Demarche Scientifique en Soins Infirmier
Demarche Scientifique en Soins Infirmier
NIVEAU IDE 2
1
Domaine : Sciences Infirmières
Unité d’Enseignement : Démarche Scientifique en Soins Infirmiers
Niveau : IDE2
Durée : 80 heures
Objectif général
Ce cours a pour but de former les étudiants en soins infirmiers aux bases de la démarche
scientifique appliquée aux soins infirmiers. Il leur permet d’acquérir les compétences
nécessaires pour planifier, exécuter, et évaluer les soins avec une approche systématique et
fondée sur les données probantes.
Objectifs spécifiques
2
Plan du cours : Démarche Scientifique en Sciences Infirmières
3
• Documentation et rapport des activités de soins.
4
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION À LA DÉMARCHE SCIENTIFIQUE
EN SOINS INFIRMIERS
La démarche scientifique en soins infirmiers est une méthodologie systématique qui s'appuie
sur des preuves pour planifier, exécuter et évaluer les soins prodigués aux patients. Fondée sur
des principes rigoureux, elle guide les infirmiers dans leur pratique quotidienne, leur
permettant d’assurer des soins de haute qualité et d’adapter leurs interventions aux besoins
spécifiques des patients. Cette approche est devenue essentielle dans la profession infirmière
moderne, où la prise de décision doit reposer sur des informations fiables et des pratiques
validées scientifiquement [1].
La démarche scientifique vise à répondre aux besoins complexes de santé, tout en promouvant
l'efficience, l'efficacité et la qualité des soins infirmiers. En renforçant la pensée critique, elle
forme les infirmiers à une réflexion approfondie, une analyse minutieuse des données
cliniques et une évaluation objective de leurs actions. Cela favorise non seulement une
amélioration continue des soins, mais aussi la sécurité et le bien-être du patient, car les
interventions sont adaptées à l’évolution de l'état de santé et aux particularités individuelles
[2].
La démarche scientifique revêt une importance primordiale dans le domaine des soins
infirmiers pour plusieurs raisons fondamentales.
Elle assure que les soins sont basés sur des données probantes, réduisant ainsi le risque
d’erreurs et de complications. En adoptant une approche structurée, les infirmiers peuvent
éviter les interventions inutiles et se concentrer sur les actions qui contribuent réellement au
rétablissement et au confort du patient [3].
5
fonctionnant avec des ressources limitées peuvent ainsi offrir des soins de qualité en
optimisant l'utilisation des ressources humaines, financières et matérielles disponibles [4].
En adaptant les soins aux besoins spécifiques du patient, la démarche scientifique améliore la
satisfaction des patients, qui se sentent écoutés, respectés et impliqués dans leur prise en
charge. Cette approche humanise les soins en intégrant les préférences, les croyances et les
valeurs des patients dans les décisions cliniques [6].
Les cadres théoriques et modèles de soins infirmiers sont des éléments essentiels de la
démarche scientifique. Ils fournissent une structure permettant aux infirmiers d’organiser leur
pratique, d’orienter leurs évaluations et de formuler des plans de soins adaptés aux situations
cliniques spécifiques [7].
6
de soins lorsque le patient n’est pas en mesure de les satisfaire par lui-même. Ce
modèle est particulièrement adapté dans les contextes de réhabilitation où le but est
d’aider le patient à retrouver son autonomie, par exemple après une intervention
chirurgicale [10].
3. Modèle de Roy :
Ce modèle d’adaptation met l’accent sur la capacité d’un individu à réagir aux stimuli
de l’environnement et à s’adapter aux changements de santé [11]. Roy considère la
santé comme un processus d'adaptation, où l’infirmier aide le patient à s’adapter aux
défis physiques, psychologiques et sociaux causés par les maladies. Ce modèle est
couramment utilisé dans les unités de soins palliatifs, où les patients et leurs familles
doivent faire face à des transitions émotionnelles et physiques complexes [12].
Chaque modèle apporte des perspectives uniques et est adapté à des contextes cliniques
spécifiques. En choisissant le modèle théorique approprié, les infirmiers peuvent mieux
structurer leurs interventions en fonction des objectifs de soins. Par exemple, dans une unité
de soins intensifs, l’approche de Henderson pourrait être plus appropriée pour des patients
dépendants, tandis que dans un service de réadaptation, le modèle de Orem guidera les soins
pour restaurer l’autonomie du patient [13].
Ces cadres théoriques servent aussi de base à la recherche infirmière en permettant de tester et
de valider les approches de soins en fonction des résultats cliniques obtenus.
L’approche fondée sur les données probantes, ou evidence-based practice (EBP), est une
composante cruciale de la démarche scientifique en soins infirmiers. Elle combine les
meilleures données de recherche disponibles, l’expertise clinique des infirmiers et les
préférences du patient pour guider les décisions de soins [14]. Cette approche améliore non
seulement la qualité des soins, mais permet aussi d’actualiser constamment les pratiques pour
suivre les avancées médicales et scientifiques.
7
Étapes de l’approche fondée sur les données probantes
L’intégration de l’approche EBP renforce la crédibilité des soins infirmiers en utilisant des
méthodes scientifiquement validées, tout en favorisant l’amélioration continue des pratiques.
8
a. Pensée critique
La pensée critique est essentielle pour analyser et interpréter les données cliniques de manière
rigoureuse. Elle permet aux infirmiers de formuler des hypothèses, de prévoir les résultats
potentiels des interventions et d'évaluer les soins en fonction des objectifs définis [20].
b. Communication thérapeutique
d. Autonomie et collaboration
Les infirmiers doivent être autonomes dans la prise de décision tout en collaborant avec les
autres membres de l’équipe de soins. Cette collaboration interprofessionnelle assure une
approche holistique des soins et optimise les résultats pour le patient [23].
Références Bibliographiques
1. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of Nursing:
Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
2. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
3. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
4. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
9
5. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice. Wolters
Kluwer Health, 2019.
6. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby, 2018.
7. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
8. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
9. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing Evidence for
Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
10. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-Surgical
Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
11. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical Judgment: A
Practical Approach. Elsevier, 2017.
12. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
10
CHAPITRE 2 : ÉTAPES DE LA DÉMARCHE DE SOINS
2.1 ÉVALUATION
L’évaluation est la première étape et constitue la base de toute la démarche de soins. Elle
consiste à recueillir des données exhaustives sur l'état de santé du patient pour identifier ses
besoins, ses capacités et ses préférences. Cette évaluation inclut des informations objectives et
subjectives, et elle est cruciale pour poser un diagnostic infirmier pertinent [14].
11
Les données collectées doivent être organisées et documentées de manière à fournir une vue
d’ensemble claire et structurée de la santé du patient. Cette première étape de la démarche de
soins pose les fondations pour le diagnostic et la planification des soins.
a. Processus de diagnostic
1. Identification des données significatives : Les infirmiers sélectionnent les données les
plus pertinentes pour identifier les problèmes potentiels et réels.
2. Formulation du diagnostic : À partir des données, les infirmiers posent un diagnostic
selon les critères de la North American Nursing Diagnosis Association (NANDA), qui
fournit des classifications standardisées [19].
3. Détermination des priorités : Les diagnostics sont hiérarchisés en fonction de
l’urgence et de la gravité des problèmes de santé du patient. Cette hiérarchisation guide
les interventions et garantit que les besoins prioritaires sont abordés en premier [20].
b. Types de diagnostics
Un diagnostic infirmier précis est essentiel pour guider la suite de la démarche de soins, car il
permet de cibler les interventions et de maximiser les résultats de santé.
12
2.3 PLANIFICATION DES SOINS
La planification des soins est la troisième étape de la démarche de soins et consiste à établir des
objectifs clairs, spécifiques et mesurables pour chaque diagnostic posé. Ces objectifs orientent
les interventions et permettent de structurer la prise en charge du patient.
Un exemple d'objectif pourrait être "réduire le niveau de douleur du patient de 7 à 4 sur une
échelle de 10 en deux jours" [23].
Les interventions sont planifiées en fonction des objectifs définis pour chaque diagnostic. Elles
peuvent inclure des actions préventives, curatives ou éducatives. Par exemple, pour un patient
ayant des douleurs chroniques, les interventions pourraient inclure la gestion de la douleur avec
des médicaments prescrits, des techniques de relaxation et des conseils pour améliorer le
sommeil [24].
c. Collaboration interprofessionnelle
La planification des soins est cruciale car elle fournit une feuille de route claire pour la mise en
œuvre des interventions et permet une adaptation rapide en fonction des besoins changeants du
patient.
13
2.4 MISE EN ŒUVRE DES ACTIVITÉS DE SOINS
La mise en œuvre est l’étape où les interventions planifiées sont exécutées. Cette étape nécessite
une organisation rigoureuse et une attention constante pour s’assurer que les soins sont réalisés
correctement et en toute sécurité.
Les interventions sont exécutées en respectant les protocoles et les standards de soins pour
garantir l’efficacité et la sécurité. L’infirmier doit adapter son approche en fonction des
réactions du patient et de l’évolution de son état. Cette étape implique souvent des gestes
techniques (administration de médicaments, soins de plaies) et des techniques de
communication pour expliquer les interventions et apaiser les éventuelles craintes du patient
[26].
b. Documentation
La documentation des interventions est une partie essentielle de la mise en œuvre. Elle permet
de suivre le progrès des soins, de garantir la traçabilité et de fournir des informations précieuses
pour l’évaluation finale. Chaque intervention doit être consignée avec précision, y compris la
date, l'heure, les actions réalisées et les observations du patient [27].
c. Coordination et communication
La mise en œuvre des soins nécessite une coordination efficace entre les membres de l’équipe
de soins pour assurer une prise en charge harmonieuse. Les infirmiers jouent un rôle clé en
communiquant régulièrement avec les autres professionnels de la santé pour partager les
informations pertinentes et ajuster les interventions au besoin [28].
La mise en œuvre des soins est une étape qui demande flexibilité, compétence technique et
capacité d’adaptation. Elle permet d’assurer que les interventions planifiées sont mises en
œuvre de manière optimale pour répondre aux besoins du patient.
14
L’évaluation est la dernière étape de la démarche de soins. Elle vise à mesurer l’efficacité des
interventions et à déterminer si les objectifs de soins ont été atteints. L’évaluation permet de
réajuster le plan de soins en fonction des résultats obtenus.
a. Critères d’évaluation
Les infirmiers utilisent des critères précis pour évaluer si les objectifs fixés ont été atteints. Ces
critères peuvent inclure l’observation des signes cliniques, le niveau de douleur, la satisfaction
du patient, ou encore les résultats des examens complémentaires [29].
c. Importance de la rétroaction
L’évaluation est une étape continue, qui assure l’adaptabilité et l’efficacité de la démarche de
soins en réponse aux besoins et aux progrès du patient.
Références Bibliographiques
15
18. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice. Wolters
Kluwer Health, 2019.
19. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical Judgment: A
Practical Approach. Elsevier, 2017.
20. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
21. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
22. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing Evidence for
Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
23. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby, 2018.
24. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
25. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
16
CHAPITRE 3 : COLLECTE DES DONNÉES EN SOINS INFIRMIERS
La collecte des données constitue une étape cruciale de la démarche scientifique en soins
infirmiers, car elle fournit les informations nécessaires pour évaluer l’état de santé du patient et
pour identifier les besoins et les problèmes spécifiques à sa situation. Une collecte de données
rigoureuse est essentielle pour poser un diagnostic infirmier précis et pour planifier des
interventions adaptées. Les données recueillies peuvent être de nature subjective, objective,
quantitative ou qualitative, et nécessitent une approche structurée pour garantir leur fiabilité et
leur pertinence [26].
L’objectif principal de la collecte des données est d’obtenir une vue d’ensemble complète de
l’état de santé physique, psychologique, social et émotionnel du patient. En rassemblant ces
informations, l’infirmier peut :
Les données recueillies sont classées en deux grandes catégories : données subjectives et
données objectives.
a. Données subjectives
17
Les données subjectives représentent les perceptions et ressentis du patient concernant son état
de santé. Elles incluent les symptômes rapportés, comme la douleur, la fatigue, ou l’anxiété.
Ces données sont essentielles pour comprendre l’expérience du patient et pour adapter les soins
à ses besoins spécifiques. Par exemple, un patient peut exprimer un niveau de douleur subjectif,
ce qui permet à l’infirmier d’évaluer l’efficacité des interventions de gestion de la douleur [29].
b. Données objectives
Les données objectives sont des informations mesurables et vérifiables recueillies par
l’observation et les tests cliniques. Cela inclut des données telles que la température corporelle,
le pouls, la tension artérielle, et les résultats de laboratoire. Ces données fournissent une base
factuelle pour évaluer l’état de santé du patient et sont souvent utilisées pour détecter des signes
de complications ou pour surveiller l’efficacité des traitements [30].
Ces deux types de données sont complémentaires et nécessaires pour obtenir une
compréhension complète de l’état de santé du patient, car les données subjectives peuvent
parfois révéler des éléments qui ne sont pas immédiatement détectables par les mesures
objectives.
La collecte des données s’effectue à l’aide de plusieurs techniques, chacune ayant ses
spécificités et son utilité en fonction des situations cliniques.
a. Observation
L’observation est une technique essentielle qui permet à l’infirmier d’évaluer l’apparence, le
comportement et l’état physique du patient. L’observation des signes visibles, comme la couleur
de la peau, la posture, ou l’expression faciale, peut révéler des indices sur l’état de santé général
du patient [31].
b. Entretien
L’entretien est une méthode de collecte de données privilégiée pour recueillir des informations
subjectives. Il peut être structuré (questions fermées), semi-structuré (combinaison de questions
ouvertes et fermées) ou non structuré (questions ouvertes). L’entretien permet à l’infirmier de
18
créer un climat de confiance, encourageant le patient à partager des informations sensibles ou
personnelles qui peuvent affecter son état de santé [32].
c. Examen physique
L’examen physique est une évaluation systématique de l’état physique du patient, réalisée par
palpation, percussion, auscultation, et inspection. L’infirmier utilise ses compétences
techniques pour détecter des signes de dysfonctionnement dans les systèmes corporels, tels que
les systèmes respiratoire, cardiaque, et gastro-intestinal [33].
Les dossiers médicaux sont une source d’informations historiques sur l’état de santé du patient,
ses traitements antérieurs, ses diagnostics et ses allergies. La revue des dossiers permet à
l’infirmier de comprendre l’évolution de la condition du patient et de planifier les soins en
tenant compte des antécédents médicaux et des interventions passées [34].
Ces méthodes de collecte sont souvent combinées pour obtenir des données riches et
diversifiées qui permettent de poser un diagnostic infirmier complet et précis.
Une communication efficace est fondamentale pour une collecte de données réussie. En
utilisant des techniques de communication thérapeutique, comme l’écoute active, le
questionnement ouvert, et la reformulation, l’infirmier peut créer un environnement où le
patient se sent en sécurité pour exprimer ses préoccupations. La qualité de la communication
influence directement la qualité des données recueillies, car elle encourage le patient à partager
des informations sensibles ou pertinentes pour sa santé [35].
• Écoute active : Montrer au patient que ses propos sont entendus et compris en
reformulant ses réponses et en posant des questions d'approfondissement.
• Questionnement ouvert : Utiliser des questions ouvertes (« Comment vous sentez-
vous aujourd’hui ? ») pour permettre au patient de donner des réponses détaillées et
personnelles.
19
• Validation émotionnelle : Valider les sentiments du patient pour le mettre en confiance
et lui permettre de parler librement de ses peurs ou de ses préoccupations [36].
La documentation est une étape essentielle qui suit immédiatement la collecte des données. Elle
consiste à enregistrer de manière précise et ordonnée toutes les informations recueillies pour
garantir leur traçabilité et leur accessibilité aux autres membres de l’équipe de soins. Une
documentation rigoureuse permet d’éviter les omissions d’information, assure la continuité des
soins et facilite les processus de révision et d’évaluation [37].
a. Contenu de la documentation
• Les données subjectives et objectives : Tous les symptômes rapportés par le patient
ainsi que les résultats des observations et examens.
• Les sources des données : Préciser si les informations proviennent directement du
patient, des dossiers médicaux, ou d’autres sources.
• Les observations et actions infirmières : Noter toute intervention, observation ou
évaluation réalisée pendant la collecte [38].
b. Importance de la précision
La précision est cruciale pour éviter les erreurs et garantir que les informations sont interprétées
correctement par les autres professionnels de santé. La documentation doit être factuelle,
concise et évocatrice, en utilisant des termes clairs et des abréviations standardisées lorsque
possible [39].
20
3.6 ÉTHIQUE ET CONFIDENTIALITÉ DANS LA COLLECTE DES DONNÉES
Les infirmiers doivent respecter les principes d’éthique et de confidentialité lorsqu’ils collectent
et documentent les données des patients. Les informations de santé sont privées et sensibles ; il
est donc essentiel que les infirmiers assurent leur protection et que le partage de ces
informations soit limité aux professionnels de santé autorisés [40].
a. Respect de la confidentialité
Les infirmiers sont tenus de respecter la confidentialité des données de santé, conformément
aux lois sur la protection des informations personnelles. Cela implique de limiter l’accès aux
données aux personnes impliquées dans les soins du patient et de s’assurer que les informations
ne sont partagées qu’avec le consentement du patient [41].
b. Consentement éclairé
Avant de collecter des données personnelles, il est essentiel d'obtenir le consentement éclairé
du patient, en expliquant la nature des informations demandées, la manière dont elles seront
utilisées, et les mesures de protection mises en place. Le consentement est un droit fondamental
pour le patient et constitue une condition de respect de son autonomie et de sa dignité [42].
Références Bibliographiques
21
31. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice. Wolters
Kluwer Health, 2019.
32. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical Judgment: A
Practical Approach. Elsevier, 2017.
33. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
34. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing Evidence for
Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
35. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby, 2018.
36. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
37. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
38. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
39. Purnell, L. D. Handbook for Culturally Competent Care. Springer, 2020.
40. Haddad, L. M., & Geiger, R. A. Ethical and Legal Issues in Nursing. StatPearls
Publishing, 2022.
41. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford University
Press, 2019.
42. Tschudin, V. Ethics in Nursing: The Caring Relationship. Butterworth-Heinemann,
2017.
22
CHAPITRE 4 : ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES DONNÉES
L'analyse des données permet aux infirmiers de transformer les informations brutes en
connaissances utilisables pour établir un diagnostic infirmier. Elle vise à :
• Détecter les problèmes de santé actuels et potentiels : Identifier les signes cliniques
et symptômes qui révèlent un problème de santé, une réaction au traitement, ou un
besoin particulier.
• Prioriser les besoins : Classer les problèmes de santé en fonction de leur gravité, de
leur urgence, et de leur impact potentiel sur la santé du patient.
• Formuler des diagnostics infirmiers : Élaborer des déclarations qui synthétisent les
réponses du patient aux situations de santé et orientent les soins [44].
Ces objectifs garantissent que les soins sont non seulement adaptés, mais aussi hiérarchisés en
fonction des besoins prioritaires du patient, offrant ainsi une base solide pour les étapes
ultérieures de la démarche de soins.
L'analyse des données recueillies repose sur un processus structuré en plusieurs étapes,
permettant une interprétation approfondie et précise.
Les données sont organisées par domaines ou catégories (par exemple, systèmes
cardiovasculaire, respiratoire, et digestif), facilitant ainsi une vue d’ensemble. Cette
organisation permet de regrouper les informations de manière à révéler des tendances ou des
23
anomalies spécifiques. Elle aide également à éviter les omissions d’information et à rendre
l’interprétation plus fluide et plus cohérente [45].
L’infirmier compare ensuite les données du patient aux normes de santé reconnues, telles que
les valeurs normales de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque, et des signes vitaux.
Cette comparaison permet de repérer les écarts significatifs indiquant un problème de santé
potentiel. Par exemple, si la pression artérielle du patient dépasse les normes, cela peut indiquer
un risque d’hypertension, nécessitant une surveillance étroite et des interventions appropriées
[46].
L’infirmier évalue également les facteurs de risque présents chez le patient, comme l’âge, les
antécédents familiaux, et le mode de vie, qui peuvent influencer l’état de santé et le pronostic.
Parallèlement, il est important d’identifier les ressources du patient (soutien familial, capacités
physiques et psychologiques) pour adapter les soins à ses forces et à ses limitations [48].
Une fois les données analysées, l’infirmier peut formuler des diagnostics infirmiers. Le
diagnostic infirmier est une déclaration clinique qui identifie les réponses du patient aux
problèmes de santé, aux situations de vie, ou aux risques potentiels. Il sert de base pour la
planification des soins, permettant de définir des objectifs clairs et des interventions appropriées
[49].
24
Les diagnostics infirmiers peuvent être classés en trois catégories principales :
• Diagnostics actuels : Ils se basent sur les problèmes de santé actuels du patient, tels que
la douleur aiguë ou le risque de chute. Un diagnostic actuel est établi lorsque les signes
et symptômes d’un problème sont présents et clairement identifiés [50].
• Diagnostics de risque : Ils identifient des situations qui, si elles ne sont pas surveillées
ou traitées, pourraient affecter la santé du patient. Par exemple, un patient alité peut
présenter un diagnostic de risque d’escarres [51].
• Diagnostics de bien-être : Ces diagnostics visent à améliorer les aspects de la santé et
du bien-être du patient. Ils s’appliquent aux patients en bonne santé ou ayant des besoins
d’amélioration spécifiques, comme le renforcement de l’autonomie [52].
La formulation des diagnostics infirmiers suit un processus structuré pour garantir leur clarté et
leur pertinence. Un diagnostic typique est formulé en trois parties :
Plusieurs outils et ressources soutiennent les infirmiers dans l’analyse des données et la
formulation des diagnostics infirmiers, notamment les classifications standardisées et les
technologies cliniques.
25
La NANDA propose une classification standardisée des diagnostics infirmiers, offrant une base
commune pour formuler des diagnostics et améliorer la communication entre les infirmiers et
les autres membres de l’équipe de soins. Cette classification est régulièrement mise à jour pour
refléter les évolutions de la pratique infirmière et de la recherche clinique [55].
Les logiciels de DME permettent de collecter, d’organiser et d’analyser les données de santé du
patient. Ils offrent des alertes automatiques en cas de valeurs anormales et permettent un suivi
en temps réel des changements de l’état de santé. La technologie aide également à prévenir les
erreurs de diagnostic en facilitant l’accès aux informations critiques et aux antécédents
médicaux du patient [56].
L'utilisation de ces outils améliore la précision des analyses et permet de formuler des
diagnostics basés sur des données probantes et actualisées, renforçant ainsi la qualité des soins.
La communication des résultats de l’analyse est une étape cruciale qui permet de garantir que
tous les membres de l’équipe de soins ont une compréhension commune des priorités de soins
et des interventions nécessaires. Les infirmiers doivent transmettre les informations de manière
claire et concise pour assurer une prise en charge coordonnée et cohérente du patient [57].
Les diagnostics infirmiers, les facteurs de risque, et les besoins identifiés doivent être
documentés de manière exhaustive dans le dossier du patient. Cela assure la traçabilité des soins
et permet aux autres membres de l’équipe de suivre l’évolution de l’état de santé et des
interventions en cours [58].
La communication des résultats peut se faire par des réunions d’équipe ou des passages de
garde, durant lesquels les infirmiers présentent les diagnostics et les priorités de soins. La
rétroaction est également encouragée pour ajuster les soins en fonction des observations des
autres professionnels et pour renforcer la collaboration interdisciplinaire [59].
26
Une communication efficace garantit que les décisions de soins sont bien comprises et
exécutées, favorisant ainsi une prise en charge globale et cohérente.
Références Bibliographiques
43. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of Nursing:
Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
44. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
45. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
46. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-Surgical
Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
47. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice. Wolters
Kluwer Health, 2019.
48. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical Judgment: A
Practical Approach. Elsevier, 2017.
49. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
50. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing Evidence for
Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
51. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby, 2018.
52. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
53. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
54. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
55. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
Bartlett Learning, 2016.
56. Hyrkas, K., & Dende, D. Nursing Informatics and the Foundation of Knowledge.
Jones & Bartlett Learning, 2018.
57. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford
University Press, 2019.
58. Purnell, L. D. Handbook for Culturally Competent Care. Springer, 2020.
59. Haddad, L. M., & Geiger, R. A. Ethical and Legal Issues in Nursing. StatPearls
Publishing, 2022.
27
CHAPITRE 5 : PLANIFICATION DES SOINS INFIRMIERS
La planification des soins constitue une étape clé de la démarche scientifique en soins
infirmiers, permettant de transformer les diagnostics infirmiers en actions concrètes. Durant
cette étape, les infirmiers définissent des objectifs précis et élaborent des interventions adaptées
aux besoins spécifiques du patient. Une planification efficace est essentielle pour orienter les
soins de manière structurée, garantir la continuité des interventions et optimiser les résultats
pour le patient [60].
• Établir des objectifs de soins personnalisés : Chaque diagnostic infirmier est associé
à des objectifs spécifiques qui permettent de mesurer l’évolution de l’état de santé du
patient.
• Définir des interventions adaptées : La planification permet d’identifier les actions
concrètes nécessaires pour répondre aux besoins et aux priorités du patient.
• Favoriser la coordination des soins : Une planification bien établie facilite la
collaboration avec les autres membres de l’équipe de soins, assurant ainsi une prise en
charge cohérente et complète [61].
• Optimiser l’efficacité des interventions : Les objectifs et interventions définis
permettent de concentrer les efforts sur les aspects prioritaires pour maximiser les
résultats [62].
Ces objectifs sont indispensables pour structurer les soins et pour garantir une continuité dans
les interventions, même en cas de changements d'équipe soignante.
Les objectifs de soins doivent être formulés en utilisant le modèle SMART, un cadre qui garantit
que les objectifs sont Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement
définis. Ce modèle permet d’assurer la clarté des objectifs, facilitant ainsi l’évaluation de leur
réalisation.
a. Spécifiques
28
Les objectifs doivent cibler un problème précis identifié lors du diagnostic infirmier. Par
exemple, pour un patient souffrant de douleur, un objectif spécifique pourrait être : « Réduire
la douleur au site de l’incision postopératoire » [63].
b. Mesurables
Les objectifs doivent inclure des critères mesurables pour pouvoir évaluer les progrès du
patient. Par exemple, un objectif mesurable serait : « Réduire l’intensité de la douleur de 8 à 4
sur une échelle de 10 dans les 48 heures » [64].
c. Atteignables
Les objectifs doivent être réalistes et réalisables, en fonction des capacités du patient et des
ressources disponibles. L’objectif doit être proportionné à l’état du patient pour éviter toute
frustration et favoriser la coopération [65].
d. Réalistes
Les objectifs doivent être pertinents par rapport à l’état de santé du patient et aux possibilités
de l’équipe soignante. Par exemple, un objectif réaliste pour un patient en réhabilitation peut
inclure des activités spécifiques et progressives pour améliorer la mobilité [66].
e. Temporellement définis
Les objectifs doivent inclure une échéance claire pour leur réalisation, permettant de suivre
l’évolution du patient dans un cadre temporel donné. Par exemple, « Diminuer la fréquence des
épisodes d’essoufflement dans les trois jours » [67].
L’utilisation de ces critères SMART aide les infirmiers à établir des objectifs clairs et précis,
facilitant l’évaluation de l’efficacité des soins et permettant d’adapter les interventions en
fonction des progrès du patient.
Une fois les objectifs fixés, l’infirmier planifie les interventions nécessaires pour atteindre ces
objectifs. Les interventions en soins infirmiers peuvent être de différents types : préventives,
curatives, éducatives, et de soutien.
29
a. Interventions préventives
Ces interventions visent à prévenir l’apparition ou la progression d’un problème de santé. Par
exemple, pour un patient alité, l’infirmier pourrait planifier des changements de position
réguliers pour prévenir les escarres, en utilisant des coussins de soutien et en surveillant les
zones de pression [68].
b. Interventions curatives
Les interventions curatives sont axées sur le traitement des problèmes de santé existants. Pour
un patient souffrant d’une infection, cela pourrait inclure l’administration d’antibiotiques et le
suivi des signes vitaux pour évaluer la réponse au traitement [69].
c. Interventions éducatives
d. Interventions de soutien
Ces interventions ont pour but de fournir un soutien physique, émotionnel ou psychologique au
patient. Pour un patient en soins palliatifs, l’infirmier pourrait proposer une présence rassurante,
utiliser des techniques de relaxation, et impliquer la famille pour un soutien émotionnel [71].
En diversifiant les interventions en fonction des besoins du patient, l’infirmier peut assurer une
prise en charge complète et répondre aux aspects physiques, psychologiques et éducatifs de la
santé.
La planification des soins infirmiers exige souvent une collaboration étroite avec d'autres
membres de l'équipe de santé, y compris les médecins, les physiothérapeutes, les travailleurs
sociaux et les diététiciens. Cette collaboration est essentielle pour assurer une prise en charge
globale et répondre aux besoins complexes du patient de manière holistique [72].
30
a. Rôle de la Collaboration Interprofessionnelle
Chaque professionnel de la santé apporte une expertise spécifique qui enrichit la planification
des soins. Par exemple, un physiothérapeute peut recommander des exercices pour améliorer la
mobilité d'un patient en convalescence après une chirurgie, tandis qu'un diététicien peut établir
un plan nutritionnel pour un patient en sous-poids [73].
La communication est essentielle pour coordonner les soins. Des réunions interprofessionnelles
ou des passages de garde peuvent être utilisés pour discuter des besoins du patient, partager les
informations pertinentes, et ajuster les interventions si nécessaire. Ces échanges permettent de
garantir la cohérence et la continuité des soins [74].
Pour assurer une collaboration efficace, il est important de clarifier les rôles et les
responsabilités de chaque membre de l'équipe. Cela permet d’éviter les chevauchements
d’interventions et de s’assurer que chaque aspect de la prise en charge est couvert [75].
Une documentation rigoureuse de la planification des soins est essentielle pour garantir une
prise en charge efficace et une communication fluide entre les différents professionnels
impliqués.
a. Contenu de la Documentation
La documentation doit inclure les diagnostics infirmiers, les objectifs SMART, les interventions
prévues, et les critères d’évaluation. Par exemple, chaque objectif de soins doit être clairement
associé aux interventions nécessaires pour atteindre cet objectif, permettant une vue d’ensemble
complète et facile à suivre [76].
b. Importance de la Traçabilité
31
La traçabilité est essentielle pour suivre l’évolution des soins et pour permettre une révision en
cas de besoin. En documentant chaque étape, l’infirmier peut également identifier les
interventions efficaces et celles qui nécessitent des ajustements [77].
Les dossiers médicaux électroniques (DME) facilitent la documentation, la mise à jour en temps
réel et la consultation des plans de soins par l’ensemble de l’équipe de soins. Ils permettent
aussi de suivre les changements et de détecter des tendances qui pourraient nécessiter une
intervention rapide [78].
Une documentation bien structurée assure la continuité des soins et permet de garantir que tous
les membres de l’équipe soignante ont accès aux informations nécessaires pour fournir une prise
en charge cohérente et coordonnée.
Le plan de soins doit être flexible et réajusté en fonction des résultats obtenus lors de
l’évaluation de l’état de santé du patient. Si les objectifs ne sont pas atteints ou si l’état du
patient évolue, il est crucial de revoir les interventions et d’adapter les soins en conséquence.
L’infirmier évalue en continu l’efficacité des interventions en observant les réactions du patient
et les résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés. Par exemple, si un patient continue
d’éprouver une douleur intense malgré les interventions, il est nécessaire de réévaluer le plan
de soins et d’envisager d’autres options thérapeutiques [79].
En fonction des résultats de l’évaluation, les objectifs peuvent être réajustés pour mieux
correspondre aux capacités et à l’évolution du patient. Cela peut inclure la révision de la
temporalité, la modification des interventions, ou l’introduction de nouvelles actions pour
répondre aux besoins émergents [80].
32
c. Implication du Patient dans les Décisions
L'ajustement dynamique du plan de soins garantit une prise en charge adaptée à l'évolution de
l'état de santé du patient, tout en optimisant les chances de succès des interventions.
Références Bibliographiques
60. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of Nursing:
Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
61. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
62. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
63. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-Surgical
Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
64. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice. Wolters
Kluwer Health, 2019.
65. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical Judgment: A
Practical Approach. Elsevier, 2017.
66. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
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Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
68. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby, 2018.
69. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
70. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
71. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
72. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
Bartlett Learning, 2016.
73. Hyrkas, K., & Dende, D. Nursing Informatics and the Foundation of Knowledge.
Jones & Bartlett Learning, 2018.
74. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford
University Press, 2019.
75. Purnell, L. D. Handbook for Culturally Competent Care. Springer, 2020.
33
76. Haddad, L. M., & Geiger, R. A. Ethical and Legal Issues in Nursing. StatPearls
Publishing, 2022.
77. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking and Clinical Judgement in Nursing Practice.
Elsevier, 2020.
78. Yoder-Wise, P. S. Leading and Managing in Nursing. Elsevier, 2018.
79. Ackley, B. J., & Ladwig, G. B. Nursing Diagnosis Handbook: An Evidence-Based
Guide to Planning Care. Elsevier, 2019.
80. Swearingen, P. L. All-in-One Care Planning Resource. Elsevier, 2017.
81. Standing, M. Clinical Judgement and Decision-Making in Nursing and
Interprofessional Healthcare. McGraw-Hill, 2020.
34
CHAPITRE 6 : MISE EN ŒUVRE DES ACTIVITÉS DE SOINS
La mise en œuvre des activités de soins est une étape cruciale de la démarche scientifique en
soins infirmiers. C’est le moment où les interventions planifiées sont réalisées en vue
d’atteindre les objectifs de soins définis pour le patient. Cette phase nécessite des compétences
techniques, de l’adaptabilité, et une communication continue avec le patient et l’équipe
soignante. En exécutant les interventions, l’infirmier doit évaluer en permanence les réactions
du patient pour ajuster les soins si nécessaire et maximiser l’efficacité des interventions [82].
Ces objectifs permettent de garantir que les soins sont réalisés de manière sécurisée et qu'ils
contribuent activement à l'amélioration de la santé du patient.
a. Techniques de Soins
Les techniques de soins peuvent inclure des gestes techniques (ex. : administration de
médicaments, pansements) et des soins d’assistance (ex. : aide à la mobilité, soutien à l’hygiène
personnelle). Chaque intervention doit être réalisée en respectant les règles d'asepsie et les
35
pratiques fondées sur des données probantes pour éviter les risques d'infection et d'autres
complications [84].
Au cours de la mise en œuvre, l’infirmier doit évaluer les réponses du patient et ajuster les
interventions en conséquence. Par exemple, si un patient exprime une douleur accrue pendant
un changement de position, l’infirmier peut adapter la technique utilisée pour offrir un confort
optimal. Cette flexibilité permet de répondre aux besoins individuels de chaque patient et
d’améliorer l'expérience des soins [85].
La mise en œuvre des soins implique une interaction constante avec le patient pour l’informer
des interventions, répondre à ses questions, et le rassurer. Une communication claire et
empathique aide le patient à mieux comprendre les soins et à coopérer pleinement, ce qui est
crucial pour la réussite des interventions [86].
La documentation est une étape essentielle dans la mise en œuvre des soins, car elle garantit la
traçabilité des interventions et permet de partager les informations pertinentes avec les autres
membres de l’équipe de soins.
a. Contenu de la Documentation
Chaque intervention doit être consignée de manière précise, en incluant les informations
suivantes :
36
Une documentation rigoureuse est indispensable pour assurer la continuité des soins, car elle
informe les autres professionnels de santé des interventions réalisées et des progrès du patient.
b. Outils de Documentation
La documentation détaillée des soins réalisés est essentielle pour la coordination des
interventions et pour évaluer l’efficacité des actions mises en place.
La mise en œuvre des soins exige une collaboration étroite avec les autres membres de l’équipe
soignante pour assurer une prise en charge complète et cohérente. La coordination des
interventions est essentielle pour garantir que tous les aspects des soins sont couverts et que les
besoins du patient sont pris en charge de manière globale.
a. Communication Interprofessionnelle
Les réunions interprofessionnelles, les passages de garde et les échanges informels permettent
aux professionnels de santé de partager les informations essentielles sur l’état de santé du
patient, les interventions en cours et les réactions observées. Cette communication facilite
l’ajustement des interventions et améliore la qualité des soins [89].
Pour éviter les chevauchements ou les lacunes dans les soins, il est important de définir
clairement les responsabilités de chaque membre de l’équipe. Par exemple, l’infirmier peut être
responsable de la surveillance continue des signes vitaux, tandis que le médecin intervient pour
ajuster le traitement en fonction des résultats observés [90].
Une coordination efficace garantit que toutes les interventions sont harmonisées et que chaque
professionnel de santé contribue à la prise en charge selon son domaine de compétence.
37
6.5 IMPORTANCE DE LA SÉCURITÉ ET DE LA PRÉVENTION DES
COMPLICATIONS
La sécurité du patient est une priorité essentielle dans la mise en œuvre des soins. L’infirmier
doit prendre des précautions pour minimiser les risques d’erreurs et de complications, en
respectant les normes de sécurité et en surveillant étroitement l’état de santé du patient.
L’hygiène des mains, l’utilisation de matériel stérile et les techniques d’asepsie sont
fondamentales pour prévenir les infections nosocomiales. L’infirmier doit s’assurer que chaque
geste technique est réalisé dans des conditions optimales de propreté et de sécurité [91].
La mise en œuvre des soins inclut la surveillance des effets indésirables liés aux interventions,
en particulier lors de l’administration de médicaments. Par exemple, l’infirmier doit surveiller
les signes d’allergie ou de réactions inattendues après la prise d’un nouveau traitement. Cette
vigilance permet d’intervenir rapidement en cas de complications [92].
Pour les patients à mobilité réduite, l’infirmier prend des mesures pour prévenir les chutes et
les blessures, comme l’utilisation de barrières de lit, le soutien lors des déplacements, et la mise
à disposition d’équipements d’aide à la mobilité. La prévention des risques contribue à réduire
la morbidité associée aux soins et à protéger l’intégrité physique du patient [93].
La mise en œuvre des soins doit donc être guidée par une vigilance constante et un engagement
en faveur de la sécurité pour minimiser les risques de complications.
38
6.6 ADAPTABILITÉ ET AJUSTEMENT DES INTERVENTIONS
Au cours de la mise en œuvre, il est parfois nécessaire d’ajuster les interventions en fonction
des réactions du patient et des changements dans son état de santé. Cette flexibilité permet de
fournir des soins personnalisés et adaptés aux besoins évolutifs du patient.
L’infirmier observe en continu les réponses du patient, comme le niveau de douleur, l’état
d’alerte, ou les signes vitaux. Si l’état du patient se détériore ou si les interventions initiales ne
produisent pas les résultats escomptés, l’infirmier peut ajuster les soins, comme modifier la
position du patient ou changer la technique de soin utilisée [94].
L’infirmier doit inclure le patient dans le processus de mise en œuvre en l’informant des
interventions et en lui donnant la possibilité d’exprimer ses préférences. Cela renforce la
coopération du patient et lui permet de jouer un rôle actif dans sa propre prise en charge [95].
Si un nouveau problème de santé survient ou si un besoin urgent est détecté, l’infirmier peut
prioriser les soins pour répondre aux besoins immédiats du patient. Cette adaptabilité est
essentielle pour garantir une prise en charge dynamique et réactive, capable de s’ajuster aux
situations changeantes [96].
L’ajustement des soins en fonction des observations et des réactions du patient garantit que les
interventions sont toujours pertinentes et ciblées, maximisant ainsi leur impact positif.
39
Références Bibliographiques
82. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of Nursing:
Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
83. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
84. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
85. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-Surgical
Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
86. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice. Wolters
Kluwer Health, 2019.
87. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical Judgment: A
Practical Approach. Elsevier, 2017.
88. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
89. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing Evidence for
Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
90. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby, 2018.
91. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
92. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
93. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
94. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
Bartlett Learning, 2016.
95. Hyrkas, K., & Dende, D. Nursing Informatics and the Foundation of Knowledge.
Jones & Bartlett Learning, 2018.
96. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford
University Press, 2019.
40
CHAPITRE 7 : ÉVALUATION DES ACTIVITÉS DE SOINS
L’évaluation des soins sert plusieurs objectifs essentiels dans le cadre de la prise en charge
infirmière :
Ces objectifs garantissent que les soins prodigués répondent aux attentes, aux besoins du patient
et aux standards de qualité, contribuant ainsi à une prise en charge plus efficace et personnalisée.
L’évaluation des soins s’appuie sur plusieurs critères permettant de mesurer les progrès réalisés
et l’efficacité des interventions.
41
Ce critère mesure si les interventions étaient appropriées par rapport aux besoins du patient et
aux objectifs de soins. L’infirmier analyse si les actions mises en œuvre étaient réellement
alignées avec les priorités de santé du patient. Par exemple, si un patient souffrait de douleur
post-opératoire, l’évaluation de la pertinence des interventions permet de vérifier si les
méthodes de gestion de la douleur étaient adaptées à sa situation [99].
Ce critère évalue dans quelle mesure les interventions ont contribué à l’amélioration de l’état
de santé du patient. Il permet de comparer les résultats obtenus avec les objectifs fixés. Par
exemple, si l’objectif était de réduire la douleur de 7 à 4 sur une échelle de 10, l’infirmier évalue
si cette diminution a effectivement été atteinte [100].
L’infirmier vérifie si les soins ont été réalisés en conformité avec les protocoles de soins et les
standards de pratique professionnelle. L’adhésion aux protocoles garantit que les interventions
sont effectuées selon les meilleures pratiques, minimisant ainsi les risques de complications et
améliorant la qualité des soins [101].
d. Satisfaction du Patient
La satisfaction du patient est un indicateur important de la qualité des soins. Elle inclut
l’évaluation de la perception du patient quant à la qualité des soins reçus, son confort, et la prise
en compte de ses besoins et préférences. La satisfaction du patient est souvent évaluée par des
entretiens ou des questionnaires [102].
En s’appuyant sur ces critères, l’infirmier peut obtenir une vue complète et objective des
résultats des soins et identifier les domaines nécessitant des améliorations.
L’évaluation repose sur plusieurs méthodes et techniques permettant d’obtenir des données
fiables et de mesurer les résultats des soins de manière systématique.
42
a. Observation Clinique
L’observation clinique est une méthode de base pour évaluer les effets des interventions.
L’infirmier observe les signes et symptômes du patient, comme la couleur de la peau, la
fréquence respiratoire, et les réactions aux traitements, pour détecter toute amélioration ou
complication [103].
b. Mesures et Tests
Les mesures et tests permettent d’obtenir des données quantitatives sur l’état de santé du patient.
Cela inclut la prise de signes vitaux (ex. : pression artérielle, fréquence cardiaque), les analyses
de laboratoire (ex. : glycémie, taux de cholestérol), et d’autres examens cliniques. Ces données
mesurables fournissent des preuves objectives de l’efficacité des soins [104].
L’entretien est une technique qualitative qui permet de recueillir les impressions, les ressentis
et les retours du patient sur les soins reçus. En discutant avec le patient, l’infirmier peut évaluer
son niveau de satisfaction, sa compréhension des soins, et son engagement dans la prise en
charge. Cette méthode est essentielle pour intégrer la perspective du patient dans l’évaluation
[105].
d. Échelles d’Évaluation
Les échelles d’évaluation, comme l’échelle de douleur, l’échelle de Glasgow pour l’évaluation
de la conscience, ou l’échelle de Braden pour le risque d’escarres, sont des outils standardisés
qui permettent de quantifier certains aspects de la santé du patient. Elles fournissent des mesures
précises qui facilitent la comparaison des résultats au fil du temps [106].
En utilisant ces méthodes, l’infirmier peut obtenir des informations diversifiées qui enrichissent
l’évaluation et permettent une analyse plus complète de l’efficacité des soins.
La documentation des résultats de l’évaluation est cruciale pour assurer la traçabilité des soins
et pour informer les autres membres de l’équipe soignante des progrès ou des ajustements
nécessaires.
43
a. Contenu de la Documentation
• Les résultats obtenus : Inclure les données quantitatives (ex. : diminution de la douleur
de 8 à 4) et qualitatives (ex. : satisfaction du patient).
• Les observations et commentaires : Noter toute remarque pertinente, comme une
amélioration visible ou une réaction inattendue.
• Les ajustements recommandés : Mentionner les modifications proposées pour le plan
de soins, basées sur l’évaluation des résultats [107].
Les dossiers médicaux électroniques (DME) sont des outils particulièrement utiles pour
documenter les résultats de l’évaluation en temps réel, offrant une traçabilité améliorée et un
accès facilité pour tous les membres de l’équipe soignante [109].
L’évaluation des activités de soins permet d’identifier les ajustements nécessaires pour
améliorer la prise en charge. Si les objectifs ne sont pas atteints ou si des complications
surviennent, l’infirmier peut réviser le plan de soins pour l’adapter aux nouvelles conditions du
patient.
L’infirmier analyse les résultats obtenus par rapport aux objectifs initiaux. Si les objectifs sont
atteints, le plan de soins peut être maintenu ou modifié pour de nouveaux objectifs. En revanche,
si les objectifs ne sont pas atteints, il peut être nécessaire de revoir les interventions, de renforcer
certaines actions, ou de consulter d’autres professionnels pour adapter le plan [110].
44
b. Adaptation des Interventions
En fonction de l’évolution de l’état de santé du patient, les interventions peuvent être ajustées
pour mieux répondre à ses besoins. Par exemple, si un patient montre une amélioration de sa
mobilité, les interventions peuvent être intensifiées pour encourager une progression vers
l’autonomie complète [111].
L’infirmier doit impliquer le patient dans le processus de réajustement, en discutant des progrès
réalisés, des ajustements nécessaires et en recueillant son avis. Cela renforce l’implication du
patient dans son parcours de soins et assure que les ajustements sont en phase avec ses
préférences et ses capacités [112].
Le réajustement continu du plan de soins garantit une adaptation dynamique des soins à l’état
de santé et aux besoins changeants du patient, optimisant ainsi les résultats.
45
Références Bibliographiques
97. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of Nursing:
Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
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Judgment: A Practical Approach. Elsevier, 2017.
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Evidence for Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
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107. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
108. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
109. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
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111. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford
University Press, 2019.
112. Haddad, L. M., & Geiger, R. A. Ethical and Legal Issues in Nursing. StatPearls
Publishing, 2022.
46
CHAPITRE 8 : RELATION D’AIDE THÉRAPEUTIQUE EN SOINS
INFIRMIERS
La relation d’aide thérapeutique est une composante fondamentale des soins infirmiers, visant
à soutenir les patients sur les plans physique, émotionnel et psychologique. Elle repose sur
l’établissement d’une relation de confiance entre l’infirmier et le patient, créant un
environnement où le patient se sent écouté, respecté et accompagné dans son parcours de soins.
Cette approche est particulièrement importante pour les patients en situation de vulnérabilité ou
confrontés à des situations de stress, de maladie chronique ou de fin de vie [113].
Ces objectifs permettent de créer un cadre bienveillant qui aide le patient à faire face à ses
difficultés et à participer activement à son processus de guérison.
La relation d’aide thérapeutique repose sur plusieurs principes qui guident les interactions entre
l’infirmier et le patient, assurant que l’accompagnement se déroule dans un climat de respect et
d’écoute.
a. Authenticité et Honnêteté
47
L’infirmier doit se montrer authentique dans ses interactions, en étant honnête et sincère avec
le patient. Cette authenticité crée un sentiment de confiance, essentiel pour que le patient se
sente à l’aise de partager ses préoccupations et ses sentiments [115].
b. Empathie
L’empathie est la capacité de se mettre à la place du patient pour comprendre ses émotions et
son vécu. Elle permet à l’infirmier de mieux répondre aux besoins affectifs du patient et de
créer une relation de soutien. Par exemple, en manifestant de l’empathie, l’infirmier peut aider
un patient à exprimer sa tristesse face à un diagnostic grave et lui offrir un soutien approprié
[116].
c. Respect de l’Autonomie
d. Écoute Active
L’écoute active est une compétence fondamentale en relation d’aide, consistant à écouter
attentivement le patient sans le juger ni l’interrompre. L’infirmier utilise des techniques comme
la reformulation et les questions ouvertes pour s’assurer qu’il comprend bien les besoins et les
préoccupations du patient [118].
Ces principes forment la base d’une relation d’aide efficace et permettent de créer un espace de
communication et de soutien où le patient se sent valorisé et respecté.
La communication thérapeutique est essentielle dans la relation d’aide. Elle permet à l’infirmier
de transmettre de manière claire et rassurante les informations au patient, tout en lui permettant
d’exprimer ses propres émotions et besoins.
48
a. Reformulation
La reformulation consiste à répéter en d’autres mots ce que le patient a exprimé, afin de montrer
qu’il a été écouté et compris. Cela permet aussi de clarifier certains points et de s’assurer que
le message du patient est bien compris. Par exemple, si un patient dit « Je suis inquiet pour mon
avenir », l’infirmier pourrait reformuler en disant « Vous vous sentez préoccupé par ce qui va
se passer ? » [119].
b. Questionnement Ouvert
Les questions ouvertes, comme « Comment vous sentez-vous ? » ou « Pouvez-vous m’en dire
plus sur ce qui vous inquiète ? », permettent au patient de s’exprimer librement, sans se sentir
limité par des réponses brèves. Cette technique encourage le partage et aide l’infirmier à
recueillir des informations plus approfondies sur les préoccupations du patient [120].
La validation consiste à reconnaître les sentiments du patient et à les normaliser. Par exemple,
en disant « Il est normal de se sentir anxieux dans cette situation », l’infirmier valide l’émotion
du patient et lui montre qu’il est compris. Cette validation aide à apaiser le patient en lui
montrant que ses émotions sont acceptables et comprises [121].
d. Silence Thérapeutique
Le silence thérapeutique est l’art de laisser des moments de silence pendant les échanges,
permettant au patient de réfléchir et de s’exprimer à son propre rythme. L’infirmier ne doit pas
interrompre ces moments de silence, car ils permettent souvent au patient de formuler des
pensées et de partager des aspects qu’il n’avait pas exprimés auparavant [122].
49
8.4 APPLICATIONS DE LA RELATION D’AIDE EN MILIEU HOSPITALIER
La relation d’aide est particulièrement utile dans certaines situations de soins, où le soutien
émotionnel et psychologique est essentiel.
Pour les patients en soins palliatifs, l’infirmier doit offrir un soutien émotionnel constant, aider
à apaiser les craintes et à gérer la douleur, tout en accompagnant la famille dans le processus.
La relation d’aide permet de soutenir le patient et ses proches face à la souffrance et au deuil,
et de les aider à trouver un apaisement dans des moments difficiles [123].
Les patients en préopératoire ou en postopératoire peuvent éprouver une forte anxiété liée aux
interventions chirurgicales et aux suites opératoires. Par des techniques de relaxation,
d’information rassurante et d’écoute, l’infirmier aide le patient à réduire son anxiété et à mieux
accepter les soins [124].
La relation d’aide thérapeutique doit être encadrée par des principes éthiques solides, pour
respecter les droits et la dignité du patient.
50
a. Respect de la Confidentialité
Les informations partagées par le patient durant la relation d’aide doivent être traitées de
manière confidentielle. L’infirmier est tenu de respecter cette confidentialité, afin de préserver
la confiance du patient et de respecter ses droits à la vie privée [126].
b. Consentement Éclairé
Avant de commencer une relation d’aide, l’infirmier doit s’assurer que le patient comprend bien
la nature et les objectifs des interactions. Le consentement éclairé permet de garantir que le
patient participe de manière volontaire et qu’il est informé des modalités de l’accompagnement
[127].
La relation d’aide doit rester professionnelle, sans que l’infirmier impose ses opinions
personnelles ou ses valeurs au patient. Il est essentiel que l’infirmier conserve une posture
neutre et bienveillante, pour permettre au patient de s’exprimer librement sans se sentir
influencé ou jugé [128].
51
Références Bibliographiques
113. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of
Nursing: Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
114. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
115. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
116. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-
Surgical Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
117. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice.
Wolters Kluwer Health, 2019.
118. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical
Judgment: A Practical Approach. Elsevier, 2017.
119. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
120. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing
Evidence for Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
121. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby,
2018.
122. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
123. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
124. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
125. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
Bartlett Learning, 2016.
126. Hyrkas, K., & Dende, D. Nursing Informatics and the Foundation of
Knowledge. Jones & Bartlett Learning, 2018.
127. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford
University Press, 2019.
128. Haddad, L. M., & Geiger, R. A. Ethical and Legal Issues in Nursing. StatPearls
Publishing, 2022.
52
CHAPITRE 9 : PROJET THÉRAPEUTIQUE ET SUPERVISION EN
MILIEU HOSPITALIER
Le projet thérapeutique en soins infirmiers est un plan structuré et individualisé conçu pour
répondre aux besoins spécifiques d’un patient en vue de l’aider à atteindre des objectifs de santé
définis. La supervision en milieu hospitalier, quant à elle, implique l’accompagnement et
l’encadrement des professionnels de santé dans l’application des pratiques cliniques, assurant
ainsi la qualité des soins. Ensemble, le projet thérapeutique et la supervision permettent une
prise en charge globale et optimisée, en garantissant que les soins sont adaptés, cohérents et
alignés sur les meilleures pratiques [129].
• Personnaliser les soins : Adapter les interventions aux besoins individuels du patient
en tenant compte de ses attentes, de son état de santé, et de son contexte de vie.
• Coordonner les interventions : Garantir la cohérence des actions des différents
membres de l’équipe de soins, pour éviter les doublons et optimiser les ressources.
• Améliorer la qualité de vie du patient : Favoriser le confort et le bien-être du patient
en proposant un accompagnement adapté, particulièrement pour les patients atteints de
maladies chroniques ou en fin de vie.
• Favoriser l’autonomie : Aider le patient à développer ses capacités d’autogestion et à
participer activement à son parcours de soins [130].
Ces objectifs permettent de structurer les soins autour des besoins du patient et de maximiser
les chances d’atteindre des résultats positifs et durables.
53
a. Évaluation Initiale
Avant d’établir le projet thérapeutique, une évaluation complète de l’état de santé du patient est
réalisée, comprenant une analyse de ses besoins physiques, psychologiques, sociaux et
éducatifs. Cette évaluation permet de cerner les aspects essentiels du projet et d’identifier les
objectifs à court et à long terme [131].
Les objectifs sont fixés en fonction des priorités de santé et des souhaits du patient. Ces objectifs
doivent être SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes, Temporellement
définis) pour assurer une évaluation claire des progrès. Par exemple, pour un patient souffrant
d’insuffisance cardiaque, un objectif pourrait être de « réduire les symptômes de dyspnée et
améliorer la tolérance à l’effort en trois mois » [132].
Les interventions sont planifiées en tenant compte des capacités du patient et de la disponibilité
des ressources. Cela peut inclure des actions préventives, des soins curatifs, un soutien
psychologique, et des activités d’éducation à la santé. Chaque intervention doit être alignée sur
les objectifs définis et adaptée aux particularités du patient [133].
d. Collaboration Interdisciplinaire
Un projet thérapeutique bien élaboré permet d’assurer une prise en charge structurée et orientée
vers des objectifs clairs, favorisant la participation active du patient et l’optimisation des soins.
Une fois le projet thérapeutique élaboré, l’étape de mise en œuvre commence, avec un suivi
continu pour évaluer l’efficacité des interventions et ajuster les soins si nécessaire.
54
a. Exécution des Interventions
Les interventions prévues dans le projet thérapeutique sont réalisées de manière coordonnée et
documentée. L’infirmier suit le plan d’action en respectant les protocoles et les standards de
pratique, tout en s’assurant que les soins sont adaptés aux réactions du patient et aux
changements dans son état de santé [135].
b. Suivi et Évaluation
Le suivi du projet thérapeutique implique une évaluation régulière de l’état de santé du patient
et des progrès par rapport aux objectifs fixés. Cela permet d’identifier les interventions efficaces
et de réajuster le plan si les résultats escomptés ne sont pas atteints. Par exemple, si un patient
diabétique ne parvient pas à stabiliser sa glycémie malgré le plan initial, des ajustements
peuvent être apportés en intégrant un suivi diététique renforcé [136].
c. Implication du Patient
L’implication du patient dans le suivi de son projet thérapeutique est cruciale pour encourager
son adhésion et favoriser l’autogestion. L’infirmier informe le patient de ses progrès, recueille
son feedback, et l’aide à développer les compétences nécessaires pour assumer une part active
dans son parcours de soins [137].
Le suivi continu et l’ajustement du projet thérapeutique assurent que les soins restent pertinents
et optimisés pour les besoins évolutifs du patient.
55
a. Objectifs de la Supervision
• Assurer la conformité aux standards de soins : Vérifier que les pratiques cliniques
respectent les protocoles et les directives de l’établissement.
• Développer les compétences cliniques : La supervision favorise le développement des
compétences techniques et relationnelles des infirmiers.
• Encourager l’autonomie professionnelle : Accompagner les infirmiers dans la prise
de décisions éclairées et dans l’adaptation des soins aux situations spécifiques.
• Renforcer la sécurité des patients : La supervision assure que les soins sont prodigués
de manière sécurisée, en minimisant les risques d’erreurs et de complications [138].
b. Types de Supervision
La supervision en milieu hospitalier peut prendre différentes formes, adaptées aux besoins de
l’équipe et de l’établissement.
Ces formes de supervision permettent de soutenir les professionnels de santé et de favoriser une
amélioration continue des pratiques cliniques.
La supervision efficace repose sur des techniques et des outils permettant d’encadrer les
pratiques cliniques et de garantir la qualité des soins.
56
a. Feedback Constructif
Le feedback est un outil essentiel pour guider et améliorer les pratiques. Le superviseur donne
un retour d’information précis et constructif aux infirmiers, en soulignant les points forts et les
aspects à améliorer. Par exemple, un feedback sur une technique de pansement pourrait inclure
des conseils sur les gestes à optimiser pour renforcer l’asepsie [140].
L’analyse de cas est une méthode permettant de discuter en groupe des situations cliniques
complexes rencontrées par l’équipe. Les réunions de débriefing, organisées après des situations
difficiles, permettent de discuter des pratiques, d’identifier les leçons à tirer et de renforcer la
résilience des équipes face aux situations critiques [141].
Les audits cliniques sont des évaluations systématiques des pratiques de soins, permettant de
vérifier leur conformité aux protocoles. Les audits peuvent inclure des revues de dossiers
médicaux, des observations de pratiques et des enquêtes de satisfaction auprès des patients. Ces
outils permettent de maintenir des standards élevés de qualité [142].
L’utilisation de ces techniques et outils de supervision aide à renforcer la qualité des soins et à
assurer un encadrement efficace des pratiques.
a. Adaptabilité et Réactivité
Le projet thérapeutique est conçu pour être flexible, permettant de réajuster les soins en fonction
des progrès ou des changements dans l’état du patient. La supervision, quant à elle, permet de
détecter les écarts de pratique et de corriger les erreurs rapidement, assurant ainsi une prise en
charge continue et de haute qualité [143].
57
b. Développement Professionnel et Qualité des Soins
58
Références Bibliographiques
129. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of
Nursing: Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
130. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
131. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
132. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-
Surgical Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
133. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice.
Wolters Kluwer Health, 2019.
134. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical
Judgment: A Practical Approach. Elsevier, 2017.
135. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
136. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing
Evidence for Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
137. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby,
2018.
138. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
139. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
140. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
141. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
Bartlett Learning, 2016.
142. Hyrkas, K., & Dende, D. Nursing Informatics and the Foundation of
Knowledge. Jones & Bartlett Learning, 2018.
143. Beauchamp, T. L., & Childress, J. F. Principles of Biomedical Ethics. Oxford
University Press, 2019.
144. Haddad, L. M., & Geiger, R. A. Ethical and Legal Issues in Nursing. StatPearls
Publishing, 2022.
59
CHAPITRE 10 : DÉVELOPPEMENT PERSONNEL ET GESTION DES
GROUPES DANS LEUR DIMENSION PSYCHOLOGIQUE,
AFFECTIVE, SOCIOLOGIQUE ET ÉDUCATIVE
Dans le domaine des soins infirmiers, le développement personnel et la gestion des groupes
sont essentiels pour créer un environnement favorable au bien-être des patients et à la cohésion
de l’équipe soignante. La gestion des groupes, qu’il s’agisse de patients, de familles ou de
collègues, implique une compréhension des dynamiques psychologiques, affectives,
sociologiques et éducatives qui influencent les interactions et les comportements. En
encourageant le développement personnel et en appliquant des compétences en gestion de
groupe, les infirmiers peuvent améliorer la qualité des soins et renforcer la communication au
sein de l’équipe et avec les patients [145].
Le développement personnel vise à encourager les infirmiers à travailler sur leurs compétences,
à gérer leur stress et à améliorer leur communication. Les objectifs principaux sont :
60
10.2 DIMENSION PSYCHOLOGIQUE : COMPRÉHENSION ET SOUTIEN DES
PATIENTS
Les infirmiers utilisent des techniques telles que l’écoute active, la reformulation, et la
validation des émotions pour offrir un soutien émotionnel. Ces techniques permettent d’aider
les patients à exprimer leurs craintes et leurs besoins, créant un environnement où ils se sentent
en sécurité et compris [147].
L’approche centrée sur le patient consiste à considérer le patient dans sa globalité, en prenant
en compte ses antécédents, ses croyances et ses valeurs. En comprenant les spécificités
psychologiques de chaque patient, l’infirmier peut adapter son approche pour offrir des soins
personnalisés et respectueux des particularités de chacun [148].
Les réactions émotionnelles, comme l’anxiété, la colère, ou la tristesse, sont courantes chez les
patients en milieu hospitalier. Les infirmiers doivent être formés pour reconnaître ces réactions
et intervenir de manière appropriée, en utilisant des techniques de communication thérapeutique
et de débriefing pour calmer et apaiser les patients [149].
La dimension affective est cruciale pour établir une relation de confiance entre l’infirmier et le
patient. Cette relation favorise une communication ouverte et facilite l’adhésion du patient aux
soins.
61
a. Importance de l’Empathie
La communication non verbale, incluant le contact visuel, les expressions faciales et le langage
corporel, joue un rôle important dans la création d’un climat de confiance. Un sourire, un
hochement de tête, ou un geste d’encouragement peuvent transmettre un soutien affectif et
montrer au patient qu’il est compris et valorisé [151].
Les infirmiers sont souvent confrontés à des situations émotionnellement intenses. La capacité
à gérer ses propres émotions, à maintenir une attitude professionnelle et à éviter de projeter ses
propres sentiments sur le patient est essentielle pour offrir un accompagnement affectif
équilibré [152].
L’environnement social du patient, incluant sa famille et ses amis, a un impact important sur sa
perception de la maladie et sa capacité d’adaptation. Les infirmiers doivent tenir compte de cet
environnement pour offrir un soutien qui intègre les proches et respecte les valeurs sociales et
culturelles du patient [153].
62
b. Gestion des Dynamiques de Groupe en Équipe
En milieu hospitalier, les infirmiers font partie d’une équipe multidisciplinaire. La gestion des
dynamiques de groupe implique de favoriser une communication ouverte, de résoudre les
conflits de manière constructive, et d’encourager la coopération. Une bonne gestion des
dynamiques de groupe améliore la qualité des soins en assurant une prise en charge cohérente
et harmonieuse [154].
La diversité culturelle en milieu hospitalier exige que les infirmiers adaptent leur approche pour
répondre aux attentes et aux normes culturelles des patients. Cela inclut la sensibilité aux
pratiques religieuses, aux préférences alimentaires, et aux croyances en matière de santé, pour
offrir des soins respectueux et inclusifs [155].
La dimension éducative est essentielle pour informer les patients sur leur état de santé, les aider
à comprendre les traitements, et les encourager à adopter des comportements favorables à la
santé.
a. Éducation Thérapeutique
L’éducation thérapeutique vise à fournir aux patients les connaissances et les compétences
nécessaires pour gérer leur propre santé. Cela peut inclure des informations sur la gestion de la
douleur, l’autosurveillance des symptômes, et les techniques de relaxation. Par exemple, un
patient diabétique peut être formé à surveiller sa glycémie et à adapter son alimentation [156].
b. Promotion de l’Autonomie
L’autonomie est favorisée lorsque les patients comprennent leur condition et savent comment
agir pour améliorer leur bien-être. Les infirmiers jouent un rôle clé dans la promotion de cette
autonomie en encourageant les patients à prendre des décisions éclairées et à assumer la
responsabilité de leur santé [157].
63
c. Sensibilisation à la Prévention
La dimension éducative permet de renforcer les compétences des patients en matière de gestion
de la santé, en les aidant à devenir acteurs de leur propre bien-être.
64
Références Bibliographiques
145. Berman, A., Snyder, S., & Frandsen, G. Kozier and Erb's Fundamentals of
Nursing: Concepts, Process, and Practice. Pearson, 2020.
146. Doenges, M., Moorhouse, M., & Murr, A. Nursing Care Plans: Guidelines for
Individualizing Client Care Across the Life Span. F.A. Davis Company, 2019.
147. Potter, P. A., & Perry, A. G. Fundamentals of Nursing. Mosby, 2020.
148. Hinkle, J. L., & Cheever, K. H. Brunner & Suddarth’s Textbook of Medical-
Surgical Nursing. Wolters Kluwer, 2020.
149. Carpenito-Moyet, L. J. Nursing Diagnosis: Application to Clinical Practice.
Wolters Kluwer Health, 2019.
150. Alfaro-LeFevre, R. Critical Thinking, Clinical Reasoning, and Clinical
Judgment: A Practical Approach. Elsevier, 2017.
151. Melnyk, B. M., & Fineout-Overholt, E. Evidence-Based Practice in Nursing &
Healthcare: A Guide to Best Practice. Wolters Kluwer, 2019.
152. Polit, D. F., & Beck, C. T. Nursing Research: Generating and Assessing
Evidence for Nursing Practice. Lippincott Williams & Wilkins, 2021.
153. Alligood, M. R., & Tomey, A. M. Nursing Theorists and Their Work. Mosby,
2018.
154. White, L. Foundations of Nursing. Cengage Learning, 2019.
155. Roy, C., & Andrews, H. A. The Roy Adaptation Model. Pearson, 2019.
156. Wilkinson, J. M. Nursing Process and Critical Thinking. Pearson, 2016.
157. Tappen, R. M. Advanced Nursing Research: From Theory to Practice. Jones &
Bartlett Learning, 2016.
158. Hyrkas, K., & Dende, D. Nursing Informatics and the Foundation of
Knowledge. Jones & Bartlett Learning, 2018.
65
Conclusion
La démarche scientifique en soins infirmiers est un processus fondamental qui permet d’assurer
une prise en charge de qualité, centrée sur le patient, et fondée sur des données probantes. Elle
repose sur une série d’étapes méthodiques — de la collecte de données à l’évaluation des soins
— qui garantissent la cohérence et l’efficacité des interventions. À travers ce module, nous
avons exploré en profondeur chaque étape de cette démarche, ainsi que des éléments
complémentaires tels que la relation d’aide thérapeutique, le projet thérapeutique et la
supervision, et le développement personnel et la gestion des groupes en milieu hospitalier.
La démarche de soins permet aux infirmiers de poser des diagnostics précis, de planifier des
interventions adaptées, et d’évaluer les résultats de manière rigoureuse. La mise en œuvre des
soins exige non seulement des compétences techniques mais aussi des compétences
relationnelles pour assurer un accompagnement bienveillant et respectueux. Les pratiques de
supervision et le développement personnel sont également essentiels pour maintenir la qualité
des soins et soutenir les infirmiers dans leur progression professionnelle.
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