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Cours Séries Entières

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Séries Entières

Dans ce chapitre, lorsque a ∈ C et r ∈ R∗+ , on note :

D(a, r) = {z ∈ C, |z − a| < r} et D(a, r) = {z ∈ C, |z − a| ≤ r}

1 Définitions et Exemples :
Définition 1
On appelle Série Entière d’une variable complexe (resp. d’une variable réelle) toute série de fonctions
X
un pour laquelle il existe une suite complexe (an )n telle que pour tout n ∈ N, on puisse écrire :

un : C −→ C
z 7−→ an z n

(resp.

un : R −→ R
x 7−→ an xn )
X X
Une telle série sera notée an z n (resp. an xn ).

Exemples 2 X zn
P n P n 1
z (an = 1, ∀n ∈ N), nz (an = n, ∀n ∈ N), (an = , ∀n ∈ N) sont des séries entières. De
P 2n n! n!
même, z est aussi une série entière (ici, (an )n est telle que ∀n ∈ N, a2n = 1 et a2n+1 = 0).

2 Rayon de convergence d’une série entière.


2.1 Définition et premières propriétés.
Théorème 3 (Lemme d’Abel)
an z une série entière et on suppose qu’il existe z0 ∈ C∗ telle que (an z0n )n soit bornée.
n
P
Soit
Alors :
an z n est absolument convergente sur D(0, |z0 |) est normalement convergente sur
P
La série entière
tout disque fermé D(0, r) tel que r < z0 .

Preuve :
an z n est absolument convergente sur D(0, |z0 |).
P
Commençons par démontrer que la série entière
Soit donc z ∈ D(0, z0 ). On a, pour tout n ∈ N :
n n
z z
|an z n | = |an z0n |. ≤ M.
z0 z0
n
X z z
où M est un majorant de (an z0n )n et |an z n |
P
M converge (vu que < 1) et donc
z0 z0
converge et on a ainsi le premier résultat.
Prenons maintenant r ∈ R∗+P tel que r < |z0 |. On a pour tout n ∈ N et z ∈ D(0, r), |an z n | ≤ |an rn |.
n n
Donc sup |an z | ≤ |an r | et an rn converge absolument d’après la première partie de cette preuve.
z∈D(0,r)
an z n
P
Donc converge normalement sur D(0, r) et ce pour tout 0 < r < |z0 |.

1
Définition 4 (Rayon de convergence)
n
an z n et on le note R la borne supérieure de
P P
Soit an z . On appelle Rayon de convergence de
l’ensemble (non vide) :

I = {|z|, (an z n )n bornée }


C’est à dire :

R = sup{|z|, (an z n )n bornée } ∈ R+ ∪ {+∞}


Définition P5 n
1. Si an z est une série entière d’une variable complexe de rayon de convergence R, on appelle
disque ouvert de convergence le disque D(0, R).
an z n est une série entière d’une variable réelle de rayon de convergence R, on appelle
P
2. Si
intervalle ouvert de convergence l’intervalle ] − R, R[.
Proposition 6
n
P
Soit an z une série entière de rayon de convergence R ∈ R+ .
Alors :
an z n diverge grossièrement pour tout z ̸= 0.
P
1. Si R = 0, alors
2. Si “R = +∞′′ , alors an z n converge absolument pour tout z ∈ C et normalement sur toute
P
partie bornée de C.
3. Si R ∈ R∗+ , alors an z n converge si |z| < R et diverge si |z| > R. De plus, la convergence est
P

normale sur tout disque fermé D(0, r) tel que r < R.


Preuve :
On note I = {|z|, (an z n )n bornée }. On a R = sup I.
an z n diverge.
P
1. Si R = 0, alors I = {0}, c’est à dire que ∀z ̸= 0, z ̸∈ I et donc
2. Si “R = +∞′′ : Soit z ∈ C. I n’est pas une partie bornée P donc |z| n’est pas un majorant de I. Il
′ ′ ′
existe alors z ∈ C tel que |z | ∈ I et |z| < |z |. Par suite, an z n converge absolument.
an z n converge normalement sur toute partie bornée de C. Soit donc
P
Montrons maintenant que
A une telle partie. Il existe alors M > 0 tel que ∀z ∈ A, |z| ≤ M .
On a pour sup |an z n | ≤ |an M n | et d’après ce qui précède, |an M n | converge. D’où le résultat.
P
z∈A
3. On suppose ici que R est réel strictement positif.
— Si |z| < R, alors, par la caractérisation de la borne supérieure (Sachant que R = sup I), il
que |z| < r ≤ R. En particulier, (an rn )n est bornée et |z| < |r| et donc par le
existe r ∈ I tel P
lemme d’Abel, an z n converge absolument.
— Si |z| > R, on a alors |z| ̸∈ I, donc (an z n )n n’est pas bornée et par suite an z n diverge.
P
— Convergence normale sur tout PD(0, nr), avec r < R.
Soit donc r ∈ [0, R[. par (i), |an r | converge et on a sup |an z n | ≤ |an rn | et on a ainsi la
z∈D(0,r)
convergence normale.
En pratique : Les contraposées :
n
P
— S’il existe z ∈ C tel que P an z converge, alors |z| ≤ R.
— S’il existe z ∈ C tel que an z n diverge, alors |z| ≥ R.
Exemple 7
1
an z n où pour tout n ∈ N∗ , an = . On a :
P
Recherche du rayon de convergence de la série
n
an z n diverge, donc R ≤ 1 = |z|.
P
— Pour z = 1, onPa
— Pour z = −1, an z n converge, donc R ≥ 1 = |z|.
Ainsi, R = 1.
Corollaire 8 +∞
X
n ∗
an z n est
P
Si an z est une série entière de rayon de convergence R ∈ R+ , alors la fonction somme
n=0
continue sur D(0, R).

2
2.2 Détermination pratique du rayon de convergence.
Proposition 9
n
P
Soit an z une série entière de rayon de convergence R ∈ R+ .
Alors :
— S’il existe α ∈ R+ tel que pour tout z ∈ C, |z| < α, P an z n converge, alors α ≤ R.
P
— S’il existe α ∈ R+ tel que pour tout z ∈ C, |z| > α, an z n diverge, alors α ≥ R.

Preuve : Dans les deux cas, raisonner par contraposée...


Exemples 10 X 1
1. Rayon de convergence de la série entière 2
zn.
n
an z n converge, donc R ≥ 1.
P
On a, pour z = 1,
1 X 1
D’autre part, pour tout z ∈ C tel que |z| > 1, 2 z n −→ +∞. Donc z n est divergente
n n→+∞ n2
et par suite R ≤ 1.
Ainsi, R = 1.
P n
2. Rayon de convergence de la série nz .
P n
On a, pour z = 1, nz diverge (grossièrement), donc R ≤ 1.
|nz n | converge 1 , donc R ≥ 1.
P
D’autre part, pour tout z ∈ C tel que |z| < 1, on a
Conclusion : R = 1.
Proposition 11 (Règle de D’alembert.)
n
P
Soit an z une série entière de rayon de convergence R. Si, à partir d’un certain rang, an ̸= 0, et s’il
existe l ∈ R+ ∪ {+∞} tel que :

an+1
−→ l
an n→+∞

Alors :
1
R=
l
1 1
(Avec la convention : = +∞ et = 0.)
0 +∞
Preuve :
an+1 z n+1
Pour tout z ∈ C∗ , on a −→ l|z| et on conclut par la règle de D’Alembert pour les séries
an z n n→+∞
numériques.
Exemples 12
1
an z n , avec an =
P
1. Rayon de convergence de la série entière pour tout n ∈ N.
n!
an+1 1
On a pour tout n ∈ N, an ̸= 0 et = −→ 0 et donc R = +∞.
an n + 1 n→+∞
(2n)!
an z n , avec an =
P
2. Rayon de convergence de la série entière pour tout n ∈ N.
(n!)2
an+1 (2n + 2)(2n + 1) 1
On a pour tout n ∈ N, an ̸= 0 et = 2
−→ 4 et donc R = .
an (n + 1) n→+∞ 4
an z , avec an = n ln(n) pour tout n ∈ N∗ .
n
P
3. Rayon de convergence de la série entière
an+1 (n + 1) ln(n + 1)
On a pour tout n ≥ 2, an ̸= 0 et = −→ 1 et donc R = 1.
an n ln(n) n→+∞

1. Allez savoir pourquoi !

3
Exemple 13
P (n + 1)
1. Lorsque P ∈ K[X], on a P (n) ̸= 0 à partir d’un certain rang et on a −→ 1 vu que
P (n) n→+∞
P (X + 1) et P (X) sont deux polynômes de même P degré net de même coefficient dominant. Par
suite, le rayon de convergence de la série entière P (n)z est égal à 1.
R(n)z n où R est une
P
2. Par le même raisonnement, il en est de même pour toute série entière
fraction rationnelle n’admettant pas d’entiers pour pôles.

Proposition 14 P
n
bn z n deux séries entières de rayons de convergence respectifs R1 et R2 .
P
Soient an z et
Alors :
(i) Si, à partir d’un certain rang, on a |an | ≤ |bn |, alors R1 ≥ R2 .
(ii) Si an = O(bn ), alors R1 ≥ R2 .
n→+∞
(iii) Si an ∼ (bn ), alors R1 = R2 .
n→+∞

Preuve :
On se contente de démontrer le (i), les deux autres points s’en déduisant facilement.
Si R2 = 0, on a directement le résultat. Sinon :
Pour montrer P que R2 ≤ R1 , on utilise la proposition 9 et on montre que pour tout réel positif r tel
que r < R2 , on a an rn converge. Soit donc un tel r ∈]0, R2 [
Soit n0 ∈ N pour lequel on
P a ∀n ≥ n0 , |an | ≤ |bn |. On alors, pour tout n ≥ n0 , |an rn | ≤ |bn rn |.
bn rn converge absolument. Par suite an rn converge et on a ainsi le
P
Or, 0 < r < R2 , donc
résultat voulu.
Exemple 15 X n
On cherche le rayon de convergence R de zn.
2n + n!
n n 1
On a, pour n tendant vers l’infini : n ∼ =
2P+ n! n!
 (n − 1)!
1
Et par la règle d’Alembert, on a R (n−1)!
z n = +∞.
Et ceci donne donc que R = +∞.

Proposition 16 P
(Opérations algébriques sur les séries entières)
n
bn z n deux séries entières de rayons de convergence respectifs R1 et R2 . On a alors :
P
Soient an z et
λan z n est de rayon de convergence égal à R1 .
P
1. Pour tout λ ∈ C, la série entière
2. Si on note par R le rayon de convergence de la série somme (an + bn )z n , alors :
P

(a) R = inf(R1 , R2 ) si R1 ̸= R2 .
(b) R ≥ R1 si R1 = R2 .
3. Le rayon de convergence R′ de la série cn z n , produit de Cauchy des deux séries an z n et
P P
Xn
bn z n (C’est à dire que pour tout n ∈ N, on a cn = ak bn−k ) vérifie : R′ ≥ inf(R1 , R2 ).
P
k=0

Exemple 17 X 
1 1
On cherche le rayon de convergence R de la série entière 1 + + ··· + zn.
n≥1
2 n
n
X1
On a pour tout n ∈ N∗ , cn = cn z n est le produit de Cauchy de
P
× 1 + 0 × 1, c’est à dire que
k=1
k
X1
z n dont les rayons de convergence sont tous les deux égaux à 1. Et donc R ≥ 1.
P n
z et
n
P 1D’autre part, on a pour tout n ∈ N∗ , cn ≥ n1 et puisque le rayon de convergence de la série entière
n
z n est égal à 1, on a R ≤ 1.
Conclusion : R = 1.

4
3 Dérivation et intégration d’une série entière.
Jusqu’à la fin de ce chapitre, les séries
P entières considérées seront à variable réelle. On a alors les
résultats suivants pour une série entière an xn de rayon de convergence R > 0 :
an xn converge absolument pour tout x ∈] − R, R[.
P
1. La série entière
2. La série entière converge normalement et donc uniformément sur tout segment [−a, a] ⊂] − R, R[.
an xn est continue sur ] − R, R[.
P
3. La somme de la série entière
Proposition 18 X X X 1
Les séries entières an xn , (n + 1)an+1 xn 2 et an xn+1 ont même rayon de convergence.
n≥0 n≥0 n≥0
n+1

Preuve : X X
On note R1 , R2 et R3 les rayons de convergence respectifs des séries entières an x n , (n +
n≥0 n≥0
X X 1
1)an+1 xn = nan xn−1 et an xn+1 . Il suffit de démontrer que R1 = R2 , l’égalité R3 = R1 s’en
n≥1 n≥0
n + 1
déduisant par le même raisonnement.
nan xn−1 est bien évidemment équivalente à celle nan xn .
P P
Pour x ∈ R, la convergence de
On note alors pour tout n ∈ N, bn = nan .
(i) On a pour tout nN, |an | ≤ |bn |, et donc R1 ≥ R2 .
(ii) On doit maintenant démontrer l’autre inégalité, à savoir R1 ≤ R2 . Si R1 = 0, alors l’inégalité est
vraie. Sinon :
Montrons que pour tout x ∈ R tel que |x| < R1 , on a |x| ≤ R2 . 3
Soit
P donc un réel x tel que |x| < R1 . POur montrer que |x| ≤ R2 , il suffit de démontrer que
bn xn converge ou bien que (bn xn )n est bornée.
Soit r ∈]|x|, R1 [. la suite (an rn )n est alors bornée par un certain réel positif M et on a :
 x n  x n
|bn xn | = |nan xn | = |an rn | n ≤M n .
r r
X  x n
converge 4 et donc nan xn converge et ainsi on a |x| ≤ R2 .
P
Or, la série M n
r
Ainsi, R1 ≤ R2 .
Conclusion : On a ainsi l’égalité recherchée R1 = R2 .
Remarque 19 X
De la même manière, pour tout entier naturel p, les séries entières n≥0 an xn et (n+p) . . . (n+ 1)an+p xn =
P
n≥0
X dp
p
(an xn ) ont même rayon de convergence.
n≥0
dx

Remarque 20
La proposition précédente exprime l’invariance du rayon de convergence d’une série entière par intégra-
tion ou dérivation terme à terme.

3.1 Intégration d’une série entière.


Théorème 21 (Intégration Terme à terme d’une série entière)
n
P
Soit an x une série entière de rayon de convergence R > 0 et de somme f . C’est à dire que
X
2. Remarquer que c’est exactement la série nan xn−1 .
n≥1
3. Un problème ?
4. Pourquoi ?

5
f :] − R, R[ −→ C
+∞
X
x 7−→ an x n
n=0

Soit F une primitive de f .


On a alors :
+∞
X 1
∀x ∈] − R, R[, F (x) = F (0) + an xn+1 .
n=0
n+1

Preuve :
an tn converge normalement et donc uniformément sur [0, x] si
P
Soit x ∈] − R, R[. On a alors que
x ≥ 0 ou [x, 0] si x ≤ 0.
On peut alors écrire :
Z x Z x X 
F (x) = F (0) + f (t)dt = F (0) + n = 0+∞ an tn dt
0 0
La convergence uniforme sur [0, x] (ou bien [x, 0]) permet d’intégrer terme à terme et on obtient
alors :
+∞ Z x +∞
X
n
X an n+1
F (x) = F (0) + an t dt = F (0) + x .
n=0 0 n=0
n+1

Exemples 22 +∞
X (−1)n−1 n
1. Pour tout x ∈] − 1, 1[, ln(1 + x) = x .
n=1
n
+∞
1 X
En effet, on note, pour x ∈] − 1, 1[, f (x) = = (−1)n xn .
x + 1 n=0
Par intégration terme à terme, on obtient donc :
+∞
X 1
ln(1 + x) = (−1)n xn+1 , c’est à dire le résultat recherché.
n=0
n + 1
1
2. De la même manière, en considérant la fonction f :7−→ , on a :∀x ∈] − 1, 1[, f (x) =
x2 +1
+∞
X
(−1)n x2n .
n=0
Donc, en intégrant terme à terme :
+∞
X (−1)n 2n+1
∀x ∈] − 1, 1[, arctan(x) = x .
n=0
2n + 1

3.2 Dérivation d’une série entière


Théorème
P 23 (Dérivation terme à terme d’une série entière)
n
Soient an x une série entière de rayon de convergence R > 0 et

f :] − R, R[ −→ C
+∞
X
x 7−→ an x n
n=0

6
Alors f est de classe C ∞ sur ] − R, R[ et pour tous p ∈ N et x ∈] − R, R[, on a :
+∞ +∞
(p)
X dp n
X
f (x) = p
(an x ) = n(n − 1) . . . (n − p + 1)an xn−p
n=0
dx n=p

Chose qu’on peut aussi écrire :


+∞ +∞
X X (n + p)!
f (p) (x) = (n + p) . . . (n + 1)an+p xn = an+p xn .
n=0 n=0
n!

Preuve :
On note pour tout n ∈ N,

un :] − R, R[ −→ C
x 7−→ an xn

On a :
(i) Pour tout n ∈ N, on a un est de classe C ∞ sur ] − R, R[ et on a pour tout p ∈ N, pour tout
x ∈] − R, 
R[
(p) 0 si n < p
un (x) = n−p
n(n − 1) . . . (n − p + 1)an x si n ≥ p
X X
(p)
(ii) Pour tout p ∈ N, la série entière un = (n + p) . . . (n + 1)an+p xn converge normalement
n≥0 n≥0
et donc uniformément sur tout segment de ] − R, R[.
Ainsi, par le théorème de dérivation terme à terme (Cas C ∞ ), on a le résultat recherché.
Corollaire 24
n
P
Soit an x une série entière de rayon de convergence R > 0 et

f :] − R, R[ −→ C
+∞
X
x 7−→ an x n
n=0

. Alors :
Pour tout p ∈ N, on a f (p) (0) = p!ap .
C’est à dire :

f (n) (0)
∀n ∈ N, an = .
n!
+∞
X
Exemple 25 (Calcul de nxn )
n=0
.
Pour x ∈] − 1, 1[, x ̸= 0, on a :

+∞
X +∞
X +∞
X
n n
nx = nx = x nxn−1
n=0 n=1 n=1
 ′
1 x
=x =
x−1 (1 − x)2

Le résultat restant vrai même pour x = 0, on a ainsi :

7
+∞
X x
∀x ∈] − 1, 1[, nxn = .
n=0
(1 − x)2
Autrement :
On écrit :
+∞ +∞ +∞
X
n
X
n
X 1 1 x
nx = (n + 1)x − xn = 2
− = .
n=0 n=0 n=0
(1 − x) 1−x (1 − x)2
C’est à dire le même résultat que précèdemment ! 5

4 Fonctions Développables en Séries Entières (D.S.E.)


4.1 Définition et propriétés générales.
Définition 26
Soient I un intervalle de R (resp. A ⊂ C) tel que 0 ∈ I (resp. 0 ∈ A et f : I −→ C (resp. f : A −→ C).
P Onndit que f est développable Pen série
n
entière (D.S.E) en 0 (ou à l’origine) s’il existe une série entière
an x à variable réelle (resp. an z à variable complexe) de rayon de convergence R > 0 et r ≤ R
tels que :
+∞
X +∞
X
n
∀x ∈] − r, r[, f (x) = an x (resp. ∀z ∈ D(0, r), f (z) = an z n ).
n=0 n=0

Proposition 27
Soient f et g deux fonctions D.S.E en 0. Alors :
— f g est D.S.E en 0.
— Pour tout λ ∈ C, λf + g est D.S.E en 0.
Exemples 28
1. On considère

f : C \ {1} −→ C
1
z 7−→
1−z
+∞
X
Alors f est DSE en 0 car pour tout z ∈ D(0, 1), on a f (z) = z n , le rayon de convergence de
P n n=0
z étant égal à 1.
2. On considère, pour z ∈ C, l’application

f : C −→ C
z 7−→ ez

+∞ n X zn
X z
Alors, f est DSE en 0 et on a pour tout z ∈ C, f (z) = , le rayon de convergence de
n=0
n! n!
étant infini.
Proposition 29
Soit A ⊂ R telle que 0 ∈ A. Si f : A −→ C est une application DSE en 0, alors f est de classe C ∞ sur
un voisinage de 0.
5. Étonnant non ?

8
Avant d’aller vers la suite, on rappelle la formule de Taylor avec reste intégral qui s’écrit pour une
fonction f : [a, b] −→ R de classe C n+1 :

n b
f (k) (a)
Z
X
k 1
f (x) = (b − a) + (b − t)n f (n+1) (t)dt
k=0
n! n! a
n (k) 1
(b − a)n
Z
X f (a) k
= (b − a) + (1 − t)n f (n+1) (tb + (1 − t)a)dt
k=0
n! n! 0

Proposition 30
Soient A ⊂ R telle que 0P ∈ A et f : A −→ C.
Si f est DSE en 0 et an xn est le développement en série entière de f en 0, alors ce développement
en sérien entière est unique et il est égal à la série de Taylor de f en 0.
+∞ (n)
X f (0) n
C’est à dire que pour tout x appartenant à un certain voisinage de 0, on a f (x) = x .
n=0
n!
f (n) (0)
En d’autres termes : ∀n ∈ N, an = .
n!
Corollaire 31
Soit f : I −→ C une application de classe C ∞ . On suppose de plus que 0 ∈ I. Pour tous n ∈ N et x ∈ I,
on note :
n x
f (k) (0) (x − t)n (n+1)
X Z
k
Rn (x) = f (x) − x = f (t)dt.
k=0
k! 0 n!
Alors :
f est D.S.E. en 0 si et seulement s’il existe r > 0 tel que (Rn )n converge simplement sur ] − r, r[ vers
la fonction nulle 0̃.
Remarque 32
En général, on utilise la majoration :

|x|n+1
|Rn (x)| ≤ sup f (n+1) (t) .
(n + 1)! t∈[0,x]

Corollaire 33
Soit f : R −→ C une fonction DSE en 0. Alors :
1. Si f est une fonction paire, alors pour tout n ∈ N, a2n+1 = 0.
2. Si f est une fonction impaire, alors pour tout n ∈ N, a2n = 0.

Preuve :
Si f est paire, alors ses dérivées d’ordre pair sont des fonctions paires et ses dérivées d’ordre impair
sont impaires. De même, si f est impaire, les dérivées d’ordre pair sont impaires et les dérivées d’ordre
impair sont des fonctions paires. Sachant que les fonctions impaires sont nulles en 0, on conclut en
considérant le développement en série de Taylor de f .
Remarque 34
Si f : R −→ C est une fonction de classe C ∞ , alors elle n’est pas forcément DSE en 0.

Contre-Exemple 35
On pourra considérer attentivement la fonction f : R −→ R vérifiant pour tout x ∈ R, f (x) =

0 si x ≤ 0
1
e− x si x > 0

9
 
(n) 1 −1
On peut démontrer par récurrence que pour tout n ∈ N et pour tout x > 0, f (x) = Pn e x
x
où Pn est un polynôme de degré 2n. Ainsi, on trouvera que f est de classe C ∞ sur R et que pour tout
n ∈ N, on a f (n) (0) = 0, c’est à dire que la série de Taylor de f en 0 est nulle. Par suite, si f était DSE
en 0, ce développement serait égal à sa série de Taylor et donc nul, ce qui contrdirait que pour tout
x > 0, f (x) > 0.

4.2 Détermination pratique de D.S.E.


4.2.1 Utilisation des formules de Taylor.
Exemple 36
On peut par exemple démontrer que pour tous α ∈ R et x ∈] − 1, 1[, on a :
+∞
α
X α(α − 1) . . . (α − n + 1)
(1 + x) = 1 + xn .
n=1
n!

4.2.2 Dérivation de D.S.E. connus.


Exemple 37
Pour tous p ∈ N∗ et x ∈] − 1, 1[, on a :
 (p−1) +∞
1 (p − 1)! X p−1
= = Cn+p−1 xn .
1−x (1 − x)p n=0

4.2.3 Intégration de D.S.E. connus.


Exemples 38
On a, pour tout x ∈] − 1, 1[ :
+∞
X xn
1. ln(1 + x) = (−1)n+1 .
n=1
n
+∞ n
X x
2. − ln(1 − x) = .
n=1
n
+∞
X x2n+1
3. arctan(x) = (−1)n .
n=0
2n + 1
+∞
X x2n+1
4. argth(x) = .
n=0
2n + 1

4.2.4 Combinaison linéaire de D.S.E. connus.


Exemples 39
On a, pour tout x ∈ R :
+∞
eix + e−ix X x2n
1. cos(x) = = (−1)n .
2 n=0
(2n)!
+∞
eix − e−ix X x2n+1
2. sin(x) = = (−1)n .
2i n=0
(2n + 1)!
+∞
ex + e−x X x2n
3. ch(x) = = .
2 n=0
(2n)!
+∞
ex − ex X x2n+1
4. sh(x) = = .
2 n=0
(2n + 1)!

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4.2.5 Utilisation d’une équation différentielle.
Exemple 40
(1 + t)y ′ − αy = 0 , t ∈] − 1, 1[.

En considérant l’équation différentielle (E) , on peut montrer que
y(0) = 1.
+∞
α
X α(α − 1) . . . (α − n + 1) n
pour tous α ∈ R, x ∈] − 1, 1[, on a : (1 + x) = 1 + x .
n=1
n!

5 Exercices
Exercice 41
Trouver le rayon de convergence de chacune des séries entières suivantes :
X 2 X X
(a) zn (b) n n
C2n z (c) ln(n!)z n
X ln(n) X 1 1
X √
(d) 2
zn (e) [(n + 1) n+1 − n n ]z n (f ) tan(π n2 + 3n + 1)z n
n
X  √ n n X sin(n)
n
X (3n)!
(g) sin π(2 + 3) z (h) 2
z (i) [ 3
+ 1]z n
n (n!)

Exercice
X 42 an
Soit an z n une série entière de rayon de convergence R. On pose, pour tout n ∈ N : bn = .
n≥0
1 + |an |
X
On note R′ le rayon de convergence de la série bn z n .
n≥0

1. Montrer que R′ ≥ max(1, R).


2. Établir que si R′ > 1, alors R′ = R.
3. Exprimer alors R′ en fonction de R.
Exercice 43
Trouver le rayon de convergence puis calculer la somme des séries entières suivantes 6 :
X n2 − n + 4 X x2n+1 X x3n+1
(a) xn (b) (c)
n≥0
n+1 n≥0
2n + 1 n≥0
3n + 1
X n
X xn X
(d) n(−1) xn (e) (f ) cos(nθ)xn , θ ∈ R
n≥1 n≥0
2n + 1 n≥0
X
n −3n 3n+2
(g) an x , a3n = 2 , a3n+1 = 0, a3n+2 = 3
n≥0

Exercice 44
On considère la série entière n≥1 sin( √1n )xn , xR.
P

1. Déterminer son rayon de convergence R.


2. Etudier la convergence en −R et R. En déduire le domaine de définition de S.
 S sur son domaine de définition.
3. Etudier la continuité de la somme
1
4. Montrer que S(x) = o .
x→1 1−x

Exercice 45 Z π
4
Pour n ∈ N, on pose an = (tan(t))n dt.
0
an xn . On note f la somme de cette série
P
1. Déterminer le rayon de convergence R de la série
entière.
6. Ici, on admet les résultats concernant la fonction Argth, définie sur ] − 1, 1[ et fonction réciproque de la fonction th.
Accessoirement, on a pour tout t ∈] − 1, 1[, Argth′ (t) = 1−t
1
2

11
an xn en R et −R.
P
2. Etudier la convergence de
3. Calculer f sur l’intervalle de convergence.

Exercice 46
Développer les fonctions suivantes en série entière :

x2 − x + 2
(a) f : x 7−→ 4 2
(b) f : x 7−→ ln(x2 − 5x + 6)
x − 5x + 4
ex
(c) f : x 7−→ ln(x2 + x + 1) (d) f : x 7−→
1−x
Exercice 47 Z +∞
2
1. Développer la fonction F : x 7−→ e−t sin(tx)dt en série entière.
0
x2 x x2 1 x2
2. Montrer que pour tout x ∈ R, e F ′ (x) + e 4 F (x) = e 4 .
4
2 2
Z +∞
1 − x2 +∞ t2
Z
−t2
3. En déduire alors que pour tout x ∈ R, e sin(tx)dt = e 4 e 4 dt.
0 2 0

Exercice 48
arcsin(x)
Soit f la fonction définie sur ] − 1, 1[ par f : x 7−→ √
1−x2
.
1. Justifier que f est développable en série entière sur ] − 1, 1[.
2. Montrer que f est solution sur ] − 1, 1[ d’une certaine équation différentielle du premier ordre.
3. Déterminer alors le développement en série entière de f sur ] − 1, 1[.
4. En déduire un développement en série entière de F : x 7−→ (arcsin(x))2

Exercice 49
On considère l’équation différentielle : (E) 4xy ′′ + 2y ′ − y = 0.
1. (a) En posant x = t2 pour x > 0 et x = −t2 pour x < 0, donner les solutions de (E) sur ] − ∞, 0[
et sur ]0, +∞[.
(b) Trouver les solutions de (E) sur R.
2. (a) Donner les solutions de (E) développables en série entière.
(b) Retrouver les solutions de (E) définies sur R.

Exercice 50
x2 xn
On pose, pour n ∈ N∗ et x ∈ R, fn (x) = −1 + x + 2
+ ··· + n
.
1. Montrer que pour tout n ∈ N∗ , il existe un unique xn ∈]0, 1] tel que fn (xn ) = 0.
2. Montrer que (xn )n est convergente.
3. (a) Montrer que x2 ∈]0, 1[.
(b) Trouver alors la limite de (xn )n .

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