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L'Eau Et L'Écriture de La Destruction

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L'énoncé évoque une scène intense et chargée d'émotion, où la pitié semble émerger

de plusieurs éléments clés. Les yeux sont souvent le reflet des émotions. L'incrédulité indique
une incapacité à croire ce qui se passe, un choc face à la réalité. Les yeux "en flamme"
suggèrent une passion, une colère ou une intense émotion, tandis que les "yeux aux larmes"
évoquent la tristesse et la souffrance. Cette juxtaposition d'émotions crée une tension qui
appelle à la pitié. On ressent ici une empathie envers ceux qui vivent ce moment tragique.
Cette expression ‘’odieux venin’’ évoque quelque chose de toxique et destructeur. Le "venin"
symbolise la haine, la division ou le mal qui ronge les relations humaines. Il montre une
situation où la souffrance est causée par des schismes, ce qui peut susciter une profonde pitié
pour ceux qui en sont victimes. Les schismes, en tant que divisions profondes, peuvent
engendrer souffrance et désespoir. L’utilisation des adjectifs "abominables" et "exécrables"
renforce la gravité de la situation et l’horreur de ce qui est observé. Il provoque une prise de
conscience de l'injustice et de la cruauté qui existent dans le monde, entraînant ainsi un
sentiment de pitié pour ceux qui souffrent à cause de ces divisions. Le surgissement de la pitié
dans cet énoncé est donc le résultat d'une juxtaposition d'émotions fortes, d'une description
poignante de la souffrance, et d'une dénonciation des forces destructrices qui existent dans la
société. La manière dont les yeux sont décrits renforce ce sentiment de vulnérabilité et
d'empathie, tandis que le venin et les schismes évoquent une réalité tragique qui appelle à la
compassion. Cette combinaison fait que le lecteur est non seulement témoin de la douleur,
mais est également poussé à ressentir de la pitié pour ceux qui en sont les victimes.

Après avoir analysé comment l'eau, dans le cadre du discours poétique, sert de vecteur
pour exprimer la pitié, nous nous dirigeons maintenant vers une autre dimension de cette
symbolique aquatique. En effet, l'eau ne se contente pas de nourrir des sentiments de
compassion ; elle s'impose également comme un élément central dans le discours de la fin, où
elle devient le miroir des dernières descriptions et des adieux. Dans cette seconde partie, nous
examinerons comment l'eau, à travers l'écriture de la description, évoque la notion de
terminaison et de passage, créant ainsi une atmosphère où le sublime et le tragique se
rencontrent. Ce mouvement nous permettra de découvrir comment les figures lexématiques
liées à l'eau transcendent les émotions, pour s'inscrire dans une réflexion sur la finitude et
l'éphémère.

1. 3. L’EAU ET L’ÉCRITURE DE LA DESTRUCTION


L'eau, élément fondamental de la vie, revêt également une dimension ambivalente qui
la lie intrinsèquement à la destruction et au chaos. Dans de nombreuses cultures et traditions
littéraires, elle est perçue tantôt comme source de création, tantôt comme vecteur de
désolation. Ce paradoxe est particulièrement révélateur dans les figures lexématiques qui
émergent autour de ce thème, où l'eau devient le symbole d'un déséquilibre et d'une
dissolution des formes établies :

La chair de son sang maternel


Vient de voir le jour dans une précarité à couper le l'air
Sous le nez. La fleur-de-sa-sueur-fluviale, cette mère
Aux sentiments mitigés la baptisera « Grâce » car le
Ciel a encore chanté sa magnanimité en sauvant son enfant du déluge.

Duékoué
Duékoué sur le gril sur le fil du rasoir et aphylle
Duékoué se noie
Duékoué sombre dans l'ombre dans le noir ce soir
Duékoué boit le calice jusqu'à la mort
Duékoué broie le noir

(La mère rouge, [Link]., p.29-30.)

L'évocation de Duékoué fait référence à des événements tragiques qui ont marqué
cette région, notamment des conflits et des violences. Le macabre ici sert de métaphore pour
explorer des thèmes de souffrance, de mort et de désespoir. Les images utilisées (comme "se
noie", "sombre dans l'ombre", "boit le calice jusqu'à la mort") évoquent une atmosphère de
fatalité et de désespoir qui renforce l'idée de la ville comme un lieu de souffrance. Le choix
des mots et des expressions fait écho à des croyances culturelles ou des mythes liés à la mort
et à la souffrance, enrichissant la lecture du texte à travers des connotations historiques et
sociales.

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