Université Claude Bernard Lyon 1 Préparation Agrégation Interne
Analyse. Suites numériques Année 2012-13
Notions traitées : Bornes sup et inf. Convergence et divergence des suites. Suites adjacentes.
Limites supérieure et inférieure d’une suite. Suites monotones. Valeurs d’adhérence. Suites sub-
additives. Parties denses dans R. Théorème de Bolzano-Weierstrass. Sommes de Césaro. Suites
récurrentes.
1 Bornes Sup et Inf
Exercice 1.1.
Soit X une partie non vide de R. Rappeler les définitions suivantes :
1. majorants/minorants de X.
2. borne supérieure/borne inférieure de X.
3. plus grand/plus petit élément (ou maximum/minimum) de X.
Déterminer s’ils existent la borne supérieure et le maximum de X dans les cas suivants :
1. X = {2−n : n ∈ N}.
2. X = [0, 1[∩Q.
3. X = {(−1)n + 1/n : n ∈ N∗ }.
Même question avec la borne inférieure et le minimum.
Exercice 1.2. Démontrer que l’ensemble A = {x ∈ Q : x2 < 2} ne possède pas de borne
supérieure dans Q.
Exercice 1.3. (Convergence et divergence des suites)
1. Montrer que limn→+∞ n1 = 0 et en déduire que
cos n n!
lim = 0, et lim = 0.
n→+∞ n n→+∞ nn
2. Soient λ ∈ C. Montrer que
λn
lim = 0.
n→+∞ n!
3. Soit un une suite complexe telle que un 6= 0 à partir d’un certain rang et telle que
limn→∞ |u|un+1
n|
|
= λ. Démontrer que si λ > 1 alors la suite un diverge et si λ < 1 alors
un → 0. Que peut-on dire si λ = 1 ?
Pn−2 n
Exercice 1.4 (ThéorèmeP des gendarmes). Démontrer que k=2 1/ k → 0 pour n → ∞. En
déduire la limite limn→∞ nk=0 1/ nk .
2 Suites de Cauchy, suites adjacentes
Exercice 2.1.
P1
1. Démontrer que la série harmonique n diverge en observant que la suite des sommes
partielles Sn = 1 + · · · + n1 ne vérifie pas la condition de Cauchy.
2. On considère les deux suites (un ) et (vn ) définies respectivement par
n
X 1 1
un = , et vn = un + .
k2 n
k=1
Montrer que la suite (un ) est croissante et que la suite (vn ) est décroissante. Montrer que
(un ) est convergente.
1
3. (Irrationalité de e). Soit un = 1 + 1!1 + · · · + n!
1
. Démontrer que (un ) est une suite de Cauchy
dans Q, qui ne converge pas dans Q. (Indication : démontrer que vn = un + 1/(n n!) est
déf p
décroissante. En supposant e = limn→∞ un = q ∈ Q, estimer q!(e − uq )).
3 Limites supérieure et inférieure d’une suite
Exercice 3.1.
1. Rappeler la définition de limite supérieure et de limite inférieure d’une suite de réels.
2. Soient (an ) et (bn ) deux suites de réels positifs. Comparer lim supn→∞ (an + bn ) avec
lim supn→∞ an + lim supn→∞ bn .
Comparer lim supn→∞ (an bn ) et (lim supn→∞ an )(lim supn→∞ bn ).
Exercice 3.2. Soit (un ) une suite de réels positifs sub-additive, c’est-à-dire telle que un+p ≤
un + up pour tout n, p ≥ 0. Démontrer que la suite unn converge vers le réel a = inf n≥1 unn .
(Indication : Pour n ≥ m ≥ 1, considérer la division éuclidienne de n par m : n = mp + r et en
déduire que lim supn→∞ unn ≤ umm . . .).
4 Valeurs d’adhérence
Exercice 4.1.
1. Soit (un ) une suite complexe ayant une seule valeur d’adhérence a ∈ C. La suite converge-
t-elle vers a ?
2. (Une application du théorème de Bolzano–Weierstrass). Démontrer qu’une suite complexe
bornée admettant une seule valeur d’adhérence est convergente.
3. Construire, si cela est possible, des suites réelles (un ) telle que l’ensemble V des valeurs
d’adhérence est V = Z, V = Q, V = R.
π
Exercice 4.2. Soit θ > 0. On suppose que θ est irrationnel.
1. Démontrer que le sous-groupe additif G de R engendré par θ et 2π, c’est-à dire :
G = {pθ + 2qπ : p, q ∈ Z}.
est partout dense dans R. (Indication : poser a = inf G+ , où G+ = {g ∈ G : g > 0} et
démontrer que a = 0 en utilisant que R est archimédien).
2. Démontrer que la suite cos(θn) admet tous les réels de [−1, 1] comme valeurs d’adhérence.
3. Soit G0 = {pθ + 2qπ : p ∈ N, q ∈ Z}. Démontrer que R+ est contenu dans l’adhérence
de G0 .
4. Démontrer que si πθ est irrationnel alors la suite sin(θn) admet tous les réels de [−1, 1]
comme valeurs d’adhérence.
5 Sommabilité au sens de Césaro
Exercice 5.1 (Le théorème de Césaro). Soit (un )n∈N une suite complexe qui converge vers un
nombre réel (ou complexe) `. Soit (vn )n≥1 la suite définie par
n−1
1X
vn = uk , n ≥ 1.
n
k=0
Montrer que la suite (vn )n∈≥1 converge aussi vers ` (on dit dans ce cas que la suite (un )n∈N
converge au sens de Césaro vers `). Que pensez-vous de la réciproque ?
2
Exercice 5.2 (Applications du théorème de Césaro).
1. Montrer que si (un )n∈N est une suite complexe telle que limn→+∞ (un+1 − un ) = `, alors
un
lim = `.
n→+∞ n
1 Pn−1
(Indication : on pourra calculer n k=0 (uk+1 − uk )).
2. Soit (un )n∈N une suite numérique convergente au sens de Césaro vers `. Supposons de plus
que limn→+∞ (n(un − un−1 )) = 0. Montrer alors que (un )n∈N converge vers `.
6 Suites définies par récurrence
Exercice 6.1 (moyennes géométriques et arithmetique). Soient a et b deux réels tels que a >
b > 0. Soient (an ) et (bn ) les suites définies par a0 = a, b0 = b et
an + bn p
∀ n ∈ N : an+1 = , bn+1 = an bn .
2
1. Démontrer que an est croissante et que bn est décroissante.
1
2. Démontrer que |an − bn | ≤ 2n |a − b|. Conclure que (an ) et (bn ) convergent vers la même
limite.
Exercice 6.2. Étudier la convergence des suites récurrentes de la forme un+1 = f (un ) suivantes.
La fonction f est-elle contractante aux voisinage de ses points fixes ? Les points fixes de f sont-ils
attractifs ?
1. (Suites d’Héron). Soit a > 0, p un entier ≥ 2 et u0 ∈]0, ∞[. On pose
1h a i
∀ n ∈ N: un+1 = (p − 1)un + p−1 .
p un
2. u0 ∈ [0, ∞[ et, pour n ∈ N,
2
un+1 = .
1 + u2n
Exercice 6.3 (Une récurrence implicite). Soit n ∈ N.
xi
1. Démontrer que l’équation 2n+1
P
i=1 i! = 0 admet une unique solution réelle αn .
2. Démontrer que la suite (αn ) diverge.