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Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

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Thèmes abordés

  • capteurs de température,
  • régime permanent,
  • erreurs de mesure,
  • modèle de Degiovanni,
  • analyse des données,
  • modèle de Yezou,
  • chaleur spécifique,
  • méthode du flux radial,
  • échantillons semi-infini,
  • précision de mesure
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  • erreurs de mesure,
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  • chaleur spécifique,
  • méthode du flux radial,
  • échantillons semi-infini,
  • précision de mesure

Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

INTRODUCTION

La connaissance des propriétés thermophysiques revêt une importance


particulière pour l'étude du comportement thermique des matériaux. La conductivité
thermique λ, la diffusivité thermique a, la chaleur spécifique c et l’effusivité thermique
b sont les paramètres thermophysiques les plus étudiés ; c’est ainsi qu’ils sont
essentiels au niveau des procédés de séchage, de chauffage, de refroidissement et en
thermique du bâtiment.

Dans la plupart des cas, la conductivité thermique et la diffusivité thermique


sont les grandeurs qu'on mesure, les autres s'obtiennent par déduction de calcul à l’aide
λ
des relations : a = et b = ρcλ .
ρc

La conductivité thermique est le paramètre thermophysique principal qu'il faut


prendre en compte pour le choix d'un matériau d'isolation thermique. La diffusivité
thermique représente la vitesse à laquelle la chaleur se propage à l'intérieur d'un
matériau. Ce paramètre caractérise la cinétique de réponse du milieu à une
perturbation thermique. Sa connaissance est alors primordiale dans le choix d’un
matériau d’isolation thermique.

Ce chapitre est une étude bibliographique sur les principales techniques de


mesure de la conductivité thermique et de la diffusivité thermique. Dans ce cadre nous
présentons, dans un premier temps, deux grandes classes de techniques de mesure de
la conductivité thermique : les techniques de mesure en régime transitoire et les
techniques de mesure en régime permanant. Pour les premières, nous décrivons le
principe de la méthode du fil chaud et la méthode du disque chaud. En ce qui concerne
les techniques de mesure en régime permanant, nous exposons le principe de la
méthode de la plaque chaude gardée, la méthode du flux radial et la méthode des
boîtes.

33 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

La suite du chapitre est consacrée à la présentation des techniques de mesure de


la diffusivité thermique. Nous présentons ainsi la méthode d’Angstrom, la méthode
calorimétrique et la méthode par effet mirage, qui sont des exemples des méthodes du
signal périodique. Puis, nous présentons la méthode flash avec quatre modèles qui
permettent d’estimer la diffusivité thermique à travers cette méthode.

Nous avons essayé de présenter de façon beaucoup plus détaillée la méthode


des boîtes et la méthode flash, car elles sont utilisées dans ce travail pour mesurer
respectivement la conductivité thermique et la diffusivité thermique.

1. TECHNIQUES DE MESURE DE LA CONDUCTIVITE


THERMIQUE

Différents critères peuvent être retenus pour effectuer une classification des
techniques de mesure de la conductivité thermique. Une première classification peut
être faite selon le mode d’excitation de l’échantillon étudié. On distingue : les
méthodes électrothermiques, et les méthodes photothermiques. Les premières utilisent
des résistances électriques qui permettent de créer un gradient thermique dans le
matériau étudié. Dans les deuxièmes méthodes, l’échantillon est chauffé par absorption
de photons ou, plus rarement, par des électrons.

Une deuxième distinction entre différentes méthodes s’appuie sur la définition


du régime thermique temporel du milieu. Ainsi, nous pouvons faire référence à deux
classes : les techniques de mesure en régime transitoire, et permanent. C’est cette
dernière classification que nous allons utiliser pour exposer dans ce chapitre certaines
techniques de mesure de la conductivité thermique.

1.1. Technique de mesure en régime transitoire


Les méthodes en régime transitoire consistent à appliquer sur un échantillon à
l'équilibre une perturbation thermique et à mesurer une ou plusieurs températures en

34 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

fonction du temps. Les variations de température sont comparées à des modèles


théoriques établis à partir de l’équation de la chaleur, ce qui permet de trouver une
relation directe entre les paramètres d’entrée et les grandeurs thermiques à mesurés.

Ces méthodes offrent la possibilité de mesurer à la fois la conductivité


thermique et autres grandeurs thermophysiques. En contrepartie de ses bons résultats
et de court temps d’expérimentation, ces méthodes présentent un défaut dû à un grand
nombre de limitations liées aux difficultés d’analyse des données obtenues, et au
problème de mise au point de matériaux à étudier. Parmi les méthodes les plus
utilisées, nous pouvons citer : la méthode du fil chaud et la méthode du disque chaud.

1.1.1. Méthode du fil chaud (Stalhane et Pyk, 1931)


A l’origine, cette méthode a été développée pour l’étude de la conductivité
thermique des liquides. Elle fut étendue par la suite à la caractérisation des milieux
solides (céramiques en particulier) et aux milieux poreux (De Vries et Peck, 1958).

Le principe expérimental consiste à placer un mince fil métallique, qui dégage


un flux de chaleur constant, entre deux blocs du matériau à caractériser pour les
matériaux solides et dans une enceinte fermée pour les gaz et les liquides. La mesure
consiste à relever la variation de la température du fil, soit par un thermocouple soudé
sur le fil, soit directement par la mesure de la résistance électrique du fil (Figure II-1).

Dans le cadre d’une modélisation simple du phénomène, on considère que le fil


est infiniment long produisant une densité source de chaleur radiale, appliquée à
l’instant initial. On suppose aussi que le transfert de chaleur est purement conductif.
L’échantillon est de dimensions infinies et ses propriétés thermophysiques sont
constantes.

35 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Echantillon

Fil chauffant

Thermocouple

Figure II-1 : Schéma de principe de la mesure de conductivité thermique par la


méthode du fil chaud.

Dans ces conditions, la résolution de l’équation de la chaleur en coordonnées


cylindriques donne la solution :
q r2
Tr (t ) − T0 = E1 ( ) (II.1)
4πλL 4at
où :
E1 est la fonction exponentielle intégrale.
T0 : température initiale.
q : puissance dissipé dans le fil chauffant.
L : longueur du fil chauffant.
a : diffusivité thermique de l’échantillon.

L’évolution de la température à l’interface échantillon /fil chaud, aux temps


longs, peut être approximée par :
q q 4a
Tr0 (t ) − T0 = Ln(t ) + Ln( 2 γ ) (II.2)
4πLλ 4πLλ r0 e

36 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

avec :
γ = 0.577 est la constante d’Euler.
r0 : rayon du fil.

La courbe Tr (t ) − T0 = f (en(t ) ) est une droite de ponte


q
. La détermination
0
4πLλ
expérimentale de cette ponte nous permet de déduire la conductivité thermique.

Cette méthode permet de mesurer la conductivité en régime transitoire, dans 60


à 240 secondes et pour une température allant de -150 à 200°C. La précision est de
l’ordre de 5%.

Le principal avantage de cette méthode est d’obtenir un résultat nettement plus


rapide. Par ailleurs, le protocole est beaucoup mois contraignant étant donné que les
mesures peuvent être réalisées sur des matériaux de forme quelconque. Ce type de
mesure est donc très commode dans de nombreuses applications, par exemple pour
contrôler de manière rapide les propriétés du matériau lors de son processus de
fabrication. Tous ces avantages font de cette technique la méthode de caractérisation la
plus connue et la plus utilisée par le monde industriel.

Néanmoins, il est important de noter les sources principales d’erreur :


– Inertie du fil.
– Résistance de contact entre la sonde et l’échantillon.
– Hypothèse du milieu semi-infini qui engendre une ambiguïté sur la partie linéaire du
thermogramme ; en effet aux temps longs la courbe est perturbée par le milieu
forcément limité. Pour éviter d’avoir à prendre en compte des temps trop longs (vis à
vis des dimensions de l’échantillon), il faudra utiliser un modèle plus fin ; dans ce cas,
il sera nécessaire de connaître la chaleur volumique ρc du milieu (même
grossièrement) pour obtenir une bonne identification de la conductivité « élimination
d’un paramètre dans le modèle fin » (Degiovanni, 1994).

37 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

1.1.2. Méthode du disque chaud "Hot Disk" (Gustaffson, 1991)


Cette technique s’intéresse à la mesure simultanée de la conductivité thermique,
et de la diffusivité thermique et donne par déduction la chaleur massique des
matériaux. Elle permet à partir de montages simples d'obtenir les caractéristiques
thermiques de nombreux matériaux allant des métaux aux tissus en passant par les
poudres et les liquides.

Le principe repose sur l’observation de la température moyenne d’une source


plane circulaire, placée dans un milieu infini, et délivrant une puissance d’énergie
thermique constante dans le temps. Le dispositif associé comporte alors une sonde
chauffante plane et circulaire placée entre deux échantillons identiques pouvant
s’assimiler à un milieu infini pendant la durée de l’expérience (Figure II-2). L’élément
chauffant se présente sous forme d’un disque constitué d’une double spire d’un
élément résistif inséré entre deux feuilles minces d’isolant électrique. La double spire
permet à la fois d’assurer un chauffage uniforme du disque et d’en mesurer la
température moyenne.

Figure II-2 : Schéma de principe de la mesure de conductivité thermique par la


méthode du disque chaud.

Gustafsson (1991) montre que l’évolution de la température moyenne de la


sonde au cours du temps est approchée théoriquement par :

38 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

q at
Ts (t ) − T0 = qRc + 3
F (τ ) , τ= (II.3)
r0
π r0 λ
2

avec :
τ
m m  l 2 + k 2   lk 
F (τ ) = [m(m + 1)]  
−2
0 d σσ −2
l k exp − I
2 2  0 
 4m σ   2 m σ
2 2
 l =1 k =1 

ou :
q : puissance délivrée par la sonde.
r0 : rayon de la sonde.
Rc : résistance de contact entre la sonde et l’échantillon.
T0 : température initiale.
m : nombre de spires de la sonde.
I0 : fonction de Bessel modifiée d’ordre 0.

En confrontant l’équation (II-3) avec l’évolution expérimentale de la


température de sonde, on peut donc déterminer à la fois la conductivité et la diffusivité
thermique du matériau.

Jannot et Acem (2007) ont proposé d’améliorer le modèle de transfert, en


utilisant une approche de modélisation par quadripôles thermiques. Les auteurs
introduisent dans les calculs l’inertie de la sonde et la résistance de contact
sonde/échantillon.

Selon le fabricant, cette méthode permet de mesurer une conductivité thermique


allant de 0.005 à 500 W/m°C. Les températures moyennes de mesure peuvent aller de
l’ambiance à 800°C. À température ambiante, l’incertitude annoncée sur la
conductivité thermique est de 2 à 5%.

39 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

1.2. Technique de mesure en régime permanent


Les mesures en régime permanent reposent sur l’utilisation de la loi de Fourier
à l’état stationnaire. Ceci en déterminant la densité de flux de chaleur traversant
l’échantillon et le gradient de température le long de la normale à l’échantillon.

Ces méthodes ne sont pas destinées à mesurer toutes les grandeurs


thermophysiques. En effet, seule la conductivité thermique est mesurée. Entre autres
nous citons : la méthode de la plaque chaude gardée, la méthode du flux radial et la
méthode des boîtes.

1.2.1. Méthode de la plaque chaude gardée (Tye, 1969; Marechal et


Devisme, 1974)
La méthode compte parmi les méthodes les plus classiques de mesure de la
conductivité thermique. Le principe consiste à placer les deux faces intérieures de
deux échantillons plans identiques, de section carrée de 50 cm de côté et d'épaisseur
variant de 1 à 10 cm, de part et d’autre d’une résistance chauffante. Les deux faces
extérieures des échantillons sont refroidies par des échangeurs à circulation d'eau
maintenue à une température constante. L’ensemble est isolé thermiquement pour
réduire l’effet perturbateur de l’ambiance. La résistance chauffante est divisée en deux
parties qui peuvent être réglées indépendamment l'une de l'autre. On constitue ainsi sur
chaque échantillon une zone de mesure (la zone centrale) et une zone de garde
légèrement surchauffée pour éviter les pertes thermiques de la zone de mesure par les
bords. Grâce à ce dispositif de garde les lignes de flux de chaleur dans la zone de
mesure sont orthogonales aux faces de l’échantillon. Les températures de deux faces
des échantillons sont mesurées par des thermocouples (Figure II-3).

Lorsque le régime permanent est établi, la conductivité thermique est donnée


par la formule :
1 qe
λ= (II.4)
2 S∆T
avec :

40 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

q : puissance dégagée par effet Joule dans la résistance chauffante.

e : épaisseur de l’échantillon.
S : aire de la surface de la zone de mesure.
∆T : écart de température entre les côtés chaud et froid de l’échantillon.

A B C D R

zone de mesure 0,25 m e


E
Fluide de
refroidissement
e

0,50 m

A = Thermocouples
B = Isolation
C = Plaque de refroidissement à circulation d'eau
D = Plaque d'uniformisation de la température
R = Résistance chauffante
E = Echantillon
e = Epaisseur des échantillons (variable de 1 à 10 cm)
(les échantillons sont placés verticalement sur leur tranche)

Figure II-3 : Vue en coupe du dispositif expérimental de la méthode de la plaque


chaude gardée.

Cette technique est particulièrement adaptée à la mesure de la conductivité


thermique des matériaux isolants et permet d’obtenir la conductivité thermique avec
une grande précision (autour de 1%). Néanmoins, cette méthode est difficile à mettre
en œuvre et les temps opératoires nécessités sont souvent longs (régime permanent en
1 à 3 jours).

41 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

1.2.2. Méthode du flux radial ou méthode du cylindre (Crausse, 1983)


Le principe de cette méthode est le même que celui de la plaque chaude gardée,
mais elle est utilisée pour la mesure de la conductivité thermique de matériaux
granulaires ou pulvérulents (sable sec, terre, sciure de bois ou tout matériau en vrac).

Le matériau est placé dans l’espace annulaire déterminé par deux cylindres à
bases circulaires, concentriques de rayons R1 et R2 et de hauteur L (Figure II-4). Le
cylindre intérieur porte une résistance électrique qui engendre un flux thermique q par
effet joule. Le cylindre extérieur est refroidi par une circulation d’eau. L’isolation aux
extrémités de la cellule est assurée par deux embouts en makrolon de conductivité
thermique de l’ordre de 0.275 W/m°C.

q R1
R2

Figure II-4 : Méthode du flux radial.

Le régime permanent est atteint lorsque la différence de température ∆T de part


et d’autre de l’espace annulaire est constante. Dans ces conditions, la conductivité
thermique est donnée par :
q Log ( R2 / R1 )
λmes = (II.5)
2π L ∆T

Combarnous (1970) tient compte des pertes thermiques au niveau de l’extrémité


de la cellule de mesure et propose comme valeur réelle de la conductivité thermique :

λ = λ mes (1 − ε ) (II.6)

42 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

ε : étant l’erreur due aux pertes thermiques.

Comme pour la méthode précédente, le temps d'expérimentation est long et le


montage technique est délicat à mettre en œuvre. Les températures moyennes de
mesure sont comprises entre 20°C et 50°C, ce qui empêche les mesures à faibles et à
hautes températures. La précision de mesure mentionnée par les utilisateurs de la
méthode, dans le cas le plus défavorable, est de l’ordre de 9%.

1.2.3. Méthode des boîtes (Dispositif utilisé)


La technique de mesure que nous avons utilisée pour mesurer la conductivité
thermique est la méthode dite des "boîtes". Elle a été mise au point au laboratoire
d'Etudes Thermiques et Solaires de l'Université Claude Bernard Lyon I en France
(Mourtada, 1982; Menguy et al., 1986; Mourtada, 1988). Un prototype similaire à été
monté dans le Laboratoire d'Energétique de la Faculté des Sciences de Tétouan au
Maroc. Cette technique permet de mesurer la conductivité thermique des matériaux
testés en régime permanent en réalisant un bilan énergétique du système.

A. Description de la cellule de mesure


Les Figures II-5 et II-6 donnent une vue générale de l’ensemble du dispositif
expérimental de mesure. Le dispositif se compose essentiellement des éléments
suivants :
Capacité isotherme A

C’est une enceinte de dimensions externes (200×100×45) cm3. Elle est


maintenue à une température assez faible allant jusqu’à –10°C, grâce à un échangeur
thermique H situé à sa base et alimenté par de l’eau glycolée refroidie par un cryostat
K. Cette enceinte joue ainsi le rôle de la source froide du système. Son isolation est
assurée par le styrodur.

Boîtes chaudes B

Le dispositif contient deux boîtes identiques, ce qui permet donc de faire deux
mesures simultanées. Les deux boîtes sont en contre-plaqué, isolées de l'intérieur par du

43 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

styrodur et présentant chacune une face ouverte. Elles sont munies sur la partie interne de
leur face supérieure d’une résistance chauffante R dont l'émission de chaleur peut être
régulée à l'aide d'un rhéostat. L'intérieur des boîtes joue ainsi le rôle de l'ambiance
chaude.

Echantillon E

Les échantillons à tester doivent avoir une forme parallélépipédique de 27 cm


de côtés et d’une épaisseur allant de 1 à 7 cm. Ils se placent entre la boîte B et la
capacité isotherme A (Figure II-7) de telle sorte que les flux latéraux soient
négligeables. L’échantillon présente ainsi une face chaude du côté de la boîte et une
face froide du côté de la capacité isotherme.

Capteurs de température

Les capteurs de température sont des thermosondes en platine (DIN 43760,


100Ω à 0°C) : sondes SP 683 GAL pour la mesure des températures de surface et
sondes M1 pour la mesure des températures d'ambiance.

Chaque boîte est munie de trois sondes : deux de surface et une d’ambiance.
Les sondes de surface sont notées Tc et Tf respectivement pour la face chaude et la
face froide. La sonde d’ambiance est notée TB. On trouve aussi deux autres sondes
d’ambiance, l’une pour la température de la salle (notée Ta), l’autre pour la
température à l’intérieur de la capacité isotherme (notée TA). Les positions de ces
différentes sondes sont repérées sur la Figure II-7.

44 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Figure II-5 : Dispositif de la méthode des boîtes disponible dans le Laboratoire


d'Energétique de la Faculté des Sciences de Tétouan.

Micro Ordinateur
Cables de liaisons

Centrale d’acquisition Résistance chauffante R


des données DIGITI Bornier
35 cm Boîtes B Echantillon E
35 cm

Enceinte
100 cm
Cryostat K

Console de control 45 cm
et de mesure.

Capacité isotherme A
Echangeur thermique H
200 cm

Figure II-6 : Représentation en perspective du dispositif de la méthode des boîtes.

45 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Contre-plaqué
Boîte B Styrodur

Résistance chauffante
TB
Ta
Sondes

Tc

TF
Echantillon E
TA Capacité isotherme A

Figure II-7 : Position de l’échantillon dans la boîte B et position des sondes.

Acquisition des données


L’acquisition des données consiste à mesurer les différentes températures et les
puissances dégagées par les résistances chauffantes. La mesure de la puissance passe
par la mesure de la tension stabilisée appliquée V ; mesure faite par une console de
mesure. La mesure de températures est faite à l’aide de la centrale de mesure DIGITI
SA10 (11 voies). L’appareil (SA10) est programmé et piloté par un ordinateur en
utilisant le logiciel LS10.

Régulation hygrométrique
Pour mesurer la conductivité thermique des matériaux en fonction de l'humidité
de l'air ambiant, l'installation de mesure peut être branchée à un système de régulation
hygrométrique. Cette installation de mesure nous permet donc d’étudier toutes sortes
de matériaux dans des conditions réelles d'utilisation en température et en humidité.

Le système expérimental présenté dans la Figure II-8 permet de faire varier


séparément les hygrométries de l'air des deux côtés de l'échantillon. Diverses valeurs
d'humidité relative de l'air peuvent être obtenues de part et d'autre de l'échantillon par
l'intermédiaire des solutions salines saturées donnant une température de rosée fixe

46 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

(température d'équilibre entre l'air et la solution saline). Cette température est mesurée
par des sondes hygrométriques spéciales. Une double pompe permet la circulation
continue de l'air dans la capacité isotherme et à l'intérieur de la boîte B. La circulation
de l’air est contrôlée par un débitmètre. En effet, les débits doivent rester faibles afin
d'assurer une humidité constante et d'éviter des perturbations au cours des mesures par
une convection interne.
B oîte cha u de 1 2
S D
1 1
R é sista n ce cha u ffan te
E c han tillon
P
1
3

1
S
2

2 D
2
4
C a pac ité is othe r me
3 P
2

E cha n geu r
1: so nd e h ygro m étriq u e
4 2: déb im ètre
3: po mp e
4: solutio n s aline sa tu r ée

Figure II-8 : Méthode des boîtes avec régulation hygrométrique.

Le Tableau II-1 donne différentes humidités relatives de l'air en fonction de la


température pour différentes solutions salines saturées (ASCH, 1982).

Solutions Salines Saturées Humidité relative (en %) à différentes températures


10°C 20°C 30°C 40°C 50°C
Chlorure de Lithium 14 12 12 11 11
Chlorure de Magnésium 34 33 33 32 31
Chlorure de Sodium 76 76 75 75 76
Sulfate de Potassium 98 97 96 96 96

Tableau II-1 : Humidité relative de l’air en équilibre avec différentes solutions salines
saturées.

47 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

B. Principe de mesure

Matériaux compacts

Le principe de mesure de la conductivité thermique des matériaux à tester est


basé sur la réalisation de façon permanente d’un écoulement de chaleur unidirectionnel
à travers l’échantillon, supposé homogène et sans génération interne de chaleur, en
créant un gradient de température entre la capacité isotherme (source froide) et la boîte
B (source chaude).

Avant le démarrage de la mesure, le cryostat doit être lancé au moins 24 heures


en avance. Il est réglé en fonction de la température ambiante qu'on veut imposer à
l'intérieur de la capacité isotherme froide. En suite, l'échantillon est placé dans la boîte
de mesure et nous appliquons aux bornes de la résistance chauffante une tension V, en
se basant sur un diagramme de référence qui donne approximativement la valeur de
cette tension en fonction de la masse volumique de l'échantillon.

La mesure est réalisée quand le régime permanent est établi, c'est-à-dire quand
la température TB à l’intérieur de la boîte reste constante pendant plus d’une heure
environ. Une température est dite constante si l’erreur absolue sur sa valeur ne dépasse
pas 0.1°C.

Lorsque le régime permanent est atteint, la conductivité thermique apparente,


supposée indépendante de la température, est donnée par :
qe
λ= (II.7)
S ∆T

où :
q : flux de chaleur traversant l’échantillon.
e: épaisseur de l’échantillon.
S : aire des faces de l’échantillon normales aux lignes de flux.
∆T = Tc − T f : écart de température entre les deux faces de l’échantillon.

Le flux de chaleur à travers l’échantillon a comme expression :

48 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

q = p + p0 (II.8)

V2
p= est la puissance électrique dissipée dans la résistance chauffante.
R
p0 est la puissance de chaleur dissipée à travers les parois latérales de la boîte de
mesure. Elle est donnée par :
p 0 = C∆T ' = C (Ta − TB ) (II.9)
C étant le coefficient global de déperdition thermique à travers la boîte de mesure.

La valeur de la conductivité thermique de l’échantillon à tester est obtenue alors


à partir de l’expression :
e V 2 
λ=  + C∆T '  (II.10)
S ∆T  R 

Détermination du coefficient de déperdition C


La valeur du coefficient de déperdition peut être obtenue par une méthode
théorique en utilisant la formule de Carslaw et Jaeger (1959) permettant de déterminer
les écoulements thermiques à travers un dièdre en régime permanent, et celle de
Langmuir et al. (1913) donnant la valeur du coefficient de forme pour un coin. Ainsi,
le coefficient de déperdition de la boîte est donné par la formule (Mourtada, 1982) :
λ λ' 8 1
C = 4ab + ' a 2 +λ b(ln + 2 Arctg1)
d d π 2
(II.11)
8 5 1 1 d2
+λ' a(ln + Arctg 2 + 2 Arctg ) + 0.6 2
π 8 2 2 a
ou :
λ 1 λ' 1
= et ' =
d (d1 / λ1 )+ (d 2 / λ2 ) d (2d1 / λ1 )+ (d 2 / λ2 )

avec (Figure II-9) :


a = 25 cm : côté de la base carrée de la boîte.

b = 11.5 cm : hauteur intérieure de la boîte.


d1 = 4 cm : épaisseur du styrodur d’une paroi verticale de la boîte.
d2 = 0.8 cm : épaisseur du contre-plaqué entourant la boîte.

49 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

d = d1 + d2 = 4.8 cm.
d' = 2d1 + d2 = 8.8 cm.
λ1 = 0.0325 W/m°C : conductivité thermique du styrodur.
λ2 = 0.12 W/m°C : conductivité thermique du contre-plaqué.

L'application numérique donne C = 0.16 W/°C.

Boîte chaude (B)


d1
a
d2

2d 1 Contreplaqué
Styrodur
TB Ta
h b
l' Emetteur de chaleur (C)

Tc

TF
l Echantillon (E)

Capacité isotherme (A) TA

Figure II-9 : Coupe de la boîte B.

Le coefficient C peut être déterminé aussi expérimentalement en effectuant


deux mesures de la conductivité thermique sur le même échantillon avec deux valeurs
différentes de flux. On arrive alors à déterminer le coefficient de déperdition par
résolution d’un simple système à deux inconnus λ et C.

Dans ce travail, la détermination expérimentale a été effectuée sur trois


échantillons de nature différente (polystyrène, bois, liège) et les valeurs trouvées sont
comprises entre 0.15 et 0.18 W/°C. Par la suite, nous avons choisi d’utiliser la valeur :
C = 0.16 W/°C.

50 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Remarque :
Afin de minimiser les pertes thermiques à travers les parois de la boîte B,
∆ T ' doit être la plus faible possible. Cela nécessitera une tension d’alimentation V bien
appropriée : c’est à dire qu’il faut appliquer V de telle façon que la température TB à
l’intérieur de la boîte soit la plus proche possible de la température Ta.
Expérimentalement, ∆ T ' doit rester inférieure à 1°C.

Matériaux granulaires
Pour mesurer la conductivité thermique des matériaux granulaires, les granulats
sont placés dans un cadre spécial ayant une forme identique à celle des éprouvettes
consolidées (Figure II-10). Les deux faces principales traversées par le flux de chaleur
sont constituées par des plaques de cuivre de 1 mm d’épaisseur, et les quatre faces
latérales sont en plexiglas de 15 mm d’épaisseur. La conductivité thermique du cuivre
à 20°C est de l’ordre de λ c= 389 W/m°C (Sacadura, 1979), celle de plexiglas est de
l’ordre de λ p = 0.2 W/m°C (IEA, 1991). L’étanchéité du cadre après fermeture est
assurée par plusieurs vis.

Flux de chaleur Cadre en plexiglas Sp

Granulats Sg

Plaques supports
en cuivre ST
e

Figure II-10 : Cadre utilisé pour la mesure de conductivité thermique des matériaux
granulaires par la méthode des boîtes.

Le choix des plaques en cuivre est justifié par Martin (1988). L’auteur montre
que tout se passe comme si le flux de chaleur étant directement appliqué sur le
matériau granulaire et que la prise de température s’effectue elle aussi directement sur

51 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

le matériau. Cette réalité physique provient du fait que la conductivité thermique du


cuivre est très élevée par rapport à celle des matériaux isolants. En outre, l’épaisseur
des plaques-support est négligeable devant celle du milieu granulaire.

La mise en place des granulats dans le cadre se fait par une série de vibrations
et de compressions. Ces opérations servent à réaliser un contact parfait entre les
plaques de cuivre et les granulats.

En tenant compte que le flux de chaleur créé traverse simultanément les


surfaces du cadre en plexiglas et des granulats, une correction de la mesure de la
conductivité thermique s’avère nécessaire (Martin, 1988) :
S   Sp 
λ =  T λ mes −  λ p (II.12)
 Sg   Sg 
ST : surface totale du cadre.
Sg : surface occupée par les granulats.
Sp : surface du plexiglas.
λmes : conductivité thermique mesurée.

C. Mesures à hautes températures


On peut mesurer la conductivité thermique à des températures élevées allant
jusqu’à 225 °C, par utilisation de la méthode des " boîtes symétriques" (El bouardi,
1991). L’installation est composée de deux boîtes de géométrie identique, chacune est
munie à sa base d’une résistance chauffante. Les faces extérieures de chaque boîte sont
isolées avec de la laine de roche qui assure une bonne isolation thermique même pour des
températures relativement élevées. Les résistances chauffantes sont alimentées en courant
par un autotransformateur variable permettant de fixer la puissance de chauffe désirée
dans chaque boîte. L’échantillon est intégré entre les deux boîtes assurant ainsi une
symétrie parfaite (Figure II-11).

On applique aux bornes de la résistance chauffante supérieure R1 une tension V1


supérieure à celle appliquée aux bornes de la résistance R2 (R1 ≈ R2) de façon à ce que le

52 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

transfert de chaleur convectif sur les faces de l'échantillon normales au flux soit éliminé.
Le régime permanent est obtenu lorsque l'écart de température entre les deux ambiances
des boîtes (TB1 - TB2) est inférieur à 10°C.

A partir de l'expression de la conductivité thermique donnée par l'équation (II-10)


et en utilisant la boîte B1, la conductivité thermique est donnée par :
(V12 / R1 ) + C (T )(Ta − TB1 )
λ (T ) =e (II.13)
S (T1 − T2 )

T1-T2 est la différence de température entre les deux faces de l’échantillon.


C(T) est le coefficient de déperditions thermiques à travers les boîtes B1 et B2. Il est
obtenu en utilisant le bilan thermique global (El bouardi, 1991) :
(V12 / R1 ) + (V22 / R2 )
C (T ) = (II.14)
TB1 + TB 2 − 2Ta

Contreplaqué
Laine de roche
Résistance chauffante supérieure R1

Lampe flash
TB1
Boîte supérieure

Ta T1
e
T2
Echantillon
Boîte inférieure
TB2
Résistance chauffante inférieure R2

Figure II-11 : Coupe du dispositif expérimental de la méthode des boîtes symétriques.

La conductivité thermique varie implicitement en fonction de la température par


l’intermédiaire de V1 et V2.

53 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

D. Précision de mesure
Les erreurs relatives sur la mesure de la conductivité thermique sont de deux
types :
Erreurs systématiques
- Le vieillissement des sondes ainsi que les fils de connexion reliés à ces dernières
provoque des erreurs systématiques sur la mesure de la conductivité thermique. Ces
erreurs peuvent être minimisées grâce à un étalonnage effectué périodiquement. Pour
se faire, les sondes de surface sont fixées sur une même surface, généralement celle
d’un échantillon parallélépipédique en polystyrène. Les sondes d'ambiances sont
placées dans une même ambiance (à l’intérieur d’une même boîte). Après quelques
heures (2 à 4 heures) les températures se stabilisent, et les températures des diverses
sondes sont alors relevées. Les écarts entre les températures de surface d’une part et
les températures d’ambiances sont relevés, et des corrections seront ainsi portées sur
les mesures entreprises.

- Le courant électrique qui traverse les sondes provoque leur échauffement et modifie
le champ de température, ce qui introduit certainement des erreurs sur la mesure
effectuée.
- Le ruban adhésif et la silicone employés pour fixer les sondes de surface engendre
également des erreurs, dont l’évaluation demeure très difficile (Mourtada, 1982;
Zegadi, 1997). En réalité, il a été montré que cette influence est très faible (Ngohe-
Ekam et al., 2006).
- Du fait de la position intégrée de l’échantillon dans la boîte, la surface utile qu’on
peut aussi appeler zone de mesure, est légèrement inférieure à l2 (Figure II-7). Dans les
calculs de λ, on fait intervenir la surface dite corrigée :
l + l' 2
S =( ) (II.15)
2

Erreurs accidentelles
Elles concernent en particulier les erreurs dues aux fluctuations aléatoires telles
que la tension électrique (instabilité des appareils), la précision visuelle, et le temps de

54 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

réponse des appareils de mesure. Pour évaluer ces erreurs, deux méthodes ont été
envisagées :
- La première est basée sur un calcul statistique permettant d’estimer la variation sur la
conductivité thermique à partir d’une série de mesures effectuées sur le même
échantillon.
- La seconde utilise la différentielle logarithmique sur l’expression de la conductivité
thermique donnée par la relation (II-10). Ainsi, l’erreur relative est de la forme :
∆λ ∆e ∆S ∆ (∆T ) ∆p + C ∆(∆T ' ) + ∆T ' ∆C
( )= + + + (II.16)
λ e S ∆T p + C∆T '

Les deux méthodes donnent une erreur relative inférieure à 6% sur la valeur de
la conductivité thermique apparente.

E. Avantages et limites de la méthode


La méthode des boîtes présente l’avantage d’une mise en œuvre très simple et la
précision des mesures est comparable à celle obtenue par les méthodes
conventionnelles. Elle utilise des échantillons de taille significative, et présente en
outre les avantages suivants :
- Méthode rapide avec une bonne précision. Le régime permanent est atteint pendant
environs trois heures.
- Possibilité d’effectuer simultanément deux mesures différentes dans les mêmes
conditions expérimentales.
- Possibilité de réaliser des mesures sur des matériaux secs ou humides et dans les
conditions réelles d’utilisation.
- Possibilité de réaliser des mesures sur tous les types de matériaux solides utilisés
dans l’industrie et le bâtiment, à l’exception des métaux. Les mesures peuvent porter
sur des milieux compacts, granulaires ou pulvérulents.

Néanmoins, la méthode ne peut être utilisée que pour des matériaux peu
conducteur (λ < 3 W/m°C).

55 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

2. TECHNIQUES DE MESURE DE LA DIFFUSIVITE


THERMIQUE

Le principe général des méthodes de mesure de la diffusivité thermique consiste


à mesurer la réponse d’un échantillon soumis à une excitation thermique contrôlée. La
détection s’effectue soit par la mesure de :
- la température de surface de l’échantillon ;
- la modification que l’excitation provoque sur le gaz qui environne l’échantillon ;
- l’émission radiative infrarouge du matériau, etc.

La mesure de la réponse thermique, qui dépend des propriétés optiques et


thermophysiques du matériau, permet d’atteindre la diffusivité thermique du matériau.

En général, les méthodes de mesure de la diffusivité thermique peuvent être


classées selon le mode d’excitation :
- excitation périodique,
- excitation impulsionnelle (flash).

2.1. Méthodes périodiques


2.1.1. Méthode d’Angstrom (Angstrom, 1861)
C’est la méthode la plus ancienne, développée en 1861. Son principe consiste à
imposer une variation du flux sinusoïdale sur l’une des extrémités d'un échantillon
cylindrique semi infini. La température est relevée à deux points différents x1 et x2
(Figure II-12).

56 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Q = Qm sin(ωt)

T1 x1

T2 x2

Figure II-12 : Schéma de principe de la méthode d’Angstrom.

En négligeant le gradient radial, le transfert de chaleur est considéré


monodimensionnel. Cette hypothèse est bien justifiée, si la langueur de l’échantillon
est beaucoup plus grande que la section. Dans ces conditions, l’évolution de la
température en point x de l’échantillon est donnée par :
 ω   ω 
T ( x, t ) = Tm exp − x  cos ωt − x − ε  (II.17)
 2a   2a 
ou Tm est l’amplitude de température en face recevant le flux thermique, et ω la
pulsation du signal.

L'amplitude de température à l'abscisse x est donnée donc par :


 ω 
A( x) = Tm exp − x (II.18)
 2 a 

Lorsque la distance entre les thermocouples (L = x2-x1) est inférieure à la


longueur de diffusion de l’échantillon (L<2π(2a/ω)1/2), la diffusivité thermique se
calcule à partir des amplitudes de températures aux points x1 et x2 :
ωL2
a= (II.19)
2 ln 2 ( A( x1 ) − A( x 2 ) )

57 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Ou bien à partir du déphasage entre les températures (φ2– φ1) :


ωL2
a= (II.20)
2(ϕ 2 − ϕ1 ) 2

2.1.2. Méthode calorimétrique AC (Hatta et al., 1985)


Une variante moderne de la méthode d’Angstrom est la méthode calorimétrique
AC. Cette méthode est utilisée pour mesurer la diffusivité thermique des couches
minces. Elle mesure la diffusivité parallèle au plan de la couche. L’échantillon reçoit
un signal lumineux modulé sinusoïdalement. Une partie de l’échantillon est masquée
par une plaque opaque (Figure II-13). Le transfert de chaleur est considéré
monodimensionnel. Pour se faire, la longueur de diffusion doit être beaucoup plus
grande que l’épaisseur de la couche e<<2π(2a/ω)1/2. On relève la température en deux
positions différentes du masque, et la détermination de la diffusivité thermique se fait,
encoure cette fois, à partir des formules II-19 ou II-20.

Q = Qm sin(ωt)

Masque

T1 T2

Echantillon

Figure II-13 : Schéma de principe de la méthode calorimétrique AC.

2.1.3. Méthode par effet mirage (Boccara et al., 1980)


La méthode à effet mirage a été proposée par Boccara et al. (1980). Elle ne sert
pas seulement à mesurer la diffusivité thermique, mais elle est employée aussi pour
d’autres applications :
- la caractérisation de fissures débouchantes ou non, pour des échantillons métalliques
et céramiques ;

58 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

- le contrôle de matériaux composites carbone-epoxy ;


- en imagerie non linéaire pour mettre en évidence des fissures.

Le principe de la méthode est comme suit : l’échantillon excité périodiquement


par un faisceau laser pompe modulé, subit une élévation de température (Figure II-14).
Cet échauffement se propage dans le fluide entourant l’échantillon (l’air en général)
créant un gradient thermique, ce qui provoque une variation de l’indice de réfraction
dans la même zone. La détection des variations de température est effectuée
indirectement par la mesure de la déflexion, créée par le gradient, d'un faisceau laser
sonde se propageant parallèlement à la surface de l’échantillon. Cette déflexion est
détectée à l’aide d’une photodiode à quadrants. L’angle de déflexion traverse à la
surface obéit à la loi :
x
φ // ( x, t ) = φ // exp(−i (ωt + + ε )) (II.21)
lc

ω : pulsation du faisceau pompe.


x : déplacement latéral du faisceau pompe dans la direction du faisceau onde.
lc : langueur caractéristique de l’onde thermique.
ε : fonction dépendant de plusieurs paramètres du montage expérimental, et que l’on
considère constante.

Figure II-14 : Schéma de principe de la méthode par effet mirage.

La diffusivité thermique est estimée par la relation :


ω
a=
2
lc (II.22)
2

59 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

La longueur caractéristique est déterminée de la façon suivante : on déplace la


pompe par rapport à la sonde de façon perpendiculaire, ce qui entraine une variation
linaire de la phase de température. Une régression linaire de la phase obtenue en
différentes positions permet de déterminer lc.

Il faut noter que la formule (II-22) n’est valable que pour un faisceau sonde très
proche de la surface de l’échantillon.

2.2. Méthode impulsionnelle (flash)


2.2.1. Principe de la méthode
Le principe de la méthode flash consiste à produire une impulsion thermique de
courte durée (impulsion de type Dirac) sur une face d’un échantillon et à enregistrer
l’évolution de la température sur l’autre face, non irradiée, en fonction du temps. Les
impulsions sont créées en général par des lampes flash, des lasers à impulsion ou des
canons à électrons. Les mesures de température sont réalisées à l’aide de
thermocouples (mesure par contact), de détecteurs ou de caméras infrarouges (mesure
sans contact). L’exploitation du thermogramme expérimental obtenu par cette façon et
du thermogramme théorique issu de la modélisation permet d’estimer certaines
grandeurs thermophysiques du matériau et en particulier la diffusivité thermique.

La méthode flash a été introduite par Parker et al. (1961) pour mesurer
simultanément la diffusivité thermique et la chaleur massique des métaux. Ses
avantages principaux sont la rapidité et la simplicité de mise en œuvre, les erreurs
systématiques sont pratiquement supprimées et la reproductibilité largement
améliorée. En outre, l’excitation d’un échantillon par un flash permet de solliciter
simultanément toutes les fréquences caractéristiques de l’échantillon et conduit en
général à une analyse plus rapide que les méthodes périodiques, puisqu’elle ne
nécessite pas la connaissance préalable d’un temps ou d’une fréquence caractéristique
de l’échantillon. Grâce aux avantages précités, cette méthode est devenue l’une des
techniques les plus utilisées dans les laboratoires scientifiques et industriels du monde
entier. Elle est largement acceptée comme méthode normalisée pour la détermination

60 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

de la diffusivité thermique. Plusieurs chercheurs ont développé des modèles théoriques


qui permettent d’identifier la diffusivité thermique à travers la méthode flash. Ces
modèles sont basés sur la connaissance des solutions analytiques du champ thermique
en régime transitoire parfois dans des éprouvettes de géométrie connue avec des
conditions initiales et des conditions aux limites imposées.

2.2.2. Modèle de Parker (Parker et al., 1961)


Pour le développement de leur modèle, Parker et al. ont utilisé des échantillons
cylindriques d’épaisseur e (Figure II-15), et suppose que les conditions suivantes
soient vérifiées :
- échantillon homogène, isotrope et opaque ;
- propriétés thermophysiques supposées constantes au cours de l’expérience ;
- échantillon parfaitement isolé ;
- impulsion photothermique de durée très courte et répartie de façon uniforme sur la
face avant de l’échantillon.
- transfert thermique supposé unidirectionnel.

Figure II-15 : Configuration du modèle de Parker.

Dans ces conditions, la résolution de l’équation de la chaleur donne l’évolution


de la température sur la face non irradiée (face arrière) de l’échantillon :

qa  
T (e, t ) = 1 + 2 (−1) n exp(− n 2π 2 e 2 at )  (II.23)
( ρ c) e  n =1 

61 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

avec :
qa : énergie absorbée en J/m2.
ρc : chaleur volumique de l’échantillon.

L’allure de l’évolution de la température de la face arrière de l’échantillon est


présentée sur la Figure II-16. Il montre un comportement asymptotique aux temps
longs.

ΔT(e,t)
ΔTm

ΔTm/2
ΔT=T-T0

t
t1/2 tm

Figure II-16 : Evolution de la température sur la face non irradiée en fonction


du temps d’après le modèle de Parker.

La méthode d’estimation de la diffusivité thermique proposée par le modèle de


Parker consiste à déterminer, à partir du thermogramme expérimental, le temps t1/2
correspondant à la demi-élévation maximale de la température (ΔT(e,t)/ΔTm=1/2). La
diffusivité thermique et la chaleur volumique sont alors déterminées à partir des
relations :
e2
a =0.139 (II.24)
t1 / 2

qa
ρc = (II.25)
∆Tm e

Ce modèle, d'une application simple et pratique, néglige plusieurs aspects de la


réalité physique. En effet, les fuites thermiques sur les différentes faces de l'échantillon
ne sont jamais nulles. L'impulsion thermique n'est jamais de courte durée et rarement

62 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

répartie d'une façon homogène sur la face avant de l'échantillon. Dans le but d’étendre
la méthode flash à des cas plus réalistes, plusieurs modèles ont été développés.

2.2.3. Modèle de Parker corrigé (Parker et Jenkins, 1962)


Les auteurs introduisent sur la face recevant l’impulsion, un coefficient
d’échange h0 ; c’est le premier modèle de Parker corrigé. Dans ce cas, seule la
condition aux limites à l’entrée (x = 0) est modifiée.

L’expression de la température sur la face non irradiée de l’échantillon est de la


forme :
qa ∞ ( Bi20 + U n2 ) aU n2
T (e, t ) = 2 
( ρ c)e n=1 ( Bi 0 + Bi20 + U n2 )
cos(U n )exp( −
e2
t) (II.26)

avec :
Bi0 = h0 e/λ : nombre de Biot sur la face recevant l’impulsion thermique.
Un : solution d’ordre n de l’équation transcendante suivante : Utg(U) = Bi0.

L’allure de l’évolution de la température sur la face non irradiée est donnée par
la Figure II-17.

ΔT(e,t)

ΔTm
ΔT1
ΔT2
ΔTm/2

t
t1/2 tm t1 t2

Figure II-17 : Modèle de Parker corrigé : évolution de la température sur la face non
irradiée en fonction du temps.

63 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

La diffusivité thermique est alors donnée par :


e2
a=( )t1*/ 2 (II.27)
π 2 t1 / 2
t1*/ 2 : temps réduit qui ne dépend que de Bi0.

2.2.4. Modèle de Degiovanni (1977)


Le modèle de Degiovanni tient compte des pertes thermiques sur toutes les
faces de l’échantillon cylindrique sans qu’il soit nécessaire de les évaluer. L’auteur fait
intervenir trois coefficients d'échanges globaux (h0, he et hR) respectivement sur la face
avant, sur la face arrière et sur la face latérale de l'échantillon. L’auteur tient compte
également de l’influence de la position des capteurs de température placés sur la face
arrière de l’échantillon à une distance rc de l’axe du cylindre (Figure II-18).

Figure II-18 : Configuration du modèle de Degiovanni.

Pour une impulsion brève appliquée uniformément sur la face avant de


l’échantillon, l’expression de la température sur la face non irradiée de l’échantillon à
une distance rc de l’axe du cylindre est donnée sous sa forme réduite par :
T * (e, rc , t * ) = 2  Anp F p (rc )Gn (e)exp(− a np t * ) (II.28)
n p

avec :
T*(e, rc, t*) = T(e, rc, t*) (ρce)/qa : température réduite.

64 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

t* = at/e2 : temps réduit (nombre de Fourier).


Fp(rc) = Jo(Wp rc/R)
Gn(e) = Un cos(Un) + Bie sin (Un)
e2 2
a np = U n2 + Wp
R2
U n2 2 BiR
Anp = . 2
sin(U n ) cos(U n ) 2 ( BiR + W p2 ) j 0 (W p )
U n2 + Bi20 + (U n − Bi20 ) + 2 Bi 0 sin 2 (U n )
Un

Un est solution de l’équation transcendante :


( Bi 0 + Bie )U
tgU =
U 2 − Bi 0 Bie

Wp est solution de l’équation :


WJ 1 (W ) = BiR J 0 (W )

J0 et J1 sont les fonctions de Bessel de première espèce d’ordre 0 et 1.


Bi0, Bie et BiR sont respectivement les nombres de Biot sur les faces avant, arrière et
latérale. Ils sont donnés par :
Bi0= h0 e/λ ; Bie= he e/λ ; BiR = hR e/λ
R : rayon de l’échantillon.

L’auteur caractérise les courbes T* = f (t*) par le temps réduit particulier t 5*/ 6

(abscisse du point d’ordonnée 5/6 de l’élévation maximale de la température Tm* ). Il

montre numériquement que l’évolution théorique de T * / Tm* en fonction de t * / t 5* / 6 ,


représentées sur la Figure II-19, est indépendante des pertes thermiques et des
paramètres géométriques du système (Bi0 , Bie, BiR, e/R et rc/R) et qu’elle n’est fonction
que de t 5*/ 6 .

Dans ces conditions, l’auteur a pu donner les trois courbes de variation de


t2/3/t5/6 , t1/2/t5/6 et t1/3/t5/6 en fonction de t 5*/ 6 (Figure II-20). Les ti/j désignent le temps
au bout duquel la température de la face non irradiée est i/j de l’élévation maximal de
la température.

65 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Figure II-19 : Modèle de Degiovanni : variations de la température normalisée T * / Tm*

en fonction de t * / t 5* / 6 paramètrée par t 5*/ 6 .

Figure II-20 : Modèle de Degiovanni : variation en fonction de t5*/ 6 de : 1 : t2/3/t5/6 ; 2 :


t1/2/t5/6 ; 3 : t1/3/t5/6.

Les courbes présentées peuvent, en première approximation, être assimilées à


des droites. Le temps réduit t 5*/ 6 est exprimé alors par les formules :

66 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

t2 3
t 5* 6 = 1.150 − 1.250 (II.29)
t5 / 6

t1 2
t 5* 6 = 0.761 − 0.926 (II.30)
t5 / 6

t1 3
t 5* 6 = 0.617 − 0.862 (II.31)
t5 / 6

A l'aide de la définition du temps réduit t 5* 6 = at 5 6 e 2 , les trois expressions de

la diffusivité thermique se déduisent ainsi :


(1.150t 5 / 6 − 1.250t 2 / 3 )
a2 / 3 = e 2 (II.32)
t 52/ 6

(0.761t 5 / 6 − 0.926t1 / 2 )
a1 / 2 =e 2 (II.33)
t 52/ 6

(0.617t 5 / 6 − 0.862t1 / 3 )
a1 / 3 =e 2 (II.34)
t 52/ 6

Ces trois relations ont été vérifiées numériquement sur un très large éventail de
valeurs couvrant tous les cas réels et même au-delà tel que :
0.1 < e/R < 10

Les valeurs ti/j sont directement obtenues sur le thermogramme expérimental.

2.2.5. Modèle de Yezou (1978)


L’auteur a utilisé pour la première fois des échantillons parallélépipédiques (de
dimension : 50x50x5 cm) afin de déterminer la diffusivité thermique des matériaux de
construction (Figure II-21). Il tient compte de la durée d’éclairement et suppose que
les hypothèses suivantes sont expérimentalement vérifiées :
- l’excitation thermique d'une durée finie t0 est envoyée sur l'une des faces planes de
l'échantillon par une lampe à incandescence de forte puissance ;
- la densité de flux absorbée est constante pendant la durée du signal thermique
(quelques secondes à quelques minutes selon la nature de l'échantillon) ;

67 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

- transfert thermique unidirectionnel ;


- les grandeurs thermophysiques sont indépendantes de la température ;
- les coefficients d’échange superficiel sont égaux sur les deux faces planes de
l’échantillon.

qa
h

e
h

Te
X
Figure II-21 : Configuration du modèle de Yezou.

L’évolution de la température sur la face non irradiée, pendant et après


échauffement, a été obtenue en se basant sur la méthode de changement de fonction
utilisée par Carslaw et Jaeger (1959) :
- pour 0≤t ≤ t 0 :

e ∞
(−1) K +1 t
T (e, t ) = 2q a 
λ K =1 U K + Bi + 2 Bi
2 2
(1 − exp(− aU K2 2 ))
e
(II.35)

- pour t≥t 0 :

e ∞
(−1) K +1 t t −t
T (e, t ) = 2q a  2 (1 − exp(− aU K2 02 )) exp(− aU K2 2 0 ) (II.36)
λ K =1 U K + Bi + 2 Bi
2
e e

UK étant la solution de l’équation transcendante suivante :


2 BiU
tg (U ) =
U 2 − Bi2

Bi = he/λ est le nombre de Biot sur les deux faces planes de l’échantillon.

68 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

A partir du thermogramme expérimental, l'auteur détermine les caractéristiques


t1/2+t0/2 et t5/6+t0/2. Il montre que lorsque l'origine des temps est prise à t0/2, la
méthode de dépouillement se réduit à celle du signal bref. Ainsi, la diffusivité
thermique qui en résulte est donnée par les deux expressions suivantes :

e2   t1 / 2 + t 0 / 2 
2
t +t /2 
a1 / 2 = − 0.4032  + 0.1103 1 / 2 0  + 0.2027 (II.37)
t1 / 2 + t0 / 2   t5 / 6 + t0 / 2   t5 / 6 + t0 / 2  

e2   t1 / 2 + t 0 / 2 
2
t +t /2 
a5 / 6 = 0.713  − 1.812 1 / 2 0  + 1.037 (II.38)
t5 / 6 + t0 / 2   t5 / 6 + t0 / 2   t5 / 6 + t0 / 2  

Les temps ti/j correspondent à la fraction i/j de l’élévation maximale de la


température, et sont directement déduits du thermogramme expérimental.

2.3. Méthode expérimentale et modèles utilisés


La méthode utilisée dans ce travail, pour la mesure de la diffusivité thermique
est celle du "flash". La boîte porteuse de l’échantillon est similaire à celle qui a été
utilisée pour la mesure de la conductivité thermique apparente. Ses parois internes
sont réfléchissantes. L’échantillon qui y est placé reçoit une impulsion thermique
d’une source de rayonnement thermique à flux constant constituée d’une lampe à
incandescence de puissance 1000 Watts (Figure II-22). La mesure de la température
sur la surface non irradiée est réalisée à l’aide d’une thermosonde de surface à
résistance de platine (DIN 43760, 100 Ω à 0°C). Le thermogramme obtenu ainsi
permet de calculer la diffusivité thermique en utilisant l'un des modèles exposés dans
le paragraphe 2.2.

Lors des mesures, la période de relevé de température est fixée dans la centrale
de mesure à 1 seconde. D’autre part, nous avons choisi d’utiliser une durée
d’excitation de 20s. En effet, cette durée est suffisante pour obtenir une élévation
significative de température de la face arrière et un thermogramme régulier.

69 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

Lampe à incondescence

Contreplaqué
Styrodur
Surfaces réfléchissantes

Echantillon

Thermosonde

Figure II-22 : Coupe de la boîte utilisée pour la mesure de la diffusivité thermique.

Pour obtenir un thermogramme régulier, il est impératif que la température en


tout point de l’échantillon, et en particulier sur la face arrière, avant l’application de
l’impulsion thermique, soit la plus stable possible, ce qui correspond à un régime
permanent bien établi.

CONCLUSION
Dans ce chapitre, nous avons cité quelques méthodes de mesure de la
conductivité et de la diffusivité thermiques. Le choix d’une méthode de mesure dépend
de plusieurs facteurs dont les plus importants sont :
- la fiabilité des résultats et la durée de mesure ;
- le coût d’acquisition et d’entretien du matériel ainsi que sa robustesse ;
- la disponibilité du matériel.

Dans ce travail, les mesures de la conductivité thermique sont réalisées en


utilisant la méthode des boîtes. Elle se caractérise par un temps d’expérimentation
assez court et une précision comparable à celle des méthodes citées auparavant. Elle
permet d’atteindre la conductivité thermique des matériaux de construction granulaires
et compacts à l’état sec et à l’état humide.

70 Driss Taoukil
Chapitre II Méthodes de mesure des propriétés thermophysiques

La diffusivité thermique est mesurée en utilisant la méthode flash. Elle présente


l’avantage de rapidité de mesure et de facilité de mise en œuvre. Le dispositif
expérimental employé est semblable à celui de la mesure de la conductivité thermique,
et les modèles précités (Parker, Degiovanni, Yezou) sont utilisés pour le
dépouillement du thermogramme expérimental obtenu.

71 Driss Taoukil

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