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c Laurent Garcin MPSI Lycée Saint-Exupéry

S UITES NUMÉRIQUES

1 Généralités
1.1 Définition

Définition 1.1
On appelle suite réelle toute famille d’éléments de R indexée sur N ou, de manière équivalente, toute application
de N dans R. L’ensemble des suites réelles est donc RN .

Remarque. Une suite de RN peut-être notée u (application) ou (un )n∈N (famille). On emploie également la
notation (un ).
Si u ∈ RN , le terme général de u est noté un (famille) plutôt que u(n) (application).

Remarque. Par esprit de simplification, on ne traitera dans ce chapitre que des suites définies à partir du rang
0. On adaptera pour des suites définies à partir d’un certaing rang n0 ∈ N.
Modes de définition d’une suite
Une suite peut être définie de deux manières différentes.
De manière explicite On donne une formule explicite de un en fonction de n du type un = f(n).
Par récurence On donne les k premiers termes de la suite et une relation de récurrence exprimant un en
fonction des k termes précédents. On dit alors que (un ) est une suite récurrente d’ordre k. Une suite
récurrente d’ordre 1 vérifie donc une relation de récurrence du type un+1 = f(un ).
De manière implicite un est défini comme solution d’une équation dépendant de n.

Exemple 1.
1
◮ La suite de terme général un = est une suite définie de manière explicite.
n2 + 1
◮ La suite (un ) de premiers termes u0 = 1 et u1 = 1 et définie par la relation de récurrence un+2 = un+1 + un
est une suite récurrente d’ordre 2.

Attention ! Une relation de récurrence ne permet pas toujours de bien définir une suite. Par exemple, il

n’existe pas de suite définie par u0 = 1 et un+1 = 2 + 1 − un .

La proposition qui suit permet néanmoins de se tirer d’affaire.

Proposition 1.2
Soient D une partie de R et f une fonction définie sur D à valeurs dans R. On suppose que D est stable par f
i.e. f(D) ⊂ D. Alors, pour tout d ∈ D, il existe une unique suite définie par u0 = d et la relation de récurrence
un+1 = f(un ). De plus, pour tout n ∈ N, un ∈ D.

[Link] 1
c Laurent Garcin MPSI Lycée Saint-Exupéry

Représentation graphique d’une suite récurrente d’ordre 1


On obtient la représentation graphique d’une suite (un ) définie par la relation de récurrence un+1 = f(un )
en traçant le graphe de f et la première bissectrice.

u0 u2u3 u1

1.2 Vocabulaire

Définition 1.3 (Suites constantes, stationnaires)


Une suite (un ) est constante s’il existe C ∈ R tel que ∀n ∈ N, un = C. Une suite est stationnaire si elle
constante à partir d’un certain rang.

Définition 1.4
On dit qu’une suite (un ) est majorée (resp. minorée) s’il existe C ∈ R tel que ∀n ∈ N, un 6 C (resp. un > C).
On dit qu’une suite est bornée si elle est majorée et minorée.

Méthode Prouver qu’une suite est bornée


Pour prouver qu’une suite (un ) est bornée, il est nécessaire et suffisant d’exhiber une constante C ∈ R+ telle que
∀n ∈ N, |un | 6 C.

[Link] 2
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Définition 1.5 (Sens de variation)


Une suite est croissante (resp. décroissante) si un 6 un+1 (resp. un > un+1 ), ∀n ∈ N. Une suite est monotone
si elle est croissante ou décroissante.
On parle de stricte croissance, décroissance ou monotonie si les inégalités sont strictes.

Attention ! Une suite peut n’être ni croissante, ni décroissante. C’est le cas par exemple des suites géomé-
triques de raison négative.

Méthode Sens de variation d’une suite


Pour déterminer le sens de variation d’un suite (un ) :
◮ on peut étudier le signe de un+1 − un ;
un+1
◮ si la suite est strictement positive, on peut étudier la position de par rapport à 1.
un

Remarque. On utilisera la deuxième méthode lorsque le terme général de la suite est défini comme un produit.

EXERCICE 1.
Pn 1 1×3×···×(2n−1)
Déterminer le sens de variation des suites de terme généraux un = k=1 k et vn = 2×4×···×(2n) .

Proposition 1.6
Si une suite (un ) est définie explicitement par un = f(n), ∀n ∈ N. Si f est constante, majorée, minorée, bornée,
croissante ou décroissante, alors (un ) est constante, majorée, minorée, bornée, croissante ou décroissante.

Attention ! La réciproque est fausse.

1.3 Suites extraites

Définition 1.7 (Suites extraites)


Soit (un ) une suite. On appelle suite extraite (ou sous-suite) de (un ) toute suite du type (uϕ(n) ) où ϕ est une
application strictement croissante de N dans N.

Remarque. Une application strictement croissante de N dans N est une suite strictement croissante d’entiers
naturels.
On aurait pu également pu définir une suite extraite de (un ) comme une suite de la forme (unk )k∈N où (nk )k∈N
est une suite strictement croissante d’entiers.

Exemple 2. Pour toute suite (un ), les suites (u2n ) et (u2n+1 ) sont deux suites extraites de (un ).

1.4 Suites classiques

[Link] 3
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Définition 1.8 (Suites arithmétiques)


On appelle suite arithmétique de raison r toute suite (un ) vérifiant la relation de récurrence un+1 = un + r,
∀n ∈ N.
On a alors un = u0 + nr, ∀n ∈ N.

Définition 1.9 (Suites géométriques)


On appelle suite géométrique de raison q toute suite (un ) vérifiant la relation de récurrence un+1 = qun ,
∀n ∈ N.
On a alors un = u0 qn , ∀n ∈ N.

Définition 1.10 (Suites arithmético-géométriques)


On appelle suite arithmético-géométrique toute suite (un ) vérifiant une relation de récurrence un+1 = aun +b,
∀n ∈ N avec (a, b) ∈ R2 .

Méthode Calculer le terme général d’une suite aritmético-géométrique


Soit (un ) vérifiant la relation de récurrence un+1 = aun + b. On suppose a 6= 1 (sinon (un ) est arithmétique).
◮ On détermine un point fixe de x 7→ ax + b i.e. on résout l’équation x = ax + b. Comme a 6= 1, on trouve
b
une unique solution l = .
1−a
◮ On montre que la suite (un − l) est géométrique de raion a.
◮ On en déduit une expression du terme général de (un − l) puis de (un ).

EXERCICE 2.

un+1 = 3un − 4, ∀n ∈ N
Déterminer le terme général de la suite (un ) définie par .
u0 = −1

2 Limite d’une suite


2.1 Définition de la limite

Définition 2.1 (Limite d’une suite)


Soit (un ) une suite.
⋄ Soit l ∈ R. On dit que (un ) admet l pour limite si :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, n > N ⇒ |un − l| 6 ε

⋄ On dit que (un ) admet +∞ pour limite si :


∀A ∈ R, ∃N ∈ N, n > N ⇒ un > A

⋄ On dit que (un ) admet −∞ pour limite si :


∀A ∈ R, ∃N ∈ N, n > N ⇒ un 6 A

[Link] 4
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Remarque. Les propositions où les inégalités larges finales sont remplacées par des inégalités strictes sont équi-
valentes.
Mais le ∀ε > 0 ne devient pas ∀ε > 0. Réfléchissez bien, cela signifierait que la suite est stationnaire (prendre
ε = 0).

Remarque.
⋄ Dans le premier cas (limite égale à l), la définition signifie que les termes de (un ) sont tous à une distance
inférieure à ε à partir d’un certaing rang N. Comme on peut choisir ε, cela signifie que les termes de la suite
sont aussi proches que l’on veut de l quitte à ne considérer les termes qu’à partir d’un certain rang.
⋄ Dans le second cas (limite égale à +∞), la définition signifie que les termes de (un ) sont tous supérieurs à
A à partir d’un certaing rang N. Comme on peut choisir A, cela signifie que les termes de la suite sont aussi
grands positivement que l’on veut quitte à ne considérer les termes qu’à partir d’un certain rang.
⋄ Dans le trosième cas (limite égale à −∞), la définition signifie que les termes de (un ) sont tous inférieurs à
A à partir d’un certaing rang N. Comme on peut choisir A, cela signifie que les termes de la suite sont aussi
grands négativement que l’on veut quitte à ne considérer les termes qu’à partir d’un certain rang.

Attention ! L’indice N de la définition dépend du choix de ε ou A.

Remarque. On peut condenser ces trois définitions en une seule en utilisant la notion de voisinage. La définition
est la suivante.
Soit l ∈ R. On dit que (un ) admet l pour limite si pour tout voisinage V de l, il existe N ∈ N tel que n > N ⇒
un ∈ V.

Remarque. La définition « epsilonesque » de la limite sert assez peu en pratique. On possède de nombreux
théorèmes pour montrer l’existence d’une limite et même la déterminer le cas échéant.

Remarque. On considère toujours la limite d’une suite qaund n tend vers +∞. Considérer la limite de un quand
n tend vers un entier n’a aucun intérêt.

Théorème 2.2 (Unicité de la limite)


Soit (un ) une suite. Si (un ) possède une limite, elle est unique. On la note lim un . La relation lim un = l
n→+∞ n→+∞
se note aussi souvent un −→ l.
n→+∞

Remarque. La notation lim un = l signifie en fait deux choses : primo, (un ) admet une limite ; secundo, cette
n→+∞
limite vaut l. On parle toujours de la valeur d’une limite sous réserve d’existence de celle-ci.

Proposition 2.3
Soient (un ) une suite et l ∈ R. Alors

un −→ l ⇐⇒ un − l −→ 0
n→+∞ n→+∞

Proposition 2.4
Soit (un ) une suite admettant l > 0 pour limite. Alors (un ) est minorée par un réel strictement positif à
partir d’un certain rang.

[Link] 5
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Remarque. Dire que (un ) est minorée par un réel strictement positif à partir d’un certain rang est plus fort
que de dire que (un ) est strictement positive à partir d’un certain rang. Par exemple, la suite de terme général
1
est strictement positive mais elle n’est en aucun cas minorée par un réel strictement positif (elle est au mieux
n
minorée par 0).

2.2 Convergence et divergence

Définition 2.5 (Convergence et divergence)


On dit qu’une suite (un ) converge ou qu’elle est convergente si elle possède une limite finie. Dans le cas
contraire, on dit qu’elle diverge ou qu’elle est divergente.

Attention ! Une suite divergente est une suite qui ne possède pas de limite ou qui tend vers ±∞.

Proposition 2.6
Toute suite convergente est bornée.

Attention ! La réciproque de cette proposition est fausse. Il suffit par exemple de considérer la suite de
terme général (−1)n .

2.3 Limite et suites extraites

Lemme 2.7
Soit ϕ une application strictement croissante de N dans N. Alors ∀n ∈ N, ϕ(n) > n.

Théorème 2.8
Soit (un ) une suite de limite l ∈ R. Alors toute suite extraite de (un ) admet aussi l pour limite.

Remarque. Ce théorème admet une réciproque qui n’est pas au programme. En fait, il suffit que les suites extraites
(u2n ) et (u2n+1 ) aient la même limite l ∈ R pour que (un ) admette l pour limite.

Méthode Prouver qu’une suite diverge


Le théorème précédent permet de montrer qu’une suite (un ) n’admet pas de limite par l’absurde. On suppose en
effet que (un ) admet une limite et on exhibe deux suites extraites de (un ) qui admettent deux limites différentes.
Ceci contredit alors l’unicité de la limite.

EXERCICE 3.

Montrer que la suite de terme général (−1)n n’admet pas de limite.

EXERCICE 4.

Montrer que de toute suite non majorée (resp. non minorée), on peut extraire une sous-suite divergeant vers +∞
(resp. vers −∞).

[Link] 6
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2.4 Opérations sur les limites

Proposition 2.9 (Limite d’une somme)


Le tableau suivant résume les différents cas possibles.
lim un l ∈ R l ∈ R +∞ +∞ −∞
n→+∞
lim vn l′ ∈ R +∞ −∞ +∞ −∞
n→+∞

lim (un + vn ) l+l +∞ F.I. +∞ −∞
n→+∞

Proposition 2.10 (Limite d’un produit)


Le tableau suivant résume les différents cas possibles.
lim un l ∈ R l ∈ R∗+ l ∈ R∗+ 0 l ∈ R∗− l ∈ R∗− +∞ +∞ −∞
n→+∞
lim vn l′ ∈ R +∞ −∞ ±∞ +∞ −∞ +∞ −∞ −∞
n→+∞
lim un vn ll ′ +∞ −∞ F.I. −∞ +∞ +∞ −∞ +∞
n→+∞

Proposition 2.11 (Limite de l’inverse)


On suppose que la suite (un ) ne s’annule pas à partir d’un certain rang. Le tableau suivant résume les différents
cas possibles.
lim un l ∈ R∗ 0 ±∞
n→+∞ 
1 1 +∞ si un > 0 à partir d’un certain rang

lim −∞ si un < 0 à partir d’un certain rang 0
n→+∞ un l 

pas de limite sinon

Remarque.
⋄ lim un = 0 avec un > 0 à partir d’un certain rang peut se noter lim un = 0+ .
n→+∞ n→+∞
⋄ lim un = 0 avec un < 0 à partir d’un certain rang peut se noter lim un = 0− .
n→+∞ n→+∞

Remarque. La limite d’un quotient se déduit des tableaux donnant la limite d’un produit et de l’inverse puisque
un 1
= un × .
vn vn

2.5 Composition par une fonction

Proposition 2.12
Soit (un ) une suite de limite l ∈ R et f une fonction de limite L ∈ R en l. Alors la suite (f(un )) admet L pour
limite.

Corollaire 2.13
Soit (un ) une suite de limite l ∈ R et f une fonction continue en l. Alors la suite (f(un )) admet f(l) pour limite.

[Link] 7
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Corollaire 2.14 (Suite récurrente et point fixe)


Soit (un ) une suite vérifiant la relation de récurrence un+1 = f(un ). Si (un ) converge vers l ∈ R et que f est
continue en l, alors f(l) = l i.e. l est un point fixe de f.

2.6 Limites classiques

Proposition 2.15 (Limite d’une suite géométrique)


Soit a ∈ R.
◮ Si |a| < 1, alors lim an = 0.
n→+∞
◮ Si a = 1, alors lim an = 1.
n→+∞
◮ Si a > 1, alors lim an = +∞.
n→+∞
n
◮ Si a 6 −1, alors (a ) n’admet pas de limite.

EXERCICE 5.
n
Soit a ∈] − 1, 1[. Déterminer la limite de a2 .

2.7 Passage à la limite

Théorème 2.16 (Passage à la limite)


Soient (un ) et (vn ) deux suites convergeant respectivement vers l et l ′ . Soient m, M ∈ R.
⋄ Si un 6 vn à partir d’un certain rang, alors l 6 l ′ .
⋄ Si un 6 M à partir d’un certain rang, alors l 6 M.
⋄ Si un > m à partir d’un certain rang, alors l > m.

Remarque. Autrement dit, le passage à la limite conserve les inégalités larges. Il ne conserve pas les inégalités
1 1
strictes. Par exemple, −→ 0 et ∀n ∈ N∗ , > 0. Mais on a évidemment pas 0 > 0.
n n→+∞ n

Corollaire 2.17
Soit (un ) une suite convergeant vers l.
⋄ Si (un ) est croissante, alors un 6 l pour tout n ∈ N.
⋄ Si (un ) est décroissante, alors un > l pour tout n ∈ N.
⋄ Si (un ) est strictement croissante, alors un < l pour tout n ∈ N.
⋄ Si (un ) est strictement décroissante, alors un > l pour tout n ∈ N.

3 Théorèmes d’existence de limites


3.1 Théorèmes d’encadrement, de minoration et de majoration
Ces théorèmes proviennent de l’existence d’une relation d’ordre sur R.

[Link] 8
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Théorème 3.1 (Théorèmes d’encadrement, de minoration et de majoration)


Soient (un ), (mn ) et (Mn ) trois suites et l ∈ R.
Théorème des gendarmes/d’encadrement : Si lim mn = lim Mn = l et mn 6 un 6 Mn à partir
n→+∞ n→+∞
d’un certain rang, alors (un ) admet une limite et celle-ci vaut l.
Théorème de minoration : Si lim mn = +∞ et mn 6 un à partir d’un certain rang, alors (un ) admet une
n→+∞
limite et celle-ci vaut +∞.
Théorème de majoration : Si lim Mn = −∞ et un 6 Mn à partir d’un certain rang, alors (un ) admet
n→+∞
une limite et celle-ci vaut −∞.

Remarque. Ce théorème est un théorème d’existence : il prouve l’existence d’une limite. Il est vrai qu’il nous
fournit en plus la valeur de la limite. Mais si l’existence de la limite était garantie, le simple théorème de passage
à la limite nous aurait fourni la valeur de la limite.

EXERCICE 6.
 
n!
Déterminer la limite de (n!) et de .
nn

Corollaire 3.2
Soient (un ) et (εn ) deux suites telles que εn −→ 0 et |un | 6 εn à partir d’un certain rang. Alors lim un = 0.
n→+∞ n→+∞

Corollaire 3.3
Soient (un ) une suite bornée et (εn ) une suite de limite nulle. Alors lim un εn = 0.
n→+∞

Corollaire 3.4
Soient (un ) et (vn ) deux suites.
⋄ Si (un ) est minorée et lim vn = +∞, alors lim (un + vn ) = +∞.
n→+∞ n→+∞
⋄ Si (un ) est majorée et lim vn = −∞, alors lim (un + vn ) = −∞.
n→+∞ n→+∞

3.2 Caractérisation séquentielle des bornes supérieures et inférieures, de la densité

Proposition 3.5
Soient A une partie de R et c ∈ R. Alors c = sup A (resp. c = inf A) si et seulement si c est un majorant (resp.
un minorant) de A et s’il existe une suite d’éléments de A de limite c.

[Link] 9
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Proposition 3.6 (Caractérisation séquentielle de la densité)


Soit A une partie de R. A est dense dans R si et seulement si pour tout x ∈ R, il existe une suite (xn ) d’éléments
de A de limite x.

3.3 Théorème de la limite monotone


Ce théorèmes provient à nouveau de l’existence d’une relation d’ordre sur R.

Théorème 3.7 (Théorème de la limite monotone)


Toute suite monotone admet une limite dans R. Plus précisément,
⋄ toute suite croissante majorée converge, toute suite croissante non majorée diverge vers +∞ ;
⋄ toute suite décroissante minorée converge, toute suite décroissante non minorée diverge vers −∞.

Attention ! Une suite décroissante et minorée (resp. majorée) ne converge pas forcément vers son minorant
(resp. majorant). Lequel d’ailleurs ?

EXERCICE 7.

Déterminer la limite de la suite (un ) définie par son premier terme u0 et par la relation de récurrence un+1 =
un + eun .

EXERCICE 8.

Déterminer la limite de la suite (un ) définie par son premier terme u0 = 1 et par la relation de récurrence
un
un+1 = .
1 + u2n

EXERCICE 9. ✯✯ La série harmonique

Soient > 1 et
n
X 1
Hn = .
k
k=1

1. Montrer que (Hn )n>1 est croissante. Quelle alternative en déduit-on quant au comportement asymptotique de
(Hn )n>1 ?
2. Montrer que ∀n > 1,
1
H2n − Hn > .
2
Décrire le comportement de (Hn )n>1 .

3.4 Suites adjacentes

Définition 3.8 (Suites adjacentes)


On dit que deux suites (un ) et (vn ) sont adjacentes si l’une est croissante, l’autre décroissante et si lim (un −
n→+∞
vn ) = 0.

[Link] 10
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Théorème 3.9 (Suites adjacentes)


Deux suites adjacentes convergent et ont même limite.

EXERCICE 10.
n
X 1 1
Les suites de termes généraux un = et vn = un + convergent vers la même limite.
k! n.n!
k=0

Définition 3.10 (Segment)


On appelle segment tout intervalle fermé de R i.e. du type [a, b]. On appelle longueur du segment [a, b] le
réel b − a.

Corollaire 3.11 (Théorème des segments emboîtés)


Soit (In ) une suite décroissante de segments (i.e. In+1 ⊂ In , ∀n ∈ N) dont la suite des longeurs tend vers 0. Alors
\
In est un singleton.
n∈N

\  1

Attention ! Il est essentiel que les intervalles considérés soient fermés. Par exemple, 0, = ∅.
n
n∈N∗

EXERCICE 11. Recherche d’un zéro d’une fonction continue par dichotomie

Soit f une fonction continue sur [a, b] avec f(a) 6 0 et f(b) > 0. On construit les suites (an ) et (bn ) par récurrence
de la manière suivante.
◮ On pose a0 = a et b0 = b.

   an + bn
an + bn an+1 =
◮ On suppose avoir défini an et bn . Si f 6 0, on pose 2 . Sinon, on pose
2 b
n+1 = bn

an+1 = an
a + bn .
bn+1 = n
2
Montrer que (an ) et (bn ) convergent vers un zéro de f.

3.5 Théorème de Bolzano-Weierstrass


Le théorème suivant est admis.

Théorème 3.12 (Bolzano-Weierstrass)


De toute suite bornée, on peut extraire une sous-suite convergente.

Attention ! Une même suite bornée peut admettre plusieurs sous-suites convergeant vers des limites diffé-
rentes.

Remarque. La démonstration est hors programme mais on peut en donner l’idée :

[Link] 11
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◮ On construit par dichotomie une suite (In ) décroissante de segments emboîtés contenant chacun une infinité
de termes de la suite.
◮ On choisit dans chaque In un élément uϕ(n) de telle sorte que ϕ : N → N soit strictement croissante.
◮ La suite extraite (uϕ(n) ) converge d’après le théorème des suites adjacentes.

3.6 Lemme de Césaro


Le théorème suivant est hors programme mais tellement classique qu’il mérite de figurer dans ce chapitre.

Théorème 3.13 (Lemme de Césaro)


Soit (un ) une suite de limite l ∈ R. Alors la suite (vn ) définie par :
n
u0 + u1 + · · · + un 1 X
vn = = uk , ∀n ∈ N
n+1 n+1
k=0

admet aussi l pour limite.

Remarque. Autrement dit, les moyennes successives des termes de la suite (un ) converge vers la même limite
que (un ).
C’est également vrai si on ne débute pas au rang 0. La suite (vn ) définie par :
u1 + u2 + · · · + un
vn = , ∀n ∈ N
n
converge elle auusi vers l.

Attention ! La réciproque de ce théorème est fausse comme on s’en convainc facilement avec la suite de
terme général (−1)n .

4 Comparaison de suites
4.1 Definition
Les définitions sont totalement similaires à celles vues dans le cadre des fonctions. C’est encore plus simple
puisque dans le cas des suites, on travaille toujours au voisinage de +∞.

Définition 4.1
Soient (un ) et (vn ) deux suites.
⋄ On dit que (un ) est négligeable devant (vn ) et on note un = o(vn ) s’il existe une suite (εn ) de limite
nulle telle que un = vn εn à partir d’un certain rang.
⋄ On dit que (un ) est équivalente à (vn ) et on note un ∼ vn s’il existe une suite (ηn ) de limite 1 telle
que un = vn ηn à partir d’un certain rang.
⋄ On dit que (un ) est dominée par (vn ) et on note un = O (vn ) s’il existe une constante K telle que
|un | 6 K|vn | à partir d’un certain rang.

[Link] 12
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Méthode En pratique
Si (vn ) ne s’annule pas à partir d’un certain rang, ces trois définitions sont respectivement équivalentes à :
un
⋄ lim = 0,
n→+∞ vn
un
⋄ lim = 1,
n→+∞ vn
 
un
⋄ est bornée.
vn

Tout ce qui a été dit sur la comparaison des fonctions reste, mutatis mutandis, vrai pour la compraison des
suites. En particulier, on a la propritété suivante :

Proposition 4.2
Soient (un ) et (vn ) deux suites telles que un ∼ vn . Alors un et vn sont de même signe à partir d’un certain
rang.

4.2 Comparaison des suites de références


Suites de référence
On appelle suites de référence les suites (an ), (nα ), (ln n)β , (n!) avec a > 0 et α, β ∈ R.

Proposition 4.3
◮ Soit α, β ∈ R. Alors α < β ⇐⇒ nα = o(nβ ).
◮ Soit a, b ∈ R∗+ . Alors a < b ⇐⇒ an = o(bn ).
◮ Soit α, β ∈ R avec β > 0. Alors (ln n)α = o(nβ ).
◮ Soit a, α ∈ R avec a > 1. Alors nα = o(an ).
◮ Soit a ∈ R. Alors an = o(n!).

EXERCICE 12.
π
Déterminer un équivalent de cosh(e−n ) − cos .
n

EXERCICE 13.
 
π 1 1
Déterminer la limite de n e n − arccos .
2 n

EXERCICE 14.
 x n
Soit x ∈ R. Déterminer la limite de ( 1 + ). Piège !
n

[Link] 13
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4.3 Comparaison à une intégrale

Méthode Comparaison à une intégrale


n
X
Si le terme général d’une suite (un ) est du type un = f(k) où f est une fonction continue et monotone sur
k=0
R+ , on peut comparer la suite à une intégrale pour déterminer le comportement asymptotique de la suite. Si, par
exemple, f est croissante, on en déduit que pour tout k ∈ N et t ∈ [k, k + 1] :

f(k) 6 f(t) 6 f(k + 1)

Puis par intégration sur [k, k + 1],


Z k+1
f(k) 6 f(t)dt 6 f(k + 1)
k
Puis en sommant pour 0 6 k 6 n,
Z n+1
un 6 f(t)dt 6 un+1 − u0
0

Ceci permet ensuite d’avoir un encadrement de (un ). Graphiquement, cela correspond à encadrer l’intégrale de
f sur [0, n + 1] par la somme des aires de deux suites de rectangles.

1 2 3 4 5 6
−1

EXERCICE 15.

Déterminer un équivalent de la série harmonique.

4.4 Suites implicites


On appelle suite implicite une suite dont le terme général un est donné comme la solution d’une équation
dépendant d’un paramètre n ∈ N.
EXERCICE 16.
1. Montrer que pour n ∈ N, l’équation tan x = x admet une unique solution un dans l’intervalle
− π2 + nπ, π2 + nπ .
2. Déterminer un équivalent de (un ).
3. On pose vn = un − nπ, ∀n ∈ N. Déterminer la limite l de (vn ).
4. Déterminer un équivalent de (vn − l). En déduire un développement asymptotique à 3 termes de (un ).

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c Laurent Garcin MPSI Lycée Saint-Exupéry

5 Suites récurrentes d’ordre 1


Une suite récurrente d’ordre 1 est tout simplement une suite vérifiant une relation de récurrence du type un+1 =
f(un ) pour tout n ∈ N. On s’intéresse à la convergence de (un ). On supposera f continue sur son ensemble de
définition. On sait alors que si (un ) converge, alors sa limite est un point fixe de f. Graphiquement un point fixe
est l’abscisse (ou l’ordonnée) de l’intersection du graphe de f et de la première bissectrice.

Méthode Etude d’une suite récurrente d’ordre 1


On considère une suite (un ) vérifiant la relation de récurrence un+1 = f(un ).
◮ On trace le graphe de f et la première bissectrice et on place les premiers termes de la suite (un ) afin d’avoir
une idée de son comportement asymptotique.
Si f est croissante
◮ On recherche le signe et les zéros de x 7→ f(x) − x (i.e. les points fixes de f).
◮ Suivant la position de u0 par rapport au(x) point(s) fixe(s) de f on en déduit une majoration/minoration
de (un ) par un point fixe ainsi que son sens de variation.
◮ On utilise le théorème de la limite monotone et la convergence vers un point fixe pour conclure. On raisonne
par l’absurde pour prouver la divergence le cas échéant.
Si f est décroissante
◮ En remarquant que f ◦ f est croissante, on peut étudier les suites (u2n ) et (u2n+1 ) grâce à ce qui précède.
Si f n’est ni croissante ni décroissante
◮ On essaie de repèrer un intervalle I stable par I tel que un ∈ I à partir d’un certain rang. On peut alors se
reporter à un des deux cas précédents.

EXERCICE 17.

Etude des suites récurrentes (un ) définies par



1. u0 > −1 et un+1 = 1 + un ,
2. u0 = 0 et un+1 = ln(un + 3),
3. u0 = 1 et un+1 = u2n + un ,
1
4. u0 = 1 et un+1 = 1 + .
un

6 Suites complexes

Définition 6.1 (Suite complexe)


On appelle suite complexe toute application de N dans C.

Définition 6.2 (Suite bornée)


On dit qu’une suite complexe (un ) est bornée s’il existe K ∈ R+ tel que |un | 6 K, ∀n ∈ N.

Remarque. Géométriquement, cela signifie que les termes de la suite sont dans un disque de centre O et de rayon
K.

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c Laurent Garcin MPSI Lycée Saint-Exupéry

Définition 6.3 (Limite d’une suite complexe)


On dit qu’une suite complexe (un ) admet l ∈ C si |un − l| −→ 0.
n→+∞

Remarque. La suite (|un − l|) est réelle donc la définition a bien un sens.

Exemple 1. Une suite géométrique complexe de raison q telle que |q| < 1 tend vers 0.

Attention ! Une suite complexe ne peut avoir une limite égale à ±∞. Ces symboles n’ont d’ailleurs pas de
sens puisqu’il n’y a pas de relation d’ordre dans C. On peut tout au plus dire que |un | −→ +∞.
n→+∞

Proposition 6.4
Soient (un ) une suite et l ∈ C. Alors lim un = l si et seulement si lim Re(un ) = Re(l) et lim Im(un ) =
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Im(l).

Tout ce qui a été dit sur les suites réelles reste vrai pour les suites complexes excepté ce qui est lié à la relation
d’ordre, c’est-à-dire :
◮ les opérations sur les limites contenant ±∞,
◮ le théorème de passage à la limite (il contient des inégalités),
◮ les théorèmes d’encadrement, de minoration et de majoration (encore des inégalités),
◮ le théorème de la limite monotone et celui des suites adjacentes (la monotonie n’a pas de sens pour une suite
complexe).
Par contre, le théorème de Bolzano-Weierstrass reste vrai dans le cas complexe mais la version complexe n’est pas
au programme.
EXERCICE 18.

1. Soit (zn )n∈N une suite complexe telle que pour tout n ∈ N

zn+1 = 2zn − zn .

Donner une expression explicite de zn en fonction de n.


2. Soit (zn )n∈N une suite complexe telle que pour tout n ∈ N

zn + |zn |
zn+1 = .
2
Etudier sa convergence.

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