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Fiscalité des entreprises : Impôt sur les sociétés

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2éme année BTS – CGE / TIC NDB /2024–2025/ Fiscalité Des Entreprises

Chapitre 1 : Impôt sur les sociétés (IS)

Selon les dispositions de (l’Art.1 du CGI) l’impôt sur les sociétés (IS), remplace l’Impôt
sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux (IBIC) et l’Impôt Minimum Forfaitaire (IMF).

Il s’applique aux personnes morales et les organismes assimilés soumises à l’impôt sur
les sociétés, aux établissements stables de sociétés de capitaux étrangères établis en
Mauritanie ainsi qu’à certains revenus versés aux personnes morales étrangères non
établies en Mauritanie.

Section 1 – Champ d’application de l’impôt sur les sociétés

A) Personnes imposables

Les sociétés sont passibles de l’impôt sur les sociétés en raison de :

- La forme juridique, où ;
- L’objet sociale.
a) Les sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés en raison de leur forme
juridique sont :

1° les sociétés de capitaux ou assimilés quel que soit leur objet, notamment les sociétés
anonymes et les sociétés à responsabilité limitée y compris celles ne comprenant qu’un
associé unique ;

2° les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple, les sociétés en
participation et les Groupements d’intérêt économique.

b) Les sociétés imposables à l’impôt sur les sociétés en raison de leurs activités :
❖ Les établissements publics, les organismes de l’État ou des collectivités territoriales,
qui jouissent de l’autonomie financière et se livrent à une activité à caractère
industriel ou commercial ou à des opérations à caractère lucratif.
❖ Les sociétés civiles quelle que soit leur forme qui se livrent à des opérations de
nature industrielle, artisanale, agricole, économique ou commerciale

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2éme année BTS – CGE / TIC NDB /2024–2025/ Fiscalité Des Entreprises

❖ Toutes autres personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations à


caractère lucratif.
B) Exonérations

Sont exonérés de l’impôt sur les sociétés :

1)- les sociétés et organismes à caractère coopératif ;

2)- les organisations non gouvernementales ;

3)- les Groupements d’intérêts économiques. Toutefois, les membres des groupements
d’intérêts économiques sont soumis, chacun pour sa part de bénéfice issu du
groupement, à l’impôt sur les bénéfices dont ils relèvent ;

4)- les établissements publics de l’État ou des collectivités territoriales sans but lucratif
n’ayant pas un caractère industriel ou commercial.

Section 2 – Notion du Bénéfice Imposable :

L’article 7 du CGI fournit deux définitions du bénéfice imposable

1ère définition : Approche par l’état de résultat :

Le bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés est le bénéfice net déterminé d’après les
résultats d’ensemble des opérations de toute nature, effectuées par les assujettis, y
compris notamment les cessions d’éléments quelconques de l’actif, soit en cours, soit en
fin d’exploitation.

2ème définition : Approche patrimoniale :

Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l’actif net à la clôture
et à l’ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l’impôt :

• Diminuée des suppléments d’apports, et ;


• Augmentée des prélèvements effectués au cours de la période par l’exploitant ou
par les associés.
A- Détermination du Bénéfice Imposable :

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Le bénéfice fiscal est déterminé à partir du bénéfice comptable tout en procédant aux
différents ajustements permettant de passer du résultat comptable au résultat fiscal.

La prise en compte de ces ajustements conduit à établir un tableau de détermination du


résultat fiscal (TDRF) qui regroupe les différentes réintégrations et déductions fiscales.

En pratique l’élaboration du (TDRF) nécessite la subdivision de celle-ci en deux


composantes :

1° Réintégration

Dans cette partie on rajoute au résultat comptable les ajustements suivants :

✓ L’excédent, des charges comptabilisées par rapport à celles exigée par le fisc ;
✓ Les charges qui ne peuvent faire l’objet d’aucune déduction suite à une
disposition expresse de la loi fiscale ;
✓ Le montant des charges qui ne répondent pas aux conditions de fonds ou de
formes prévues par la réglementation fiscales.

2° Déductions

✓ Le montant des produits qui devraient être imposés en vertu de l’application des
traitements comptables mais leur fait générateur d’imposition sur le plan fiscal n’a
pas encore eu lieu.
✓ Toutes correction des charges admise par le fisc.

En fin la préparation du TDRF nécessite de faire une revue des charges et produis
comptabiliser pour identifier les éventuelles divergences avec la réglementation fiscale.

TD1 : Soit une la société "El Ghaouth- SA" dont les données comptables et fiscales de
2023 sont :

- Produits comptabilisés : 12.000.000


- Charges comptabilisées : 9.500.000
- Résultat comptable : 2.500.000
- Charges comptabilisées mais non déductibles : 400.000
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2éme année BTS – CGE / TIC NDB /2024–2025/ Fiscalité Des Entreprises

- Produits comptabilisés mais non imposables : 500.000

Calculer le résultat fiscal imposable.

Solution 1 :

1ére Méthode :

Résultat fiscal net = Produits imposables - charges déductibles

Produits imposables = 12.000.000 - 500.000 = 11.500.000

Charges déductibles = 9.500.000 - 400.000 = 9.100.000

Alors :

Résultat fiscal net = Produits imposables - charges déductibles

Résultat fiscal = 11.500.000 - 9.100.000 = 2.400.000

2éme Méthode :

Résultat fiscal net = Résultat comptable + réintégrations (charges non déductibles) -


déductions (Produits non imposables)

Résultat fiscal net = 2.500.000 + 400.000 - 500.000 = 2.400.000

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS OBSERVATIONS


Résultat comptable 2.500.000
Charges comptabilisées mais non déductibles 400.000
Produits comptabilisés mais non imposables 500.000
Total 2.900.000 500.000
Résultat fiscal net 2.400.000

B- Produits imposables

En principe tous les produits comptabilisés au cours d’un exercice sont imposés
fiscalement au cours de la même période sauf s’ils :

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➢ Sont exonérés expressément par la loi ;


➢ Ou si leur fait générateur sur le plan fiscal n’est pas encore survenu à la date de
comptabilisation.

C- Vérification des charges comptabilisées

Pour être déductibles les charges comptabilisées doivent répondre à certaines conditions
de fonds et de forme qui peut être d’ordre général c'est-à-dire s’appliquent à l’ensemble
des charges comptabilisées ou d’ordre spécifique pour certaines charges sous peines de
perdre le caractère déductible des charges.

1- Conditions générales de déduction des charges

1. Les charges doivent se rattacher à la gestion normale de l’exploitation, ce qui exclut


les actes anormaux de gestion.

2. Les charges doivent être engagées dans l’intérêt de la société, ce qui exclut, à titre
d’exemple, les dépenses à caractère personnel du dirigeant ou de sa famille.

3. Les charges doivent se traduire par une diminution de l’actif.

4. Les charges ne doivent pas être exclues du résultat fiscal par une disposition
expresse de la loi.

5. Les charges doivent être comptabilisées au cours de l’exercice auquel ils se


rapportent.

6. Les charges doivent être appuyées de justifications suffisantes et probantes, il s’agit


des factures ou tout autre document apportant la preuve de la réalité de ces frais en
outre ces factures doivent être établies en conformité avec les dispositions du CGI (Nif,
autres informations) Art.14

7. Les charges payées en espèces à une autre entreprise ne sont pas déductibles si leur
montant unitaire excède deux cent mille (200.000) MRU

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8. Les charges doivent être portées sur une déclaration dans les conditions et délais
prévus par la législation en vigueur, sous peine de la non-déductibilité intégrale ou
partielle de charges.

2- Conditions spécifiques de déduction des charges


❖ Les libéralités, dons et subventions constituent des charges déductibles du
bénéfice imposable :
✓ Lorsqu’il s’agit de cadeaux et objets spécialement conçus pour la publicité ou
de versements effectués au profit des associations sportives et culturelles,
d’œuvres ou organismes d’intérêt général reconnus d’utilité publique.
✓ Cette déduction ne doit pas dépasser (2 ‰) du chiffre d’affaires et à la limite de
deux millions (2.000.000) MRU.
❖ Les pertes des écarts de conversions : Sont déductibles dans la limite de 3 % du
chiffre d’affaires réalisé en Mauritanie.
❖ Les frais de siège : La quote-part des frais de siège incombant aux sociétés établies
en Mauritanie ne peut pas dépasser 2 % du chiffre d’affaires réalisé en Mauritanie.
❖ Les frais financiers sont déductibles à condition : (Art 22 CGI)
➢ Qu’ils remplissent les conditions générales de déductibilité ;
➢ Qu’ils fassent l’objet de la retenue à la source tel que prévu à l’article 128 ;
➢ Que la copie du contrat de prêt conclu est dûment enregistrée auprès d’un notaire
agréé ;
➢ Les intérêts devront être calculés selon :
✓ La réglementation bancaire mauritanienne pour les prêts contractés avec des
établissements financiers mauritaniens ;
✓ Pour les autres prêts, dans la limite de ceux calculés au taux directeur de la
Banque Centrale de Mauritanie majoré de deux (2) points.

NB : Les intérêts rémunérant la fraction des comptes courants qui excède le capital
social n’est pas déductible.

❖ Les impôts et taxes :

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Les impôts et taxes à la charge de l’entreprise acquittés au cours de l’exercice, à


l’exception de l’impôt sur les sociétés, sont déductibles.

Par contre :

✓ Les dégrèvements ultérieurement accordés sur les impôts déductibles, doivent


faire l’objet d’une réintégration au résultat imposable de l’exercice au cours
duquel la société est avisée de ces dégrèvements.
✓ Les amendes, confiscations, pénalités et majorations de toute nature ne sont pas
admis en déduction des bénéfices soumis à l’impôt.
❖ Les amortissements :

Sur le plan comptable, l'amortissement est la répartition systématique du montant


amortissable d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation estimée. Il traduit la
diminution irréversible de la valeur d'une immobilisation résultant de l'usage, du temps,
du changement de technique et toute autre cause. La dotation aux amortissements de
l'exercice est constatée en charges.

Sur le plan fiscal, l’amortissement constitue une charge déductible du bénéfice


imposable sous certaines conditions et dans certaines limites.

Les conditions de ductibilité

En vertu de Art.25. Du CGI << Les amortissements relatifs aux coûts liés à l’acquisition, à
la construction ou à l’amélioration des immobilisations réellement comptabilisés ou
autorisés, sont déductibles dans la limite de ceux qui sont généralement admis d’après
les usages de chaque nature d’industrie, de commerce ou d’exploitation >>.

Ne fait pas partie de l’assiette de calcul des amortissements, la taxe sur la valeur ajoutée
ouvrant droit à déduction ainsi que la valeur des terrains pour les constructions.

Cas particuliers des amortissements admis en déduction :

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Les amortissements régulièrement comptabilisés, mais réputés différés en période


déficitaire sont déductibles sans limitation de durée. Ils sont obligatoirement imputables
dès le premier exercice bénéficiaire.

❖ Les provisions :

Pour les provisions les conditions suivantes doivent être remplies :

✓ La perte ou la charge doit être déductible par nature ;


✓ Les charges sont par nature prises en compte l’année de leur ordonnancement ;
✓ La perte ou la charge doit être précisée et évaluée avec une approximation
suffisante ;
✓ La charge doit apparaitre comme probable et non pas comme seulement
éventuelle ;
✓ La probabilité de la dépréciation ou de la charge doit résulter d’un événement
survenu au cours de l’exercice ;
✓ Les provisions doivent être effectivement comptabilisées avant l’expiration du
délai fixé pour la déclaration du résultat ;
3- Les provisions exclues de déduction :

1° Les provisions pour propre assureur constituées par une entreprise ;

2° Les provisions pour congés payés, de gratification et la provision pour indemnités de


départ à la retraite ;

3° Les provisions pour pertes de change ;

4° Les provisions pour dépréciation sur les immobilisations amortissables.

4- Les charges exclues de déduction


✓ Les jetons de présence et autres rétributions similaires décidés par AGO au profit
de membre de CA d’une société sauf ceux versés par une entreprise publique
mauritanienne ;

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✓ Les allocations forfaitaires qu’une société alloue à ses dirigeants et aux cadres
pour frais de représentation et de déplacement ;
✓ Les aides de toute nature consentis à une autre entreprise, à l’exception des
aides à caractère commercial ;

NB : Le déficit constaté au cours d’un exercice est considéré comme une charge
déductible du bénéfice imposable de l’exercice suivant.

A défaut de bénéfice le déficit ou le reliquat de déficit peut être déduit des bénéfices
imposables des exercices comptables suivants jusqu’au cinquième exercice qui suit
l’exercice déficitaire.

Section 3 : Régimes d’imposition

L’imposition des bénéfices à l’impôt sur les sociétés est établie selon deux régimes :
(BRN) et (BRI).

1 Régime du bénéfice réel normal (BRN)

Le régime du bénéfice réel normal s’applique aux sociétés dont le CA annuel HT est
supérieur à 5.000.000 MRU

Pour les sociétés dont le chiffre d’affaires s’abaisse en dessous de 5000 000 MRU ne
sont soumises au régime du bénéfice réel intermédiaire que lorsque leur CA est resté
inférieur à cette limite pendant deux exercices consécutifs.

2 Régime du bénéfice réel intermédiaire (BRI)

Le régime du bénéfice réel intermédiaire s’applique aux sociétés dont le CA annuel HT


est inférieur ou égale à 5.000.000 MRU

Les sociétés dont le CA s’élève en dessus de 5.000.000 MRU sont soumises au régime
du bénéfice réel normal dès l’exercice suivant.

Section 4 : Liquidation et paiement de l’impôt

A- Calcul de l’impôt sur les sociétés

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Selon les dispositions des articles 51 du CGI les contribuables soumis au régime de l’IS
sont imposés comme suit :

✓ Pour les sociétés soumises au régime du BRN, l’impôt sur les sociétés dû est égal à
25 % du bénéfice net imposable ou 2 % des produits, si ce dernier montant est
supérieur au premier. Avec un minimum de perception de l’impôt fixé à (100.000)
MRU.
✓ Pour les sociétés soumises au régime du BRI, l’impôt sur les sociétés dû est égal à
25 % du bénéfice net imposable ou 2,5 % des produits, si ce dernier montant est
supérieur au premier.

Pour les deux régimes d’impositions les transferts et reprises de charges sont exclues
de l’assiette de minimum d’impôt

B- Imputation des retenues à la source sur l’IS

Le paiement de l’impôt annuel est effectué en déduisant les avances et les retenues
opérées au cours de l’année selon la réglementation fiscale en vigueur à savoir :

✓ La retenue à la source sur IRCM 10% ;


✓ La retenue à la source sur IRF (10% sur le montant de loyer payé)
✓ Les acomptes spécifiques d’impôt sur les sociétés (30 000 MRU. Pour l’éligibilité à la
participation à un appel d’offre ou l’immatriculation au fichier des importateurs)
✓ Les acomptes de 2 % sur la valeur en douane des produits, augmentée de tous les
droits et taxes exigibles à l’exportation, ou l’importation à l’exclusion de la taxe sur la
valeur ajoutée, payés par les personnes morales assujetties à l’IS.

Remarque :

Lorsque l’imputation de ces retenues et acomptes ne peut être opérée ou n’est opérée
que partiellement, l’excédent de versement non utilisé constitue un crédit d’impôt
imputable sur la cotisation due au titre de l’IS des exercices suivants.

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