Analyse du discours et DDL
une rencontre très difficile
17/09
Présentation
→ Définir les unités linguistiques et/ou discursives nécessaires au traitement textuel et
inclure au traitement les “antériorités” discursives -sociales, historiques, culturelles et
idéologiques- qui participent au processus de construction du sens.
→ On essaie d’identifier les unités pertinentes au fonctionnement du sens dans la
compréhension / production des textes → le texte est l’unité d’analyse
→ CC : CCO : Compte-rendu de lecture critique + dossier : mise en œuvre d’une ressource
discursive à partir du texte produit au 1er cours. Le dossier est facultatif.
Petite expérimentation
- écrire un texte, en l'occurrence sur le réchauffement climatique
- avez-vous des réactions à ma demande ?
- distribution des consignes
- confrontation des résultats et des démarches
- comment définir un texte ?
(texte politique)
Pour une compétence discursive
- Beacco (1985) “Sortant de la description d’un texte unique qui ne permet guère de
caractériser des faits de langue, l’analyse de discours est à même de contribuer à la
mise en place progressive d’une compétence de lecture et de production en langue
étrangère parce qu’elle propose des observations réutilisables dans d’autres textes
d’une même série. On pourra rechigner devant l’investissement nécessaire pour
assurer quelques moments de ces classes de langue. Mais la didactique des langues
étrangères, en se donnant le discours comme objet et comme objectif, a créé
elle-même ce nouvel appel de “grammaire””.
- La phrase est l’unité maximale de l’analyse linguistique -> au-delà de la phrase, il
n’existe rien, rien de régulier, rien de formalisable, rien à décrire.
Travail de Patricia Von Münchow, traitement du journal télévisé. Elle y montre que le JT ne
respecte pas les mêmes règles selon le pays (objectivité, discours direct/indirect,...)
Un constat
Cette discipline carrefour s’est imposée progressivement. Et d'abord aux chercheurs qui
rencontrent le langage sous ses divers aspects: comme phénomène interactif de
communication et d’influence, de production et de maintien des systèmes de croyance, de
construction de la personnalité,etc… Mais elle s’est imposée aussi aux professionnels qui
étudient comment manier le langage à des fins d'information, de persuasion ou de
séduction. Enfin, l’analyse du discours est devenue indispensable aujourd’hui aux
formateurs travaillant en didactique de la langue maternelle ou étrangère, et qui
élaborent des méthodes d'analyse grammaticale ou textuelle, comme aux enseignants de
toutes disciplines à qui elle permet de renouveler les pratiques traditionnelles du
commentaire.
Charaudeau et Maingueneau, 2002.
Quelles antériorités
- La notion de compétence de communication (environ depuis 30 ans)
- Par exemple dans les années 1970, Grumpez qui affirmait que
- le fait que deux locuteurs dont les phrases sont parfaitement
grammaticales puissent différer radicalement dans l’interprétation de leurs
stratégies verbales mutuelles indique que la conduite de la conversation ne repose
pas sur la seule compétence linguistique.
- Il y a donc autre qui règle le fonctionnement langagier
- De quoi s’agit-il ?
Exemples: Impacts de données extérieures sur le texte
Maingueneau: *Ne pas fumer
En langue: on identify en langue un énoncé injonctif mais on ne peut rien de plus
- En discours, murs d’une administration, l’énoncé est un acte de langage particulier
relevant du discours des instructions officielles: un ensemble de règlements qui
modifie son interprétation. Il devient une interdiction réglementaire entraînant un
certain type de comportement sous peine de sanction.
- En discours toujours, les murs du métro accompagnant un dessin type graffiti,
l’énoncé a une valeur pragmatique différente et ce même s’il continue à intégrer les
marques de l’injonction. Il sera interprété comme une revendication artistique du
fait de la situation discursive graffiti.
COURS DU 24/09/24
Extériorités déterminantes
• Pour communiquer, il ne suffit pas de connaître la langue, le système linguistique ; il
faut .également savoir comment s'en servir en fonction du contexte social.
• « On ne parle pas de la même façon à divers interlocuteurs, dans divers endroits ou
selon les diverses intentions que l'on peut avoir. Sans la connaissance des règles
sociolinguistiques qui gouvernent le choix des structures linguistiques par rapport
aux structures sociales, la connaissance de la langue reste entièrement abstraite,
détachée de la réalité. » (Bachman, Lindenfeld et Simonin 1991 : 54-55)
• Texte de Maingueneau
=> risque de tomber dans une sociologie de bas étage ou ou d’une analyse
stylistique, ce qui n’est pas l’objet ici
=> on veut étudier les textes car ils nous informent sur les stratégies des locuteurs et
des moyens employés selon les contextes
Définition du discours
• Tout discours est un échange entre deux partenaires, même s'il est produit en
l'absence d'interlocuteur apparent. Il est un échange explicite ou implicite,
transparent ou opaque (dans le sens où il peut y avoir manipulation dans le
discours) avec des énonciateurs réels ou virtuels (cas du roman par exemple)
inscrits dans un extérieur social dont le produit est le TEXTE.
• L'objectif de l'analyse du discours est de travailler à l'articulation du texte qui
devient une nouvelle unité d'analyse et de l'extérieur social duquel il émane.
Difficultés
Difficulté majeure : comment intégrer des extérieurs sociaux ?
- Des résistances : le discours « n'est pas une entité scientifiquement pertinente »
(Reboul & Moeschler 1997, 1998) : les tenants de l'analyse de discours ne
fournissent pas de définition de leur objet, et à la faveur de ce flou définitionnel ils
construisent une entité virtuelle, "le discours", dont ils font « l’analyse ».
- Les contradicteurs posent alors que son analyse peut être réduite à l'examen de la
somme des problèmes que pose l'énoncé → donc pas besoin de l'analyse du
discours
Emergence en DDL
• Partant du principe que la fonction essentielle du langage, c'est la communication,
les méthodes d'apprentissage des langues se sont orientées, dès les années 60 à «
apprendre à parler en situation ».
• → Contexte de la publication de « Un niveau Seuil » de Coste et al.
• → Contexte des méthodes SGAV, méthode phare Voix et images de France - et
ensuite De vive voix ou encore C'est le printemps
- Voix et images-de France: « [Le langage] se développe à travers des situations, et
il est inséparable du mouvement de ces situations [...]. Situation et langage sont
étroitement associés et solidaires ».
Démarche
• Appuyer le propos sur un ensemble d'images narrativement articulées
- Examen de l'image pour fournir à l'apprenant des points de repère contextuels, des
éléments contextuels sur la prise de parole qui allaient servir de repère à ses
propres interventions.
- Diffusion d'un ensemble d'images (image fixe - éviter la profusion de signaux et
favoriser l'imagination, entre les images, il y a des blancs), puis retour à chacune
d'elle pour permettre la production d'énoncés, plus ou moins prévisibles, en
adéquation avec le contexte.
=> plus ou moins prévisible : on peut anticiper l’apparition de certaines pratiques
discursives
• Ancrage de la parole dans la scène d'énonciation: objectif prioritaire pouvoir
communiquer dans une langue et non les structures grammaticales de la
langue qui sont mises au compte de la déduction.
• La communication est à la fois moyen et objectif. On part de l'expérience qui doit faire
sens.
Saisie des extérieurs
• Les spécialistes de la DDL faisaient office de précurseurs.
• Moirand (82): si ces derniers ont bien senti les liens unissant les deux notions de
communication et de situation, ils ne proposent pas pour autant de cadre
théorique rendant compte de leur articulation. Elle propose alors parcours
d'élaboration de programmes communicatifs :
- Déterminer des objectifs situationnels : les situations de communication
prioritaires dans lesquelles les apprenants auront à utiliser la langue étrangère
- Traduire ces objectifs situationnels en objectifs communicatifs
- Etudier les différents paramètres des situations retenues
- Mettre en relation ces paramètres avec les éléments verbaux et non verbaux de la
communication
- Et pour cela, commencer par un recueil de documents dans leur fonctionnement réel.
• L'analyse des discours permet ainsi d'établir des inventaires d'objectifs
communicatifs à atteindre.
Composante discursive
Ce modèle se compose de 4 composantes (1982 : 20) :
- une composante linguistique : la connaissance et l'appropriation (la capacité de les
utiliser) des ,modèles phonétiques, lexicaux, grammaticaux et textuels du système
de la langue.
- une composante référentielle : la connaissance des domaines d'expérience et des
objets du monde et de leurs relations.
- une composante socioculturelle : la connaissance et « l'appropriation des règles
sociales et des normes d'interaction entre les individus et les institutions, la
connaissance de l'histoire culturelle et des relations entre les objets sociaux »
- une composante discursive : la connaissance et l'appropriation des différents types
de discours et de leur organisation en fonction des paramètres de la situation de
communication dans laquelle ils sont produits et interprétés.
> La composante discursive devient un élément essentiel qui décrit le fonctionnement
de la langue dans les pratiques langagières et communicatives d'une communauté
linguistique donnée.
Modèle de Coste (1978 :25-34)
• Composantes de la compétence de communication
• Une composante de maîtrise linguistique : savoirs et savoir-faire relatifs aux
constituants et aux fonctionnements de la langue étrangère en tant que système
linguistique permettant de réaliser des énoncés.
• Une composante de maîtrise textuelle : savoirs et savoir-faire relatifs aux discours
et aux messages en tant que séquences organisées d'énoncés (agencements et
enchaînement transphrastiques, rhétoriques, et manifestations énonciatives de
l'argumentation).
• Une composante de maîtrise référentielle : savoirs et savoir-faire touchant aux
routines, stratégies, régulation des échanges interpersonnels en fonction des
positions, des rôles, des intentions de ceux qui y prennent part.
• Une composante de maîtrise situationnelle ; savoirs et savoir-faire relatifs aux
différents autres facteurs qui peuvent affecter dans une communauté et dans des
circonstances données les choix opérés par les usagers de la langue ».
Speaking - Hymes 1967
=> modèle de la construction des situations de communication
Travaux de Brocart 1985, 1996
• Dans le domaine de la psychologie du langage et de la didactique du français langue
maternelle (LM), Bronckart et al. tentent de recenser des éléments linguistiques en
variation d'une type de discours à l'autre → l'élaboration d'une typologie des
discours.
• Hypothèse : « à différentes situations de production devraient correspondre des
configurations discursives d'unités linguistiques, ces dernières étant conçues
comme la trace d'opérations langagières ayant trait aux paramètres langagiers
spécifiques de chaque situation. »
Méthode :
• Analyse statistique sur des échantillons de 1000 mots de textes théoriques,
narratifs, interactifs pour « mettre en évidence les sous-ensembles d'unités qui
apparaissent régulièrement dans un type de discours et qui ont donc une valeur
discriminante : qui permettent à la fois de reconnaître un type et de le différencier
des autres ;
- De là résultent quatre types de discours - interactif, théorique, la narration et le récit
interactif
• À l'intérieur d'un type, par ex. le discours interactif, il y a le discours interactif
proprement dit et le discours par exemple direct identifiable dans le roman, la
nouvelle, le conte....
Ainsi, il peut identifier des variantes : la conversation, l'entretien clinique,
l'intervention politique et l’interview.
Texte et contexte
• Si tout texte est produit dans un contexte, si sa signification est liée à ce contexte, on
peut néanmoins identifier une relation plus ou moins forte entre les deux.
• Hall (1983) « contexte fort » vs « contexte faible »
• Dans les contextes forts les discours font sens par rapport aux objets, à l'espace, à la
temporalité de l'action. En d'autres termes, ils n'ont pas d'autonomie par rapport au
contexte, et isoler le discours du lieu où il est produit le vide largement de sa
signification opérationnelle.
- Par exemple, De St Georges (2007) a travaillé sur des discours de mécaniciens en
train de réparer des voitures dans des garages, montre comment les discours entre
un ouvrier et un apprenti prennent sens dans une relation forte avec l'objet et
l'action.
• A l'autre extrême, situations à contexte faible dans lesquelles le lieu, le moment et
l'action jouent un rôle beaucoup plus secondaire dans la signification des énoncés.
- Par exemple, Si les situations de travaux pratiques dans les domaines scientifiques
impliquent fortement les objets et matériels d'expérimentation, un cours magistral
de sciences humaines en revanche relève quasiment du tout langagier.
Compétence discursive dans le CECRL
• Cette compétence est particulièrement présente au niveau avancé : d'après les
descriptifs des niveaux Cl et C2, l'apprenant-utilisateur d'une langue étrangère
doit être capable de produire des textes/sujets variés (articles spécialisés,
essais, critiques, rapports, synthèses, résumés, lettres, etc.), bien structurés, en
veillant à leurs cohérence et cohésion, et doit savoir adopter un style approprié
au destinataire et aux circonstances
• La compétence discursive apparaît parmi les composantes de la compétence
pragmatique qui complète les composantes 1° Linguistique, 2° sociolinguistique.
• Les éléments auxquels nous avons fait référence semblent se répartir sur la
compétence sociolinguistique et la compétence pragmatique
La compétence pragmatique
• Elle englobe la compétence discursive:
• « La compétence pragmatique recouvre l'utilisation fonctionnelle des ressources de
la langue (réalisation de fonctions langagières, d'actes de parole) en s'appuyant
sur des scénarios ou des scripts d'échanges interactionnels. Elle renvoie également
à la maîtrise du discours, à sa cohésion et à sa cohérence, au repérage des types et
genres textuels, des effets d'ironie, de parodie. [...] »
• La compétence discursive est « [...] la capacité à organiser des phrases dans un
ensemble cohérent, donc à structurer son discours »
• La compétence fonctionnelle « [...] recouvre l'utilisation du discours oral et des
textes écrits en termes de communication à des fins fonctionnelles particulières »
(2001:98).
Compétence discursive
• On voit donc se dégager des principes récurrents renvoyant à des notions précises et
qui caractérisent la compétence discursive en langue et maternelle et étrangère :
• Les notions de cohérence et de cohésion
• Les notions de discours, genres de discours et types de textes qui doivent faire
l'objet d'une reconnaissance et d'une appropriation pour permettre la
communication.
• La notion de contextualisation qui est loin d'être simple : on voit la contribution
d'extérieurs à la construction du sens. Il convient de les identifier dans toute leur
complexité.
Atteindre la compétence discursive => notion de genre
• Selon Beacco la frontière entre les deux composantes de la capacité à communiquer
par le langage (sociolinguistique et pragmatique) n'est pas très évidente, pour
simplifier les
recommandations du CECRL :
• les dimensions sociolinguistique et pragmatique de la capacité à communiquer par
le langage ne doivent pas être dissociées du moins dans l'enseignement,
• elles peuvent être prises en compte par la notion de genre :
- « La spécification de la compétence à communiquer langagièrement en
compétences relatives aux genres de discours semblent à même de réduire les
différences signalées dans les divers modèles de compétence de communication et
s'offre comme une catégorie plus à la portée des utilisateurs pour organiser les
programmes de langues et structurer les séquences de leur enseignement. »
(Beacco, 2007, p 96).
• Dans le CECRL, les notions d'action et de tâche convoquent la notion de
genre discursif. Intérêts et limites pédagogiques
• Lien entre langue et situation mais on reste sur un objectif de typologie, alors que
désormais, avec les avancées de l'analyse du discours on peut viser à utiliser les
discours comme moyen de capter la réalité linguistique des productions
langagières de locuteurs ordinaires.
- L'enjeu, pour l'enseignant de langues et pour les apprenants est d'être capable de
faire décrire et de décrire des configurations discursives et d'en montrer la
pertinence dans le cadre d'un enseignement/apprentissage des langues.
- Postulat : les connaissances, valeurs, représentations, façons de parler qui sont
mises en jeu dans les situations discursives sont non seulement identifiables par un
travail sur la matérialité langagière mais sont également construites par cette
matérialité
La notion de répertoire discursif de Beacco
• Tout locuteur se définit par son répertoire discursif (ou répertoire de
genres/générique), c'est à-dire par les genres de communication verbale dont il
dispose.
• → Pose que tout locuteur fait l'expérience immédiate du langage à travers les
genres verbaux qui relèvent de l'usage social de la parole.
• Ce répertoire peut être réalisé dans plusieurs langues si bien que répertoire discursif
est coextensif à répertoire plurilingue, comme ensemble de langues différentes
connues de chacun et des formes discursives maîtrisées dans ces langues.
• Ce répertoire est constitué des genres de discours pour lesquels un locuteur a
[Link] compétences différentes, à des niveaux de maîtrise eux-mêmes
différents.
Expérience générique
• Le genre = une représentation métalinguistique des formes de communication
propres à une communauté de communication donnée. La capacité à dénommer
les genres est un filtre à travers lequel les locuteurs appréhendent la
communication verbale.
• Une communauté partage ainsi un certain nombre de genres, même si celle-ci
comporte aussi des communautés restreintes de type professionnel, économique,
religieux, politique, scientifique, qui contrairement aux genres fréquents doivent
faire l'objet d'un processus d'acquisition.
• > On peut donc considérer que tout enseignement constitue un élargissement
du répertoire de genre minimal commun ou une forme d'élargissement de
l'expérience générique antérieure.
Visée intégrative - le genre discursif
Recourir à une catégorie descriptive textuelle plus englobante, qui est disponible, et
qui est celle de genre de discours, telle qu'elle a été redéfinie depuis le milieu des
années 90 dans le prolongement des écrits programmatiques de
Bakhtine-Volochinov
- Le locuteur reçoit donc, outre les formes prescriptives de la langue commune (les
composantes et les structures grammaticales), les formes non moins prescriptives
pour lui de l'énoncé, c'est-à-dire les genres du discours - pour une intelligence
réciproque entre locuteurs - ces derniers sont aussi indispensables que les formes de
langue. (1984 : 287).
« L'utilisation de la langue s'effectue sous forme d'énoncés concrets, uniques (oraux
ou écrits) qui émanent des représentants de tel ou tel domaine de l'activité humaine.
L'énoncé reflète les conditions spécifiques et les finalités de chacun de ces domaines,
non seulement par son contenu (thématique) et son style de langue, autrement dit par
la sélection opérée dans les moyens de la langue - moyens lexicaux, phraséologiques
et grammaticaux -, mais aussi et surtout par sa construction compositionnelle. Ces
trois éléments (contenu thématique, style et construction compositionnelle)
fusionnent indissolublement dans le tout que constitue l'énoncé, et chacun d'eux est
marqué par la spécificité d'une sphère d'échange. Tout énoncé pris isolément est, bien
entendu, individuel, mais chaque sphère d'utilisation de la langue élabore ses types
relativement stables d'énoncés, et c'est ce que nous appelons les genres du discours.
» (Bakhtine, 1984 [|952-1953], p. 265)
Vidéo YouTube : la typologie des textes et des séquences textuelles
Compte-rendu de lecture en focalisant sur un aspect tout particulièrement. Cet aspect
doit à la fin être relié à notre activité future (ou non si désaccord). Présentation générale +
aspect spécifique + ce que ça apporte dans notre pratique (possibilité de s’appuyer sur les
cours).
Cours du 08/10/2024
Le processus de transaction (postulat d’intentionnalité)
- Le principe d’interaction implique une reconnaissance-légitimation des partenaires
l’un vis-à -vis de l’autre. Ils doivent se reconnaître semblables - ont en commun des
univers de référence (savoirs partagés) et des finalités (motivations communes) - et
différents parce que l’autre n’est pas percevable et identifiable que dans sa
dissemblance (altérité), et que chacun joue un rôle particulier.
- Le principe de pertinence pose que les partenaires de l’acte de langage doivent
pouvoir reconnaître les univers de référence qui sont l’objet de la transaction
langagière. C'est-à-dire que, dans le principe précédent, ils doivent pouvoir partager
-ce qui ne veut pas dire nécessairement adopter- les savoirs contenus dans l’acte de
langage en question: savoirs sur le monde, sur les valeurs psychologiques et sociales,
sur les comportements, etc… Ce principe exige donc que les actes langagiers soient
appropriés.
- Le principe d’influence pose que tout sujet produisant un acte de langage vise à
atteindre son partenaire soit pour le faire agir, soit pour l’émouvoir, soit pour orienter
sa pensée. Tout sujet recevant-interprétant un acte de langage sait qu’il est cible
d’influence. Cela donne à ce dernier la possibilité d’inter-agir, mais cela oblige les
partenaires à tenir compte des contraintes dans lesquelles ils peuvent exercer cette
influence. La finalité intentionnelle de tout acte de langage se trouve donc inscrite
dans le dispositif socio-langagier.
- Le principe de régulation est étroitement lié au précédent, car toute visée d’influence
est susceptible de répondre à une contre-influence. Ce principe pose donc que les
partenaires de l’échange savent cela (consciemment ou non). Pour que l’échange ne se
termine pas en affrontement corporel ou en rupture de parole, autrement dit pour qu’il
se poursuive, voire aboutisse, les partenaires doivent réguler ce jeu d’influences =
espace de stratégies est également inscrit dans le dispositif socio-langagier. / ce qui
est mis en place pour que le message atteigne son objectif.
Notions de contrats
Implication des contrats
La prise en compte de la dimension non verbale de l’action langagière, dans les curricula de
langue, constitue un pilier fondamental de la perspective actionnelle en ce sens que la
maîtrise des formes de la langue n’est pas une fin en soi mais un outil au service de l’action
sociale. Un lien significatif entre une situation externe (le contexte de production du discours)
et organisation textuelle (le dispositif d’énonciation mis en œuvre dans le processus de
textualisation). Pour modéliser une pratique langagière à des fins pédagogiques, on ne peut
négliger les propriétés situationnelles du discours comme donnée fondamentale dans le
processus de contextualisation didactique.
Ce contrat est très important, il permet de comprendre et de produire les caractéristiques
linguistico-discursives de tout acte de C° -> ces contraintes sont donc structurantes du
discours et elles relèvent de stratégies de communication propre à une communauté. Les
partenaires adhèrent à ce contrat en raison du postulat d’intentionnalité. Refuser le contrat
entraîne l’échec de l’acte de communication.
Contrat discursif
Ce que doivent être les comportements des partenaires à l’échange, leurs façons de parler, les rôles
langagiers qu’ils doivent tenir, les formes verbales à employer en fonction des instructions contenues
dans le contrat situationnel. Un ensemble de comportements langagiers attendus dans:
- l’espace de locution; résoudre le problème de sa prise de parole: quelle est mon identité et
celle de l’autre
- l’espace de relation; établir des rapports de force ou d’alliance, se positionner
- l’espace de thématisation; organiser son propos en fonction des modes d’organisation
discursifs, types de texte: énonciatif, descriptif, narratif, argumentatif.
Il ne s’agit ici que de rôles attendus, les partenaires peuvent ne pas s’y conformer par incompétence
ou par stratégies.
Projet de parole
Les échanges langagiers sont donc réglés par avance, et pour une part, prédéterminés. Pas une
surdétermination totale: la part de singularité du sujet fait de sa spécificité = une mise en scène.
Bakhtine: il faut au sujet parlant des repères pour pouvoir s’inscrire dans le monde des signes,
signifier ses intentions et communiquer. Cela résulte du processus de socialisation du sujet à travers le
langage et du langage à travers le sujet, être individuel et collectif. Le sujet social se dote de genres
empiriques et via les représentations qu’il en a par son apprentissage et son expérience, il les érige en
normes de conformités langagières et les rattache à des lieux de pratique sociale plus ou moins
institutionnalisés.
Harmonie des dieux (voir feuille)
Absence d’embrayeurs, rupture avec la S, la montre exister indépendamment de la relation
publicitaire. L’assignation d’une place au Tud est effacée, elle se réalise indirectement sous le mode
de la délocutivité -> la montre s’autonomise en objet d’art, renforcé par une figure du dire (le nombre
d’Or) qui construit le luxe -> construction d’un lieu d’évidence.
Sans problème (voir feuille)
La délocutivité est également observable mais autrement -> parasitage avec les caractéristiques du
discours scientifique, ni JE ni TU -> instauration d’une figure du savoir en écho au NdM Clinique.
Des mises en scènes différentes pour d’un côté un produit de luxe, de l’autre un produit d’hygiène.
L’ethos requis n’est pas le même.
Discours de vulgarisation scientifique
Qu’est ce que la didacticité ? Quelles attentes liées au régularités ?
Un cadre énonciatif typique: un discours second brassant des discours sources -> discours rapportés
- d’un côté le spécialiste, de l’autre celui qui cherche à être éclairé ET une mise en forme
supplémentaire réalisée par le “troisième homme”
- l’énonciateur de la vulgarisation n’est pas/plus la seule voix qui se manifeste dans les articles.
- sont entendues des réflexions de spécialistes, les opinions d’hommes politiques ou
d’industriels, les “experts” ou de témoins ou encore de citoyens
Au niveau lexical; des marques liées ) la reformulation des termes spécialisés, des formes de
définitions, des métaphores et des exemples.
Voir feuille.