INTRODUCTION
Du point de vue générale, la fiscalité est I’ensemble des impôts et taxes d’une entité.
Du point de vue spéciflque, elle est perçue comme l’ensemble des textes législatifs et réglementaires
organisant la perception des impðts et taxes destinés à alimenter le budget de I’Etat et des
collectivités locales.
L’impôt tire sa source de l’article 13 de la Déclaration des Droits de I’Homme et du Citoyen de 1789
qui prévoit son egale répartition entre tous les citoyens en raison de leurs facultés contributives.
CHAPITRE I-DEFINITIONS
Section 1- L’impôt
De manière précise nous définirons I’impôt comme « une prestation pécuniaire requise des
particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la couverture des
charges publiques.». Cette définition est de Gaston Jèze.
Par.1- L’impôt est un prélèvement pécuniaire
Dans ses modalités, I’impôt est en principe un prélèvement en argent ; les paiements en nature et les
réquisitions physiques sous forme de corvées ont disparu ; cela a favorisé aussi bien le
développement des échanges marchands que celui de léconomie de marché en contraignant ceux
qui ne disposaient pas de liquidités de s’en procurer en y échangeant leurs biens contre de l’argent.
Par. 2- L’impôt est un prélèvement obligatoire effectué par voie d’autorité
L’impôt est obligatoire en ce que le contribuable doit le payer et I’administration fiscale doit le
percevoir ; cela résulte du transfert du pouvoir fiscal aux représentants du peuple à travers le
principe fondamental du consentement à I’impôt. Par l’intermédiaire de son représentant au
Parlement, le contribuable vote chaque année l’impôt à prélever.
Ce qui garantit de façon démocratique l’acceptation du prélèvement aussi bien dans sa nature que
dans son [Link] qui suppose que ledit contribuable n’a ni le droit de se soustraire à sa dette
d’impðt, ni le droit de vouloir fixer librement ou négocier le montant de sa contribution. Si celui-ci se
révèle récalcitrant, l’Etat peut utiliser la plénitude de son pouvoir régalien.
Par. 3- L’impôt est un prélèvement effectué à titre définitif
L’impôt est une ressource définitive pour la collectivité qui en bénéficie, contrairement à lemprunt
qui est remboursable. Il peut cependant être remboursé au cas où il a été irrégulièrement perçu.
Par. 4- L’impôt est un prélèvement sans contrepartie
Les ressources de l’Etat ne sont pas affectées à la couverture des dépenses précises et déterminées à
l’avance ; ce qui implique l’inexistence d’une contrepartie directe en échange de l’impột versé.
Juridiguement I’impột ne constitue pas le prix d’un service ; aussi le contribuable ne peut ni contester
sa dette en arguant de la mauvaise utilisation des deniers publics, ni exiger davantage que l’impôt
qu’il paie soit affecté à tel ou tel service ou au financement de telle ou telle opération.
De même, il ne peut refuser de payer l’impôt au motif que celui-ci financerait des dépenses
contraires à ses principes.
Par. 5- L’impôt est un prélèvement destiné à couvrir les charges publiques
Cette affirmation correspondrait à la tradition des finances publiques classiques où l’impôt
financerait les dépenses d’un Etat gendarme. Aujourd’hui la notion de charge publique ne peut être
perçue de manière restrictive car l’Etat intervient désormais aussi bien dans l’économique que le
social à tel point que limpôt est devenu un instrument quiprélève et agit sur les situations
structurelles ou conjoncturelles.
Section 2- L’impôt et les autres prélèvements
L’impôt se distingue des autres prélèvements comme la redevance et la taxe dont la confusion est
souvent fréquente.
Les termes de « contribution » ou « redevance » sont souvent préférées aux termes impôt ou taxe
qui présente une connotation défavorable auprès du contribuable.
L’impôt est obligatoirement établi par la loi qui en fixe les éléments essentiels : assiette, taux et
modalités de recouvrement.
Par.1- Impôt et taxe
La taxe est versée en rémunération d’un service généralement obligatoire ; elle est déterminée par le
législateur mais sans proportionnalité avec le service rendu.
La différence entre impôt et taxe tient à l’existence ou non d’une contrepartie. La taxe s’entend
d’une somme perçue Pour la fourniture d’un service. On parlera de rétribution » alors que I’impột n’a
aucune contrepartie, on parlera de« contribution ».
La taxe ressemble à la redevance dans le sens où comme celle-ci, elle est liée à l’existence d’une
prestation.
Deux points cependant les distinguent :
La taxe peut être exigée non seulement des usagers effectifs mais également des usagers
potentiels ;
Il n’existe pas pour la taxe d’équivalence entre le service rendu et le prix payé.
Par.2- Impôt et redevance
La redevance se définit comme étant la somme versée par l’usager du service d’un service public ou
d’un ouvrage Public déterminé et qui trouve sa contrepartie directe et immédiate dans les
prestations fournies par ce service ou dans ‘utilisation de I ’ouvrage.
Il en découle d’abord que la redevance se distingue de l’impôt par la contrepartie d’un service fourni
mais aussi qu’elle se distingue de la taxe parafiscale par son exigibilité qui découle obligatoirement
de l’utilisation effective du service.
Par.3- Impôt et parafiscalité
La taxe parafiscale est définie comme une cotisation obligatoire perçue par un organisme public ou
privé ayant une personnalité distincte de celle de l’Etat et des collectivités locales. Elle est perçue au
profit des établissements publics ayant un caractère administratif et un intérêt économique et social.
Une taxe parafiscale ne peut être créée que par un décret précisant sa finalité, les règles d’assiette,
les liquidations et le recouvrement ainsi que sa durée.
Elle est assortie d’une durée de perception limitée dans le temps ; son recouvrement étant
obligatoirement déterminé par la loi de finances à la fin de l’année budgétaire de sa création.
CHAPITRE II-CLASSIFICATIONS (TYPOLOGIE) DE L’IMPÔT
Malgré leur multiplicité et la diversité de leur mécanisme, les impôts peuvent être classés par
grandes catégories. On distingue trois (3) grandes classifications :
La classification administrative ;
La classification économique ;
La classification technique.
Section 1- La classification administrative
Cette classification est celle qui est utilisée en comptabilité nationale. Elle consiste à classer les
impôts :
Selon leur parenté juridique (impôts directs et impôts indirects) ;
Selon la collectivité bénéficiaire (impôts d’Etat et impôts locaux) ;
Selon leur régime fiscal (impôt classique et taxe parafiscale) ;
Selon I ’ordonnancement national ou transnational (impôt interne et impôt de porte).
Nous retiendrons les classifications par parenté juridique et selon la collectivité bénéficiaire.
Par.1- Selon la parenté juridique : Impôts directs et impôts indirects
Le critère essentiel de distinction est économique et concerne l’incidence de l’impôt ; impôt direct
est supporté «à titre définitif » par le contribuable, alors que l’impôt indirect peut être répercuté
souvent par l’intermédiaire des prix sur d’autres contribuables.
Sur le plan technique, l’impôt direct est permanent ; le fait générateur intervient à date fixe définie
par la loi ou l’administration : l’impôt indirect est intermittent puisqu’il est fondé sur des
évènements économiques qui relèvent de l’activité et de I’initiative des contribuables.
Du point de vue juridique, I’impôt direct est perçu par voie e rôle nominatif (document établi par
I’administration au
Nom de chaque contribuable et portant mention de la matière imposable et de la somme due.
D’une manière générale les impôts directs frappent les biens ou les revenus d’une personne tandis
que les impôts
Indirectsn’atteignent qu’indirectement le contribuable à l’occasion de l’emploi qu’il fait de ses
ressources ou de ses
Dépenses, Les impôts indirects sont donc assis sur des opérations de production, d’échange ou de
consommation.
L’IRPP et l’IS sont considérés comme des impôts directs alors la TVA, un impôt indirect.
Par.2- Selon la collectivité bénéficiaire : impôts d’Etat et impôts locaux
Les impôts d’Etat sont ceux qui sont collectés uniquement pour le budget de l’Etat :C’est le cas de
I’impôt sur le revenu.
Les impôts locaux sont ceux perçus au profit des collectivités locales (communes, départements,
régions). Le Code
Général des Impôts (CGI) donne une liste exhaustive de ces impôts et taxes ; il s’agit de :
La contribution foncière des propriétés båties (CFPB) ;
La contribution foncière des propriétés non bâties (CFPNB) ;
La contribution des patentes ;
La contribution des licences ;
La taxe sur les spectacles, jeux et divertissements ;
La taxe sur la valeur locative des locaux professionnels (TVLP) ;
La taxe des services publics (TSP).
Section 2- La lassification économique
De façon traditionnelle, on distingue I’imposition de revenu, limposition de la dépense de
consommation et
Iimposition du capital ou du patrimoine.
Par. 1-La taxation du revenu
Elle consiste à imposer les gains d’une personne ou d’une entreprise dès que ces gains sont acquis et
quelle que soit
Leur utilisation ultérieure. Principe apparemmernt simple en théorie, il se pose la question de’ savoir
ce qu’il faut
Entendre par revenu.
Le droit civil définit le revenu comme « une somme d’argent provenant d’une source permanente
d’une manière
Périodique ». Cela exclut non seulement les gains non périodiques et notamment les gains en capital
mais également
Les avantages en nature.
L’IRPP et I’IS sont considérés comme des impôts sur le revenu.
Par. 2-La taxation de la dépense
L’imposition de la dépense consiste à taxer un bien ou un service. Il convent toutefois de remarquer
que :
La taxation de la dépense n’est pas si éloignée de l’imposition du revenu, l’impôt de la dépense
consistant en
Définitive à viser l’emploi du revenu lorsqu’il est affectéà l’acquisition d’un bien ou d’un service.
La taxation de la dépense représente aussi une taxation du capital ou du patrimoine lorsque le bien
acquis est
Un bien d’investissement (immeuble, fonds de commerce, titres et valeurs mobilières).
La TVA et les droits d’accises sont considérés comme des impôts indirects.
Par.3-La toxation du capital
L’imposition du capital peut être réalisée :
Soit à I’occasion de sa transmission qui eut être à titre gratuit (donation ou succession) ou à
titrejonéreux
(cession des biens mobiliers ou immobiliers) ;
Soit en raison de son existence même (taxe sur la propriété foncière). On observe que I’imposition du
capital
Peut représenter aussi bien [Link] d’imposition de la dépense qu’une forme indirecte de
taxation du revenu.
Cest une forme de taxation de la dépense lorsque l’impöt est prélevé à loccasion de lacquisition d’un
élément du patrimoine immobilier ou [Link] une forme indirecte de taxation du revenu dès
lors que l’acquisition d’un élérment du patrimoine a été
Kessairement réalisé au moyen des revenus antérieurs qui ont eux-mêmes été déjà taxés dans le
cadre de
R’imposition de revenus,
Ce sont les droits d’enregistrements, de timbres ou de succession.
Section 3- La classification technique
Cette classification se fonde sur les critères techniques et les modalités de la taxation.
Par. 1-Impôts réels et impôts personnels
Les impôts réels sont essentiellement assis sur la chose, objet de I’impôt : exemple droit de timbre
auto (vignette auto
Ou taxe de circulation).
Les impôts personnels sont établis « intuitu personae » et visent la personne du contribuable.
Les impôts réels sont ceux qui frappent les biens d’un contribuable sans considération de sa situation
personnelle ;
Cest le cas de la taxe foncière et des droits d’enregistrement.
Les impôts personnels frappent la personne et tiennent de plus en plus compte de la situation de
famille et de la
Fortune du contribuable, en somme de sa capacité contributive : cas de l’IRPP.
Par. 2- Impôts proportionnels et impôts progressifs
L’impõt proportionnel est défini comme un impôt constant applicable à la matière imposable quel
que soit son
Montant : exemple : TVA- IS.
En revanche r’impôt progressif prévoit qu’un taux croissant sera applicable à la base d’imposition en
fonction de sa
Progression ; Fimpôt progressif poursuit une finalité, un objectif de redistribution du revenu par le
biais du
Prélèvement fiscal. En d’autres termes celui qui dispose d’un revenu élevé paie plus d’impöt que le
titulaire d’un
Revenu faible. Chacun paie l’impôt en proportion de son revenu.
Par. 3- Impôt spécifique et impôt ad valorem
Les impôts spécifiques sont déterminés en multipliant un poids, un volume, une surface de matière
imposable par une
Somme déterminé. Ex : taxe sur la propriété foncière : 200ř par m2 de surface.
L’impôt spécifique vise une contribution particulière ; C’est le cas de la vignette auto qui varie selon
la puissance fiscale
Du véhicule.
L’impôt ad valorem est calculé par application d’un tarif en pourcentage à la base imposable. C’est le
procédé le plus
Couramment utilisé :Ex : imposition des plus-values au taux de 25%.
Ici la base imposable étant une valeur monétaire.
Par.4- Impôt analytique et impôt synthétique
Les impôts analytiques sont des impôts assis sur les éléments du patrimoine, sur des opérations
isolées ou sur une
Catégorie unique du revenu appelée « cédule ».
Les impôts synthétiques par contre tendent à appréhender un ensemble d’opérations ou de revenus
et à taxer cet
Ensemble en une seule fois. Ex : imnposition général sur le revenu,
CHAPITRE II|-LES GRANDS PRINCIPES DE L’IMPÔT
Les grands principes de l’impột sont répartis en en deux groupes :
Lagroupe des principes à portée constitutionnelle qui comporte le principe de la légalité, le principe
d’égalité,
Le principe d’annualité et le principe du respect des droits de lą défense ;
Le groupe des principes sans portée constitutionnelle pour leqet nous retiendrons le principe de
territorialité,
Le principe de non rétroactivité fiscale, le principe du contradictoire, le principe de la compétence
liée de
L’[Link] 1-les principes à portée constitutionnelle
Le droit fiscal est une branche du système fiscal dans les Etats ; il tire sa source des législations gui
peuvent être d’ordre
Enéral ou spécifique.
Aeitinmité de ‘impðt est définie par l’article 13 de la Déclaration des droits de ‘Homme et du Citoyen
de 1789 qui
Prévoit son égale répartition entre tous les citoyens en raison de leurs facultés.
L’article 14 de cette déclaration dispose que les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou
par leurs
Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre
l’emploi et d’e
Déterminer la quotité, I’assiette, le recouvrement et la durée.
Le principe historique du consentement de l’impôt implique que le peuple et ses représentants
soient exclusivement
Compětents pour fixer la règle d’impột et autoriser son exécution.
Par. 1- Le principe de la légalité
Dans la législation tchadienne, ce principe est exprimé dans l’article 121 de la Constitution
tchadienne en ces termes :
La loi fxe les règles concernant (..) l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions
de toute
Nature. Cet article s’inscrit dans le même ordre d’idée que l’article 14 de la DDHC.
Par.2- Le principe de l’égalité
Au-delà des dispositions de la Constitution à caractère fiscal, il y a d’autres articles qui posent des
principes généraux
Dont le droit fiscal ne peut se départir ; le principe d’égalité en est I’illustration à travers l’article 13
qui dispose que «
Les tchadiens des deux sexes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi.
».
Par.3-Le principe de lannualité
Ce principe signifie que le budget de IEtat doit être voté chaque année (annualité du vote du budget
et de
Lautorisation de percevoir les impôts). Au Tchad comme dans les pays de colonisation française,
I’exercice budgétaire
Coincide avec I’année civile : Iexécution des dépenses et des recettes doit s’effectuer entre le 1
janvier et le 31
Décembre de chaque année. Ce principe se trouve dans les dispositions de l’article 12 de la Loi
Organique
NO04/PR/2014 relative aux lois de finances du 18 Février 2014.
Par.4- Le respect du principe du droit de la défense
Ce principe énonce lobligation de motiver les sanctions et des assortir de la possibilité d’un recours
juridictionnel. La
Charte du Contribuable vérifié lui permet de se faire assister par un Conseil de son choix.
Section 2- les principes sans portée constitutionnelle
Par. 1- Le principe de territorialité
Ce principe précise les limites du territoire auquel s’applique la législation fiscale tchadienne, ainsi
que les règles
Applicables lorsqu’interviennent des personnes ou des opérations mettant en jeu des pays autres
que le Tchad. En
Dehors des principes généraux, il existe des règles de territorialité applicables à chaque type
d’impôt : règle de
Territorialité de I’IRPP, IIS ou la TVA.
Par.2- le principe de non rétroactivité fiscale
La rétroactívité se définit comme le caractère d’un acte juridique qui produit des effets dans le passé.
On dit d’une loi
Nouvelle qu’elle est rétroactive lorsqu’elle régit la validité et les effets passés des situations
juridiques nées avant sa
Promulgation. En principe la lol n’est pas rétroactive. Mais cette règle ne lie pas le législateur qui
peut déclarer
Rétroactive une loi, sauf si celle inflige des sanctions ou des peines. En principe, il n’y a pas de
rétroactivité fiscale
Possible.
Par. 3- le principe du contrqdictoire
Príncipe essentiel, bien quenon formulé pendant longtemps par la loi, commandant touțes les
procédures. Il implique
La liberté pour chacune des parties, de faire connaitre tout ce qui est nécessaire au stcès de sa
demande ou de sa
Défense. Il irnpose que toute démarche, toute présentation au juge d’une pièce, d’un document,
d’une preuve par
Yadversaire soit portée à la connaişsance de l’autre partie et librement discutée à l’audience. Le
respect du principe
Du contradictoire est la condition indispensable de la liberté de la défense.
Par.4- le principe de la compétence liée de l’administration.
Iadministration est limitée par la loj qui fixe ses missions.
CHAPITRE IV- LES SOURCES DU DROIT FISCAL
Le droit fiscal se crée et repose sur des textes d’origines variées. Pour des raisons de légitimité et de
consentement à
Pimpðt, la loi a été longtemps le moyen privilégié de création du droit fiscal, renforçant ainsi la
suprématie de la loi
Sur les s sources réglementaires.
Mais cette suprématie du pouvoir législatif a paradoxalement conduit au développement du pouvoir
réglementaire.
Le pouvoir judiciaire joue également son rôle dans I’interprétation des textes.
Parallèlement, la CEMAC intervient maintenant dans le champ fiscal et impose ses directives aux
Etats membres.
Section1- Les sources internes
Les lois et règlements, la doctrine administrative et la jurisprudence constituent les sources internes
du droit fiscal.
Par.1- La loi
Elle constitue la source principale du droit fiscal. Cette suprématie est confirmée par l’article121 de la
Constitution
Tchadienne. De plus, avant la fin de chaque année, le Parlement vote la loi de finances qui définit les
recettes de I’Etat
Et qui indique aussi les nouvelles dispositions fiscales structurelles ou conjoncturelles résultant des
choix politiques
Gouvernementaux.
Certaines dispositions fiscales peuvent être prises par ordonnance par l’exécutif.
Par.2- Les règlements et la doctrine administrative
Les lois sont complétées, en vue de leur mise en application, par les décrets et les arrêtés
ministériels, de niveau
Hiérarchiquement inférieur aux lois.
Les instructions et circulaires ministérielles viennent compléter I’ensemble et constituent la doctrine
administrative.
Celle-ci résultant de ‘interprétation des textes est opposa ble à l’administration par les administrés
euX-mêmes, qui
Peuvent en contester la validité auprès des tribunaux.
Enfin, certains prélèvements obligatoires peuvent être créés par la voie réglementaire ; Cest le cas
des taxes
Parafiscales.
L’ensemble des lois, règlements, décrets et arrêtés sont rassemblés dans le Code Général des Impộts
qui comprend
Egalement le Livre des procédures fiscales.
Le Code intègre également les dispositions incluses dans les lois de finances annuelles.
Par.3- La jurisprudence
Il Sagit des jugements rendus en matière fiscale par les juridictions contentieuses qui concernent le
plus souvent la
Contestation par un contribuable d’une interprétation de la loi par la doctrine administrative.
Le juge est ainsi conduit à préciser l’interprétation de la loi, non seulement dans le litige et à l’égard
du contribuable
Concerné par l’instance, mais aussi pour préciser des notions que la loi n’a pas définies avec assez de
précision.
Parfois, lorsque I’Administration constate que le jugė adopte une orientation qui s’oppose à sa
propre doctrine, elle
Peut intervenir pour obtenir du Parlement le vote d’une loi confirmant ses propres analyses et
annulant la création
Jurisprudentielle.
Section 2- Les sources internationales
Il s’agit surtout ici des sources conventionnelles exclusion faite des conventions internes. On peut
distinguer
Principalement :
Les conventions internationales dites de « double imposition » qui sont passées entre deux Etats
dans le but
De régler la situation fiscale des personnes susceptibles d’être imposées, du fait de leur activité, de
leur
Domicile fiscal ou de leurs revenus, dans chắcun des deux Etats concernés. Ces conventions
conduisent le plus
Souvent à l’imposition dans I’Etat de la résidence et à l’exonération dans I’autre ou à l’imposition
dans Etat
De la résidence principale ou de l’activité professionnelle, déduction faite de l’imposition subie dans
ľ’autre
Etat au titre des activités qui y sont exercées. Les traités et les conventions sont d’une force
supérieure aux
Lois internes des pays signataires.
Les cònventions internationales destinées à lutter contre la fraude fiscale au plan international, que
l’on peut
Assimiler aux conventions précédentes du point de vue de leur prééminence par rapport aux lois
internes.
. Les dispsitions communautaires résultant du traité de la CEMAC gli ont d’importantes répercussions
sur le
Droit fiscal interne. Ces dispositions communautaires arrêtent -des directives destinées à permettre
‘harmonisation des législations nationales ; elles s’imposent en principe aux Etats membres. Notons
pour
Conclure que c’est la loi conforme à la directive qui s’applique et non la directive elle-même.
CHAPITRE V- APERÇU SUR LA FISCALITE TCHADIENNE
Le système fiscal tchadien de type déclaratif est un héritage laissé par la colonisation. Ce système est
donc structuré
Autour de la Direction Générale des Impôts dont l’organisation et le fonctionnerment ont été mis en
ceuvre
Successivement par les arrêtés N°070/MFB/SE/SG/DGI/2013 et N°021/M FB/SE/DGME/DGI/2018.
Conformément aux dispositions desdits arrêtés, la Direction Générale des Impôts (DGI) a pour
mission de mener la
Politique fiscale de l’Etat au sein du Ministère des Finances. Pour remplir efficacement cette délicate
mission, elle est
Assistée par des nombreuses structures rattachées et des directions de services qui jouent à la fois
les rôles des
Services d’assiette, de contrôle et de recouvrement de I’impôt. Elle veille également aux missions
d’études, de
Législation et du contentieux de l’impôt.
SECTION 1- STRUCTURE ORGANISATIONNELLE
Par 1- Les structures rattachées
Les structures rattachéesà la DGI sont :
La Division des Affaire’s Administratives, Financières et du Matériel (DAAFM) ;
L’Inspection Principale des Services (|PS) ;
La Division de I’Information et de la Communication (DlC) ;
La Division de I’Informatique (DI) ;
La Brigade Polyvalente Douanes-Impôts (BPDI) ;
Le Service de gestion de Retenue à la Source (SRS).
La composition, Il’organisation et la mission de ces structures sont définies dans les arrêtés ci-dessus
cités.
Par 2- Les directions de services
Les fonctions d’assiette, de contrôle et de recouvrement sont assurées par les directions techniques
qui sont au
Nombre de cinq (5) conformément aux dispositions des arétés ci-dessus cités ; ainsi nous avons :
La Direction des Etudes, de la Législation et du Contentieux (DELC) ;
La Direction du Recouvrement (DR) ;
La Direction du Contrôle Fiscal (DIRCOFI) ;
La Direction des Grandes Entreprises (DGE) ;
La Direction de Petites et Moyennes Entreprises (DPME).
Toutes ces directions sont placées sous I’autorité d’un directeur assisté d’un adjoint, tous deux ayant
le grade
D’inspecteur des impôts.
SECTION 2- LES REGIMES FISCAUX
Selon les dispositions du CGI il existe trois régimes d’imposition au Tchad : celui de l’lmpôt Général
Libératoire (GL) ;
Celui du Régime Simplifié d’Imposition (RSI) et enfin celui du Régime de l’impôt d’après le bénéfice
réel. Ces régimes
Sont fonction du chiffre d’affaires selon qu’il s’agisse des ventes des biens ou des prestations de
services.
Par 1- Le régine de I’impôt Général Libératoire (IGL)
Conformémerg aux dispositions de l’article 31 du CGI (LF 2020, art 2), sort soumis à IGL exclusif du
paiement de la
Contribution des patentes et licences, de l’IRPP, de la taxe forfaitaire, de la taxe d’apprentissage et
de la TVA, les
Personnes physiques réalisant un CAHT annuel inférieur à 50 millions de FCFA quelle que soit la
nature d’activités
Qư’elles exercent.
Sles restent redevables des retenues à la source opérée sur le revenu de leurs partenaires au profit
de
‘administration. L’IGL est dů au titre de l’exercice en cours et doit être intégralement payé avant le 31
décembre de
L’année.
A compter du 1 » janvier 2020, IIGL est liquidé par application du taux de 5% au chiffre d’affaires
déclaré par
Contribuable relevant des catégories A et B.
En cas de non dépôt de déclaration dans lę délai prévu, le service peut recourir à lapplication du
barème
Conformément au tableau ci-dessous avec une majoration de 25%.
N’O
01
02
03
04
05
06
07
Catégorle
Zone 1
3 500 001- 5 000 000
2 000 001-3 500 000
900 001- 2 000 000
500 001- 900 000
250 001- 500 000
150 001- 250 000
10 000- 150 000
Zone 2
2 500 001- 4 000 000
1 500 001- 2 000 000
500 001-1 500 000
250 001- 500 000
150 001- 250 000
75 001-150 000
7 500- 75 000
Par 2- Le régime simplifié d’imposition (RSI) art 57 (LF 2018, art.10
SECTION3- LES CATEGORIES D’IMPÔTS
Zone 3
1 500 001-3 000 000
Par 3- Le régime du réel (article 57 du CGI LF 2018, art 9)
500 001- 1 500 000
350 001- 500 000
Les contribuables gérés à la DGE sont donc soumis à ce régime.
200 001-350 000
125 001- 200 000
50 001- 125 000
7 500- 50 000
CA
Compris entre 30 et 50
Millions
Compris entre 20 et 30
Millions
Compris entre 15 et 20
Millions
Compris entre 10 et 15
Millipns
Cormpris entre 5 et 10
Millions
L’IGL Iibère du paiement de la patente, de la licence, de I’IRPP/TS, de la taxe forfaitaire (TF) au taux
de 7,5% de la masse
Salariale, de la taxe d’apprentissage (TA) au taux de 1,2% et de la TVA au taux de 18%. Is restent
cependant redeva bles
Des retenues à la source opérées sur le revenu de leurs partenaires au profit de l’administration.
Compris entre 3 et 5
Millions
Comprls entre 0 et
Inférieur à 3 millions
Relèvent du RSI, les personnes physiques ou morales qui réalisent un CAHT annuel supérieur ou égal
à 100 millions de
FCFA et inférieur à 500 millions de FCFA. Ils sont par ailleurs éligibles à la TVA ; ils peuvent par
conséquent la facturer,
La collecter et la déduire la TVA.
Sont également soumises au RSI, les personnes physiques ou morales qui réalisent un CAHT annuel
supérieur ou égal
A 50 millions de FCFA et inférieur à 100 millions de FCFA. Ces contribuables peuvent également
facturer, collecter et
Déduire la TVA.
Conformément aux dispositions de l’art 39 (nouveau) : Le bénéfice imposable pour les contribuables
soumis au RSI
N’ayant pas souscrit à la déclaration définie à ľ’art 38 nouveau du CGI est déterminé par I’application
d’un taux de 15%
Sur le CA reconstitué.
Les personnes physiques ‘ou morales qui réalisent un CAHT annuel supérieur ou égal à 500 millions
de FCFA sont
Soumises au régime du réel. lIs sont assujettis de plein droità la TVA. Les déclarations se font
mensuellement : par
Ailleurs, la tenue de la comptabilité aux normes OHADA est obligatoire.
Conformément aux dispositiors de l’article 39 (nouveau) : Le bénéfice imposable pour les
contribuables soumis au
Régíme du réel normal d’imposition n’ayant pas souscrit à la déclaration définie à l’articlę 40
nouveau du CGI est
Déterminé par l’application d’urftaux de 30% sur le CA reconstitué. –
On distingue selon le CGI trois grandes catégories d’impôts au Tchad : les impôts d’Etat- les impôts
locaux et ceux
Perçus au profit des organismes.
Par 1- Les impôts d’Etat
Au titre des impðts d’Etat, ilya lef impöts directs (1S et IRPP), les impôts indirects (TVA et droks
d’accises), les impôts
Liếs à l’enregistrement et auX timbres et enfin une pluralité d’autres impôts que sont la redevance
audiovisuelle, la
Taxe sur la vente du bétail, la taxe d’apprentissage et la taxe forfaitaire, la taxe sur les véhicules de
šociétés (TVS), la
Taxe sur,les jeux de hasard, la taxe sur la protection de l’environnement (TPE), I’impôt spécial sur les
bons de caisse.
Par 2- Les impôts locaux
Les impôts locauxX sont ceUx perçus au profit des communes : il y a ceux qualifiés d’obligatoires par
exemple la
Contribution foncière de propriétés bâties (CFPB) et non bâties (CFPNB), les contributions des
patentes et licences, la
Taxe civique, la taxe d’habitation, la taxe sur la publicité, la taxe sur les pylônes, la taxe sur les
spectacles et jeux de
Divertissement et ceux qualifiés de taxes facultatives telles que la taxe sur la valeur locative des loca
ux professionnels
(TVLP) et la taxe sur le service public.
Pour les taxes facultatives, il y a la taxe sur la valeur locative des locaux professionnels (TVLP) et la
taxe de services
Publics.
Par3- Les impôts perçus au profit des organismes
Pour les impôts au profit des organismes, le CGl a retenu le fonds d’intervention rural (FIR) qui
alimente l’office
National de Sécurité Alimentaire (ONASA).
SECTION 4- LES INCITATIONS ET DEROGATIONS FISCALES
Par 1- Les dérogations fiscales contenues dans le CGI
Le CGI prévoit plusieurs dispositions d’exonération concernant les entreprises qui se trouvent dans
les cas suivants :
Une exonération fiscale sur les bénéfices réalisés jusqu’à la 5ème année civile qui suit le début de
l’exploitation
Pour toute entreprise nouvelle qui s’implante au Tchad ou qui est déjà installée mais exerce une
activité
Nouvelle (art 16) ;
Des exonérations spécifiques aux activités agricoles ou d’élevage ;
Des exonérationsà caractère social (art 117) ;
Des exonérations de plus-values ;
Des réductions pour investissements : 40% des sommes investies seront admises en déduction des
bases
Taxablesà VIRPP et à l’IS (art 136 à 142)
Par 2- Le Code des investissements
Adopté en application des dispositions de la Charte des Investissements de la CEMAC, ce Code
constitue le cadre
Général de promotion de l’investissement tant national qu’étranger du secteur privé ; il prévoit deux
régimes qui sont
Celui du droit commun et des régimes privilégiés :
Pour ce qui est du régime du droit commun, le Codes’applique aux investissements productifs. Les
domaines
Concernés sont vastes et prennent en compte de nombreux secteurs d’activités (industrielles avec
Transformation ou conditionnement de produits- préparation ou transformation des produits
d’origine
Végétale, animale et piscicole- d’exploration et de recherches géologiques, minières et pétrolières –
de
Tourisme et d’hôtellerie – du BTP et de maintenance des équipements industriels- technologies de
‘information et de la communication). Les avantages fiscaux qui peuvent être accordés concerne
l’exemption
D’un certain nombre des impôts tels que :IIS, I’IME, la patente etc..
Les régimes privilégiés concernent les activités industrielles ou à caractère industriel exercées dans
les
Secteurs de la santé et de l’éducation par exemple. Les exonérations des impôts ci-dessus cités
peuvent être
Accordées pour une période de 5 ans pour les entreprises installées dans les zones industrielles et de
10 ans
Pour celles installées dans les zones à faible concentration industrielle.