela contribue à l'humidité de l'air.
Evapotranspiration
L'évapotranspiration est la somme de l'évaporation de l'eau de surface et de la
transpiration des plantes. Elle est un élément clé du cycle de l'eau et contribue à
l'humidité de l'atmosphère.
Stockage
L'eau peut être stockée dans divers réservoirs naturels tels que les nappes phréatiques,
les glaciers, les lacs et les rivières. Ces réservoirs peuvent stocker l'eau pendant des
périodes plus ou moins longues.

Le cycle de l'eau est un processus continu et dynamique qui redistribue l'eau sur la
planète, la purifie naturellement et la maintient disponible pour les besoins humains, la
vie sauvage et les écosystèmes. Il est également étroitement lié au climat et joue un rôle
essentiel dans la régulation des températures et des précipitations à l'échelle mondiale.

Figure I : Cycle de l’eau

5
2 Composition de l’eau :
 La molécule d’eau : H2O se compose : D’un atome d’oxygène et 2 atomes
d’hydrogène

 À température ambiante : liquide, incolore, inodore, sans goût

 Excellent solvant pour les sels, liquides et gaz  au contact de l’air, l’eau des
précipitations se charge en CO2  au contact du sol, l’eau dissout des substances
diverses (ex : roches)

 Dans l’eau des rivières, puits, etc : grande variété de composés

2.1 Matières présentes dans l’eau

Minérales Organiques

Minérales Organiques Colloïdales Micro-organismes

Minérales Animal

Organiques Végétal

Schéma 1 : Matières présentent dans l’eau

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2.2 Matières Insolubles :

Il s’agit de l'ensemble des substances solides que l'eau rencontre lors de son
déplacement, qu'elle transporte sans les dissoudre jusqu'au lieu où elle est puisée (point
de soutirage).

Cette pollution va de la plus fine à la plus grossière et peut être classée ainsi :

 Matières solides
 Matières organiques
 Matières colloïdales en suspension
 Matières vivantes

Matières minérales solides

Ces substances sont généralement discernables à l'œil nu et contribuent à la turbidité de


l'eau. Leur origine et leur taille varient considérablement, comprenant des résidus de
roches, du sable, de la boue, de l'argile, des matières végétales, des particules de
corrosion, entre autres. Elles peuvent être présentes aussi bien dans l'eau des puits que
dans celle des réseaux de distribution publique. Dans ce dernier cas, leur présence est
souvent due à des travaux d'extension, de réparation, ou aux vibrations transmises aux
anciens réseaux. Pour éliminer ces substances, on peut recourir à la décantation ou à la
filtration.

Matières organiques

Ces substances résultent de la décomposition de la matière organique végétale et de la


pollution provenant des déversements industriels. Elles englobent des composés azotés,
des produits synthétiques et de la tourbe. Ces éléments sont responsables de la teinte et
du goût désagréable de l'eau. Dans les réseaux de distribution publique, ces substances
sont habituellement absentes grâce au processus de traitement de l'eau.

Matières colloïdales en suspension

Ces substances sont composées d'huiles minérales, de suies, d'argile colloïdale, etc., et
elles se trouvent sous forme d'émulsion, ce qui signifie qu'elles ne sont ni dissoutes ni
solides. Bien qu'elles ne soient pas visibles à l'œil nu, ces matières portent des charges
électriques en surface qui les empêchent de se regrouper, les maintenant ainsi en

7
suspension. Pour les éliminer, il est nécessaire de neutraliser leur charge électrique
préalablement et de les agglomérer en particules plus volumineuses, un processus
appelé floculation.

Matières vivantes

Il s'agit d'êtres vivants appartenant au règne végétal et animal, notamment des


champignons, des algues, des bactéries, et autres micro-organismes. On les trouve
rarement dans l'eau des réseaux de distribution publique, mais ils sont fréquemment
présents dans l'eau des puits.

2.3 Matières gazeuses


Les principaux gaz rencontrés dans l’eau sont :

 l’azote N2

 l’oxygène O2

 le gaz carbonique CO2

Ils sont présents dans l’eau sous deux formes :

o Libre en tant que gaz dans l’eau


o Dissoute
Dans ce dernier cas, leur solubilité va être fonction de la température et de la pression du
milieu. La solubilité augmente avec la pression et diminue avec la température.

2.4 Matières dissoutes


L'ensemble des minéraux peut potentiellement se dissoudre dans l'eau. Cependant, la
capacité de dissolution d'un minéral donné est limitée par un seuil appelé le seuil de
solubilité, qui varie en fonction de la température et de la pression de l'environnement.
Lorsque l'on ajoute des quantités de substance à l'eau dépassant ce seuil de solubilité,
elles ne se dissolvent plus, mais précipitent sous forme solide.

La dissolution d'une substance dans l'eau implique une rupture de sa cohésion. Dans le
cas des sels minéraux tels que les sulfates, les chlorures, les oxydes, cette rupture
conduit à une véritable dissociation du sel, où il se sépare en ions chargés
électriquement dans l'eau. Ce processus d'ionisation implique la formation d'autant

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d'ions positifs, appelés cations, que d'ions négatifs, appelés anions.
Exemple des sels de calcium

Sel Cation Anion


Carbonate de Calcium (CaCO3) Carbonates (CO32-)
Bicarbonate de Calcium Ca(HCO3)2 Ca2+ Bicarbonates (HCO3-)
Sulfate de Calcium (CaSO4) Sulfates (SO42-)
Chlorure de Calcium (CaCl2) Chlorure (Cl-)
Chaux (CaO) Oxyde (O2-)

Exemple des sels de magnésium

Sel Cation Anion


Carbonate de Calcium (MgCO3) Carbonates (CO32-)
Bicarbonate de Calcium Mg(HCO3)2 Mg2+ Bicarbonates (HCO3-)
Sulfate de Calcium (MgSO4) Sulfates (SO42-)
Chlorure de Calcium (MgCl2) Chlorure (Cl-)
Magnésie (MgO) Oxyde (O2-)

Exemple des sels de Sodium


Sel Cation Anion
Carbonate de Sodium (Na2 CO3) Carbonates (CO32-)
Bicarbonate de Sodium Na(HCO3) Na+ Bicarbonates (HCO3-)
Sulfate de Sodium (Na2 SO4) Sulfates (SO42-)
Chlorure de Sodium (NaCl) Chlorure (Cl-)

Exemple des sels de Fer

Sel Cation Anion

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Chlorure Ferrique (FeCl3) Fer Ferrique Chlorure (Cl-)
(Fe3+)

Hydroxyde Ferreux Fe(OH)2 Fer Ferreux Hydroxyde (OH-)


(Fe2+)
Hydroxyde Ferrique Fe(OH)3 Fer Ferrique Hydroxyde (OH-)
(Fe3+)

2.5 Les colloïdes


Ce sont des particules chargées négativement (argiles, acides humiques). Les solutions
colloïdales sont très stables. Pour neutraliser ces colloïdes, il faut ajouter à l’eau des colloïdes
chargés positivement. Ensuite, ces colloïdes peuvent se rencontrer, grossir et précipiter. Pour
cela, on pourra utiliser des réactifs chimiques ou des bactéries de l’eau fixées sur support qui
émettent des polysaccharides qui sont des colloïdes positifs (Rodier et al, 2009). Les origines
des colloïdes sont variées Substances minérales ou végétales, Virus, Biopolymères et Bactéries.

2.5.1 Importance des colloïdes


 Adsorbent les micropolluants organiques et minéraux;
 Adsorbent les micro-organismes;
 Protègent les micro-organismes vis-à-vis des bactéricides utilisés pour la désinfection
des eaux; Ont un pouvoir réducteur vis-à-vis des oxydants utilisés pour la désinfection
des eaux:
o Particules trop petites pour sédimenter dans un temps raisonnable.
o Surface chargée négativement; répulsion, prévention de collisions.

2.5.2 Caractérisation des colloïdes


Les colloïdes sont classés en deux catégories en fonction de leur affinité vis-à-vis de l’eau. Ils
distinguent les colloïdes hydrophiles et les colloïdes hydrophobes (Berné et al, 1991).

Les colloïdes hydrophiles ont, comme leur nom l’indique, une grande affinité pour l’eau et
adsorbent donc une couche d'eau protectrice qui se fixe à la matière solide par des liaisons
physico-chimiques avec des groupements OH- , NH2 - , COOH- , totalement ou partiellement
ionisés. Dans cette catégorie on trouve les protéines, les carbohydrates et les produits
organiques généralement présents dans les eaux

10
Les colloïdes hydrophobes qui n'ont aucune affinité pour l'eau, n'ont pas de couche protectrice.
Leur stabilité est due à la charge électrique développée par les particules qui engendrent une
répulsion mutuelle empêchant toutes agrégations. Ils proviennent des substances peu ou pas
solubles tels que les produits minéraux et en particulier les métaux, leurs oxydes et leurs
hydroxydes dont la stabilité dépend de l'interaction entre deux particules mettant en jeu deux
forces contraires. Une force de répulsion qui dépend de la charge électrique entre deux
particules de même signe et une force d'attraction (type de Van Der Waals) qui tend à
rassembler les particules afin d'atteindre une énergie potentielle minimale, en fonction de la
distance interarticulaire (Berné et al, 1991)

Pour déstabiliser les colloïdes et entraîner ainsi leur agglomération en flocs, on peut augmenter
la force ionique du milieu par l'introduction d'un électrolyte. Ceci a pour effet de diminuer
l'épaisseur de la double couche électrochimique en abaissant la barrière du potentiel existant
autour du colloïde et faciliter cette agglomération. On peut aussi augmenter l'énergie cinétique
des particules.

2.6 Théorie de la double couche


Les colloïdes sont généralement chargés négativement. Afin de neutraliser cette charge négative
de surface, des ions positifs présents dans l’eau brute ou ajoutés sont attirés et forment une
couche autour du colloïde. Diverses théories expliquent ce phénomène.

1- Théorie de Helmholtz : une couche d’ions positifs recouvre intégralement la surface du


colloïde et assure la neutralité de l’ensemble (couche fixée) ;
2- Théorie de Gouy-Chapman : la couche d’ions positifs est inégalement répartie autour du
colloïde ; la neutralité est obtenue à une plus grande distance (couche diffuse) ;
3- Théorie de Stern : qui combine les deux théories précédentes et considère la formation
d’une double couche: la première formée d’ions du liquide mais adhérente au colloïde, la
seconde diffuse dans le liquide environnant. Le potentiel subit une première chute
significative dans la couche fixée, puis diminue plus lentement à mesure que la distance
augmente jusqu’à son annulation au point A (point isoélectrique).

Une particule colloïdale est caractérisée par sa charge électrique de surface négative, due à
l'adsorption préférentielle de certains ions du fait de l'ionisation partielle d'un ou plusieurs
groupements constituant les matières colloïdales. La charge électrique des agrégats résulte
d'une adsorption sur les particules, d'ions d'un électrolyte, elles-mêmes par des ions de charge
opposée, présents dans la phase dispersée conduisant à la formation de micelles. Lorsque le

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système est en équilibre, c'est à dire à la neutralité, les charges électriques portées par les
micelles sont compensées par les charges de signe oppose du milieu environnant. Il y a un
équilibre physico-chimique entre les ions de la surface et ceux du liquide interstitiel à l'interface
solide-liquide

Figure 2 : représentation graphique de la couche de Stern

Les particules sont alors entourées d'une double couche électrochimique, l'une fermement fixée
à la particule solide, l'autre mobile diffuse du fait de l'agitation thermique qui tend à la
répartition uniforme dans le milieu qui suit les lois statistiques, mais de charge électrique égale
en grandeur et de signe opposé à la première. Ce qui montre bien que l'épaisseur de la double
couche dépend aussi bien de l'attraction électrostatique que des phénomènes de diffusion.

Ce modèle suppose que la charge électrique est répartie uniformément sur la surface des
micelles mais en réalité, il tient compte de la répartition topographique des ions adsorbés
préférentiellement sur les centres actifs. Ainsi, en partant du voisinage immédiat de la surface
du solide et en allant vers le liquide on rencontre successivement deux plans:

Le plan intérieur d’Helmotz, dans lequel se trouvent les centres des anions, un plan
constitué de cations hydrates et maintenus au contact du premier par des forces
électrostatiques. Les deux plans constituent la couche fixe de Stern.
12
Une couche diffuse appelée de couche de Gouy se trouve entre cette couche fixe et la
phase liquide. Elle est le siège de transfert d'anions et de cations entre les deux dernières
du fait des résultantes des forces contraires d'attraction et de répulsion électrique. Sa
densité de charge globale diminue avec la distance à l'interface. Une particule colloïdale
possède ainsi deux potentiels:
 Un potentiel de surface ou potentiel thermodynamique de Nernst, se situant au plan de
cisaillement noté Ψ. Gouy montre que celui-ci diminue suivant une loi exponentielle
jusqu'à une certaine valeur prise au sein du liquide.
 Un potentiel électrocinétique situé au niveau de la couche fixe appelé potentiel Zêta ξ
𝑞
ξ = 4𝜋𝑒𝜀

Avec :

ξ : représente le potentiel Zêta avec : ξ

e : l’épaisseur effective de la couche à partir du centre de la particule jusqu’au plan de


cisaillement.

q : la charge de l’entité mobile.

ε : la permittivité du milieu.

13
Chimie des Eaux 1ère Partie : Chimie des Eaux Naturelles

Chapitre II
1 Analyse de l’eau
Pratiquement, à mesure que la qualité de l'eau se détériore, la nécessité de mener des contrôles
fréquents et approfondis devient de plus en plus pressante. À une époque, l'analyse de l'eau se
concentrait principalement sur le dosage des éléments naturels et la détermination de certaines
caractéristiques de la pollution organique. Cependant, suite à des incidents de pollution, une
préoccupation croissante pour les éléments toxiques d'origine minérale est apparue, et par la
suite, l'augmentation de l'utilisation de composés organiques de synthèse a complexifié
davantage le problème. Il a alors été impératif de développer des méthodes analytiques de plus
en plus sensibles, les limites de détection passant successivement du centigramme au
milligramme, puis au microgramme, voire même au nanogramme. Parallèlement, une
technologie instrumentale de plus en plus avancée s'est développée, avec des performances de
plus en plus élevées.

2 Mesure et génie analytique

En général, on distingue deux grandes catégories de mesures en fonction du lieu où elles sont
effectuées : la mesure sur le terrain et la mesure en laboratoire.

La mesure sur le terrain peut être continue, à l'aide d'une chaîne de mesure, ou ponctuelle,
réalisée généralement avec des appareils portables ou des dispositifs simples qui fournissent
souvent des résultats semi-quantitatifs. Dans ces divers cas, l'obtention des résultats est rapide
et la procédure est généralement simple, à la différence de l'analyse en laboratoire, qui implique
la réalisation des différentes étapes : prélèvement, échantillonnage, prétraitement, analyse,
validation, exploitation. L'ensemble de ces étapes constitue le domaine du génie analytique, qui
vise à définir les meilleures conditions pour obtenir le résultat d'une analyse.

3 Différentes étapes pour effectuer une analyse


Au sein des étapes précédentes, le prélèvement et l'échantillonnage se distinguent comme étant
les plus cruciaux, bien qu'ils soient fréquemment sous-estimés. Les risques d'erreurs sont
nombreux, et les méthodes permettant de vérifier la représentativité d'un prélèvement et d'un
échantillon sont quasiment absentes.

15
3.1 Prélèvement et échantillonnage
En dehors des études de contrôle et des recherches scientifiques, la plupart des prélèvements
d'eau sont effectués en conformité avec les textes et les réglementations visant à assurer
l'hygiène publique, à lutter contre la pollution, et à surveiller les installations classées ainsi que
les stations de traitement. La réalisation d'un prélèvement d'échantillon d'eau est une opération
délicate nécessitant une extrême précaution, car elle influe sur les résultats analytiques et leur
interprétation ultérieure.

Il est impératif que l'échantillon soit homogène, représentatif et prélevé sans altérer les
caractéristiques physico-chimiques de l'eau, telles que les gaz dissous et les matières en
suspension (Rejsek, 2002).

Pour ce faire, il est essentiel de mettre en place une organisation structurée, de disposer d'un
personnel qualifié, de développer une méthodologie adaptée à chaque situation, de choisir
judicieusement les points de prélèvement et d'utiliser le matériel approprié. Les erreurs
susceptibles de compliquer l'interprétation des résultats découlent plus fréquemment d'un
prélèvement insatisfaisant que d'erreurs analytiques proprement dites. En pratique, il est
recommandé d'éviter la constitution d'un échantillon moyen s'étalant sur plus de 24 heures
(Rejsek, 2002)

3.2 Matériels de prélèvement


Une attention particulière doit être accordée au choix du matériel de prélèvement. Il est
recommandé d'utiliser des flacons neufs en verre borosilicaté, de préférence scellés à l'émeri
ou, le cas échéant, munis de bouchons en polyéthylène (PE) ou en Téflon, lesquels doivent être
immergés pendant une heure dans de l'eau distillée, puis séchés, particulièrement lorsqu'il s'agit
de doser des éléments volatils tels que le mercure (Hg) ou les cyanures (CN).

Lors des prélèvements en vue d'une analyse chimique, les flacons doivent être rincés à trois
reprises avec l'eau à analyser et remplis jusqu'au bord. Le bouchon doit être positionné de
manière à éviter toute bulle d'air et à prévenir son éjection pendant le transport.
16
Il est cependant important de noter qu'il n'existe pas de matériel idéal, et le choix entre différents
produits dépend de la nature des éléments à doser.

 Le quartz est le matériau le plus adapté pour la bonne conservation des échantillons mais
s’avère très fragile.
 Le verre ou le pyrex peuvent être employés sans problème pour le dosage des ions
majeurs. Cependant des oligo-éléments peuvent passer en solution dans l’eau (silice
pour le verre et le bore pour le pyrex).
 Le polyéthylène est souvent recommandé pour tout échantillonnage, surtout pour les
prélèvements en vue de mesures d’éléments radioactifs. Relativement poreux vis-à-vis
des gaz, on lui préfère cependant le verre pour le prélèvement et la conservation des
échantillons fortement chargés en gaz (la diffusion est lente).
 Les sachets du chlorure de polyvinyle présentent l’avantage de ne servir qu’une seule
fois, mais ils ont l’inconvénient de libérer du chlore si ces sachets restent trop longtemps
exposés à la lumière

3.3 Mode de prélèvement

Le choix du mode de prélèvement dépend de l'origine de l'eau et de la nature des analyses à


effectuer, qu'elles soient de type physico-chimique ou bactériologique (Rejsek, 2002 ; Rodier
et al, 2009).

3.3.1 Dans le cas d'une rivière, d'une nappe ouverte, d'un réservoir ou d'une citerne,
Lorsqu'on collecte des échantillons dans des environnements tels que des rivières, des nappes
d'eau souterraine, des réservoirs ou des citernes, il est important de suivre des protocoles
d'échantillonnage appropriés pour garantir la qualité des échantillons.

17
Profondeur de prélèvement : La bouteille d'échantillonnage devrait être immergée à environ 50
centimètres à la fois du fond et de la surface de l'eau. Il est essentiel de s'assurer que cette
profondeur est choisie de manière à éviter les rives, les bords et les obstacles naturels ou
artificiels qui pourraient contaminer l'échantillon.

Multiples points de prélèvement : Dans le cas de plans d'eau plus vastes tels que les lacs ou les
réservoirs, il est recommandé de sélectionner plusieurs points de prélèvement différents. À
chaque point, plusieurs échantillons devraient être collectés à différentes profondeurs pour tenir
compte des variations verticales de la composition de l'eau.

Utilisation de dispositifs spéciaux : Il existe des dispositifs spéciaux conçus pour ouvrir les
flacons d'échantillonnage à des profondeurs spécifiques, permettant ainsi de prélever de l'eau à
des points précis à différentes profondeurs.

Échantillon moyen : En mélangeant soigneusement les échantillons collectés à différents points


et profondeurs, on peut obtenir un échantillon moyen qui représente de manière plus précise la
composition globale de l'eau dans la zone étudiée.

En respectant ces pratiques d'échantillonnage, on peut minimiser les erreurs potentielles liées à
la localisation, à la profondeur et aux contaminants, ce qui permet d'obtenir des données plus
représentatives et fiables

3.3.2 Dans le cas d’une eau de forage


Lorsque l'on prélevé un échantillon d'eau à partir d'un puits ou d'un forage, il est essentiel de
prendre en compte plusieurs facteurs pour garantir la représentativité de l'échantillon :

Stagnation de l'eau : L'eau qui a stagné pendant une longue période dans le puits ou le forage
n'est pas un échantillon représentatif de la nappe. Elle peut avoir été influencée par les matériaux
de tubage et des facteurs extérieurs tels que la pollution ou les précipitations.

Renouvellement de l'eau : Pour obtenir un échantillon moyen de l'aquifère capté, il est


nécessaire de pomper l'eau pendant une durée suffisante pour remplacer l'eau contenue dans le
tubage ou le cuvelage par de l'eau fraîche de l'aquifère.

Échantillonnage dans les cas complexes : Si le forage capte plusieurs niveaux aquifères,
l'échantillon obtenu sera un mélange de différentes eaux.

Échantillonnage à différentes profondeurs : Pour obtenir des échantillons ponctuels à


différentes profondeurs, on peut utiliser appelés hydrocapteurs.

18
Réduction du brassage de l'eau : Il est recommandé d'utiliser des hydrocapteurs dont le diamètre
est significativement plus petit que celui du forage.

Rinçage des hydrocapteurs : Lors de la descente des hydrocapteurs, il est possible de les rincer
au fur et à mesure pour éviter la contamination de l'échantillon.

Ces précautions sont essentielles pour garantir que les échantillons d'eau prélevés à partir de
puits ou de forages sont représentatifs de la nappe et ne sont pas altérés par des facteurs externes
ou des erreurs d'échantillonnage.

3.3.3 Dans le cas d'un robinet


Il est essentiel de suivre certaines étapes pour garantir la représentativité de l'échantillon. Dans
ce cas :

Pré-rinçage du robinet : Avant de prélever l'échantillon, il est recommandé de laisser couler


l'eau du robinet pendant un certain temps, généralement supérieur à 10 minutes. Cela permet
d'éliminer l'eau stagnante dans les tuyaux et de s'assurer que l'échantillon provient directement
de la source.

Volume requis : Le volume d'eau nécessaire pour une analyse complète peut varier, mais il est
généralement de 2 à 5 litres, en fonction des tests spécifiques que vous souhaitez effectuer.

Dosages sur place : Certains paramètres, tels que l'oxygène dissous, la température, la turbidité
et le pH, peuvent être mesurés directement sur place à l'aide d'instruments de mesure appropriés.
Cela permet d'obtenir des données immédiates sans avoir à prélever un échantillon pour analyse
en laboratoire.

En suivant ces procédures, vous pouvez vous assurer que l'échantillon d'eau prélevé à partir du
robinet est représentatif de la qualité de l'eau à ce point spécifique, ce qui est essentiel pour des
analyses précises et fiables

Pour les métaux lourds, il est nécessaire de suivre ces étapes :

Fermeture du robinet pendant la nuit : La veille du prélèvement, il est conseillé de fermer le


robinet et de laisser l'eau dans les tuyaux reposer pendant toute la nuit. Cette étape permet de
s'assurer que l'eau stagnante dans les tuyaux est représentative de la qualité de l'eau à ce point
spécifique.

19
Jour du prélèvement : Le jour du prélèvement, commencez par ouvrir complètement le robinet
pendant quelques minutes pour éliminer l'eau stagnante. Cette étape vise à s'assurer que l'eau
qui sera prélevée provient directement de la source.

Prélèvement des premières quantités : Une fois que vous avez éliminé l'eau stagnante, vous
pouvez commencer à collecter l'eau pour l'analyse des métaux lourds. Les premières quantités
d'eau qui sortent du robinet sont les plus susceptibles de contenir des métaux lourds qui
pourraient être présents dans les tuyaux ou les raccords. Ces premiers échantillons sont collectés
avec soin pour une analyse précise.

Cette procédure vise à garantir que les échantillons prélevés sont représentatifs de la qualité de
l'eau à ce point spécifique et qu'ils capturent les éventuels métaux lourds présents dans les
tuyaux. Elle contribue à obtenir des résultats d'analyse fiables pour les métaux lourds.

NB : Le prélèvement subira obligatoirement un certain temps de transport et une attente au


laboratoire avant la mise en route analytique. Pendant cette période, des phénomènes chimiques
et bactériologiques peuvent conduire à des précipitations secondaires par changement de
valence, des adsorptions sur les parois des récipients, des biodégradation… d’où la nécessité
d’employer des adjuvants de conservation et de réunir des conditions de température et
d’obscurité favorables

4 Principaux renseignements à fournir pour une analyse


1. Identité du préleveur.

2. Date et heure du prélèvement.

3. Particulier ou autorité demandant l’analyse.

4. Motif de la demande (analyse initiale, contrôle périodique, pollution intoxication,


épidémie…).

5. Usage de l’eau (boisson, lavage, abreuvage, industrie…).

6. Ville ou établissement que l’eau alimente.

7. Nom du point d’eau et localisation précise.

8. Origine de l’eau (source, puit, forage, rivière…).

9. Température de l’eau et celle de l’atmosphère (conditions météorologiques).


20
10. Débit approximatif (litre/minute).

11. Nature géologique des terrains traversés

5 Unités utilisées en analyse des eaux


5.1 Milligramme par litre
Il s’agit d’une expression pondérale considérant chaque élément pris dans son milieu. Cette
expression ne donne aucune indication quant à la concentration d’un élément par rapport aux
autres :

1mg/l=1ppm

5.2 Degré français


Pour l’expression des titres, il est souvent fait appel à la notion de degré français (°F) qui
correspond à la cinquième partie du milliéquivalent par litre.

1meq=5°F

1°F= 10ppm CaCO3

5.3 Milliéquivalent
C’est une unité utilisée par les chimistes pour la concentration des ions (meq/L). En effet, c’est
une unité plus pratique que le mg/L, elle traduit la capacité des ions à se lier entre eux. Elle
permet par exemple de comparer la quantité de cations à la quantité d’anions

𝑀𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑚𝑜𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒
Equivalent= 𝑉𝑎𝑙𝑒𝑛𝑐𝑒

21
Chimie des Eaux 1ère Partie : Chimie des Eaux Naturelles

Chapitre III
1 Propriétés physico-chimique de l’eau
1.1 Propriété chimique
La nature des substances contenant dans l’eau définira le comportement réactionnel de cette
dernière et la connaissance quantitative des ions déterminera les possibilités réactionnelles. Il
est donc nécessaire d’établir des regroupements d’éléments sous forme de titres en vue de
permettre une interprétation pratique des analyses d’eau.

1.2 Potentiel d’hydrogène pH


L’eau peut se diviser en ions selon la réaction suivante:

H2O → H + + OH –

Une eau parfaitement pure est très peu dissociée, les mesures de conductivité ont montré qu’à
20 °C, il y avait 10-7 , soit un sur dix millions ions H+ dans l’eau pure. Le pH d’une solution
est le cologarithme décimal de la concentration en ions H+ de cette solution (Pétard, 1993).

1
pH=𝐿𝑜𝑔(𝐻 + )

1.2.1 Mesure du pH
Principe :

La mesure de la différence de potentiel, existant entre une électrode de verre et une électrode
de référence (Calomel- Cl saturé) plongeant dans une même solution, est une fonction linéaire
du pH de celle-ci. Selon la loi de NERNST, le potentiel de l’électrode est lié à l’activité des
ions H+.

E = E0 + 2,3 RT/nF * log [H3O+]

– E: potentiel mesuré

– E0 : constante dépendant du choix de l’électrode de référence et des solutions internes.

– R : constante des gaz (J/ °C) ; T : température en °C ; n : charge de l’ion ;

– F : constante de Faraday = 96500 C.

Matériel spécial :

23
– Electrode spécifique

– Electrode combinée

– pH-métre

Réactifs :

Solutions tampons pH = 4, 7 et 10.

Mesure :

Etalonnage de l’appareil à T= 20°C, par les solutions tampons citées ci-dessus en procédant
dans l’ordre suivant : la solution de pH=4, puis celle du pH=10 et enfin celle à pH=7.

Faire les mesures de vos échantillons à T=20°C, en plongeant l’électrode dans votre échantillon
et laisser stabiliser pendant quelques secondes ; noter la valeur du pH de votre échantillon.

2 Alcalinités (TA/TAC)

TA : Titre Alcalimétrique

TA = [OH-] + [C𝑂32− ]

Correspond à la concentration de l’eau en ions OH- (alcalinité libre) et la concentration en ions


carbonates. Elle se mesure par la quantité d’acide à verser dans l’eau pour ramener son pH à
8,2 (<=> virage de phénolphtaléine du rouge à l’incolore)

- si pH d’une eau < 8,3, alors TA = 0.

- TAC : titre alcalimétrique complet

TAC = [OH-] + [C𝑂32− ] + [HC𝑂3− ]

correspond à la concentration de l’eau en ions OH-, en ions carbonates C𝑂32− et bicarbonates


HC𝑂3−

- se mesure par la quantité d’acide à verser dans l’eau pour ramener son pH à 4,3 (<=> virage
du méthylorange du jaune au rouge orangé)

- TAC est toujours > TA

24
Figure 3 : Détermination de l’alcalinité

2.1 Mesure de l’alcalinité :


Les eaux naturelles ont le plus souvent un pH supérieur à 4,5. Elles sont donc alcalines par
rapport à ce pH par convention : l’alcalinité totale d’une eau est mesuré par la quantité d’acide
nécessaire pour abaisser son pH jusqu’à cette valeur ou plutôt jusqu’au point de virage de
méthyl-orange ou du vert de bromocrésol, la plupart des eaux naturelles ont un pH compris
entre 4,5 et 8,3 et leur alcalinité est attribuable aux seuls ions de bicarbonates HC𝑂3− , base faible
que la neutralisation par un acide convertit en CO2 libre.

Mode opératoire :

Dans un erlenmeyer contenant 50 ml de l'échantillon, ajouter 2 gouttes de phénolptaléine.

- Si le pH < 4,3 ; T.A = 0 et le T.A.C = 0

- Si le 4.3 < pH < 8,3, la solution ne se colore pas en rose, le TA = 0

- Si le pH > 8,3, la solution est rose : le TA est déterminé par addition d’une solution d'acide
jusqu’à décoloration de la solution.

–TAC Elle succède à celle du TA sur le même échantillon.

- Si le TA est non nul, ne pas réajuster la burette de liqueur alcalimétrique à zéro. Dans
l'échantillon précèdent, ajouter 3 gouttes de Méthylorange, titrer de nouveau avec le même
acide jusqu'au virage du jaune au jaune orangé (pH = 4,3).

25
3 Dureté,
3.1 Origine et conséquences

Ce sont essentiellement les ions Ca++et Mg++ qui sont responsables de la dureté. En effet, ils
réagissent avec les savons purs pour donner des sels de calcium et de magnésium insolubles.
2(RCOO-Na+) + Ca++→ (RCOO)2Ca(S)↓+2Na+

Insoluble

Le Fer et l’Aluminium peuvent contribuer à la dureté par la même réaction.

Fe++ (eaux souterraines), Cr+++ (eaux industrielles). La dureté augmente pour les eaux
naturelles. Origine des agents de Dureté : le calcium et magnésium résultent de l’infiltration des
eaux de surface à travers les formations rocheuses de calcium et dolomitique. Cette dissolution
est accrue par la présence, dans l’eau du CO2.

Qualité d’une eau selon sa dureté :

Qualité d’eau Dureté en mg/l


Eau douce ≤ 60
Eau légèrement dure 60 - 120
Eau dure 120- 180
Eau très dure >180
Conséquences :

Inconvénients des eaux très dures :

Consommation de savon

Entartrage des chaudières

Incrustation des conduites

Perturbation des procédés industriels

26
4 TH : Titre Hydrotimétrique

o On distingue :
 Dureté Calcique : THcalcique, qui ne comptabilise que le calcium : [Ca++]
 Dureté Magnésienne : THmagnésienne, qui ne comptabilise que le magnésium : [Mg++]
 Dureté totale =THtotale = [Ca++] + [Mg++]= Dureté Permanente + Dureté Temporaire
 Dureté Temporaire est due aux seuls ions bicarbonates = [HCO3 -] –Dureté Permanente
= Dureté qui subsiste après ébullition

N.B : La dureté carbonatée est dite temporaire, car elle est éliminée par ébullition de l’eau.

5 Méthode d’analyse : « Méthode Complexométrique »


5.1 Principe:
Les ions des éléments alcalino-terreux présents dans l’eau forment un complexe du type chélate
avec le sel de l’acide éthylène diamine tétracétique. La disparition des dernières traces
d’éléments libres à doser est décelée par le virage de l’indicateur spécifique. En milieu
convenablement tamponné pour empêcher la précipitation du magnésium, la méthode permet
de doser la somme des ions du calcium et du magnésium.

Réactifs :

• Solution titrée de l’EDTA à 0,02 N.

• Solution tampon à pH compris entre 10 et 11.

• Indicateur noir d’ériochrome T, NET.

5.2 Mode opératoire :


- Prélever 100 ml d’eau à analyser à l’aide d’une pipette de 50 ml, les transvasés dans un erlen
de 500ml, chauffer jusqu’à 60°C puis ajouter 5 ml de la solution Tampon et quelques mg de
l’indicateur NET.

- Remplir la burette avec la solution de l’EDTA 0,02 N et titrer jusqu’au virage du rouge violacé
au bleu (soit V le volume en ml de l’EDTA versé).

5.2.1 Expression des résultats :


T.H (en méq /L) = VEDTA x NEDTA x 1000 / Véch

T.H(en (mg/L) CaC03) = NEDTA x VEDTA x 50 x 1000 /Véch

27
6 Dosage du Calcium : « Méthode Complexométrique »
6.1 Principe
Le principe est identique à celui de la dureté totale. Toutefois, comme le dosage se fait à un pH
élevé, le magnésium est précipité sous forme d’hydroxyde et n’intervient pas. Par ailleurs,
l’indicateur choisi, est (Indicateur de Patton et Reider ou le Meurexide), ne se combine qu’avec
le calcium pour former un complexe rouge.

6.2 Mode opératoire


Etalonnage de l’EDT :

Dans une fiole conique de 100ml, introduire successivement :

– Solution étalon de calcium 20ml

– Solution d’hydroxyde de sodium 2ml

– Eau distillée q. s .p 50ml

– Indicateur 0,2 g

Ajouter la quantité nécessaire de solution d’EDTA, jusqu’au virage au bleu ; soit x le nombre
de millilitres versés.

Effectuer le dosage une deuxième fois et prendre la moyenne de ces deux titrages.

Soit f : le rapport entre le titre ainsi mesuré de la solution d’EDTA et le titre théorique (0,01M).

6.3 Dosage proprement dit


Dans une fiole conique de 100ml, introduire successivement :

– Eau à analyser 50ml

– Solution d’hydroxyde de sodium 2ml

– Indicateur 0,2 g

Ajouter la quantité de la solution de l’EDTA nécessaire pour avoir un virage bleu. Soit y le
nombre de millilitres versés.

Effectuer le dosage une deuxième fois et prendre la moyenne des deux résultats ; soit V le
volume ainsi déterminé.

6.4 Expression des résultats :


1. la teneur en calcium: Ca (ppm) = (Vedta x Cedta x M(Ca) x 1000)/V échantillon

28
2. la teneur en carbonate de calcium: CaCO3 (ppm) = (Vedta x Cedta x M(CaCO3) x 1000)/ V
échantillon

7 Dosage des chlorures


La méthode la plus utilisée est celle de MOHR. On sait que les ions Cl - réagissent
quantitativement avec le nitrate d’argent, avec formation de chlorure d’argent, sel très peu
soluble.

Ag+NO3 - + Cl-→ AgCl + NO3 –

La fin du dosage, correspond à l’addition d’ions Ag+ en excès, peut être repéré par l’addition
potentionmétrie, grâce à une électrode spécifique d’argent. On utilise plutôt le chromate de
potassium K2CrO4 comme indicateur. En effet, ce chromate de potassium donne lieu à la
réaction suivante :

Méthode applicable pour des eaux dont le pH est compris entre 7 et 8.

D’autres méthodes peuvent être utilisées :

– Charpentier Volhard

– Nitrate mercurique

– Electrode spécifique

7.1 Méthode de Mohr (Argentimétrie)


7.1.1 Principe
Les ions Cl- sont dosés en milieu neutre par précipitation avec une solution titrée de nitrate
d’argent en présence de chromate de potassium comme indicateur. La fin du dosage est indiquée
par l’apparition d’une teinte rouge due à la formation d’un précipité de chromate d’argent.
Réactifs :

– Acide nitrique pur.

– Carbonate de calcium solide pur.

– Solution de chromate de potassium à 10 %.

– Solution de nitrate d’argent à 0,1 N.

7.1.2 Mode opératoire


Dans un erlenmeyer de 250 ml, introduire 100 ml d’eau à analyser ; ajouter de petites quantités
d’acide nitrique ou de carbonate de calcium pour rendre le milieu neutre puis ajouter 2 à 3

29
gouttes de chromate de potassium. Remplir la burette avec la solution titrée de nitrate d’argent,
et verser goutte à goutte dans l’erlenmeyer en agitant constamment jusqu’à apparition d’une
teinte rougeâtre de précipité qui doit persister quelques secondes. Soit V le nombre de ml de
nitrate d’argent nécessaire au titrage.

Expression des résultats

Teneur en chlorures (mg de Cl- par litre d’eau) = T Cl

T Cl = (VAgNO3 x N AgNO3 x 1000 x MCl) / V échantillon

Teneur en chlorure de sodium (mg de NaCl par litre d’eau) = T NaCl

T NaCl = (VAgNO3 x N AgNO3 x 1000 x MNaCl) / V échantillon

8 La salinité
La salinité se réfère à la concentration de sel dissous dans l'eau, due à la présence de sels dissous,
tels que le chlorure de sodium (NaCl), le sulfate de magnésium (MgSO4), le sulfate de calcium
(CaSO4), le bicarbonate de calcium (Ca(HCO3)2) et d'autres composés ioniques. Ces sels se
dissolvent naturellement dans l'eau à partir de sources terrestres, telles que les rivières, les
affluents, et les processus géologiques

8.1 Salinité totale Cationique :


La salinité cationique fait référence à la contribution des ions positifs, tels que les ions sodium
(Na+), potassium (K+), magnésium (Mg2+), et calcium (Ca2+), à la concentration totale de sels
dissous dans l'eau

SC= [Ca 2+] + [Mg2+]+ [K+] + [Na+]

8.2 Salinité Anionique :


La salinité anionique se rapporte à la contribution des ions négatifs, tels que les ions chlorure
(Cl-), sulfate (S𝑂42− ), carbonate (C𝑂32− ), et bicarbonate (HC𝑂3− ), à la concentration totale de
sels dissous dans l'eau

9 Minéralité
La minéralité de l'eau se réfère généralement à la concentration totale de minéraux dissous dans
l'eau.

Minéralité = ∑ [ions]

30
10 Balance ionique :
Il faut rappeler qu'en théorie, une eau naturelle est électriquement neutre. De ce fait, la somme
des cations devrait être égale à celle des anions. En réalité, cette égalité est rarement obtenue.
Ainsi, une certaine marge de déséquilibre entre anions et cations est admise. Elle est exprimée
sous forme d'un écart relatif par la formule :

|Σ𝑐𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠− Σ𝑎𝑛𝑖𝑜𝑛𝑠|
BI= ∗ 100%
Σcations+Σanions

La sommes des cations et la sommes des anions doivent être exprimées méq/L

Le calcul de la balance ionique permet généralement de vérifier la fiabilité des résultats des
analyses chimiques. Cependant, les incertitudes sur les résultats, variables selon les techniques
d'analyse, peuvent expliquer les erreurs parfois élevées sur les balances ioniques, à cause de la
présence éventuelle d’anions organiques non pris en compte dans les calculs. D’une manière
générale, les analyses chimiques sont considérées :

 Excellentes lorsque BI < 5 % ;

 Acceptable lorsque 5%< BI < 10% ;

 Douteuse lorsque BI >10%

11 Conductivité et résistivité de l’eau


La conductivité est la capacité d’une solution, d'un métal ou d'un gaz – autrement dit de tous
les matériaux – à faire passer un courant électrique. Dans une solution, ce sont les anions et les
cations qui transportent le courant alors que dans un métal ce sont les électrons. Un certain
nombre de facteurs entre en jeu pour qu’une solution conduise l’électricité :

• la concentration

• la mobilité des ions

• la valence des ions

• la température

Chaque substance possède un certain degré de conductivité. Pour les solutions aqueuses, le
niveau de la force ionique s’étend des très faibles conductivités pour les eaux ultra pures
jusqu’aux très fortes conductivités pour des échantillons chimiques concentrés

31
La conductivité se mesure en appliquant un courant électrique alternatif (I) à deux électrodes
immergées dans une solution et en mesurant la tension (V) qui en résulte. Lors de cette
expérience, les cations migrent en direction de l’électrode négative, les anions se dirigent vers
l’électrode positive et la solution se comporte comme un conducteur électrique.

Figure 4 : principe de la conductivité

k =100*Σ(Cations) (méq/L)= 100*Σ(Anions) (méq/L)

11.1 Résistance :
La résistance d’une solution R se calcule à partir de la loi d’Ohm :

V=RxI

R = V/I

Avec :

V = tension (volts)

I = courant (ampères)

R = résistance de la solution (ohms)

11.2 Conductance :
La conductance G est définie comme étant l’inverse de la résistance électrique R d’une solution
entre deux électrodes.

G = 1/R (S)

Dans la pratique, les conductimètres mesurent la conductance et affichent la conductivité après


avoir effectué les opérations de conversion

32
11.3 La constante de cellule :
C’est le rapport de la distance (d) entre les électrodes sur la surface des électrodes (a)

K = d/a

K = constante de cellule (cm-1)

a = surface réelle des électrodes (cm2)

d = distance entre les électrodes (cm)

11.4 Conductivité :
L’électricité est un flot d’électrons. Ceci indique que les ions en solution sont en mesure de
conduire l’électricité. La conductivité est la capacité d’une solution à faire passer du courant.
La conductivité d’un échantillon varie avec la température.

k = G .K

K = conductivité (S/cm)

G = conductance (S), avec G = 1/R

K = constante de cellule (cm-1)

12 Mesures de TDS « Total Dissolved Solids »


La mesure de TDS permet de connaître la quantité totale de matières organiques et
inorganiques dissoutes dans l’eau par une méthode simple et fiable.

Qu’est-ce que le TDS et comment est-il mesuré ?

Le TDS (Total Dissolved Solids) correspond à la masse de la totalité des cations, anions et
toutes autres espèces non dissociées présentes dans un litre de solution aqueuse. La méthode
normalisée pour déterminer le TDS consiste à faire évaporer une quantité connue d’un
échantillon d’eau en le chauffant à 180 °C. Il suffit ensuite de peser le résidu de solides obtenu.
Bien sûr, toutes ces opérations sont réalisées dans des conditions rigoureuses. L'exactitude de
la méthode normalisée dépend de la nature des espèces dissoutes.

La méthode TDS intégrée dans les conductimètres offre un moyen facile et rapide de déterminer
le TDS en se basant sur une mesure de conductivité et en utilisant un facteur de conversion pour
exprimer le résultat TDS

33
0,9 TDSmin (ppm) ≤ TDS( ppm) ≤ 1,1 TDSmax (ppm)

13 Propriétés physique de l’eau


13.1 Température
Il est important de connaître la température de l’eau avec une bonne précision. En effet, celle-
ci joue un rôle sur la conductivité électrique, c'est-à-dire dans la solubilité des sels et surtout
des gaz et dans la dissociation des sels dissous, et pour la connaissance de l’origine de l’eau et
des mélanges éventuels après la détermination du pH.

34
13.2 Masse volumique
La masse volumique (ρ) de l’eau varie avec la température. Elle augmente de 0 à 4°C, puis
décroit. Le maximum est situé à 3,98°C avec ρ= 0.999973g/ml

On compare souvent la masse volumique d’un liquide quelconque à celle de l’eau à 4°C, pour
laquelle on prend alors la valeur 1000kg/m3. Il est évident que la densité des eaux naturelles
varie selon leur contenu en matières dissoutes l’eau de mer a une masse volumique moyenne
de 1,028g/mL. On peut ajouter que ρ de l’eau est aussi en fonction de la pression.

Figure 5 : variation de la masse volumique en fonction de la T°C

14 Paramètres Organoleptiques
14.1 Turbidité
La turbidité est une caractéristique optique de l'eau, à savoir sa capacité à diffuser ou absorber
la lumière incidente. La turbidité est donc un des facteurs de la couleur de l'eau. La turbidité est
due à la présence dans l'eau de particules en suspension minérales ou organiques, vivantes ou
détritiques. Ainsi, plus une eau est chargée en biomasse phytoplanctonique ou en particules
sédimentaires, plus elle est turbide. Les conséquences de la turbidité concernent la pénétration
de la lumière et des ultra-violets dans l'eau, et donc la photosynthèse et le développement des
bactéries. Par ailleurs, la couleur de l'eau affecte aussi sa température et donc sa teneur en
oxygène, son évaporation et sa salinité.

14.2 Domaine d’application :


Cette méthode est utilisée pour la détermination de la turbidité dans les eaux souterraines, les
eaux usées, les eaux de surface et l'eau potable. Le domaine d'application se situe entre 0,1 et
1000 unités de turbidité néphélémétrique (UTN) mais peut être prolongé jusqu’à 7 500 UTN en
modifiant l’étalonnage.

35
14.3 Principe et théorie:
La turbidité est un indice de la présence de particules en suspension dans l'eau. Elle est
déterminée à l'aide d'un néphélomètre. Cet appareil mesure la lumière dispersée par les
particules en suspension avec un angle de 90° par rapport au faisceau de lumière incident

14.4 Interférences :
Les interférences connues sont la présence de bulles d'air, de graisse, d'huile ou une coloration
intense. La présence de bulles d'air peut être corrigée en ajoutant une goutte d’agent mouillant
dans la cellule avant d'y introduire l'échantillon. L'interférence causée par la couleur peut être
minimisée par une dilution appropriée. L'huile ou les graisses sont écumées avant d'effectuer la
détermination.

14.5 Prélèvement et conservation :


Prélever un échantillon représentatif (environ 125 ml) dans un contenant de plastique ou de
verre et le conserver à environ 4°C.

Le délai de conservation entre le prélèvement et l'analyse ne doit pas excéder 48 heures.

14.6 Préparation du matériel :


Les cuvettes doivent être propres et exemptes de dépôt, de tache, de buée ou de marque
susceptibles d’affecter le faisceau lumineux. Après usage, les cuvettes sont rincées à plusieurs
reprises avec de l’eau chaude et déminéralisée. Elles sont ensuite placées dans un support de
façon à permettre à l’eau de s’écouler et au tube de sécher. Les étalons sont contenus dans des
cuvettes scellées. Ils ne nécessitent aucun entretien particulier sauf le remplacement à la date
d’expiration.

14.7 Dosage:
 Fermer le capot.

 Mettre appareil sous tension.

 Laisser préchauffer l’appareil environ 60 minutes, choisir le mode ratio.

 Procéder à l’étalonnage, si nécessaire, en suivant les instructions de l’annexe 1 ou celles


décrites dans le manuel d’opération. L’étalonnage doit être fait une fois par mois.

 Vérifier l’étalonnage avant chaque série de mesures avec des étalons de formazine de 20 et
de 200 UTN et noter le résultat sur la feuille de travail.

 Agiter l’échantillon et remplir dans une cuvette jusqu’au trait (environ 30 ml) en prenant soin
de manipuler la cuvette par la partie supérieure. Boucher la cuvette.
36
 Procéder de la même manière avec les échantillons de contrôle.

 Placer la cuvette dans le puits de mesure et fermer le capot.

 Lire lorsque le signal est stable et noter le résultat

La valeur est exprimée en une des unités suivantes :

Néphélomètre Turbidity Unit" (NTU)

Unités de Turbidité Jackson (JTU)

Unités de Turbidité Formazin (FTU)

Figure 6: Photo de l’appareil du turbidimètre

15 Propriétés thermodynamiques
15.1 Pression de vapeur-température d’ébullition
L’évaporation et l’ébullition dépendent de la pression de vapeur du liquide considéré. Pour
simplifier l’interprétation de cette propriété importante des liquides, on peut admettre, par
analogie avec la théorie cinétique des gaz que, statistiquement, les molécules d’un liquide
possèdent, à une température donnée, une certaine énergie cinétique moyenne. Un petit nombre
de ces molécules à une énergie inférieure à la valeur moyenne et, bien entendu un petit nombre
de molécules a une énergie supérieure à cette valeur. Ces molécules les plus énergétiques
peuvent vaincre les forces d’attraction intermoléculaires (ponts hydrogène, forces de Van der
Waals) qui les retiennent au sein de la phase liquide.

 si ce liquide est dans un récipient ouvert, les molécules qui s’échappent en phase
gazeuse ont peu de chance de retomber en phase liquide. Il y a évaporation progressive,
qui s’accompagne d’un refroidissement du liquide.

37
 si ce liquide est dans un récipient clos, par suite des chocs contre les parois, certaines
molécules repassent en phase liquide. L’équilibre est atteint quand les vitesses
d’évaporation et de recondensation sont égales (équilibre dynamique).
 si l’équilibre est atteint : les molécules en phase vapeur exercent sur le liquide une
certaine pression (pression de vapeur sturante) La pression de vapeur dépend de la
nature du liquide: elle est inversement reliée à l’intensité des forces d’attractions
intermoléculaires. Ainsi, pour l’eau, la pression de vapeur est relativement faible
(comparativement, par exemple, à celle de certains liquides organiques), du fait des
fortes associations entre les molécules. On dit que l’eau est relativement peu volatile

Si on augmente la température dans le récipient ?

Quand T↗, Ec (moyenne) des molécules ↗ et la pression de vapeur ↗ Lorsqu’on chauffe


un liquide, sa température augmente, sa pression de vapeur augmente et quand celle-ci est
égale à la pression atmosphérique normal soit 101.3 kPa = 1 atm, des bulles de gaz se
forment au sein du liquide: on dit qu’il y a ébullition. Le processus de vaporisation est
endothermique: il faut fournir de l’énergie pour faire passer l’eau de l’état liquide à l’état
gazeux. Cette énergie est la chaleur de vaporisation ∆Hv. Par conséquent, même une fois
atteinte la température d’ébullition, il faut continuer à chauffer pour maintenir l’ébullition.
C’est aussi cette absorption de chaleur accompagnant l’évaporation qui a lieu au dessus de
tout plan d’eau (lac, étang, bassin de traitement…) qui entraîne le refroidissement de la
masse d’eau par rapport à la température ambiante. On peut faire un calcul approché de la
pression de vapeur grâce à l’équation de Clapeyron : équation qui relie la pression de vapeur
d’un liquide quelconque à la température par l’intermédiaire de la chaleur de vaporisation
∆Hv

𝑷 ∆𝑯𝑽𝒂𝒑 𝟏 𝟏
ln(𝑷𝟐)= − (𝑻 − 𝑻 )
𝟏 𝑹 𝟏 𝟐

Cette relation où T est la température absolue et où ∆Hv est exprimée en kJ/kg, permet de
calculer une valeur moyenne pour ∆Hv entre T1 et T2.

Température d’ébullition > 100°C ?

Lorsqu’on chauffe de l’eau dans une casserole non couverte, sa température ↗, sa pression
de vapeur ↗ et quand P° est égale à la pression atmosphérique (dans des conditions normales

38
de pression 101.3 kPa), l'eau bout à 100°C. L'eau en ébullition reste ensuite à cette
température jusqu'à ce qu'elle se soit entièrement évaporée

Figure 7 : Evaporation de l’eau dans une casserole non couverte

Cependant, si l'on met un couvercle sur une casserole au cours de la cuisson, les conditions
de pression changent. La vapeur d'eau s'accumule dans la casserole et la pression s'élève.
C'est le principe de la cocotte-minute. Il est basé sur le fait que la température d’ébullition
de l’eau dépend de la pression à laquelle elle est soumise. La pression peut monter jusqu’à
deux fois la pression atmosphérique. L’eau va se mettre à bouillir à une température plus
élevée (environ 120 °C) ce qui permet alors de cuire les aliments beaucoup plus vite car les
réactions chimiques sont accélérées.

Figure 8 : vaporisation de l’eau dans une casserole couverte

D’après sa définition, il est clair que la température d’ébullition dépend de la pression, ce


qui est aussi, mis en évidence sur le diagramme de phases (voir figure). On peut donc faire
bouillir de l’eau à des températures inférieures à 100°C à condition d’opérer sous vide
partiel. Remarque : cette propriété est largement utilisée lors de l’entreposage de substances
qui seraient normalement à l’état gazeux, à température ambiante. C’est le cas du chlore,

39
conservé liquéfié, sous pression, dans des bouteilles d’acier. Ce phénomène est tout de
même limité. Le point critique du diagramme de phases donne la température (374°C pour
l’eau) au-delà de laquelle on ne peut plus liquéfier la vapeur, quelle que soit la pression
exercée.

Exemple

Estimation de la pression de vapeur de l’eau à t2 = 30°C.

T1 = 373K, p1 = 101,3kPa, T2 = t2 + 273 = 303K.

16 L’eau, comme Solvant Universel :


L’eau comme solvant polaire, présente une forte aptitude à solubiliser un grand nombre
de substances, qu’elles soient ionisables ou qu’il s’agisse de molécules non électrolytes,
mais à caractère plus ou moins polaire, susceptibles de s’associer aux molécules d’eau
par attractions électrostatiques et ponts hydrogène.

17 Dissociation de l’eau
L'eau est une substance amphotère, c'est-à-dire qu'elle est à la fois un acide et une base.
En effet, lorsqu'une molécule d'eau se dissocie, elle forme à la fois un ion H+ (proton), ce
qui correspond à un acide, et un ion OH−, ce qui correspond à une base.

L'eau s'auto-ionise au contact d'une seconde molécule d'eau. L'une des molécules d'eau va
perdre un proton H+ et c'est l'autre molécule d'eau qui va capter ce proton H+, ce qui donne
spontanément naissance à des ions hydroxyde et des ions oxonium : ce phénomène est
appelé autoprotolyse de l'eau.

H2O + H2O ⇌ H3O+ + OH-

L'équilibre qui existe entre l'eau et les ions produits par la réaction d'autoprotolyse de l'eau

40
peut être caractérisé par la relation suivante appelé la constante d'équilibre ou constante
d'ionisation de l’eau et elle s'écrit:

[H3 O+ ][OH − ]
K=
[H2 O]2
𝐊 𝐞 = [𝐇𝟑 𝐎+ ][𝐎𝐇 − ]
La constante thermodynamique de l’équilibre précédent notée Ke est appelée produit
ionique de l’eau.
Retenons qu'à une température de 25 °C: 𝐊 𝐞 = [𝐇𝟑 𝐎+ ][𝐎𝐇 − ] = 10-14  pKe = 14
Ke Est une constante sans dimension, qui augmente en fonction de la température.

18 Propriétés optiques
18.1 L’indice de réfraction
La lumière se propage dans le vide à une vitesse c, appelée « vitesse de la lumière ». Quand
une onde lumineuse rencontre l’eau liquide, sa vitesse de propagation se réduit par rapport
à sa vitesse dans le vide, ce qui permet de définir l’indice optique de l’eau n. Ce changement
de vitesse de la lumière provoque deux phénomènes : la réflexion et la réfraction.

a) Déviation de la lumière au changement (air/eau).


b) Illustration optique du phénomène de réfraction de la lumière, la partie du crayon
immergée semble brisée par rapport à l’autre partie. Une capacité à changer de
direction quand elle traverse un autre milieu.

18.2 Viscosité
La viscosité des liquides est liée à leur vitesse de déplacement, et il est bien établi que les
liquides s'écoulent à des vitesses différentes. Les huiles, par exemple, présentent une
viscosité élevée, tandis que l'eau ou le benzène affichent une viscosité plus faible. Bien que

41
les gaz aient également une certaine viscosité, elle est nettement inférieure à celle des
liquides ordinaires.

Les forces d'attraction intermoléculaires sont responsables de la facilité variable avec


laquelle les molécules glissent les unes par rapport aux autres et du déplacement des objets
(mobiles) dans le liquide (immobile), ou inversement, du flux d'un liquide dans une
conduite. La viscosité représente une force de freinage d'autant plus prononcée que les
forces intermoléculaires sont plus importantes.

Lorsqu'un liquide s'écoule sur une surface, la couche adhérant à la surface demeure
pratiquement immobile, tandis que les autres couches s'écoulent plus rapidement à mesure
qu'elles s'éloignent de cette surface.

Le quotient de la vitesse par la distance de la paroi, dy /dv est le gradient de vitesse

𝐹 𝑑𝑣
=𝜂
𝑆 𝑑𝑦

𝐹
contrainte de cisaillement en pascals (Pa)
𝑆

𝑑𝑣
gradient de vitesse
𝑑𝑦

𝜂 viscosité dynamique du fluide (Pa·s)

La viscosité Cinématique définie par le rapport de la viscosité dynamique à la masse


volumique du fluide :
𝜼
𝝁=
𝝆

ρ = masse volumique
42
𝜇 =en m2 .s-1

La vapeur d’eau à 100°C (sous 1atm) a une viscosité de 1,25.10-5 Pa.s, soit environ 100
fois plus petite que celle de l’eau à 20°C

La viscosité d’un liquide dépend de plusieurs facteurs:

La nature du liquide : elle joue un rôle important. La viscosité dépend non seulement de la
nature du liquide et de l’intensité des forces d’attractions intermoléculaires, mais aussi de
la forme et de la grosseur des particules constituantes: ainsi, la mesure de la viscosité de la
solution colloïdale, contenant de grosses particules non sédimentables, permet de
déterminer si ces particules sont sphériques ou allongées.

La température : la viscosité des liquides diminue quand la température augmente. La


viscosité de l’eau, qui est à l’origine de perte de charge dans les conduites, est donc
particulièrement élevée à basse température. Par ailleurs, la viscosité des gaz augmente avec
la température.

La pression : en général, quand la pression augmente, la viscosité des liquides augmente.


C’est le cas de l’eau à des températures de plus de 30°C. Cependant, pour les températures
inférieures, une pression modérée entraîne tout d’abord une diminution de la viscosité.

18.3 Mesure de la Viscosité :


La méthode la plus utilisée est celle de POISEUILLE, c’est-à-dire la détermination du
temps d’écoulement d’un liquide à travers un tube capillaire sous l’effet d’une certaine
pression. On emploie généralement un viscosimètre du type « Ostwald »

43
Figure 12 : Appareil d’Ostwald
Le réservoir de rayon R positionné au-dessus du tube capillaire (à droite) est rempli d’un fluide
qui coule vers le second réservoir (à gauche). Le temps que met le volume contenu dans le
premier réservoir à passer de la graduation A à B peut être directement relié à la viscosité
dynamique du fluide. Cette durée est proportionnelle à la viscosité du liquide et inversement
proportionnelle à sa masse volumique ρ, ce que l'on exprimera par la relation :

1 𝜼
t = (𝑘) * (𝝆)

K: est la constante d'étalonnage de l'appareil.

1 𝜼0
t0 = (𝑘) * (𝝆0)

1 𝜌0
(𝑘)= t0𝜂0

𝜌0 𝜂
t = t0𝜂0* (𝜌)

Exemple

Une expérience a été réalisée avec deux liquides à 20 °C:

Le propanol-1 de viscosité connue 𝜂 0=2,256 mP et de masse volumique ρ0 =0,8021g/mL

L’acide méthanoïque qui présente une masse volumique ρ = 1,2178 g/mL.

Pour le propanol-1 : t0 = 314,8 s ; pour l’acide méthanoïque : t = 165,8 s.

44
Calculer

la viscosité de l’ acide méthanoïque

Solution

𝝆0 𝜼
t = t0𝜼0* (𝑝)

𝑡𝜼0 𝝆
𝜼=
𝑡0 𝝆0

𝑡𝜼0 𝝆 165,8∗2,256∗1,2178
𝜼= = =1,80 mPa
𝑡0 𝝆0 314,8∗0,8021

18.4 Pression Osmotique :


L'osmose est le transfert de solvant à travers une membrane sous l'effet d'un gradient de
concentration. Si on considère un système à deux compartiments séparés par une membrane
semi-sélective et contenant deux solutions de concentrations différentes, l'osmose se traduit par
un flux d'eau dirigée de la solution diluée vers la solution concentrée. Si on applique une
pression sur la solution concentrée, la quantité d'eau transférée par osmose va diminuer. Avec
une pression suffisamment forte, le flux d'eau va même s'annuler: cette pression est nommée la
pression osmotique P (en faisant l'hypothèse que la solution diluée est de l'eau pure). Si on
dépasse la valeur de la pression osmotique, on observe un flux d'eau dirigé en sens inverse du
flux osmotique: c'est le phénomène d'osmose inverse

Figure 13 : Principe de l’osmose inverse

45
La mesure de la pression osmotique d’une solution s’effectue simplement grâce à un
osmomètre. La solution est enfermée dans une cellule étanche, surmontée d’un tube de faible
diamètre et fermée par une paroi semi – perméable. L’appareil est immergé dans le solvant pur;
celui – ci vient diluer la solution. Le niveau du liquide s’élève jusqu’à ce que la pression exercée
par la colonne de liquide contrebalance la pression osmotique. Exprimée en mm de Hg :

Π = h *(ρsol / ρHg) = h * (ρsol/13,6)

46
Chimie des Eaux 1ère Partie : Chimie des Eaux Naturelles

Chapitre IV
1 Phénomène de l’équilibre des eaux
Les eaux naturelles contiennent de nombreux éléments en solution parmi lesquels
l’hydrogénocarbonate de calcium est le plus fréquent et le plus important. Notons que ce sel est
très souvent appelé, selon une ancienne terminologie, « bicarbonate de calcium ».
L’hydrogénocarbonate de calcium, non isolé à l’état cristallisé, dérive d’un acide hypothétique,
l’acide carbonique H2CO3. Cet acide particulièrement instable se décompose dès sa formation
pour libérer du gaz carbonique et de l’eau :

H2CO3 → CO2 + H2O

En solution aqueuse, l’hydrogénocarbonate de calcium et l’acide carbonique participent à un


équilibre appelé traditionnellement « équilibre calcocarbonique » :

Ca(HCO3 )2 ← →CaCO3+CO2+H2O

Cet équilibre met en jeu :

o Ca(HCO3 )2 et H2CO3 tous deux à l’état dissous


o CaCO3 à l’état solide.

Il s’agit donc d’un équilibre hétérogène régi par les lois propres à ce type d’équilibre. A ce sujet,
rappelons que toute modification affectant la concentration de l’un des éléments participant à
cet équilibre (bicarbonate de calcium, acide carbonique, …) déplacera l’équilibre.

2 Eaux agressives, eaux incrustantes


Quand la concentration en CO2 ne correspond pas à ce qu’elle doit être pour que l’équilibre soit
réalisé, celui-ci se déplace dans un sens tel qu’un nouvel état d’équilibre soit atteint. Deux cas
peuvent se présenter :

• Concentration en CO2 supérieure à celle existant à l’équilibre. Le déplacement de l’équilibre


se fera alors vers la gauche, c’est-à-dire dans le sens d’une attaque de CaCO3 par le CO2 en
excès :

Ca(HCO3)2 ←CaCO3+CO2+H2O.

Une eau qui a la capacité de dissoudre ainsi le calcaire est appelée « eau agressive ».

47
• Concentration en CO2 inférieure à celle existant à l’équilibre. Le déplacement de l’équilibre
se fera alors vers la droite, c’est-à-dire dans le sens d’une précipitation de CaCO3 à partir du
Ca(HCO3)2 en solution :

Ca(HCO3)2 ←CaCO3+CO2+H2O.

Une eau qui présente la propriété de précipiter ainsi le calcaire est appelée « eau incrustante ».

Pour une concentration donnée de Ca(HCO3)2, il existe une quantité de CO2 libre, dont la
présence est nécessaire pour éviter la précipitation de tartre :

 Si CO2 libre > CO2 équilibrant  cet excès sera agressif => destruction des carbonates
=>CO2 agressif => eau agressive
 Si CO2 libre < CO2 équilibrant  déficit en CO2 équilibrant : eau entartrante =>
Carbonates et bicarbonates de calcium en particulier vont précipiter. L’eau devient
opaque et le phénomène d’entartrage s’enclenche, il sera plus important aux endroits
les plus chauds (chaudières, échangeurs) et aux endroits où la pression est basse.
 Si CO2 libre = CO2 équilibrant  eau à l’équilibre

2.1 Conséquences:
 Eau agressive (corrosion):
 Dissolution de la couche de carbonate de calcium protectrice des canalisations
 Libération de métaux, éléments toxiques
 Dégradation des appareils de chauffage
 Eau incrustante (dépôts):
 Entartrage des canalisations
 Augmentation des besoins en savon et détergents qui moussent moins

48
2.2 Equations chimiques :
– Équilibres de dissociation de l’acide carbonique :

H2O + CO2  H2CO3

H2CO3  H+ + HCO3 –

HCO3 –  H+ + CO3 2-

– Solubilité du carbonate de calcium :

Ca2+ + CO3 2-  CaCO3

– Dissolution du CO2 dans l’eau :

CO2 vapeur + H2O  H2CO3 en solution

– Réaction de précipitation du carbonate de calcium : « équilibre calco-carbonique »


Ca(HCO3)2  CaCO3 + CO2 + H2O

Réaction équilibrée, qui dépend des équilibres précédents

 Tous ces équilibres sont influencés par :


– le pH :
si pH ↓, [CO3 2-] ↓ ⇒ entartrage
– la température :
si T° ↓, [CO2] ↑, [CaCO3] ↓ ⇒ entartrage
– la concentration en Ca++ :
si Ca ↓, [CaCO3] ↓ ⇒ entartrage
– le TAC : si [HCO3 –] ↓, [CaCO3] ↓ ⇒ entartrage

3 Éléments constitutifs des eaux


3.1 Éléments fondamentaux
Douze éléments illustrent la nature de base d’une eau. Ce sont les éléments suivants :

Cations : H+ ,Mg2+ ,Na+ ,K+ ,Ca2+

Anion : OH- , Cl- , S𝑂2− , 𝐻𝐶𝑂− , 𝐶𝑂2− , 𝑁𝑂−


4 3 3 3

Anhydride carbonique libre : CO2 + H2CO3

49
Equilibres carbonique et calcocarbonique de l’eau

On désignera :

 K’ , les constantes d’équilibre portant sur les concentrations [C] ;


 K , les constantes d’équilibre portant sur les activités liées aux concentrations,

On note que suivant les équilibres, l’ion hydrogénocarbonate 𝐻𝐶𝑂3− de l’acide carbonique
H2CO3 se comporte
− tantôt comme un acide : 𝐻𝐶𝑂− ↔ 𝐶𝑂2− + H3O +
3 3

− tantôt comme une base : 𝐻𝐶𝑂− + H3O +↔ 𝐶𝑂2−


3 3

En désignant par K1 la constante d’acidité de l’acide carbonique et par K2 celle de


l’hydrogénocarbonate, il vient,
𝑝𝐾1′ +𝑝𝐾2′
pH= A 25°C, ce pH est d’environ 8,3.
2

50
Il sera beaucoup question de ce pH, dans certains plans de représentation de l’eau.

4 Equation de Langelier
La dissociation de la deuxième acidité de l’acide carbonique se présente comme suit :

pH = pK’2 – pK’S – log [𝐻𝐶𝑂3− ] – log [Ca2+] = pHS ;

avec :

• [Ca2+] en ppm CaCO3

• [𝐻𝐶𝑂3− ] en en ppm CaCO3

De façon générale, selon LANGELIER, pHS = pK’2 – pK’S – log [Alc] – log [Ca2+],

L’équation de LANGELIER permet donc déterminer le pHS d’une eau quelconque, connaissant
le TAC et THCa

5 Calcul de l’indice de Rysnar :

Indice de Rysnar = indice empirique :

Ir = 2 pHs – pH

Avec pHs = pH de saturation calculé à l’aide du diagramme Hoover-Langelier et pH = pH de


l’eau étudiée.

• Si pH < pHS, l’eau a tendance à dissoudre le calcaire (agressivité) ; la valeur trop basse du pH
est due à un excès de gaz carbonique dissous.

• Si pH > pHS est incrustante : elle présente un déficit en CO2 dissous, avec précipitation de
CaCO3.

• Si Ir est inférieure à 7, l'eau est incrustante

• Si Ir est supérieur à 7, l'eau est agressive et corrosive.

6 Phénomene de corrosion

La corrosion obéit à une loi naturelle qui conduit les métaux à retourner à leur état de composés
chimiques. Dans la nature, le fer n'est pas présent sous la forme Fe, mais plutôt sous forme
d'oxydes tels que Fe2O, Fe2O3, Fe3O4. Lors de sa transformation en fer industriel ou en acier, le

51
fer perd son oxygène pour devenir du fer métal (Fe). Ensuite, dans la nature, en particulier dans
l'eau, le fer métal est reconvertis en oxydes, ce que l'on observe sous la forme de rouille. Dans
le contexte des installations hydrauliques, la corrosion se manifeste comme une dégradation du
métal dans l'eau (Berné et al, 1991), et cette détérioration suit généralement trois étapes
distinctes :

Les trois étapes typiques du processus de corrosion :


Phase d’initiation « Formation de la couche d'oxyde »

Lorsque le métal entre en contact avec l'oxygène présent dans l'air ou dans l'eau, il réagit pour
former une couche d'oxyde à la surface du métal. À ce stade, les réactions chimiques
commencent à se produire à la surface du métal, formant une fine couche d'oxyde. Cependant,
cette couche d'oxyde est généralement très mince et n'entraîne pas de détérioration significative
du métal. C'est le début du processus de corrosion.

Par exemple:

le fer métal (Fe) réagit avec l'oxygène pour former de l'oxyde de fer (Fe2O3), communément
appelé rouille.

Phase d'activation « Propagation de la corrosion »

À ce stade, la couche d'oxyde peut devenir poreuse, permettant à l'eau et à d'autres réactifs
corrosifs de pénétrer plus profondément dans le matériau. Cela accélère le processus de
corrosion, provoquant la formation de produits de corrosion plus épais, tels que la rouille. La
vitesse de corrosion peut varier en fonction de facteurs tels que la composition de l'eau, la
température, le pH, la concentration en ions, etc.

La Perforation « Dégradation du métal »

Au fur et à mesure que la corrosion se propage, le métal perd progressivement de la masse et


de la structure. Cela peut entraîner une fragilité, une diminution de la résistance mécanique et
éventuellement la rupture du matériau. Dans le cas du fer, cela se traduit par la formation de
plus de rouille et par une dégradation significative du métal

Concrètement, lorsqu'une barre de fer est immergée dans de l'eau, le fer a tendance à s'ioniser
en ions ferreux, qui ont ensuite tendance à se dissoudre dans l'eau.

Fe↔ Fe ++ + 2é

52
À l'interface fer-eau, se forme progressivement un ensemble d'ions positifs dans la phase liquide
et d'électrons négatifs dans le métal. À ce stade, un processus électrochimique intervient avec
l'oxygène et l'hydrogène présents dans l'eau, donnant lieu à la création d'une barrière physique
d'hydroxydes. Cette barrière entrave la dissolution du métal, constituant ainsi un blocage dans
le processus de corrosion. Cette étape représente la polarisation du site de corrosion,
théoriquement atteinte rapidement, et elle permet d'interrompre la dissolution du métal dans
l'eau. Toutefois, divers facteurs entravent l'atteinte de cet état d'équilibre et dépolarisent le site
de corrosion.

Les facteurs fréquents de dépolarisation du site incluent :

 Un pH trop bas, résultant par exemple d'une élévation de la température, entraînant une
augmentation de la concentration en ions H+ qui réagissent avec les hydroxydes OH-
pour reformer de l'eau, rompant ainsi la barrière physique d'hydroxydes
 Une vitesse d'écoulement de l'eau excessive, provoquant un balayage de la surface
métallique et, par conséquent, entraînant la dislocation de la barrière physique.

7 Différents types de corrosion

7.1 Corrosion humide


Se produit en présence d'eau ou d'humidité. L'eau agit comme un électrolyte, facilitant
les réactions électrochimiques entre le métal et les substances corrosives, telles que
l'oxygène, les ions chlorure, les acides, etc.

7.2 Corrosion sèche


Se produit en l'absence d'eau ou d'humidité significative. L’exposition à des gaz
corrosifs SO2 Cl2, des températures élevées, des contaminants atmosphériques NOX ,
peuvent favoriser la corrosion sèche.

Un exemple courant de corrosion sèche est la corrosion par l'oxydation, qui se produit
lorsque le métal réagit directement avec l'oxygène de l'air pour former une couche d'oxyde
à la surface du métal

53
Figure 1 : Illustration de la corrosion sèche

8 Facteurs favorisants la corrosion


Plusieurs facteurs qui favorisent ou aggravent la corrosion des métaux.

8.1 Corrosion par le CO2 agressif


Empêchement de la formation du film protecteur naturel d'oxyde sur la surface du métal, ce
qui le rend plus vulnérable à la corrosion.

8.2 Corrosion par les chlorures


Accélère la corrosion du métal, car l'eau peut pénétrer plus facilement et réagir avec le
métal.

8.3 Corrosion par les produits caustiques


Ils ont tendance à se concentrer dans les fêlures et les zones endommagées de la surface du
métal, ce qui aggrave la corrosion localement

8.4 Corrosion par des organismes vivants (bactéries de la corrosion)


Certaines bactéries, appelées bactéries corrosives ou bactéries sulfurogènes, sont capables
de provoquer la corrosion des métaux. Elles se développent généralement dans des
environnements où il y a de l'eau, de la matière organique en décomposition, et des
composés soufrés.

8.5 Corrosion par érosion


La corrosion par érosion résulte d'une destruction mécanique de la surface métallique due
à des particules solides en suspension dans un fluide qui frappent la surface et l'usent.

8.6 Corrosion par cavitation


La cavitation est la formation et l'implosion de bulles de gaz dans un liquide, ce qui peut
créer des forces destructrices sur la surface métallique. Ces phénomènes mécaniques
peuvent accélérer la corrosion en enlevant la couche protectrice d'oxyde

54
9 Formes de corrosion
9.1 Forme Uniforme
o Progression uniforme sur toute la surface du métal

o Perte d’épaisseur uniforme

o Forme de la corrosion la plus simple

o Environnement homogène

Figure 2 : corrosion uniforme

9.2 Forme localisée


o Attaque localisée du matériau

o Corrosion fréquente et dangereuse

o Hétérogénéité du matériau

o Environnement hétérogène

9.2.1 Corrosion localisée


Il existe trois formes de corrosion localisée

9.2.1.1 Corrosion par piqure :


 Certains métaux sont protégés par un film d’oxyde passif

 En présence des anions tel que les chlorures, une rupture locale du film se produit

 La corrosion progresse en profondeur

55
Figure 3 : corrosion par piqure

9.2.1.2 Corrosion Caverneuse


Présence de petits volumes de vides (caverne, crevasse)

Figure 4 : Corrosion caverneuse

9.2.1.3 Corrosion galvanique


o Contact de deux matériaux différents dans un milieu corrosif

o Formation d’une pile électrochimique entre les deux métaux

o Le métal le moins résistant, se dégrade

Figure 5 : Corrosion galvanique

56
10 Protection de la corrosion
La préservation contre la corrosion joue un rôle essentiel dans l'extension de la durée de vie
des métaux et la réduction des coûts d'entretien. Plusieurs méthodes sont disponibles pour
protéger les métaux de la corrosion, comprenant notamment :

10.1 Revetements protecteurs :


Application de revêtements spécifiques qui agissent comme une barrière physique entre le
métal et l'environnement, empêchant ainsi la corrosion.

10.2 Utilisation de métaux résistants à la corrosion :


Choix délibéré de métaux ou d'alliages présentant une résistance intrinsèque élevée à la
corrosion, réduisant ainsi la vulnérabilité du matériau.

10.3 Inhibiteurs de corrosion


Intégration de substances chimiques spéciales qui modifient les réactions électrochimiques,
ralentissant ou empêchant le processus de corrosion.

10.4 Conception and anti-corrosion


Intégration de caractéristiques de conception qui minimisent l'exposition des métaux à des
conditions corrosives, par exemple, en évitant les angles vifs où l'eau peut stagner.

10.5 Contrôle de l’environnement


Gestion des conditions environnementales, telles que la température, l'humidité et la
présence de produits chimiques corrosifs, pour réduire les facteurs favorisant la corrosion.

10.6 Surveillance et entretien


Mise en place de programmes de surveillance régulière et d'entretien préventif pour détecter
et traiter rapidement tout signe de corrosion, assurant ainsi une protection continue.

11 Prévention de la formation de tartre


Pour éviter la formation de tartre, un dépôt solide susceptible de se former dans les systèmes
d'eau, plusieurs approches peuvent être adoptées :

11.1 Maintien de la concentration en dessous de la limite de solubilité :


Contrôle de la concentration des composés responsables de la formation de tartre afin de les
maintenir en deçà de leur limite de solubilité, empêchant ainsi leur précipitation.

11.2 Elimination des carbonates


Réduction ou élimination des carbonates présents dans l'eau, car ils sont souvent associés à
la formation de dépôts de tartre.

57
11.3 Elimination de la dureté totale
Réduction de la dureté totale de l'eau en éliminant ou en réduisant les ions calcium et
magnésium, qui sont des contributeurs majeurs à la formation de tartre.

11.4 Elimination du TAC


Réduction du Titre Alcalimétrique Complet, qui mesure la capacité de l'eau à neutraliser les
acides, contribuant ainsi à minimiser les conditions propices à la formation de tartre.

En adoptant ces mesures préventives, on peut efficacement limiter la formation de tartre et


préserver le bon fonctionnement des systèmes d'eau.

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