Problèmes Quantiques
Problèmes Quantiques
Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Constantes physiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Aide-mémoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2 Interférométrie de neutrons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
8 Le chat de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
9 La cryptographie quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
10 La gomme quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3
14 Étude d’un condensat de Bose-Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
5
6 Avant-propos
La plupart de ces problèmes ont été posés lors d’examens à l’École poly-
technique. Le fait que ces examens comptent pour un concours d’accès à la
Fonction publique nous a contraints à trouver chaque année un sujet original.
La meilleure façon a été de rechercher les thèmes dans la littérature scien-
tifique récente, puis de les adapter à ce que savaient nos élèves. Ce travail,
que nous avons mené avec plusieurs de nos collègues, s’est révélé une passion-
nante source de discussion pour nous-mêmes. Nous y avons appris beaucoup
de choses, les uns et les autres, en mêlant les connaissances de nos spécialités
respectives.
Une première version de ce livre, dont le contenu diffère de celui-ci pour
environ 50%, a été publiée en anglais en 2000 chez Springer-Verlag sous
le titre The Quantum Mechanics Solver. L’intérêt qu’il a suscité chez nos
collègues étrangers nous a poussé à en faire une version, nécessairement mo-
dernisée, pour le public de langue française. Pour nos élèves de l’École poly-
technique, premiers destinataires de ce texte, cette version remplace le tra-
ditionnel « poly » publié chaque année. Nous espérons que le changement de
format ne sera pas trop gênant.
Dans cette version française, nous avons inclus un aide-mémoire sur les
éléments et formules utiles de mécanique quantique. Nous avons également
indiqué dans un tableau les chapitres de notre livre Mécanique Quantique
(Editions de l’École polytechnique, 2003) auquel chaque problème fait appel.
Enfin, nous avons regroupé ces problèmes en trois grands thèmes : A) Parti-
cules élémentaires, noyaux et atomes ; B) Intrication quantique et mesure ; C)
Systèmes complexes.
Nous remercions tous les collègues qui nous ont aidés, soit en suggérant des
thèmes de problèmes, soit en les rédigeant avec nous. Nous saluons la mémoire
de Gilbert Grynberg qui avait écrit une première version du problème sur le
paradoxe EPR et les inégalités de Bell. Nous sommes particulièrement rede-
vable à Philippe Grangier, auteur d’un grand nombre d’idées ou de problèmes :
chat de Schrödinger, mesure quantique idéale, thermomètre quantique. Nous
remercions François Jacquet, James Rich et André Rougé pour le problème
sur les oscillations des neutrinos, et Gérald Bastard pour celui portant sur les
boı̂tes quantiques.
Unités :
Angström 1 Å = 10−10 m (∼ taille d’un atome)
Fermi 1 fm = 10−15 m (∼ taille d’un noyau)
Electron-volt 1 eV = 1, 60218 10−19 J
Constantes fondamentales :
Constante de Planck h = 6, 6261 10−34 J s
h̄ = h/2π = 1, 05457 10−34 J s
= 6, 5821 10−22 MeV s
Vitesse de la lumière c = 299 792 458 m s−1
h̄c = 197, 327 MeV fm ' 1973 eV Å
Perméabilité du vide µ0 = 4π10−7 H m−1 , ²0 µ0 c2 = 1
Constante de Boltzmann kB = 1, 38066 10−23 J K−1 = 8, 6174 10−5 eV K−1
Nombre d’Avogadro NA = 6, 0221 1023
Nous avons regroupé dans les quelques pages qui suivent les résultats es-
sentiels du cours de mécanique quantique. Il va de soi que la lecture de cet
aide-mémoire ne saurait remplacer l’étude approfondie du cours lui-même.
1 Principes
1.1. L’espace de Hilbert
La première étape dans le traitement d’un problème physique par la méca-
nique quantique consiste à identifier l’espace de Hilbert approprié au problème.
Un espace de Hilbert est un espace vectoriel sur le corps des nombres com-
plexes, muni d’un produit scalaire. Les vecteurs de l’espace sont appelés kets
et notés |ψi. Le produit scalaire est entre le ket |ψ1 i et le ket |ψ2 i est noté
hψ2 |ψ1 i. Il est linéaire en |ψ1 i et antilinéaire en |ψ2 i et on a :
∗
hψ1 |ψ2 i = (hψ2 |ψ1 i) .
1.3. Mesure
À toute grandeur physique A est associé un opérateur  auto-adjoint (ou
hermitien) de l’espace de Hilbert. Dans une mesure de la quantité physique
A, les seuls résultats possibles sont les valeurs propres aα de Â.
Considérons un système initialement (juste avant la mesure de A) dans
l’état |ψi. La probabilité P(aα ) de trouver le résultat aα est
° °2
° °
P(aα ) = ° P̂α |ψi ° ,
où P̂α est le projecteur sur le sous-espace propre Eα associé à la valeur propre
aα .
9
10 Aide-mémoire
d
ih̄ |ψi = Ĥ(t) |ψ(t)i .
dt
Ĥ|φn i = En |φn i ,
Si ce vecteur peut s’écrire |Ψi = |αi ⊗ |βi, où |αi et |βi sont des vecteurs de
E1 et E2 respectivement, on dit qu’on a un état factorisé.
Un vecteur d’état |Ψi quelconque n’est généralement pas factorisé : il y
a alors des corrélations quantiques entre les deux sous-systèmes, et |Ψi est
appelé état intriqué.
où les |φn i sont les états propres de ρ̂ et où les Πn s’interprètent comme
une distribution de probabilité. Pour un cas pur, toutes les valeurs
propres Πn sont nulles sauf une qui vaut 1.
– La probabilité de trouver le résultat aα lors de la mesure de la grandeur
physique A est donnée par
³ ´ X
P(aα ) = Tr P̂α ρ̂ = Πn hφn |Â|φn i .
n
0
L’état du système après mesure est ρ̂ ∝ P̂α ρ̂P̂α .
– Tant que le système n’est soumis à aucune observation, l’évolution de
son opérateur densité est donnée par
d
ih̄ ρ̂(t) = [Ĥ(t) , ρ̂(t)] .
dt
12 Aide-mémoire
2 Résultats généraux
2.1. Relations d’incertitude
Considérons 2N systèmes physiques identiques et indépendants, tous pré-
parés dans le même état |ψi (on prend N À 1). Pour N d’entre eux, on
effectue la mesure d’une grandeur physique A ; pour les N autres, on mesure
une autre grandeur physique B. Les écarts-type ∆a et ∆b des deux séries de
mesures vérifient l’inégalité
1 ¯¯ ¯
¯
∆a ∆b ≥ ¯hψ|[Â, B̂]|ψi¯ .
2
2.2. Théorème d’Ehrenfest
On considère un système évoluant sous l’effet de l’hamiltonien H(t) et une
observable Â(t). La valeur moyenne de cette observable évolue alors selon :
d 1 ∂ Â
hai = hψ|[Â, Ĥ]|ψi + hψ| |ψi .
dt ih̄ ∂t
En particulier, si  est indépendante du temps et si elle commute avec Ĥ,
alors la valeur moyenne hai est constante.
3.2. Opérateurs
Parmi les opérateurs associés aux quantités physiques usuelles, on trouve :
– L’opérateur position r̂ ≡ (x̂, ŷ, ẑ), qui consiste à multiplier par r la
fonction d’onde ψ(r).
– L’opérateur impulsion p̂ dont l’action sur la fonction d’onde ψ(r) est
l’opération −ih̄∇.
– L’hamiltonien (ou opérateur énergie) pour une particule placée dans un
potentiel V (r) :
p̂2 h̄2 2
Ĥ = + V (r̂) → Ĥψ(r) = − ∇ ψ(r) + V (r)ψ(r) ,
2M 2M
où M est la masse de la particule.
Aide-mémoire 13
[Jˆx , Jˆy ] = ih̄ Jˆz , [Jˆy , Jˆz ] = ih̄ Jˆx , [Jˆz , Jˆx ] = ih̄ Jˆy .
peut passer de |α, j, mi à |α, j, m ± 1i grâce aux opérateurs Jˆ± = Jˆx ± iJˆy :
p
Jˆ± |α, j, mi = j(j + 1) − m(m ± 1) |α, j, m ± 1i .
4.4. Le spin
En plus de son moment cinétique orbital, une particule peut avoir un mo-
ment cinétique intrinsèque appelé spin. Le spin, qu’on note traditionnellement
j = s, peut prendre des valeurs demi-entières ou entières.
L’électron, le proton, le neutron sont des particules de spin s = 1/2, pour
lesquelles il y a donc deux valeurs de m : m = ±1/2. Dans la base |s =
1/2 , m = ±1/2i, les opérateurs Ŝx , Ŝy , Ŝz ont pour matrices :
µ ¶ µ ¶ µ ¶
h̄ 0 1 h̄ 0 −i h̄ 1 0
Ŝx = , Ŝy = , Ŝz = .
2 1 0 2 i 0 2 0 −1
Les fonctions d’onde correspondant à ces états propres sont les fonctions
de Hermite. En particulier, l’état fondamental |n = 0i est donné par :
1
ψ0 (x) = √ exp(−x2 / 2x20 ) .
π 1/4 x0
Les problèmes d’oscillateurs harmoniques à un nombre quelconque de dimen-
sions se déduisent de ces résultats.
où les Y`,m sont les harmoniques sphériques. Les énergies propres correspon-
dantes sont de la forme
EI µe4
En = − avec EI = ' 13,6 eV .
n2 2h̄2
Le nombre quantique principal n est un entier strictement positif et ` peut
prendre toutes les valeurs entières de 0 à n−1. La dégénérescence totale (en m
et en `) d’un niveau d’énergie est n2 (sans tenir compte de la dégénérescence
de spin). La fonction d’onde radiale Rn,` est de la forme :
h̄2
Rn,` (r) = r` Pn,` (r) exp(−r/(na1 )) , avec a1 = ' 0,53 Å .
µe2
6 Méthodes d’approximation
6.1. Les perturbations stationnaires
On considère un hamiltonien Ĥ indépendant du temps, qui s’écrit sous la
forme Ĥ = Ĥ0 +λĤ1 . On suppose connue la solution du problème aux valeurs
propres de Ĥ0 :
X |hk|Ĥ1 |ni|2
Ẽn = En + λ hn|Ĥ1 |ni + λ2 + O(λ3 ) .
En − Ek
k6=n
X hk|Ĥ1 |ni
|ψn i = |ni + λ |ki + O(λ2 )
En − Ek
k6=n
7 Particules identiques
Toutes les particules de la nature appartiennent à l’une ou l’autre des deux
classes suivantes :
– Les bosons, qui sont des particules de spin entier. Le vecteur d’état d’un
système de N bosons identiques est totalement symétrique par rapport
à l’échange de deux quelconques de ces particules.
– Les fermions, qui sont de particules de spin demi-entier. Le vecteur d’état
d’un système de N fermions identiques est totalement antisymétrique
par rapport à l’échange de deux quelconques de ces particules.
Donnons nous une base {|ni i, i = 1, 2, . . .} de l’espace des états à une par-
ticule. Considérons un système à N particules identiques, que nous numérotons
arbitrairement de 1 à N .
(a) Si les particules sont des bosons, le vecteur d’état décrivant l’état
physique avec N1 particules dans l’état |n1 i, N2 particules dans l’état |n2 i,
etc., vaut :
1 1 X
|Ψi = √ √ |1 : nP (1) ; 2 : nP (2) ; . . . ; N : nP (N ) i ,
N ! N1 !N2 ! · · · P
où la somme porte sur les N ! permutations d’un ensemble à N éléments.
(b) Si les particules sont des fermions, l’état correspondant à une par-
ticule dans l’état |n1 i, une particule dans l’état |n2 i, etc., est donné par le
déterminant de Slater :
¯ ¯
¯ |1 : n1 i |1 : n2 i . . . |1 : nN i ¯
¯ ¯
1 ¯¯ |2 : n1 i |2 : n2 i . . . |2 : nN i ¯¯
|Ψi = √ ¯ .. .. .. ¯ .
N ! ¯¯ . . . ¯
¯
¯ |N : n1 i |N : n2 i . . . |N : nN i ¯
18 Aide-mémoire
ω12
P (t) = sin2 (ΩT /2) avec Ω2 = (ω − ω0 )2 + ω12 .
Ω2
8.2. Perturbations dépendant du temps
On considère un système d’hamiltonien Ĥ(t) = Ĥ0 + Ĥ1 (t). On suppose
connus les états propres |ni de Ĥ0 et les énergies propres correspondantes En .
Le système est à l’instant t = 0 dans l’état propre |ii de Ĥ0 . À l’ordre 1 en Ĥ1 ,
l’amplitude de probabilité de trouver le système dans un autre état propre |f i
à l’instant t est :
Z
1 t i(Ef −Ei )t/h̄
a(t) = e hf |Ĥ1 (t0 )|ii dt0 .
ih̄ 0
Pour une perturbation H1 indépendante du temps, la probabilité vaut :
1 ¯¯ ¯2 sin2 (ωt/2)
¯
P (t) = |a(t)|2 = ¯ hf |Ĥ 1 |ii¯ ,
h̄2 (ω/2)2
où on a posé h̄ω = Ef − Ei .
9 Processus de collision
9.1. Approximation de Born
On considère la diffusion élastique d’une particule de masse m non relati-
viste par un potentiel V (r). A l’ordre 2 en V , la section efficace de diffusion
d’un état d’impulsion p vers un état d’impulsion p0 vaut :
µ ¶2 Z
dσ m 0 2
= | Ṽ (p − p )| , avec Ṽ (q) = eiq·r/h̄ V (r) d3 r .
dΩ 2πh̄2
21
1. Oscillations des neutrinos
Dans tout ce qui suit, ce que nous faisons pour les neutrinos vaut, de façon
symétrique, pour les antineutrinos.
En 1975, on a découvert un troisième lepton, le τ , beaucoup plus lourd,
mµ ' 3500 me , lui aussi pourvu d’un neutrino ντ , et obéissant aux mêmes
lois physiques que ses deux congénères plus légers aux effets de masse près.
On sait depuis les années 1990 et les mesures faites au grand accélérateur du
CERN, le LEP, que ces trois neutrinos νe , νµ , ντ (et leurs antiparticules) sont
les seuls de leur espèce (du moins pour des masses inférieures à 100 GeV/c2 ).
Pendant longtemps, on a pensé que les neutrinos étaient des particules
de masse nulle. Les masses de ces particules (multipliées par c2 ) sont, en
tout état de cause, beaucoup plus faibles que les énergies mises en jeu dans
23
24 Particules élémentaires, noyaux et atomes
Ndétectés 1,2
N attendus
1,0
0,8
0,6
ILL
Bugey
0,4 Rovno
Goesgen
0,2 Chooz
KamLAND distance (mètres)
0
10 102 103 104 105
où cij = cos θij et sij = sin θij . La résolution expérimentale complète du
problème des oscillations de neutrinos consiste à mesurer les trois angles « de
mélange » θ12 , θ23 , θ13 , la phase δ, et les trois masses m1 , m2 , m3 . On opère
dans des conditions où la relation (4) est toujours valable.
et une chaı̂ne analogue pour les π + . Les flux de ces neutrinos sont mesurés
par un détecteur souterrain grâce aux réactions (1) et (3).
On suppose pour simplifier que tous les muons se désintégrent avant d’at-
teindre la terre. En déduire qu’en l’absence d’oscillation de neutrinos, le rap-
port entre le nombre de neutrinos électroniques et muoniques
N (νµ ) + N (ν̄µ )
Rµ/e =
N (νe ) + N (ν̄e )
(Rµ/e )mesuré
= 0,64 (± 0,05) .
(Rµ/e )calculé
Neutrinos électroniques
120
angle
zénithal α 80
rayon
cosmique
40
neutrino
Détecteur cos α
0
-1 -0,5 0 0,5 1
Neutrinos muoniques
Terre 300
200
atmosphère
100
cos α
0
-1 -0,5 0 0,5 1
Fig. 2: À gauche : création des neutrinos atmosphériques par collision d’un rayon
cosmique sur un noyau de l’atmosphère terrestre. Le détecteur souterrain mesure
le flux de neutrinos électroniques et muoniques en fonction de l’angle zénithal α.
À droite : nombre de neutrinos atmosphériques détectés dans l’expérience Super-
Kamiokande en fonction de l’angle zénithal. La ligne grise représente les nombres
attendus en l’absence d’oscillations (figure réalisée d’après K. Tanyaka, XXII Physics
in Collisions Conference, Stanford 2002).
(cos α ∼ −1) ont traversé le diamètre de la Terre (13 400 km). Étant donné la
faiblesse des interactions de neutrinos avec la matière, tout se passe comme si
les neutrinos voyagent librement sur une distance contrôlable comprise entre
quelques dizaines de km et 13 400 km.
L’énergie des neutrinos étant typiquement de 4 GeV dans cette expérience,
peut-on observer l’effet d’une oscillation νe * ) νµ du type étudié dans la
première partie ?
2.6. Les distributions angulaires des νe et des νµ sont représentées sur la
figure 2, ainsi que les distributions que l’on attendrait en l’absence d’oscilla-
tions. Expliquer pourquoi ces données sont compatibles avec le fait que l’on
observe une oscillation νµ *) ντ , pas d’oscillation νe *
) ντ , et pas d’oscillation
νe *
) νµ .
Oscillations des neutrinos 29
2.7. En vertu des résultats précédents, on suppose que l’on a affaire à une
oscillation à deux neutrinos : νµ *
) ντ . On reprend donc le même formalisme
que dans la première partie, mais en changeant l’identité des partenaires.
En comparant les flux de neutrinos muoniques arrivant du haut et du bas,
estimer l’angle de mélange θ23 . Pour prendre en compte la grande disper-
sion en énergie des rayons cosmiques, donc des neutrinos atmosphériques, on
remplacera le facteur oscillant sin2 (π`/L23 ) par sa moyenne 1/2 si ` À L23 .
Les résultats complets publiés par l’expérience Super-Kamiokande sont
3 Corrigé
1. Mécanisme des oscillations : neutrinos des réacteurs
1.1. Initialement, l’état du neutrino est |ν(0)i = |νe i = |ν1 i cos θ + |ν2 i sin θ.
On a donc à l’instant t
1.3. Pour une énergie E = pc = 4 MeV et une différence de masse telle que
∆m2 c4 = 10−4 eV2 , on obtient une longueur d’oscillation L = 100 km.
1.4. Le temps de vol est t = `/c. La probabilité Pe (`) est donc
µ ¶
2 2 π`
Pe (`) = 1 − sin (2θ) sin . (11)
L
Ndétectés 1,2
N attendus
1,0
0,8
0,6
ILL
Bugey
0,4 Rovno
Goesgen
0,2 Chooz
KamLAND distance (mètres)
0
10 102 103 104 105
µ ¶
2 2 π`
sin (2θ) sin > 0,1 .
L
(a) Pour le mélange maximal θ = π/4, c’est-à-dire sin2 (2θ) = 1, cela impose
π`/L > 0,32 ou encore ` > L/10. Pour E = 4 MeV et ∆m2 c4 = 10−4 eV2 ,
on trouve ` > 10 km. Les distances typiques pour observer ce phénomène
convenablement sont de l’ordre d’une fraction de la longueur d’oscillation.
(b) Si le mélange n’est pas maximal, il faudra prendre des distances ` plus
grandes que L/10. Notons que si l’angle de mélange est trop petit (sin2 (2θ) <
0,1 soit θ < π/10), l’amplitude de l’oscillation est trop faible pour être
détectée, quelle que soit la distance ` choisie. Il faut dans ce cas améliorer
la précision de la détection pour pouvoir conclure.
1.7. (a) Dans toutes les expériences sauf KamLAND, la distance est infé-
rieure à 1 km. Par conséquent, dans toutes ces expériences, on a |1 − Pe | ≤
10−3 . L’effet d’oscillation est alors indétectable, si l’estimation |∆m2 | c4 ∼
10−4 eV2 est valable.
(b) Pour |∆m2 | c4 = 7,1 × 10−5 eV2 , tan2 θ = 0,45 et ` = 180 km, on obtient
Pe = 0,50 ce qui est en accord avec la mesure. La prédiction théorique prenant
en compte les effets de dispersion énergétique est tracée sur la figure 3. On
voit, en passant, combien il est important de bien contrôler les barres d’erreur
dans ce type d’expérience.
Oscillations des neutrinos 31
µ ¶
2 2 π`
P (`) = 1 − sin (2θ23 ) sin , (12)
L23
1 Pour être complets, signalons que les physiciens ont aussi examiné la possibilité d’une
oscillation avec un neutrino ”stérile”, qui n’aurait aucune interaction directement détectable
avec la matière.
Oscillations des neutrinos 33
Commentaires
La grande difficulté de ces expériences provient de la très faible section
efficace d’interaction des neutrinos avec la matière. Les détecteurs sont de
gigantesques masses d’eau, où l’on observe au mieux une dizaine d’événements
par jour (par exemple ν̄e +p → e+ +n). La « précision » d’un détecteur provient
principalement de la statistique, c’est-à-dire du nombre total d’événements
enregistrés.
En 1998, la première observation indiscutable de l’oscillation de neutrinos
ντ *) νµ a été annoncée au Japon par l’expérience Super-Kamiokande (Y.
Fukuda et al., Phys. Rev. Lett. 81, 1562 (1998)). Cette expérience utilisait
un détecteur contenant 50 000 tonnes d’eau, où 11 500 photomutiplicateurs
détectaient la lumière Cherenkov des électrons ou muons produits. Une soixan-
taine de ντ ont également été détectés, mais en nombre insuffisant pour donner
un supplément d’information. Le résultat de Super-Kamiokande a été raffiné
par la suite. Une expérience d’accélérateurs a confirmé les valeurs obtenues
(K2K collaboration, Phys. Rev. Lett. 90, 041801 (2003)).
L’expérience KamLAND est une collaboration entre des physiciens japo-
nais, américains et chinois. Le détecteur est un ballon de 1000 m3 rempli
de scintillateur liquide (liquide organique C-H). Le sigle signifie KAMioka
Liquid scintillator Anti-Neutrino Detector. Référence : KamLAND Collabo-
ration, Phys. Rev. Lett. 90, 021802 (2003) ; voir aussi http :/[Link]/.
Un grand nombre de résultats proviennent d’expériences sur les neutrinos
solaires. Nous n’avons pas abordé ce problème, extrêmement important mais
trop complexe pour notre propos. Voir par exemple J. N. Bahcall, Astrophys.
Jour. 467, 475 (1996) et M. B. Smy, Mod. Phys. Lett. A 17, 2163 (2002).
Signalons enfin l’attribution du Prix Nobel 2002 à Raymond Davis Jr. et
à Masatoshi Koshiba, pionniers de cette physique des neutrinos.
Pour en savoir plus : Thierry Lasserre et Daniel Vignaud, La mystérieuse
identité des neutrinos, Pour La Science, octobre 2003, p. 58 ; André Rougé,
Physique subatomique, Chapitre 8 (Éditions de l’École polytechnique, 2003).
34 Particules élémentaires, noyaux et atomes
2. Interférométrie de neutrons
Dans la fin des années 70, Overhauser et ses collaborateurs ont réalisé
plusieurs expériences fondamentales d’interférences de neutrons qui ont mis
un terme à des débats qui duraient depuis les années 1930. Nous étudions
ici deux d’entre elles. L’une met en évidence de façon quantique le potentiel
gravitationnel, l’autre le changement de signe de la fonction d’onde du neutron
lors de la rotation de 2π de son spin.
Nous considérons ici un interféromètre constitué de trois lames cristallines
de silicium parallèles et équidistantes (Fig. 1). On suppose que le faisceau de
neutrons est monocinétique.
C2
C3
B D
A C 2θ
ϕ
d
d
Fig. 1: Schéma d’un interféromètre à neutrons. Les trois « oreilles » sont issues d’un
mono-cristal de silicium. C2 et C3 sont des compteurs de neutrons.
35
36 Particules élémentaires, noyaux et atomes
ΨI p
θ
Ψinc
p
ΨII p'
Fig. 2: Séparation d’un faisceau incident en deux faisceaux émergents, par diffrac-
tion de Bragg.
avec |p| = |p0 |, car la diffusion des neutrons sur les noyaux du cristal est
élastique. Les coefficients de transmission T et de diffraction R sont : T =
|α|2 , R = |β|2 , T + R = 1.
Dans l’interféromètre de la figure 1, le faisceau de neutrons incident est
horizontal. Il est scindé en sous-faisceaux dont deux se recombinent au point
D. Les détecteurs C2 et C3 comptent les flux de neutrons. Les neutrons utilisés
ont une longueur d’onde de de Broglie λ = 0,144 nm. Les faisceaux considérés
correspondent à des fonctions d’onde consistant en des ondes planes quasi-
monochromatiques dans la direction de propagation et d’extension finie dans
les directions transverses. Pour simplifier, on n’écrira que des ondes planes
monochromatiques du type (1).
1 Interférométrie de neutrons
1.1. Les flux de neutrons mesurés sont proportionnels à l’intensité des ondes
qui atteignent les compteurs. En posant égale à 1 l’intensité du faisceau inci-
dent (les unités sont arbitraires), donner les amplitudes A2 et A3 des ondes
arrivant en C2 et C3 en fonction de α et β (il est inutile d’écrire les termes
de propagation ei(p·r−Et)/h̄ ). En déduire les intensités mesurées I2 et I3 en
fonction des coefficients T et R.
1.2. On suppose que l’on provoque un déphasage δ de l’onde sur le trajet
AC, c’est-à-dire qu’elle est multipliée par eiδ en C.
(a) Calculer les nouvelles amplitudes A2 et A3 en fonction de α, β et δ.
(b) Montrer que les intensités mesurées I2 et I3 sont de la forme :
et exprimer µ et ν en fonction de T et R.
(c) Calculer la somme I2 + I3 et commenter le résultat.
Interférométrie de neutrons 37
B
B D
H ϕ
A D
L A C
2 Effet gravitationnel
On provoque la différence de phase δ entre les faisceaux ACD et ABD en
faisant tourner l’interféromètre d’un angle ϕ autour de l’axe d’incidence. Cela
entraı̂ne une différence de hauteur entre BD et AC, qui restent tous deux
horizontaux comme on le voit sur la figure 3, et un déphasage gravitationnel.
2.1. Soit d la distance entre les lames, dont on néglige l’épaisseur. Montrer
que le côté L du losange ABDC et sa hauteur H issue de B (Fig. 3) sont reliés
à d et à l’angle de Bragg θ par L = d/ cos θ, H = 2d sin θ. Dans l’expérience,
les valeurs de d et de θ sont d = 3,6 cm et θ = 22,1 degrés.
2.2. Pour une inclinaison d’angle ϕ du plan du losange par rapport à l’ho-
rizontale, on définit le potentiel gravitationnel par V = 0 le long de AC et
V = V0 le long de BD.
(a) Calculer la différence ∆p des impulsions des neutrons dans les faisceaux
AC et BD (on suppose que ∆p ¿ p). On exprimera le résultat en fonc-
tion de l’impulsion p sur AC, de H, sin ϕ, M et de l’accélération de la
pesanteur g.
√
(b) Calculer numériquement la vitesse 2gH.
(c) Commenter l’approximation ∆p ¿ p.
2.3. Calculer la différence de phase δ entre les chemins ABD et ACD. On
pourra procéder en deux étapes :
(a) Comparer la différence de marche entre AB et CD.
(b) Comparer la différence de marche entre BD et AC.
2.4. La variation en ϕ de la différence I2 − I3 des intensités mesurées expé-
rimentalement en C2 et C3 est représentée sur la figure 4 (les données ne
montrent pas un minimum exactement à ϕ = 0 en raison des difficultés de
calibrage). Déduire de cette expérience une valeur de l’accélération de la pe-
santeur g.
38 Particules élémentaires, noyaux et atomes
Intensité
(unités arb.)
4000
ϕ (degrés)
0
-32 -16 0 16 32
x B
A B0 D
l
C
y
3300
I2 - I3 (unités arb.)
2900
2500
B0 (mT)
0 6 12
4 Corrigé
1. Interférométrie de neutrons
1.1. Les faisceaux ACDC2 et ABDC2 interférent. En omettant les facteurs
de propagation, on a en C2 une amplitude : A2 = α2 β + β 3 = β(α2 + β 2 ). De
même pour ACDC3 et ABDC3 : A3 = 2αβ 2 . Les intensités enregistrées par
chaque compteur sont donc :
I2 = R − 4R2 T ; I3 = 4R2 T .
(c) Le fait que I2 +I3 ne dépend pas du déphasage δ exprime tout simplement
la conservation du nombre total de neutrons arrivant en D.
2. Effet gravitationnel
2.1. Résultat de trigonométrie élémentaire.
2.2. Vitesse et impulsion des neutrons :
(a) Les collisions sont élastiques, l’énergie d’un neutron est donc une constante
du mouvement dans tout le processus. Cette énergie est EAC = p2 /2M et
EBD = (p − ∆p)2 /2M + M gH sin ϕ. Par conséquent
M 2 g H sin ϕ
∆p = .
p
Interférométrie de neutrons 41
√
(b) La vitesse 2gH est de l’ordre de 0,5 m/s.
(c) La vitesse des neutrons est v = p/M = h/M λ ' 2700 m/s. La variation
de vitesse est par conséquent très faible : ∆v = gH/v ' 2 × 10−4 m/s pour
ϕ = π/2. On a bien ∆p/p = ∆v/v ∼ 10−3 ¿ 1 : l’approximation utilisée est
valable.
2.3. (a) Le potentiel gravitationnel est le même le long des chemins AB
et CD. Dans les deux cas, l’état du neutron est une onde plane avec une
impulsion p = h/λ juste avant A et C. La même équation de Schrödinger
détermine la fonction d’onde à l’extrémité des deux segments. Ceci implique
que la phase accumulée sur ces deux chemins est la même.
(b) Si nous comparons les segments AC et BD, le raisonnement précédent
ne s’applique plus, puisque l’état initial (impulsion) du neutron n’est pas le
même en A et en B. L’état initial est exp(ipz/h̄) pour AC et exp[i(p−∆p)z/h̄]
pour BD. Après avoir parcouru une distance L = AC = BD, la différence de
phase entre les deux chemins est
∆p L M 2 gλd2
δ= = tan θ sin ϕ .
h̄ πh̄2
2.4. A partir du résultat précédent, on a δ2 − δ1 = A g (sin ϕ2 − sin ϕ1 ), où
A = M 2 λd2 tan θ/(πh̄2 ). Par conséquent
δ2 − δ1
g= .
A(sin ϕ2 − sin ϕ1 )
Il y a 9 oscillations, c’est-à-dire δ2 − δ1 = 18π entre ϕ1 = −32 degrés et
ϕ2 = 24 degrés, d’où g = 9,8 m/s2 . Dans cette expérience, la précision de la
mesure était effectivement de l’ordre de 10−3 .
et
I2 − I3 = R − 4R2 T (1 + cos δ) .
3.6. Il y a un minimum de I2 − I3 chaque fois que cos δ = 1, soit δ = 2nπ.
Cela correspond à une interférence constructive dans la voie 3. De même, il
y a un maximum si cos δ = −1, soit δ = (2n + 1)π (interférence destructive
dans la voie 3).
Si δ = nπ, ce qui se produit pour B0 = nb1 , on est certain de trouver les
neutrons dans le même état de spin que dans le faisceau initial. Or, une fois sur
deux, alternativement, l’interférence est destructive. Le résultat expérimental
∆B = 6,4 ± 0,2 mT confirme que si le spin a tourné de 4nπ, il y a interférence
constructive. En revanche, s’il a tourné de 2(2n + 1)π, il y a interférence
destructive : le vecteur d’état a changé de signe, bien qu’une mesure du spin
moyen sur le faisceau ayant traversé l’aimant donne exactement les mêmes
résultats qu’une mesure faite sur le faisceau incident.
Références
A.W. Overhauser, A.R. Collela et S.A. Werner, Phys. Rev. Lett. 33, 1237
(1974) ; 34, 1472 (1975) ; 35, 1053 (1975). Voir aussi D. Greenberger et A.W.
Overhauser, Pour la Science, juillet 1980.
3. Anomalie de moment magnétique de
l’électron
(p̂ − q Â)2
Ĥ = − µ̂ · B ,
2m
où Â est le potentiel vecteur, Â = B × r̂/2, et µ̂ est l’opérateur moment
magnétique de spin. Cet opérateur est relié au spin Ŝ par µ̂ = γ Ŝ, avec
γ = (1 + a)q/m. La quantité sans dimension a est nommée anomalie de
moment magnétique. Dans le cadre de l’équation de Dirac, on prédit a = 0.
L’électrodynamique quantique prévoit, au premier ordre en α, constante de
structure fine, a = α/(2π). L’opérateur vitesse de l’électron est v̂ = (p̂ −
qA)/m. On pose ω = qB/m.
[v̂x , Ĥ] = ih̄ω v̂y , [v̂y , Ĥ] = −ih̄ω v̂x , [v̂z , Ĥ] = 0 .
C1 = hŜz v̂z i , C2 = hŜx v̂x + Ŝy v̂y i , C3 = hŜx v̂y − Ŝy v̂x i .
43
44 Particules élémentaires, noyaux et atomes
1.00
0.96
300 302 304 306
T (microsecondes)
2 Corrigé
1.1. L’hamiltonien de l’électron est Ĥ = mv̂ 2 /2 − γB Ŝz . On établit sans
difficulté les relations de commutation suivantes
Par conséquent
[v̂x , Ĥ] = ih̄ω v̂y , [v̂y , Ĥ] = −ih̄ω v̂x , [v̂z , Ĥ] = 0 .
1.2. On utilise la relation ih̄(d/dt)hÔi = h[Ô, Ĥ]i valable pour toute obser-
vable (théorème d’Ehrenfest). L’évolution de C1 est simple
d
[Ŝz v̂z , Ĥ] = 0 ⇒ C1 = 0 , C1 (t) = A1 ,
dt
Anomalie de moment magnétique de l’électron 45
Commentaires
Les données expérimentales présentées dans ce problème proviennent de
l’article de D.T. Wilkinson et H.J. Crane, Phys. Rev. 130, 852 (1963). La va-
leur de l’anomalie est maintenant connue avec une précision impressionnante :
atheo. = 0, 001 159 652 200 (40)
aexp. = 0, 001 159 652 193 (10) .
Le calcul théorique comporte toutes les corrections jusqu’à l’ordre 3 en α.
46 Particules élémentaires, noyaux et atomes
4. Désintégration d’un atome de tritium
47
48 Particules élémentaires, noyaux et atomes
1 1 e2
hψ0 | |ψ0 i = et Ĥ2 = Ĥ1 − .
r a1 r
2 Corrigé
1.1. Les deux hamiltoniens sont
p̂2 e2 p̂2 2e2
Ĥ1 = − Ĥ2 = − .
2m r 2m r
1.2. Les niveaux d’un atome hydrogénoı̈de de charge Z sont En = −Z 2 EI /n2 ,
soit dans ce cas En = −4EI /n2 . Le rayon de Bohr de l’ion 3 He+ est a2 = a1 /2
et la fonction d’onde est
1
ϕ100 (r) = p e−r/a2 .
πa32
e2
hEi = hψ0 |Ĥ2 |ψ0 i = hψ0 |Ĥ1 |ψ0 i − hψ0 | |ψ0 i ,
r
Désintégration d’un atome de tritium 49
soit
e2
hEi = −EI − = −3EI ∼ −40,8 eV .
a1
1.4. Par définition, l’amplitude de probabilité est c(n, `, m) = hn, `, m|ψ0 i et
la probabilité p(n, `, m) = |hn, `, m|ψ0 i|2 . La forme analytique est
Z
∗
c(n, `, m) = Rn` (r) (Y`,m (θ, ϕ)) ψ0 (r) d3 r ,
où les Rn` (r) sont les fonctions d’onde radiales de l’atome hydrogénoı̈de 3 He+ .
Puisque ψ0 (r) est de la forme ψ0 (r) = R0 (r) Y0,0 (θ, ϕ), l’orthogonalité des
harmoniques sphériques entraı̂ne que p(n, `, m) = 0 si (`, m) 6= (0, 0).
1.5. L’amplitude de probabilité de rester dans l’état fondamental est
Z √
e−r/a2 e−r/a1 2 16 2
(p1 )1/2 = 4π p p r dr = ,
πa32 πa31 27
La probabilité p totale est plus petite que 1, il existe donc une probabilité
(1 − p) = 0,026 que l’électron atomique ne soit pas lié dans l’état final. La
contribution hEL i = −41,7 eV est plus faible que hEi de 0,9 eV. La probabilité
(1−p) correspond à un électron d’énergie positive, c’est-à-dire à une ionisation
de 3 He+ en 3 He++ avec émission de l’électron atomique.
1.7. Il y a nécessairement une probabilité 1 − p = 0,026 que 1’électron
atomique ne soit pas lié dans l’hélium, donc que cet atome soit ionisé à
l’instant initial. Si l’énergie cinétique moyenne de l’électron expulsé est de
Ec ' 34,3 eV, cela représente une contribution (1 − p)Ec ' +0,89 eV à
la valeur moyenne de l’énergie, ce qui comble le « déficit » apparent calculé
précédemment :
Commentaire
Ce type de réaction a été intensivement étudié dans les années 1980-90,
en vue de la détermination de la masse du neutrino. En notant M1 et M2 les
masses des deux noyaux, Eβ l’énergie de l’électron de désintégration, E celle
de l’électron atomique, lié ou non, et Eν̄ celle du neutrino, la conservation de
l’énergie s’écrit, pour chaque événement :
M1 c2 − EI = M2 c2 + Eβ + Eν̄ + E .
51
52 Particules élémentaires, noyaux et atomes
H=1 m
Cavité
électromagnétique
atomes
froids
Fig. 1: Schéma de principe d’une horloge à fontaine atomique, utilisant des atomes
refroidis par laser.
2 La fontaine atomique
Les atomes sont préparés dans le niveau d’énergie E1 , puis lancés vers
le haut (figure 1). A la montée et à la descente, ils traversent une cavité
dans laquelle on injecte une onde électromagnétique de pulsation ω, proche de
ω0 = (E1 −E2 )/h̄. On détecte à la fin de la descente le nombre d’atomes ayant
basculé du niveau E1 vers le niveau E2 . Dans toute la suite, le mouvement des
atomes dans l’espace (chute libre) est traité classiquement. Seule l’évolution
de leur état interne est traitée quantiquement.
Pour simplifier, on ne considère qu’un seul état dans le sous-niveau d’énergie
Les horloges atomiques 53
Précision relative
10-13
N
10-14
104 105 106
E1 . Cet état (noté |1i) est couplé par l’onde électromagnétique à un seul état
(noté |2i) du sous-niveau E2 . On fixe par convention l’origine des énergies en
(E1 + E2 )/2, soit E1 = h̄ω0 /2, E2 = −h̄ω0 /2. On suppose que la durée ² de
la traversée de la cavité est très brève et que cette traversée fait évoluer le
vecteur d’état de l’atome de la manière suivante :
|ψ(t)i = α|1i + β|2i −→ |ψ(t + ²)i = α0 |1i + β 0 |2i ,
µ 0 ¶ µ ¶ µ ¶
α 1 1 −ie−iωt α
avec : = √ .
β0 2 −ieiωt 1 β
2.1. L’état initial de l’atome est |ψ(0)i = |1i. On considère un aller-et-retour
de durée T , comportant la traversée de la cavité entre l’instant t = 0 et t = ²,
un temps d’évolution libre de durée T − 2², et une deuxième traversée de la
cavité entre les instants T − ² et T . En prenant la limite ² → 0, montrer que
l’état de l’atome après cet aller-et-retour est donné par :
|ψ(T )i = i e−iωT /2 sin((ω − ω0 )T /2) |1i − i eiωT /2 cos((ω − ω0 )T /2) |2i (1)
2.2. Donner la probabilité P (ω) pour trouver un atome dans l’état |2i à
l’instant T . Déterminer la demi-largeur à mi-hauteur ∆ω de P (ω) autour de
la résonance ω = ω0 . Que vaut ∆ω pour une fontaine de 1 mètre de haut ?
On rappelle l’accélération de la pesanteur g = 9, 81 ms−2 .
2.3. On envoie un paquet de N atomes (N À 1). Après l’aller-et-retour du
paquet, chaque atome est dans l’état donné en eq. (1). On mesure séparément
les nombres d’atomes dans les états |1i et |2i, que l’on note N1 et N2 (avec
N1 + N2 = N ). Quelle est la distribution statistique des variables aléatoires
N1 et N2 ? Donner leur moyenne hNi i et leur écart-type ∆Ni . On posera
φ = (ω − ω0 )T /2 et on exprimera les résultats en fonction de cos φ, sin φ et
N.
54 Particules élémentaires, noyaux et atomes
3 Le système GPS.
Ce système utilise 24 satellites en orbite terrestre à 20 000 km d’altitude,
contenant chacun une horloge atomique. Chaque satellite émet à intervalles
réguliers un signal électromagnétique composé d’un « top » d’horloge et de
l’indication de sa position. Un récepteur terrestre, qui ne dispose pas d’une
horloge atomique, détecte les signaux émis par plusieurs satellites et compare
les instants d’arrivée des différents « tops » d’horloge.
3.1. Quel nombre minimal de satellites doit-on voir à un instant donné pour
se localiser en latitude, en longitude, et en altitude à la surface du globe
terrestre ?
3.2. On suppose que la précision relative de chaque horloge est ∆ω/ω =
10−13 et que ces horloges sont synchronisées toutes les 24 heures. Quel est
l’ordre de grandeur de la précision de la localisation juste avant une nouvelle
synchronisation des horloges ?
5 Corrigé
1. Le clivage hyperfin du niveau fondamental
1.1. L’espace de Hilbert correspondant au niveau fondamental est le produit
tensoriel de l’espace associé au spin de l’électron et de l’espace associé au spin
du noyau. Sa dimension d est donc le produit des dimension : d = 2×(2sn +1).
1.2. Niveaux d’énergie de l’hamiltonien hyperfin.
(a) En utilisant
1³ ´ i³ ´
Ŝe,x = Ŝe,+ + Ŝe,− , Ŝe,y = Ŝe,− − Ŝe,+ ,
2 2
et une relation similaire pour Ŝn,x et Ŝn,y , on arrive au résultat annoncé.
(b) L’action de Ŝe,+ Ŝn,− et de Ŝe,− Ŝn,+ sur |me = 1/2; mn = sn i donne le
vecteur nul. Il en va de même sur |me = −1/2; mn = −sn i. Seul contribue
donc le terme Ŝe,z Ŝn,z et on trouve :
Asn
Ĥ |me = 1/2; mn = sn i = |me = 1/2; mn = sn i
2
Asn
Ĥ |me = −1/2; mn = −sn i = |me = −1/2; mn = −sn i .
2
(c) On trouve :
Amn
Ĥ|1/2; mn i = |1/2; mn i
2
Ap
+ sn (sn + 1) − mn (mn + 1) | − 1/2; mn + 1i
2
Amn
Ĥ| − 1/2; mn i = − | − 1/2; mn i
2
Ap
+ sn (sn + 1) − mn (mn − 1) |1/2; mn − 1i .
2
(d) On déduit de la question précédente que le sous-espace Emn de dimension
2 engendré par |1/2; mn i et |−1/2; mn +1i est globalement stable sous l’action
de Ĥ. La recherche des états propres de Ĥ consiste donc à diagonaliser la série
de matrices 2 × 2 correspondant à son action à l’intérieur de ces sous-espaces.
La matrice de la restriction de Ĥ au sous-espace Emn est bien celle donnée
dans l’énoncé.
1.3. Les valeurs propres des matrices données dans l’énoncé sont en fait
indépendantes de mn et valent Asn /2 et −A(1 + sn )/2. Dans le cas parti-
culier sn = 1/2 (atome d’hydrogène), ces deux valeurs propres sont A/4 et
−3A/4.
1.4. Il y a 2sn matrices 2 × 2 à diagonaliser, donnant chacune un vecteur
propre associé à Asn /2 et un vecteur propre associé à −A(1 + sn )/2. Par
56 Particules élémentaires, noyaux et atomes
2. La fontaine atomique
2.1. Dans la limite ² → 0, le vecteur d’état final de l’atome s’obtient par
simple produit matriciel :
µ 0 ¶ µ ¶ µ −iω T /2 ¶
α 1 1 −ie−iωT e 0 0
= ×
β0 2 −ieiωT 1 0 eiω0 T /2
µ ¶ µ ¶
1 −i 1
× ,
−i 1 0
qui correspond à la traversée de la cavité à l’instant 0, à une évolution libre
entre 0 et T , puis une seconde traversée de la cavité à l’instant T . On trouve
ainsi le vecteur d’état indiqué dans l’énoncé.
2.2. On trouve P (ω) = |β 0 |2 = cos2 ((ω − ω0 )T /2). Cette probabilité vaut 1
si on est strictement à résonance (ω = ω0 ). Elle vaut 1/2 si ω = ω0 ± π/(2T ).
Pour un mouvement de chute libre montant p à une hauteur H = 1 m, puis
revenant à son point de départ, on a T = 2 2H/g, soit T = 0,9 s, ou encore
∆ω = 1,7 s−1 .
2.3. La détection de chaque atome donne le résultat E1 avec une probabilité
sin2 φ et E2 avec une probabilité cos2 φ. Comme les atomes sont indépendants,
la distribution des variables aléatoires N1 et N2 est binomiale. On a donc :
√
hN1 i = N sin2 φ hN2 i = N cos2 φ ∆N1 = ∆N2 = N | cos φ sin φ| .
Les horloges atomiques 57
2.4. On a effectivement hN2 −N1 i/N = cos 2φ = cos((ω −ω0 )T ). Les fluctua-
tions sur la variable N2 − N1 induisent une fluctuation sur la détermination
de ω − ω0 , les deux fluctuations étant reliées par :
∆(N2 − N1 )
= 2 |sin(2φ)| ∆φ .
N
√ √
Puisque ∆(N2 − N1 ) = 2 ∆N2 = N |sin 2φ|, on déduit ∆φ = 1/(2 N ), ou
encore :
1
∆|ω − ω0 | = √ .
2T N
La précision est d’autant meilleure que T est long et que N est grand.
2.5. On constate bien sur la figure 2 que la précision de l’horloge est meilleure
quand N croı̂t, avec une variation en N −1/2 . Pour N = 106 et T = 0,9 s, la
formule ci-dessus donne 5,6 × 10−4 s. La fréquence hyperfine du césium est
ω0 = 2π × 9,2 GHz, ce qui correspond bien à ∆ω/ω ∼ 10−14 .
3. Le système GPS.
3.1. Il faut voir au moins quatre satellites. Avec deux satellites, la différence
des instants de réception t1 et t2 des signaux émis par les deux satellites loca-
lisent l’observateur sur une surface (par exemple, le plan médiateur du segment
joignant les deux satellites si t1 = t2 ) ; trois satellites localisent l’observateur
sur une ligne, et le quatrième satellite permet de lever toute ambiguı̈té (on
exclut que l’observateur puisse être à l’intérieur du globe terrestre ou en orbite
lointaine).
3.2. Un satellite émet un signal à un instant t0 . Ce signal est reçu par un
observateur situé à une distance D à l’instant t1 = t0 + D/c. Si l’horloge du
satellite n’est pas à l’heure, le signal n’est pas émis à l’instant t0 , mais à un
instant légèrement différent t00 . L’observateur, qui dispose d’une référence de
temps correcte via un autre satellite, interprète le temps t1 − t00 comme une
distance D0 = c(t1 − t00 ), et il fait donc une erreur c(t00 − t0 ) sur sa position.
Pour une horloge de précision relative 10−13 , le retard ou l’avance typique au
bout de 24 heures (=86 000 secondes) est 86000 × 10−13 s, soit une erreur de
positionnement de 2,5 mètres.
Notons que les horloges atomiques embarquées dans les satellites GPS
sont notablement moins performantes que les fontaines à atomes froids des
laboratoires au sol.
La quantité entre crochets vaut 0,22, ce qui conduit à une majoration de α̇/α
de 1,4 × 10−14 /an, soit 4,3 × 10−22 /seconde. Ce taux de variation, extrapolé
sur une durée de l’ordre de l’age de l’univers, correspond à une variation de
10−4 . Un tel effet peut en principe être détecté par spectroscopie d’objets très
lointains.
Remarque : une détermination plus précise de la dépendance en α de ωCs ,
pour lequel l’approximation Zα ¿ 1 n’est pas très bonne, donne pour le terme
entre crochets 0,45.
5. Références
Les données expérimentales concernant la stabilité d’une horloge à atomes
froids sont extraites de l’article : G. Santarelli et al., Phys. Rev. Lett. 82, 4619
(1999).
Pour la recherche de la dérive des constantes fondamentales, voir J. D.
Prestage, R. L. Tjoelker, and L. Maleki, Phys. Rev. Lett. 74, 3511 (1995).
6. L’atome d’hélium et la molécule He2
59
60 Particules élémentaires, noyaux et atomes
réseau détecteur
jet atomique
d’hélium
θ
z
(a) (b)
-0.2 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4 -0.2 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4
angle de diffusion (milliradian) angle de diffusion (milliradian)
Fig. 2: (a) Signal détecté en fonction de l’angle θ de déflexion. (b) Mêmes données
qu’en (a), avec une échelle verticale multipliée par 60.
L̂ est l’opérateur moment cinétique orbital relatif entre les deux atomes, et
I = M D2 /2 le moment d’inertie.
(a) Quelles sont les énergies attendues pour les trois premiers niveaux de
rotation de la molécule ?
(b) L’énergie de liaison E0 de la molécule He2 dans son état fondamental
est extrêmement faible : |E0 | ' 10−7 eV. Dans quel(s) état(s) de rotation
peut-on espérer trouver la molécule ?
3 Corrigé du problème
1. L’état fondamental de l’atome d’hélium
1.1. Atomes hydrogénoı̈des.
(a) Le nombre quantique ` est associé à l’observable L̂2 , où L̂ = r̂ × p̂ est
l’opérateur moment cinétique orbital de l’électron. Les résultats possible d’une
mesure de L̂2 sont h̄2 `(` + 1) avec ` entier positif ou nul. Le nombre quantique
m est associée à L̂z . Les résultats possibles d’une mesure de L̂z (` étant fixé)
sont mh̄, où m est entier compris entre −` et +`.
−Zr/a1
(b) La √ partie orbitale de l’état fondamental s’écrit ψ1,0,0 (r) = Ce avec
Z 3
C = p 3 . C’est un état de moment cinétique nul, à symétrie sphérique.
πa1
(c) Cet état a une énergie −Z 2 EI avec EI = me e4 /(2h̄2 ) et une taille ∼
a1 /Z.
1.2. Modèle d’électrons indépendants
(a) Dans cette approximation d’électrons indépendants, l’hamiltonien s’écrit :
p̂2i 2e2
Ĥ = Ĥ1 + Ĥ2 avec Ĥi = − .
2me r̂i
(b) On obtient le niveau fondamental de l’atome en mettant chaque électron
dans l’état orbital ψ1,0,0 (r i ) correspondant à l’état fondamental de Ĥi . Chaque
électron a l’énergie −2me e4 /h̄2 , soit une énergie totale :
Ef = −4me e4 /h̄2 .
Pour satisfaire au principe de Pauli, il faut que le vecteur d’état des deux
électrons soit antisymétrique par échange des deux électrons. La partie orbi-
tale étant symétrique, il faut que les deux spins soient dans l’état singulet :
|1 : + ; 2 : −i − |1 : − ; 2 : +i
|Ψf i = |1 : ψ1,0,0 ; 2 : ψ1,0,0 i ⊗ √ .
2
Le niveau fondamental n’est donc pas dégénéré.
(c) On trouve Ef = 8 × (−13,6) = −108,8 eV.
L’atome d’hélium et la molécule He2 63
5 e2
∆E = = 34,0 eV .
4 a1
A cet ordre du calcul, l’énergie de l’état fondamental est donc : Ef = −108,8+
34,0 = −74,8 eV.
1.4. Interaction magnétique entre électrons.
(a) L’ordre de grandeur de l’énergie d’interaction de deux dipoles magnétiques
µ0 µ2
µ séparés par une distance d est W ∼ . La distance entre les deux
4π d3
électrons est de l’ordre du rayon de Bohr a1 . On a donc :
µ0 q 2 h̄2
|W | ∼ .
4π 4m2e a31
(b) Le premier ordre de diffraction est donné par θ ' λ/d = 1,15 milliradian.
2.3. Le pic diffracté correspond à un angle de déflexion θ = 1,16 milliradian,
en bon accord avec la prédiction ci-dessus.
2.4. Dans l’image agrandie, on voit apparaı̂tre des pics à θ = 0,58 mrad et
θ = 0,40 mrad, soit la moitié et le tiers de l’angle précédent. Si on suppose
que tous les composants du jet vont à la même vitesse (ce qu’on peut vérifier
par temps de vol), ceci signifie que les objets créant ces pics ont une masse
double ou triple de la masse atomique. Il s’agit des molécules He2 et He3 .
2.5. L’état de rotation de la molécule.
(a) Puisqu’il s’agit d’un moment cinétique orbital, les valeurs propres pos-
sible de l’opérateur L̂2 sont h̄2 `(` + 1) avec ` = 0, 1, 2, . . .. Les trois premiers
niveaux de rotation de la molécule ont donc l’énergie :
(0)
`=0 : Erot = 0 ,
(1) 2h̄2
`=1 : Erot = ,
M D2
(2) 6h̄2
`=2 : Erot = .
M D2
(b) Pour le premier niveau de rotation excité, on trouve
(1)
Erot = 2h̄2 /(M D2 ) ' 8 × 10−7 eV .
Commentaires
Les expériences décrites dans ce problème ont été menées à Göttingen et
sont décrites dans les articles de W. Schöllkopf and J.P. Toennies, Science
266, 1345 (1994) (spectres de la figure 2) et R. Grissenti et al., Phys. Rev.
Lett. 85, 2284 (2000) (mesure de D).
Notons que le raisonnement de la question 2.5 mériterait d’être appro-
fondi. En effet, un état de moment cinétique non nul pourrait correspondre
à une distance d’équilibre D plus grande que celle mesurée pour ` = 0, et
donc une énergie de rotation plus basse. Toutefois, l’énergie de liaison |E0 | di-
minuerait également si on augmentait D, et on peut montrer rigoureusement
qu’il n’existe pas de solution stable pour ` 6= 0.
B.
Intrication quantique et mesure
65
7. Paradoxe EPR et inégalité de Bell
1 Le spin de l’électron
On étudie d’abord le spin de l’électron. Soit uϕ un vecteur unitaire dans
le plan zOx : uϕ = cos ϕ uz + sin ϕ ux , où uz et ux sont les vecteurs unitaires
portés respectivement par Oz et Ox. On note Ŝeϕ = Ŝ e · uϕ la composante
de l’observable spin de l’électron Ŝ e le long de l’axe défini par uϕ .
67
68 Intrication quantique et mesure
G, alors on a :
4 Variables cachées
Pour Einstein et pour d’autres physiciens, la solution du « paradoxe »
entrevu dans le paragraphe précédent provient de ce que les vecteurs d’états
Paradoxe EPR et inégalité de Bell 69
5 Inégalité de Bell.
En considérant des états intriqués, Bell a prouvé en 1965 le désaccord entre
les prédictions de la mécanique quantique et une très large classe de théories à
variables cachées (théories « locales »). Nous montrons dans ce paragraphe que
les corrélations prédites dans le cadre d’une théorie à variables cachées sont
contraintes par une inégalité, désormais appelée inégalité de Bell, qui peut
être en désaccord avec les prédictions de la physique quantique standard.
On considère une théorie à variable cachée dont le résultat consiste en
deux fonctions A(λ, uα ) et B(λ, uβ ) donnant respectivement les résultats des
70 Intrication quantique et mesure
E(α,β)
1
α−β
0
π 2π
-1
mesures des spins de l’électron et du proton. Chacune de ces fonctions est bi-
valuée, égale à ±h̄/2. La valeur dépend de la variable cachée λ pour la paire
électron-proton considérée. Il est inutile de préciser la nature de cette variable
pour la démonstration du théorème de Bell. Le résultat A dépend bien sûr de
l’axe uα choisi pour la mesure du spin de l’électron, mais il ne dépend pas de
l’axe uβ . De même, B ne dépend pas de uα . Cette hypothèse de localité est
essentielle pour la discussion qui suit.
|S| ≤ 2 .
α − β = β 0 − α = α0 − β 0 = π/4 ,
Paradoxe EPR et inégalité de Bell 71
6 Corrigé
1. Le spin de l’électron
1.1. Dans la base propre |e : ±i de Ŝez , la matrice de Ŝeϕ est :
µ ¶
h̄ cos ϕ sin ϕ
.
2 sin ϕ − cos ϕ
2 h̄2 ˆ 2 h̄2 ˆ
Ŝeα = Ie et Ŝpβ = Ip
4 4
72 Intrication quantique et mesure
ainsi que :
4. Variables cachées
4.1. En utilisant les résultats du § 2, on trouve
Z
h̄ dϕ
hŜeα i = cos(ϕ − α) =0,
2 2π
E(α,β)
1
α−β
0
π 2π
-1
5. Inégalité de Bell.
5.1. Dans le cadre d’une théorie à variables cachées, le coefficient de corrélation
s’écrit Z
4
E(α, β) = 2 P (λ) A(λ, uα ) B(λ, uβ ) dλ ,
h̄
où P (λ) est la loi de distribution de la variable λ, avec :
Z
P (λ) ≥ 0 et P (λ) dλ = 1 .
Nous supposons ici que la théorie à variable cachée reproduit les valeurs
moyennes à un opérateur pour l’état singulet :
Z Z
hSeα i = P (λ) A(λ, uα ) dλ = 0 hSpβ i = P (λ) B(λ, uβ ) dλ = 0 .
Si ce n’était pas le cas, cette théorie devrait être rejetée puisqu’elle ne repro-
duirait pas un fait expérimental bien établi.
5.2. La quantité considérée s’écrit :
¡ ¢ ¡ ¢
A(λ, uα ) B(λ, uβ ) + B(λ, u0β ) + A(λ, u0α ) B(λ, u0β ) − B(λ, uβ ) .
Les deux quantités B(λ, uβ ) et B(λ, u0β ) ne prennent que deux valeurs ±h̄/2.
On a donc soit
B(λ, uβ ) + B(λ, u0β ) = ±h̄ B(λ, uβ ) − B(λ, u0β ) = 0 ,
soit
B(λ, uβ ) + B(λ, u0β ) = 0 B(λ, uβ ) − B(λ, u0β ) = ±h̄ ,
Paradoxe EPR et inégalité de Bell 75
g(θ)
θ
0
π 2π
-2
Fig. 3: Variation de g(θ). Les zones hachurées correspondent aux points exclus pour
les théories à variable cachée.
d’où le résultat.
5.3. On multiplie le résultat (4) par P (λ) et on intègre sur λ. L’inégalité de
Bell en découle immédiatement.
5.4. La prédiction de la mécanique quantique est
Références
A. Einstein, B. Podolsky et N. Rosen, Phys. Rev. 47, 777 (1935).
J.S. Bell, Physics 1 (1964) ; voir aussi J. Bell Speakable and unspeakable in
quantum mechanics, Cambrodge University Press, Cambridge (1993).
Les données expérimentales présentées ici proviennent de : A. Aspect, P.
Grangier et G. Roger, Phys. Rev. Lett. 49, 91 (1982) ; A. Aspect, J. Dali-
bard et G. Roger, Phys. Rev. Lett. 49, 1804 (1982). Ces expériences ont été
menées sur des paires de photons émises dans une cascade atomique. Depuis,
la précision a été considérablement améliorée grâce à l’utilisation de paires de
photons produites par le dédoublement non-linéaire de photons ultraviolets
dans un cristal (voir par exemple l’article d’A. Aspect dans Nature, 398, 189
(18 mars 1999)).
8. Le chat de Schrödinger
p̂2 1
Ĥ = + mω 2 x̂2 .
2m 2
1 1
â = √ (X̂ + iP̂ ) ↠= √ (X̂ − iP̂ ) N̂ = ↠â .
2 2
1.1. Préliminaires.
(a) Justifier qu’en travaillant avec des fonctions des variables sans dimension
X et P , on a :
∂ ∂
P̂ = −i X̂ = i .
∂X ∂P
77
78 Intrication quantique et mesure
2.1. Montrer que les états |ni sont états propres de W . En déduire le déve-
loppement sur la base {|ni} de l’état |ψ(T )i du système à l’instant T .
2.2. Comment se simplifie |ψ(T )i dans les cas particuliers : T = 2π/g et
T = π/g ?
2.3. On choisit maintenant T = π/2g. Montrer que l’on a :
1 ³ ´
|ψ(T )i = √ e−iπ/4 |αi + eiπ/4 | − αi . (3)
2
3.1. On prépare un système quantique dans l’état (3). Écrire les lois de pro-
babilité (non normalisées) pour la position et pour l’impulsion du système.
Ces lois de probabilité sont tracées sur la figure 1 pour α = 5i. Interpréter
physiquement ces distributions.
3.2. Une physicienne, Alice, prépare un nombre N de systèmes indépendants,
tous dans l’état (3), et elle fait une mesure de l’impulsion de chacun de ces
systèmes. Le détecteur a une résolution δp telle que :
√
mh̄ω ¿ δp ¿ p0 .
X P
-3 0 3 -10 0 10
Fig. 1: Lois de probabilité pour la position et l’impulsion d’un système dans l’état
(3) pour α = 5i. Les quantités X et P sont les variables sans dimension introduites
dans la première partie du problème. L’échelle des ordonnées est arbitraire.
des systèmes sont dans l’état |αi et l’autre moitié dans l’état | − αi. Obtient-
on dans ce cas la distribution de la question précédente pour les N mesures
d’impulsion ?
3.4. Pour trancher, Alice procède maintenant à une mesure de la position
sur les N systèmes indépendants tous dans l’états (3). Dessiner la forme de
la distribution regroupant les résultats, en supposant que la résolution δx du
détecteur est telle que :
r
1 h̄
δx ¿ .
|α| mω
3.5. Bob peut-il retrouver les résultats concernant la mesure de la position
trouvés à la question précédente en se plaçant dans l’hypothèse d’un mélange
statistique ?
3.6. En reprenant la valeur numérique obtenue dans le cas du pendule simple
de la question § 1.6, évaluer la résolution δx nécessaire pour différencier une su-
perposition quantique de N pendules dans l’état (3) par rapport à un mélange
statistique constitué de N/2 pendules dans l’état |αi et N/2 pendules dans
l’état | − αi.
vironnement dans un état |χe (0)i, la fonction d’onde du système total est
le produit des fonctions d’onde individuelles, et le vecteur d’état initial du
système total s’écrit comme le produit des vecteurs d’états des deux sous-
systèmes :
|Φ(0)i = |α0 i ⊗ |χe (0)i .
Le couplage est responsable de l’amortissement de l’oscillateur. À un instant
t ultérieur, le vecteur d’état du système total devient :
|Φ(t)i = |α1 i ⊗ |χe (t)i ,
avec α1 = α(t)e−γt ; le nombre α(t) correspond à l’état quasi-classique que
l’on trouverait en l’absence d’amortissement (question 1.5) et γ est un nombre
réel positif.
(±) (±)
– que les états |χe (t)i sont des états quasi-classiques : |χe (t)i = | ± βi,
– et que pour des temps courts (γt ¿ 1) : |β|2 = 2γt|α0 |2 .
(a) À partir du développement (2), montrer que η = hβ| − βi = exp(−2|β|2 ).
(b) En utilisant l’expression trouvée en § 4.1 pour l’énergie du premier os-
cillateur, déterminer la valeur typique du transfert d’énergie entre les
deux oscillateurs au-dessus de laquelle la différence entre superposition
quantique et mélange statistique devient inobservable.
4.4. On reprend le pendule simple décrit plus haut et on suppose que la
constante de temps d’amortissement de l’énergie est d’une année (pendule
suspendu sous vide, frottements minimisés). En utilisant le résultat du modèle
développé à la question précédente, évaluer le temps pendant lequel un état
« chat de Schrödinger » est observable. Commenter le résultat obtenu.
5 Corrigé
1. Les états quasi-classiques de l’oscillateur harmonique
1.1. Préliminaires.
(a) Un changement de variable immédiat donne
r
p̂ 1 h̄ ∂ h̄ ∂ ∂
P̂ = √ =√ = −i = −i ,
mh̄ω mh̄ω i ∂x mω ∂x ∂X
r r
mω mω ∂ √ ∂ ∂
X̂ = x̂ = ih̄ = i mh̄ω =i .
h̄ h̄ ∂p ∂p ∂P
(b) On a les relations habituelles [N̂ , â] = [â+ â, â] = [â+ , â]â = −â. Par
conséquent
et â|ni est donc vecteur propre de N̂ avec la valeur propre n − 1 . On sait que
les niveaux d’énergie d’un oscillateur harmonique 1D ne sont pas dégénérés.
Par conséquent on trouve â|ni = µ|n − 1i, où le coefficient de proportionnalité
µ se détermine en calculant la norme de â|ni :
√
kâ|nik2 = hn|â+ â|ni = n ⇒ µ= n,
– en fonction de la variable P :
µ ¶ µ ¶
∂ P2
P+ ϕ0 (P ) = 0 ⇒ ϕ0 (P ) = C 0 exp − .
∂P 2
mh̄ω mh̄ω £ ¤
∆p2 = − hα|(â − ↠)2 |αi − hpi2 = − (α − α∗ )2 − 1 − hpi2 ,
2 2
p
soit ∆p = mh̄ω/2 également indépendant de α. L’inégalité de Heisenberg
est saturée : ∆x ∆p = h̄/2 quelle que soit la valeur de α.
1.4. En fonction de la variable X, on a
µ ¶ Ã √ !
1 ∂ (X − α 2)2
√ X+ ψα (X) = αψα (X) ⇒ ψα (X) = C exp − .
2 ∂X 2
|ψ(0)i = |α0 i ,
2X αn
|ψ(t)i = e−|α| √ 0 e−iEn t/h̄ |ni
/2
n n!
2 X αn
= e−|α| /2 e−iωt/2 √ 0 e−inωt |ni
n n!
= e−iωt/2 |α(t)i avec α(t) = α0 e−iωt = ρe−i(ωt−φ) .
∆x 1 ∆p 1
= ¿1 , = ¿1.
x0 2ρ p0 2ρ
et
2 X αn 2
|ψ(0)i = |αi ⇒ |ψ(T )i = e−|α| /2
√ e−ign T |ni .
n n!
Le chat de Schrödinger 85
2 2
2.2. Si T = 2π/g, alors e−ign T
= e−2iπn = 1 et
|ψ(T )i = |αi .
2 2
Si T = π/g, alors e−ign T
= e−iπn = 1 si n est pair, −1 si n est impair soit
2
e−ign T
= (−1)n ⇒ |ψ(T )i = | − αi .
2 2
2.3. Si T = π/2g alors e−ign T = e−iπn /2
= 1 si n est pair, −i si n est
impair. On peut récrire cette relation
2 1 1 £ π π ¤
e−ign T
= [1 − i + (1 + i)(−1)n ] = √ e−i 4 + ei 4 (−1)n ,
2 2
soit
1 ³ ´
|ψ(T )i = √ e−iπ/4 |αi + eiπ/4 | − αi .
2
2.4. Un état « chat de Schrödinger ».
(a) Pour α = iρ, dans l’état |αi, l’oscillateur a une position moyenne nulle et
une vitesse positive. Dans l’état | − αi, l’oscillateur a également une position
moyenne nulle mais une vitesse négative. L’état (3) est une superposition
quantique de ces deux situations.
(b) Si |α| À 1, les états |αi et | − αi sont macroscopiquement différents
(antinomiques), et l’état (3) représente une superposition quantique de tels
états. C’est donc une version (pacifique) de l’état du chat de Schrödinger, avec
bien sûr une assimilation abusive puisque l’on donne le nom d’état vivant (ou
mort) du chat à un vecteur de l’espace de Hilbert.
1 1
δX ¿ = .
|α| ρ
1¡ ¢ ¡ ¢
P(p) = |ϕα1 (p)|2 + |ϕ−α1 (p)|2 + η Re iϕ∗−α1 (p)ϕα1 (p) .
2
Comme le recouvrement des deux gaussiennes ϕα1 (p) et ϕ−α1 (p) est nég-
ligeable, pour |α1 | À 1, le terme croisé proportionnel
√ à η ne contribue quasi-
ment pas. On retrouve deux pics centrés en ±|α1 | 2mh̄ω.
Le chat de Schrödinger 87
η ≥ 1/10 .
Conclusion
Même pour un système aussi bien protégé de l’environnement que le pen-
dule simple considéré dans l’énoncé, les superpositions quantiques d’états ma-
croscopiques sont inobservables. Au bout d’un temps très court, toutes les
observations que l’on peut faire sur un système initialement préparé dans une
telle superposition coı̈ncident avec celles que l’on pourrait faire sur un mélange
statistique. Il n’est donc pas possible, au moins actuellement, d’observer des
effets liés au caractère paradoxal d’une superposition d’états quantiques ma-
croscopiques. En revanche, l’observation de chatons « mésoscopiques » (entre
le macro et le microscopique) n’est pas exclue pour des systèmes à peu de
degrés de libertés et très bien isolés. Parmi ces systèmes, citons :
– des photons micro-ondes stockés dans une cavité supraconductrice, la
préparation du chat se faisant en envoyant des atomes à travers la cavité ;
88 Intrication quantique et mesure
1.3. Quels sont les états de spin après une mesure ayant donné ±h̄/2 ?
1.4. Immédiatement après cette mesure, on mesure la composante du spin
suivant l’axe z.
89
90 Intrication quantique et mesure
A B
z z
θa θb
Source
a b
x x
Fig. 1: Source S émettant une paire (a, b) de particules de spin 1/2. Alice mesure
la composante du spin a suivant un axe θa et Bob mesure la composante du spin b
suivant un axe θb .
1 ¡ ¢
|Σi = √ |σza = +1i ⊗ |σzb = +1i + |σza = −1i ⊗ |σzb = −1i . (4)
2
1 ¡ ¢
|Σi = √ |σxa = 1i ⊗ |σxb = 1i + |σxa = −1i ⊗ |σxb = −1i . (5)
2
2.2. La paire de particules (a, b) étant préparée dans l’état de spin (4-5), ces
particules sont séparées spatialement (figure 1) sans que l’état de spin soit
affecté (avant qu’une mesure n’intervienne).
La cryptographie quantique 91
A E B
z z z
θa θe θb
Source
a b
x x x
Fig. 2: Un espion, situé entre la source S et Bob, fait une mesure d’une composante
du spin b suivant un axe θe , avant que Bob ne mesure la composante de ce spin
suivant l’axe θb .
Paire n◦ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
A Axe x x z x z z x z z z x x
A Résultat + − + + − − + + + − + −
B Axe x x z x x x
B Résultat + − − + + +
Paire n◦ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
A Axe x z z z x x z x x z x z
A Résultat + + − + + − + + − − + +
B Axe x x x z z z
B Résultat + + − + + −
Paire n◦ 2 5 6 8 9 12
B Axe x x x z x x
Tab. 9.3: Choix d’axes communiqués publiquement par Bob dans le cadre de
l’expérience 1, après qu’Alice se soit déclarée confiante de ne pas avoir été écoutée.
94 Intrication quantique et mesure
4 Corrigé
1. Etats de spin 1/2
1.1. L’observable de spin suivant l’axe u est
µ ¶
h̄ cos θ sin θ
Ŝ.eu = .
2 sin θ − cos θ
1.3. Après une mesure donnant le résultat +h̄/2 (resp. −h̄/2), l’état est |σu =
+1i (resp. |σu = −1i).
1.4. Deux mesures successives.
(a) Si la mesure le long de u a donné +h/2, les probabilités de la seconde
mesure sont
p+ 2
z (±h̄/2) = |hσz = ±1|σu = +1i| ,
avec
2
p+ 2
z (+/h̄/2) = cos (θ/2) , p+
z (−h̄/2) = sin (θ/2) .
p+ + 4
u × pz (+h̄/2) = cos θ/2 si la mesure sur u a donné + h̄/2 ,
4
p− −
u × pz (+h̄/2) = sin θ/2 si la mesure sur u a donné − h̄/2 ,
soit au total
θ θ 1
P++ = cos4 + sin4 = (1 + cos2 θ) .
2 2 2
(c) Les résultats intermédiaires sont inversés, mais la probabilité est la même
1
P−− = (1 + cos2 θ) .
2
La cryptographie quantique 95
Les termes croisés s’éliminent, d’où le résultat. Plus généralement, l’état (5)
est invariant par rotation autour de l’axe Oy.
2.2. Mesure d’Alice.
(a) Alice trouve +h̄/2 avec p = 1/2 dans chaque cas. En effet, le projecteur
sur l’état propre |σza = +1i étendu à 1’espace produit tensoriel est
Ceci se réduit à :
Commentaire
Ce procédé (utilisant des photons et non des spin 1/2) a été intensive-
ment étudié dans les laboratoires de recherche depuis 1990 et il est désormais
commercialisé. Pour plus de détails, on pourra consulter les articles suivants :
– La Mécanique Quantique au secours des agents secrets » ; La Recherche,
volume 22, p. 790 (Juin 1991).
– « Quantum Cryptography », Scientific American, vol. 267, p. 26 (No-
vembre 1992).
98 Intrication quantique et mesure
10. La gomme quantique
1 La résonance magnétique
On note |n : ±i les états propres de la projection du spin d’un neutron
suivant Oz. On applique un champ magnétique uniforme dirigé suivant Oz,
B 0 = B0 uz . On note µ̂n = γn Ŝ n le moment magnétique du neutron, où γn
est le rapport gyromagnétique de la particule.
son état de spin à l’instant t. Écrire les équations d’évolution de α± (t) pour
t0 ≤ t ≤ t1 . On posera ω1 = −γn B1 .
1.3. En posant α± (t) = β± (t) exp(∓iω(t − t0 )/2), ramener le problème à un
système différentiel à coefficients constants.
1.4. On suppose l’excitation quasi-résonnante : |ω − ω0 | ¿ ω1 ; on néglige
donc les termes en ω − ω0 figurant dans le système précédent. Vérifier que
99
100 Intrication quantique et mesure
z
B0 L D L
A x
ωt ωt
B1 B1
60
40
20
ω / 2π (kHz)
0
746 748 750
2.1. Soit un neutron entrant dans la première cavité à l’instant t0 dans l’état
|n : −i. Quel est son état de spin à la sortie de cette cavité ? Quelle est la
probabilité de trouver le neutron dans l’état |n : +i à cet endroit ?
2.2. L’instant d’entrée dans la seconde cavité est t00 = t1 + T , avec T = D/v
où D est la distance entre les deux cavités. Entre les deux cavités, le spin
précesse librement dans le champ B 0 . Quel est l’état de spin du neutron à
l’instant t00 ?
2.3. Soit t01 l’instant de sortie de la seconde cavité : t01 − t00 = t1 − t0 . Écrire
la matrice de transition U (t00 , t01 ) dans la seconde cavité. On exprimera δ 0 =
ω(t01 + t00 )/2 en fonction de ω, t0 , t1 et T .
2.4. Calculer la probabilité P+ de détecter le neutron dans l’état |n : +i à
la sortie de la seconde cavité. Montrer que c’est une fonction oscillante de
(ω0 − ω)T . Interpréter ce résultat comme une interférence des amplitudes de
probabilité correspondant respectivement à un basculement du spin dans la
première et dans la deuxième cavité.
2.5. En pratique, le jet de neutrons a une certaine dispersion en vitesse. Il
en résulte une dispersion dans le temps de passage T d’une cavité à l’autre.
Un résultat expérimental typique, donnant l’intensité du faisceau de neutrons
dans l’état |n : +i en fonction de la fréquence du champ tournant ω/2π est
présenté sur la figure 2.
Aτ = π/2 .
La gomme quantique 103
(a) Dès qu’Alice fait une mesure sur l’atome A, Nicolas voit apparaı̂tre des
interférences dans le signal qu’il observe sur le neutron n.
(b) La connaissance du résultat de mesure d’Alice sur chaque événement per-
met à Nicolas de sélectionner un sous-ensemble de ses propres événements qui
présente des interférences.
(c) L’expérience correspond à une interférence entre deux chemins « quan-
tiques » du spin du neutron. En « remettant » l’atome dans son état initial, la
mesure faite par Alice « efface » l’information concernant le chemin quantique
suivi par le spin du neutron, et permet à des interférences de réapparaı̂tre.
4.6. Alice fait maintenant sa mesure suivant un axe w d’orientation quel-
conque. Montrer que le contraste des interférences varie proportionnellement
à | sin η|, où cos η = [Link] . Interpréter le résultat.
5 Corrigé
1. La résonance magnétique.
1.1. Les niveaux d’énergie magnétique sont E± = ∓γn h̄B0 /2 = ±h̄ω0 /2.
1.2. L’hamiltonien est
µ ¶
h̄ ω0 ω1 e−iωt
H= ,
2 ω1 eiωt −ω0
et les équations d’évolution s’écrivent :
ω0 ω1 −iωt ω0 ω1 +iωt
iα̇+ = α+ + e α− iα̇− = − α− + e α+
2 2 2 2
1.3. Avec ces nouvelles variables β± , on a
ω0 − ω ω1 −iωt0 ω − ω0 ω1 iωt0
iβ̇+ = β+ + e β− iβ̇− = β− + e β+ .
2 2 2 2
1.4. Si |ω0 − ω| ¿ ω1 , on a en bonne approximation :
ω1 −iωt0 ω1 iωt0
iβ̇+ = e β− iβ̇− = e β+ ,
2 2
dont la solution est effectivement
ω1 (t − t0 ) ω1 (t − t0 )
β± (t) = β± (t0 ) cos − i e∓iωt0 β∓ (t0 ) sin .
2 2
1.5. En posant φ = ω1 (t1 − t0 )/2, χ = ω(t1 − t0 )/2, et δ = ω(t1 + t0 )/2, on
obtient :
£ ¤
α+ (t1 ) = e−iχ α+ (t0 ) cos φ − iα− (t0 )e−iωt0 sin φ
£ ¤
α− (t1 ) = eiχ α− (t0 ) cos φ − iα+ (t0 )eiωt0 sin φ
et on trouve par conséquent
µ −iχ ¶
e cos φ −i e−iδ sin φ
U= .
−i eiδ sin φ eiχ cos φ
La gomme quantique 105
2. Franges de Ramsey.
2.1. Pour φ = π/4 les conditions initiales sont α+ (t0 ) = 0, α− (t0 ) = 1. À
l’instant t, le vecteur d’état s’écrit :
1
|ψ(t1 )i = √ [−i e−iδ |n : +i + eiχ |n : −i] .
2
√ √
En d’autre termes, α+ (t1 ) = −ie−iδ / 2, α− (t1 ) = eiχ / 2, et P± = 1/2.
2.2. Soit T = D/v. Le spin du neutron précesse librement dans l’intervalle
[t1 , t1 + T ], d’où
µ ¶ µ ¶
α+ (t00 ) 1 −ie−iδ e−iω0 T /2
= √ . (2)
α− (t00 ) 2 eiχ e+iω0 T /2
2.3. Par définition, t00 = t1 + T et t01 = 2t1 − t0 + T . La matrice de transition
dans la seconde cavité est donc :
µ −iχ0 0 ¶
e cos φ0 −ie−iδ sin φ0
U0 = 0 0 ,
−ieiδ sin φ0 eiχ cos φ0
avec φ0 = φ = ω1 (t1 − t0 )/2 = ω1 (t01 − t00 )/2 et χ0 = χ = ω(t1 − t0 )/2. Seul le
paramètre δ est changé en
δ 0 = ω(t01 + t00 )/2 = ω(3t1 + 2T − t0 )/2 .
2.4. L’amplitude de probabilité pour détecter le neutron dans l’état + après
la seconde cavité est obtenue (i) en appliquant la matrice U 0 sur le vecteur
d’état (2), (ii) en calculant le produit scalaire du résultat avec |n : +i. On
obtient ainsi :
1h 0
i
α+ (t01 ) = −ie−i(χ+δ+ω0 T /2) − ie−i(δ −χ−ω0 T /2) .
2
En utilisant les relations
ω
δ + χ = ωt1 δ 0 − χ = (3t1 + 2T − t0 − t1 + t0 ) = ω(t1 + T ) ,
2
on arrive à
i ³ ´
α+ (t01 ) = − e−iω(t1 +T /2) e−i(ω0 −ω)T /2 + ei(ω0 −ω)T /2 . (3)
2
Par conséquent, la probabilité que le spin du neutron ait basculé en sortie du
système vaut :
(ω − ω0 )T
P+ = |α+ (t01 )|2 = cos2 .
2
Dans nos approximations, la probabilité pour que le spin bascule dans une
seule cavité est 1/2, indépendamment de ω. En revanche, le résultat à 2 cavités
montre qu’il y a une très forte modulation de la probabilité de basculement
entre 1 (pour ω = ω0 ) et 0 (pour (ω − ω0 )T = π). Cette modulation pro-
vient d’une interférence entre les deux chemins quantiques qui correspondent
respectivement à :
106 Intrication quantique et mesure
1
|a : ±yi = [(1 ± i)|a : +xi + (1 ∓ i)|a : −xi] .
2
3.2. Les opérateurs Ŝnz et Ŝax agissent dans deux espaces différents et com-
mutent ; donc [Ŝnz , V̂ ] = 0. Les vecteurs propres communs et les valeurs
propres correspondantes sont :
1 ³ ´
|ψ(τ )i = |n : +i ⊗ (1 + i)e−iAτ /2 |a : +xi + (1 − i)eiAτ /2 |a : −xi .
2
1
|ψ(τ )i = √ |n : +i ⊗ (|a : +xi + |a : −xi) = |n : +i ⊗ |a : +i .
2
|ψ(τ )i = i|n : −i ⊗ |a : −i .
Physiquement, cela signifie que l’état du neutron ne change pas car il est état
propre de V̂ . Le spin de l’atome précesse autour de Ox ; à l’instant τ = π/2A,
il est dirigé suivant Oz.
3.4. Si l’état initial est |ψ(0)i = (α+ |n : +i + α− |n : −i) ⊗ |a : +yi, l’état
après interaction est :
|ψ(τ )i = α+ |n : +i ⊗ |a : +i + iα− |n : −i ⊗ |a : −i .
4.2. La probabilité de trouver le neutron dans l’état |+i est la somme des
probabilités de trouver :
– le neutron dans l’état + et l’atome dans l’état +, c’est-à-dire le carré du
module du coefficient de |n : +i ⊗ |a : +i (1/4 dans ce cas) ;
– le neutron dans l’état + et l’atome dans l’état − (soit encore 1/4).
On obtient donc P+ = 1/4 + 1/4 = 1/2 : il n’y a pas d’interférences, car on a
mesuré par quel chemin quantique le spin est passé.
4.3. On peut développer les vecteurs |a : ±i sur la base |a : ±yi :
i e−i(δ+ω0 T /2) ³ −iχ 0
´
|ψi = − √ e |n : +i − ieiδ |n : −i
2 2
⊗ (|a : +yi + |a : −yi)
i(χ+ω0 T /2) ³ ´
e 0
+ √ −ie−iδ |n : +i + eiχ |n : −i
2 2
⊗ (|a : +yi − |a : −yi) .
L’amplitude de probabilité pour que Nicolas trouve +h̄/2 selon Oz et qu’Alice
trouve +h̄/2 le long de Oy est le coefficient de |n : +i ⊗ |a : +yi dans le
développement ci-dessus. On obtient donc :
µ ¶
h̄ h̄ 1 ¯¯ 0
¯2
¯
P Snz = , Say = = ¯−ie−i(δ+χ+ω0 T /2) − iei(χ−δ +ω0 T /2) ¯
2 2 8
1 (ω − ω0 )T
= cos2 ,
2 2
qui présente clairement une modulation reflétant un phénomène d’interférences.
De même, on trouve sans difficulté que
µ ¶
h̄ h̄ 1 (ω − ω0 )T
P Snz = , Say = − = sin2 ,
2 2 2 2
La gomme quantique 109
Commentaires
Franges de Ramsey avec des neutrons. La courbe expérimentale de l’énoncé
est extraite de l’article de J.H. Smith et al, Phys. Rev. 108, 120 (1957). De-
puis cette date, la technique des franges de Ramsey pour les neutrons s’est
considérablement améliorée. On procède désormais d’une manière différente
de celle envisagée dans le problème. On stocke les neutrons dans une « bou-
teille » pendant une durée de l’ordre de 100 secondes et on applique sur l’en-
semble de la bouteille deux impulsions radio-fréquences, l’une au début du
stockage et l’autre à la fin. La séparation temporelle entre les deux impul-
sions passe des 1,3 millisecondes trouvées ici à 70 secondes, ce qui se traduit
par une augmentation spectaculaire de la précision avec laquelle on détermine
la fréquence de résonance. Ces expériences permettent de mettre une borne
supérieure très faible à un éventuel moment dipolaire électrique du neutron
(K.F. Smith et al, Phys. Lett. 234, 191 (1990)).
Mesures quantiques non destructives. Le modèle considéré ici constitue
une mesure quantique non destructive de la composante selon Oz du spin du
neutron. La structure du potentiel considéré dans le problème est destinée à
mettre en relief de façon simple l’effet de gomme quantique de la partie 4. On
trouvera des exemples concrets de mesures quantiques non destructives dans
J.P. Poizat et Ph. Grangier, Phys. Rev. Lett. 70, 271 (1993), et S.M. Barnett,
Nature, 362, 113 (1993).
11. Mesure quantique idéale
111
112 Intrication quantique et mesure
3 Interaction système-détecteur
On cherche à mesurer le nombre de quanta d’excitation d’un oscillateur
harmonique de façon « idéale ». On couple cet oscillateur S à un autre os-
cillateur harmonique D de même pulsation ω, qui constitue le détecteur.
Mesure quantique idéale 113
3.1. Quels sont les états propres et les valeurs propres de l’hamiltonien total
Ĥ = ĤS + ĤD + V̂ ?
3.2. On suppose dans la suite que le système global des deux oscillateurs est
initialement dans un état factorisé :
X X
|Ψ(0)i = |ψS i ⊗ |ψD i avec |ψS i = an |ni et |ψD i = bN |N i ,
n N
où nous supposons |ψS i et |ψD i normés. On effectue une mesure de n̂ dans
l’état |Ψ(0)i. Quels résultats peut-on trouver, avec quelles probabilités ? Ré-
pondre à la même question pour une mesure de N̂ .
3.3. À l’instant t = 0, on établit le couplage entre les deux oscillateurs, puis
on l’interrompt à un instant t. Quel est alors l’état |Ψ(t)i du système ? A
priori, cet état est-il lui aussi factorisable ?
3.4. La loi de probabilité du couple de variables aléatoires {n, N } est-elle
modifiée par l’interaction ? Pourquoi ?
4 La mesure « idéale »
L’oscillateur S est initialement (à t = 0) dans un état quelconque :
s
X
|ψS i = an |ni .
n=0
5 Corrigé
1. Préliminaires
P
1.1. L’état du système étant |ψi = i αi |φi i, la probabilité de trouver la
valeur aj dans une mesure de A est p(aj ) = |αj |2 .
1.2. L’état du système global est
X
|Ψ1 i = γij |φi i ⊗ |Dj i .
i,j
1.4. Pour un détecteur idéal, la probabilité que le détecteur soit dans l’état
|Dj i est pj = |αj |2 = p(aj ) et l’état de l’ensemble système+ détecteur une fois
qu’on a pris connaissance de l’état du détecteur est |φj i⊗|Dj i. Ceci correspond
au résultat attendu compte-tenu du postulat de réduction du paquet d’ondes.
3. Interaction système-détecteur
3.1. Les états factorisés |ni ⊗ |N i sont états propres de l’hamiltonien total
Ĥ = ĤS + ĤD + V̂ = (n̂ + N̂ + 1)h̄ω + h̄g n̂ ⊗ N̂ ,
avec valeurs propres En,N = (n + N + 1)h̄ω + h̄g nN .
3.2. Les résultats de mesure et les probabilités correspondantes sont n =
0, 1, . . . , s, p(n) = |an |2 et N = 0, 1, . . . , s, p(N ) = |bN |2 .
3.3. L’état du système à l’instant t est
XX
|Ψ(t)i = an bN e−i[(n+N +1)ω+gnN ]t |ni ⊗ |N i .
n N
4. La mesure « idéale »
√
3.1. On a bN = 1/ s + 1, d’où
1 XX
|Ψ(t)i = √ an e−i[(n+N +1)ω+gnN )]t |ni ⊗ |N i .
s+1 n N
116 Intrication quantique et mesure
Remarques complémentaires :
On se convaincra qu’il est possible d’étendre formellement le résultat à des
systèmes autres que des oscillateurs harmoniques. En pratique, le cas étudié
dans ce problème est une simplification d’un cas concret où les oscillateurs S et
D sont des modes du champ électromagnétique. L’hamiltonien, réalisé dans un
cristal présentant une non linéarité optique, résulte du phénomène appelé effet
Kerr croisé. Dans un interféromètre, où D est constitué par un faisceau laser
séparé en deux par des lames semi-transparentes, on fait interagir l’oscillateur
signal S avec l’un de ces faisceaux. La mesure de phase consiste en une mesure
interférométrique lors de la recombinaison des deux faisceaux de D.
Ce type d’expérience, abondamment étudié ces dernières années, s’appelle
aussi une mesure quantique « non-destructive » (ou encore mesure QND). On
pourra se référer à l’article de J-P Poizat et Ph. Grangier, Phys. Rev. Lett.
70, 271 (1993).
12. Un thermomètre quantique
1.1. Vérifier que Φ(r) obéit bien à l’équation de Laplace ∆Φ = 0. Quelle est
la forme d’une surface équipotentielle Φ(r) =Cte ?
1.2. Montrer que l’équation du mouvement classique de l’électron dans le
piège s’écrit :
ωz2 ωz2
ẍ + ωc ẏ − x=0 ÿ − ωc ẋ − y=0 z̈ + ωz2 z = 0 .
2 2
1.3. Quel est le mouvement selon l’axe z ?
1.4. Pour étudier la composante du mouvement dans le plan xy, on pose
α = x + iy.
(a) Quelle est l’équation différentielle vérifiée par α(t) ?
(b) On cherche une solution de cette équation sous la forme α(t) = α0 eiωt .
Montrer que ω est solution de l’équation :
ωz2
ω 2 − ωc ω + =0.
2
117
118 Intrication quantique et mesure
2.1. Développer l’hamiltonien et montrer qu’il peut s’écrire Ĥ = Ĥxy +Ĥz , où
Ĥxy ne fait intervenir que les opérateurs x̂, ŷ, p̂x et p̂y , et Ĥz ne fait intervenir
que les opérateurs ẑ et p̂z . Peut-on trouver une base propre commune à Ĥxy
et Ĥz ?
2.2. On s’intéresse dans cette question au mouvement selon z, appelé mou-
vement axial. Rappeler sans démonstration :
(a) l’expression des opérateurs âz et â†z permettant d’écrire Ĥz sous la forme
Ĥz = h̄ωz (N̂z + 1/2) avec N̂z = â†z âz et [âz , â†z ] = 1 ;
(b) les valeurs propres de N̂z et Ĥz .
2.3. On étudie maintenant lepmouvement dans le plan xy sous l’effet de l’ha-
miltonien Ĥxy . On pose Ω = ωc2 − 2ωz2 /2. On introduit les deux opérateurs
d’annihilation gauche et droit âd et âg :
r
MΩ i
âd = (x̂ − iŷ) + √ (p̂x − ip̂y )
4h̄ 4h̄M Ω
r
MΩ i
âg = (x̂ + iŷ) + √ (p̂x + ip̂y ) .
4h̄ 4h̄M Ω
(b) Montrer que tout opérateur gauche commute avec tout opérateur droit,
c’est-à-dire :
[âd , âg ] = 0 [âd , â†g ] = 0 [â†d , âg ] = 0 [â†d , â†g ] = 0 .
(c) Rappeler sans démonstration les valeurs propres de N̂d = â†d âd et N̂g =
â†g âg . Existe-t-il une base propre commune à N̂d et N̂g ?
(d) Montrer que l’hamiltonien Ĥxy s’écrit :
2
1
nombre 0
quantique
cyclotron 2
1
0
0 10 20 30 40 50
temps (minutes)
4 Un thermomètre quantique
En pratique, le mouvement cyclotron est en équilibre thermique avec un
thermostat à température T . On rappelle que, dans cette situation, les fluc-
tuations thermiques peuvent exciter le système dans un niveau d’énergie En ,
avec une probabilité pn .
On procède à des mesures successives du déphasage ϕ au cours des inter-
valles [0, τ ], [τ, 2τ ], . . ., [(N − 1)τ, N τ ]. La durée totale N τ de cette série de
mesures pour une température T donnée est de N τ = 3000 secondes, soit un
nombre total de résultats de mesure N = 3 × 104 pour τ = 0,1 s. On peut
suivre ainsi la variation de nd pendant la durée N τ , avec une résolution en
temps égale à τ .
Probabilité 1
d’occupation
du niveau
cyclotron nd
0,1
0,01
0 1 2
Nombre quantique cyclotron nd
5 Corrigé
1. Le piège de Penning en mécanique classique
1.1. On trouve que le champ électrique E = −∇Φ vaut :
2 x
M ωz
E(r) = y . (2)
2q
−2z
¡ ¢
Par conséquent, on a ∆Φ = −∇·E = − M ωz2 /(2q) (1+1−2) = 0. Le poten-
tiel vérifie bien l’équation de Laplace dans le vide. Les surfaces équipotentielles
Un thermomètre quantique 123
On peut donc chercher une base de vecteurs propres de Ĥ sous forme d’une
base propre commune à Ĥxy et Ĥz .
2.2. Mouvement axial.
(a) L’hamiltonien Ĥz correspond à un mouvement harmonique de pulsation
ωz . On trouve simplement son spectre en posant :
r
M ωz p̂
âz = x̂ + i √ et N̂z = â†z âz ,
2h̄ 2M h̄ωz
où les quatre nombres η, ξ, η 0 et ξ 0 valent ±1. En utilisant [x̂, p̂x ] = [ŷ, p̂y ] = ih̄,
on trouve :
1
C = (ξ + ξ 0 ) (1 + ηη 0 ) .
4
(a) Le commutateur [âd , â†d ] correspond à η = η 0 = +1 et ξ = ξ 0 = 1, d’où
[âd , â†d ] = 1. De même, on obtient [âg , â†g ] = 1 à partir de η = η 0 = −1 et
ξ = ξ 0 = 1.
(b) Le commutateur [âd , âg ] correspond à ξ = 1 et ξ 0 = −1, d’où [âd , âg ] = 0.
De même, [âd , â†g ] est nul car il correspond à η = −η 0 = 1. On en déduit
que les deux autres commutateurs donnés dans l’énoncé ([â†d , âg ] et [â†d , â†g ])
sont également nuls, en considérant les quantités conjuguées hermitiques des
commutateurs précédents.
(c) La relation de commutation [âd , â†d ] = 1 entraı̂ne que les valeurs propres
de N̂d sont les entiers positifs ou nuls, et il en va de même pour N̂g .
(d) Les opérateurs N̂d et N̂g se développent en :
où le signe + (resp.−) correspond à N̂d (resp. N̂g ). Par ailleurs, la somme et
la différence des racines de l’équation ω 2 − ωc ω + ωz2 /2 = 0 valent :
p
ωd + ωg = ωc ωd − ωg = ωc2 − 2ωz2 = 2Ω .
(e) Les vecteurs propres de Ĥxy sont donc repérés par les deux nombres
quantiques nd et ng (entiers positifs ou nuls), correspondant aux valeurs
propres de N̂d et N̂g . Les états propres correspondants seront notés |nd , ng i ;
la valeur propre de Ĥxy associée à |nd , ng i est h̄ωd (nd + 1/2) − h̄ωg (ng + 1/2).
126 Intrication quantique et mesure
2.4. On a :
[âd , Ĥ] = h̄ωd [âd , â†d âd ] = h̄ωd âd .
Le théorème d’Ehrenfest entraı̂ne donc : Ȧd = −iωd Ad . On trouve de même
Ȧg = +iωg Ag . Ces deux équations s’intègrent en :
(n ,n ) √
(c) Les valeurs propres de Ĥc d g sont h̄ωz (nz + 1/2) 1 + ²nd + End ,ng .
Les états propres correspondants sont les fonctions de Hermite ψn (Z), où on
a posé : q
Z=z M ωz (1 + ²nd )1/2 /h̄ .
3.4. L’opération précédente peut être menée à l’intérieur de chacun des sous-
espaces propres de N̂d et N̂g . On obtient ainsi une base d’états propres de Ĥc
que l’on note |nd , ng , nz i. La valeur propre associée à chaque vecteur de base
est :
√
End ,ng ,nz = h̄ωd (nd + 1/2) − h̄ωg (ng + 1/2) + h̄ωz (nz + 1/2) 1 + ²nd .
(0)
où l’entier nd correspond au résultat de mesure de ϕ. Il faut ensuite normer
le membre de droite pour obtenir le vecteur d’état |Ψ0 i.
(c) Pour les paramètres indiqués dans l’énoncé, on trouve φ1 = ²ωz τ /2 '
2π × 1,28. La précision de π/10 est donc bien meilleure que l’écart entre les
déphasages correspondant à nd et nd + 1, et on peut effectivement mesurer
sans ambiguı̈té les nombres d’excitation nd = 0, 1, 2, . . ..
(d) Une mesure de nd prépare le système dans un sous-espace propre de N̂d .
Comme N̂d commute avec l’hamiltonien Ĥc , nd est une constante du mouve-
ment. Toute nouvelle mesure du nombre d’excitation du mouvement cyclotron
redonnera donc le même résultat nd , correspondant au même déphasage ϕk .
Cette conclusion n’est bien sûr pas valable si le système n’est pas complètement
isolé et interagit avec son environnement. Ce couplage avec l’environnement
peut alors causer des transitions entre les différents états propres de Ĥc ,
comme on le verra dans la partie 4.
4. Un thermomètre quantique
3.1. Les sauts brusques du signal sont associés à un changement du nombre
d’excitation du mouvement cyclotron, changement dû au couplage de l’électron
piégé avec le thermostat. Rappelons qu’en l’absence de ce couplage, nd serait
une constante du mouvement.
Pour la première courbe expérimentale de la figure 1, les fractions de temps
passées sur les niveaux ng = 0, 1 et 2 sont respectivement 80%, 19% et 1%.
Pour la seconde courbe expérimentale, on trouve que les fractions du temps
passées sur ng = 0 et ng = 1 sont approximativement 97% et 3%.
3.2. Pour un oscillateur harmonique à une dimension de pulsation ω, on
trouve :
pn+1 e−(n+3/2)h̄ω/kB T
= −(n+1/2)h̄ω/k T = e−h̄ω/kB T ,
pn e B
∞
X
1=N e−(n+1/2)h̄ω/kB T .
n=0
130 Intrication quantique et mesure
e−γ/2
1=N → N = 2 sinh(γ/2) .
1 − e−γ
Le nombre moyen d’excitation vaut :
P Ã !
X ne−nγ d X
n −nγ
n̄ = nPn = P −nγ = − ln e ,
n ne dγ n
ou encore :
1
n̄ = .
eγ − 1
(b) On voit sur l’expression précédente que n̄ est une fonction rapidement
croissante de la température. Quand la température est telle que γ ∼ 1, c’est-à-
dire kB T ∼ h̄ωc (soit T ∼ 7,1 K pour cette expérience), le nombre d’excitation
est de l’ordre de (e−1)−1 ∼ 0,6. Au dessous de cette température, l’occupation
du niveau ng = 0 devient prépondérante, comme on le voit sur les courbes de
la figure 1.
La variation de ln pn en fonction de n est linéaire :
h̄ωc
ln pn = −n + Cte
kB T
La pente de cette droite est d’autant plus grande que la température est faible.
Les courbes de la figure 2 montrent clairement cette variation linéaire. Elles
correspondent à des rapports p1 /p0 égaux respectivement à : 0,16 , 0,092 ,
0,028 , 0,012 , soit des températures de 1,6 K, 2 K, 3 K et 3,9 K.
(c) Pour mesurer une température avec ce dispositif, il faut disposer d’une
distribution statistiquement significative pour l’occupation du niveau ng = 1.
Il est expérimentalement difficile d’aller en dessous d’une probabilité d’occu-
pation de 10−2 pour le niveau nd = 1, ce qui correspond à une température
T ' 1,5 K.
Pour améliorer encore la sensibilité de ce thermomètre, on peut :
– allonger de manière significative le temps de mesure pour détecter des pro-
babilités d’occupation du niveau nd = 1 nettement inférieur à 10−2 ;
– réduire la valeur du champ magnétique B, de manière à réduire la fréquence
cyclotron ωc , et augmenter (à température donnée) la probabilité d’occupa-
tion du niveau ng = 1 .
131
13. Le problème à trois corps
2 Méthode variationnelle
On note {|ni} les états propres orthonormés d’un hamiltonien Ĥ et {En }
la suite ordonnée des valeurs propres correspondantes : E0 < E1 < E2 ...
133
134 Systèmes complexes
2.3. Montrer que le résultat précédent reste vrai si Ĥ est l’hamiltonien d’un
sous-système à deux corps et |ψi un état à trois corps. Pour cela, on notera
Ĥ12 l’hamiltonien du sous-système à deux corps (1,2) dans le système à trois
corps de fonction d’onde ψ(r 1 , r 2 , r 3 ). On considérera d’abord une valeur fixe
de r 3 , puis on intégrera sur cette variable.
4.1. Quelles sont les relations de commutation des composantes R̂jα et Q̂βk
des R̂j et des Q̂k (α = 1, 2, 3, et β = 1, 2, 3) ?
4.2. Montrer que l’on a Q21 + Q22 + Q23 = p21 + p22 + p23 et
3(R12 + R22 ) = (r 1 − r 2 )2 + (r 2 − r 3 )2 + (r 3 − r 1 )2 .
1
Vqq (r) = Vqq (r) .
2
C’est une propriété étonnante et fondamentale de la théorie des quarks que
Vqq (r) est le même pour tous les types de quarks.
(2)
Calculer la valeur de la constante C. En déduire que les valeurs propres En (µ)
(2)
de Ĥ (2) (µ) et En (µ̃) de Ĥ (2) (µ̃) sont reliées par la relation simple
g µ
En(2) (µ̃) = En(2) (µ) + ln .
2 µ̃
3
MΩ ≥ mϕ + a ,
2
6 Corrigé
1. Rappels sur le problème à deux corps
1.1. L’hamiltonien à deux corps est
p̂21 p̂2
Ĥ = + 2 + V (r̂12 ) .
2m 2m
P̂ 2 p̂2
Ĥ = + + V (r̂) ,
2M 2µ
µb4
E (2) (µ) = − .
2h̄2
2. Méthode variationnelle
2.1. Par définition, hn|Ĥ|ni = En hn|ni = En .
2.2. Puisque
P {|ni} est une base hilbertienne, on peut P développer |ψi suivant
2
|ψi
P = cn |ni et le carré de
P sa norme est hψ|ψi = |cn | . On a donc Ĥ|ψi =
cn En |ni et hψ|Ĥ|ψi = En |cn |2 . Par conséquent, en écrivant simplement
X
hψ|Ĥ|ψi − E0 hψ|ψi = (En − E0 )|cn |2 ,
n
2
on obtient, puisque En ≥ E0 et |cn | ≥ 0,
hψ|Ĥ|ψi ≥ E0 hψ|ψi .
2.3. Si Ĥ = Ĥ12 , pour r 3 fixé, ψ(r 1 , r 2 , r 3 ) est une fonction d’onde non
normalisée à deux particules. Par conséquent
Z Z
ψ (r 1 , r 2 , r 3 ) Ĥ12 ψ(r 1 , r 2 , r 3 ) d r1 d r2 ≥ E0 |ψ(r 1 , r 2 , r 3 )|2 d3 r1 d3 r2 .
∗ 3 3
Par conséquent,
X 2
((p̂i − p̂j ) /2)
2Ĥ (3) = Ĥij avec Ĥij = + Vqq (r̂ij ) ,
i<j
2µ0
0
où µ = 3ms /8 = 3µ/4. On en déduit
2E (3) ≥ 3E (2) (µ0 ) avec µ0 = 3µ/4 .
Le problème à trois corps 139
Références
– J-L. Basdevant, J-M. Richard et A. Martin, Nuclear Physics B343,
60,69 (1990).
– J-L. Basdevant, J-M. Richard, A. Martin et Tai Tsun Wu, Nuclear Phy-
sics B393, 111 (1993).
140 Systèmes complexes
14. Étude d’un condensat de Bose-Einstein
p̂2 1
Ĥ = + mω 2 r̂ 2 ,
2m 2
où r̂ = (x̂, ŷ, ẑ) et p̂ = (p̂x , p̂y , p̂z ) représentent respectivement
p les opérateurs
position et impulsion de la particule. On pose a0 = h̄/(mω).
Formulaire :
Z Z
1 1
|ψσ (r)|2 dx dy dz = 1 ; |ψσ (r)|4 dx dy dz = ;
(2π)3/2 σ 3
Z Z ¯ ¯
σ2 ¯ ∂ψσ (r) ¯2 1
2 2
x |ψσ (r)| dx dy dz = ; ¯ ¯
2 ¯ ∂x ¯ dx dy dz = 2σ 2 .
141
142 Systèmes complexes
E / N (Joule)
10-30
N
10-31
105 106
Fig. 1: Énergie par atome E/N dans un condensat de sodium, en fonction du nombre
d’atomes N présents dans le condensat.
6 Corrigé
1. Particule dans un piège harmonique
1.1. L’hamiltonien d’un oscillateur harmonique à trois dimensions peut
s’écrire
Ĥ = Ĥx + Ĥy + Ĥz ,
où Ĥi représente l’hamiltonien d’un oscillateur harmonique de même pulsation
à une dimension le long de l’axe i = x, y, z. On peut donc chercher une
base de fonctions propres de Ĥ sous forme de produits de fonctions propres
de Ĥx , Ĥy , Ĥz , c’est-à-dire φ(x, y, z) = χnx (x) χny (y) χnz (z) où χn (x) est
la n-ième fonction de Hermite. Les énergies propres de Ĥ s’écrivent donc
En = (n + 3/2)h̄ω, où n = nx + ny + nz est un entier positif ou nul.
La fonction d’onde de l’état fondamental, d’énergie (3/2)h̄ω, est obtenue en
prenant nx = ny = nz = 0, soit :
1 £ ¤
φ0 (r) = exp −r2 /(2a20 ) .
(a20 π)3/4
1.2. Les fonctions d’essai ψσ sont normées. Pour obtenir une borne supérieure
de l’énergie de l’état fondamental de Ĥ, il suffit donc de calculer E(σ) =
hψσ |Ĥ|ψσ i et de minimiser cette quantité. En utilisant le formulaire, on trouve :
p̂2 h̄2 1 1 mω 2 σ 2
hψσ | |ψσ i = 3 , hψσ | mω 2 r2 |ψσ i = 3 ,
2m 2m 2σ 2 2 2 2
soit µ ¶
3 a20 σ2
E(σ) = h̄ω 2
+ 2 .
4 σ a0
Cette fonction est minimum pour σ = a0 , et on trouve alors Emin (σ) =
(3/2) h̄ω. La borne supérieure trouvée dans ce cas particulier est égale au
résultat exact. Cela provient du fait que l’ensemble des fonctions d’essai
contient la fonction d’onde de l’état fondamental de Ĥ.
1 £ ¤
Φ0 (r 1 , r 2 ) = φ0 (r 1 ) φ0 (r 2 ) = exp −(r12 + r22 )/(2a20 ) .
a30 π 3/2
146 Systèmes complexes
2.2. (a) Puisque l’état fondamental de Ĥ est non dégénéré, son déplacement
au premier ordre en a s’écrit :
ZZ
∆E = hΦ0 |ṽ|Φ0 i = |Φ0 (r 1 , r 2 )|2 v(r 1 − r 2 ) d3 r1 d3 r2
Z
4πh̄2 a 4πh̄2 a 1 1
' |φ0 (r)|4 d3 r = ,
m m (2π) 3/2 a30
ou encore r
∆E 2 a
= .
h̄ω π a0
Pour une interaction répulsive (a > 0), il y a augmentation de l’énergie du
système (il faut fournir de l’énergie pour maintenir les deux constituants
proches l’un de l’autre). Au contraire, pour une interaction attractive (a < 0),
l’énergie du niveau fondamental est abaissée.
(b) L’approche perturbative est valable si le déplacement ∆E est petit de-
vant l’écart h̄ω entre les niveaux de Ĥ. Il faut donc que |a| ¿ a0 : la longueur
de diffusion doit être petite devant l’extension caractéristique de l’état fonda-
mental de l’oscillateur harmonique.
3 h̄2 3
Ec (σ) = N Ep (σ) = N mω 2 σ 2
4 mσ 2 4
et r
N (N − 1) 2 aa2
Eint (σ) = h̄ω 30 .
2 π σ
Il y a en effet N termes d’énergie cinétique et d’énergie potentielle, et
N (N − 1)/2 paires contribuant à l’énergie d’interaction.
3.2. Avec le changement de variable indiqué dans l’énoncé, on trouve :
µ ¶
3 1 N −1 a 1
Ẽ(σ) = + σ̃ 2 + √
4 σ̃ 2 2π a0 σ̃ 3
soit
N −1 a
η= √ .
2π a0
3.3. Si la longueur de diffusion est nulle, il n’y a pas d’interaction entre
les particules. L’état fondamental du système est le produit des N fonctions
φ0 (r i ) et son énergie est E = (3/2)N h̄ω.
Étude d’un condensat de Bose-Einstein 147
60
40
20
0
0 2 4 6 8 10
Fig. 2: Variation de Ẽ(σ̃) avec σ̃ pour η = 0, 10, 100, 1000 (de bas en haut).
Cette variation de E/N en N 2/5 est très bien reproduite par les données
expérimentales. Nous avons représenté sur la figure 3 un ajustement des
148 Systèmes complexes
E / N (Joule)
10-30
N
10-31
105 106
données par cette loi. On trouve E/N ' αN 2/5 avec α = 8,2 × 10−33 Joule.
4.4. (a) On trouve a0 = 1,76 µm et h̄ω = 9,4 10−32 Joule.
(b) Prenons la valeur a = 3,4 nm proposée par l’énoncé. L’approximation
η À 1 sera valable si N À 1300. C’est bien le cas pour les données de la figure
1 de l’énoncé.
(c) Le coefficient α = 8,2 × 10−33 Joule trouvé par l’ajustement des données
conduit à a = 2,8 nm. Cette valeur est légèrement plus basse que la valeur
annoncée a = 3,4 nm. Cela est dû au fait que le résultat (3), E/(N h̄ω) '
1,142 (N a/a0 )2/5 , obtenu par l’approche variationnelle avec des fonctions
gaussiennes simples, ne fournit pas une valeur très précise de l’énergie de
l’état fondamental du système. Avec davantage de paramètres dans les fonc-
tions d’essai, on peut obtenir, toujours dans l’approximation du champ moyen
et dans la limite η À 1 : Efond /(N h̄ω) ' 1,055 (N a/a0 )2/5 . L’ajustement des
données expérimentales est alors en très bon accord avec la valeur annoncée
pour la longueur de diffusion.
10
-5
-10
0 1 2 3
Fig. 4: Tracé de Ẽ(σ̃) pour η = 0 ; η = −0,1 ; η = −0,27 ; η = −1 (de haut en
bas).
dẼ d2 Ẽ
=0, =0,
dσ̃ dσ̃ 2
conduisent au système :
1 2η
0 = − +1− 5 ,
σ̃ 4 σ̃
3 8η
0 = +1+ 5 ,
σ̃ 4 σ̃
d’où l’on tire :
2 1
|ηc | = ' 0,27 , σ̃c = ' 0,67 ,
55/4 51/4
soit encore σc ' 0,67 a0 . Tant que ce minimum local existe, autrement dit
pour |η| < |ηc |, on peut espérer obtenir un condensat métastable, dont la
taille sera de l’ordre du minimum trouvé par cette approche variationnelle.
En revanche, si on part d’une valeur trop grande pour |η|, par exemple en
essayant de mettre trop d’atomes, le condensat va s’effondrer sur lui-même,
et les processus conduisants à la formation de molécules entrent en jeu.
150 Systèmes complexes
5.4. Pour les données expérimentales, on trouve a0 = 3,1 µm, soit un nombre
critique d’atomes :
√ a0
Nc = 2π ηc ' 1400 .
|a|
Cette valeur critique est en bon accord avec l’observation expérimentale. L’uti-
lisation d’une classe de fonctions d’essai plus vaste que les fonctions gaus-
siennes permet là aussi d’améliorer l’accord entre théorie et expérience.
Remarques complémentaires :
Le premier condensat de Bose-Einstein d’un gaz atomique dilué a été ob-
servé à Boulder (USA) en 1995 (M. H. Anderson et al , Science 269, 198
(1995)) avec des atomes de rubidium.
Les données expérimentales présentées dans ce problème pour un conden-
sat de sodium ont été obtenues à partir des résultats publiés par M.-O. Mewes
et al, Phys. Rev. Lett. 77, 416 (1996). La mesure de l’énergie E/N se fait en
coupant brusquement le potentiel confinant les atomes et en mesurant l’expan-
sion balistique qui en résulte. La vitesse des atomes lors de l’expansion résulte
essentiellement de la conversion de l’énergie d’interaction entre atomes au sein
du piège, en énergie cinétique.
Les expériences sur le lithium ont été menées dans le groupe de R. Hulet
au Texas (voir C. Bradley et al , Phys. Rev. Lett. 78, 985 (1997)).
On pourra également lire les conférences Nobel de E. Cornell, W. Ket-
terle, et C. Wieman (Prix Nobel 2001 pour leur contribution à ce domaine de
recherche) : Rev. Mod. Phys. 74, p. 875 et p. 1131 (2002).
Signalons enfin la photographie de couverture de ce livre, qui illustre les
propriétés spectaculaires de ces condensats quand on cherche à les mettre
en rotation : contrairement à un fluide classique, dont le champ de vitesse à
l’équilibre correspond simplement à la rotation rigide Ω × r, ces condensats
tournent grâce à la nucléation de vortex quantifiés qui correspondent aux
trous de densité visibles sur la photographie.
15. Ions moléculaires colorés
151
152 Systèmes complexes
λ0n n
= 1 − (−1)(n+1)/2 γ ,
λA
n n + 2
3 Corrigé
1. Couleur d’un ion linéaire dérivant d’un polyéthylène
1.1. Les niveaux d’énergie sont
π 2 h̄2 k 2
εk = k = 1, 2...
2mL2n
π 2 h̄2 £ 2 2
¤ π 2 h̄2
E1 = E0 + (n + 3) − (n + 1) = E0 + (n + 2) .
8 mL2n 2 mL2n
8d2 n2
λn = .
λC n + 2
– Si k est pair :
Z α/2 µ ¶
2V0 kπy
δεk = − sin2 dy , soit δεk = 0((α/d)3 ) .
Ln −α/2 nd
La perturbation est négligeable.
– Si k est impair :
Z α/2 µ ¶
2V0 kπy
δεk = − cos2 dy ,
Ln −α/2 nd
soit, au premier ordre en α/d
2V0 α
δεk = − <0.
nd
Les formules exactes sont
· µ ¶¸
V0 Ln kπα
δεk = − α − (−1)k sin .
Ln kπ Ln
Les niveaux (à une particule) correspondant à une valeur paire de k ne sont
pratiquement pas affectés par la perturbation ; seuls les niveaux correspondant
à k impair sont déplacés. Cela se comprend fort bien : pour k pair, le milieu
de la chaı̂ne est un nœud de la fonction d’onde, et l’intégrale définissant δεk
est petite. Pour k impair, le centre de la chaı̂ne est au contraire un ventre de
ψk (x) et l’intégrale est maximale.
2.2. La perturbation à l’énergie d’excitation E1 − E0 vue en question 1.2 est
δE = δε(n+3)/2 − δε(n+1)/2
– Si (n + 1)/2 pair, c’est-à-dire n = 4p + 3, δε(n+1)/2 = 0, soit
2V0 α
δE = δε(n+3)/2 = − <0.
nd
– Si (n + 1)/2 impair, c’est-à-dire n = 4p + 1, δε(n+3)/2 = 0, soit
2V0 α
δE = −δε(n+1)/2 = >0.
nd
On peut écrire ces résultats sous forme compacte :
µ ¶
π 2 h̄2 n + 2 (n+1)/2 n
E1 − E0 + δE = 1 − (−1) γ ,
2 md2 n2 n+2
avec γ = 4V0 αmd/(πh̄)2 . On obtient donc la relation voulue
λ0n n
= 1 − (−1)(n+1)/2 γ .
λA
n n + 2
Pour n = 4p+1, la perturbation augmente l’énergie d’excitation, donc diminue
λn . Pour n = 4p + 3, elle diminue l’énergie d’excitation, donc augmente λn .
Ions moléculaires colorés 155
157
158 Systèmes complexes
On rappelle également que les valeurs propres de n̂x sont les entiers naturels.
En notant |nx i le vecteur propre associé à l’entier nx , on a :
√ √
â†x |nx i = nx + 1 |nx + 1i âx |nx i = nx |nx − 1i . (3)
2 La boı̂te quantique
On suppose que le potentiel effectif à deux dimensions vu par un électron
dans la boı̂te quantique est :
1 2¡ 2 ¢
V (x, y) = µω x + y 2 . (4)
2
2.1. On définit les opérateurs ây , â†y et n̂y d’une manière analogue à (1) et
(2). Justifier que les états |nx , ny i, qui sont états propre de n̂x et n̂y avec les
valeurs propres entières nx et ny , forment une base propre de Ĥ0 . Donner les
niveaux d’énergie EN de Ĥ0 en fonction de nx et ny .
2.2. Quelle est la dégénérescence gN de chaque niveau EN où N = 0, 1, 2 . . . ?
2.3. Exprimer l’opérateur L̂z = x̂p̂y − ŷ p̂x en fonction des opérateurs âx , â†x ,
ây , â†y .
2.4. Ecrire l’action de L̂z sur les états propres |nx , ny i de Ĥ0 .
Les états |nx , ny i ont-ils un moment cinétique Lz bien défini ?
2.5. On s’intéresse maintenant à une autre base propre de Ĥ0 .
1 1
âg = √ (âx + iây ) , âd = √ (âx − iây ) , (5)
2 2
et les opérateurs de création â†g , â†d associés. Quelles sont les relations de
commutation entre ces quatre opérateurs ?
(c) Montrer que n̂g = â†g âg et n̂d = â†d âd commutent. En utilisant la valeur
des commutateurs [âg , â†g ] et [âd , â†d ], et en s’inspirant de la quantification
de l’oscillateur harmonique habituel, justifier que les valeurs propres ng
et nd de n̂g et n̂d sont des entiers.
On admettra que {n̂g , n̂d } forment un ensemble complet d’observables qui
commutent (ECOC) pour le problème considéré et on notera {|ng , nd i}
la base propre correspondante.
(d) Écrire l’expression de n̂g et de n̂d en fonction de âx , â†x , ây et â†y . En
déduire l’expression des opérateurs Ĥ0 et L̂z en fonction de n̂g et n̂d .
Justifier ainsi que les états |ng , nd i forment une base propre commune à
Ĥ0 et L̂z .
(e) On note mh̄ et EN les valeurs propres de L̂z et de Ĥ0 . Quelles sont les
valeurs permises pour le nombre quantique m dans un niveau d’énergie
donné EN ?
(f) Représenter par des points dans le plan (Lz , EN ), les couples de nombres
quantiques (m, N ) permis. Retrouver ainsi la dégénérescence des niveaux
de Ĥ0 .
2.6. On considère le sous-espace propre de Ĥ0 engendré par |nx = 1, ny = 0i
et |nx = 0, ny = 1i définis à la question (1) de cette partie. Ecrire les états
propres de L̂z dans cette base et donner les valeurs propres correspondantes.
160 Systèmes complexes
avec, comme d’habitude, [x̂, p̂x ] = [ŷ, p̂y ] = ih̄ et [x̂, p̂y ] = [ŷ, p̂x ] = 0.
On introduit la fréquence cyclotron ωc = qB/µ, avec ωc > 0.
3.1. Développer ĤB et montrer que l’on peut toujours trouver une base du
système pour laquelle énergie totale et moment cinétique selon z sont simul-
tanément bien déterminés.
p
3.2. On pose Ω = ω 2 + ωc2 /4. En redéfinissant de nouveaux opérateurs
semblables à ceux de la partie 2, donner les niveaux d’énergie Eng ,nd du
système à partir des deux entiers ng et nd .
3.3. Pour simplifier, on soustrait aux énergies Eng ,nd l’énergie de point zéro
h̄Ω et on pose Ẽng ,nd = Eng ,nd − h̄Ω.
(a) Donner l’expression approximative des niveaux Ẽng ,nd en champ faible
et en champ fort, en définissant ces deux régimes.
(b) Tracer, en fonction du champ magnétique, la position des niveaux Ẽng ,nd
issus des niveaux N = 0, 1, 2 en l’absence de champ.
(c) Montrer que√deux de ces niveaux se croisent pour une valeur de B telle
que ωc = ω/ 2 et préciser lesquels.
√
3.4. On suppose dans toute la suite de ce problème que ωc < ω/ 2. En
reprenant les valeurs de ω et de la masse effective µ données dans la partie
§ 1 du problème, déterminer les valeurs du champ magnétique correspondant
à cette inégalité.
3.5. Montrer que les trois premiers états propres de ĤB ont pour énergie
h̄ωc h̄ωc
E0 = h̄Ω , E− = 2h̄Ω − , E+ = 2h̄Ω + .
2 2
On note |u0 i, |u− i, |u+ i les trois états propres correspondants. Quelle est la
valeur du moment cinétique Lz de l’électron dans ces états ?
4 Etude expérimentale
L’étude des niveaux d’énergie d’un électron dans une boı̂te quantique se
fait par spectroscopie : on mesure l’absorption d’un faisceau lumineux en
fonction de sa fréquence. Des pics d’absorption apparaissent aux fréquences
Etude d’une boı̂te quantique 161
17
Fréquence d'absorption (1012 Hz)
16
15
14
13
12
0 2 4 6 8 10
Fig. 2: Fréquence ν = ω/2π des deux premiers pics d’absorption d’une boı̂te quan-
tique, en fonction du champ magnétique B.
(a) Rappeler les niveaux d’énergie d’une particule de masse µ dans un puits
infini de largeur D. Quel est l’écart entre les deux niveaux les plus bas ?
(b) A quelle condition reliant D et ω est-il légitime de considérer que le mou-
vement de l’électron selon z est « gelé », et que l’on peut ne s’intéresser
qu’aux premiers niveaux du mouvement harmonique dans le plan x, y ?
162 Systèmes complexes
(c) Sur la photo 1, l’échelle de la direction verticale n’est pas la même que
l’échelle dans le plan xy. Pour que l’approximation consistant à ignorer
le mouvement selon z soit valide, faut-il que cette échelle soit dilatée ou
contractée ? On se servira de la valeur de l0 calculée en (1.2).
6 Corrigé
1. L’oscillateur harmonique uni-dimensionnel
1.1. L’extension
p caractéristique de√ la distribution en position est
`0 = h̄/(µω). Plus précisément `0 / 2 représente l’écart-type de la loi de
probabilité |ψ0 (x)|2 pour la distribution en position.
1.2. (a) On trouve une distance caractéristique `0 = 4, 3 nm.
(b) Le rapport entre les populations du premier niveau excité n = 1 et du
niveau fondamental n = 0 est donné par la loi de Boltzmann
ce qui est négligeable. La population des autres niveaux excités est encore plus
faible (la population du niveau n est le nième terme de la suite géométrique
de raison r). Par conséquent, à T = 10 K, le seul niveau peuplé est le niveau
fondamental.
(c) On trouve λ = 2πc/ω = 21 µm, qui correspond à un rayonnement infra-
rouge.
2. La boı̂te quantique
2.1. L’hamiltonien s’écrit Ĥ0 = h̄ω(n̂x + n̂y + 1), et les opérateurs n̂x et
n̂y commutent. On peut donc chercher une base propre commune à ces deux
opérateurs. Dire d’une fonction Ψ(x, y) qu’elle est état propre de n̂x p précise
complètement sa dépendance en x (fonction de Hermite de la variable x µω/h̄,
correspondant à |nx i). De même, le fait que Ψ(x, y) soit état propre de n̂y
précise
p complètement sa dépendance en y (fonction de Hermite de la variable
y µω/h̄, correspondant à |ny i). L’ensemble {n̂x , n̂y } forme donc un ECOC,
de base propre |nx , ny i. Cette base est également base propre de Ĥ0 , la valeur
propre associée à |nx , ny i étant EN = h̄ω(N + 1) avec N = nx + ny .
2.2. Le niveau d’énergie EN = h̄ω(N +1) correspond à N +1 couples possibles
pour (nx , ny ) : (N, 0), (N −1, 1), . . ., (0, N ). On trouve donc la dégénérescence
gN = N + 1.
2.3. On remplace x̂, p̂x , ŷ, p̂y par leur valeur :
s r
h̄ ¡ † ¢ h̄µω ¡ † ¢
x̂ = âx + âx p̂x = i âx − âx ...
2µω 2
ce qui conduit à :
ih̄ ¡¡ † ¢¡ ¢ ¡ ¢¡ ¢¢ ¡ ¢
L̂z = âx + âx â†y − ây − â†y + ây â†x − âx = ih̄ âx â†y − â†x ây .
2
164 Systèmes complexes
Un état |nx , ny i n’est en général pas état propre de L̂z et n’a donc pas un
moment cinétique bien défini. La seule exception est l’état obtenu pour nx =
ny = 0, et pour lequel on trouve L̂z |0, 0i = 0 ; c’est donc un état de moment
cinétique Lz nul.
2.5. Recherche d’une autre base propre de Ĥ0 .
(a) Le commutateur de Ĥ0 et L̂z peut être évalué à partir de leur expres-
sion en termes des opérateurs création et annihilation. On calcule d’abord
[n̂x , â†x ] = â†x et [n̂x , âx ] = −âx , et des relations équivalentes pour y. On en
déduit :
1 † 1¡ ¢
n̂g = (âx − iâ†y ) (âx + iây ) = n̂x + n̂y + i(â†x ây − âx â†y )
2Ã ! 2
1 Ĥ0 L̂z
= −1− ,
2 h̄ω h̄
1 † 1¡ ¢
n̂d = (âx + iâ†y ) (âx − iây ) = n̂x + n̂y − i(â†x ây − âx â†y )
2Ã ! 2
1 Ĥ0 L̂z
= −1+ ,
2 h̄ω h̄
soit
Ĥ0 = h̄ω (n̂g + n̂d + 1) , L̂z = h̄ (n̂d − n̂g ) .
Les opérateurs Ĥ0 et L̂z peuvent s’exprimer en fonction des opérateurs n̂g et
n̂d uniquement. La base propre commune à n̂g et n̂d est donc également une
base propre commune à Ĥ0 et L̂z .
(e) Le vecteur |ng , nd i est état propre de Ĥ0 et de L̂z , avec les valeurs
propres E = h̄ω(ng + nd + 1) et Lz = h̄(nd − ng ). On a donc N = ng + nd et
m = nd − ng . On retrouve bien des valeurs entières pour le moment cinétique
orbital, comme attendu. Pour N fixé, la valeur de m appartient à l’ensemble
{−N, −N +2, . . . , N −2, N }, soit N +1 valeurs possibles. On note que, dans un
niveau d’énergie EN , m a la même parité que N . Cela provient de l’invariance
par parité du problème considéré.
(f ) La représentation graphique est donnée sur la figure 3. Sur une ligne ho-
rizontale donnée, correspondant à une valeur de l’énergie, on trouve N +
1 points, ce qui correspond précisément à la dégénérescence d’un niveau
d’énergie de Ĥ0 trouvée précédemment. Ceci justifie a posteriori le fait que
{n̂g , n̂d } forme un ECOC. Si deux états distincts du système correspondaient
166 Systèmes complexes
E / hω
1
Lz / h
-3 -2 -1 0 1 2 3
µ ¶
0 −ih̄
soit la matrice 2 × 2 à diagonaliser : .
ih̄ 0
Les états propres associés aux valeurs propres ±h̄ sont donc :
√
(|nx = 1, ny = 0i ± i|nx = 0, ny = 1i) / 2 .
ωc ωc ω2
Ω+ ' ωc , Ω− ' ¿ω .
2 2 ωc
On a donc :
h̄ω 2
Ẽng ,nd ' h̄ωc nd si nd 6= 0 , et Ẽng ,0 ' ng .
ωc
Pour nd non nul, le niveau d’énergie croı̂t linéairement avec B, avec une pente
proportionnelle à nd . Pour nd = 0, l’énergie Ẽ tend vers 0 comme 1/B.
(b) Les niveaux d’énergie Ẽng ,nd issus de N = 0, 1, 2 sont représentés sur la
figure 4.
168 Systèmes complexes
E/hΩ
ω /ω
0 c
0 1 2 3 4 5
4. Etude expérimentale
4.1. Pour un champ magnétique nul, on a vu à la question 1.2 que seul le
niveau nx = ny = 0 était appréciablement peuplé pour T = 10 K. Quand le
champ magnétique croı̂t, l’écart en énergie entre le niveau fondamental et le
premier niveau√excité diminue, mais
√ reste très grand devant√ kB T si ωc reste
inférieur à ω/ 2. Pour ωc = ω/ 2, cet écart vaut h̄ω/ 2. Le rapport entre
la population du premier état excité et du niveau fondamental vaut donc en
ce point r0 = exp(−49) = 3,7 × 10−22 .
Puisque seul le niveau fondamental est peuplé, toutes les raies d’absorption
détectables auront comme état de départ ce niveau.
Etude d’une boı̂te quantique 169
4.2. Les deux premiers pics d’absorption correspondent aux transitions |u0 i ↔
|u− i et |u0 i ↔ |u+ i. Les fréquences correspondantes ν± sont telles que :
Ω ωc
ν± = ± .
2π 4π
Le domaine de champ B exploré dans la figure expérimentale de l’énoncé
correspond à des valeurs ωc petites devant ω. On peut donc utiliser le déve-
loppement en champ faible de la question 3.3 pour simplifier cette expression :
ω ωc
ν± = ± .
2π 4π
On attend donc a priori que les fréquences ν± varient linéairement avec B,
les pentes étant ±q/(4πµ), et les deux droites se coupant en champ nul à la
fréquence ω/(2π).
Cette variation linéaire de ν± apparaı̂t effectivement sur la figure de l’énoncé
pour les valeurs les plus élevées de B et la pente que l’on mesure est voisine
de celle attendue (2 × 1011 Hz.T−1 ). En revanche le comportement trouvé
expérimentalement en champ très faible ne correspond pas à notre prédiction
théorique. Au lieu de trouver deux raies de même fréquence pour B = 0, on
mesure un écart ν+ − ν− non nul.
4.3. Rôle de la dimension z.
(a) Les niveaux d’énergie dans un puits carré infini de taille D sont donnés
par En = π 2 h̄2 n2 /(2µD2 ), avec n entier strictement positif, les états propres
correspondants étant les fonctions χn (z) ∝ sin(nπz/D). L’écart entre le ni-
veau fondamental et le premier niveau excité est ∆E = 3π 2 h̄2 /(2µD2 ).
(b) Pour considérer que le mouvement selon z est « gelé », il faut que l’écart
en énergie ∆E entre les deux premiers niveaux du puits carré soit très grand
devant h̄ω. Si cette condition est satisfaite, les états accessibles à l’électron
confiné dans la boı̂te quantique (dans un domaine raisonnable de température
et de longueur d’onde excitatrice) sont simplement des combinaisons des vec-
teurs |nx , ny i ⊗ |χ0 i. Il est alors légitime de négliger complètement la dyna-
mique de l’électron selon 0z. Au contraire, si cette condition n’est pas vérifiée,
il pourra apparaı̂tre dans le spectre d’absorption des raies de fréquence voisine
de celles présentées sur la figure expérimentale, et correspondant à l’excitation
du mouvement selon z. La condition de « gel » du mouvement selon z s’écrit :
3π 2 h̄2
À h̄ω , soit D ¿ π`0 . (7)
2µD2
(c) Pour que l’approximation harmonique du mouvement transverse soit va-
lable, il faut que l’extension transverse ∆L de la boı̂te quantique soit grande
devant `0 . La condition obtenue à la question précédente D ¿ π`0 , jointe
à `0 ¿ ∆L, impose que la boı̂te ait une géométrie très aplatie : la hauteur
D selon z doit être très petite devant son extension transverse en xy. On en
déduit que l’échelle verticale de la photographie présentée dans l’énoncé est
très dilatée.
170 Systèmes complexes
p̂2x 1 p̂2y 1
Ĥx = + µω 2 (1 + ²)x̂2 , Ĥy = + µω 2 (1 − ²)x̂2 .
2µ 2 2µ 2
ωc ²µω 2
∆E0,0 = h0, 0|Ŵ |0, 0i = h0, 0|L̂z |0, 0i + h0, 0|x̂2 − ŷ 2 |0, 0i .
2 2
L’état |0, 0i est état propre de L̂z avec la valeur propre 0. Le premier terme
de cette somme est donc nul. D’autre part, on a par symétrie h0, 0|x̂2 |0, 0i =
h0, 0|ŷ 2 |0, 0i, ce qui entraı̂ne que le second terme est également nul. Le dépla-
cement du niveau fondamental est donc nul, au premier ordre en ² et B.
5.3. (a) On a déjà déterminé la matrice de L̂z dans la base considérée à
la question §2.6. Il reste à calculer la matrice de x̂2 et ŷ 2 . Pour cela, le plus
simple est d’utiliser l’expression de x̂ et ŷ en termes d’opérateurs création et
annihilation. On a :
h̄
x̂2 = (âx + â†x )(âx + â†x ) ,
2µω
ce qui conduit à :
h̄
h1, 0|x̂2 |1, 0i = h1, 0|â†x âx + âx â†x |1, 0i
2µω
h̄ 3h̄
= (1 + 2) = ,
2µω 2µω
h1, 0|x̂2 |0, 1i = h0, 1|x̂2 |1, 0i = 0 ,
h̄
h0, 1|x̂2 |0, 1i = h0, 1|âx â†x |0, 1i
2µω
h̄
= ,
2µω
Etude d’une boı̂te quantique 171
(b) Les énergies propres sont obtenues par diagonalisation de cette matrice
2×2 :
h̄ p 2 2
E± (B, ²) = 2h̄ω ± ² ω + ωc2 .
2
(c) En posant tan 2α = ωc /(² ω), la matrice précédente s’écrit :
µ ¶
h̄ p 2 2 cos 2α −i sin 2α
[ĤB,² ] = 2h̄ω + ² ω + ωc2 ,
2 i sin 2α − cos 2α
5.4. (a) La variation de E± (B, ²) − E0,0 avec B reproduit bien les observa-
tions expérimentales. Pour les valeurs relativement grandes de B, telles que
² ω ¿ ωc , on retrouve la variation linéaire des deux fréquences de transition
avec B. Quand B tend vers 0, (ωc ¿ ² ω), on trouve deux fréquences de Bohr
distinctes correspondant aux deux transitions possibles nx = ny = 0 → nx =
0, ny = 1 et nx = ny = 0 → nx = 1, ny = 0.
(b) Quand B tend vers 0, on trouve expérimentalement que la limite de
(ν+ − ν− )/(ν+ + ν− ) est de l’ordre de 0,06. La prédiction théorique pour ce
rapport est de ²/2. On en déduit donc ² ' 0,12.
Remarques complémentaires.
Les boı̂tes quantiques de semi-conducteurs, dont un modèle simple a été
développé dans ce problème, font l’objet de nombreux travaux de recherche,
tant académiques (corrélations de Coulomb) qu’appliqués (opto-électronique).
Il n’a été question ici que d’excitations électroniques, mais les modes col-
lectifs de vibration des atomes du réseau (phonons) jouent également un
rôle important dans la dynamique de ces boı̂tes. Il a été récemment montré
expérimentalement et théoriquement que ces deux types d’excitation sont très
fortement couplés. Cela contraste avec la situation rencontrée dans les semi-
conducteurs usuels, pour lesquels électrons et phonons sont en couplage faible.
Les données expérimentales du problème sont extraites de l’article de
S. Hameau et al, Phys. Rev. Lett. 83, 4152 (1999).
172 Systèmes complexes
17. La manipulation d’atomes par laser
173
174 Systèmes complexes
où Γ−1 est la durée de vie radiative de l’état excité. Justifier qualitativement
ces termes.
1.3. Vérifier que pour des temps longs devant Γ−1 , ces équations ont pour
solution stationnaire :
s d.E(r, t)/h̄ 1
ρee = ρeg = −
2(s + 1) ∆ + iΓ/2 1 + s
2+s d.E ∗ (r, t)/h̄ 1
ρgg = ρge =− ,
2(s + 1) ∆ − iΓ/2 1 + s
où on a posé :
2 |d.E 0 (r)|2 /h̄2
s= .
∆2 + Γ2 /4
1.4. Interpréter physiquement la valeur stationnaire de la quantité Γρee en
terme de taux d’émission spontanée.
E 0 (r) = E 0 exp(ik.r) .
2.1. Évaluer la valeur moyenne de F̂ (r) en supposant que l’atome est au repos
en r et que ses degrés de liberté internes sont dans leur état stationnaire.
2.2. Interpréter physiquement le résultat en terme d’échange d’impulsion
entre l’atome et le rayonnement. On introduira la vitesse de recul, vrec =
h̄k/m.
2.3. Que devient cette force à haute intensité ? Donner un ordre de grandeur
de l’accélération pour un atome de sodium 23 Na, dont la longueur d’onde de
résonance vaut λ = 0,589 × 10−6 m et dont la durée de vie de l’état excité
vaut Γ−1 = 16 × 10−9 s (d = 2,1 × 10−29 C m).
2.4. On considère maintenant un atome en mouvement uniforme : r = r 0 +
v 0 t (v0 ¿ c). Donner l’expression de la force agissant sur l’atome.
2.5. L’action de la force sur l’atome va changer sa vitesse. Sous quelle condi-
tion est-il légitime de traiter cette vitesse comme constante pour le calcul de
la force de pression de radiation, comme on l’a fait ci-dessus ? Cette condition
est-elle satisfaite dans le cas du sodium ?
La manipulation d’atomes par laser 175
v
Laser Laser
atome
3 Le refroidissement Doppler
L’atome bouge maintenant dans le champ créé par deux ondes planes se
propageant dans deux directions opposées (+z and −z) et de même intensité
(figure 1). Pour simplifier, nous limitons notre étude au mouvement de l’atome
le long de Oz. Nous supposerons que pour des intensités laser suffisamment
faibles, on peut ajouter indépendamment les forces créées par les deux ondes.
3.1. Montrer que pour des vitesses suffisamment basses, la force totale est
linéaire en vitesse et qu’elle peut s’écrire :
mv
f =− .
τ
3.2. Quelle est la valeur minimale (positive) τmin du temps τ pour un pa-
ramètre de saturation donné s0 ? Le paramètre s0 est défini pour une onde
progressive et pour un atome au repos. Calculer τmin pour des atomes de
sodium, en supposant qu’on choisit s0 = 0,1.
3.3. Ce mécanisme de refroidissement est en compétition avec le chauffage
lié au caractère aléatoire des processus d’émission spontanée. Pour évaluer
l’évolution de la distribution en vitesse P (v, t) et pour trouver son état sta-
tionnaire, on procédera de la manière suivante :
(a) Exprimer P (v, t + dt) en terme de P (v, t). On séparera les atomes en
trois classes :
– les atomes qui n’ont subi aucune diffusion de photon entre t et t + dt,
– les atomes qui ont diffusé un photon de l’onde +z,
– les atomes qui ont diffusé un photon de l’onde −z.
On choisit dt suffisamment court pour que la probabilité de la première
option soit dominante, et pour que les diffusions multiples soient négli-
geables. On suppose également que les vitesses contribuant à P (v, t)
sont suffisamment basses pour que la linéarisation de la force faite ci-
dessus soit valable. Pour simplifier, on supposera que les photons émis
spontanément se propagent eux aussi le long de l’axe Oz, un processus
d’émission spontanée se produisant avec des probabilités égales dans les
directions +z et −z.
(b) Montrer que P (v, t) obéit à l’équation de Fokker-Planck :
∂P ∂ ∂2P
= α (vP ) + β 2 ,
∂t ∂v ∂v
176 Systèmes complexes
4 La force dipolaire
On considère maintenant une onde laser stationnaire (avec une phase
constante) E 0 (r) = E ∗0 (r).
4.1. Évaluer la valeur moyenne de l’opérateur force F̂ (r) = −∇r Ĥ, en sup-
posant que l’atome est au repos en r et en supposant que ses degrés de liberté
internes sont dans leur état stationnaire.
4.2. Montrer que cette force dérive d’un potentiel et évaluer le puits de po-
tentiel qui peut être réalisé pour des atomes de sodium avec une puissance
laser P = 1 W, focalisée sur une tache circulaire de rayon 10 µm, avec une
longueur d’onde λL = 0,650 µm.
5 Corrigé
1. Équations de Bloch optiques pour un atome au repos
1.1. L’évolution de l’opérateur densité ρ̂ est donnée par :
dρ̂
ih̄ = [Ĥ, ρ̂] ,
dt
de sorte que :
où l’état du champ |φi est la superposition d’états à un photon pour les divers
modes du champ électromagnétique. Par conséquent, l’évolution des éléments
de la matrice densité est ρee (t) = |β|2 e−Γt , ρeg (t) = α∗ βe−(iω0 +Γ)t , ou encore :
µ ¶ µ ¶
dρee dρeg Γ
= −Γρee = − ρeg .
dt relax dt relax 2
Les deux autres termes se déduisent de la conservation de la trace de l’opé-
rateur densité (ρee + ρgg = 1) et du fait qu’il est hermitien ρeg = ρ∗ge .
Nous supposerons dans la suite que l’évolution de l’opérateur densité est obte-
nue en ajoutant l’action du champ laser et la contribution de l’émission spon-
tanée. Puisque Γ varie comme ω03 , ceci est valable tant que le déplacement
de la fréquence de transition atomique due à l’excitation laser reste petite
devant ω0 . Ceci nécessite dE ¿ h̄ω0 , ce qui est bien vérifié par les sources
laser usuelles.
1.3. L’évolution des composantes de l’opérateur densité est donnée par :
dρee d · E(r) e−iωL t d · E ∗ (r) eiωL t
= −Γρee + i ρge − i ρeg ,
dt µ ¶ h̄ h̄
−iωL t
dρeg Γ d · E(r) e
= −iω0 − ρeg + i (ρgg − ρee ) .
dt 2 h̄
Ces équations sont appelées équations de Bloch optiques.
Dans l’état stationnaire, ρee et ρgg tendent vers une valeur constante tandis
que ρeg et ρge oscillent respectivement comme e−iωL t et eiωL t . Cet état sta-
tionnaire est atteint après un temps caractéristique de l’ordre de Γ−1 . De la
deuxième équation, on extrait la valeur stationnaire de ρeg comme fonction
de ρgg − ρee = 1 − 2ρee :
d · E(r) e−iωL t /h̄
ρeg = i (1 − 2ρee ) .
i∆ + Γ/2
Reportons maintenant cette valeur dans l’équation d’évolution de ρee :
s 2 |d · E(r)|2 /h̄2
ρee = avec s(r) = .
2(1 + s) ∆2 + Γ2 /4
Les trois autres valeurs données dans le texte pour ρgg , ρeg et ρge s’en déduisent
immédiatement.
1.4. La valeur stationnaire de ρee donne la probabilité de trouver l’atome
dans l’état interne |ei. Cette valeur résulte de la compétition entre le proces-
sus d’absorption, qui tend à peupler le niveau |ei et les processus d’émission
spontanée et d’émission stimulée, qui dépeuplent |ei au profit de |gi.
178 Systèmes complexes
Γ s(v) 2 |d · E 0 |2 /h̄2
f = h̄k avec s(v) = .
2 1 + s(v) (∆ − k · v)2 + Γ2 /4
La manipulation d’atomes par laser 179
3. Le refroidissement Doppler
3.1. La force totale agissant sur l’atome de vitesse v est :
µ ¶
|d · E 0 |2 /h̄2 |d · E 0 |2 /h̄2
f (v) = h̄k Γ − ,
(∆ − kv)2 + Γ2 /4 (∆ + kv)2 + Γ2 /4
où on a utilisé le fait que s ¿ 1. Pour des faibles vitesses (kv ¿ Γ), on obtient
au premier ordre en v :
mv m ∆2 + Γ2 /4
f (v) = − avec τ= .
τ h̄k 2 s0 2(−∆)Γ
Notons que ce temps est toujours beaucoup plus long que la durée de vie Γ−1
de l’état excité quand la condition de raie large est vérifiée. Pour des atomes
de sodium, ce temps minimal de refroidissement est 16 µs pour s0 = 0,1 .
3.3. (a) La probabilité qu’un atome de vitesse v diffuse un photon de l’onde
±z durant l’intervalle de temps dt est :
µ ¶
Γs0 2∆kv
dP± (v) = 1± 2 dt .
2 ∆ + Γ2 /4
Les deux hypothèses à la base de notre calcul sont donc valides : (i) P (v) varie
doucement à l’échelle de vrec et (ii) la vitesse caractéristique est suffisamment
petite pour que la linéarisation des taux de diffusion soit possible.
Pour des atomes de sodium, la température minimale est Tmin = 240 µK, ce
qui correspond à v0 = 40 cm s−1 .
4. La force dipolaire
4.1. Pour une amplitude E 0 (r) réelle (onde stationnaire), l’opérateur force
F̂ (r) est :
X ¡ ¢
F̂ (r) = di ∇E0i (r) e−iωL t |eihg| + eiωL t |gihe| .
i=x,y,z
Supposons que les degrés de liberté internes ont atteint leur état stationnaire.
La valeur moyenne de F̂ vaut :
d · E 0 (r) ∆
f (r) = hF i = −∇(d · E 0 (r))
1 + s(r) ∆2 + Γ2 /4
h̄∆ ∇s(r)
= − .
2 1 + s(r)
4.2. Cette force, appelée force dipolaire, dérive du potentiel U (r) :
h̄∆
f (r) = −∇U (r) avec U (r) = log(1 + s(r)) .
2
4.3. Pour un champ laser d’intensité P = 1 W, focalisé sur une tache de
rayon r = 10 µm, le champ électrique au centre vaut :
r
2P
E0 = = 1,6 × 106 V/m .
π²0 cr2
Nous supposerons ici que cette tache circulaire est éclairée uniformément. Un
traitement plus précis devrait prendre en compte le profil gaussien transverse
du faisceau laser, mais ceci ne changerait pas l’ordre de grandeur des résultats
qui suivent. La valeur de E0 trouvée ci-dessus conduit à dE0 /h̄ = 3,1×1011 s−1
et le désaccord ∆ vaut 3 × 1014 s−1 . La profondeur du puits de potentiel est
égale à 2,4 mK, 10 fois plus grande que la limite du refroidissement Doppler.
Du fait du grand désaccord, le taux d’émission spontanée de photons est
relativement faible (70 photons/seconde).
182 Systèmes complexes
Commentaires
Cette possibilité de manipuler, refroidir et piéger des atomes par laser
constitue désormais un outil très utilisé en physique atomique et moléculaire.
Le refroidissement Doppler n’est qu’une des multiples possibilités pour refroi-
dir les atomes avec de la lumière. En pratique, pour des atomes de structure
un peu plus complexe que le modèle à deux niveaux considéré ici, on utilise
plutôt l’effet Sisyphe. Ce dernier conduit à des températures notablement plus
basses, limitées seulement par l’énergie de recul h̄2 k 2 /(2m).
Pour en savoir plus, on pourra consulter l’article d’A. Aspect et J. Dali-
bard, La Recherche, janvier 1994 (page 30) ainsi que les conférences Nobel de
S. Chu, C. Cohen-Tannoudji, et W. D. Phillips (prix Nobel 1997 pour leur
contribution à ce domaine de recherche) : Rev. Mod. Phys. 70, p. 685-741
(1998).
18. Excitons magnétiques
1 La molécule Cs Fe Br3
On considère un système de moment cinétique égal à 1, c’est-à-dire que
j = 1 dans la base propre |j, mi commune à Jˆ2 et Jˆz .
183
184 Systèmes complexes
2.1. Montrer que |σ1 , σ2 , · · · , σN i est état propre de Ĥ0 . Donner la valeur
correspondante de l’énergie.
2.2. Quel est le niveau fondamental de Ĥ0 ? Donner son énergie et sa dégé-
nérescence.
2.3. Quelle est l’énergie du premier niveau excité de Ĥ0 ? Quelle est la dégé-
nérescence d de ce niveau ? On appellera E 1 le sous-espace propre correspon-
dant de Ĥ0 et on notera d sa dimension.
2.4. Montrer que Ĥ1 peut s’écrire
N · ¸
A X 1 ³ ˆn ˆn+1 ˆn ˆn+1
´
ˆn ˆn+1
Ĥ1 = 2 J+ J− + J− J+ + Jz Jz .
h̄ n=1 2
E(q) (meV)
3
q
0
−π −π/2 0
¯
dE ¯¯
E(q) = E(q0 ) + (q − q0 )u0 , u0 = .
dq ¯q=q0
Pour x À 1, on a :
r
2
Jn (x) ' cos(x − nπ/2 − π/4) si x > |2n|/π ,
πx
' 0 si x < |2n|/π .
Quels sont les sites atteints de manière appréciable par l’onde de proba-
bilité à un instant t tel que ωt À 1 ?
(e) Interpréter le résultat comme la propagation d’une onde de probabilité
le long de la chaı̂ne. Calculer la vitesse de cette onde et comparer avec le
résultat obtenu en question 4.4 .
5 Corrigé
1. La molécule Cs Fe Br3
1.1. Les résultats sont Jˆ2 : 2h̄2 et Jˆz : mh̄ avec m = 1, 0, −1.
1.2. On a
√ √
J+ |1i = 0 J+ |0i = h̄ 2|1i J+ | − 1i = h̄ 2|0i ,
√ √
J− |1i = h̄ 2|0i J− |0i = h̄ 2| − 1i J− | − 1i = 0 .
1.3. Les états propres sont les états |σi. L’état |0i correspond à l’énergie
E = 0, les états |+i et |−i à E = D (niveaux dégénérés).
N
X
Ĥ0 |σ1 , σ2 , · · · , σN i = D (σn )2 |σ1 , σ2 , · · · , σN i ,
n=1
P
la valeur propre étant donc E = D n σn2 .
2.2. Dans l’état fondamental, tous les σ sont nuls, donc E = 0. Cet état est
non dégénéré.
2.3. Le premier niveau excité correspond à tous les σ nuls sauf un, σn , égal
à ±1. L’énergie est D et la dégénérescence 2N , car il y a N choix de l’indice
n pour l’élément non nul σn , et deux valeurs ±1 de cet élément σn .
2.4. On a J± = Jx ± iJy . Un calcul élémentaire mène au résultat.
Excitons magnétiques 189
T̂ |n, ±i = |n + 1, ±i , T̂ † |n, ±i = |n − 1, ±i .
d’où X X
cn |n + 1, ±i = λk cn |n, ±i .
n n
On en déduit la relation de récurrence et sa solution
1
λk cn = cn−1 , cn = c1 = eiqk (n−1) c1 .
λn−1
k
P
(b) La condition√ de normalisation n |cn |2 = 1 donne N |c1 |2 = 1. Si on
choisit c1 = eiqk / N , on trouve bien la solution proposée dans l’énoncé.
(c) Le produit scalaire de deux de ces vecteurs se calcule aisément :
1 X 2iπn(k−k0 )/N
hqk0 , ²0 |qk , ²i = δ²,²0 e = δ²,²0 δk,k0 .
N n
190 Systèmes complexes
E(q)
D + 2A
D - 2A
q
-π 0 π
(d) Les |qk , ±i sont vecteurs propres de T̂ † avec les valeurs propres λ∗k . Ils
sont donc vecteurs propres de (T̂ + T̂ † ) avec les valeurs propres λk + λ∗k =
2 cos qk = −2 cos(2kπ/N ).
(e) Par définition des vecteurs, on a :
eiqk n
hn, ²|qk , ²0 i = √ δ²,²0 ,
N
et, en utilisant la relation de fermeture,
N −1
1 X −iqk n
|n, ±i = √ e |qk , ±i .
N k=0
4.2. Nous considérons maintenant un état initial |qk , ±i, qui évolue selon
e−iE(q)t/h̄ |qk , ±i.
Excitons magnétiques 191
1
αn (t) = √ ei(qk n−E(qk )t/h̄)
N
et une probabilité Pn (t) = |αn (t)|2 = 1/N , qui a la même valeur en tout site.
(b) Dans l’expression
1
αn (t) = √ ei(qk xn /a − E(qk )t/h̄)
,
N
αn (t) est
√ bien la valeur en x = xn de la fonction ψk (x, t) = exp[i(px −
Et)/h̄]/ N , avec E(q) = D + h̄ω cos(q) et p(q) = h̄q/a.
(c) La fonction Ψk est fonction propre de p̂x avec valeur propre h̄qk /a.
Puisque N est pair, on obtient eiqk L/a = eiN qk = e2πik = 1, ce qui prouve la
périodicité de Ψk .
(d) Pour |qk | ¿ 1, cos qk = 1 − qk2 /2. Par conséquent, E = E0 + p2 /2m avec
h̄2 h̄
E0 = D + 2A et m=− 2
=− 2 .
2Aa ωa
La fonction Ψk satisfait alors l’équation d’onde
∂ψ h̄2 ∂ 2 ψ
ih̄ =− + E0 ψ ,
∂t 2m ∂x2
c’est-à-dire une équation de Schrödinger pour une particule de masse négative
(en théorie du solide, il s’agit de la propagation de trous – par opposition à
celle d’électrons – et en théorie des champs, la propagation d’antiparticules).
4.3. (a) Avec les données de la figure, qui ressemblent grosso modo à la
courbe E(q) dessinée en figure 2, on trouve D + 2A ' 3,2 × 10−3 eV et
D − 2A ' 0,4 × 10−3 eV, soit D ' 1,8 × 10−3 eV , A ' 7 × 10−4 eV.
(b) L’approximation D À A est sujette à caution. La théorie ne doit être
considérée correcte qu’à l’ordre (A/D)2 ∼ 10% près. Le deuxième ordre
des perturbations est nécessaire pour rendre compte quantitativement de la
courbe qui est plus creusée qu’une sinusoı̈de au voisinage de q = −π.
(c) Pour T = 1,4 K, kB T ' 1,2 × 10−4 eV et exp(−(D − 2A)/kB T ) ' 0,04.
À quelques % près, le système est dans son état fondamental.
4.4. Avec l’approximation E(q) = E(q0 ) + (q − q0 )u0 au voisinage de q0 , on
obtient
1 X
αn (t) = √ ei(q0 n−ω0 t) ϕk ei(qk −q0 )(n−u0 t/h̄) .
N k
qk −π − 3π
4 − π2 − π4 0 π
4
π
2
3π
4
cos(qk ) -1 − √12 0 √1
2
1 √1
2
0 − √12
Commentaire
Les données expérimentales proviennent de B. Dorner et al., Zeitschrift für
Physik B 72, 487 (1988)).
19. Preuve de la quantification du champ
193
194 Systèmes complexes
(b) Calculer les valeurs moyennes hÊ(r)i, hB̂(r)i, et hĤC i dans un état à n
photons.
2 Le couplage atome-champ
On considère un atome placé au point r 0 dans la cavité. On traite clas-
siquement la dynamique du centre de masse de cet atome et on se restreint
au sous-espace à deux dimensions des états atomiques internes, engendré par
l’état fondamental |f i et un état excité |ei. On choisit l’origine des énergies
de l’atome de telle façon que les énergies de |f i et |ei soient respective-
ment −h̄ωA /2 et +h̄ωA /2 (ωA > 0) . Dans la base {|f i, |ei}, on introduit
les opérateurs :
µ ¶ µ ¶ µ ¶
1 0 0 0 0 1
σ̂z = σ̂+ = σ̂− = ,
0 −1 1 0 0 0
2.1. Vérifier que cette base est une base propre de Ĥ0 = ĤA + ĤC , et donner
les énergies correspondantes.
196 Systèmes complexes
1,0 Pf (t)
(a) 0,012 J(ν) (b)
0,8
0,6 0,008
0,4
0,004 ν (kHz)
0,2
t (µs)
0,0 0,000
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 120 140
5.1. Montrer que cette loi de probabilité ne prend des valeurs significatives
que pour n dans un voisinage δn de n0 . Préciser la valeur relative δn/n0 .
5.2. On cherche à évaluer pour un état quasi-classique la probabilité Pf (T )
de détecter l’atome dans l’état f après son interaction avec le champ. Pour
cela,
– on linéarise la dépendance en n de Ωn au voisinage de n0 :
n − n0
Ωn ' Ωn0 + Ω0 √ ; (5)
2 n0 + 1
– on remplace la somme discrète intervenant dans Pf (T ) par une intégrale.
(a) Montrer dans ces approximations que Pf (T ) est une fonction oscillante
de T pour les temps courts, l’oscillation se brouillant en un temps ca-
ractéristique TB . On rappelle que
Z ∞
1 2 2 2 2
√ e−(x−x0 ) /2σ cos(αx) dx = e−α σ /2 cos(αx0 ) .
σ 2π −∞
(b) Ce temps d’amortissement dépend-il du nombre moyen de photons n0 ?
Preuve de la quantification du champ 199
1.0
Pf (t)
0.5
Ω0 t
0
0 50 100 150
6 Corrigé
1. Quantification d’un mode du champ électromagnétique
1.1. (a) Les équations de Maxwell ∇ · E = 0 et ∇ · B = 0 sont satis-
faites pour toutes fonctions e(t) et b(t). Les équations ∇ ∧ E = −(∂B/∂t) et
c2 ∇ ∧ B = −(∂E/∂t) imposent respectivement :
de db
= c2 kb(t) , = −ke(t) .
dt dt
(b) L’énergie électromagnétique s’écrit :
Z µ ¶
²0 2 2 1 2
U (t) = e (t) sin kz + b (t) cos kz d3 r
2
V 2 2µ0
²0 V 2 V 2
= e (t) + b (t) .
4 2µ0
(c) Avec le changement de fonction indiqué dans l’énoncé, on obtient :
½
χ̇ = ω Π h̄ω ¡ 2 ¢
U (t) = χ (t) + Π2 (t) .
Π̇ = −ω χ 2
200 Systèmes complexes
L’état est normé et la valeur moyenne du nombre de photons dans cet état
vaut :
hni = hα|N̂ |αi = hα|↠â|αi = ||â|αi||2 = |α|2 .
(b) L’évolution temporelle de |ψ(t)i est donnée par :
∞
X αn 2
|ψ(t)i = e−|α| /2
√ e−iω(n+1/2)t |ni
n=0 n!
X∞ ¡ ¢n
−iωt/2 −|α|2 /2 αe−iωt
= e e √ |ni
n=0 n!
= e−iωt/2 |(αe−iωt )i .
Preuve de la quantification du champ 201
2. Le couplage atome-champ
2.1. On vérifie immédiatement que
µ µ ¶ ¶
h̄ωA 1
Ĥ0 |f, ni = − + n+ h̄ω |f, ni ,
2 2
µ µ ¶ ¶
h̄ωA 1
Ĥ0 |e, ni = + n+ h̄ω |e, ni .
2 2
2.2. Pour une cavité résonnante avec l’atome, c’est-à-dire si ω = ωA , les états
|f, n + 1i et |e, ni sont dégénérés. Les cinq premiers états propres de Ĥ0 sont
représentés sur la figure 4a. Seul l’état fondamental atome+champ |f, 0i est
non dégénéré.
2.3. (a) L’action de Ŵ sur les vecteurs de base de H0 est donnée par :
√
Ŵ |f, ni = n γ |e, n − 1i si n ≥ 1 ,
= 0 si n = 0 ,
√
Ŵ |e, ni = n + 1 γ |f, n + 1i .
202 Systèmes complexes
(a) (b)
φ1+
f,2 e,1
E = 2hω hΩ1
φ1-
φ+0
f,1 e,0
E = hω hΩ0
φ-0
f,0 f,0
E=0
Fig. 4: (a) Position des cinq premiers niveaux d’énergie de H0 . (b) Position des cinq
premiers niveaux d’énergie de Ĥ = Ĥ0 + Ŵ .
µ ¶
(n + 1)h̄ω h̄Ωn /2
,
h̄Ωn /2 (n + 1)h̄ω
h̄Ωn
|φ+
ni associé à En+ = (n + 1)h̄ω +
2
h̄Ωn
|φ−
ni associé à En− = (n + 1)h̄ω − .
2
Les premiers niveaux d’énergie de Ĥ0 + Ŵ sont représentés sur la figure 4b.
Preuve de la quantification du champ 203
Dans le cas particulier d’une cavité initialement vide, seul¡ contribue ࢠcette
√
somme le terme n = 1 de cette somme. En utilisant |f, 1i = |φ+ −
0 i + |φ0 i / 2,
on trouve :
Ω0 T 1
Pf (T ) = sin2 = (1 − cos Ω0 T ) .
2 2
C’est bien une fonction périodique de T , de pulsation Ω0 .
3.3. On mesure expérimentalement une oscillation à la fréquence ν0 = 47 kHz.
Cela correspond bien à la fréquence attendue théoriquement :
r
1 2d h̄ω
ν0 = .
2π h̄ ²0 V
4.3. (a) Les trois pics principaux de J(ν) apparaissent aux fréquences
ν0 = 47 kHz (déjà trouvée pour une cavité vide), ν1 = 65 kHz et ν2 = 81 kHz.
(b) Les fréquences mesurées sont √dans des rapports
√ très proches des rapports
prévus théoriquement : ν1 /ν0 = 2 et ν2 /ν0 = 3.
(c) Le rapport J(ν1 )/J(ν0 ) est de l’ordre de 0,9 . Dans l’hypothèse de pics
de largeurs égales et très faibles devant l’écart ν1 − ν0 , ce rapport est égal au
nombre moyen de photons |α|2 .
En fait, les pics se recouvrent, ce qui rend cette détermination quelque peu
imprécise. Une modélisation plus correcte, qui prend en compte la forme des
pics, donne |α|2 = 0,85 ± 0,04.
Remarque : on peut également déterminer |α|2 à partir du rapport
J(ν2 )/J(ν1 ) qui doit être égal à |α|2 /2. Néanmoins, l’imprécision liée au re-
couvrement des pics est plus grande que pour J(ν1 )/J(ν0 ), en raison de la
petite valeur de J(ν2 ).
Commentaires
Le phénomène de brouillage que nous venons de trouver est « classique » :
on l’obtiendrait dans une description classique de l’interaction atome–champ,
en considérant un champ dont l’intensité ne serait pas très bien définie (ana-
logue d’une distribution π(n) du nombre de photons). En revanche, la résur-
gence est liée au caractère discret des fréquences Ωn . Elle est une conséquence
directe de la quantification du√champ √ électromagnétique, au même titre que
l’apparition des fréquences ν0 2, ν0 3,. . . dans l’évolution de Pf (T ).
Les expériences décrites dans ce problème ont été réalisées au Laboratoire
Kastler Brossel à Paris, dans le groupe de S. Haroche, J.-M. Raimond et
M. Brune. Le couple de niveaux (f, e) correspond à des niveaux très excités
du rubidium, ce qui explique la valeur élevée du moment dipolaire d. Le champ
est confiné dans une cavité supra-conductrice en niobium (facteur de qualité
∼ 108 ), qui est refroidie à 0,8 K pour éviter que le rayonnement du corps noir
ne perturbe l’expérience.
On pourra consulter l’article de M. Brune, F. Schmidt-Kaler, A. Maali, J.
Dreyer, E. Hagley, J.-M. Raimond, and S. Haroche, Quantum Rabi Oscilla-
tion : A Direct Test of Field Quantization in a Cavity, Phys. Rev. Lett. 76,
1800 (1996).
Index
207
208 Index
Equation Interaction
de Bloch, 173 faible, 23
de Fokker-Planck, 175 hyperfine, 51
de Schrödinger, 10 magnétique, 51, 183
Espace de Hilbert, 9 spin-spin, 183
Etat, 9 Interférence, 35, 77, 99
de phase, 111 Intrication, 11, 67, 90
factorisé, 111 Ion moléculaire, 151
quasiclassique, 77, 195
singulet, 68 KamLAND, 25
Exciton magnétique, 183 Ket, 9
Ketterle W., 150
Facteur de forme, 20 Koshiba M., 33
Facteur gyromagnétique, 43
Fentes d’Young, 99 Laguerre (polynôme), 16
Fermi Laplace (équation), 117
Règle d’or, 18 Lepton, 23
Fermion, 17 Lithium, 142
Fokker-Planck (équation de), 175 Longueur d’onde
Fonction d’onde, 12 de Compton, 7
Fontaine atomique, 52 Longueur de diffusion, 20, 142
Force dipolaire, 176
Fourier (transformée de), 12 Magnétique
Fréquence cyclotron, 160 Interaction, 51
Magnéton
Gabrielse G., 130 de Bohr, 7
Gallium, 157 nucléaire, 7
Gomme quantique, 99 Maleki L., 58
G.P.S., 51, 54 Masse effective, 158
Grangier P., 76, 110 Matrice densité, 11
Gravitation, 37 Maxwell-Boltzmann (distribution de),
Greenberger D., 42 176
Gyromagnétique Mélange statistique, 11, 79
Facteur, 43 Mélasse optique, 173
Rapport, 99 Méson, 23, 135
Mesure quantique, 9, 111
Hélium, 47 Mewes M.-O., 150
Hameau S., 171 Micro-électronique, 157
Harmoniques sphériques, 14 Moment cinétique, 13
Haroche S., 206 Addition, 14, 51
Hilbert (espace de), 9 Moment magnétique, 38
Horloges atomiques, 51 Muon, 23
Hulet R., 150
Hydrogène, 67 Neutrino, 23, 47
Hyperfine (interaction), 51 Neutron, 7, 35, 99
Newton I., 133
Incertitude (relation), 12, 13 Noyau, 51
Indium, 157
Inégalité de Bell, 67, 69 Observable
Index 209
Superposition (principe), 9, 77
Tau (particule), 23
Théorème d’Ehrenfest, 12
Théorie des perturbations, 16, 142, 185
Thermomètre, 117
Tjoelker R.L., 58
Transformée de Fourier, 12
Tritium, 47
Trois corps (problème), 133
Variable cachée, 68
Variationnelle (méthode), 17, 133
Von Neumann J., 111
Werner S.A., 42
Wieman C., 150
Wilkinson D.T., 45