Guide de la fiscalité immobilière
Guide de la fiscalité immobilière
immobilière
en France
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La fiscalité
immobilière en France
Introduction
La fiscalité
de la location
meublée
La location meublée est la mise
à disposition contre un loyer
d’un logement garni du mobilier
indispensable à une occupation
normale par le locataire (décret
n° 2015-981 du 31/07/2015).
Pour exercer cette activité, vous devez
choisir entre deux statuts : LMNP et
LMP.
Les recettes locatives sont imposées
soit au micro-BIC soit au régime réel.
A savoir : le LMP est assujetti de plein droit à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). À ce titre,
il est redevable de cotisations sociales, avec un forfait minimum de 1 145 euros par an. Sur option
et sous conditions, il peut demander son rattachement au régime général, qui propose un calcul
différent du montant des cotisations sociales.
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Régime du micro-BIC
En régime micro-BIC, vous ne déduisez 23 000 euros par an, celles-ci sont soumises à
aucune charge de vos recettes locatives. cotisations sociales (et non aux prélèvements
Vous bénéficiez à la place d’un abattement sociaux).
forfaitaire de 50 % en meublé classique, ou
Le montant des recettes (loyer et charges)
de 71 % en meublé de tourisme et chambres
doit être indiqué sur la déclaration d’impôt en
d’hôtes, avec un montant minimum de
ligne. Rendez-vous sur le formulaire n°2042
305 euros.
C PRO, au cadre « Bénéfices industriels et
Vous êtes également redevable des commerciaux » pour faire votre déclaration !
prélèvements sociaux de 17.2 %. Attention, si
en meublé de tourisme, vos recettes excèdent
Régime du réel
Si vos recettes dépassent les seuils du micro- ans et est reconduite automatiquement.
BIC, ou sur option exercée avant le 1er février
On parle de régime réel, car il autorise la
de l’année en cours, vous pouvez choisir
déduction des charges pour leur montant
l’imposition au régime réel. En cas d’option,
réel. Toutes les charges sont éligibles à la
celle-ci est irrévocable pour au moins deux
déduction dès lors qu’elles sont engagées dans
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l’intérêt de l’exploitation et qu’elles peuvent être Vous devez déposer une déclaration de
justifiées, notamment par une facture. Sont ainsi résultat n° 2031 et ses annexes comportant un
déductibles les intérêts d’emprunt, les charges bilan, un compte de résultats, un tableau des
de copropriété, les primes d’assurance… immobilisations et amortissements et un relevé
des provisions.
Le régime réel vous permet également de
pratiquer des amortissements sur l’immobilier
(hors terrain) et sur le mobilier.
Pour ces raisons, nous vous conseillons vivement
Contrainte du régime réel : vous êtes dans de faire appel à un expert-comptable !
l’obligation de tenir une comptabilité et de
produire un plan d’amortissement.
Synthèse régime
micro-BIC / régime réel
Non Non
Obligation
de tenir une
comptabilité
Régime Régime
micro-BIC réel
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LMP et LMNP :
les différences
LMNP LMP
Le LMP relève du régime des plus-values des professionnels. À condition que l’activité de loueur soit
exercée depuis au moins 5 ans, le régime prévoit :
Si vous ne remplissez pas les conditions pour l’exonération, alors la plus-value professionnelle est
imposée au régime des plus-values de court terme (moins de 2 ans) ou de long terme (plus de
2 ans), à l’IR ou à l’impôt sur les sociétés (IS).
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Traitement de la plus-value
court terme et long terme en LMP
Plus-value
Plus-value
court
long terme
terme
La fiscalité de
la location nue
On appelle location nue ou vide la
mise à disposition contre un loyer
d’un bien non meublé. Les loyers des
locations vides sont imposés dans la
catégorie des revenus fonciers.
Il n’existe aucun statut spécifique pour
le loueur d’un logement vide.
Les recettes locatives sont imposées
au régime micro-foncier ou au régime
réel.
Régime du micro-foncier
Régime du réel
Si vos charges sont supérieures à vos revenus fonciers, alors vous créez un déficit foncier. Vous pouvez
l’imputer sur votre revenu global dans une limite de 10 700 euros. Ce mécanisme vous permet ainsi
de diminuer ou de supprimer votre IR.
Votre revenu global est inférieur au déficit foncier ? Vous pouvez reporter le reliquat !
Deux hypothèses :
Régime Régime
micro- réel
foncier
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TableauTableau
comparatif locationlocation
comparatif vide vide
et meublée
et meublée
LMNP ou LMP
Statut du loueur Aucun
Immatriculation CFE.
50 % meublé classique
Abattement au
71 % meuble de tourisme + chambres 30 %
régime micro
d’hôtes.
Tenue d’une
Oui Non
comptabilité
Durée du préavis du
1 mois 3 mois
locataire
Durée de préavis du
propriétaire pour 3 mois 6 mois
reprise du logement
Loyers majorés
Avantages autres Offre moins abondante qu’en location nue Moins de turn-over
: moins de concurrence avec les autres Demande locative soutenue.
que fiscaux bailleurs.
Risque de turn-over
Loyers plus faibles
Inconvénients Travaux et réparations plus fréquents
Forte concurrence entre bailleurs.
(mais déductibles au réel).
La fiscalité de
la société civile
immobilière
(SCI)
La SCI (société civile immobilière) est
une société constituée par au moins
2 associés. Cette structure juridique
permet de mutualiser la capacité
d’emprunt des associés, d’acheter et
de gérer en commun un ou plusieurs
biens immobiliers.
C’est la SCI qui est propriétaire des biens
immobiliers. Les associés les détiennent
indirectement, par le biais de leurs parts
sociales. Ces parts leur sont attribuées
proportionnellement à leurs apports
dans le capital social.
La loi ne prévoit pas de capital social
minimum pour la SCI, qui peut avoir un
capital fixe ou un capital variable.
Le fonctionnement de la SCI
L’organisation et le fonctionnement de la SCI sont déterminés par les statuts juridiques. Il appartient
au gérant de prendre toutes les décisions courantes portant sur le patrimoine. Les autres décisions
sont prises par l’assemblée générale des associés, selon les modalités prévues dans les statuts.
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Les différents types de SCI :
Les associés sont imposés à l’IR pour les de SCI, vous indiquerez votre quote-
revenus fonciers encaissés par la SCI part de revenus à la déclaration n°2042
et pour la plus-value qu’elle dégage à (ligne 4BA). Si en plus des parts de SCI,
l’occasion d’une revente. vous êtes propriétaire d’un bien locatif
nu, remplissez la déclaration n°2044.
Les revenus fonciers sont normalement
imposés au régime réel, mais vous À savoir : le mécanisme du déficit foncier
pouvez demander l’application du s’applique aussi aux associés de SCI.
micro-foncier si :
Pour la plus-value, qui résulte de la
• Vous louez en location nue un bien différence entre le prix de vente et le
qui vous appartient en direct (et non prix d’achat, vous relevez du régime
à la SCI). d’imposition des particuliers. Vous
bénéficiez d’un abattement pour durée
• Le montant des recettes de cette
de détention, mais devez conserver le
location et de la quote-part de recettes
bien pendant 22 ans pour être exonéré
provenant de la SCI n’excède pas
d’IR, et pendant 30 ans pour être exonéré
15 000 euros.
de prélèvements sociaux.
Si vous détenez uniquement des parts
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Moins de 6 ans 0% 0%
Le fisc prend en compte la valeur nette des parts de SCI au moment de calculer les droits de
donation ou de succession. Cette valeur nette est réduite par le passif de la SCI et diminue ainsi
mécaniquement l’imposition.
Le démembrement des parts permet également de diminuer les droits de donation ou de succession.
Lorsque vous apportez la nue-propriété des parts à vos enfants, les droits ne sont pas calculés sur
la base de la valeur nette, mais sur la base d’un barème fiscal qui dépend de l’âge de l’usufruitier.
Par exemple, si vous avez 62 ans au moment de la donation des parts, votre enfant paiera de l’impôt
sur 60 % de la valeur des parts, après déduction de l’abattement de 100 000 euros.
Moins de 21 révolus 90 % 10 %
Moins de 31 révolus 80 % 20 %
Moins de 41 révolus 70 % 30 %
Moins de 51 révolus 60 % 40 %
Moins de 61 révolus 50 % 50 %
Moins de 71 révolus 40 % 60 %
Moins de 81 révolus 30 % 70 %
Moins de 91 révolus 20 % 80 %
Plus de 91 révolus 10 % 90 %
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Défiscalisation
immobilière :
les principaux
dispositifs
Loi Pinel, Loi Denormandie, Loi Malraux :
voici les principaux dispositifs de
défiscalisation immobilière dans le neuf
et dans l’ancien.
Reconduit au moins jusqu’en décembre 2024, le dispositif Pinel vous offre une réduction
d’impôt en contrepartie d’un engagement de location. Vous devez respecter de nombreuses
conditions pour que l’avantage fiscal ne soit pas remis en cause par l’administration.
Engagement Taux de
de location réduction
d’impôt
La réduction d’impôt est limitée à deux logements par an. Elle est également plafonnée à 300 000 euros
par an et par investisseur et à 5 500 euros par mètre carré. Elle entre dans le calcul du plafonnement
global des niches fiscales de 10 000 euros par an.
Au total, la défiscalisation Pinel peut atteindre au maximum 36 000 € pour un engagement de 6 ans,
54 000 € pour un engagement de 9 ans et 63 000 € pour un engagement de 12 ans.
À savoir : sauf pour les logements situés en quartier prioritaire de la politique de la ville ou pour les
logements offrant un niveau élevé de qualité, la réduction d’impôt va progressivement diminuer en
2023 et 2024.
Le dispositif Malraux offre une réduction d’impôt Bon à savoir : la défiscalisation Malraux ne doit pas
de 22 à 30 % sur l’IR des propriétaires qui rénovent être confondue avec la loi Monuments Historiques
un immeuble à caractère historique ou esthétique permettant de bénéficier d’une déduction de 100 %
et qui s’engagent à le louer au moins 9 ans. du coût des travaux pour un bien classé Monument
Historique ou inscrit à l’Inventaire Supplémentaire
des Monuments Historiques (ISMH).
Montant de la réduction d’impôt
Appliqué sur le coût des travaux, le taux de la
Conditions d’éligibilité au dispositif Malraux
réduction d’impôt Malraux varie en fonction du
lieu d’implantation du bien. Il est de : L’immeuble rénové doit être :
• Loué nu.
• 22 % pour un bien localisé dans un Site • Loué en tant que résidence principale du
Patrimonial Remarquable avec PVAP (plan locataire.
de valorisation de l’architecture et du
• Loué pendant au minimum 9 ans à une
patrimoine) approuvé ou dont le programme
personne autre qu’un de vos ascendants ou
de restauration a été déclaré d’utilité publique,
descendants.
dans une ancienne ZPPAUP (Zone de Protection
du Patrimoine Architectural Urbain ou • Mis en location dans les 12 mois qui suivent
Paysager) ou une AVAP (Aire de Mise en Valeur l’achèvement des travaux de restauration au
de l’Architecture et du Patrimoine). maximum.
• 30 % pour un bien localisé dans un Site Les travaux peuvent porter sur un immeuble
Patrimonial Remarquable avec PSVM (Plan de dégradé situé en zone d’urbanisme protégée ou
Sauvegarde et de Mise en valeur) approuvé, un être entrepris dans le cadre d’un contrat de vente
QAD (quartier ancien dégradé) ou un quartier d’immeuble à rénover (vente en l’état futur de
conventionné NPNRU - Anciens secteurs rénovation ou VEFR).
sauvegardés.
La réduction d’impôt est plafonnée dans le temps Pour ouvrir droit à la réduction, les travaux doivent
et dans son montant. Elle est ainsi limitée à 400 :
000 € sur une période de 4 ans, soit 100 000
• Porter sur des immeubles situés dans les
euros par an. Elle est applicable dès l’année de
secteurs sauvegardés .
réalisation des travaux.
• Être déclarés d’utilité publique (sauf dans le
Si une fraction de la réduction d’impôt excède
cas où un plan de sauvegarde ou de mise en
votre imposition de l’année en cours, vous pouvez
valeur a été approuvé).
l’imputer sur votre IR des 3 années suivantes.
• Aboutir à la restauration complète d’un
immeuble bâti (les travaux de restauration
partielle n’ouvrent pas droit à la réduction).
Depuis le 1er janvier 2013, la réduction • Être contrôlés et suivis par un Architecte des
d’impôt en loi Malraux n’est plus Bâtiments de France (ABF).
soumise au plafonnement des niches
fiscales.
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Ce qu’il faut retenir des différents dispositifs de
défiscalisation immobilière
La défiscalisation Pinel
La défiscalisation Denormandie
La défiscalisation Malraux
Les questions
fréquemment
posées
La location meublée étant une activité commerciale, vous ne pouvez normalement pas choisir
?
une société imposée à l’IR pour l’exercer. L’inconvénient des sociétés à l’IS, c’est qu’elles donnent
lieu à une double imposition. Les bénéfices et plus-values sont imposés une première fois à l’IS,
au niveau de la société, puis une seconde fois à l’IR, au niveau des associés s’ils décident de se
verser des dividendes.
Bonne nouvelle, il existe une structure juridique pour contourner cet écueil : la SARL de famille.
Comme le prévoit le CGI, la SARL de famille n’est pas soumise à l’IS, mais à l’IR. Chaque associé
paie de l’IR en proportion de ses parts dans le capital social. Si la SARL enregistre un déficit, les
associés le répercutent sur leur feuille d’impôt. Notez que seule la location meublée est autorisée
en SARL à l’IR, vous ne pouvez donc pas la créer pour faire de la location nue.
Autre avantage de la SARL de famille : la responsabilité des associés est limitée à leurs apports
dans le capital social. Leurs biens personnels échappent ainsi aux créanciers en cas de dettes de
la société.
Qui peut créer une SARL de famille ? Les ascendants et descendants ou les frères et sœurs, ainsi
que les conjoints et partenaires de PACS.
Une holding immobilière est une société qui détient les parts sociales d’une ou plusieurs autres
?
sociétés propriétaires d’immeubles. Contrairement à la SCI, son objet social n’est pas la gestion
d’un patrimoine immobilier, mais seulement la gestion de ses participations dans d’autres sociétés.
La holding est la société mère, et les sociétés qu’elle détient, ses filiales. Ce montage présente un
intérêt fiscal. Vous avez le choix entre deux régimes fiscaux pour la holding :
• Le régime mère-fille : il offre à la holding une exonération d’impôt à hauteur de 95 % des
dividendes qu’elle perçoit de ses filiales et permet d’éviter la double imposition des bénéfices
générés à son niveau et à celui de ses filiales. Deux conditions à réunir pour choisir ce régime : que
la holding et la filiale soient assujetties à l’IS et que la holding détienne au moins 5 % du capital de
la filiale.
• Le régime de l’intégration fiscale : il permet de mutualiser les résultats de l’ensemble des
filiales, les pertes des unes compensant les bénéfices des autres. De cette manière, l’impôt sur les
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bénéfices diminue. À noter également que les dividendes perçus par la holding sont intégralement
exonérés de taxation. Une condition à remplir pour bénéficier de ce régime : que la holding détienne
95 % du capital de la filiale.
Pour éviter de passer en LMP, il faut donc que mainteniez vos recettes locatives sous 23 000 euros,
ou qu’elles soient inférieures à l’ensemble des revenus d’activité de votre foyer.
Plusieurs stratégies d’optimisation fiscale vous permettent de limiter ou de supprimer votre imposition :
?
• Le régime réel en location nue : il permet de déduire certaines charges et de créer un déficit
foncier. Vous pouvez déduire ce déficit de votre revenu global de l’année en cours à hauteur
de 10 700 euros.
• Le régime réel en location meublée : il permet de déduire l’ensemble des charges d’exploitation
et de pratiquer des amortissements. Le LMP peut déduire le déficit créé par les charges de son
revenu global de l’année en cours, sans limitation de montant. Le LMNP ne peut pas déduire le
déficit lors de l’année en cours, mais peut le reporter pendant les 10 années suivantes, dans la
catégorie des BIC de location non-professionnelle. Si le montant de cette catégorie diminue,
il fait mécaniquement baisser l’assiette imposable.
• Le régime micro-foncier en location nue : il vous fait bénéficier d’un abattement de 30 % sur
les recettes locatives brutes hors charges.
• Le régime micro-BIC en location meublée : il vous offre un abattement de 50 % en meublé
classique, de 71 % en meublé de tourisme et chambres d’hôtes.
• Les dispositifs de défiscalisation : ils proposent une réduction d’impôt en contrepartie d’un
engagement de location.
• Les SCI : à l’IR, la SCI permet de bénéficier des avantages fiscaux du régime réel et des dispositifs
de défiscalisation. À l’IS, la SCI supporte l’imposition des bénéfices, tant que les associés ne se
distribuent pas de dividendes.
• La holding : le régime mère-fille offre une exonération d’impôt de 95 % sur les dividendes (sous
conditions). Le régime d’intégration fiscale propose, également sous conditions, une exonération
totale de taxation des dividendes.