REPUBLIQUE DU NIGER
MINISTERE DE LA COMMUNICATION ET DES NOUVELLES
TECHNIQUESDE L’INFORMATION
INSTITUT DE FORMATION AUX TECHNIQUES DE L’INFORMATION ET
DE LA COMMUNICATION
IFTIC
COURS DE SOCIOLOGIE DE LA COMMUNICATION
Présenté et animé par :
Alou Ayé Issa Sociologue –communicateur-gestionnaire des projets
Année académique 2024-2025
PROGRAMME SOCIO COMMUNICATION :
INTRODUCTION
Chapitre 1 : Définition des concepts
- Qu’est-ce que la sociologie ?
- Qu’est-ce que la communication ?
Chapitre II : Théorie de la communication
Chapitre III : Approche conceptuelle de la communication
- 1erconception illustrée par le schéma de la communication : ROMAN
JAKOBSON
- 2 eme conception illustrée par le schéma de la communication : Claude
Shannon
Chapitre IV :la communication non verbale
Conclusion
INTRODUCTION
La sociologie de la communication traite d’un aspect important de notre vie à savoir notre
communication interpersonnelle.Il est difficile voire impossible d'imaginer une vie où il n'y
a absolument pas de communication. En effet en un jour, environ 70 pour cent de notre
temps est consacré à la communication avec les autres. La vie de l’homme est jalonnée
essentiellement de communication. Sans aucun doute la communication tient une
place importante dans la société, dans nos institutions, dans toute notre vie. C’est la
raison pour laquelle nous constatons que même les personnes ayant une déficience
auditive (sourd, muet et malvoyant) apprennent quelques façons de communiquer avec
les autres. C'est un fait bien connu de tous que la communication est l'épine dorsale de
toute organisation (sociétale, économique, politique etc.).
La sociologie de communication s’intéresseprincipalement à la forme de communication
non verbale qui s’effectue entre les individus. Elle s’intéresse ensuite aux mass-médias
et porte de plus en plus son attention sur les nouvelles technologies de l’information et
de la communication. Elle est l’une des sociologies les plus récentes ce qui lui permet de
faire quasiment la synthèse de toutes les autres sociologies tout en les dépassant.Elle a
pour objet d’étude non seulement l’homme dans ses interrelations sociales mais
également dans ses échanges communicationnels de tous les jours.En d'autres termes,
elle est la science qui s’intéresse à l’expression de soi, à un échange d'idées entre des
personnes.
Dans ce cours on s’intéressera à un des aspects de la sociologie de la
communication à savoir la sociologie des médias. On essayera d’étudier des
questions relatives à l’impact des médias sur la société ainsi que sur les
représentations (façon de penser) et les comportements (façon d’agir) des individus.
Définition des concepts
I- Qu’est-ce que la sociologie ?
La sociologie peut être définie comme la branche des sciences humaines qui
cherche à comprendre et à expliquer l'impact du social sur les représentations
et les comportements humains.Elle est la discipline qui s’intéresse à l’individu
en tant qu’être socialisé, appartenant à un groupe social en relation avec
d’autre conscience.Autrement, l’homme avec sa culture, sa personnalité de
base, ses conceptions, son opinion, sa morale en un mot un Maillon d’une
chaine de relation et interrelation sociale. Ce qui explique la complexité du
champ d’étude de la sociologie car son objet d’étude n’est pas une chose qu’on
peut déterminer et saisir mais un être en pleine mutation, un être changeant
selon les circonstances, les moments et les humeurs.Ses objets de recherche
sont très variés puisque les sociologues s'intéressent à la fois au travail, à la
famille, aux médias, au sport, aux rapports de genre (hommes/femmes), aux
religions, ou encore aux formes de cultures, bref, à l'environnement humain.
Science des phénomènes sociaux,la sociologie étudie les comportements
sociaux au sein d'un groupe donné (famille, entreprise, parti, etc.) et cherche à
dégager des lois en ayant recours à des sondages et des statistiques.
La sociologie est une discipline apparue assez tardivement, beaucoup plus
récente que la philosophie ou même que l'économie. Elle est née après la
première révolution industrielle. Une révolution qui a ébranlé un ordre ancien,
et remis en cause le fonctionnement de la société occidentale. La sociologie,
s'est donc donnée comme objectif à sa naissance de refonder un ordre social
qui avait justement été ébranlé par les révolutions, mais aussi par la montée de
l’individualisme.
II- Qu’est-ce que la communication ?
La communication est un champ très vaste. Ce n’est pas parce qu’on communique à
longueur de journée, et cela pratiquement depuis sa naissance (et même un peu avant), que
l’on comprend pour autant comment fonctionne la communication. Le terme communication
concerne l’Homme, la machine, les médias, les animaux, les entreprises, les
plantes, etc. Il est donc impératif de bien définir les concepts.
Définition générale de la communication
La communication est un processus interactif de construction du sens. C’est un
acte d’information : dans toute communication, il y a nécessairement transmission
d’information. Mais elle est plus qu’un simple échange d’informations entre un
émetteur et un récepteur,c’est un processus de partage de sens par
l’interprétation réciproque de signes.Pour communiquer il faut des différences. C'est la
différence qui provoque, nécessite, déclenche la communication afin d'exprimer sa vision
dans l'espoir de voir celle de l'autre.. En somme, communiquer c'est exprimer une différence
pour la partager avec autrui, la confirmer ou même l'infirmer si elle est incorrecte.
. En fait il s’agit d’un échange «social» entre acteurs dans une situation donnée et
il est préférable de parler de communication «interhumaine».C’est d’ailleurs cette
forme de communication qui nous intéressera plus dans ce cours.
A ce titre elle se trouve être un processus par lequel l'information est codée et transmise
par un expéditeur à un destinataire utilisant un canal. Le récepteur décode le message et donne
à l'expéditeur un feedback.
Retenons quele moyen de communication pourrait être auditifs tels que parler, chanter et le
ton de la voix et parfois non verbale ou physique comme l'écriture, le langage du corps, le
toucher et le contact visuel. Le processus de la communication requiert un vaste répertoire de
compétences en traitement intra et interpersonnels, écouter, regarder, parler, interroger,
analyser et évaluer.
Pour le psychologue, le sociologue, la "communication non verbale" désigne le plus souvent
le langage gestuel inconscient - parfois à peine perceptible - de l'espèce humaine. En effet, la
communication par mouvements - et micromouvements - réactionnels le plus souvent
incontrôlés est l'un des modes de communication des primates, dont les simiens et tout
particulièrement de l'Homme.
La définition : toute forme d’échange entre un émetteur et un récepteur
La communication concerne aussi bien l’homme, l’animal, les plantes (pollinisation) que
les choses
La communication interhumaine : l’homme est fondamentalement un être communicant
(la thèse de Darwin)
Le besoin d’échange avec son semblable a créé la communication
II/ Théorie de la communication
La communication humaine est non seulement spécifique mais aussi et surtout spécifiant
pour l’espèce humaine en société. L’homme a certes plusieurs attributs qui peuvent
paraitre autant de définition, Parmi ces attributs il ya le langage dont la communication. Il
est certes dit qu’il est un animal politique autrement dit social, un homo-faber (fabriquant
d’outil), être qui rit, homo-sapiens(être qui pense, qui obéit à des règles) d’après Claude
Levi Strauss, animal à conduite désintéressée, qui refuse d’être un être biologique
banal(par l’habillement, l’enterrement, ritualisation de la mort, sexualité et par le
mariage), l’homo-démens(être fou), singe tueur, animal dénudé ou démuni, animal
pensant, être naturellement bon, loup pour l’homme, animal idéologique c’est-à-dire
menteur, animal qui pleur, qui verse de larmes. Produit d’un cerveau évolué de la société
et de l’histoire selon le matérialisme historique, créature de Dieu à son image selon les
religions écrites. Telles sont les quelques définitions de l’Homme.
Mais l’homme est aussi fondamentalement un animal social parlant, communicant
comme disait Claude Levi Strauss. Il est fondamentalement un être social, un locuteur, il
parle, communique parce qu’il est un être social et il a toujours été un être social.
Dans la société, il est par essence un être qui communique avec ses semblables. Il crée
le langage à cet effet. Le langage est un élément de la culture c’est-à-dire il est ce que
l’homme ajoute à la nature.Il est culture puisqu’il obéit à des règles contrairement à la
nature qui se définit par l’absence des règles. Il ne vient pas par instinct, ne s’acquiert
pas de nos ancêtres par hérédité biologique même s’il est préparé par la biologie. Il
s’acquiert par apprentissage. Il est une institution sociale plutôt qu’un fait naturel.
La culture, les communications de masse et les télécommunications peuvent être
considérées comme des secteurs particuliers au sein d'un champ plus vaste, qui
est celui des communications sociales. Ce concept englobera également des
activités telles que l'enseignement, les sondages d'opinion, les rites sociaux,
etc.exple : prières ou salutations.
Le champ de la communication sociale apparaîtra ainsi comme très étendu en
effet dans tous les secteurs de la vie sociale on pourra déceler des activités de
communication. Selon Claude Lévi-Strauss, on dénombre dix systèmes
primaires de communication au sein de la vie sociale : l'interaction, l'association,
la subsistance, la bisexualité, la territorialité, la temporalité, la connaissance, le
jeu, la défense, l'exploitation de la matière.
Tous les secteurs de la vie sociale peuvent être analysés en termes de
communication. A l'inverse, toute activité individuelle de communication peut
prendre un sens social.
La relation sexuelle est une forme de communication entre individus, mais elle
est plus que cela : c'est probablement en elle, plus encore que dans le langage,
qu'il faut chercher l'origine de la communication. Car la sexualité est, au niveau
biologique, la seule activité qui crée des relations nécessaires entre les êtres.
Au sein de la société, l'homme a cherché à de nombreuses reprises à aller au-
delà de ces limites et à établir des communications qui paraissaient jusque-là
irréalisables, telles que la communication directe entre les consciences
(télépathie), le dialogue avec les animaux ou les plantes, le voyage dans les
temps passés et futurs, la relation avec les extra-terrestres ou les morts .
Ces tentatives se situent à des degrés divers de réalité : les unes s'inscrivent dans
le cadre d'une recherche proprement scientifique ; d'autres reposent sur des
postulats invérifiables ; d'autres enfin se présentent comme des œuvres purement
imaginaires.
Mais Les " communications hypothétiques " posent un premier problème, qui
est celui de la possibilité matérielle de leur réalisation. Mais au-delà elles posent
une intéressante question théorique, qui est celle de la transmission du code :
dans quelle mesure le récepteur peut-il recevoir simultanément un message et le
code nécessaire à son déchiffrement ?
Si nous voulons par exemple adresser un message aux habitants des autres
planètes, comment pourrons-nous en même temps leur apprendre le langage
dans lequel celui-ci est écrit ? Ce problème (dont Charles Cros avait conscience)
est souvent méconnu. Par exemple le message placé dans la sonde spatiale
" Pioneer 10 " a peu de chance d'être compris de ses éventuels récepteurs car sa
lecture suppose la connaissance des conventions graphiques et culturelles qui
nous sont propres.
Et pourtant, loin d'être hypothétique, nous nous posons les questions suivantes :
Par quel processus, à partir de quelles expériences, mais aussi de quels éléments
innés, l'enfant peut-il non seulement apprendre le sens du langage mais déjà
comprendre que le langage a un sens. Un apprentissage qui s'est révélé possible
même dans le cas extrême d'un enfant sourd et aveugle.
III / Approche conceptuelle de la communication
La communication est le processus de transmission d'informations. Ce terme provient du latin
" communicare " qui signifie " mettre en commun ". La communication peut donc être considérée
comme un processus pour la mise en commun d'informations et de connaissances.
Deux conceptions partagent le champ définitionnel de la socio de communication :
La 1ere conception estime que la communication est tout échange de signe
volontaire ou involontaire, conscient ou non, d’individu à objet ou d’individu à
individu, du groupe à groupe, d’individu à groupe et inversement en ce sens que
les animaux communiqueraient comme le font les abeilles. Ils communiqueraient
par des signaux c’est-à-dire par mimique, les cris, la danse etc. la communication
se confondrait à toute forme d’échanges, par ailleurs tout rapport au monde avec
ses objets serait de la même forme. Tout sujet en effet communique avec son
milieu ambiant et entretient des rapports avec lui. Cependant l’intelligence
humaine n’épouse pas tout à fait ce rapport. Elle établit des hypothèses
scientifiques dont certaines peuvent être des vérités absolues et d’autres des
approximations sans cesse étroites autrement dit de plus en plus proche de la
nature de l’objet. Il y a communication chaque fois qu’un organisme vivant peut
affecter un autre organisme en lemodifiant, ou en modifiant son action à partir de
la transmission d’une information. Sa forme la plus simple est la présence d’un
émetteur, d’un canal et d’un récepteur mais rapporté à l’usage humain c’est le
modèle de Roman Jakobson qui est le plus explicité.
- Modèle de Jakobson
Le modèle de Jakobson développe une réflexion sur le message dans la
communication verbale. Ce modèle est composé de 6 facteurs : le destinateur; le
message; le destinataire; le contexte; le code; le contact.
Le message suppose un codage et un décodage, d'où l'introduction du
facteur code.
Le contact est la liaison physique et psychologique entre l'émetteur et le
récepteur.
Le contexte est l'ensemble des conditions sociales.
La principale originalité de ce modèle, c'est qu'à ces 6 facteurs correspond 6
fonctions:
La fonction expressive : Consiste à informer l'émetteur sur la personnalité de
celui qui transmet le message : volonté d'exprimer les pensées, les critiques à leur
égard.
La fonction conative : cette fonction va efforcer le destinateur à agir sur le
destinataire (inciter à écouter, à agir, à émouvoir). Cette fonction apparaît
clairement dans les situations ou la finalité de la communication est de faire agir le
destinataire, dans le sens souhaité par le destinateur.
La fonction phatique : cette fonction est relative au contact. Elle permet de
provoquer et de maintenir le contact. (Utilisée dans la publicité, elle est souvent
visuelle, couleurs flashy. Il peut s'agir aussi des figures de rhétoriques.)
La fonction métalinguistique : Cette fonction s'exerce lorsque l'échange porte sur
le code lui-même et que les partenaires vérifient qu'ils utilisent bien le même
code. Cette fonction consiste donc à utiliser un langage pour expliquer un autre
langage. Fonction de traduction. (Est-ce que vous me suivez ?) (Dans une publicité,
un slogan écrit en anglais dans une pub française, rappel l'origine de la marque.)
La fonction référentielle : Cette fonction est orientée vers le contexte dans la
mesure où c'est de lui que va dépendre le message.
La fonction poétique : Ne se limite pas à la seule poésie, car tous message est
expressif. Cette fonction se rapporte à la forme du message dans la mesure ou elle
a une valeur expressive propre.
En analysant ces 6 fonctions du langage, dont Jakobson dit qu'elles "ne s'excluent
pas les unes les autres, mais que souvent elles se superposent" on peut remarquer
que : 3 d'entre elles (expressive - conatif - phatique) sont du domaine du langage
analogique, c'est à dire de la relation. Les 3 autres (référentielle - métalinguistique
- poétique) sont du domaine du langage digital, c'est à dire du contenu.
Il faut dire toute fois que :
- Premièrement les origines de sens constituent le centre de cette relation
- deuxièmes l’objet est perçu en fonction de ses lois propres. Donc l’objet est
perçu quelque fois en vertu de l’expérience subjective
- troisièmes les lois de l’objet mises en lumière par la théorie sont perceptibles
par le sujet. Autrement dit le sujet à des instruments mentaux capables
d’enregistrer les données de l’expérience et de saisir ses lois. Dans cette optique
le langage lui-même et la science seraient nés de ce corps à corps avec le monde
en général et avec la société en particulier.
La seconde perception stipule que la communication serait volontaire, consciente,
intentionnelle. elle serait inséparable de l’intention de communiquer un message
et serait liée à un langage véritable. Ce langage peut être articulé, il peut être
celui de la double articulation, celui des mots et des signes, des signes et des
symboles. L’intention de communication d’un message est prise ici pour la
fonction essentielle du langage humain qui manifeste au dehors, nos idées ou
évoque en nous, les idées des autres. Ici le langage serait l’aptitude à inventer et
à utiliser consciemment et intentionnellement à des fins de communication ses
ressentiments. Dans cette optique, les animaux ne communiqueraient pas. Les
signes qu’ils émettent ne sont ni volontaire ni intentionnel, ni structurés, ils
seraient juste des signaux plutôt que des signes. L’animal exprime ses émotions,
il ne les nomme pas. chacun de ses signaux est adapté à une situation
particulière tandis que les mots désignent toute une classe d’objets. Chez
l’animal, le langage serait inné, héréditaire, chez l’espèce humaine, le langage est
appris car l’homme parle,parce qu’il est un être social. Chez les animaux, il n’y a
pas de dialogue linguistique. Ils répondent aux messages par une conduite,
jamais ils ne répondent aux messages par un autre message.
La communication serait en somme spécifiquement humaine. L’un dans l’autre,
elle reste dans l’entendement commun, l’action consistant pour deux ou plusieurs
personnes à pouvoir comprendre réciproquement leurs idées, leurs pensées et
leurs sentiments.
Elle est un processus par lequel l’information est transmise d’un émetteur à un
récepteur. Elle est la forme des rapports mutuels spécifique au sujet humain, un
mode d’existence de l’homme dans ses contacts avec les autres mondes qui est
au fondement de la sociabilité.
Les philosophes parleront de la communication en termes d’acte par lequel
chaque individu dépasse son Moi pour atteindre plus ou moins l’expérience
d’autrui. Ils en parleront en termes de procédé par lequel le Moi se retrouve dans
l’autre, c’est la seule manière de reconnaître l’Homme.
Marx fondait en effet la naissance de la société c’est-à-dire les rapports ou la
communication des consciences sur la nécessité physique des instincts
particulièrement sur les besoins.
A l’opposé donc de la théorie du contrat, la théorie moderne de la communication
établie une interdépendance voulue entre les individus. Elle parle d’un contact au
lieu d’un contrat, elle fonde la communication sur la discussion au cours de
laquelle chaque participant s’aperçoit de ce qui le rapproche de l’autre et de ce
qui l’en sépare. Alors son processus le plus simple se représente par les schémas
suivants :
1er schéma de la communication : ROMAN JAKOBSON
Théorie du message
Emetteur (E)récepteur ou receveur(R)
Code utilisé
2eme schéma de la communication : Claude Shannon
Bruit
Source du message {émetteur codage récepteur (décodage)} destination
Canal de transmission du message
Feed back ou rétroaction
L’émetteur est l’origine qui envoie une information à un sujet récepteur ou receveur(R).A
un émetteur (origine) il faut un récepteur ou une destination réciproquement. Dans la
structure normale de la communication il faut à toute information(I) un récepteur « R ».
L’information contient le niveau du message, l’idée et la pensée à communiquer. Elle
contient aussi le niveau du code utilisé, celui de la langue et du langage en général. Le
bruit est toutes perturbations aléatoires dans la transmission du message.
Le feed back ou rétroaction est l’action récurrente qu’exerce le récepteur sur l’émetteur
au cours de la transmission du message et il tend à la régulation du message pour une
meilleure compréhension de ce dernier. Il consiste dans un dialogue par lequel
l’émetteur se fait à son tour récepteur jusqu’à ce que le message soit compris.
Le codage est univoque pour l’émetteur et le récepteur. Le codage est l’instrument
linguistique du message qui vise à le transmettre.
IV/ La communication non verbale :
4 - LA COMMUNICATION NON VERBALE
« La parole peut dissimuler la réalité, alors que l’expression la révèle »
La communication non verbale c’est l’ensemble des silences, gestes, postures,
expressions faciales, ton de la voix, rythme de l’élocution, vêtements…qui complètent le
message auditif. Elle exprime les émotions, les sentiments, les valeurs. Cette
communication renforce et crédibilise le message verbal lorsqu’elle est adaptée, mais
peut décrédibiliser ce même message si elle est inadaptée.
41 - Comment se fait la communication non verbale
On envoie et on reçoit en permanence des signes non verbaux qui transitent par des
expressions du visage, des gestes et postures, le ton de notre voix, l'habillement, la
coiffure, le maquillage, l’odeur, les silences, le toucher.
Le langage non verbal permet la communication entre personnes de langues différentes
: le rire et l’expression de la douleur sont les formes d’expressions non verbales les plus
universelles. Mais ces signaux ne sont pas seulement universels et ils doivent être
interprétés en fonction du contexte. La signification d’un geste dépend de la situation, de
l'émetteur, du récepteur, de la culture, de la religion. Exemple : les vêtements blancs ou
noirs pour le deuil, selon la pratique religieuse dans différents pays.
Lors d’un entretien d'embauche, d’un entretien commercial ou d’une discussion entre
ami(e)s ce n'est pas seulement ce que vous dites qui est important. C’est également la
manière de le dire qui déterminera la suite des événements.
Pour bien contrôler sa communication interpersonnelle, il est donc essentiel de
comprendre notre communication non verbale.
411 - Le silence
Les silences font intégralement partie de la communication, car ils expriment quelque
chose et qu'ils sont indispensables à l'écoute de l'autre.
Certains silences sont lourds de sens. Il existe de multiples silences :
Celui de la personne furieuse, offensée ou irritée qui se contient, qui n’est pas en paix
avec elle-même et avec les autres et cherche à s’isoler,
Celui de la personne attentive qui écoute l’autre jusqu’au bout, pour comprendre ce qu’il
veut dire et recevoir son message. Il peut être un « intervalle » de réflexion entre
stimulant et réponse afin que la parole ne laisse pas place à l’impulsivité ou à des
automatismes de l’inconscient,
Celui de la personne qui s’ennuie exprime le retrait et l’isolement des autres,
Celui de la personne qui n’a rien à dire à un inconnu, ce silence d’indifférence se pro-
duit lorsqu’il n’y a pas la volonté de communiquer avec l’autre,
Celui de la personne qui exprime son incompréhension à ce qui est dit, ce silence
dubitatif renvoie au scepticisme ou à l’interrogation,
Celui de la personne qui exprime le respect ou la révérence vis-à-vis d’une tierce
personne,
Celui de la personne qui exprime la supériorité, l’arrogance,
Celui entre amoureux. Ce silence réciproque se réalise parce qu’il n’y a pas besoin de
paroles pour se comprendre. Il se produit lorsqu’il y a une connaissance et une
communion profonde entre les deux personnes qui sont en train de communiquer.
Celui de la personne qui exprime la douleur ou le chagrin,
Celui de défit, d'obstination qui est calculé,
Etc.
Chaque silence doit être interprété et analysé en fonction du contexte. Il faut faire
attention de ne pas produire d'inférences dans cette interprétation, car cela revient à
donner un sens à ce qui semble vide.
Un silence peut être approprié ou inapproprié (comme des paroles). De nombreux
aphorismes l’illustrent. « Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler » ;
« Le silence est d’or » ; « Savoir tenir sa langue », etc.
412 - Le paralangage
Le Paralangage va au-delà des mots prononcés. Il inclut le timbre et le volume de la
voix, le rythme des mots, les coupures d'une phrase.
Le Paralangage entoure les mots et exprime les sentiments à travers la façon dont ils
sont dits.
Exemple : « OUI, je vais le faire » peut être pris dans de multiples sens. Amusez-vous à
prononcer cette phrase de multiples façons pour lui donner des sens différents.
413 - Les gestes et attitudes
Ils ont certainement été les premiers moyens de communication entre les humains et
constituent un véritable paralangage qui accompagne et complète le message verbal.
La gestuelle se manifeste par des postures qui peuvent concerner : la tête, le buste, le
bassin, les jambes et les bras. Par les gestes, nous nous exprimons et nous pouvons
avoir un comportement de défense ou d’agression.
Le hochement de la tête d'avant en arrière qui signifie l’approbation,
La main tendue en signe de paix,
Le poing levé en signe de révolte,
Le bras ou le doigt d'honneur,
Etc.
Si, nous sommes mis en cause, interpellés, nous avons alors des gestes barrières.
Parmi les plus courants :
les mains sur les oreilles, sur les yeux ou sur la bouche,
les bras croisés,
se frotter les mains,
les formes de réajustement : la mèche des cheveux, le pli d'un pantalon, d'une jupe, la
poussière imaginaire, le raclement de la gorge...
On communique également à travers des signes conventionnels :
le doigt pointé vers la porte signifie « sortez ! »
le signe de la main pour dire « au revoir »
le hochement de la tête pour dire « oui »
le battement de mains (applaudissement) pour montrer notre satisfaction devant une
manifestation.
414 - Expressions faciales, mimiques et mouvements corporels
Ce sont les expressions de visage qui expriment des émotions : la joie, la surprise, le
dégoût, la tristesse, la colère, la peur…
Ces mimiques peuvent renforcer le message, mais elles peuvent le modifier et changer
sa signification.
le clin d'oeilindique que ce qui est dit ne doit pas être pris au sérieux,
le regard soutenu signifie une intention hostile,
le regard panoramique est destiné à impliquer tous les interlocuteurs afin que tous
se sentent concernés par le message.
Ils peuvent être voulus tel que le sourire à une personne, mais souvent ils sont
incontrôlés et involontaires (Le pied qui tape sous la table et qui exprime l’agacement,
l’irritation ou l’ennui, les yeux écarquillés, les sourcils froncés, etc.). Ils font partie
intégrante de notre comportement global.
Le regard, est certainement la partie du corps qui exprime le plus de nous-mêmes « les
yeux sont le miroir de l'âme »
Il est capital de tenir compte des expressions faciales et des mouvements corporels afin
d’éviter les malentendus.
415 - Le langage d'objet – l’apparence : vêtements, bijoux, etc.
L’apparence correspond à l'allure générale d’une personne. C’est ce que l’on voit en
premier lieu : le vêtement, la coiffure, le maquillage, les accessoires. C’est un
élément majeur des premières impressions que l'on a d'une personne.
Les vêtements :
Le choix des vêtements et des accessoires est fait généralement en fonction de l'âge, du
physique, de la situation professionnelle, des goûts personnels, du milieu social, etc.
On constate depuis le début des années 70, une évolution dans la tenue vestimentaire,
une plus grande décontraction, une plus grande variété des tenues, de choix des tissus
et des couleurs. Cette évolution est liée à l’évolution des normes et codes sociaux, au
développement de la société de consommation, à l’exacerbation des désirs narcissiques
et au besoin conscient ou inconscient de distanciation ou de distinction des formalismes
sociaux.