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Lignes d'influence pour charges mobiles

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Chapitre 10

LIGNES D’INFLUENCE

10.1 INTRODUCTION
Jusqu’à présent nous avons étudié des structures soumises à des charges im-
mobiles. Mais il existe de nombreux cas où les constructions supportent des
charges mobiles. L’exemple le plus commun est celui des ponts. Le chargement
mobile étant dans ce cas représenté par l’action de la circulation des véhicules et
des trains. Comme autre exemple, citons les ponts roulants qu’on rencontre dans
les ateliers de fabrication. Le chariot, qui déplace des pièces d’un point à un autre
de l’atelier, se meut sur des rails fixés à des poutres.
La figure 1 montre un exemple de chargement mobile, en l’occurrence le sys-
tème Bc. Les distances entre les roues sont fixes et le chargement, représenté
dans le cas présent par un système de six forces concentrées, se déplace comme
un tout.
6t 12t 12t 6t 12t 12t
1 2 3 4 5 6

4,5m 1,5m 4,5m 4,5m 1,5m

Figure 10.1

Quand une charge (chargement) est mobile, c’est-à-dire pouvant occuper


n’importe quelle position sur la poutre, la question qui vient immédiatement à
l’esprit est de savoir, pour une grandeur donnée, quelle est la position de la
charge (chargement) qui provoque la plus grande valeur de la grandeur étudiée.
Cette grandeur peut être un effet élastique quelconque : déplacement d’une sec-
tion, réaction d’un appui, moment dans une section, etc. Il s’agit donc de trouver
la positon de la charge (chargement) qui provoque l’effet maximum et la section
où il se produit (section la plus dangereuse). C’est le problème majeur des char-
gements mobiles. Il faut noter que la position du chargement qui provoque le
plus grand effet pour une grandeur donnée (par exemple le moment fléchissant)
ne l’est pas en général pour une autre grandeur (l’effort tranchant par exemple) et
200 SOLLICITATIONS ET DEPLACEMENTS DES STRUCTURES

que ce qui intéresse l’ingénieur en définitive, c’est la position qui provoque les
contraintes les plus importantes.
Outre le problème de la recherche de la position la plus défavorable, les
charges mobiles peuvent provoquer une action dynamique résultant de vibrations
ou de chocs. Ce problème ne sera pas traité ici.
Hormis dans des cas très simples, la recherche de la position critique du
chargement est une opération assez complexe. Considérons à titre d’exemple une
poutre bi-articulée. Si la poutre est soumise à une force unique (Figure 10.2a), il
est évident que le moment maximum par exemple apparaît à mi-portée quand la
force est placée en cette même section. Dans le cas d’un chargement constitué de
deux forces (Figure 10.2b), la position de ce dernier qui provoque le plus grand
moment dans la poutre n’est déjà plus évidente. Même quand la section est fixée,
la recherche de la position qui provoque le plus fort moment en cette section
nécessite de longs calculs.

P P1 P2
A C B
a

x l/2-x l/2 l

(a) (b)
Figure 10.2

Le problème complexe de la recherche de la position critique d’un charge-


ment mobile peut être grandement simplifié par l’utilisation des lignes
d’influence que nous allons définir d’abord puis examiner leurs propriétés dans
les paragraphes qui suivent.

10.2 DEFINITIONS
Les lignes d’influence montrent graphiquement comment varient les diverses
grandeurs qu’on rencontre habituellement, tous les effets élastiques auxquels
s’intéresse la résistance des matériaux, sous l’influence d’une charge constante
qui se déplace sur la structure.
La grandeur ou effet élastique peut être :
- une contrainte en un point précis ;
- le déplacement (rotation - translation) d’une section donnée ;
- une composante de réaction d’un appui ;
- un élément de réduction dans une section donnée.
La charge mobile est habituellement une force verticale unité, vu qu’en géné-
ral on s’intéresse à l’action des charges verticales sur les constructions. Elle peut
cependant être un couple, une force horizontale, une discontinuité de la section,
un manque de concordance, etc.
Considérons par exemple une poutre-console de longueur l sur laquelle cir-
cule une force P (Figure 10.3a) et intéressons-nous au moment d’encastrement.
Lignes d’influence 201

P
A B
(a) x
l

a
(b) [Link] Figure 10.3
l
b
c

Pl
(c)

Le moment d’encastrement est donné par l’expression :


MB = - P(l-x) (a)
En faisant varier x de 0 à l, on constate la variation de MB en fonction de la
position de P sur la poutre. Le facteur « - (l-x) » de l’équation (a) par lequel la
force P est multipliée pour avoir le moment en B est appelé fonction d’influence
(parfois coefficient d’influence) de MB. La ligne représentative de cette fonction -
représentée par la droite ab de la figure 10.3b - est appelée ligne d’influence de
MB.
Le diagramme oab (Figure 10.3b) est désigné par diagramme d’influence de
MB.

Différence entre ligne d’influence et ligne représentative d’une grandeur


Le diagramme d’influence, délimité par la ligne d’influence et la droite re-
père (droite ob de la figure 10.3b), ne doit pas être confondu avec le diagramme
du moment fléchissant de la poutre, qui est pour sa part délimité par une droite
repère et la ligne représentative de l’effort considéré (Figure 10.3c).
Considérons une structure élastique et intéressons-nous à l’effet élastique E
produit par une cause mobile C (Figure 10.4a).

A E C B A E C B
e (variable) e (fixe)

c (fixe) c (variable)

(a) (b)
ye

Ligne représentative de E Ligne d'influence de E


(c) (d)
Figure 10.4
202 SOLLICITATIONS ET DEPLACEMENTS DES STRUCTURES

En vertu du principe de superposition, la structure étant élastique, on peut


toujours écrire :
E = C.f(e,c) (10.1)
f(e,c) désignant ici la fonction d’influence de l’effet E produit par la cause C. Le
diagramme de l’effet E montre par chaque ordonnée la valeur de cet effet dans la
section correspondante sous l’action de la cause C, immobile, appliquée en c
(Figure 10.4c). Le diagramme est obtenu en portant en ordonnées les valeurs de
l’effet E à l’aplomb de chaque section.
Le diagramme d’influence donne l’ordonnée par laquelle il faut multiplier la
cause C pour avoir l’effet E dans la section fixe d’abscisse e (Figure 10.4d). Le
diagramme s’obtient en portant la valeur de l’effet E à l’aplomb de chaque posi-
tion de la cause C prise égale à l’unité.

10.3 UTILISATION DES LIGNES D’INFLUENCE


Les lignes d’influence permettent de calculer assez facilement les effets élas-
tiques produits par les chargements les plus divers. Elles sont plus particulière-
ment utiles dans la recherche des valeurs extrêmes de ces effets et des positions
du chargement qui les provoquent.
Reprenons l’exemple de la poutre-console et considérons un chargement
composé de trois charges concentrées dont les distances mutuelles (d1 et d2) sont
invariables (Figure 10.5a). Signalons qu’un système de forces mobiles concen-
trées pouvant se déplacer en maintenant fixes les distances entre les points
d’application des forces est appelé convoi.
D’après la définition du diagramme d’influence et en vertu du principe de su-
perposition, le moment en B sous l’action du système de forces vaut :
3
M B = −( P1 y 1 + P2 y 2 + P3 y 3 ) = − ∑P y
i =1
i i (a)

P1 P2 P3
(a) A B
d1 d2
l

(b) l y1 y2 y3

Figure 10.5

Comme les valeurs du coefficient d’influence (ordonnées du diagramme


d’influence) augmentent quand on se rapproche de l’extrémité libre, on conclue
que la valeur extrême du moment d’encastrement s’obtient en plaçant le charge-
ment de manière à faire coïncider la force P1 avec l’extrémité libre de la poutre.
Lignes d’influence 203

Les lignes d’influence sont d’une utilité autrement plus grande dans les cas
complexes. Elles peuvent être également utilisées dans l’étude de l’action des
charges réparties. Si la poutre précédente est soumise à une charge répartie uni-
forme partielle comme indiqué à la figure 10.6a, le moment qu’elle produit dans
l’encastrement se calcule en assimilant la charge répartie à une série de forces
élémentaires qdx.

qdx

(a) A B
d

l
S y
(b)

Figure 10.6


M B = − q. ydx
0
(a)

Soit :
d d

∫ ∫
M B = − q .ydx = −q ydx = −qS
0 0

où S est l’aire du diagramme d’influence se trouvant sous la charge répartie (Fi-


gure 10.6b). Ce résultat peut être utilisé pour calculer le moment quelle que soit
la partie de la poutre chargée. Il permet entre autres de déduire que la position
critique consiste à placer la charge le plus proche possible de l’extrémité libre.
D’autres utilisations des lignes d’influence, comme le calcul des réactions, seront
montrées plus loin.

Généralisation
Soit une structure élastique soumise à un système de forces concentrées P1,
P2, ..., Pn et une densité de charge q répartie sur un tronçon "d " compris entre les
sections d’abscisses x1 et x2, respectivement (Figure 10.7a).
204 SOLLICITATIONS ET DEPLACEMENTS DES STRUCTURES

P1 P1 Pn
(a)
x1
x2

y1 y2 S
yn
(b)

Figure 10.7

La connaissance de la ligne d’influence d’un effet élastique E permet de cal-


culer la valeur de cet effet sous l’action de la sollicitation globale en généralisant
les relations (a) et (b) précédentes :
n x2

E= ∑ P y + ∫ [Link]
i =1
i i (10.2)
x1

10.4 LIGNE D’INFLUENCE D’UN DEPLACEMENT

10.4.1 Méthode basée sur le théorème de Betti-Maxwell


Le problème est de tracer la ligne d’influence du déplacement d’une section i
d’abscisse xi = e (constante). Il s’agit donc de calculer le déplacement subi par la
section étudiée sous l’action d’une force verticale unité qui se déplace sur la
structure considérée.
La méthode intuitive, directe, consiste à construire la ligne d’influence point
par point, en plaçant la charge unitaire en diverses positions et en déterminant le
déplacement provoqué dans la section i. Cette méthode, tout à fait générale,
pouvant s’appliquer quel que soit l’effet élastique et la structure étudiés, est ce-
pendant assez fastidieuse à l’exception des cas très simples.
Le théorème de Betti-Maxwell, dont l’une des formes les plus usitées ex-
prime que le déplacement provoqué dans la section i par une charge concentrée
unité agissant dans la section j est égal au déplacement apparaissant en j lorsque
la même charge est appliquée en i, c’est-à-dire δ ij = δ ji , fournit une méthode
u u

plus simple.
Lignes d’influence 205

Pour fixer les idées, considérons l’exemple de la figure 10.8.

1 1
i j
j i
e e
x x

(b) (a)
Figure 10.8
Chercher la ligne d’influence du déplacement δ, en l’occurrence la flèche de

la section i, revient à calculer δ uix en faisant varier x de zéro à l (0≤x≤l). Or


d’après le théorème de Betti-Maxwell δ ix = δ xi . δ xi représentant le déplace-
u u u

ment de la section courante d’abscisse x sous l’effet d’une charge unité fixe ap-
pliquée en i ; on voit que si x varie de 0 à l, on obtient la déformée de la poutre
sous l’action de la force unité agissant en i.
En conclusion, la ligne d’influence du déplacement est donnée par la ligne
représentative de ce même déplacement sous l’effet d’une charge unitaire appli-
quée en i. Ainsi, pour tracer la ligne d’influence du déplacement vertical d’une
section i, il suffit de tracer la déformée de la structure sous l’action d’une force
verticale unité appliquée à la section i.
Le tracé des lignes d’influence des déplacements se trouve ainsi simplifié
puisqu’il est ramené à la recherche de déformées. Par conséquent tous les résul-
tats concernant les déplacements, comme le théorème de Pasternak pour le calcul
des déplacements des systèmes hyperstatiques, peuvent être utilisés.

10.4.2 Exemple d’application


Reprenons l’exemple de la poutre-console, supposée de rigidité flexionnelle
constante.
206 SOLLICITATIONS ET DEPLACEMENTS DES STRUCTURES

On veut tracer la ligne d’influence de la flèche δ de l’extrémité libre A.


D’après les résultats du paragraphe précédent, le problème revient à déterminer
la déformée de la poutre sous l’action d’une force verticale unité appliquée en A
(Figure 10.9a).

1
(a) A B
x

(b) f3
f1 f2

P P P
(c) A B
l/4 l/4

Figure 10.9
Cette déformée est donnée par :
1
δ xA =
u 3 2 3
( x − 3l x + 2l ) (a)
EI
L’expression obtenue, fonction d’influence, n’est pas une fonction linéaire de
x. La ligne d’influence est une parabole cubique (Figure 10.9b).
En guise d’application, calculons la flèche fA provoquée par le chargement de
la figure 10.9c. Les déplacements étant petits, la flèche cherchée peut s’obtenir
par superposition des effets de chacune des forces du chargement.
f A = Pf 1 + Pf 2 + Pf 3 = P( f 1 + f 2 + f 3 )

Les flèches f1, f2 et f3 s’obtiennent par particularisation de l’expression (a)


précédente. Il vient :

Pl 3 81 5 Pl 3 249 Pl 3
fA = (2+ + )= ( 128 + 81 + 40 ) =
EI 64 8 64 EI 64 EI

10.5 SYSTEMES ISOSTATIQUES

10.5.1 Méthodes de détermination des lignes d’influence

a) Méthode directe
Elle consiste en règle générale à chercher l’expression analytique de l’effet
élastique étudié dans la section considérée sous l’effet d’une charge unité. La
position de la charge est considérée comme la variable de l’expression cherchée,
Lignes d’influence 207

c’est-à-dire l’équation de la ligne d’influence de l’effet élastique étudié dans la


section considérée. La ligne d’influence est tracée à partir des valeurs obtenues
(coefficients d’influence) pour plusieurs positions de la cause (charge).
En verra plus loin que le tracé des lignes d’influence peut être grandement
simplifié dans de nombreux cas. Par exemple, l’effet élastique est souvent une
fonction linéaire de la position (abscisse) de la cause. Dans ce cas, la ligne
d’influence est une droite, ou plusieurs segments de droite, qu’on peut construire
à raison de 2 points par segment. Par ailleurs, les conditions de fixation de la
structure donnent souvent des indications précieuses qui facilitent le tracé.

b) Méthode cinématique
Elle permet d’obtenir directement la forme exacte de la ligne d’influence. La
détermination d’une seule ordonnée suffit pour avoir l’échelle correcte du dia-
gramme d’influence.
La méthode est basée sur le théorème des travaux virtuels. Pour obtenir la
ligne d’influence d’une grandeur - R, M, N, T - on supprime la liaison lui corres-
pondant et on la remplace par une inconnue (ou 2 inconnues égales et opposées
s’il s’agit d’une liaison interne). Avec la suppression d’une liaison, externe ou
interne, le système isostatique devient alors un mécanisme à un degré de liberté,
pouvant se déplacer sans se déformer (comme un corps indéformable).
On applique ensuite au mécanisme un déplacement virtuel, c’est-à-dire très
petit et compatible avec les liaisons restantes. La configuration obtenue repré-
sente la ligne d’influence cherchée. L’échelle réelle du diagramme s’obtient en
calculant l’ordonnée d’un point.

10.5.2 Ligne d’influence d’une réaction d’appui


Les lignes d’influence offre un moyen assez simple de calcul ou de vérifica-
tion des réactions. Considérons la poutre bi-articulée de la figure 10.10a.
Les réactions RA et RB sont données par :
(l − x ) x
R A = 1. et R B = 1. (a)
l l
(l − x ) x
où et sont les coefficients d’influence de RA et RB, respectivement. Ils
l l
sont représentés graphiquement par les lignes d’influence ao (Figure 3.10b) et ob
(Figure 10.10c).
208 SOLLICITATIONS ET DEPLACEMENTS DES STRUCTURES

P=1
A B
(a)

x l-x
a

l y
(b) S
o
b

l
y' S'
(c) o

P1 P2 Pn
(d) A B

q
(e) A B

Figure 10.10

Pour une charge concentrée P, les réactions en A et B s’obtiennent en multipliant


les coefficients d’influence correspondants, y et y’, respectivement, par P (Fi-
gures 10.10b et c). Dans le cas d’un système de plusieurs forces concentrées P1,
P2, ..., Pn (Figure 10.10d), on a :
n n
RA = ∑
i =1
Pi y i et RB = ∑P y
i =1
i
'
i

Si la poutre supporte une charge q uniformément répartie sur un tronçon (Fi-


gure 10.10e), la réaction d’un appui est obtenue en multipliant par q l’aire du
diagramme d’influence de la réaction considérée délimitée par le tronçon char-
gé ;
RA = qS et RB = qS’
Par exemple, dans le cas d’une charge q répartie sur la moitié gauche de la
poutre on trouve :
1 l 1 3ql 1 l 1 ql
RA = q (1+ ) = et RB = q =
22 2 8 222 8
B
En observant que les coefficients d’influence sont numériquement égaux aux
réactions apparaissant dans les appuis sous une charge unité, on peut déduire une
méthode très simple de construction des lignes d’influence. Considérons par
exemple la poutre de la figure 10.11a et intéressons-nous à la ligne d’influence
de la réaction en A. Quand la charge mobile, supposée dirigée vers le bas, est sur
A, la réaction en cet appui vaut 1, la force étant reprise en totalité par cet appui.
Lignes d’influence 209

Lorsque la charge se trouve en B ou C, la réaction en A est nulle pour la même


raison invoquée précédemment. Sachant par ailleurs que la réaction est une fonc-
tion linéaire de x (position de la charge par rapport à une extrémité de la poutre),
on trace aisément la ligne d’influence qui est composée de segments de droite
passant par les ordonnées 1 en A et 0 en B et C. L’unique façon de construire la
ligne d’influence de RA est celle indiquée à la figure 10.11b.
Pour la ligne d’influence de RB, elle passe par 0 en A, 1 en B et 0 à nouveau
en C (Figure 10.11c). Le même procédé est utilisé pour tracer la ligne
d’influence de la réaction de l’appui C (Figure 10.11d).

A B C
(a)

(b) 1 +

(c) + 1

+
(d) _

Figure 10.11

On notera que la somme des ordonnées des lignes d’influence des réactions
de la poutre est égale à 1 quelle que soit la section considérée (équilibre de tran-
slation verticale). Cette condition offre un moyen de contrôle des diagrammes
d’influence obtenus. Si par exemple en une section quelconque cette somme est
différente de 1 ou que son signe est tel que la charge unité n’est pas équilibrée,
c’est qu’il y a erreur. Cette méthode est d’une grande utilité dans le calcul des
réactions des poutres isostatiques complexes avec plusieurs charges (poutres
cantilevers notamment).

Méthode cinématique
Elle rappelle beaucoup la méthode précédente. Considérons la poutre bi-
articulée de la figure 10.12a. Pour tracer la ligne d’influence de la réaction de
l’appui A, on supprime la liaison et on la remplace par une force verticale RA puis
on donne un déplacement vertical au mécanisme obtenu qui peut tourner autour
de l’appui B (Figure 10.12b).
210 SOLLICITATIONS ET DEPLACEMENTS DES STRUCTURES

P=1
(a) A B

a x l-x b

δ y
(b)
k
RA

Figure 10.12

L’équation des travaux virtuels s’écrit :


y
R A δ − 1. y = 0 ⇒ R A =
δ
où δ est le déplacement du point d’application de la réaction RA. La droite jk
(Figure 10.12b) donne la forme exacte de la ligne d’influence de la réaction.
Pour avoir l’échelle correcte, il suffit de prendre δ = 1. La méthode est d’un
grand service dans le cas de structures complexes. Considérons la poutre cantile-
ver de la figure 10.13a.

A B C D
(a)

+ 1
(b)
_

Figure 10.13

Pour construire la ligne d’influence de la réaction de l’appui B par exemple,


on supprime l’appui et on donne à la section B un déplacement unité positif (vers
le haut). La nouvelle configuration de la poutre ainsi obtenue définit la ligne
d’influence cherchée (Figure 10.13b). De la même manière, on trace les lignes
d’influence des autres réactions.

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