Cas pratique 2 :
Monsieur Baum a acheté une maison d'habitation à Monsieur Garten. Le contrat de vente ne
précise pas quelle est la consistance exacte des biens vendus.
En raison de l'excellent état de la maison, M. Baum compte s'y installer dès la remise des clés.
Lorsqu'il avait visité la maison et avait informé M. Garten de sa décision d'acheter celle-ci, des
jardinières contenant différents végétaux, des outils de jardin, des semences et une tondeuse à
gazon étaient entreposées au sous-sol.
M. Garten avait alors assuré à M. Baum qu'il lui laisserait tout ce matériel.
M. Baum qui vient de se rendre sur place pour organiser son prochain déménagement constate la
disparition des différents objets et surtout, il se rend compte que les convecteurs électriques qui
existaient dans toutes les pièces de la maison ont été enlevés. Leur enlèvement n'a laissé que
quelques traces et les murs ne sont pas détériorés.
Par contre, l'arrachage des fils électriques a endommagé le circuit électrique auquel les radiateurs
étaient reliés, à tel point que la maison est totalement privée d'électricité (absence d'eau chaude, de
lumière, impossibilité d'installer des appareils électriques…).
Désespéré, M. Baum vient vous consulter afin que vous puissiez déterminer la nature juridique de
chaque bien. Avant tous, il vous demande de déterminer la règle de droit applicable qui vous
permet de faire cette distinction.
Esquisse de réponse à la demande de Mr Baum
Majeure
La distinction entre biens meubles et biens immeubles est une question fondamentale en droit
civil, particulièrement dans le cadre du droit de propriété et des transactions immobilières. Les
règles de droit qui régissent cette distinction se trouvent principalement dans le Code civil
français, notamment dans les articles 516 à 543. Tout d’abord, l’article 516 du code civil dispose :
« tous les biens sont meuble ou immeuble.» De cette disposition, il est clair qu’il existe une
distinction des biens édictée par le code civil. Ensuite, Les biens immeubles dont parle cette
disposition sont définis par l'article 517 du Code civil : « Les biens sont immeubles, ou par leur
nature, ou par leur destination, ou par l'objet auquel ils s'appliquent. » Cette définition englobe tout
ce qui est attaché de manière permanente à la terre, ce qui inclut non seulement les constructions,
mais aussi les éléments naturels tels que les arbres, les rivières, et même les mines lorsqu'elles sont
exploitées. Les biens immeubles se caractérisent donc par leur immobilité ; ils ne peuvent être
déplacés sans entraîner une destruction ou une dévaluation de leur valeur. Pour conclure, l'article
527 du même code définit les biens meubles comme « Les biens sont meubles par leur nature ou
par la détermination de la loi ». Ces meubles par nature et détermination sont ceux qui peuvent se
transporter d'un lieu à un autre comme indiqué dans les articles 528 et 529 du code civil. Cette
catégorie inclut les objets mobiliers, tels que les meubles, les véhicules, et les biens incorporels
comme les actions ou les créances. Les biens meubles peuvent être classés en deux sous-catégories
: les biens meubles corporels, qui sont des objets physiques (comme une voiture ou un livre), et les
biens meubles incorporels, qui sont des droits ou des valeurs (comme des parts sociales ou des
droits d'auteur).
Mineur
En l’espèce, Monsieur Baum a acheté une maison à Monsieur Garten sans que le contrat de vente
ne précise les biens inclus dans la vente. Lors de la visite, M. Garten avait promis de laisser
certains biens présents dans la maison, tels que des jardinières, des outils de jardin, des semences
et une tondeuse. Cependant, lors d'une récente visite de la maison, M. Baum a constaté la
disparition de ces objets ainsi que celle des convecteurs électriques présents dans toutes les pièces.
L'enlèvement des convecteurs a endommagé le système électrique, privant la maison d'électricité
et empêchant l'utilisation d'eau chaude, de lumière ou d'autres appareils électriques. M. Baum, qui
comptait s'installer rapidement, est désormais dans une situation compliquée et souhaite connaître
la nature juridique des biens disparus ainsi que la règle de droit applicable pour distinguer les
biens meubles des immeubles dans ce contexte.
Toutefois, il faut noter que l'expression "nature juridique" fait référence aux caractéristiques et à la
classification d'un acte, d'un contrat, d'une institution, ou d'un bien dans le cadre du droit. La
nature juridique permet de déterminer quel régime juridique s'applique à une situation donnée. En
d'autres termes, il s'agit d'identifier les règles de droit qui régissent un certain élément juridique et
d'en comprendre les implications. Ainsi, compte à la distinction entre bien meuble et immeuble, il
conviendra tout d’abord d’apporter un éclaircissement sur ces deux points avant de proposer une
solution à Mr Baum.
Les biens immeubles édicté par les articles 517 à 526 du code civil sont définis par leur
attachement au sol ou à un bâtiment et sont classés en trois catégories principales (article 517 du
code civil). Parmi ces catégories, nous avons les immeubles par nature qui sont des biens
immobiles par essence et sont ancrés dans le sol. De ce fait, nous avons par exemple : terrain, sol,
maisons, arbres plantés dans le sol, les constructions : les bâtiments, les ponts, les canalisations…
A noter que les matériaux qui ont servi à la construction (les pierres, le plâtre, la peinture…) sont
aussi des immeubles par nature s’ils lui sont indissociablement liés et ne peuvent être enlevés sans
porter atteinte à son intégrité (Cass. Ass. Plén., 15 avril 1988) … La caractéristique principale de
ces biens est qu’ils ne peuvent être déplacés sans être détruits ou endommagés. Ensuite, une autre
catégorie est celle des immeubles par destination. Ces biens sont initialement des biens meubles,
mais ils deviennent immeubles car ils sont affectés de manière permanente à un immeuble pour
son service ou son exploitation. Deux conditions sont nécessaires pour qu’un bien puisse être
qualifié d’immeuble par destination : Le bien doit appartenir au propriétaire de l’immeuble par
nature et enfin Le propriétaire de l’immeuble par nature doit avoir la volonté de créer un lien entre
le bien meuble et le bien immeuble. Ce lien peut être économique ou matériel. Le lien économique
: les biens affectés au service ou à l’exploitation d’un fonds (art. 524 du Code civil). Ce sont les
biens qui sont utiles économiquement à l’immeuble auquel ils sont affectés. Exemple : les
animaux affectés à l’exploitation d’un fonds agricole sont soumis au régime des immeubles par
destination. Le lien matériel : les biens attachés à perpétuelle demeure (art. 525 du Code civil). Il
s’agit des meubles qui sont des accessoires permanents de l’immeuble par nature, qui ont une
fonction somptuaire, d’ornement et qui ne peuvent être détachés sans être détériorés. Exemples :
les glaces, les tapisseries, les tableaux scellés dans un mur… A noter : le meuble incorporé devient
immeuble par nature s’il est indissociablement lié à la construction et ne peut être détaché sans
porter atteinte à son intégrité (exemples : une fenêtre, une porte…). A l’inverse, c’est un immeuble
par destination sison détachement reste concevable. La caractéristique principale de ces biens c’est
le lien entre le bien meuble et l’immeuble auquel il est attaché. Enfin, la dernière catégorie sont les
immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent qui sont définis à l’article 526 du code civil. Ce sont
des droits portant sur un immeuble ou des droits réels immobiliers. A titre d’exemple nous avons :
usufruit portant sur un bien immobilier, servitudes, hypothèques, droit de propriété sur un
immeuble. La caractéristique principale de ces biens est qu’il s'agit de droits et non de biens
physiques.
Les biens meubles édicté par les articles 527 à 536 du code civil sont caractérisés par leur
mobilité, soit intrinsèque, soit due à une action extérieure. Par principe, l’article 527 du Code civil
dispose que « les biens sont meubles par leur nature ou par la détermination de la loi ». Il faut
ajouter une troisième catégorie, créée par la jurisprudence : les meubles par anticipation.
S’agissant de la première catégorie qui sont les meubles par nature, il faut retenir que ces biens
sont des objets matériels pouvant être déplacés sans les endommager. Il s’agit donc de tous les
biens qui peuvent se transporter d’un lieu à un autre (art. 528 du Code civil). Exemples : une
armoire, une voiture, les meubles de maison, les objets de décoration, les vêtements, les
jardinières, les outils de jardin, les tondeuses. La caractéristique principale de ces biens est que
leur déplacement n'altère pas leur nature. Après cette première catégorie, vient la seconde qui sont
les meubles par anticipation. Ce sont des biens qui, bien qu’attachés au sol ou à un immeuble, sont
destinés à devenir meubles après leur détachement. Par exemple : les récoltes sur pied avant la
moisson, les arbres destinés à être abattus. Il faut donc retenir ici que la caractéristique principale
est qu’ils deviennent meubles une fois détachés de leur support. Enfin, la dernière est la catégorie
des meubles par détermination de la loi édicté à l’article 529 du code civil. Ce sont des droits
incorporels, mais que la loi qualifie de meubles. Par exemple : les actions, les parts sociales, les
obligations les créances mobilières. La caractéristique principale c’est bien que ce soient des droits
incorporels, la loi les classe parmi les meubles.
Conclusion
Dans le cas de M. Baum et M. Garten, la distinction entre biens meubles et biens immeubles est
essentielle pour déterminer si certains objets devaient être laissés dans la maison ou non. Voici
donc l'analyse détaillée :
Tout d’abord, débutant par les immeubles. La loi dispose à son article 516 du code civil qu’il
existe trois types d’immeubles. Ainsi, nous allons baser notre distinction sur ce point.
S’agissant des Immeubles par nature : la maison elle-même est un immeuble par nature, car elle
est fixée au sol. Le terrain (s’il y en a), est immeuble par nature car il est ancré au sol. En
conclusion, ces éléments ne peuvent être retirés de la vente.
Par contre, les immeubles par destination comptent à eux sont des biens meubles liés de façon
permanente à l’immeuble pour son usage. De ce fait, les convecteurs électriques, fixés aux murs et
nécessaires au chauffage, ils sont considérés comme immeubles par destination. Leur enlèvement
constitue une atteinte à la maison en tant qu'immeuble. De même, les fils électriques, faisant partie
intégrante de l’installation électrique de la maison, ils sont également des immeubles par
destination. Leur arrachage a endommagé l’immeuble. Ainsi, ces biens devaient rester dans la
maison au moment de la vente.
Pour finir, s’agissant des immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent, il n'y a pas de mention
explicite de droits réels comme des servitudes ou hypothèques dans ce cas pour en faire mention
dans la classification demander par Mr. Baum.
Enfin, nous finissons ainsi par les biens meubles qui est la deuxième catégorie de biens.
Tout d’abord, nous martelons sur les meubles par nature qui sont des biens pouvant être déplacés
sans être fixés à l’immeuble. De ce cas précis, sont meubles par antre : les jardinières avec
végétaux, les outils de jardin, les semences et enfin la tondeuse à gazon. Ces objets sont des biens
meubles par nature car ils ne sont pas fixés à la maison. En conclusion, ces biens meubles, M.
Garten avait promis verbalement de les laisser, pourrait engager sa responsabilité.
Enfin, après analyse du cas soumis à nous, aucun bien ne relève de la catégorie des meubles par
anticipation dans ce cas particulier. C’est malheureusement le même constat pour les meubles par
détermination de la loi puisqu’aucun droit incorporel (comme des parts sociales ou créances) n'est
mentionné dans ce cas.
Voici un résumé rapide de ce qui vient dit :
Type de bien Exemples Caractéristique principale
Immeubles par nature Maison, terrain, arbres Fixés au sol, immobiles
Immeubles par destination Radiateurs fixés, matériel agricole Meubles attachés durablement à un
immeuble
Immeubles par objet Usufruit, hypothèques, servitudes Droits réels sur des immeubles
Meubles par nature Meubles, vêtements, outils Déplaçables sans les endommager
Meubles par anticipation Récoltes sur pied, arbres à abattre Destinés à devenir meubles après
détachement
Meubles par la loi Actions, créances, parts sociales Biens incorporels qualifiés de meubles
par la loi
Dissertation juridique : La distinction des personnes et des biens
Esquisse d’introduction générale
Accroche et annonce du sujet
Depuis l'Antiquité, les juristes se sont attachés à établir des distinctions fondamentales dans
l'organisation du droit, notamment entre les personnes et les choses. Cette distinction, au cœur du
droit civil, reflète la séparation entre les sujets de droit, capables de jouir de droits et de contracter
des obligations, et les objets de droit, qui sont l'objet de ces droits. C’est dans cette logique que
s’articule notre sujet : la distinction des personnes et des biens.
Définition des concepts clés
Les personnes désignent les entités, physiques ou morales, qui possèdent la personnalité juridique,
c'est-à-dire la capacité d’avoir des droits et des obligations. Les choses, en revanche, sont les
objets de ces droits, qu’il s’agisse de biens matériels ou immatériels. Cette distinction a une portée
essentielle, car elle organise la structure des rapports juridiques en définissant qui agit et sur quoi
ou qui porte l’action.
L’historique ou l’histoire du sujet
L'histoire de la distinction entre les personnes et les choses remonte au droit romain, où les
juristes ont posé les bases de cette classification fondamentale en séparant les personae (sujets de
droit) des res (objets de droit). Le droit romain distinguait également entre les biens corporels et
incorporels, influençant les systèmes juridiques modernes. Au Moyen Âge, cette distinction fut
approfondie sous l'influence des canonistes et des théologiens. Avec l'avènement du Code civil de
1804, cette séparation devint un principe fondamental du droit français, structurant les rapports
juridiques autour des sujets et objets de droit. Aujourd'hui, cette distinction est essentielle pour
définir les droits, obligations et responsabilités des individus et des entités morales face aux biens
matériels et immatériels.
L’intérêt du sujet
L'intérêt théorique de cette distinction réside dans la compréhension des catégories juridiques
fondamentales, tandis que son intérêt pratique se manifeste dans la vie quotidienne : déterminer
qui peut contracter, posséder, ou être responsable, et ce sur quoi portent les droits (biens,
obligations).
La problématique
Comment le droit opère-t-il une distinction claire entre les personnes et les choses, et quelles
implications en découlent sur le plan juridique ?
Annonce du plan
Pour y répondre, nous examinerons dans une première partie la notion de personnes et leur statut
juridique (I), avant de nous pencher sur la classification des choses en droit et leur régime (II).
Plan de la dissertation
I.- La notion de personnes et leur statut juridique
A.- Les personnes physiques : acquisition et perte de la personnalité juridique
➢ Acquisition de la personnalité juridique : La naissance vivante et viable marque
l’acquisition de la personnalité.
➢ Perte de la personnalité juridique : Elle s'éteint au moment du décès.
➢ Droits et obligations : Toute personne physique a des droits fondamentaux (droit à la vie, à
l’intégrité, à la liberté) et peut contracter des obligations.
B.- Les personnes morales : création, fonctionnement et régime juridique
➢ Création des personnes morales : Par acte juridique (associations, sociétés), elles
acquièrent une personnalité distincte de leurs membres.
➢ Capacité juridique : Les personnes morales ont des droits (posséder des biens, ester en
justice) mais aussi des obligations (paiement de dettes, responsabilité civile).
➢ Distinction avec les personnes physiques : Les personnes morales n’ont pas de droits
attachés à la personnalité humaine (droit à la vie, etc.).
II.- La classification des choses et leur régime juridique
A.- La distinction entre biens meubles et immeubles
➢ Biens immeubles : Par nature (terrain, bâtiment), par destination (mobilier fixé à
l’immeuble).
➢ Biens meubles : Par nature (objets mobiles) ou par détermination de la loi (créances,
actions).
➢ Importance pratique : La distinction détermine les règles applicables en matière de vente,
de propriété ou de gage.
B.- Les catégories spécifiques de choses : choses corporelles, incorporelles, et choses
communes
➢ Choses corporelles et incorporelles : Choses matérielles (meubles, immeubles) et
immatérielles (droits d’auteur, créances).
➢ Choses communes : Biens qui ne peuvent appartenir à personne (air, eau de mer), mais
dont l’usage est commun à tous.
➢ Choses consomptibles et non consomptibles : Biens consommés par leur usage (nourriture)
ou durables (meubles).