Mor 196114
Mor 196114
Édition 2016
Édition 2016
CHAPITRE PREMIER
Des dispositions générales
Article premier
Les gisements d’hydrocarbures naturels font partie du domaine public de
l’Etat.
La reconnaissance, la recherche et l’exploitation des hydrocarbures
naturels dans les zones terrestres et maritimes ainsi que les activités
annexes à ces dernières sont réglementées par les dispositions de la
présente loi.
Article 2
Au sens de la présente loi, on entend par :
1) Hydrocarbures : les hydrocarbures naturels liquides gazeux ou
solides, à l’exception des schistes bitumineux. Ils comprennent à la
fois le pétrole brut et le gaz naturel ;
2) Pétrole brut : tous les hydrocarbures liquides à l’état naturel ou
obtenus à partir du gaz naturel par condensation ou séparation ainsi
que l’asphalte ;
3) Gaz naturel : tous hydrocarbures gazeux obtenus de puits de pétrole
ou de gaz ainsi que le gaz résiduel provenant de la séparation des
hydrocarbures liquides ;
4) Travaux de reconnaissance : les travaux de géologie, de géochimie,
de géophysique et de levés aériens exécutés en vue de déterminer
la nature pétrolifère du sous-sol, à l’exclusion des travaux à but
scientifique et de tout forage d’exploration ;
5) Travaux de recherche : toutes opérations de recherche et
d’appréciation visant à établir l’existence d’hydrocarbures en
quantités commercialement exploitables ;
Article 3
Les dispositions de la présente loi s’appliquent aux activités de
reconnaissance, de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures qui
s’exercent dans les deux zones définies ci-après :
- La zone terrestre qui comprend le territoire limité :
• à l’ouest par l’Océan Atlantique et au Nord par la mer Méditerranée ;
• à l’Est et au sud par les frontières du Royaume.
- La zone maritime qui comprend le lit de la mer et le sous-sol des
régions adjacentes aux côtes marocaines s’étendant jusqu’au point
où la profondeur des eaux permet l’exploitation des gisements
d’hydrocarbures desdites régions et ce, sans préjudice :
• des conventions internationales dûment ratifiées par l’Etat
marocain et des circonstances particulières d’ordre géographique
Article 4
La reconnaissance géologique, géochimique ou géophysique, la
recherche de gisements d’hydrocarbures et l’exploitation de ces derniers
sont subordonnées à l’obtention, suivant le cas, d’une autorisation
de reconnaissance, d’un permis de recherche ou d’une concession
d’exploitation.
L’octroi de permis de recherche est subordonné à la conclusion d’un accord
pétrolier avec l’Etat. Il sera stipulé dans cet accord que l’Etat détiendra une
participation dans le permis de recherche et la concession d’exploitation
dont le taux fixé dans ledit accord ne peut être supérieur à 25 % dudit
permis et de ladite concession.
Toutefois, lorsque le permis de recherche est demandé par un organisme
d’Etat l’accord pétrolier n’est conclu entre ce dernier et l’Etat que lors de
l’attribution de la concession d’exploitation.
Article 5
L’existence d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de
recherche ou d’une concession d’exploitation d’hydrocarbures ne fait pas
obstacle à l’octroi de permis miniers pour la recherche ou l’exploitation de
substances minérales autres que les hydrocarbures naturels, de même
que l’existence de permis miniers pour la recherche et l’exploitation de
substances minérales, autres que les hydrocarbures, ne fait pas obstacle
à l’octroi d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de recherche
ou d’une concession d’exploitation d’hydrocarbures.
Article 6
Le permis de recherche et la concession d’exploitation constituent des
droits réels de durée limitée qui ne confèrent à leur titulaire aucun droit de
propriété sur le sol ni sur le sous-sol.
Les terrains, bâtiments, ouvrages, machines, appareils et engins de
toute nature servant à l’exploitation de la concession constituent des
dépendances de ladite concession.
Article 7
Le titulaire d’un permis de recherche ou d’une concession d’exploitation,
qui a accompli les obligations afférentes à son permis de recherche
ou à sa concession d’exploitation dans les délais impartis, a le droit de
l’abandonner en partie ou en totalité.
Lorsque le permis ou la concession sont accordés conjointement à
plusieurs titulaires, l’abandon d’un ou de plusieurs d’entre eux n’entraîne
pas l’annulation partielle ou totale du permis ou de la concession si le
ou les autres titulaires reprennent à leur compte tous les engagements
souscrits par celui ou ceux qui abandonnent.
Cependant, s’agissant de la concession, l’Etat bénéficie d’un droit de
priorité pour disposer de la partie ou de la totalité de l’abandon effectué.
Ce droit de priorité doit être exercé dans les trois (3) mois à partir de la
date de notification de l’abandon à l’administration.
Si l’Etat décide de reprendre à son compte la partie ou la totalité de la
concession abandonnée, les installations, matériels et terrains nécessaires
à l’exploitation lui seront remis gratuitement dans un état permettant la
poursuite de l’exploitation normale du gisement.
Si l’Etat n’exerce pas le droit de priorité visé au présent article et que le
ou les autres titulaires de la concession ne reprennent pas à leur compte
la partie abandonnée, le concessionnaire abandonnant doit nettoyer le
site à ses frais dans les conditions généralement admises dans l’industrie
pétrolière. Dans ce cas, les biens immobiliers fixes résultant des travaux
d’exploitation tels que barrages, canaux, conduites d’eau, réservoirs,
bassins, facilités d’emmagasinage, pipelines, entrepôts, bureaux et
locaux du chantier non démontables, ports, docks, havres, digues, jetées,
Article 8
La cession totale ou partielle des parts d’intérêt dans un permis de
recherche ou dans une concession d’exploitation doit porter sur la totalité
du périmètre couvert par ce permis ou cette concession. Elle est soumise
à l’autorisation préalable de l’administration.
Aucune cession de la concession ne sera autorisée si elle ne comprend
pas la totalité des terrains, des installations et du matériel nécessaires à
l’exploitation du gisement.
Le cessionnaire prend à son compte tous les engagements souscrits par
le cédant.
Lorsque la cession doit être faite au profit d’un tiers, autre que la société-
mère ou une filiale du cédant, l’Etat peut exercer un droit de préemption.
Les modalités de l’exercice de ce droit de préemption sont fixées par voie
réglementaire.
Article 9
L’amodiation, partielle ou totale, d’un permis de recherche ou d’une
concession d’exploitation doit faire l’objet d’une autorisation préalable de
l’administration.
L’amodiataire du permis de recherche ou de la concession d’exploitation
est soumis aux obligations qui résultent dudit permis ou de ladite
concession.
Article 10
Les contrats relatifs à toutes les locations de terrains utilisés pour les besoins
de la concession d’exploitation doivent comporter une clause réservant à
l’Etat, la faculté de se substituer au concessionnaire soit en cas d’abandon
de celui-ci, soit en cas de retrait de la concession, soit lorsque l’expiration
normale de la concession doit survenir au cours de la durée du contrat.
Article 12
Des périmètres de protection de dimensions appropriées peuvent
également être établis par l’administration en tous lieux où il serait jugé
nécessaire de les établir dans l’intérêt général.
A l’intérieur de ces périmètres, aucune activité de reconnaissance, de
recherche ou d’exploitation souterraine ou superficielle, ne peut être
entreprise ni poursuivie que sur accord de l’administration.
Article 13
L’existence d’un permis de recherche ou d’une concession d’exploitation
ne peut empêcher l’exécution des travaux d’utilité publique à l’intérieur du
permis de recherche ou de la concession d’exploitation ni l’ouverture ou
l’exploitation de carrières.
Article 15
Par dérogation aux dispositions législatives en vigueur relatives à
l’occupation du domaine public et au régime des eaux, l’administration
est habilitée, d’une part, à fixer des règles suivant lesquelles le titulaire
d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de recherche ou
d’une concession d’exploitation peut exécuter des opérations relevant
normalement des services publics, bénéficier de dispositions particulières
en ce qui concerne le captage des eaux, ou l’occupation temporaire
du domaine public de l’Etat, et, d’autre part, à imposer des servitudes
particulières au titulaire d’autorisations de reconnaissance, de permis de
recherche ou de concession d’exploitation.
Article 16
Peuvent être déclarés d’utilité publique par l’administration tous les
travaux et aménagements exécutés par les titulaires d’autorisations de
reconnaissance, de permis de recherche ou de concessions d’exploitation.
La déclaration d’utilité publique visée ci-dessus entraîne au profit du
titulaire de l’autorisation de reconnaissance, du permis de recherche ou
de la concession d’exploitation le droit d’acquérir par voie d’expropriation
conformément à la législation en vigueur.
Article 18
La recherche et l’exploitation des hydrocarbures sont considérées comme
des actes de commerce.
Article 19
La preuve par écrit est seule admise en matière de droit minier
d’hydrocarbures.
Article 21
L’autorisation de reconnaissance confère à son bénéficiaire le droit de
procéder à toutes activités nécessaires pour mener à bonne fin les travaux
de reconnaissance définis à l’article 2 ci-dessus.
Tous les résultats des travaux de reconnaissance sont communiqués
à titre gratuit à l’administration dans les conditions fixées dans l’acte
d’autorisation.
Article 23
Le permis de recherche confère à son titulaire, dans les conditions
prévues à la présente loi le droit exclusif de recherche des gisements
d’hydrocarbures dans le territoire sur lequel il porte.
Article 24
La durée totale de validité d’un permis de recherche ne peut excéder huit
(8) années consécutives réparties en périodes dont les durées sont fixées
dans l’acte administratif visé à l’article 22 ci-dessus. Chaque prorogation
s’accompagne d’une réduction de la superficie du permis. L’ensemble des
parties abandonnées constitue les rendus de surface qui deviennent libres
à la recherche.
Toutefois, lorsqu’une découverte d’hydrocarbures est faite au cours de
la dernière année de validité du permis, la durée de ce dernier peut être
prorogée par l’administration pour une période exceptionnelle qui ne peut
excéder deux (2) années en vue de l’évaluation de ladite découverte.
Article 26
Dans le cas où une personne morale viendrait à détenir des droits sur des
superficies supérieures à celles autorisées par l’article 25 ci-dessus, elle
est mise en demeure par l’administration de procéder à la réduction de ces
superficies. S’il n’est pas donné suite à la mise en demeure dans le délai
d’un (1) mois, il est procédé d’office, par l’administration, à la réduction
des superficies dans les limites indiquées audit article 25.
Article 28
Une découverte d’hydrocarbures est réputée commerciale lorsqu’après
l’exécution d’un programme de forages d’appréciation adéquat en
conformité avec les dispositions particulières de l’accord pétrolier décrit
au chapitre V ci-après, le titulaire du permis aura démontré que cette
découverte recèle un potentiel de réserves d’hydrocarbures récupérables
pouvant aboutir à une exploitation économiquement rentable et qu’il
s’engage à la développer.
Article 29
La durée de validité d’une concession d’exploitation ne peut excéder vingt-
cinq (25) années. Toutefois, une seule prorogation exceptionnelle qui ne
peut excéder dix (10) années peut être accordée par un acte administratif,
si l’exploitation rationnelle et économique du gisement le justifie.
Article 30
Lorsqu’un gisement se prolonge au-delà du périmètre d’un permis de
recherche mitoyen d’un ou de plusieurs autres permis, son développement
et son exploitation doivent se faire, le cas échéant, au moyen d’un accord
dit d’unitisation entre les titulaires desdits permis selon des conditions qui
doivent être approuvées par l’administration.
Article 31
En cas de déchéance de la concession pour un des motifs visés à l’article
40 ci-après, il est procédé par voie administrative à une adjudication à
laquelle le concessionnaire déchu ne peut prendre part.
Le produit, déduction faite des frais exposés par l’administration et, le cas
échéant, des taxes et impôts non acquittés est remis au concessionnaire
déchu ou consigné pour être distribué aux ayants droit et créanciers
éventuels.
L’Etat peut, pendant le mois qui suit l’adjudication, exercer un droit de
préemption.
Si aucun soumissionnaire n’est retenu lors de l’adjudication, un acte
administratif annule la concession et prononce son retour gratuit à l’Etat,
libre et franche de toute charge y compris ses dépendances telles que
définies à l’article 6 ci-dessus.
Article 33
Les accords pétroliers peuvent prévoir le recours à l’arbitrage lorsqu’une
des parties est une personne morale étrangère. Dans le cas où il est fait
usage de cette faculté, les accords fixent une procédure conforme aux
pratiques internationales en matière d’arbitrage pétrolier. Il doit alors être
précisé que le droit applicable est le droit marocain.
Article 34
Tout accord pétrolier doit être approuvé par l’administration.
Article 36
En cas de cessation, pour quelque motif que ce soit, des droits du titulaire
d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de recherche ou d’une
concession d’exploitation sur tout ou partie du périmètre de reconnaissance,
du permis de recherche ou de la concession d’exploitation, le titulaire est tenu
de restituer ladite surface dans les conditions fixées par voie réglementaire.
Article 37
Le titulaire d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de recherche ou
d’une concession d’exploitation doit contribuer à la formation professionnelle
des cadres et techniciens nationaux de l’industrie pétrolière en les associant
aux opérations de reconnaissance, de recherche et d’exploitation et en les
faisant bénéficier de programmes de formation adaptés.
Article 38
ll n’est en rien dérogé à l’occasion de la délivrance de l’autorisation de
reconnaissance, du permis de recherche et de la concession d’exploitation
à la législation et à la réglementation en vigueur relatives à la sécurité
et la salubrité publique, l’environnement, la sécurité et l’hygiène du
personnel, l’habitat, la meilleure utilisation et la conservation des
gisements, la protection des sources, voies publiques et édifices, et, en ce
qui concerne les recherches marines, la protection des richesses marines,
de l’environnement et la sauvegarde de la navigation.
Article 39
Sous peine de déchéance de son permis de recherche prononcée par un
acte administratif, le titulaire dudit permis est tenu de :
Article 40
Sous peine de déchéance de sa concession prononcée par un acte
administratif, le concessionnaire est tenu de :
a) Procéder au développement et à la mise en production du gisement sans
retard en observant les pratiques saines de l’industrie en la matière ;
b) Exécuter, selon des règles de l’art et de façon continue, le programme
de développement convenu ;
c) Exploiter le gisement de façon rationnelle et selon les règles de l’art ;
d) Observer tous les engagements particuliers pris lors de l’attribution
de la concession ;
e) Porter, par écrit, à la connaissance de l’administration, dans les délais
fixés par voie réglementaire, tous renseignements utiles sur la marche
des travaux, les résultats obtenus et les recherches complémentaires ;
f) Conserver au Maroc les carottes de sondage ainsi que tous échantillons
intéressant les hydrocarbures et les produits miniers.
Article 41
Le titulaire d’une concession d’exploitation doit, avant d’envisager
l’exportation de sa part de production, contribuer à la satisfaction du
marché intérieur selon les conditions définies par l’accord pétrolier.
Article 43
Toute personne morale autre qu’un organisme d’Etat, doit verser à
l’Etat selon les taux et modalités définis par voie réglementaire, des
droits d’institution pour toute demande de permis de recherche et de sa
prorogation.
Le titulaire ou, le cas échéant, chacun des co-titulaires d’une concession
d’exploitation, doit verser à l’Etat, un loyer superficiaire annuel proportionnel
à la superficie de la concession d’exploitation selon les taux et modalités
prévus par voie réglementaire.
Article 44
Le titulaire ou, le cas échéant, chacun des co-titulaires d’une concession
d’exploitation doit verser à l’Etat selon les barèmes, les taux et les modalités
prévus par voie réglementaire, un droit de concession annuel sur sa quote-
part de la production d’hydrocarbures provenant de la concession, payable
suivant les stipulations des accords pétroliers, soit en numéraire, soit en
nature, soit partie en nature et partie en numéraire.
Pour le calcul du droit de concession, les quantités d’hydrocarbures
consommées à l’intérieur du périmètre de la concession pour les besoins
de l’exploitation directe ou de l’exploitation assistée du gisement ne sont
pas prises en considération.
Article 45
Le titulaire, ou le cas échéant, chacun des co-titulaires d’une concession
d’exploitation peut, s’il le désire, constituer une provision pour reconstitution
de gisements d’hydrocarbures en exonération de l’impôt sur les sociétés.
Cette provision doit être employée pour la réalisation des travaux de
reconnaissance, de recherche et de développement des hydrocarbures.
Article 46
Les prix des hydrocarbures servant de base pour le calcul de l’impôt sur
les sociétés sont les prix réels appliqués dans les ventes directes des
hydrocarbures à des tiers nationaux ou étrangers n’ayant pas de liens de
dépendances avec les titulaires de la concession ou, en l’absence de tels
prix, les prix publiés du pétrole brut sur le marché international, corrigés
notamment suivant les différentiels de qualité et de transport.
Pour le calcul du droit de concession en numéraire, le prix des hydrocarbures
à appliquer est la valeur moyenne pondérée des prix de vente par les
quantités vendues pendant la période prise en considération telle qu’elle
est définie par voie réglementaire. Ces prix de vente sont ceux définis à
l’alinéa ci-dessus diminués de tous les frais relatifs aux commissions
sur les ventes, au transport et ou de prise en charge à partir du point de
production jusqu’au point de vente.
Article 47
A) Aux fins de la présente loi, on entend par bénéfices imposables la
différence entre,
d’une part :
- Le produit brut constitué par la valeur de la quote-part des
hydrocarbures revenant au titulaire de la concession au titre
de l’exercice considéré, déterminée conformément à l’article 46
ci-dessus,
et d’autre part la somme :
- Des frais, charges et amortissements afférents au même exercice
tels que définis par la loi n° 24-86 relative à l’impôt sur les sociétés
précitée ; et
- Des déficits antérieurs reportables conformément à l’article 49
ci-après.
B) Les frais et charges déductibles comprennent notamment :
1) Les frais de premier établissement relatifs à l’organisation et au
démarrage des opérations pétrolières au Maroc ;
2) Les frais de reconnaissance, de recherche et de développement, les
frais de forage non compensés, les frais exposés pour le forage de
puits qui ne produisent pas de pétrole ni de gaz naturel en quantités
commercialisables.
Article 48
Pour l’application de l’article 47 ci-dessus.
A) L’expression “ frais de reconnaissance et de recherche ” désigne toutes
les dépenses effectuées pour les reconnaissances de surface ou les
opérations de prospection, ou à l’occasion desdites activités, à l’exception
des frais correspondant aux installations, matériels et équipements
dont la durée d’utilisation est supérieure à un an.
Ces installations, matériels et équipements sont amortissables sur la
durée normale d’utilisation d’après les taux linéaires en usage dans la
profession.
B) L’expression “ frais de forage non compensés ” désigne tous les achats
de matériaux, de carburant et autres matières consommables, toutes
les dépenses de réparations, de manutention et de transport ou autres
dépenses similaires, toutes les dépenses de personnel faites pour le
forage, le nettoyage, l’entretien, le prolongement en profondeur des
puits, ainsi que d’une manière générale toutes dépenses afférentes à
ces opérations, à l’exception des frais correspondant à des installations,
matériels et équipements dont la durée d’utilisation est supérieure à une
année. Ces installations, matériels et équipements sont amortissables
sur la durée normale d’utilisation d’après les taux linéaires en usage
dans la profession.
Article 50
Les titulaires d’autorisations de reconnaissance, de permis de recherche
et de concessions d’exploitation, leurs contractants et sous-contractants
bénéficient de l’exonération de tous droits et taxes à l’importation
sur les matériels, matériaux et produits consommables destinés à la
reconnaissance, à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures ainsi
qu’aux activités annexes à celles-ci.
Toutefois, les avantages ci-dessus ne seront pas accordés lorsque ces
matériels, matériaux et produits consommables peuvent être fournis par
le marché national dans la limite d’une majoration - prix CIF - de 10% à
des conditions de qualités et de délais de livraisons équivalentes.
Les mobiliers, effets et autres objets personnels en cours d’usage
appartenant au personnel de la société partenaire de l’Etat, de ses
contractants ou sous-contractants, dans la reconnaissance, la recherche
et l’exploitation des hydrocarbures, recruté à l’étranger, sont mis à
la consommation en franchise des droits et taxes conformément à la
législation en vigueur.
Les objets neufs peuvent être importés sous le régime de l’importation
temporaire.
La liste desdits matériels, matériaux, produits consommables, mobiliers,
effets et objets, est visée par l’administration.
Les véhicules soumis à la procédure d’immatriculation, propriété dudit
personnel, bénéficient du régime d’importation temporaire prévu dans les
articles 145 et suivants du Code des douanes et impôts indirects.
Article 52
Les titulaires d’autorisation de reconnaissance, de permis de recherche
ou de concession d’exploitation, leurs contractants et sous-contractants
bénéficient de l’importation temporaire, en exonération de la redevance
prévue par l’article 148 du code des douanes et de tous droits et taxes,
de tous matériels, matériaux et produits consommables destinés à
la reconnaissance, à la recherche et à l’exploitation des gisements
d’hydrocarbures ainsi qu’aux travaux connexes. La liste desdits biens
d’équipement est visée par l’administration.
Article 53
Le droit d’apport en société à titre pur et simple est fixé à 0,50% en faveur
des constitutions ou des augmentations de capital des sociétés quelle que
soit la nature des biens apportés.
L’application du droit d’apport visé ci-dessus entraîne la dispense des
droits de mutation afférents à la prise en charge du passif s’il y a lieu.
Article 54
Les personnes physiques étrangères titulaires d’autorisation de
reconnaissance et les sociétés titulaires d’autorisation de reconnaissance
ou de permis de recherche qui ne sont pas constituées en sociétés de
droit marocain doivent pourvoir intégralement à leurs besoins en devises
étrangères.
Article 56
Nonobstant les dispositions de l’article 55 ci-dessus, les étrangers
titulaires d’une concession d’exploitation sont tenus de rapatrier au Maroc
les fonds en devises nécessaires à la couverture de leurs dépenses locales
et de leurs obligations financières et fiscales, et ce, en complément aux
produits de leurs ventes sur le marché intérieur.
Article 57
Sauf autorisation contraire de l’administration, qui pourra leur être
accordée pour faire face à leur besoin en devises à l’étranger dans le
cadre de leurs activités de recherche et d’exploitation des hydrocarbures,
les personnes morales marocaines titulaires d’une concession
d’exploitation sont tenues de rapatrier au Maroc le produit de leurs
ventes d’hydrocarbures effectuées à l’étranger.
Les exportations d’hydrocarbures doivent intervenir dans les conditions et
selon les modalités prévues par la réglementation en vigueur.
Article 58
Le transfert du produit net de cession est garanti lorsque l’investissement
est effectué par un étranger. Cette garantie porte sur:
- L’apport en capital effectué par cession à Bank Al-Maghrib de devises
convertibles ;
- La plus-value nette de cession.
Article 60
La garantie de transfert des bénéfices et des dividendes visés à l’article
59 ci-dessus, après paiement des impôts dus, est accordée sans limitation
aux étrangers titulaires d’une concession d’exploitation.
Article 61
Les titulaires d’autorisation de reconnaissance, de permis de recherche
ou de concession d’exploitation, leurs contractants et sous-contractants,
bénéficient sur les biens et services qu’ils acquièrent sur le marché local
ou extérieur pour les besoins de leurs activités, de l’exonération de la
taxe sur la valeur ajoutée instituée par la loi n° 30-85 promulguée par le
dahir n° 1-85-345 du 7 rebia II 1406 (20 décembre 1985), sous réserve des
dispositions du 2ème alinéa de l’article 50 ci-dessus
Les modalités d’application de cette exonération sont définies par voie
réglementaire.
Article 62
Les titulaires d’un permis de recherche ou d’une concession d’exploitation
bénéficient de l’exonération de :
- L’impôt des patentes ;
- La taxe urbaine instituée par la loi n° 37-89 promulguée par le dahir
n° 1-89-228 du 1er joumada II 1410 (30 décembre 1989) à l’exception
de la taxe d’édilité ;
- La taxe sur les terrains urbains non bâtis instituée par la loi n° 30-89
relative à la fiscalité des collectivités locales et de leurs groupements,
promulguée par le dahir n° 1-89-187 du 21 rebia II 1410 (21 novembre
1989).
Article 63
Les dispositions de l’article 63 de la loi n° 21-90 sont abrogées par la loi
n° 27-99.
Article 69
Tout travail entrepris contrairement aux dispositions de la présente loi
et des textes pris pour son application peut être suspendu par mesure
administrative sans préjudice de l’application des dispositions de l’article
68 ci-dessus.
Article 70
Les infractions aux dispositions de la présente loi et aux textes pris pour
son exécution sont constatées par les officiers de la police judiciaire
et les agents habilités à cet effet par l’administration. Ces officiers et
agents ont à tout moment libre accès aux installations et chantiers des
titulaires d’autorisations de reconnaissance, de permis de recherche ou de
concessions d’exploitation.
Les titulaires desdites autorisations de reconnaissance, desdits permis de
recherche ou desdites concessions d’exploitation sont tenus de leur fournir
tous documents et renseignements nécessaires pour l’accomplissement
de leur mission et de les faire accompagner dans leurs visites, s’ils en
sont requis, par les préposés et surveillants dont le concours serait jugé
nécessaire.
L’Etat peut déléguer un organisme de droit public afin d’exercer pour son
compte les missions suivantes :
- Conclure les accords pétroliers avec les sociétés pétrolières ;
- Détenir la participation réservée à l’Etat dans les permis de recherche
ou concessions d’exploitation en vertu de l’article 4 ci-dessus ;
- Exercer le droit de priorité dans les conditions prévues aux alinéas 3
et 4 de l’article 7 ci-dessus ;
- Exercer le droit de préemption visé aux articles 8 et 31 ci-dessus ;
- Se substituer au concessionnaire dans les cas prévus à l’article 10
ci-dessus.
Article 72
La présente loi abroge le dahir n° 1-58-227 du 4 moharrem 1378 (21 juillet
1958) portant code de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures
ainsi que les dispositions du dahir du 9 rejeb 1370 (16 avril 1951) portant
règlement minier, tel qu’il a été modifié et complété, concernant les permis
de 4e catégorie.
Article 73
Les concessions d’exploitation en cours de validité ou de renouvellement
à la date de publication de la loi n°27-99 au « Bulletin officiel » demeurent
soumises, jusqu’à leur expiration, aux dispositions légales en vigueur au
moment de leur octroi.
Les personnes morales titulaires de permis de recherche à la date de
publication de la loi n°27-99 au « Bulletin officiel », disposent d’un délai
de cent quatre-vingt (180) jours courant à compter de la publication des
dispositions réglementaires visées aux articles 22, 43, 44 et 46 de la loi
n° 21-90 telle que modifiée et complétée par la loi n°27-99, pour opter soit
pour rester régies par les dispositions arrêtées dans les accords pétroliers
Article 74
Les dossiers des matériels, matériaux et produits consommables
importés dans le cadre du dahir n° 1-58-227 du 4 moharrem 1378
(21 juillet 1958) précité, en instance d’apurement à la date de publication
de la loi n°21-90 telle que modifiée et complétée par la Loi n° 27-99 au
Bulletin officiel seront régularisés conformément aux dispositions de
cette dernière.
CHAPITRE PREMIER
Des autorisations de reconnaissance et
des permis de recherche
Article premier
La demande d’une autorisation de reconnaissance ou d’un permis de
recherche doit être déposée auprès du ministère chargé de l’énergie.
Les demandes envoyées par la poste ne sont pas admises.
Article 2
La demande doit être accompagnée de tous documents de nature à établir
la capacité technique et financière du demandeur.
Elle doit indiquer :
A- La dénomination de la personne ou des personnes morale (s)
demanderesse (s), ses ou leurs statuts, son ou leur siège social.
B- Les noms du président, des membres du conseil d’administration, pour
les sociétés anonymes.
C- Les noms des gérants et des membres du conseil de surveillance pour
les sociétés en commandite par actions et les sociétés à responsabilité
limitée.
D- Les noms de tous les associés, pour les sociétés en nom collectif et
pour les sociétés à responsabilité limitée n’ayant pas de conseil de
surveillance.
E- Les noms des dirigeants ayant la signature sociale pour toutes les
sociétés.
F- Au cas où la demande est présentée au nom d’une société en formation,
elle doit en faire mention en indiquant tous les renseignements connus
sur la condition du titulaire définitif.
Article 5
Conformément à l’article 21 de la loi précitée n° 21-90, tous les résultats
des travaux de reconnaissance sont communiqués à titre gratuit au ministre
chargé de l’énergie ou à ses représentants dans les conditions fixées par
lui dans la décision d’autorisation.
Article 6
Chaque demande de permis de recherche et de période complémentaire
est accompagnée à peine d’irrecevabilité, du récépissé de versement à la
Trésorerie générale, des droits d’institution prévus à l’article 43 de la loi
précitée n° 21-90 et dont le montant est fixé à 1.000 dirhams.
La demande de permis de recherche ou de période complémentaire est
inscrite sur un registre spécial tenu au ministère chargé de l’énergie et un
récépissé en est délivré au demandeur.
Article 7
Le permis de recherche est attribué dans les soixante (60) jours qui suivent
la date du dépôt de la demande, par arrêté du ministre chargé de l’énergie,
notifié au demandeur et publié au « Bulletin officiel ».
Article 8
Le périmètre couvert par un permis doit être délimité par des lignes droites
orientées du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.
Article 10
En application de l’article 24 de la loi précitée n° 21-90, la superficie
initiale du permis est réduite de n fois 10% à l’occasion de la première
des périodes complémentaires du permis visées à l’article 9 ci-dessus,
«n» étant la durée en années de la période initiale dudit permis. Pour la
deuxième période complémentaire, la superficie du permis est, le cas
échéant, réduite de manière à ce qu’elle soit ramenée à un maximum de
50% de sa superficie initiale.
Article 11
En application du 2 alinéa de l’article 24 de la loi précitée n° 21-90, la
e
Article 12
Conformément au 1 alinéa de l’article 7 de la loi précitée n° 21-90, le
er
Article 13
La réduction de la superficie du permis conformément à l’article 10 ci-
dessus, ainsi que l’abandon partiel ou total d’un permis de recherche
rendent libre à la recherche la portion ou la totalité du permis concerné.
Article 15
Toute demande de période complémentaire au cours de la durée de validité
du permis de recherche doit être déposée auprès du ministère chargé de
l’énergie au plus tard deux (2) mois avant l’expiration de la période en
cours.
Seules les demandes déposées contre récépissé sont admises.
La demande désigne le permis de recherche concerné. Elle fournit
également les renseignements visés au 1er et au 2e alinéas, paragraphes
A, B, C, D, E, F, G, de l’article 2 ci-dessus et désigne le ou les périmètre
(s) délimité (s) ainsi qu’il est prévu à l’article 8 ci-dessus et que le titulaire
demande à conserver.
Article 16
La demande visée à l’article 15 ci-dessus est accompagnée :
1) D’un mémoire détaillé indiquant les travaux déjà exécutés, leurs
résultats, les dépenses déjà faites en vertu des engagements pris,
précisant dans quelle mesure les objectifs indiqués dans la demande
initiale ont été atteints ou modifiés et motivant le choix du ou des
périmètres que le titulaire demande à conserver ;
2) D’une carte au 1/50.000 ou à toute autre échelle convenable en triple
exemplaire, sur laquelle sont portés lesdits périmètres ;
3) D’un programme des travaux que le titulaire s’engage à exécuter
pendant la période sollicitée, indiquant le calendrier desdits travaux
ainsi que l’effort financier minimum correspondant à leur exécution.
Article 18
Un arrêté du ministre chargé de l’énergie fixe la durée de la période
complémentaire demandée et définit le périmètre du permis de recherche
conservé par le titulaire. Il est notifié à l’intéressé dans les quinze jours qui
suivent sa signature et publié au « Bulletin officiel ».
Article 19
Conformément à l’article 8 de la loi précitée n° 21-90, toute cession totale
ou partielle d’un permis de recherche est soumise à l’autorisation préalable
du ministre chargé de l’énergie.
Un arrêté du ministre chargé de l’énergie institue la partie ou la totalité du
permis cédée au profit du cessionnaire.
Article 20
Conformément aux dispositions de l’article 9 de la loi précitée n° 21-90,
l’amodiation partielle ou totale d’un permis de recherche est soumise à
l’autorisation préalable du ministre chargé de l’énergie.
Article 21
En application des dispositions de l’article 39 de la loi précitée n° 21-90, la
déchéance d’un permis de recherche peut être prononcée par arrêté motivé
du ministre chargé de l’énergie après une mise en demeure non suivie
d’effet dans les trente (30) jours qui suivent la date de sa notification.
Article 23
La demande doit indiquer les renseignements exigés au 1er et au 2e alinéas,
paragraphes A, B, C, D, E, F, G, I, de l’article 2 du présent décret, ainsi que
le permis de recherche ayant donné lieu à la découverte d’hydrocarbures
et en vertu duquel la demande est présentée.
Elle doit être accompagnée des documents suivants :
- Une carte en triple exemplaire à l’échelle de 1/10.000 sur laquelle
sont portées les limites de la concession demandée ainsi qu’une carte
indiquant notamment les travaux et les forages effectués ;
- Un rapport technique qui précise le détail des travaux de recherche
et d’appréciation effectués, comportant les études réalisées et
les résultats démontrant l’existence et l’importance du gisement
d’hydrocarbures pour l’exploitation duquel la demande de concession
est faite ;
- Le programme des travaux de développement que le requérant
s’engage à effectuer ainsi que le calendrier correspondant en vue de
la mise en production commerciale du gisement ;
- Une étude économique et commerciale relative à l’exploitation du
gisement découvert.
Article 25
La demande de la prorogation exceptionnelle visée à l’Article 29 de la loi
précitée n° 21-90, doit être déposée au ministère chargé de l’énergie au
moins deux (2) années avant l’expiration de la période de validité de la
concession.
Elle doit comporter, en les actualisant, les mêmes renseignements que
ceux fournis pour la demande de la concession.
Le concessionnaire doit démontrer l’existence de réserves d’hydrocarbures
justifiant la prorogation et fournir le programme de production envisagé et
les travaux complémentaires éventuels.
La prorogation est accordée par décret pris sur proposition du ministre
chargé de l’énergie.
Ce décret précise la durée de prorogation de la concession qui ne peut
excéder dix (10) ans. Il est notifié au concessionnaire et publié au « Bulletin
officiel ».
Article 26
Conformément au 1 alinéa de l’article 7 de la loi précitée n° 21-90, le
er
Article 27
Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi précitée n° 21-90,
toute cession totale ou partielle de la concession d’exploitation est soumise
à autorisation préalable dans les conditions suivantes :
Le concessionnaire notifie au ministre chargé de l’énergie, par lettre
recommandée avec accusé de réception son intention de procéder à un
acte de cession, la dénomination sociale et le siège du cessionnaire, le
prix, les clauses et les conditions exactes de cette cession.
La cession est autorisée, le cas échéant, par décret pris sur proposition du
ministre chargé de l’énergie.
Le droit de préemption visé à l’article 8 de la loi précitée n° 21-90, s’exerce
pendant un délai de cent vingt (120) jours à compter de la date de la
notification prévue au 2e alinéa ci-dessus.
Article 28
L’amodiation totale ou partielle d’une concession d’exploitation doit faire
l’objet d’une autorisation préalable suivant la procédure prévue pour le cas
de la cession d’une concession.
Article 29
Le retour à l’Etat de la concession d’exploitation et de ses dépendances,
visé à l’article 6 de la loi précitée n° 21-90, est prononcé par décret pris sur
proposition du ministre chargé de l’énergie et publié au « Bulletin officiel ».
Article 31
Lorsque l’adjudication visée à l’article 31 de la loi précitée n° 21-90, ne
donne pas de résultat, un décret motivé pris sur proposition du ministre
chargé de l’énergie annule la concession ou prononce son retour gratuit à
l’Etat, libre et franche de toute charge y compris ses dépendances telles
que définies à l’article 6 de ladite loi.
Article 33
Le titulaire d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de recherche
ou d’une concession d’exploitation doit porter tout accident grave à la
connaissance des autorités locales et du ministère chargé de l’énergie qui
en avisera les départements concernés.
Il est tenu d’avoir sur les lieux des travaux, en quantités suffisantes, les
médicaments et moyens de secours indispensables à ses ouvriers.
Article 34 bis
En application des dispositions de l’article 44 de la loi précitée n° 21-90,
le titulaire ou, le cas échéant, chacun des co-titulaires d’une concession
d’exploitation, doit verser à l’Etat un droit de concession annuel sur sa
quote-part de production d’hydrocarbures selon les taux suivants :
1- Le pétrole brut :
La production des premières 300 000 tonnes provenant de chaque
concession d’exploitation située en terre ou en mer à une profondeur d’eau
marine inférieure ou égale à 200 mètres, est exonérée du paiement du
droit de concession.
La production des premières 500 000 tonnes provenant de chaque
concession d’exploitation située en mer à une profondeur d’eau
marine supérieure à 200 mètres, est exonérée du paiement du droit de
concession.
Au-delà de la production des premières 300 000 tonnes provenant de
chaque concession d’exploitation située en terre ou en mer à une profondeur
d’eau marine inférieure ou égale à 200 mètres, le taux est fixé à 10%.
Au-delà de la production des premières 500 000 tonnes provenant de
chaque concession d’exploitation située en mer à une profondeur d’eau
marine supérieure à 200 mètres, le taux est de 7%.
2 - Le gaz naturel :
La production des premiers 300 millions m3 provenant de chaque
concession d’exploitation située en terre ou en mer à une profondeur
d’eau marine inférieure ou égale à 200 mètres, est exonérée du paiement
du droit de concession.
Article 35
Pour l’application des dispositions de l’article 61 de la loi précitée
n° 21-90, la direction des impôts délivre au titulaire de l’autorisation de
reconnaissance, du permis de recherche ou de la concession d’exploitation,
une attestation qui lui permet d’acquérir sur le marché local, les biens et
services en exonération de la taxe sur la valeur ajoutée.
Cette attestation est délivrée sur demande écrite de l’intéressé à laquelle
doivent être jointes les factures proforma correspondant aux biens et
services précités et dont la liste doit être visée au préalable par le ministère
chargé de l’énergie.
Article 36
Conformément à l’article 39 de la loi précitée n° 21-90, le titulaire d’un
permis de recherche est tenu de :
a) Porter par écrit à la connaissance du ministre chargé de l’énergie toute
découverte d’hydrocarbures ou autres ressources minières dans un
délai ne dépassant pas trois (3) jours à partir de la constatation de
cette découverte;
b) Communiquer au ministre chargé de l’énergie tous renseignements,
documents et études de tous ordres relatifs à ses opérations de
recherche.
Article 37
Conformément à l’article 40 de la loi précitée n° 21-90, le concessionnaire
est tenu de porter par écrit à la connaissance du ministre chargé de
l’énergie tous renseignements utiles sur la marche des travaux, les
résultats obtenus et les recherches complémentaires éventuelles.
Article 38
Le titulaire d’une autorisation de reconnaissance, d’un permis de
recherche ou d’une concession d’exploitation est tenu de communiquer
au ministre chargé de l’énergie des copies des cartes géologiques, des
levés géophysiques et des rapports de sondages établis par lui lors des
opérations de reconnaissance, de recherche ou d’exploitation. Tant que
l’autorisation de reconnaissance, le permis de recherche et la concession
d’exploitation auxquels ils se rapportent sont en cours de validité, ces
documents ainsi que les renseignements qu’ils contiennent ne peuvent,
sauf autorisation du titulaire, être rendus publics ou communiqués à des
tiers par l’administration.
Article 40
Le titulaire du permis de recherche ou de la concession d’exploitation
adresse au ministre chargé de l’énergie au plus tard quinze (15) jours avant
le commencement des travaux d’exécution d’un forage de recherche ou
d’exploitation d’hydrocarbures un rapport d’implantation précisant :
- L’emplacement du forage projeté ;
- Les objectifs du forage ;
- Les prévisions géologiques relatives aux terrains à traverser ;
- Le programme minimum des opérations de carottage et de contrôle
du forage ;
- La nature et les caractéristiques du matériel employé ;
- Le programme de tubage.
Article 41
Le titulaire tient sur tout chantier de forage un registre où sont notées les
conditions d’exécution du travail, notamment :
- La nature et le diamètre des outils :
- Les vitesses d’avancement du forage ;
- La nature et la durée des manœuvres et opérations spéciales,
telles que le carottage, les alésages, les changements d’outils, les
diagraphies, la coupe stratigraphique, les analyses géologiques et
pétrophysiques ;
- Et de façon générale, les paramètres de forage.
Article 42
Le titulaire est tenu de faire surveiller tout forage par un service géologique
dont la composition et la mission doivent être portées à la connaissance du
ministre chargé de l’énergie sur sa demande.
Article 43
En dehors des opérations de carottage et de contrôle du forage prévues
dans le rapport d’implantation, le titulaire doit exécuter les mesures
appropriées, chaque fois que l’examen des déblais de forage ou les
mesures de contrôle du forage révèlent un changement important dans la
nature des terrains traversés.
Les carottes sont soumises à examen dans les conditions fixées par une
consigne spéciale.
Les échantillons d’autres produits miniers décelés pendant les opérations
de forage doivent être remis au service désigné par le ministre chargé de
l’énergie.
Les découvertes de nappes d’eau souterraines ainsi que tous documents et
données de nature à aider à une meilleure connaissance des potentialités
en eaux souterraines doivent être communiquées au ministre chargé de
l’énergie qui en informe le ministre chargé des ressources en eau.
Article 44
Le titulaire informe le ministre chargé de l’énergie, afin de s’y faire
représenter, de toute opération importante telle que les essais de fermeture
d’eau, tests et essais de mise en production. Un compte rendu d’exécution
de ces opérations est établi et conservé par le titulaire du permis qui en
adresse copie au ministre chargé de l’énergie.
Lorsqu’il s’agit d’essais de fermeture d’eau ou de toute opération se
rapportant aux ressources en eau, le ministre chargé de l’énergie invite le
ministre chargé des ressources en eau à s’y faire représenter et lui adresse
une copie du compte rendu de ces opérations.
Article 45
Le titulaire ne peut arrêter définitivement un forage qu’après en avoir
avisé le ministre chargé de l’énergie. Sauf circonstances particulières, cet
avis doit être donné au moins huit (8) jours à l’avance et faire connaître,
lorsqu’il s’agit d’un abandon du forage, les mesures envisagées pour éviter
les risques qui pourraient en résulter.
Article 46
Le titulaire adresse au ministre chargé de l’énergie, dans un délai maximum
de trois (3) mois après l’arrêt d’un forage, un rapport d’ensemble précisant
notamment :
- Les résultats des essais éventuels de mise en production ;
- La coupe des terrains traversés avec les observations et mesures faites
pendant le forage ainsi que celles faites sur les carottes relevées ;
- Les fermetures d’eau effectuées ;
- Les circonstances particulières du travail.
Article 47
Le concessionnaire est tenu d’effectuer un minimum de travaux permettant :
a) D’atteindre, dès que possible, dans les limites des possibilités
d’écoulement commercial du produit, la cadence optimale
d’exploitation du gisement ;
b) D’employer lorsque les conditions économiques de l’opération le
justifient, les méthodes de récupération secondaire ayant pour objet
de stimuler la production de pétrole résiduel ;
c) D’exécuter les compléments d’exploration nécessaires notamment
l’exploration latérale ou profonde dans la concession, dans la mesure
où ils seraient justifiés du point de vue géologique et économique.
Article 49
Le concessionnaire doit adresser au ministre chargé de l’énergie, les états
permettant de suivre :
- La production du gisement ;
- Les stocks de pétrole brut entretenus par le concessionnaire ;
- Les quantités de produits finis extraits du pétrole traité ;
- Les quantités d’hydrocarbures livrées au marché local ;
- Les quantités d’hydrocarbures exportées ;
- Les quantités d’hydrocarbures utilisées pour la consommation interne ;
- Le prix de vente des hydrocarbures sur le marché local et à
l’exportation
- Les coûts de frêt.
Article 51
Installations ne présentant pas un intérêt public général.
1) Il incombe au titulaire d’établir lui-même, et à ses frais, risques et
périls, toutes installations qui seraient nécessaires pour ses recherches
et ses exploitations d’hydrocarbures et qui ne présenteraient pas un
caractère d’intérêt public général, qu’elles soient situées à l’intérieur
ou à l’extérieur des concessions, et sous réserve des droits des tiers.
Rentrent notamment dans cette catégorie :
a) Les réservoirs de stockage sur les champs de production ;
b) Les « pipe-lines » assurant la collecte du pétrole brut ou du gaz depuis
les puits jusqu’aux réservoirs visés au paragraphe a) ci-dessus;
c) Les « pipe-lines » d’évacuation permettant le transport du pétrole brut
ou des gaz depuis lesdits réservoirs jusqu’aux points d’embarquement
par chemin de fer ou par mer ou jusqu’aux usines de traitement ;
d) Les réservoirs de stockage aux points d’embarquement ;
e) Les installations d’embarquement en vrac par pipe-lines permettant
le chargement des wagons-citernes ou des bateaux-citernes ;
f) Les prélèvements et adductions d’eau particuliers et généralement
tout aménagement hydraulique, dont le titulaire aurait obtenu
l’autorisation ou la concession ;
g) Les lignes privées de transport d’énergie électrique ;
h) Les pistes et routes de service pour l’accès terrestre et aérien à ses
chantiers ;
Article 53
Installations présentant un intérêt public exécutées par le titulaire.
Dans le cas visé à l’article 52 ci-dessus, paragraphe 2 b), où l’administration
décide de confier au titulaire l’exécution de travaux présentant un intérêt
public, ce dernier bénéficie pour les travaux considérés et pour la
durée du permis de recherche ou de la concession d’exploitation d’une
autorisation spéciale.
Sous réserve de la législation et de la réglementation en vigueur en la
matière et des dispositions des articles 55 et 56 ci-après, il est fait
application des règles générales suivantes :
La concession ou l’autorisation fait l’objet d’un acte séparé, distinct du permis
de recherche ou de la concession d’exploitation des hydrocarbures.
La construction ou l’exploitation sont exécutées par le titulaire à ses
risques et périls.
Les projets de travaux sont établis par le titulaire et approuvé par le
ministre chargé des ouvrages publics, après avis du ministre chargé de
l’énergie.
Les règlements de sécurité et d’exploitation sont approuvés par le
ministre chargé des ouvrages publics après avis du ministre chargé de
l’énergie.
Les ouvrages construits par le titulaire sur le domaine de l’Etat ou des
collectivités ou des établissements publics font retour de droit à l’autorité
responsable dudit domaine à l’expiration du permis de recherche ou de la
concession d’exploitation.
La concession comporte l’obligation pour le titulaire de mettre ses ouvrages
et installations visés au présent article à la disposition de l’administration
et du public, moyennant rémunération, étant entendu que le titulaire a le
droit de satisfaire ses propres besoins par priorité avant de satisfaire ceux
des autres utilisateurs.
Article 55
Dispositions applicables aux captages d’eau.
En attendant qu’il soit statué conformément à la législation et
réglementations en vigueur sur sa demande d’autorisation ou de
concession concernant les eaux du domaine public découvertes par lui
à l’occasion de ses travaux, le titulaire du permis de recherche ou de
la concession d’exploitation peut utiliser lesdites eaux sous le régime
d’une autorisation provisoire délivrée par le ministre chargé des travaux
publics, pourvu qu’il n’endommage pas la nappe dont elles proviennent
et ne porte pas atteinte aux droits d’eaux reconnus à des tiers et aux
droits et autorisations découlant de l’article 6 du dahir du 11 moharrem
1344 (1er août 1925) sur le régime des eaux.
Article 56
Lorsque le titulaire du permis de recherche ou de la concession
d’exploitation a besoin d’assurer d’une manière permanente l’alimentation
de ses chantiers ou de ses installations annexes, et qu’il ne peut obtenir que
ses besoins soient assurés par un branchement sur un point d’eau public
existant ou un réseau public de distribution d’eau, il est fait application des
dispositions ci-dessous :
a) Tant que les besoins exprimés par le titulaire restent compris entre
200 et 1000 mètres cubes d’eau par jour, l’administration autorisera le
titulaire à effectuer à ses frais les captages et adductions nécessaires
dans les conditions prévues à l’article 55 ci-dessus.
L’administration, compte tenu des données acquises par l’inventaire des
ressources hydrauliques du Maroc, désignera le ou les emplacements où
le titulaire recevra l’autorisation de captage.
Article 57
Centrales thermiques.
Les centrales thermiques et les réseaux de distribution d’énergie installés
par le titulaire pour ses propres besoins, sont assujettis à toutes les
réglementations et à tous les contrôles appliqués aux installations de
production et de distribution d’énergies similaires et sous réserve des
droits des tiers.
Si le titulaire a un excédent de puissance sur ses besoins propres, ses
centrales électriques devront alimenter en énergie les agglomérations
voisines. En outre, il devra prévoir la possibilité d’aménager aux frais de
l’administration un suréquipement plafonné à trente pour cent (30%) de la
puissance de chaque centrale.
Cette énergie sera vendue à son prix de revient à un organisme de
distribution désigné par l’administration.
Article 60
Conformément à l’article 34 de la loi précitée n° 21-90, les accords pétroliers
sont approuvés par arrêté conjoint du ministre chargé de l’énergie et du
ministre des finances.
Article 61
Le ministre chargé de l’énergie est habilité à :
1) Prendre après avis du ministre chargé de l’intérieur l’acte administratif
visé à l’article 14 de la loi précitée n° 21-90 ;
2) Accorder la dérogation prévue au 2e alinéa de l’article 25 de ladite
loi ;
3) Réduire d’office les superficies conformément à l’article 26 de ladite
loi ;
4) Approuver conformément au 1er alinéa de l’article 30 de ladite loi
les conditions de l’accord d’unitisation entre les titulaires de permis
mitoyens, ou à défaut d’un tel accord, arrêter les règles techniques
de résolution du différend ;
5) V
iser la liste des matériels, matériaux, produits consommables,
mobiliers, effets et objets ainsi que celle des biens d’équipement
prévues respectivement aux articles 50 et 52 de ladite loi et accorder,
le cas échéant, la dérogation prévue par l’article 51 de la loi précitée ;
6) S
uspendre conformément aux dispositions de l’article 69 de ladite loi
tout travail entrepris contrairement à ses dispositions ;
7) H
abiliter les agents chargés de constater les infractions conformé-
ment aux dispositions de l’article 70 de ladite loi.
Article 63
Sont abrogés :
Le décret n° 2-58-879 du 6 moharrem 1378 (23 juillet 1958) fixant les
conditions de dépôt et d’enregistrement des demandes de permis de
recherche, des demandes de prorogation des permis de recherche et des
demandes de concessions d’hydrocarbures ;
Le décret n° 2-58-876 du 6 moharrem 1378 (23 juillet 1958) réglementant
l’activité des titulaires de titres miniers d’hydrocarbures;
Le décret n° 2-58-877 du 6 moharrem 1378 (23 juillet 1958) approuvant le
cahier des charges-type des concessions de gisements d’hydrocarbures ;
Le décret n° 2-58-878 du 6 moharrem 1378 (23 juillet 1958) réglementant
les activités annexes du titulaire de permis de recherche et de concessions
d’exploitation d’hydrocarbures.
Article 64
Le ministre de l’énergie et des mines, le ministre des finances, le ministre
de l’intérieur et de l’information et le ministre des travaux publics, de la
formation professionnelle et de la formation des cadres sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, de l’application du présent décret qui sera
publié au Bulletin officiel.