TP 3 : Poutres continues et
hyperstatiques :
INTRODUCTION :
Les poutres continues sont des éléments structurels fréquemment utilisés dans les constructions.
Une poutre continue repose sur plusieurs appuis, la plupart du temps simples, à l'exception d'un seul
appui double qui a pour rôle de garantir la stabilité géométrique de la poutre. Ces structures sont
classées comme hyperstatiques en raison de leurs liaisons excédentaires, dépassant les liaisons
typiques nécessaires pour une poutre isostatique. En d'autres termes, les poutres continues
présentent un surplus de liaisons, ce qui les rend plus complexes du point de vue de l'analyse
structurelle par rapport aux poutres isostatiques
OBJECTIFS :
L'objectif de ce travail pratique est de mettre à l'épreuve la théorie des poutres en examinant
les réactions, les fléchissements et les pentes des poutres. Cela inclut les poutres en appuis
simples, les poutres en porte-à-faux (cantilevers), ainsi que les poutres continues à deux
travées. Nous allons démontrer le principe de superposition et le théorème de Clerk Maxwell.
De plus, nous explorerons le cas particulier de la flexion circulaire au cours de cette étude.
Equipement :
La poutre testée lors de ces deux expériences est une poutre en acier de module de Young E=207
GPa et qui a les dimensions suivantes :
- La longueur totale : L = 1200 mm
- La largeur : b = 25 mm
- La hauteur : h = 5 mm
- La portée : l = 800 mm
- Le porte-à-faux : 300 mm
Cette poutre est montée sur deux supports d’appuis simple accompagnés par deux cellules de forces
mesurant les actions et envoyant un signal à l’interface de mesure HDA200 qui permet ainsi
l’affichage de la valeur en Newton (N). Quant à la déformation, elle est mesurée en un point de la
poutre (dans notre cas le milieu de la portée) à l’aide des comparateurs numériques montés sur des
supports qui se déplacent.
Un support de poids peut être accroché sur un étrier fixé sur la poutre afin d’appliquer des charges
concentrées. Et le tout est maintenu à l’aide du châssis du montage.
Les expériences :
Partie 1 : Réactions et flexion au centre d'une poutre sur appuis simples avec charge
variable en contact avec la partie supérieure de l’étrier :
1. PROCÉDURE EXPERIMENTALE :
En contact avec la partie supérieure de l’étrier, on allume les comparateurs numériques
et on les réinitialise, puis pour éliminer les frottements parasiteson appuie deux ou trois
fois sur le centre de l’éprouvette.
Les valeurs mesurées par les comparateurs sont enregistrées dans le tableau derésultats, on
augmente respectivement la charge à chaque fois jusqu’à obtenirune charge maximale de 30N. On
fait la même procédure pour des portées de 800mm .
2. Etude théorique :
Pour Une poutre sur deux appuis simples avec une charge concentrée au centre :
𝐹
On a une configuration symétrique donc 𝑅𝐴 = 𝑅𝐵 = 2
𝑙 𝐹𝑙 3
On cherche le fléchissement au centre de la portée c’est-à-dire : 𝑦 (2) = 48 𝐸𝐼
𝑏𝑑 3
I : le moment quadratique de la poutre : 𝐼 = 12
= 260.41 𝑚𝑚4
Tableau 1 : Réactions aux appuis et flexion au centre pour une portée de 800 mm :
Charge Réaction du support, N Flexion au centre, mm
appliquée
(N) Gauche Droite Somme des Mesurée Théorique
Réactions
0 0 0 0 0 0
5 2.4 2.4 4.8 0.95 0.99
10 4.8 4.85 9.65 1.91 1.98
15 7.6 7.4 15 2.97 2.97
20 9.8 9.9 19.7 3.9 3.96
25 12.3 12.4 24.7 4.89 4.95
30 14.8 14.9 29.7 5.88 5.94
3. La représentation graphique de la flèche en fonction de la charge appliquée pour le
cas théorique et expérimental:
4. Interprétation :
D’après les résultats obtenus, on constate que les valeurs théoriques sont proches de
celle mesurées par l’expérience avec une incertitude de plus ou moins 5%, ainsi que la
flexion au centre de la poutre est proportionnelle à la charge appliquée.
Partie 3 : Charge répartie sur une poutre sur appuis simple :
1. PROCÉDURE EXPERIMENTALE :
On place la poutre sur les deux supports des appuis simples puis on la fixe, parla suite on
place l’étrier sur la poutre, puis on place le second étrier et on met
en place le comparateur numérique de façon à ce que sa touche soit en contactavec l partie
supérieur de l’étrier, pour éliminer les frottements parasites on appuie trois fois sur le centre
de l’éprouvette.
On place huit masses de 2N de 100mm entre les appuis, avec la première et ladernière
étant placées de 50mm des appuis.
On fait la même procédure pour une charge répartie de 2N/mm et 5N/mm
2. Etude théorique :
𝑞𝑙
On a une configuration symétrique donc 𝑅𝐴 = 𝑅𝐵 = 2
𝐹 𝑥4 𝑙3
On a: 𝑦 = − 12𝐸𝐼 (𝑙𝑥 3 − 2
− 2
𝑥)
𝑙 5𝐹𝑙 4
On cherche le fléchissement au centre de la portée c’est-à-dire : 𝑦 ( ) =
2 384𝐸𝐼
𝑏𝑑 3
On a : 𝐼 = 12
= 260.41 𝑚𝑚4 et pour F= 0.02 N/mm
𝑙
On a : 𝑦 (2) = 1.97mm
𝐹𝑙 3
Et on a : 𝜃 = 24𝐸𝐼
(La rotation expérimentale est la flexion divisée par la longueur du porte-à-faux
200 mm.)
AN : 𝜃 = 0.0079 𝑚𝑚
Tableau 3 : Charge répartie sur une poutre sur appuis simples :
Charge Réaction du support (N) Flexion à mi-distance Sur le porte-à-faux
appliquée Gauche Droite Somme Mesurée Théorique Flexion Rotation Théorique
répartie des (mm) (mm) (mm) (rad) (rad)
(N /mm) réactions
0 0 0 0 0 0 0 0 0
0.02 7.9 8.2 16.1 1.72 1.97 1.23 0.007 0.0079
3. Interprétation :
D’après les résultats obtenus, on constate que les valeurs expérimentales sontproches de
celles obtenues par la théorie avec une incertitude de plus ou moins 5% due aux frottements
parasites et à l’opérateur.