Adolescentes
Adolescentes
Les adolescent(e)s
Les générationnels Les rétifs au sport (15%) Les sportifs non scolaires Les équilibrés (12%) Les isolés (8%)
Les héritiers (20%)
(31%) Absence de pratique (15%) Pratiquent de Pratiquent une
Pratique sportive
Pratiquent très sportive qui ne profite Cumulent une pratique manière équilibrée activité sportive, mais
encadrée. Grande
régulièrement du pas aux pratiques sportive et une plusieurs activités. les liens avec leurs
place à la culture.
sport, écoutent culturelles et qui sociabilité soutenues Pratique sportive pairs sont faibles. Leurs
Relations avec les pairs
beaucoup de n’impacte pas les avec une assiduité modérée. Accordent parents pratiquent
moins soutenues. Bons
musique. Sociabilité relations avec leurs scolaire faible. Jouent du temps aux devoirs peu de sport. Les
élèves. Ressources
très soutenue. Passent pairs. Majorité de filles aux jeux vidéos. scolaires. Profil avec garçons sont
financières élevées.
beaucoup de temps et d’enfants d’ouvriers. Majoritairement des majoritairement des majoritaires. Ces
Reproduisent la
sur leurs devoirs. Leurs parents ont un garçons, enfants filles avec des parents jeunes sont plus
pratique de leurs
Niveau scolaire pas rapport au sport moins d’ouvriers, collégiens au cadres ou professions souvent en difficulté
parents.
très élevé. soutenu. faible niveau scolaire. intermédiaires. scolaire.
1 – Des élèves adolescents. Points de repères
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Les pratiques physiques des adolescents hors EPS
Pour les ados, à quoi sert l’EPS ? Goût pour l’EPS. Pour 60,5 % des élèves, l’EPS est l’une des disciplines
qu’ils préfèrent. 29,1 % l’aiment autant que les autres. Pour 10,5 %
- Construction de soi et recherche de la santé des élèves, l’EPS est une des matières qu’ils apprécient le moins.
(3 élève sur 4 : mieux se connaître)
69 % des garçons et 45% des filles veulent plus d’EPS, alors que 18 %
- Apprendre des sports nouveaux (64% des des garçons et 37 % des filles sont contre.
garçons et 72% des filles)
Ce qu’ils apprécient le plus: se défouler (se dépenser) (61 %),
- Améliorer sa moyenne (surtout pour les travailler en coopération (41 %), se sentir bien et développer sa santé
garçons de LP et collège) (42 %), le plaisir de dépasser ses limites (41 %), apprendre et découvrir
de nouvelles APSA (39 %).
- Se reconstituer : se reposer des autres cours ;
dimension récréative (surtout chez les garçons) APSA préférées: sports collectifs (52 %), APPN (46 %), sports de
raquette (42 %), activités de la forme (33 %), sports de combats (26
- Lieu d’apprentissage de la vie collective %), activités aquatiques (23 %), activités gymniques (23 %), activités
athlétiques (22 %), activités artistiques (18 %), activités réflexives (9 %)
B. Lefort, Le prof. d’EPS face à des adolescents, 2011
Enquête SNEP 2022
1 – Des élèves adolescents. Points de repères
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Les pratiques physiques des adolescents à l’UNSS
Le sport scolaire (UNSS, 2020)
Préadolescence (dès 8-9 ans) Phase pubertaire (12-15 ans) Phase juvénile (16-25 ans)
Début des modifications du Transformations physiques et Jeunesse : restructuration et
comportement rejet du monde de l’enfance intégration dans le monde adulte
2 – Ce qu’il faut savoir des élèves adolescents
15
Phase pubertaire (12-15 ans) : transformations biologiques
Accès à la sexualité
génitale adulte Augmentation du volume
pulmonaire et des capacités
cardiaques
Croissance staturale et pondérale
(pas toujours harmonieuse)
Évolution morphologiques
Sous l’action de modifications Augmentation de la
hormonales, se déclenchent masse musculaire
des transformations corporelles
(pic 12-13 ans pour les filles et
Maladresses passagères 14-15 ans pour les garçons)
(liées aux changements
morphologiques rapides).
Différences inter
individuelles marquées
2 – Ce qu’il faut savoir des élèves adolescents
16
Transformations biologiques de l’adolescent
Variation
du gain de
taille
Développement de la pensée
hypothético-déductive Modification du
fonctionnement cérébral
Discussions
métaphysiques, soif Doutes, inquiétudes,
d’absolu, idéaux. « écroulement du sol des
évidences » (S. de Mijolla-Mellor,
Le plaisir de pensée, 1992).
Pensée autonome : l’adolescent se rend compte qu’il peut penser par lui-
même, et donc différemment de son entourage. Acquisition des notions de
conscience morale et de responsabilité.
2 – Ce qu’il faut savoir des élèves adolescents
19
Phase pubertaire (12-15 ans) : transformations sociales
Fragilité narcissique et
hypersensibilité à la
Le groupe devient un
Période sociale sensible moquerie (risque de perdre
lieu de socialisation et
la face devant les pairs) qui
d’expérimentation
peuvent déclencher des
(réseaux sociaux Fluctuation des centres comportements violents.
permettent de se d‘intérêts, des relations
reconnaître entre pairs). amicales ou amoureuses
Après le « désir d’adolescence » vient donc, vers 15 ans, le « déni d’adolescence » (M. Fize, Carte blanche, 2015)
2 – Ce qu’il faut savoir des élèves adolescents
21
La quête identitaire
Le risque renvoie à la « possibilité que les actions humaines aient des conséquences qui peuvent
affecter ce que les êtres humains valorisent » (O. Renn, 1998).
Les conduites à risque peuvent être envisagées comme des « conduites d’exploration
dans la résolution des processus identitaires, d’individuation et de socialisation au
cours de cette période développementale » (G. Zimmermann, 2017).
Les conduites à risque peuvent contribuer au sentiment d’identité, mais également survenir en
réponse à une forme de défaillance de la construction identitaire (l’un n’excluant pas l’autre).
2 – Ce qu’il faut savoir des élèves adolescents
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L’adolescence : angoisse ou bien-être ?
Des adolescences
- L’adolescence est une véritable étape du développement (plus qu’une crise) qui se décline sur les plans
physiques, affectifs, psychologiques et sociaux.
- L’adolescence est marquée par une forte évolution du processus d’affirmation de soi.
- L’adolescence est marquée par une culture : individualisation des valeurs, désengagement vis-à-vis des
structures collectives, prises de risque…
- « Il n’y a pas une adolescence mais des adolescents. Cette diversité fait même partie des caractéristiques
de l’adolescence » (A. Braconnier, D. Marcelli, Psycho-pathologie de l’adolescent, 1988).
Transformation du corps
- Augmentation de la taille (+ 20 à 30 cm)
- Prise de poids (4 à 5 kg par an)
- Caractères sexuels secondaires (pilosité…)
La puberté aurait pour effet d’éloigner le soi réel des filles de leur soi idéal, alors qu’elle permettrait aux
garçons de rapprocher leur soi réel de leur soi idéal. A la puberté les changements corporels des garçons
consistent en un gain de leur masse musculaire et squelettique, alors que chez les filles, ces changements
s’expriment par une prise de poids comme conséquence d’un gain adipeux. Or les standards et les
stéréotypes sociaux valorisent la minceur chez les filles et le tonus musculaire chez les garçons.
S. Harter, La construction de soi, 1999
3 – À l’adolescence, une nouvelle problématique du corps
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L’E.P.S., parce que c’est le lieu où les corps se rencontrent, se confrontent, met à
nu la problématique du corps adolescent. Ainsi, cette discipline accentue le mal
être d’adolescent peu performants qui se voient confrontés directement aux
compétences et aux corps des autres, modèles référents, qui eux ne craignent ni
la compétition, ni le regard de l’autre car ils répondent à la norme d’excellence.
C. Garcia, Cet « autre » inaccessible, 2000
3 – À l’adolescence, une nouvelle problématique du corps
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Le corps en EPS
Un sujet hautement sensible chez les adolescent(e)s
Corps entretenu
Corps hédoniste
Corps maîtrisé
- L’EPS, qui est un lieu où les corps sont exposés, mesurés, confrontés, peut conduire
l’adolescent vers un épanouissement en évitant des comportements de violence ou
de fuite : faire vivre différents usages du corps.
31 4 – QUELLE EPS POUR LES ADOLESCENTS ?
4 – Quelle EPS pour les adolescents ?
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Jouer sur la programmation des APSA selon le genre, tout en planifiant des activités « neutres ».
Valoriser les activités artistiques qui engagent le corps sur un mode expressif et les activités du CA
5 qui engagent le corps sur un mode d’entretien et de développement (et non sur un mode
compétitif).
Différencier les modes d’entrées des APSA de façon à répondre aux motifs d’agir dominants des
filles et des garçons.
Construire des formes de pratiques scolaires pour que les élèves puissent se sentir valorisés :
progrès, responsabilités, travail autonome, travail coopératif en groupes, mise en projet…).
Associer à la pratique physique et sportive un vécu émotionnel positif : plaisir (« ludicisation » des
pratiques), fierté, surprise… et prévenir le ressenti de ridicule, de honte…
Cibler les contenus prioritaires à enseigner et développer des feed-backs pour favoriser les
progrès.
Qu’il y ait un problème ou Que soit élaborée et Que cette règle puisse ensuite
une situation rendant la négociée une règle de s’exercer, notamment en cas de
règle nécessaire (utilité) conduite commune (portée) contestation (fonctionnalité)
4 – Quelle EPS pour les adolescents ?
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Le développement moral et le rapport aux autres (dimension sociale)
Le groupe en EPS
un but communément des rôles identifiés et un climat affectif positif une régulation des
partagé complémentaires d’écoute et d’entraide actions menées
Pour que l’adolescent puisse exercer des responsabilités au sein d’un groupe, il faut…
L’exemplarité L’exigence
L’exemplarité et l’éthique du Une relation pédagogique qui
professeur constitue deux évite le copinage, le
piliers centraux dans chantage affectif, la rigidité,
l’intervention avec des l’hostilité ou l’indifférence,
adolescents. sans renoncer à l’autorité
permet de répondre aux
besoins simultanés
d’autonomie et d’autorité, de
liberté et de sécurité des
La bienveillance La tolérance
adolescents.
Mettre en valeur les élèves est Un style d’enseignement
un ferment dans le démocratique faisant place à la
déclenchement, l’intensité et la coopération, à l’autonomie et à la
persistance de l’engagement responsabilité des adolescents favorise
des adolescents en EPS. une bonne dynamique de groupe.
4 – Quelle EPS pour les adolescents ?
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L’EPS permet de vivre en actions et en émotions une large palette de relations à soi et aux autres
et de les symboliser. Elle participe ainsi à la découverte de soi, à une investigation de l’intime et à
la construction de certains savoirs pratiques concernant la relation sociale. Elle est aussi l’occasion
d’intégrer les préoccupations des adolescents, les transformations pubertaires auxquelles ils sont
confrontés qui modifient la relation à l’autre et à l’activité physique. Ces transformations constituent
une préoccupation centrale pour les ados qui peuvent perdre leur aisance motrice et surtout le
goût pour la pratique. Participer à la construction de savoirs concernant la gestion des émotions, la
communication, l’identité et la préservation mutuelle : espace dans lequel l’EPS peut contribuer à
la gestion de la vie physique actuelle et à venir.
C. Perrin, D. Motta (1998). Analyse d’un cas de contenus interdisciplinaires visant la prévention du sida.
Recherches en EPS, Bilan et perspectives
4 – Quelle EPS pour les adolescents ?
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- « Le corps n’est pas un objet. La conscience que j’en ai n’est pas une pensée (...)
Je n’ai pas d’autre moyen de connaître le corps humain que de le vivre (...) Je suis
donc mon corps » (M. Merleau-Ponty. Phénoménologie de la perception, 1945).
- « L’EPS aide tous les collégiens et collégiennes à acquérir de nouveaux repères sur
soi, sur les autres, sur l’environnement, pour construire une image positive de soi
dans le respect des différences » (Programme de l’EPS pour le cycle 4, arrêté
9/11/2015).
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