Modélisation 3D des Roches à Fanambana
Modélisation 3D des Roches à Fanambana
Présenté par :
RAKOTOVAO Narisoa Maminiaina
Le 2024
Présenté par :
Le 2024
i
Enfin, je remercie tous ceux qui ont pris part, de près ou de loin, à la réalisation de ce
mémoire, ainsi que ma famille et mes amis. Votre aide et votre soutien ont été inestimables.
Merci.
Fafao aingana ry mpanao copie collee a
ii
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS
GLOSSAIRES
INTRODUCTION
CONCLUSION
iii
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
REFERENCE WEBOGRAPHIQE
ANNEXES
iv
LISTE DES PHOTOS
Photo 1 : Front de la carrière.....................................................................................................15
Photo 2 : Affleurement de scorie couvrant la roche dure.........................................................15
Photo 3: Appareil utilisé pour effectuer l’essai de carottage sur le site....................................19
Photo 4: Syscal R1 et ses accessoires.......................................................................................28
Photo 5 : Carottage dans la partie Nord du site........................................................................46
v
GLOSSAIRES
Affleurement : Couches de roches sous-jacentes exposées à la surface du sol, sans être
recouvertes par le sol ou la végétation.
Biais : Dans l'estimation d'un paramètre d'une distribution de probabilité, le biais est la
différence entre la valeur estimée et la valeur réelle de ce paramètre.
Granite : Roche magmatique intrusive composée principalement de quartz, de feldspath et de
mica. Il est formé par le refroidissement lent du magma sous la surface de la Terre, ce qui lui
donne une texture granuleuse et une grande résistance.
Clivage : En géologie, c’est la manière dont un minéral se casse le long de surfaces planes
définies par sa structure interne.
Densité moyenne : Grandeur physique qui exprime la quantité de matière contenue dans un
volume donné.
Échelle de Mohs : Échelle de dureté utilisée en minéralogie pour déterminer la résistance des
minéraux à la rayure. Cette échelle, créée par le minéralogiste allemand Friedrich Mohs en
1812, classe les minéraux sur une échelle de 1 à 10, où 1 représente le minéral le plus tendre
et 10 le plus dur.
Géophysique : Étude des propriétés physiques de la Terre ou d'autres planètes en utilisant des
techniques de mesure indirectes telles que la gravimétrie, le géomagnétisme, la sismologie, le
radar géologique et la résistivité apparente.
Géostatistique : Branche statistique qui s’intéresse à l’étude de processus qui déploient de
façon continue dans l’espace géographique.
Krigeage : Méthode d'interpolation, développée par le statisticien sud-africain D.G. Krige
dans les années 1950. Il permet d'estimer la valeur d'une propriété en un point géographique
en se basant sur les observations voisines, en utilisant la théorie des variables régionalisées.
Latérite : Sol de couleur rouge qui résulte de la décomposition des roches.
Masse volumique : Masse d'un matériau par unité de volume.
Minéral : Substance solide et naturelle, qui se trouve dans la terre. Il a une composition
chimique spécifique et une structure cristalline régulière.
Perméabilité : Capacité d'un matériau à laisser passer des fluides (comme l'eau ou l'air) à
travers ses ports. Elle mesure la facilité avec laquelle un fluide peut s'écouler à travers un
matériau.
vi
Poids : Coefficients attribués à chaque point de données utilisé dans le calcul de la valeur
interpolée à un point donné. Ces poids déterminent l'influence de chaque point de donnée sur
l'estimation finale.
Porosité : Mesure du pourcentage de volume d'un matériau qui est constitué de pores ou de
vides. Elle indique combien de l'espace total est occupé par des cavités ou des espaces vides
par rapport au volume total du matériau.
Résistivité électrique : Propriété fondamentale des matériaux qui mesure leur capacité à
résister au passage d'un courant électrique.
Robuste : En statistique, une méthode est robuste si elle fournit des résultats fiables même
lorsque les données contiennent des erreurs ou des valeurs extrêmes.
Roche altérée : Roche qui a subi des modifications physiques, chimiques ou biologiques en
raison de l'exposition aux agents atmosphériques tels que l'eau, l'air, les températures
extrêmes, ou encore les organismes vivants.
Roche saine : Roche qui n'a pas été altérée par des processus externes comme l'érosion ou
l'altération chimique. Elle conserve ses caractéristiques d'origine, comme sa composition, sa
texture et sa solidité. Elle est généralement plus résistante et stable, ce qui la rend souvent
préférée pour des travaux de construction ou d'exploitation.
Texture : En roche, il décrit l'apparence et la sensation de sa surface, y compris la taille, la
forme et la disposition des particules ou des grains qu'elle contient. Cela peut affecter
comment la roche se sent au toucher ou comment elle apparaît visuellement.
Variogramme : Graphe représentant la semi-variance en fonction de la distance.
vii
LISTE DES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES
2D : Deux dimensions
3D : Trois dimensions
BD 100 : Base des données 1/100 00ème
C6 : Carrière numéro 6
COLAS : COLd ASphalt
CREAM : Centre de Recherches, d’Etudes et d’Appui à l’Analyse Economique de
Madagascar
FTM : Foiben-Taotsaritanan’i Madagasikara
GPS : Global Positioning System
IOGA : Institut et Observation de Géophysique d’Antananarivo
LNTBP : La société Laboratoire National des Travaux Public et Bâtiment
Ma : Million d’année
PGRM : Projet de Gouvernance des Ressources Minières de Madagascar
PK : Point Kilomètrique
RMS : Root Mean Square
RN 5A : Route nationale 5A
SAVA : Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa
SGDM : Société de Géosciences pour le Développent de Madagascar
TTG : Tonalite Trondhjémite-Granodiorite
UTM : Univesal Transverse Mercator
V.A : Variable Aléatoire
V.R : Variable Régionalisée
viii
INTRODUCTION
À l’échelle mondiale, l’utilisation de la pierre pour la construction de la route, du
bâtiment et de la statue remonte à l’antiquité (Touloum et al., 2022). La qualité des routes est
cruciale pour les déplacements terrestres. Elle facilite le transport des matières premières vers
les centres urbains et les zones côtières d’un pays. Une infrastructure routière bien entretenue
présente également des avantages touristiques et économiques durables pour ce pays (De
Sociologie, 2006 ; Pinho et Silva, 2016). En facilitant le transport, les routes de qualité
contribuent à réduire les coûts logistiques, favorisent la compétitivité des entreprises en
optimisant les temps de transport, et stimulent l'économie locale en attirant des
investissements et en créant des opportunités d'emploi. Par ailleurs, les routes dégradées
posent des problèmes de sécurité et entravent la venue des clients, ce qui peut sérieusement
compromettre la santé financière des entreprises du secteur. (Landier, 2007).
À Madagascar, de nombreuses entreprises continuent d'utiliser des roches massives
(basaltes, granites et rhyolites) comme matériaux de construction des routes en raison de leur
robustesse, de leur solidité et de leur accessibilité sur le territoire malgache (Bouchout et
Rançon, 2000).
La société Laboratoire National de Travaux Public et Bâtiment (LNTPB), établie à
Madagascar, est une entreprise nationale spécialisée dans la production de matériaux de
construction. Elle se consacre à l'exploitation de roches d'empierrement destinées à la
construction de routes, de bâtiments, et bien d'autres infrastructures. Dans le cadre du projet
de réhabilitation et d’élargissement de la route nationale 5A (RN5A), LNTPB prévoit
d'utiliser plusieurs milliers de mètres cubes de roches situées à proximité de cette route.
L'exploitabilité d'un gisement rocheux dépend de plusieurs facteurs, notamment la
qualité et la quantité de la roche, ainsi que l'épaisseur de la couverture latéritique
(Goupillière, 1896). De plus, la distance du gisement joue un rôle significatif dans
l'estimation des coûts de réhabilitation.
A la suite de cette requête, LNTPB a fait appel la Société Géoscience pour le
Développement de Madagascar (SGDM) afin de mener une étude sur une carrière localisée
entre Vohémar et Sambava le long de la RN5A. L'objectif principal de cette étude est de
fournir une analyse approfondie de la carrière en utilisant la méthode électrique pour identifier
les zones exploitables. Cette approche vise également à évaluer précisément le volume de
roches massives dans la carrière concernée, ce qui contribuera de manière significative à une
planification efficace du projet.
1
De ce fait, le présent mémoire intitulé : « Modélisation 3D des roches massives
exploitables sur un site de Fanambana, Vohémar, le long de la RN5A : approche
géophysique et géostatistique », fait partie intégrante de ce projet. Ce mémoire explore
l'application de techniques de la tomographie des résistivités électriques pour examiner la
structure géologique sous la carrière et le levé topographique pour étudier les caractéristiques
de surface de cette carrière. Ensuite, on met en œuvre les logiciels Oasis Montaj et Surfer,
largement reconnus dans le domaine de la géophysique et de la géostatistique pour la
modélisation d’un gisement et l’estimation volumétrique (http1 ; http2). D’un point de vue
technique, l’étude s’appuie sur l’analyse des documents préexistants : carte géologique,
données topographiques et études antérieurs. Ce mémoire est divisé en 03 chapitres distincts.
Le premier chapitre aborde le contexte général du granite et de la zone d'étude. Le deuxième
chapitre explore la méthodologie et les matériels utilisés. Et le dernier chapitre se concentre
sur l’interprétation des résultats obtenus et l'estimation volumétrique des roches massives du
site.
Enfin, une brève synthèse avec des perspectives sera proposée en conclusion, récapitulant les
points clés abordés tout au long de notre étude.
2
CHAPITRE I : CONTEXTE GÉNÉRAL DU GRANITE ET DE LA ZONE
D'ÉTUDE
Dans ce chapitre, on va aborder les roches granitiques. Ensuite, on regarde la localisation de
la zone d’étude, puis leur contexte climatique suivi du contexte géologique de la zone d’étude
et enfin, leur géomorphologique.
3
La figure 1 résume le mode de formation de roche granitique.
4
I.1.2 Propriétés physico-chimiques
I.1.2.1 Propriétés physiques
Le tableau 1 présente les propriétés physiques du granite.
: Propriétés physiques du
Tableau 1 granite (Sources : Youash, 1970 ; Homand et al., 2002 ; El
Hassani et El Azhari, 2009)
Clivage Irrégulière
Couleur Peut varier, incluant des teintes de rose, gris,
blanc, noir et vert en fonction de la
composition minéralogique.
Densité moyenne 2,56 g/cm3
Dureté à l’échelle de Mohs 6-7
Masse volumique apparente 2 400-3 000 Kg/m3
Perméabilité 10-9 – 10-10 c m/s
Porosité totale 1%
Résistivité électrique 1000 - 15 000 Ω m
Température de fusion 900°-950°C
Texture Grossière et Granuleuse
Type de roche Roche magmatique plutonique
SiO2 74,5
Al2O3 14
Fe, Mn, Mg et Ca 2
5
Compositions minéralogiques
Le granite est une variété de roche éruptive. Sa composition minéralogique est
principalement composée de quartz, de micas, de feldspaths potassiques et de plagioclases.
On peut également y trouver des minéraux tels que la hornblende, la magnétite, le grenat, le
zircon et l'apatite (Boutemedjet et al., 2019).
6
Figure 3: Utilisations de granites
Parmi les 04 districts de cette Région, un d'entre eux, à savoir Vohémar a été pris en
compte dans l'étude. Plus précisément, l’étude est menée dans le site situé à 100 m à droite de
l’axe de la RN5A au PK 191 dans le Fokontany Fanambana de la commune Fanambana
(Carte 1). Il est repéré en X= 0390736 m et Y= 8498939 m Sud du système rectangulaire
UTM 39K.
7
Carte 1 : Localisation de la zone d’étude
I.2.2.1. Précipitations
La pluie est l’un des facteurs qui peuvent accélérer l’altération des roches (Derron,
2000). Le diagramme ci-dessous (figure 4) présente les fluctuations mensuelles des
précipitations au Région Sava, basée sur les données enregistrées par la station
météorologique de Sambava au cours des années 2013 à 2023. Il est notable que la période la
8
plus humide se situe entre Décembre à Avril, avec une moyenne de précipitations de 393 mm,
tandis que le minimum est observé entre Mai à Novembre, avec 175,71 mm de précipitations
moyennes.
500
450
400
350
300
Précipitation[mm]
250
200
150
100
50
0
i er ie
r
ar
s ril ai in et ût br
e
br
e
br
e
br
e
nv vr M Av M Ju ill Ao to
Ja é Ju em c m m
F pt O No ce
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Mois
I.2.2.2. Température
Les variations des températures ont des effets sur le changement de volume des
roches. Elles peuvent aussi accélérer les processus d’altération chimiques des roches (Bost,
2008). Les deux courbes ci-dessous (figure 5) représentent les variations des valeurs
moyennes des températures maximales et minimales dans la région de la Sava au cours des
dix dernières années (2013-2023), selon les données enregistrées par la station
météorologique de Sambava. En analysant ces courbes, on peut dire que pendant la saison
pluvieuse, les températures sont élevées, tandis que la saison fraîche englobe le reste de
l’année.
9
Figure 5: Variation mensuelle de la température
10
30 500
450
25
400
350
20
300
15 250
200
10
150
100
5
50
0 0
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J F pt Oc No ce
S e Dé
Précipitation Température
11
Sous-domaine d’Antongil
Sous-domaine de Masora
Domaine d’Itremo
Complexe de Tsaratanana
12
Carte 2: Socle cristallin de Madagascar (Source : PGRM 2012)
I.2.3.2. Géologie régionale
La Région SAVA appartient au domaine de Bemarivo et à une partie du sous-domaine
d’Antongil (Carte 3).
13
Carte 3: Carte géologique de la Région Sava (source : FTM BD 500)
14
Photo 1 : Front de la carrière
15
Carte 4: Géologie du site (Source : BD 500)
I.2.4. Géomorphologie
Le relief de la Région SAVA se divise en trois sections différentes (CREAM, 2013).
À l'Est, les terrains sont plats, avec des altitudes généralement inférieures à 200 m. Dans la
partie centrale, le relief est très accidenté, avec des altitudes variant de 201 à 800 m. À
l'Ouest, la topographie est aussi caractérisée par des reliefs accidentés et des altitudes élevées,
souvent supérieures à 800 m, plus spécifiquement, la partie centrale-Ouest de la région
comprend des reliefs atteignant des altitudes de plus de 2000 m, principalement autour du
grand massif de Tsaratanana, dont le point culminant s'élève à 2 880 m (Castermans et
Bielders, 2020). La carte 5 illustre la variation de relief de Région SAVA.
16
Carte 5: Variation du relief dans le Région Sava (source : Landsat 9, 2024)
17
CHAPITRE II : METHODOLOGIE ET MATERIELS
Ce chapitre élucide les méthodes et les équipements utilisés dans l'étude. On
commence par examiner la notion du carottage, puis on aborde la méthode électrique, choisie
parmi les méthodes géophysiques pour cette étude. Ensuite, on explore la réalisation de la
levée topographique à l'aide de l'appareil Reach Rover RS+. Enfin on fait quelques rappels sur
la géostatique.
Principe de carottage
Le carottage est réalisé à l’aide de l’appareil appelé « carottier », qui composé d’un
tube creux et un outil rotatif. Son principe de fonctionnement est simple : tout d’abord, le
carottier est placé sur le matériau à carotter, puis l’outil rotatif est utilisé pour creuser un trou
cylindrique dans le matériau. Le tube creux est ensuite retiré dans le matériau, emportant avec
lui l’échantillon (Saadati et al., 2014). La photo 3 expose le matériel utilisé durant l’essai de
carottage.
18
Photo 3: Appareil utilisé pour effectuer l’essai de carottage sur le site
19
les environnements karstiques (Militzer et al., 1979), détection de structures archéologiques
(Papadopoulos et al., 2006), localisation et estimation des flux et de la vitesse d'écoulement
des eaux souterraines et des contaminants (Barker et Moore, 1998), suivi des migrations de
polluants et d'eaux salées dans les milieux côtiers (Monego et al., 2010). Dans notre cas, on
l’utilise pour déterminer les zones exploitables sur le site.
20
II.2.2. Résistivité électrique
En général, la résistivité électrique du sous-sol est un paramètre physique qui mesure
la capacité d'un matériau à s'opposer au passage des charges électriques libres en présence du
champ électrique (Herman, 2001). On parle de résistivité vraie lorsque le terrain est
homogène et isotrope tandis que dans le terrain hétérogène, on parle de résistivité apparente
ou résistivité intrinsèque (Hebbache, 2017).
Où
r : Distance entre l’électrode du courant et l’électrode de mesure du potentiel.
À partir de l’équation (2), on peut justifier les potentiels créés au point M et N, en supposant
que A soit la borne positive de la source du courant et que B corresponde à la borne négative.
21
Au point M, on a :
I I
En A, V A ( M )= ρ Et en B, V B ( M )=− ρ (3)
2 πAM 2 πBM
La formule (3) fournit le potentiel en M créé par les bornes A et B :
I I
V M =V A ( M ) +V B ( M )= ρ −ρ (4)
2 πAM 2 πBM
Au point N, on a :
I I
En A, V A ( N ) =ρ Et en B, V B ( N )=− ρ (5)
2 πAN 2 πBN
∆ V =V M −V N =
ρI 1
( −
1
−
1
+
2 π AM BM AN BN
1
) (7)
Avec :
∆ V : Différence de potentiel mesurée entre les électrodes M et N
I : Intensité du courant injecté entre les électrodes A et B
AM, BM, AN et BN : Distances entre les électrodes A et M, B et M, A et N, et B et N
2π
K=
( AM1 − BM1 − AN1 + BN1 )
(8)
22
sous-sol, la température, la teneur d’eau, la porosité, le taux d’argile et d’autres éléments
(Ward, 1990 ; Telford et al., 1990 ; Ruellan et Deletang, 1967).
Loi d’Archie
Selon la loi d'Archie, la résistivité électrique d'un matériau rocheux est affectée par les
caractéristiques et la concentration des fluides qu'il contient (Archie, 1942). Cette relation
entre les paramètres et la résistivité électrique est formulée par l'équation (9) (Hossin, 1960) :
−m −n
ρr =ρW a Φ S (9)
ρW : Résistivité de l’eau
Φ : Porosité de la roche
23
Tableau 4 : quelques valeurs de résistivité utilisant la loi d'Archie (Source : Archie, 1943 ; Jackson et al.,
1978 ; Keller, 1988)
24
Figure 8: Dispositifs courants en prospection électrique
25
II.2.5. Technique d’acquisition des données
Plusieurs techniques telles que le sondage électrique, le profilage ou le trainé
électrique et le panneau électrique peuvent être utilisées dans la méthode électrique
(Chouteau et Giroux, 2006). Dans le cadre de cette étude, on n’utilise que du panneau
électrique. Il est aussi appelé tomographie électrique ou imagerie de résistivité électrique. Il
offre une approche 2D, horizontale et verticale de l'investigation du sous-sol, combinant les
avantages des sondages électriques en profondeur et des traînées électriques en profils
(Fargier, 2011).
Le principe d’acquisition des données du panneau électrique est basé sur la mesure de
la différence du potentiel, puis le calcul de la résistivité du sous-sol le long d'un profil
rectiligne en utilisant un résistivimètre à électrodes multiple de même distance.
Pendant la collecte de données, le résistivimètre effectue automatiquement tour à tour
la sélection des 04 électrodes utilisées pour l'injection du courant électrique et la mesure du
potentiel électrique résultant, selon les besoins de l’acquisition. Les données obtenues grâce à
la mesure sont ensuite stockées dans la mémoire du résistivimètre.
Le nombre de mesures effectuées lors d'un panneau électrique dépend étroitement du
dispositif utilisé, du nombre d'électrodes total implantées le long du profil étudié et le nombre
de séquence de mesure, noté « ni». Dans notre cas, on a réalisé la tomographie électrique avec
le dispositif Wenner α car ce dernier est sensible aux variations verticales c’est-à-dire il est
adapté à la détection des structures horizontales (Plancencia, 2004). Dans ce dispositif, la
distance entre les électrodes consécutives est pareil, noté « a ». Les nombres des mesures
effectuées peuvent être déterminés à l'aide de la formule (10).
M = ∑ ( N − 3 ni ) (10)
i
Sous conditions :
N
ni ≤ Et ni est toujours un nombre entier
3
La distance interélectrode est égale à a
Avec
M : nombre des mesures effectuées lors d’un panneau électrique
N : nombre total d’électrodes présentes dans le panneau électrique
ni : numéro de la séquence de mesures
26
On a utilisé 32 électrodes donc, les valeurs de n i seront 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10. Le nombre
total de mesures effectuées dans le panneau de notre étude est alors :
M= (32-3*1) + (32-3*2) + (32-3*3) + (32-3*4) + (32-3*5) + (32-3*6) + (32-3*7) + (32-3*8)
+ (32-3*9) + (32-3*10) = 155
La figure 9 montre la configuration des électrodes pour le panneau électrique du type Wenner.
27
Des fils, deux multinodes, ainsi que trente-deux (32) électrodes dont seize (16) sont
reliées au premier multinode et les seize (16) autres sont reliés au second.
Un ordinateur pour transférer la séquence de mesure.
Un GPS de type GARMIN pour piquer la géolocalisation.
Un décamètre pour définir la distance interélectrode.
Des eaux salées pour faciliter le contact entre les électrodes et le sol.
28
l'élimination des valeurs aberrantes, le filtrage des données, et si nécessaire, l'ajout des
données topographiques pour une analyse plus complète (Alnaser et al., 2021).
En géophysique, les traitements des données passent souvent par une méthode
d’inversion (Soulaimani et al., 2020). Il existe deux types des logiciels d’inversion des
données en panneau électrique : RES2DINV et le RES3DINV, développés par H. Loke en
1997 (Loke, 1997). Dans le cadre de cette étude, on utilise le RES2DINV, qui inverse
automatiquement les données expérimentales par la méthode des moindres carrées, avec
l’utilisation de la méthode de différence finie, afin d’obtenir un modèle 2D appelé « pseudo-
section » de la subsurface à partir de la résistivité du sous-sol. De plus, elle intègre la méthode
de lissage par contrainte pour déterminer le modèle approximatif (Loke, 2004).
Le processus d’itératif du logiciel RES2DINV commence par diviser le profil en
plusieurs blocs (figure 10). La taille de ces blocs augmente avec la profondeur et le nombre de
blocs diminue à partir d’extrémité en raison de la perte de résolution de la méthode électrique.
Dans le cadre de cette opération d'inversion, les premières données intégrées dans les
blocs du modèle correspondent aux valeurs de résistivité apparente obtenues au cours de
l’acquisition. Ensuite, le logiciel recalcule ces valeurs apparentes et les comparent aux
mesures de terrain. Cette comparaison lui permet d’ajuster les valeurs et de générer un modèle
plus précis, c’est-à-dire réduire la différence entre les valeurs vraies et le modèle pour que
l’erreur RMS (Root Mean Square) soit inférieure à une valeur seuil (Loke, 2001). Sinon, le
processus d'inversion refait un calcul de la résistivité apparente et compare le modèle résultant
au modèle réel.
L’organigramme ci-dessous résume le traitement des données de panneau électrique par
RES2DINV.
29
LECTURE INVERSION PAR CALCUL DE ρ PAR
DES MOINDRES DIFFÉRENCE FINIE
DONNES CARRÉES
Oui
MODÈLE
FINAL
EN 2D
30
topométrie de haute précision (centimétrique) nous a permis de collecter et de mesurer avec
exactitude les coordonnées géographiques d'un point spécifique.
II.3.1. Acquisition des données topographiques (Hill et al., 2019 ; Kalacska, 2018)
L'acquisition des données en Reach RS+ suit les étapes suivantes :
Installation et Configuration de la Station de Base :
Placez la station de base sur un endroit stable avec une vue dégagée du ciel.
Allumez la station de base en appuyant sur le bouton d'alimentation.
Configurer la station de base dans l'application Emlid Flow en entrant sa
position exacte et en réglant les paramètres de correction pour qu'elle envoie
des données de correction au rover.
Connexion et Configuration du Rover :
Allumez le récepteur.
Connectez le smartphone ou la tablette au réseau Wi-Fi du récepteur.
Dans l'application Emlid Flow, configurez le récepteur pour qu'il reçoive les
corrections de la base et mettez-le en mode Kinematic pour obtenir des
corrections en temps réel.
Surveillance de la Réception :
Assurer la réception des corrections de la station de base par le rover et vérifier
que le nombre de satellites est suffisant pour garantir une précision optimale.
Utiliser le mode Float pour atteindre une précision submétrique en attendant de
passer en mode Fix pour une précision centimétrique.
Collecte des données sur le terrain :
Déplacez le récepteur aux différents emplacements souhaités pour collecter les
données.
Utilisez l'application Emlid Flow pour enregistrer les coordonnées précises des
points, lignes et polygones. Vérifiez continuellement la qualité du signal pour
assurer la précision des données collectées.
Après avoir complété la collecte de données, l'enregistrement dans l'application Emlid Flow
est arrêté. Les données collectées sont ensuite sauvegardées dans divers formats : « .xlsx »,
31
« .csv », « .dxf » et « .shp » au sein de l'application. Une fois importées dans la mémoire du
téléphone ou de la tablette, les données peuvent être aisément transférées vers un ordinateur.
32
1955 : Le géologue Sud-Africain Danie G. Krige qui enseigne à l’université du
Witwatersrand en Afrique du Sud a effectué des calculs pour évaluer les ressources
d’un gisement d’or à partir du nombre de sondages répartis dans la zone d’étude. À ce
moment-là, la quantité d’intérêt est inconnue et traitée comme une variable aléatoire
(Matheron, 1962).
1960-1970 : George Mathéron et Gandin ont collaboré pour développer la théorie de
la variable régionalisée, donnant ainsi naissance à la géostatistique en réponse
soulevées par Krige. En hommage à Daniel G. Krige, décédé en 1956, Mathéron a
donné le nom de la méthode d’estimation développée Krigeage (Matheron, 1962).
A la fin de l’année 60 et au début de l’année 70, les chercheurs russes ont appliqué la
géostatistique à la recherche de lame d’eau écoulée liée aux précipitations.
1976 : Delhomme est la première personne à utiliser la géostatistique en
hydrogéologie de la surface et l’eau souterraine.
De nos jours, la géostatistique est utilisée dans divers domaines. Ses applications ne se
restreignent plus uniquement dans les domaines des ressources naturelles. Plus
précisément, elle peut s’appliquer à toutes les sciences de la nature (Armstrong et
Carignan, 1997).
33
II.4.2.2.1. Loi de probabilité
La loi de probabilité d’une variable aléatoire est connue comme un outil qui permet de
caractériser les V.A sous forme d’une expérience type (Misés, 1936). Elle analyse cette
expérience et on peut déduire les principales caractéristiques de toutes les autres expériences
aléatoires qui sont du même type.
V ( X )=E ( [ X − E ( X ) ] )=E ( X 2 ) − [ E ( X ) ]
2 2
(12)
II.4.2.2.4. Covariance
Contrairement à la variance, la fonction covariance permet d’étudier les ressemblances
entre les deux points pairs par rapport à leur moyenne. Si on prend par exemple deux points
x i, x j , elle peut être déterminée par l’équation suivante (Henderson, 1953) :
Cov (F ( x i), F ( x j )) = E [F ( x i − m)* F ( x j −m )] (13)
34
II.4.3.2. Hypothèses fondamentales de la variable régionalisée
II.4.3.2.1. Hypothèse de stationnarité d’ordre 2
Une fonction aléatoire Z(x) est dite stationnaire d’ordre 2 si la covariance entre les
pairs existe et ne dépend que de la distance entre les deux points « h ». Cela signifie que
l’espérance mathématique et la variance existent et sont constantes sur tout le domaine
d’étude, c’est-à-dire elles ne dépendent pas de la position spécifique « x » (Matheron et
Delfiner, 1980) :
E(X) = m (14)
Var (Z(X)) = Cov [Z(x), Z(x)] = C (0) (15)
35
N (h )
1
N (h )
1
∑ [ ( Z ( x i ) − Z ( x i+ h ) ) ]
2
(19)
∑
2
γ ( h )=
2 N ( h) i , j
[ Z ( xi )− Z ( x j ) ] =
2
i=1
N (h )
Avec :
h : Distance pour laquelle on calcule le variogramme
γ ( h ): Variogramme à distance h
N(h) : Nombre de paires de points séparées par la distance h
Z ( x i ) Et Z ( x i +h ) : valeurs mesurées au point x i et x j
36
Figure 12:Caractéristique du variogramme
{
γ ( h )= 0 sih=0
C 0 si h>0
Ce type représente la discontinuité à l’origine du variogramme.
Modèle sphérique
{[ ( )]
3
3h 1 h
γ ( h )= C 2 a − 2 a si 0< h<a
C si h> 0
37
Il s'agit d'un variogramme linéaire à l’origine, caractérisé par une pente de 3 C /2 a . La
portée pratique, correspondant à la distance pour atteindre 95% du palier, est de 0.81a.
Modèle cubique
{ [ ( ) ( ) ( ) ( )]
2 3 5 5
h 35 h 7 h 3 h
γ ( h )= C 7 a − 4 a + 2 a − 4 a si h ≤ a
C si h ≥ a
Ce variogramme montre un comportement parabolique à son origine et atteint sa portée à
une distance a. La portée pratique, à laquelle 95% du palier est atteint, est de 0.69a.
Modèle Gaussien
( ( ))
2
−h
γ ( h )=C 1 −exp
a
Ce modèle exhibe un comportement parabolique à l’origine et converge
asymptotiquement vers son palier. La portée pratique, c'est-à-dire la distance à laquelle 95%
du palier est atteint, équivaut à 1.73 a.
Modèle exponentiel
(
γ ( h )=C 1 −exp ( −ah ))
Ce modèle présente aussi une tendance linéaire à l’origine, avec une pente de Ca. Il
converge asymptotiquement vers son palier. La portée pratique, définie comme la distance
pour atteindre 95% du palier, est de 3a.
Modèle puissance
α
γ ( h )=C h 0<α < 2
Le paramètre α est une caractéristique de forme. C représente un coefficient multiplicatif
positif. Si α =1 alors ce modèle devient linéaire.
Modèle sinus cardinal
( )
γ ( h )=C 1 −
sin
h
a
( ha )
38
phénomènes de compétition sont en jeu : la présence d’une forte valeur en un point donnée
implique de faibles valeurs au voisinage de ce point.
L’équation (21) montre que la teneur d’un bloc est la moyenne des V.R des points présentent
dans le bloc.
De plus E(Zv(x)) = m
La variance de ZV(x) s’écrit alors :
[
Var (Zv(x)) = σ V =E ( Z V ( x ) − m )
2
]
En changeant la valeur de et on a :
[( )]
2
1
Var (Zv(x)) = σ V =E
V
∫ Z ( y ) dy − m
39
=E [ 1
v
2 ∬ ( ( 1)
Z y − m)( Z ( y 2 ) − m ) dy 1 dy 2
]
1
=
v
2
E [∬ ( Z ( y ) − m)( Z ( y ) −m ) dy dy ]
1 2 1 2
1
=
v
2 [∬ Cov ( Z ( y ) , Z ( y ) ) dy dy ]
1 2 1 2
= Var = σ 2v =C ( v , v ) or C ( h )=σ 2 − γ ( h )
Cette expression (22) justifiée que la variance d’un bloc est déterminée par la moyenne de
covariances entre toutes les paires de points formées à l’intérieures du bloc.
40
Figure 13: Bloc V subdiviser en n petits blocs vi
La V.R expérimentale est définie comme la moyenne des valeurs de la variable dans
l'ensemble de V :
n
1
Z (V )= ∑ z ( vi )
n i=1
La variance des échantillons pour un bloc V est :
n
1
S2v ∨V =σ 2v ∨ V =
i
∑
n i=1
( z ( v i ) − Z (V ) )
2
[ ]
n
1
D 2 ( v|V )= E ( S2v ∨ V )=E ( σ 2v ∨ V ) =E
i
∑
n i=1
( z ( vi )− Z ( V ) )
2
=E
D ( v|V )=σ v −σ V
2 2 2
(23)
D’après l’équation (24), on peut dire que la variance de dispersion n’est autre qu’une variation
de V.R mesurée sur deux volumes différents. Cette expression permet de former une règle
d’additivité extrêmement générale pour plusieurs blocs de dimensions variées.
Si l’on dispose des volumes V 1, V2, V3, V4… Vn-1 tel que V 1 <V 2 <…<V n −1 alors la
variance de dispersion pour plusieurs blocs peut être exprimée par :
Cette équation, également connue sous le nom de relation de Krige, a été dérivée à la suite des
expériences menées par D.G. Krige lors de son analyse des gisements d'or en Afrique du Sud.
41
Elle a ensuite été théoriquement validée par la théorie des variables régionalisées de G.
Mathéron.
II.4.6.2. Expression
Soit un volume V constitué n points de mesure x i. On connaît les mesures de z(xi)
tandis que la valeur moyenne z(x) est à calculer :
1
z (V )=
V
∫ z ( x ) dx
La valeur de z(V) est inconnue alors, on peut la remplacer par son estimateur :
n
1
Z = ∑ z ( xi )
❑
n i=1
❑
Lorsqu’on estime z(V) par Z , cela introduit une erreur d'estimation, définie comme la
❑
différence entre Z et z(V). Pour mieux caractériser cette erreur, on peut envisager z comme
une réalisation d'une fonction aléatoire stationnaire ou intrinsèque Z avec un variogramme
notéγ ( h ). Il est évident que l'espérance de l'erreur d'estimation est nulle.
E ( Z|− z ( V ) )=0 (27)
L'estimateur 𝑍∗ est dépourvu de biais, ce qui implique qu'il ne présente aucune propension
systématique à sous-estimer ou surestimer la vraie valeur. La variance d'estimation reflète
l'ampleur de l'erreur, précisément exprimée par son carré.
2
Var ( e )=σ e =E [ Z|− z ( V ) ]
2
42
1
γ ( x i , V )=
V
∫ γ ( xi − x j )
II.4.7. Krigeage
II.4.7.1. Définition
Le krigeage est une technique d'interpolation statistique utilisée en géostatistique pour
estimer les valeurs d'une variable spatiale inconnue à des emplacements non échantillonnés à
l'aide d'observations disponibles à d'autres emplacements. Cette approche vise à minimiser la
variance d’estimation théorique déduite du variogramme (Droesbeke et al., 2006).
V =∑ λi Z i
Z❑
i=1
❑
Avec Z : estimateur
V
λ i: Poids
Zi : Variables aléatoires aux points d’échantillons
Leur variance d’estimation est donc définie par :
2
Var ( e )=σ e =E [ Z V − ZV ]
2 ❑
43
Pour qu’un estimateur soit statistiquement satisfaisant, il faut qu’il doive être sans biais
(Hurlin et Mignon, 2022), c’est-à-dire :
n
∑ λi=1
i=1
On cherche à minimiser une fonction quadratique, qui est une fonction convexe. Cependant,
cette minimisation est soumise à une contrainte d'égalité. Pour résoudre ce problème, on
utilise la méthode de Lagrange (Rivoirard, 1984). Pour ce faire, on introduit une fonction
appelée lagrangien :
(∑ )
n
L ( λ )=σ 2e +2 μ λi− I
i=1
(∑ )
n n n n
Var ( Z V ) +∑ ∑ λ i λ j Cov [ Z i , Z j ] −2 ∑ λ i Cov [ Z V , Z i ] +2 μ λ i − I (31)
i=1 j=1 i=1 i=1
Où μ: multiplicateur de Lagrange
λ i: Multiplicateur lié aux contraintes d’égalité
Le minimum de la fonction est obtenu lorsque les dérivées partielles par rapport à chaque λ i
Ainsi que par rapport à μ s'annulent. La résolution de ce système d'équations est couramment
désignée comme la résolution du système de krigeage ordinaire.
Système de Krigeage ordinaire :
{
n n
∑ λ j =1
j=1
n
σ 2k =Var ( Z V ) − ∑ λi Cov ( Z V , Z i ) − μ (32)
i=1
44
Cette équation (32) ne repose pas sur les valeurs observées ; elle dépend uniquement du
variogramme et de la disposition des points utilisés dans l'estimation par rapport au point, ou
bloc à estimer (Matheron, 1962).
Sachant queC ( h )=σ 2 − γ ( h ) , donc la variance de Krigeage peut être écrite en fonction du
variogramme :
n
σ =∑ λ i γ ( v , x i ) − γ ( v , v ) − μ
2
k
i=1
K 0 λ0 =k 0
2 2 '
σ k =σ v − λ0 k 0
0
[ ]
2
σ Cov ( Z1 , Z 2 ) Cov ( Z 1 , Z n ) 1
2
…
Cov ( Z 2 , Z 1 ) σ Cov ( Z 2 , Z n ) 1
Actuellement : K 0= ⋮
Cov ( Z n , Z 1 ) Cov ( Z n , Z 2 ) σ 2 1
⋯
1 1 1 1
[ ] []
Cov ( Z 1 , Z v ) λ1
Cov ( Z 2 , Z v ) λ2
K 0= ⋮ Et λ 0= ⋮
Cov ( Z n , Z v ) λn
1 μ
45
n n n
σ 2e =Var ( Z V ) + ∑ ∑ λi λ j Cov [ Z i , Z j ] −2 ∑ λi Cov [ Z V , Z i ] (34)
i=1 j =1 i=1
On effectue la dérivation de cette expression par rapport à chaque λ i afin d'obtenir le système
de krigeage simple :
n n
46
CHAPITRE III : INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ET
ÉVALUATION DES ROCHES MASSIVES EXPLOITABLES SUR LE
SITE
Dans ce chapitre, on présente puis interprète les résultats de l'essai de carottage et des
panneaux électriques réalisés sur le site. On va voir également le processus d’évaluation des
roches massives sur le site.
48
est installé en face du front du site pour déterminer si l’exploitation en profondeur est encore
possible.
Début Fin
Nom
X(m) Y(m) X(m) Y(m)
Profil 1 0390633 8498794 0390743 8498883
Profil 2 0390614 8498908 0390691 8498771
Profil 3 0390678 8498751 0390793 8498806
Profil 4 0390714 8498964 0390691 8498874
49
III.2.2 Résultats et interprétations des profils électriques
Les 04 coupes géoélectriques issues des profils installés ont généralement montré trois
formations distinctes en fonction de leurs résistivités électriques : une formation
moyennement conductrice avec une faible gamme de résistivité, comprise entre 80 à 577 Ωm,
une formation moyennement résistante, avec une gamme de résistivité allant de 577 à 1115
Ωm, et enfin une formation résistante, caractérisée par des valeurs de résistivité supérieures à
1115 Ωm. La descente sur le terrain et l’essai de carottage montrent que :
La formation moyennement conductrice est associée à la latérite.
La formation moyennement résistante correspond au granite migmatitique altéré et
fissuré.
La dernière formation apparue est constituée de roche saine de granite migmatitique.
Profil 1
Profil P2
50
Figure 17: Coupe géoélectrique P2 du site
Profil P3
51
Profil 4
La figure 19 illustre clairement la domination de la roche saine. Cette couche a une épaisseur
moyenne de 16 m.
52
III.3.2 Modélisation tridimensionnelle des profils installés sur le site
Le logiciel Oasis Montaj 8.4 est utilisé pour modéliser en 3D les quatre profils installés sur le
site. Il sert également à interpoler les données afin d’identifier les zones exploitables.
Les paramètres définis pour le calcul du variogramme sont indiqués dans le tableau 7.
Tableau 7 : Paramètres du variogramme théorique
53
III.3.2.2 Modèle 3D des 04 panneaux par krigeage
La figure 21 présente les 04 coupes géoélectriques en 3D. Elle révèle que la couverture
latéritique est plus épaisse dans la partie sud du site et met en évidence une altération plus
avancée du granite migmatitique en amont. L’exploitation est donc envisageable dans la
profondeur du site.
54
On examine trois variables régionalisées : l'élévation de la latérite, le toit de la roche
saine et le substratum de cette roche. En utilisant ces données, on peut calculer à la fois le
volume de la couverture latéritique et le volume des roches massives.
III.3.3.1 Cartes d'élévation de la latérite (L), du toit (T) et du substratum rocheux (S)
Étude variographique de L, T
La Figure 22 illustre les variogrammes des L et T, accompagnés des modèles théoriques
ajustés aux variogrammes expérimentaux.
Les paramètres choisis pour le calcul du variogramme sont indiqués par le tableau 8.
Tableau 8 : Paramètres des variogrammes théoriques
Validation croisée de L et T
Une fois que le modèle de variogramme est sélectionné, la validation croisée permet de
comparer l'effet de différents modèles sur les résultats de l'estimation. Le principe consiste à
exclure successivement chaque observation pour l'estimer à partir de ses voisins. Ainsi, à
55
chaque point, on obtient une valeur réelle et une valeur estimée, que l'on peut ensuite
comparer. Cette comparaison permet de vérifier la correspondance entre les données et le
modèle variographique utilisé c’est-à-dire, elle permet de comparer l'erreur d’estimation
expérimentale et l'erreur d’estimation due au modèle de variogramme en calculant les
moyennes des erreurs et la moyennes des erreurs quadratiques (Myers, 1993).
Pour que le modèle soit considéré comme satisfaisant, la moyenne des erreurs doit être
proche de 0 et la moyenne des erreurs quadratiques doit être la plus faible possible,
idéalement proche de 1 (Myers, 1993).
La figure 23 décrit la validation croisée de L et T.
La figure 23 montre que la moyenne des erreurs pour les variables régionalisées L et T est
inférieur à 1. De plus, l’erreur moyenne quadratique (RMS) pour chacune de ces variables est
très proche de 1. Cela indique une bonne correspondance entre les modèles de variogramme et
56
les valeurs expérimentales, reflétant ainsi une qualité d'estimation satisfaisante pour la suite.
En outre, lors de la validation croisée, sur les 75 points krigés pour la variable L, 74 ont révélé
une robustesse satisfaisante, tandis que parmi les 101 points krigés pour T, 94 ont présenté
une robustesse adéquate.
57
Figure 24 : Cartes isopaques de L et T
En s'appuyant sur la figure 25 et en utilisant le logiciel Surfer 25, qui applique la méthode de
Simpson (voir annexe 5) pour l'estimation volumétrique, il est possible de déterminer
simultanément les volumes des stériles et des roches massives sur le site.
La formation stérile, située au-dessus de la roche saine, a un volume estimé à cent quatre-
vingt mille cent onze mètres cubes (180 111 m3). Quant aux roches massives, elles sont
limitées par la rivière Fanambana (voir annexe 6) et leur volume est estimé à un million sept-
cent cinquante-neuf mille sept cent quatre-vingt-huit mètres cubes (759 788 m3).
58
CONCLUSION
Ce travail, mené sur le site situé dans le district de Vohémar, a permis d'appliquer et de
maîtriser diverses techniques de prospection géophysique, notamment l'imagerie électrique et
le levé topographique à l'aide du GPS Reach Rover RS+. Le but de cette étude était de
perfectionner l'interprétation géophysique et d'exploiter les données obtenues pour estimer le
volume des roches massives, en combinant les logiciels Oasis Montaj 8.4 et Surfer 25, tout en
appliquant la méthode de krigeage.
Les résultats obtenus ont souligné la précision offerte par l'imagerie électrique. De plus, la
modélisation géostatistique a permis de localiser avec une plus grande exactitude les réserves
de roches exploitables. L’étude a révélé que la couverture latéritique est particulièrement
épaisse dans la zone Sud-Ouest du site. En s'appuyant sur ces résultats, on constate que
l'exploitation est envisageable en profondeur et dans la partie Nord du site. Grâce à
l’utilisation du logiciel Surfer 25, le volume de stériles a été estimé à cent quatre-vingt mille
cent onze mètres cubes, tandis que celui de la roche saine disponible sur le site atteint sept-
cent cinquante-neuf mille sept cent quatre-vingt-huit mètres cubes.
Cependant, en raison de l'insuffisance des données et l’inaccessibilité de plusieurs parties du
site, il n’a pas été possible de présenter certains blocs dans le site étudié.
Bien que le choix du dispositif soit dépendant de la structure à imager et de la formation
géologique dans laquelle il est implanté, plusieurs suggestions pourraient améliorer la qualité
de ce travail :
Implanter plus de profils couvrant l'ensemble du secteur à étudier.
Augmenter la profondeur du carottage afin d’obtenir un maximum d’informations sur
les couches présentes et le substratum de la roche saine sur ce site.
Il est également recommandé d’utiliser la sismique réfraction, qui analyse les ondes réfractées
en provoquant une vibration à la surface et en enregistrant le temps de propagation des ondes
le long des interfaces géologiques. Cette méthode permet d’estimer la vitesse et le pendage
des couches, ainsi que de localiser le substratum rocheux.
59
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http3 : //fr.geologyscience.com/rocks/granit/?amp (15/12/2023)
66
ANNEXES
Annexe 1 : Configuration du résistivimètre
Avant de lancer l’acquisition des données, on utilise le logiciel Ellectre II pour configurer le
résistivimètre qui sera employé. Cela implique de choisir le dispositif à utiliser, le nombre
d'électrodes implantées et la séquence de mesure. Lorsque la configuration du résistivimètre
est terminée, on peut commencer l'acquisition des données.
I
Annexe 4 : Logiciels utilisés
ARCGIS
ARCGIS est un logiciel utilisé en Système d'Information Géographique (SIG) développé par
Esri, utilisé pour créer, gérer, analyser, et visualiser des données spatiales et géographiques. Il
est largement utilisé dans divers domaines, y compris l'urbanisme, l'environnement, les
transports, et les télécommunications, pour aider à la prise de décision basée sur des données
géographiques.
Oasis Montaj
Oasis Montaj est un logiciel développé par Seequent (anciennement Geosoft) pour la collecte,
la visualisation, le traitement et l'interprétation des données géophysiques, géochimiques et
géologiques. Il est utilisé dans les industries de l'exploration minière, de l'hydrocarbure, et de
l'environnement pour aider les géoscientifiques à analyser des données complexes et à créer
des modèles géologiques détaillés.
Surfer
Surfer est un logiciel de modélisation et de visualisation de données développé par Golden
Software. Il est largement utilisé pour créer des cartes, des surfaces, et des modèles 3D à
partir de données géospatiales. Surfer est particulièrement prisé dans les domaines de la
géologie, de l'hydrologie, de l'ingénierie, et de l'environnement pour analyser et représenter
visuellement des données complexes.
II
Annexe 6 : Rivière de Fanambana
III
REMERCIEMENTS.........................................................................I
GLOSSAIRES.............................................................................. V
INTRODUCTION.......................................................................... 1
IV
II.2.2.1 Notion de la résistivité vraie................................................................................................................21
II.2.2.2. Notion de la résistivité apparente.......................................................................................................22
II.2.3. Différents types de dispositifs utilisés....................................................................................................24
II.2.4. Profondeur d’investigation....................................................................................................................25
II.2.5. Technique d’acquisition des données....................................................................................................26
II.2.6. Matériels d’acquisition des données.....................................................................................................27
II.2.7. Traitement de données en panneau électrique.....................................................................................28
V
III.3.1 Motif du choix du logiciel (Bala et Obiora, 2018)...................................................................................51
III.3.2 Modélisation tridimensionnelle des profils installés sur le site..............................................................51
III.3.2.1 Étude variographique de résistivité électrique..................................................................................51
III.3.2.2 Modèle 3D des 04 panneaux par krigeage..........................................................................................52
III.3.3 Évaluation volumétrique des roches massives sur le site......................................................................53
III.3.3.1 Cartes d'élévation de la latérite (L), du toit (T) et du substratum rocheux (S)....................................53
III.3.3.2 Estimation du volume de la couverture latéritique et des roches massives du site............................56
CONCLUSION............................................................................58
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES..............................................59
REFERENCE WEBOGRAPHIQE.....................................................64
ANNEXES.................................................................................... I
VI
Auteur : RAKOTOVAO Narisoa Maminiaina Domaine : Sciences et Technologies
Email : [email protected] Mention : Physique et Applications
Contact : +261 33 20 535 82 / +261 34 93 132 75 Parcours : Physique du Globe
Résumé
Notre étude, réalisée en collaboration avec la Société de Géosciences pour le Développent de
Madagascar et le Laboratoire National du Travaux Public et Bâtiment, vise à déterminer les
roches massives disponibles sur un site situé dans le district de Vohémar pour l’amélioration
de la route nationale 5A. L’application de la tomographie électrique, du levé topographique,
ainsi que des outils géostatistiques comme le krigeage avec le logiciel Oasis Montaj et le
Surfer, a permis de réaliser une estimation précise des réserves sur la carrière.
Cette étude montre que la combinaison de ces trois méthodes est une technique fiable et
simple à utiliser pour l’estimation des volumes de roches.
Mots clés : estimation volumétrique, krigeage, site, roches massives, tomographie électrique,
variogramme
Abstract
Our study, conducted in collaboration with the « Société de Géosciences pour le
Développement de Madagascar » and the « Laboratoire National des Travaux Publics et du
Bâtiment », aims to determine the available massive rocks at a site located in the Vohémar
district for the improvement of National Road 5A. The application of electrical tomography,
topographic surveys, and geostatistical tools such as kriging using Oasis Montaj and Surfer
software has enabled a precise estimation of reserves at the quarry. This study demonstrates
that the combination of these three methods is a reliable and straightforward technique for
estimating rock volumes.