Etablissement Supérieur Privé des Sciences Paramédicales
Cours
Microbiologie-Parasitologie-
Immunologie
Enseignant : Dr. ELMOUELHI Refka
Chapitre II
Niveau : 1ère Année Sciences infirmières Année
universitaire
2023-2024
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Cours de Microbiologie générale. Dr Mouelhi Refka UMM 2023-2024
La Cellule bactérienne
I. Les caractéristiques des bactéries
Les bactéries typiques sont des organismes unicellulaires procaryotes. Elles n’ont pas une enveloppe
nucléaire et leur génome est le plus petit des cellules vivantes après les virus et elles se divisent en
Eubactéries et Archaebactéries.
Les bactéries les plus petites ont une taille d’environ 0,2 µm et les plus longues (certains Spirochètes)
peuvent atteindre 250 µm de long. En moyenne la taille se situe entre 1 et 10 µm.
1. Classification des bactéries selon la morphologie cellulaire
a. Forme des cellules bactériennes
Les bactéries sont des organismes unicellulaires de formes variées
Bactéries de forme sphérique ou Cocci
Bactéries de forme allongée ou Bacille
Bactéries de forme spiralée : Spirilles (court) et spirochètes (long)
Bactérie légèrement incurvé (virgule) : Vibrion
Bactérie ayant une forme ovale : Cocobacille
b. Associations cellulaires
Une espèce bactérienne peut apparaître sous forme de cellules isolées séparées ou groupées selon les espèces
en paires(Diplo), en chaînette (Strepto), en grappe(Staphylo), en quatre (tétrades) ou en sarcine (huit).
2. La structure bactérienne
Certaines structures sont présentes chez toutes les bactéries, ce sont les éléments « constants » ; d’autres
sont retrouvés seulement chez certaines bactéries : ce sont les éléments « inconstants » ou « facultatifs ».
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Structure d’une cellule bactérienne (les éléments constants sont encadrés)
A. La paroi bactérienne
Enveloppe rigide assurant l'intégrité de la bactérie. Elle est responsable de la forme des cellules.
Elle protège la cellule bactérienne des variations de pression osmotique. Il existe deux types de
paroi selon la coloration Gram.
A1. Classification des bactéries selon la coloration Gram
La coloration de Gram permette la reconnaissance structurale des bactéries et permet de distinguer
deux catégories appelées Gram + et Gram- en fonction de la composition chimique de leur paroi. Le
tableau ci-dessous montre les étapes de cette coloration.
Tableau 1: les étapes de la coloration Gram
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Les constituants de la paroi déterminent le degré de perméabilité à l’éthanol de la paroi. La
microscopie électronique et l’analyse chimique ont permis de révéler l’architecture et la
composition des deux types de paroi (Figure).
La paroi des bactéries Gram positives est épaisse et homogène. Elle est constituée
principalement de peptidoglycane. Des polyosides : les acides teichoïques et lipoteichoïques
(associés à la membrane plasmique par liaison avec les glycolipides) traversent cette couche de
peptidoglycane.
La paroi des bactéries Gram négatives :
Les parois cellulaires à Gram négatif contiennent une forte concentration de lipides solubles
dans l'alcool. Le décolorant dissout les lipides, augmentant la perméabilité de la paroi cellulaire
et permettant au complexe cristal violet-iode de s'écouler hors de la cellule.
Elle est plus complexe : une fine couche de peptidoglycane est recouverte par une membrane
externe. La lipoprotéine de Braun est liée au peptidoglycane par liaison covalente d’un côté, elle
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est « enfouie » dans la membrane externe par son extrémité hydrophobe de l’autre côté. La
membrane externe est constituée d’une double couche de phospholipides, de
lipopolysaccharides (LPS) et des porines permettant le passage de petites molécules, les. Le LPS
correspond à l’endotoxine des bactéries Gram négatives.
Dangers des Gram négatives et positives (infections)
Les bactéries à Gram négatif peuvent causer de nombreuses infections graves, telles que la
pneumonie, la péritonite (inflammation de la membrane qui tapisse la cavité abdominale), les
infections des voies urinaires, les infections du sang, les infections des plaies ou du site
opératoire et la méningite.
Les bactéries à Gram négatif sont résistantes à plusieurs médicaments et sont de plus en plus
résistantes à la plupart des antibiotiques disponibles. Les bactéries gram-négatives sont plus
difficiles à tuer. Cela signifie que les bactéries gram-positives et gram-négatives nécessitent des
traitements différents.
Les bactéries à gram positif sont responsables d'infections à pneumocoques, à staphylocoque doré, à
streptocoque… Les bacilles à gram positifs sont responsables d'infections comme l'anthrax, la
diphtérie ou encore la listériose. Elles sont généralement plus résistantes aux antibiotiques.
Rôles de la paroi bactérienne
1. Assurer le maintien de la forme de la bactérie
2. Assurer une protection contre la pression osmotique intracellulaire
3. La paroi possède des propriétés antigéniques
4. Permettre la fixation des bactériophages
5. Participer à la mobilité. En effet, les flagelles sont implantés dans la membrane
cytoplasmique mais ne peuvent pas fonctionner en absence de peptidoglycane.
6. La toxicité chez les Gram(-), le LPS est une endotoxine.
7. La perméabilité : La paroi laisse passer de petites molécules comme l’eau, les sels minéraux ou des
métabolites simples. Par contre elle est plus ou moins perméable à certains solvants (exemple
l’alcool).
B. L’espace périplasmique
C’est l'espace hydrophile situé entre la membrane externe et la membrane cytoplasmique chez les
bactéries à GRAM négatif et entre la paroi et la membrane plasmique chez les bactéries à GRAM
positif. Contient des enzymes qui participent à la nutrition (hydrolases) et des protéines qui sont
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impliquées dans le transport de molécules à l’intérieur de la cellule. Les bactéries G (+) excrètent
plutôt les enzymes hors de la cellule (exoenzymes). Celles des G (–) sont retenues entres les
membranes interne et externe.
C. La membrane plasmique
Elle possède le même type de structure que celle d’une cellule eucaryote (bicouche phospholipidique)
mais avec beaucoup moins de glucides et jamais de stérols (sauf chez les mycoplasmes). Elle est
composée de 60 à 70 % de protéines et 30 à 40 % de lipides. La membrane plasmique contient les enzymes
de la chaine respiratoire. Les enzymes impliquées dans la synthèse des lipides et dans la réplication de
l’ADN y sont localisées. Les lipides sont à la base de la structure de la membrane. Chaque molécule de
lipide est amphipathique ; formée d’une partie hydrophobe soluble dans l’huile insoluble dans l’eau et
une partie hydrophile ayant des propriétés opposées et portant un groupement phosphate chargé
négativement. Ces deux couches moléculaires induisent une organisation en double feuillet. Cette
organisation n’est pas statique, elle répond au modèle dit en mosaïque fluide (Les molécules peuvent se
déplacer latéralement en échangeant leurs places). On distingue deux catégories de protéines : les
protéines périphériques et les protéines intégrales qui traversent complètement le double feuillet.
Figure 1: structure de la membrane plasmique des bactéries
Les fonctions de la membrane plasmique
1. Barrière semi-perméable (ou semi sélective) qui permet le passage de molécules lipophiles et
empêche le passage des molécules hydrophiles.
2. Site de fixation des flagelles,
3. Possède des protéines membranaires ayant pour rôles : l’excrétion dans l’espace périplasmique de
molécules nécessaires à la synthèse de la paroi, la synthèse d’ATP et le transport de diverses molécules (ions,
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sucres, …) dans les deux sens.
4. La détection des signaux et de composés présents dans le milieu environnant grâce à la présence de
protéines transmembranaires du chimiotactisme. Ceci, permet aux bactéries dotées de flagelles, de
migrer vers les endroits les plus riches en nutriments, ou bien, de s’éloigner des endroits défavorables
comme ceux qui contiennent des substances toxiques. Ces protéines interviennent dans le sens de
rotation des flagelles.
D. Le cytoplasme
Délimité par la membrane cytoplasmique. C’est une sorte de gel à pH neutre contenant de l’eau et des
ribosomes : qui interviennent dans la synthèse des protéines, des substances de réserve (inclusions
cytoplasmiques). En général, chaque groupe de bactéries synthétise une seule catégorie de substances
de réserve qui forment des agrégats, parfois de grande taille. Cela peut être des glucides (amidon et
glycogène), des lipides (poly-hydroxy-butyrate), du polyphosphate, et parfois des minéraux (fer, soufre).
On peut trouver dans le cytoplasme des organites spécialisés : les chromatophores (organites spécialisés
dans la photosynthèse), des vacuoles à gaz (permettant aux bactéries aquatiques de flotter à la surface
de l’eau).
E. Le Chromosome
C’est le support de l’information génétique. La majorité des bactéries possèdent un chromosome
unique, circulaire. Par contre, Vibrio cholerae en possède deux. Celui d’Escherichia coli est condensé et
se trouve dans une région qu’on appelle nucléoïde. Il est généralement mononucléaire chez les Cocci et
plurinucléaires chez les Bacilles.
F. Les Plasmides
La bactérie peut contenir des éléments génétiques (ADN) de petite taille (0,5 à 5 % du
chromosome bactérien), cytoplasmiques extra-chromosomiques. Ces éléments, appelés
plasmides, ne sont pas indispensables à la vie de la bactérie dans les conditions habituelles de
croissance tout en permettent à la bactérie une meilleure adaptation à son environnement, car ils
sont dotés de fonctions supplémentaires. Ils se répliquent de manière autonome
(indépendante) et en général plus rapidement que le chromosome bactérien. On les détecte
lorsque les gènes qu'ils transportent confèrent à la bactérie de nouvelles propriétés.
Structure des plasmides
Ce sont des molécules d’ADN bicaténaire fermées, circulaires et surenroulées (1/20 la taille du
chromosome). Une bactérie peut héberger plusieurs types de plasmides, mais leurs nombre est
en relation inverse avec leurs taille (plasmides de grande taille en petit nombre dans la cellule,
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par contre, les plasmides de petites taille en grand nombre).
Réplication des plasmides
La réplication des plasmides se fait selon deux modes :
1. Réplication des plasmides de grande taille : elle est synchrone c'est-à-dire se fait
simultanément que celle de l’ADN chromosomique.
2. Réplication des plasmides de petite taille : elle se fait indépendamment du système de
réplication de l’ADN.
La transmission de plasmides se fait selon deux modes : transfert vertical et transfert horizontal.
1. Transfert vertical : les plasmides sont transmis de la cellule mère aux cellules filles, en nombre
égal au moment de la division cellulaire.
2. Transfert horizontal : c'est-à-dire de cellule à cellule présente dans le même milieu et
appartenant ou non à la même espèce. Dans ce cas le transfert se fait selon deux mécanismes : la
conjugaison ou la mobilisation.
Conjugaison : certains plasmides son conjuguant, qui signifie qu’ils sont capable d’effectuer leur
propre transfert durant le processus de conjugaison entre deux cellules par contact physique où
la bactérie donatrice transfert une copie de l’ADN plasmidique à une bactérie réceptrice à travers
un pili sexuel (figure 2). Ce mécanisme concerne les plasmides de grande taille.
Figure 2: transfert de plasmide par conjugaison
Mobilisation : d’autres types de plasmides sont non conjuguant, ils sont les plus petits et les plus
nombreux dans la cellule bactérienne (> 10). Ils sont incapables d’assurer seuls leur transfert qui
ne peuvent se faire que par la mobilisation d’un plasmide conjuguant cohabitant dans la même
cellule. La mobilisation implique une insertion par liaison covalente du plasmide non conjuguant
au plasmide conjuguant donnant ainsi un ADN plasmidique hybride capable de conjugaison.
Propriétés des plasmides : Les plasmides sont généralement de petite taille et portent très peu de
gènes, ce sont des molécules d’ADN bicaténaire, généralement circulaires, mais il en existe des
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linéaires. Parfois ils s’intègrent dans le chromosome et on les appelle des épisomes. Ils sont
transmissibles aux cours des générations mais pas de façon équitable comme pour le chromosome.
La perte d’un plasmide est dite curage.
Certains plasmides portent plusieurs gènes donnant ainsi, plusieurs propriétés phénotypiques à
la cellule hôte. Les principales fonctions codées par les plasmides sont :
Conjugaison : Des plasmides conjugatifs, qui portent le gène responsable de la synthèse des pili
sexuels, nécessaires à la conjugaison.
Résistance aux antibiotiques : Des plasmides R qui permettent aux bactéries de résister aux
antibiotiques et à divers agents antagonistes, métaux lourds (mercure, sels de cadmium, de
plomb et arsénites), rayonnements, bactériophages…
Production des bactériocines : Des plasmides Col qui codent pour des protéines dites
bactériocines, telle que la colchicine d’[Link]. Les bactériocines donnent un avantage à la bactérie
en tuant des souches très proches systématiquement.
Production des toxines : Des plasmides de virulence qui codent pour des toxines responsables de
facteurs de pathogénicité et de facteurs de virulence.
Des propriétés métaboliques : Des Plasmides métaboliques qui codent pour des enzymes
capables de cataboliser des molécules complexes, de dégrader de composés spécifiques et de
synthétiser de métabolites d’intérêt économique
G. Les Pili
Pili en latin signifie cheveu, pili pluriel de pilus. Il s'agit d'appendices de surface plus fins et plus
nombreux que les flagelles que l'on trouve fréquemment chez les bactéries à Gram négatif et
rarement chez les bactéries à Gram positif.
La Structure des pili
Ce sont des structures externes de nature protéique, plus courtes, plus minces et plus
rigides que les flagelles, leur diamètre vari de 3 à 10 nm pour une longueur de 2 µm, et n’ont
aucune fonction locomotrice. Les pili sont constitués d’une protéine spécifique : la piline.
Types de pili : on distingue deux types :
- Les pili communs (ou fimbriae : mot latin, signifie filament): courts et cassants, très nombreux
(parfois quelques centaines par bactérie), de 2 à 3 μm de long, disposés régulièrement à la
surface de la bactérie (figure 18 a). Ils jouent un rôle dans l'agglutination des bactéries et leur
attachement aux muqueuses des cellules eucaryotes qu’elles colonisent. Exemples : E. coli,
Salmonella dans la muqueuse intestinale, Corynebacterium diphteriae au niveau de la gorge. Les
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bactéries à pili communs sont capables de se développer à la surface de l’eau en formant une
pellicule ou film bactérien.
- Les pili sexuels : plus longs que les pili communs (jusqu'à 20 μm) mais en nombre plus
restreint (1 à 4). Ils sont codés par des gènes plasmidiques (le facteur F). Ils existent
uniquement chez les bactéries (donatrices F + ). Ils jouent un rôle essentiel dans l'attachement
des bactéries entre elles au cours de la conjugaison pour le transfert d’une copie du plasmide
conjugatif ou un fragment d’ADN chromosomique vers la bactérie réceptrice (F-) à travers le pili
F qui joue le rôle d’intermédiaire et sert comme un canal (figure 18 b). Ils peuvent aussi servir
de support de fixation pour certains bactériophages.
Figure 3: pili commun chez [Link] (a),bactérie en conjugaison liées par un pili sexuel (b)
Les Fonctions des pili
-Les fimbriaes de type I, III, jouent un rôle dans l’adhésion des bactéries aux différents supports vivant
ou non. Ils favorisent la formation de biofilm. Les fimbriae de type IV, sont impliqués dans un autre
mode de mobilité. On les retrouve au niveau des pôles des cellules bactériennes.
Le pili sexuel ou de type II : Il a un rôle dans la conjugaison bactérienne (un des 3 modes de
transfert de matériel génétique d’une bactérie à une autre). Les pili sexuels de la bactérie
donatrice vont permettre de reconnaître une bactérie réceptrice et entraîner la création d’un pont
cytoplasmique entre les deux bactéries, permettant ainsi le passage d’une molécule de plasmide.
H. La capsule
C'est un constituant facultatif rencontré chez certaines espèces bactériennes (ex : Streptococcus
pneumoniae, Klebsiella pneumoniae).
Morphologie : certaines bactéries synthétisent et secrètent des polymères organiques qui s’accumulent en
couches amorphes et visqueuses à l’extérieur de leur paroi sorte d’exsudat périphérique appelé capsule Il
s'agit de l’élément le plus superficielle de ces bactéries. Sa mise en évidence s'effectue par coloration
négative (encre de Chine par exemple); la capsule apparaît alors en clair sur fond noir. On peut aussi
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l'observer après la coloration de GRAM (figure)
Figure 4 : Streptocoque avec capsule
Les différents types de la capsule
Certaines bactéries possèdent des structures entourant la paroi. On distingue en réalité 3 types de couches, la
capsule, les couches Mucoïde et la couche S selon les bactéries.
La capsule, est bien organisée, bien définie et elle est difficilement détachable de la bactérie.
La couche Mucoïde, retrouvée chez les bactéries aquatiques est moins bien organisée, diffuse, elle
est facilement détachable de la bactérie.
La couche S, plus rigide, très structurée. C’est une couche de surface mise en évidence que par
microscopie électronique.
Les Fonctions de la capsule
1. L’adhésion : c’est une fixation (adsorption, attachement) spécifique à différents supports (inertes ou
vivants), elle est assurée par les polyosides du glycocalyx et constitue la première étape de la colonisation
d’un écosystème (eau, sol, tube digestif) qui permet à ces bactéries de se développer en microcolonies
adhérentes aux surfaces.
2. La pathogénicité : constitue le plus souvent la première étape de l’infection. La présence du glycocalyx
favorise le pouvoir infectieux des bactéries, qui rend les cellules phagocytaires inactives. La capsule est
antigénique, les antigènes capsulaires sont dénommés antigène K. Leur étude permet la distinction de
plusieurs sérotypes au sein de la même espèce bactérienne. Le métabolisme de synthèse des capsules peut
être ciblé et altéré par des antibiotiques.
3. La protection : la capsule formant une enveloppe externe supplémentaire, constitue un élément de
protection des bactéries vis-à-vis de leur environnement (facteurs physicochimique antagonistes du milieu
comme la dessiccation). Elle empêche la fixation des bactériophages et protège les bactéries de la
prédation des protozoaires du milieu.
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I. Le flagelle
Structure : les flagelles, encore appelés cils, sont des structures bactériennes facultatives. Ce sont des
organes filamenteux, permettant la locomotion des bactéries. Chez les entérobactéries la vitesse
correspondrait à environ une soixantaine de km / h. Ils sont longs d'une dizaine de μm et ont un diamètre
qui varie entre 12 à 30 nanomètres. Ils sont composés de sous unités répétitives en protéines : flagellines,
disposées en sous unités hélicoïdales. Leur nombre varie de 1 à 30 selon les espèces bactériennes. Ils sont
souvent rencontrés chez les bacilles et rarement chez les coques.. Ils sont mobiles par rotation grâce à
l’énergie fournie par un gradient de protons au niveau de la membrane plasmique.
Le flagelle bactérien est constitué de 3 parties : Le filament hélicoïdal (cylindre creux constitué d’une
seule protéine multimérique : la flagelline), le crochet et le corpuscule basal. Sa composition est
différente chez les bactéries Gram (+) et Gram (-).Chez les bactéries GRAM positif : une paire
d’anneaux S et M fixe le flagelle à la membrane cytoplasmique. Chez les bactéries GRAM négatif :
deux paires d’anneaux (L/P et S/M) fixent le flagelle : L dans la membrane externe (au niveau du LPS),
P dans le peptidoglycane (PG), S et M dans la membrane cytoplasmique (figure).
Figure 5: structure de flagelle bactérien
Les fonctions du flagelle
1. La locomotion ou la mobilité : Elle est assurée par la rotation du crochet flagellaire qui anime le filament
pour un mouvement hélicoïdal. Le sens du mouvement est en réponse à un stimulus du milieu permettant
aux bactéries de nager dans des sens définis.
2. Rôle antigénique : les antigènes flagellaires (Ag H) déterminent différents sérotypes (exemple :
sérotypage des Salmonella). La spécificité antigénique repose sur le nombre et la séquence des acides
aminés de la flagelline.
3. Fixation des bactériophages : les flagelles sont le lieu de fixation de certains bactériophages.
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4. Contrôle du mouvement : divers facteurs physiques et chimiques du milieu sont capables de stimuler ou
d’inhiber sa direction, ce dernier est orienté vers les zones les plus favorables. En absence de stimulus, le
mouvement des bactéries prend une allure aléatoire.
Chimiotactisme (chimiotaxie) : En présence d'un gradient de concentration de substrats nutritifs, des
bactéries se dirigent sélectivement vers la zone aux concentrations les plus favorables. Le chimiotactisme
s'exerce aussi par répulsion en présence de substances toxiques dans le milieu.
Phototactisme : certaines bactéries phototrophes (photosynthétiques) se positionnent sélectivement
dans les aires les plus illuminées de leur milieu pour optimiser leur photosynthèse.
Aérotactisme : les bactéries aérobies nagent en surface au contact des couches oxygénées, les bactéries
microaérophiles dans les zones moins exposées à l’oxygène et en profondeur, dans les zones dépourvues
en oxygène pour les bactéries anaérobies.
Les différents types de flagelles
Il existe différents modes d’insertion des flagelles, selon le nombre et la position de ceux-ci. Ils sont fixés
à la bactérie par insertion dans la membrane cytoplasmique. En fonction de la mobilité observée, on
distingue :
-La ciliature polaire : déplacement rectiligne et rapide avec des changements de direction brusques
(un ou plusieurs flagelles localisés aux extrémités (pôles) des bactéries) dont les Monotriches (un seul
flagelle sur un pôle), les Lophotriches (plusieurs flagelles sur un seul pôle) et les Cépahlotriches ou
Amphitriches (deux flagelles sur les deux pôles).
-La ciliature péritriche : flagelles répartis autours de la bactérie ce qui implique un déplacement
désordonné et rotations de la bactérie sur elle-même.
Figure 6: Type flagellaire et mode d’insertion
J. La spore
Ce sont des structures de résistance formées par certaines bactéries lorsque les conditions
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deviennent défavorables. Elle permet aux bactéries sporulantes de survivre dans des conditions
difficiles et extrêmes de l’environnement. Les genres bactériens les plus connues qui forment
des endospores sont Bacillus, Clostridium. Ce sont toutes des bactéries Gram (+).
La morphologie des spores
L’observation au microscope photonique des spores est possible, lorsqu’elles sont encore présentes
dans les sporanges (cellule végétative dans laquelle la spore est formée). Après coloration de Gram, la
spore apparaît incolore alors que le reste de la cellule est violet (parfois rose, même chez les bacilles à
Gram positif) ; après coloration à chaud au vert de malachite puis contre coloration à la fuchsine, la
spore est verte alors que le reste de la cellule est rose.
Les spores sont de petites unités ovales ou sphériques. Elles peuvent déformer ou non le corps
bactérien. Leur position dans la cellule est variable : centrale, terminale, subterminale (figure). Elles
servent également dans l’identification bactérienne. La spore peut-être libre ou non(endospore).
La Structure des spores
La spore possède une paroi et une membrane plasmique identiques à celle de la cellule végétative.
L’enveloppe la plus externe est mince, appelée Exosporium. Sous l’exosporium on trouve le manteau ou la
tunique, composée de plusieurs feuillets protéiques. Le cortex constitué de peptidoglycane est localisé juste
sous la tunique. Enfin le protoplaste (cytoplasme) ou cœur de la spore, contient les ribosomes, le nucleoïde et des
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enzymes inactives.
Structure de la spore bactérienne
Les propriétés des spores
La thermo résistance : La spore résiste en général à des températures de 70-80°C pendant 10
minutes, parfois plus.
Résistance aux agents physiques et chimiques : La spore résiste aux rayons Ultraviolets, aux
rayons gamma, aux antiseptiques, désinfectants et aux antibiotiques (la tunique).
Synthèse d’antibiotiques : Certaines bactéries synthétisent des antibiotiques au début de la phase
de sporulation
Les étapes du cycle sporal
Des conditions défavorables de croissance entraînent la sporulation ou l’absence de germination
de la spore. Il représente le passage de la forme végétative à la forme sporulée. Elle est provoquée
par l’épuisement du milieu en substrat nutritif et elle peut nécessiter des conditions particulières :
absence d’oxygène pour les Clostridium, présence d’oxygène au contraire pour B. anthracis. Le processus de
sporulation se déroule en 6 étapes :
Stade I : formation du filament axial : la division nucléaire n’étant pas suivie d’une division cellulaire, les
deux génomes fusionnent donnant un filament chromatique axial.
Stade II : les deux génomes se séparent et en même temps la membrane cytoplasmique s’invagine
près d’un pôle de la cellule pour former un septum de sporulation qui partage la cellule en deux
parties inégales. Ce septum va envelopper le cytoplasme de la plus petite partie pour former une
préspore caractéristique.
Stade III : Engloutissement de la préspore.
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Stade IV : Entre les deux membranes limitant la préspore se forme la paroi sporale puis apparaît
rapidement le cortex.
Stades V and VI : apparition des tuniques et maturation.
Stade VII : la cellule végétative se lyse et libère la spore.
Figure 7: le cycle sporal
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La Germination
Afin que la spore germe, elle doit se trouver dans des conditions favorables : eau, nutriments, pH, force
ionique, température convenable et aucun agent antimicrobien. Placée dans des conditions favorables
(eau glucose acides aminés) la spore redonne naissance à une cellule végétative. On distingue 3 stades
dans le processus de germination :
1-L’activation : correspondant à une lésion des enveloppes sporales par des agents physiques (choc
thermique) ou chimiques (acides, lysozyme) ou mécaniques (abrasion, choc).
2-L’initiation débute en présence de conditions favorables d’hydratation et de métabolites effecteurs
(alanine, magnésium, adénosine) qui pénètrent à travers les enveloppes endommagées. Des enzymes
hydrolytiques dégradent les constituants de la spore ; il y a libération du dipicholinate de calcium. Le
cortex ainsi détruit, la spore s ‘imbibe d’eau et gonfle.
3-L’émergence de la nouvelle cellule végétative, grâce à l’altération des enveloppes.
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