Réalisation, surveillance et renouvellement
des pansements
Définition
Un pansement est un dispositif permettant de recouvrir une plaie située sur la peau.
I. Buts des Pansements
•Le pansement a plusieurs buts fondamentaux:
-Protéger la plaie (contre une infection, une irritation),
-Permettre une meilleure cicatrisation en conservant l'humidité de la plaie,
-Rapprocher les berges d'une plaie (pour raccourcir la durée de cicatrisation et limiter les
séquelles esthétiques).
-Protéger la peau de la macération et de l’action irritante des sécrétions, et des traumatismes
-Apprécier l’efficacité du traitement local en termes de cicatrisation
-Assurer le confort du malade
-Assurer une compression en cas d’hémorragie
II. Types de plaies
Selon le risque infectieux :
Les plaies aiguës à faibles risques infectieux
Ce sont les cicatrices post-opératoires simples suturées par agrafes ou par fils.
Les plaies aiguës à risques infectieux modérés
Ce sont les cicatrices post-opératoires comportant des lames, des drains, des mèches ou des
fixateurs externes.
Les plaies aiguës à risques infectieux élevés
Il s’agit des plaies avec perte de substances importantes, plaies post-traumatiques, les moignons
d’amputation ouverts, les pansements de greffes de lambeaux, les plaies infectées.
Selon le caractère aigu ou chronique
Une plaie chronique est une plaie dont le délai de cicatrisation est allongé. Une plaie est
considérée comme chronique après 4 à 6 semaines d’évolution, selon son étiologie. Les causes
de plaie chronique incluent notamment les ulcères de jambe, les escarres, les plaies du
diabétique et les moignons d’amputation.
En l’absence de facteur local ou général pouvant retarder la cicatrisation, on parle de plaie
aiguë. Les causes de plaie aiguë incluent notamment les brûlures, les gelures, les morsures, les
greffes et les prises de greffe, les dermabrasions profondes, les plaies à cicatrisation dirigée post
chirurgicale.
III. La cicatrisation
Processus de cicatrisation
La cicatrisation est un processus physiologique fondamental inéluctable permettant de restaurer
l’intégrité de la barrière cutanée. Ce processus permet de reconstruire un néo-tissu aboutissant
à une cicatrice.
4 phases successives :
1. Hémostatique et inflammatoire ou phase de détersion
2. Bourgeonnement
3. Épithélialisation
4. Remodelage
La cicatrisation est définie par la chronologie successive des événements locaux qui vont
conduire à la reconstitution intégrale du tissu lésé.
Hors intervention chirurgicale et hors cicatrisation de première intention, les berges de la plaie
correctement affrontées subissent une ré-épithélialisation menant à la continuité de l’épiderme
vers le10ème jour.
Les mécanismes physiologiques de ce processus impliquent de nombreux types cellulaires
(fibroblastes et cellules épithéliales), des cascades successives de messagers intracellulaires et
des molécules intervenant dans l’anabolisme général de l’organisme (fibronectine, collagène).
Ces phénomènes sont régulés par les facteurs de croissance et les interactions entre la matrice
extracellulaire et les cellules inflammatoires.
Deux buts essentiels sont régis par ce processus : la lutte anti-infectieuse et la réparation
cellulaire.
1 – Phase hémostatique et inflammatoire, détersion (1 à 3 jours)
Immédiatement après apparition de la plaie : vasodilatation des vaisseaux, fuite de
plasma
Vasoconstriction, formation de caillots grâce aux plaquettes puis croûte
Leucocytes et macrophages arrivent pour nettoyer et éliminer les tissus morts, germes
et bactéries
Réaction inflammatoire : érythème, œdème, douleur, augmentation température locale
2 – Phase de bourgeonnement (1 semaine)
Apparition des fibroblastes après avoir été stimulées par les macrophages
Production de grande quantité de collagène, d’élastine et de tissu conjonctif afin de
combler la perte de substance
Formation des bourgeons aux extrémités des capillaires lésés : aspect rouge et granuleux
de la plaie
3 – Phase d’épithélialisation (1 à 3 semaines)
Une fois que le tissu conjonctif a atteint son niveau maximum, les fibres de collagène
se remodèlent.
Apparition et migration des kératinocytes au bord de la plaie
Contraction de la plaie : fermeture par une cicatrice primaire
4 – Phase de remodelage (1 an)
Dégradation du collagène du derme : début du remodelage
Contraction lente des berges de la plaie grâce aux myofibroblastes et au renforcement
de l’union entre l’épiderme et le derme
La cicatrice devient plus souple, plus lisse et plus douce
Aboutit à la formation de la cicatrice définitive
IV. Facteurs influençant la cicatrisation
-Étiologie de la lésion
-État et localisation de la plaie
-Survenue ou non d’une infection
-Qualité du diagnostic et du traitement
-État général du patient : âge avancé, dénutrition, oxygénation, vascularisation, pathologies,
médicaments, obésité, tabac
V. les symptômes de la cicatrisation
On parle de plaie sans perte de tissu cutané en cas de coupure franche ou d’incision chirurgicale.
Pour une escarre, un ulcère de jambe ou encore une morsure grave, on parle de plaie avec perte
de tissu cutané.
L’aspect de la plaie peut varier. Elle peut être :
Sèche si elle a un aspect mat, sans trace d’humidité et sans exsudat ;
Exsudative si elle est mouillée avec un aspect brillant ;
Cavitaire lorsque les berges de la plaie descendent dans le lit de celle-ci et forment une
structure en relief.
Selon le stade de cicatrisation, la plaie prend une couleur différente. C’est un élément qui aide
les soignants pour leur prise en charge. Par convention, 5 couleurs sont utilisées pour décrire
une plaie :
Le noir pour la nécrose. Cet état correspond à la mort des tissus cellulaires. Les
matières mortes produisent une masse nécrotique qui peut être sèche ou molle, souvent
malodorante. Il y a un gros risque d’infection à ce stade.
Le vert pour l’infection. Des sécrétions purulentes sont présentes au sein de la plaie.
Cet état engendre un retard important de cicatrisation.
L’orange pour la fibrine. Des petites plaques jaunâtres filamenteuses sont présentes
en plus ou moins grandes quantités. Lorsque la fibrine est en excès, elle gêne la
cicatrisation.
Le rouge pour le bourgeonnement de la plaie. C’est le signe d’une bonne
vascularisation qui indique que la cicatrisation est en bonne voie ;
Le rose pour l’épidérmisation. La peau est rose-nacré. C’est la fin de la cicatrisation.
VI. Complications de la cicatrisation
Les complications d’une mauvaise cicatrisation peuvent être multiples et de plusieurs types :
Locales : infection, abcédation, déhiscence (=désunion)
Fonctionnelles : lésions tendineuses
Locorégionales : fascites, gangrène, ostéite, arthrite
Générales : toute plaie est une porte d’entrée pour une bactériémie
Esthétiques
VII. Favoriser une bonne cicatrisation
La prise en charge d’une plaie aiguë chronique et/ou d’une cicatrice nécessite la
connaissance :
De l’anatomie cutanée et des fonctions de la peau
Du terrain sous-jacent du patient et du contexte de consultation
De l’état d’hydratation de la peau du patient
De la physiopathologie de la cicatrisation
Des soins adaptés à chaque étape de la cicatrisation
De la connaissance des complications liées aux plaies / cicatrices
Des complications de la peau péri-lésionnelle et leur prise en charge
Législation
Un pansement est un acte paramédical qui doit être effectué dans des conditions normées. C’est
un soin propre et parfois stérile.
VIII. Les conditions à respecter
• Au moindre doute (aspect de la plaie à l’ouverture du pansement en place, qualité de la mise
en œuvre, douleur, rougeur etc…) se référer au médecin traitant ou au chirurgien s’il s’agit
d’un pansement post-opératoire.
• Une plaie mal évoluée peut parfois évoluer vers une infection ou une surinfection locale ou
vers une mauvaise cicatrisation malgré les pansements prolongés. C’est alors au chirurgien de
prendre la décision d’un geste chirurgical de reprise ou de mise à plat d’une collection septique.
• se laver les mains et les décontaminer avec un antiseptique liquide ou en gel
• préserver la stérilité du dispositif utilisé avant de l’appliquer sur la zone à traiter en évitant
le contact direct.
• nettoyer, désinfecter, rincer et sécher la surface à traiter avant d’appliquer le dispositif.
• respecter les consignes écrites du fabriquant et du médecin traitant sur le type du pansement
et la fréquence du changement du pansement.
• Le pansement doit être propre : il doit être changé régulièrement, en règle générale tous les
deux jours ou tous les jours pour une plaie simple ou pour la cicatrisation dirigée d’une plaie
propre et bourgeonnante ; tous les jours pour une plaie exsudative, saignante ou sale ; plusieurs
fois par jour éventuellement pour une plaie infectée
• Le pansement doit être indolore : les gestes doivent être doux et patients ; il faut humidifier
préalablement le pansement sec et cartonné, il faut utiliser des pansements adaptés et non
adhérents : c’est l’intérêt des nouveaux types de pansement type « interface ». Il faut encadrer
le geste du changement de pansement par la prise d’antalgiques en particulier pour le premier
pansement.
• Le lavage de la plaie représente le temps fondamental : le pansement doit être enlevé en
sectionnant précautionneusement les dispositifs adhésifs jusqu’aux compresses collées sur la
plaie à traiter.
Les compresses adhérentes sont décollées en le mouillant au sérum physiologique. La plaie est
ensuite elle-même nettoyée avec l’antiseptique liquide.
• La peau adjacente doit être très propre ; les croûtes, caillots, ou souillures sanguines
résiduelles ainsi que les peaux mortes doivent être éliminés.
• Les tissus fibrineux atones doivent être brossés et éventuellement excisés jusqu’à retrouver
un tissu sain et rose. Les croûtes doivent être ôtées sans traumatisme par des produits gras de
type Vaseline qui permet d’assouplir et de faite tomber la croûte sans léser le tissu bourgeonnant
sous-jacent.
Matériel
Pour les soins de plaies aiguës à faibles risques infectieux
• Un set à pansement stérile (avec pinces stériles), ou des gants stériles.
• Des compresses stériles.
• Du sérum physiologique en ampoules ou en dosettes ou encore en flacon si la plaie est
importante. (Il faut toujours éviter le gaspillage, ainsi que de laisser des flacons entamés dans
les chambres. Tout flacon ouvert pour un soin doit être jeté à l’issue de celui- ci.)
• Du papier adhésif ou du film adhésif semi- perméable (pansement pour recouvrir la plaie).
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux modérés
En sus du matériel précité
• Tenue d’hygiène: sur blouse, masque et charlotte.
• Des compresses stériles.
• Un antiseptique local sur prescription médicale (Chlorhexidine aqueuse Ou associée, pas de
produits iodés en raison des incompatibilités avec les matériaux métalliques exemple : fixateurs
externes) ou pansement de type Actisorb Ag+ en prévention des infections.
• Un savon doux.
• Des pansements absorbants type pansement américain (Zetuvit, Absoplaie…). Des flacons de
Redon stériles en nombre correspondant à la quantité nécessaire.
• Des poches collectrices stériles toujours en nombre suffisant.
• Des mèches de longueur et de largeur adaptées.
• Une paire de ciseaux stériles.
• Une seringue stérile en embout conique ou excentre.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux élevés
En sus du matériel précité
Eau distillée sauf pour les pansements de greffes et de lambeaux, car risque de lyse cellulaire.
• Un antiseptique local sur prescription ou pansement de type Actisorb Ag+.
• Du papier adhésif ou du film adhésif semi- perméable (pansement pour recouvrir la plaie).
Pour l’asepsie
• Une paire de gants non stériles.
• Un container d’élimination des pansements souillés.
• Un container d’élimination des flacons contenant du liquide souillé (Sang, lymphe,
sérosités…).
• Un verre à pied gradué non stérile (si besoin pour l’évaluation de la quantité des secrétions).
• Une solution de décontamination de surfaces.
• Un haricot non stérile.
Montage du matériel
Pour les soins de plaies aiguës à faibles risques infectieux
• Prendre un guéridon ou une surface plane de la pièce, le nettoyer avec la solution prévue à cet
effet. Déposer dans le set à pansement :
– Les compresses;
– Le sérum physiologique;
– Le papier ou le film adhésif.
• Mettre le haricot non stérile ainsi que le container à matériel souillé à l’étage inférieur du
guéridon ou sur un plan éloigné du matériel de réfection du pansement.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux modérés
Ne rentrer dans la pièce que le matériel nécessaire au soin.
• Prendre un guéridon ou une surface plane de la pièce, le nettoyer avec la solution prévue à cet
effet.
• Déposer dans le set à pansement:
– Les compresses;
– Le sérum physiologique;
– Le papier ou le film adhésif. Ainsi que : (si le soin le nécessite) :
– Les mèches stériles;
– Les flacons de Redon;
– Les poches collectrices avec support adhésif;
– Les pansements américains;
– Le savon doux;
– La paire de ciseaux stériles.
• Mettre le haricot non stérile ainsi que le container à matériel souillé à l’étage inférieur du
guéridon ou sur un plan éloigné du matériel de réfection du pansement. Y déposer également,
si le soin le nécessite, un verre à pied gradué non stérile et une seringue a embout conique ou
excentre.
Préparation du patient
Pour les soins de plaies aiguës à faibles risques infectieux
• Laver ou doucher auparavant le patient (avec ou sans son pansement).
• Lui expliquer le déroulement du soin afin de le rassurer (un patient averti et rassuré est plus
coopérant).
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux modérés
La douche est possible (sauf interdit médical) même en cas de fixateurs externes, il suffit de
recouvrir les lames, les mèches ou les drains.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux élevés
• Le patient doit être préalablement lavé.
• La douche est possible en cas de plaies distales, peu importantes et pouvant être protégées
telles que les doigts, les mains, les membres.
• Si le soin risque d’être douloureux, demander au médecin de prescrire un antalgique à
administrer 1 heure avant le pansement.
• Le déroulement du soin est expliqué au patient afin de le rassurer.
Réalisation technique du geste et surveillance
Pour les soins de plaies aiguës à faibles risques infectieux
Le premier pansement est refait (en chambre ou en salle de soins) sur prescription médicale elle
varie entre 24 heures et 8 jours (selon Protocole et habitude de service) :
Le soin doit être programmé au début d’une série de pansements si l’organisation du service le
permet.
• Découvrir la zone de réfection du pansement, faire un lavage antiseptique des mains.
• Enfiler les gants non stériles.
• Décoller le précédent pansement en ne touchant pas la cicatrice avec l’extérieur de celui- ci.
• Jeter l’ensemble dans le container ainsi que les gants souillés.
• Faire de nouveau un lavage antiseptique des mains (solution hydro alcoolique).
• Ouvrir ensuite le set à pansement.
• Disposer le champ plein (contenu dans le set) sur le guéridon.
• Déposer les pinces, les compresses ou les tampons.
• Disposer une compresse ou un tampon sur la pince.
• Verser du sérum physiologique dans les alvéoles du set.
• Plonger la compresse dans le sérum.
• Nettoyer la plaie en allant toujours du plus propre vers le plus sale, afin de ne pas contaminer
les parties saines ; on considère comme étant propre le site opératoire.
• Jeter la première compresse.
• Répéter l’opération, avec la seconde compresse, sur l’autre partie de la cicatrice en cas de
cicatrice linéaire.
• Jeter de nouveau la compresse.
• Assécher le tout à l’aide des compresses restantes en procédant par tamponnement.
• Appliquer ensuite les compresses sur la cicatrice et les maintenir avec le papier adhésif ou le
film.
• A la fin du soin, débarrasser la pièce de tout le matériel souillé en le jetant dans le container.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux modéré
Idem que précédant
Si le pansement recouvrait une mèche, l’ôter en même temps que celui- ci en pinçant l’ensemble
par l’extérieur et en tirant verticalement.
• Jeter l’ensemble dans le container ainsi que les gants souillés.
• Faire de nouveau un lavage antiseptique des mains (solution hydro alcoolique).
• Ouvrir ensuite le set à pansement.
• Disposer le champ plein (contenu dans le set) sur le guéridon.
• Déposer les pinces, les compresses ou les tampons et le matériel spécifique à chaque soin :
– Les mèches stériles;
– Les flacons de Redon;
– Les poches collectrices avec support adhésif;
– Les pansements américains;
– Le savon doux;
– La paire de ciseaux stériles;
– La seringue stérile.
Réalisation du soin selon l’appareillage présent sur Redon Ou autre drain aspiratif
• Verser du sérum physiologique et l’antiseptique (s’il a été prescrit) dans les alvéoles du set.
• Nettoyer la plaie, à l’aide des compresses, en allant toujours de l’intérieur vers l’extérieur, du
plus propre au plus sale.
• Être attentif aux deux pinces du set qui ne doivent jamais se toucher. L’une servant à se servir
et l’autre au soin.
• Changer de compresses pour nettoyer l’emplacement de sortie du drain.
• Sécher les différents sites en changeant également de compresses.
• Disposer des compresses pour recouvrir la cicatrice.
• Recouvrir avec le papier adhésif (il existe des pansements adhésifs antiallergiques de plusieurs
dimensions).
Protéger l’orifice de sortie du drain avec une compresse enroulée, le recouvrir d’une autre
compresse puis de papier adhésif.
• Il est préférable de séparer les deux sites, afin de limiter les risques de contamination
d’un site à l’autre.
• La quantité de sécrétion est comptabilisée quotidiennement, soit en faisant un repère au
marqueur sur l’extérieur du flacon en regard du niveau des sérosités, soit en changeant le flacon.
Les quantités relevées doivent être notées sur la fiche de suivi.
• Lorsqu’il y a changement de flacon:
– Clamper le vide du flacon ainsi que celui de la tubulure qui va du patient au flacon;
– Aseptiser la zone d’adaptation de la tubulure au flacon;
– Prendre le flacon de rechange, en vérifiant son intégrité, ainsi que la présence de vide (témoin
accordéon collage)
– Aseptiser également la zone de branchement du nouveau flacon (Bien qu’il ait été conditionné
stérilement) ;
– Effectuer le changement;
– Déclamper la tubulure et le flacon.
• Réinstaller le patient et débarrasser la pièce des déchets souillés et des flacons en les jetant
dans les containers.
Réalisation du soin sur lame (ou drain non aspiratif)
• Installer le matériel comme pour le soin d’une plaie avec Redon. Si la lame se trouve dans un
pansement américain
• La nettoyer en y faisant couler du sérum physiologique de la sortie de la plaie vers l’extérieur.
• L’assécher en prenant deux compresses, l’une dessus, l’autre dessous, en les faisant glisser du
haut vers le bas.
• Recouvrir avec des compresses ou un pansement américain en fixant le tout avec du papier
adhésif ou un film adhésif imperméable.
Cette technique possède quelques inconvénients, les pertes et leur aspect ne sont pas
appréciables.
• De plus en cas de secrétions abondantes, le pansement est très rapidement saturé même en le
fixant avec un film imperméable, ce qui ne participe pas au confort du patient.
Si la lame se trouve dans une poche collectrice avec support adhésif
• La poche peut être équipée d’une fenêtre, ce qui permet d’accéder à la lame sans décoller le
support.
• Il suffit d’ouvrir la fenêtre et de nettoyer la lame comme précédemment décrit et de la
refermer.
• Les poches sans fenêtre obligent à changer l’ensemble à chaque soin, ce qui entraîne une
altération de la peau à force de répétitions.
Inconvénients :
Ceux liés à la fragilité de la peau ou aux allergies à l’adhésif des supports.
Avantage :
• Les sérosités peuvent être appréciées tant en qualité qu’en quantité. De plus, si un prélèvement
est prescrit, il peut être pratiqué directement sur le liquide recueilli.
Réalisation du soin sur mèches
L’installation du matériel reste identique à celle citée plus haut.
• Ajouter les mèches, la seringue et les ciseaux stériles.
• Préparer dans une autre alvéole du set, du sérum physiologique ou un antiseptique s’il est
prescrit.
• Irriguer l’orifice libéré de la mèche souillée avec la seringue, remplir d’antiseptique (le produit
et sa dilution sont prescrits).
• Essuyer l’excédent avec les compresses.
• Placer une nouvelle mèche dans le sérum versé dans le set.
• L’insérer dans l’orifice à mécher.
• Amener, à l’aide d’une pince, l’une des extrémités de la mèche au plus profond de la béance,
l’autre pince permet le maintien et la tension de la mèche afin de l’empêcher de toucher quoi
que ce soit.
• Placer la mèche en accordéon de manière à tapisser toute la cavité,
Afin de mieux drainer les sérosités.
Une mèche trop tassée :
• Empêche l’écoulement des secrétions;
• Retarde la cicatrisation par compression des bourgeons;
• Entraîne la formation d’un abcès, de complications et un retard de cicatrisation
• Le but du méchage est d’assurer un drainage en profondeur et de permettre une cicatrisation
du fond de la plaie vers la surface en présence de sérosités suspecte.
• Mouiller la mèche pour qu’elle pénètre plus facilement sans accrocher les parois (ce qui est
moins douloureux pour le patient).
• Le recouvrement de la mèche se fait comme pour les autres recouvrements.
• Évacuer le matériel souillé.
Réalisation du soin sur fixateurs externes
• Installer le matériel en y ajoutant le savon doux.
• Nettoyer l’orifice du fixateur externe au savon doux.
• Le rincer au sérum physiologique.
• L’utilisation des antiseptiques ne se fait que sur prescription médicale (Chlorhexidine aqueuse
ou associée).
Ne pas utiliser de produits iodés en raison des incompatibilités avec les matériaux métalliques.
• Le niveau de risque infectieux n’impose pas nécessairement d’appliquer un pansement de
protection autour des sites d’insertion des fixateurs externes.
• En cas d’écoulements, entourer les sorties des fixateurs avec des compresses sèches et les
maintenir avec du papier adhésif.
• Éliminer les déchets dans les containers.
Remarques
Il peut arriver qu’un vernis chirurgical ait été posé au bloc opératoire pour protéger les sites
d’insertion des fixateurs. Il ne doit pas être ôté lors des soins post-opératoires.
• La propreté des fixateurs doit être vérifiée systématiquement.
• La douche est possible.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux élevés
Elle dépend de la prescription médicale et du type de pansement utilisé. Une plaie infectée doit
être soignée tous les jours. Il faut réaliser le pansement en fin de série si la plaie est infectée, ou
en cours de série si la plaie a seulement un risque d’infection.
Pour les patients en isolement septique, le soin se fera dans la chambre du patient ; pour les
autres, il est possible de le faire dans la salle de soins.
• Découvrir la zone de réfection du pansement.
• Faire un lavage antiseptique des mains.
• Enfiler les gants non stériles.
• Décoller le précédent pansement en ne touchant pas la cicatrice avec l’extérieur de celui- ci.
• Jeter l’ensemble dans le container ainsi que les gants souillés.
• Faire de nouveau un lavage antiseptique des mains (solution hydro alcoolique).
• Ouvrir ensuite le set à pansement.
• Disposer le champ plein (contenu dans le set) sur le guéridon.
• Procéder ensuite au nettoyage de la plaie avec le sérum physiologique.
Si la situation de la plaie nécessite une irrigation ou une instillation, faites des irrigations avec
des seringues stériles à usage unique raccordées à un cathéter court, ou encore avec des
seringues à embout conique raccordées à une sonde vésicale (pour femme, type Nélaton).
• Procéder ensuite comme pour les autres pansements en s’adaptant aux différents dispositifs
de drainages ou de fixation qui peuvent être présents.
Remarques
• L’utilisation d’antiseptiques se fait sur prescription médicale.
• Le pansement primaire ainsi que le pansement secondaire doivent être stériles.
• Pour tout pansement : désinfection obligatoire du guéridon de soins, quel que soit le niveau
de risque infectieux du soin réalisé.
• En cas de plaie chirurgicale inflammatoire ou inhabituellement suintante, prévenir et montrer
la plaie au chirurgien.
Complications et risques
• Infectieux: geste septique.
• Traumatique: lésion.
• Retard de cicatrisation (emploi de produits corrosifs ou inadaptés par rapport à l’état de la
peau).
• Mélange des produits (par exemple, les ammoniums quaternaires et les dérivés mercuriels).
Auto- évaluation de la procédure de soin
Pour les soins de plaies aiguës à faibles risques infectieux
Établir une fiche de suivi du pansement sur laquelle on mentionnera tout signe inflammatoire :
– Douleur;
– Chaleur;
– Rougeur;
– Écoulement.
Ainsi que tout signe d’allergie possible au pansement de protection (Peau périphérique
eczémateuse ou fragilisée).
• Sur cette fiche, on indiquera le déroulement du soin, les produits utilisés ainsi que les
problèmes rencontrés.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux modérés
• Établir une fiche de suivi du pansement sur laquelle on mentionnera tout signe
Inflammatoire :
– Douleur;
– Chaleur;
– Rougeur;
– Écoulement.
• La qualité et la quantité des secrétions drainées.
• Les prélèvements bactériologiques éventuels
Tout signe d’allergie possible au pansement de protection (peau périphérique eczémateuse ou
fragilisée).
• Le déroulement du soin, les produits utilisés ainsi que les problèmes rencontrés.
Pour les soins de plaies aiguës à risques infectieux élevés
• Établir une fiche de suivi spécifique de la plaie:
– État initial;
– Évolution;
– Superficie;
– Profondeur;
– Couleur selon le code international (noir = nécrose; jaune = fibrine; Rouge = bourgeonnant ;
rose = épiderme) ;
– Écoulement;
– Aspect de la peau peri- lésionnelle;
– Type de pansement utilisé;
– Photographies ou calques si possible.
• La qualité et la quantité des secrétions drainées.
• Les prélèvements bactériologiques éventuels.
• Tout Signe d’allergie possible au pansement de protection (peau périphérique eczémateuse ou
fragilisée).
• Le déroulement du soin, les produits utilisés ainsi que les problèmes rencontrés. Le pansement
est étanche tout en laissant respirer la plaie.
Des hémocultures doivent être faites systématiquement en présence de frissons et de
température supérieure ou égale à 38,5 °C ou inférieure ou égale à 36 °C.
IX. Les différents types de pansements
1. Le pansement « sec »
2. Le pansement « étanche »
3. Le pansement « humide »
4. Le pansement « tulle »
• Le pansement « tulle gras »
• Le pansement « interface »:
- Les pansements colloïdes
- Les alginates
- les hydrogels
- Les pansements hydro cellulaires
• Autres: pansement siliconé, alcoolisé, au charbon.
1. Le pansement « sec »
Le plus commun dans la vie quotidienne ; il se présente sous la forme d'une fine compresse
stérile maintenue sur la plaie par un adhésif périphérique.
• C’est un pansement destiné à une plaie propre, non inflammatoire. Il faut choisir une taille
adaptée et éventuellement la recouper.
2. Le pansement « étanche »
Un film adhésif semi perméable permet de laisser passer l'air et la vapeur d'eau. • Il est très
souple et peut être utilisé au niveau d'une articulation sans risquer de se décoller. • C’est un
pansement destiné à une plaie propre, non inflammatoire presque cicatrisée.
3. Le pansement « humide »
Il est formé de compresses humides épaisses maintenues par des bandes. C’est un pansement
destiné à une plaie suintante. Les compresses vont absorber les secrétions par capillarité,
limitant ainsi le risque de collection ou d’hématome qui peuvent eux-mêmes être source
d’infection secondaire. Le pansement Bétadine* associe les avantages du pansement humide et
l’usage d’un antiseptique local. (Il peut être utilisé dans les premiers jours de début d’un panaris
par ex.)
4. Le pansement « tulle gras »
C’est le pansement historique destiné aux pertes de substances cutanées dont il assure la
cicatrisation. Cependant, contenant du baume du Pérou, il est potentiellement allergisant et reste
douloureux à l’ablation du fait de son adhérence. On préfère donc utiliser un tulle comprenant
une émulsion de paraffine ne séchant pas, autorisant donc un bon assouplissement cutané type
Jelonet* ou les nouveaux tulles « interface »
5. Interface:
-Les pansements hydro-colloïdes : composés de carboxy-méthylcellulose
sodique. Substance sous forme de liquide ou de gel homogène hydrophiles, se gélifie au contact
de l’exsudat. Absorption lente, et relativement modérée. Créent un milieu humide favorable à
la cicatrisation, agissent comme une seconde peau pour éviter les infections extérieures, adhère
à la peau saine, pas à la plaie. Utilisé pour le traitement des ulcères, escarres, brûlures.
-Les alginates
Polysaccharide naturel, extrait d’algues. Gélification au contact des exsudats. Effet
Hémostatique et de contrôle bactérien. Utilisé pour le traitement des plaies hémorragiques,
plaies exsudatives, surinfectées.
-Les pansements hydro cellulaires
Fibres non tissés d’hydro colloïdes. Très hydrophiles, au contact de l’exsudat: gel cohésif.
Capacité d’absorption très élevée. Séquestration bactérienne, utilisé pour le traitement des
plaies exsudatives non hémorragiques. Favorisent la cicatrisation de la plaie en milieu humide.
-Les pansements au charbon
Compresses de tailles variables, pour le traitement des plaies aigues et chroniques
malodorantes, escarres et ulcères, limitent la prolifération bactérienne et les odeurs. Ils sont
peu absorbants et nécessitent un pansement secondaire pour assurer la bonne absorption.
- Les pansements hydrogels
Composés de 80 % d’eau gélifiée, les pansements hydrogels sont destinés aux plaies sèches et
nécrotiques. Ce pansement humidifiant permet une cicatrisation en milieu humide.
- Les pansements hydro fibres
Pansements secs à haute capacité d’absorption, constitués de 100 % de fibres non tissés
de carboxyméthylcellulose. Ils ont pour but de maintenir la plaie dans des conditions propices
à la cicatrisation. L’absorption se fait par capillarité et génère la formation d’un gel qui va
retenir les bactéries et l’exsudat. Les hydro fibres peuvent absorber jusqu’à 30 fois leur poids
et reste en place pendant 7 jours.
6. Les pansements alcoolisés
C’est un pansement qui ne se met pas sur une cicatrice. Il est indiqué pour son effet anti-
inflammatoire locorégional après une contusion ou une entorse.
X. Effets indésirables
Le patient peut être allergique à l'un des composants du pansement : film plastique, gel adhésif.
•un pansement trop adhésif ou desséché peut être douloureux à l'ablation.
•un pansement non transparent peut gêner l'inspection de la plaie.
•un pansement trop occlusif entraîne des risques de macération, ce qui favorise les infections
Bibliographie/webographie
-Cours de nursing, les pansements Dr Grissa mohammed habib
-HAS, bon usage des technologies médicales, les pansements indications et
utilisations recommandées
-Guide de soins infirmiers, 2020
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pansements
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