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Guide EIES pour l'Exploitation Pétrolière au Bénin

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3

Table des matières


Sigles et abréviations ............................................................................... 5
Introduction ............................................................................................. 6
1. Rappel de la procédure de l’évaluation environnementale et
sociale et de ses étapes............................................................ 7
1.1. Avis de projet, termes de référence et principaux enjeux ... 12
1.2. Consultation publique ........................................................... 15
2. Projets d’exploitation pétrolière selon la localisation ........... 22
2.1. Projets d’exploitation pétrolière on shore ........................... 23
2.2. Projets d’exploitation pétrolière zone offshore profond et
zone offshore très profond ................................................................... 24
3. Principales composantes pertinentes de l’environnement
possiblement affectées .......................................................... 26
4. Enjeux, risques et impacts potentiels environnementaux et
sociaux.................................................................................... 34
5. Plan de gestion environnementale et sociale ........................ 47
5.1. Mesures générales ................................................................ 48
5.2. Mesures spécifiques .............................................................. 50
6. Analyse des risques et dangers .............................................. 61
7. Programme de surveillance et de suivi environnemental et
social....................................................................................... 62
7.1. Programme de surveillance environnementale et sociale .. 63
7.2. Programme de suivi environnemental et social ................... 64
8. Mécanisme de gestion des plaintes et doléances ................. 69
8.1. Objectifs du mécanisme de gestion des plaintes ................. 70
8.2. Principes................................................................................. 70
8.3. Résultats attendus ................................................................. 72
Conclusion et recommandations ........................................................... 73

4
Sigles et abréviations

ABE : Agence béninoise pour l’Environnement

CCES : Certificat de conformité environnementale et sociale

CGES : Cadre de gestion environnementale et sociale

EESS : Évaluation environnementale et sociale stratégique

EIES : Étude d’impact environnemental et social

PARC : Plan d’action de réinstallation et de compensation

PGES : Plan de gestion environnementale et sociale

PRS : Plan de restauration des sites

5
Introduction
Le présent guide s’adresse aux demandeurs de Certificat de conformité
environnementale et sociale (CCES) et porte sur les exigences et la structure
d’une Étude d’impact environnemental et social (EIES), pour l’exploitation
pétrolière, conformément au Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022, portant
organisation des procédures de l’Évaluation environnementale et sociale en
République du Bénin. Il a pour objet d’assister les promoteurs pour une
meilleure prise en compte de l’environnement et de développement social
dans le cadre des projets d’exploitation pétrolière.

Ce guide complète de manière plus précise, pour les projets d’exploitation


pétrolière, les directives contenues dans le guide général de réalisation
d’une étude d’impact environnemental et social auxquelles il doit se
conformer. Il ne remplace donc pas le guide général. Le guide sectoriel
précise ainsi les éléments particuliers qui peuvent contribuer à la
préparation de Termes de référence (TDR) appropriés pour le secteur
pétrolier, la prise en compte d’enjeux et d’impacts adaptés au secteur, et
enfin, la préparation d’un Plan de gestion environnementale et sociale
(PGES) davantage précis et ciblé quant aux mesures de réduction proposées
pour l’insertion harmonieuse du projet. Ce guide peut aussi être adapté aux
spécificités du projet sectoriel et aux conditions particulières de son milieu
d’insertion.

Pour la préparation du Plan de gestion environnementale et sociale, l’étude


d’impact environnemental et social s’appuiera sur le guide (Guide de

6
préparation des PGES) produit par l’Agence à cet effet tout en l’adaptant
aux particularités du secteur concerné. Si la réalisation du projet occasionne
le déplacement involontaire, physique ou économique d’au moins cent
(100) personnes, l’étude d’impact devra être accompagnée du Plan d’action
de réinstallation et de compensation (PARC) préparé selon le guide produit
par l’Agence à cet effet.

Le guide sectoriel rappelle les principales étapes de la procédure


d’évaluation environnementale et sociale au Bénin. Il renvoie au guide
général pour ce qui est du contenu attendu, voire obligatoire, de l’étude
d’impact environnemental et social et pour ce qui est des méthodes
descriptives ou analytiques qui doivent être utilisées. En s’appuyant sur
l’expérience acquise et les précédents projets du secteur pétrolier, le guide
sectoriel précise, le cas échéant, et pour ledit secteur, les principales
composantes de l’environnement possiblement affectées lors de la
réalisation de projets de ce type, les impacts probables, environnementaux
et sociaux de projets de ce secteur, et enfin, les mesures de réduction
courantes ou éprouvées au regard de ces impacts.

1. Rappel de la procédure de l’évaluation


environnementale et sociale et de ses étapes
La loi-cadre sur l’environnement a institué l’évaluation environnementale
dans une perspective systémique intégrée comme un instrument privilégié
du développement durable. La Loi n° 90-032 du 11 décembre 1990 portant

7
Constitution de la République du Bénin, telle que modifiée par la loi n°2019-
40 du 07 novembre 2019 à travers son article 27 dispose que « Toute
personne a droit à un environnement sain, satisfaisant et durable et a le
devoir de le défendre ». Elle est soutenue par d’autres principes intégrés à
la Loi n°98-030 du 12 février 1999 portant Loi-cadre sur l’environnement qui
institue l’évaluation environnementale en son Titre V aux articles 87 à 102.

L’Évaluation environnementale et sociale requiert pour la plupart des


projets ou des activités la préparation et la validation d’études d’impact
environnemental et social (EIES). Certains projets requièrent une étude
d’impact environnemental et social détaillée ou approfondie lorsqu’ils sont
classés en catégorie A, ou une Étude simplifiée lorsqu’ils sont classés en
catégorie B ; d’autres font l’objet de prescription environnementale et
sociale ou Notice d’impact environnemental et social lorsqu’ils sont classés
en catégorie C. Les projets ou les activités de catégorie D sont ceux dont les
impacts anticipés sont très insignifiants ou très faibles et conséquemment
une Étude ou une Notice d’impact environnemental et social n’est pas
requise. Les projets dont l’étude d’impact environnemental et social validée
est jugée acceptable font l’objet de l’émission d’un Certificat de conformité
environnementale et sociale (CCES). En vertu de l’article 44 du code
pétrolier, le titulaire d’une autorisation de recherche ne peut entreprendre
d’opérations pétrolières avant d’avoir réalisé une étude d'impact
environnemental et social simplifiée donnant lieu à la délivrance d’un
certificat de conformité environnementale par le ministre chargé de

8
l'environnement. Toutefois, toute opération de forage est précédée d’une
étude d’impact environnemental et social approfondie donnant lieu à la
délivrance d'un certificat de conformité environnementale par l’autorité
compétente. Toute demande d'octroi d'une autorisation d'exploitation ou
d'une autorisation de transport et de stockage est accompagnée d’un
certificat de conformité environnementale délivré à l'issue d'une étude
d’impact environnementale approfondie. Les opérations pétrolières
doivent être réalisées dans le respect de la législation en vigueur relative à
la protection de l’environnement et du patrimoine culturel, de l’hygiène, de
la sécurité et de la santé (articles 41 à 46 du code pétrolier).

L’article 89 de la Loi prévoit que quiconque a l’intention d’entreprendre la


réalisation d’une activité visée à l’article 88 doit déposer un avis écrit au
Ministre décrivant la nature générale, ainsi que le secteur précis, du projet
ou de cette activité. L’avis de projet est un document préparé et présenté
par le promoteur contenant des renseignements relatifs au projet, en
particulier de son contexte sectoriel, et doit permettre à l’Agence béninoise
pour l’Environnement (ABE) de vérifier, d’une part si le projet est
effectivement assujetti à la procédure et d’autre part, selon sa
catégorisation, s’il est assujetti à une étude approfondie (Catégorie A),
simplifiée (Catégorie B) ou à une Notice d’impact environnemental et social
(Catégorie C).

Le cheminement de l’étude d’impact environnemental et social est montré


à la Figure 1.

9
10
La procédure administrative d’étude d’impact environnemental et social
pour les projets de Catégories A et B comporte six phases :

a) La transmission, à l’Agence, des termes de référence proposés pour


l’étude d’impact environnemental et social du projet de catégorie A,
pour fins de validation. Lorsque la procédure est faite par e-Services,
cette première phase est précédée de la transmission d’une
description détaillée du projet à l’Agence qui doit donner suite dans
un court délai.

b) La réalisation de l’étude d’impact environnemental et social par le


promoteur et, le cas échéant, d’autres documents annexes requis
(PARC, PRS).

c) La consultation publique incluant la tenue d’audiences publiques si


applicable, en s’assurant que le public est informé du contenu
technique des études et que soit mis à sa disposition le dossier de la
demande de certificat de conformité.

d) L’analyse environnementale ou instruction, effectuée par l’Agence


et amorcée dès la réception du dossier jugé complet de l’EIES et
prolongée au-delà de la phase de participation du public pour tenir
compte des conclusions de l’audience publique, si celle-ci est
requise.

11
e) La décision par le Ministre quant à l’acceptabilité environnementale
et sociale du projet, et l’émission, le cas échéant, d’un certificat de
conformité environnementale et sociale.

f) La mise en place du Plan de gestion environnementale et sociale


(PGES) du projet approuvé, et amorce de la surveillance et du suivi
environnemental et social en collaboration avec l’Agence.

1.1. Avis de projet, termes de référence et


principaux enjeux

Pour les projets de catégorie A, sur la base du guide général ainsi que, le cas
échéant, du guide sectoriel approprié, le promoteur rédige les termes de
référence de l’étude d’impact environnemental et social approfondie de
son projet. Les termes de référence englobent les indications sur le contenu
éventuel de l’étude, conformément au contenu exigé par l’article 40 du
Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022 portant organisation des procédures
de l’évaluation environnementale et sociale en République du Bénin,
précisent la portée du travail à accomplir, et indiquent les principales tâches
à réaliser durant l’étude ainsi que le niveau d’effort requis pour la
préparation de l’étude d’impact environnemental et social. Pour les projets
de catégorie B, le promoteur n’a pas à préparer de termes de référence
mais devra soumettre, en vertu de l’article 89 de la Loi-cadre sur
l’environnement, un avis de projet à partir des résultats de consultation des
parties prenantes dans lequel il fournit une description de projet détaillé,
12
les enjeux soulevés, les questions et préoccupations du public sur son projet
initial et comment il entend répondre à celles-ci dans son étude d’impact
environnemental et social ; et préparer par la suite l’étude d’impact
environnemental et social conformément au contenu exigé par l’article 40
du Décret n° 2022-390 du 13 juillet 2022 portant organisation des
procédures de l’évaluation environnementale et sociale en République du
Bénin.

Les termes de référence, ou de manière générale, l’étude d’impact


environnemental et social devra intégrer la prise en compte d’enjeux précis,
que la consultation publique entre autres aura pu cerner, ainsi que des
considérations de conformité aux principes de développement durable, aux
enjeux des changements climatiques et d’émission des gaz à effet de serre,
ainsi qu’à ceux de la conservation de la diversité biologique, la préservation
des aires protégées, et de la lutte contre la désertification.

Ainsi, la prise en compte des changements climatiques dans l’évaluation


environnementale et sociale de projets doit viser deux stratégies : la
minimisation des émissions et des pertes de puits de carbone, l’adaptation
aux changements climatiques (André et al., 2020, p. 389-395). Comme pour
tous projets d’importance, les projets d’exploitation pétrolière doivent
aborder de manière cohérente et systématique les questions suivantes : (i)
Quelle serait la contribution absolue et relative du projet à l’émission de
GES ou à la destruction de puits de carbone durant toute la durée des
opérations ? (ii) Quelles mesures permettraient d’éviter ou de réduire

13
l’émission supplémentaire de GES dans le cadre de ce projet ? (iii) Comment
le promoteur du projet devrait-il compenser écologiquement ou
financièrement la société pour les émissions générées lorsqu’il lui est
impossible de les éviter ? (iv) Quelles seraient les mesures ou indicateurs
appropriés pour la surveillance et le suivi des émissions de GES dans le cadre
de ce projet et à quelle fréquence le promoteur devrait-il faire rapport de
ses émissions aux autorités compétentes ? (v) Compte tenu des
engagements internationaux pris par le gouvernement et des réponses aux
questions précédentes, le projet est-il acceptable ?

À l’instar des stratégies de minimisation des émissions de GES, les stratégies


d’adaptation aux changements climatiques devraient également être
abordées et se traduire sous forme de mesures de prévention qui visent
tant la protection des composantes du projet d’exploitation pétrolière que
les effets cumulés de celui-ci et des changements climatiques sur
l’environnement et les communautés qui pourraient être touchées. Elles
doivent ainsi traiter de façon cohérente et systématique des questions
suivantes : (i) Quelles sont les incidences des changements climatiques sur
le projet et sa viabilité ? (ii) Le projet est-il situé dans une zone vulnérable
(ex. : mouvement tectonique, tornade) ? (iii) Quelles sont les mesures de
conception à mettre en place pour éviter ou réduire les incidences ? (iv) En
tenant compte des scénarios de changement climatique pour la région
d’insertion du projet, quels sont les effets indirects potentiels, positifs et
négatifs, de sa mise en œuvre sur les grands enjeux que sont la santé et la

14
sécurité des communautés, la biodiversité, la désertification et le
développement économique et social dans la région ? (v) Quelles mesures
permettraient d’éviter ou de réduire les effets négatifs indirects du projet
ou d’en maximiser les retombées positives ? (vi) À défaut de pouvoir éviter
totalement les effets négatifs indirects de son projet, comment le
promoteur devrait-il compenser écologiquement ou financièrement la
société ? (vii) Quels seraient les mesures ou les indicateurs de surveillance
et de suivi de ces effets indirects, et à quelle fréquence le promoteur
devrait-il faire rapport de ses résultats à l’autorité responsable ? (viii)
Compte tenu des impératifs de bien-être à moyen et à long terme des
communautés touchées par le projet et en fonction des réponses aux
questions précédentes, le projet est-il acceptable ?

1.2. Consultation publique

L’ÉIES pour tout secteur doit décrire les démarches mises en œuvre pour
informer les parties prenantes directement affectées comme intéressées
ainsi que les individus et groupes vulnérables ou défavorisés, et pour
comprendre leurs besoins, leurs points de vue et leurs préoccupations à
l’égard du projet. À cet effet, elle présente en détail toutes les démarches
d’information et de consultation réalisées (méthodes utilisées, objectifs
poursuivis, dates et lieux des activités d’information et de consultation, liste
des acteurs sollicités, nombre de participants et milieux représentés,
responsables de l’organisation et de l’animation des activités, etc.) ainsi que

15
les résultats obtenus (questions reçues et réponses fournies,
commentaires, préoccupations, perceptions à l’égard du projet, etc.).
L’étude d’impact doit également faire état des observations sur les enjeux
soulevés par tous les acteurs consultés et indiquer, s’il y a lieu, les questions
et les préoccupations des acteurs consultés, dont les communautés
autochtones ou toute minorité ethnique ou de genre, auxquelles l’initiateur
n’a pas pu répondre et justifier pour quelle raison ces éléments n’ont pas
été traités. Dans tous les cas, le résumé de la participation publique
(consultations, audience publique) visé à l’article 40 du Décret n° 2022-390
du 13 juillet 2022 portant organisation des procédures de l’évaluation
environnementale et sociale en République du Bénin doit minimalement
rendre compte des dates et lieux de tenue, des enjeux soulevés et
thématiques abordées, des personnes présentes et des points de vue et
opinions exprimées, des recommandations faites et des modalités utilisées
pour obtenir les points de vue ainsi que des modalités pour la prise en
compte des opinions et recommandations sur tout le cycle de vie du projet.

L’Initiative de Transparence de l’Industrie Extractive (ITIE) recommande la


création de comités citoyens ou de conseils consultatifs citoyens en vue de
favoriser la participation du public à la planification des activités pétrolières
et gazières par un accès aux informations et aux moyens de participer à de
longues procédures de prise de décision concernant les opérations
pétrolières. Ce modèle pour la participation des citoyens devrait être une

16
organisation indépendante et à but non lucratif dotée d’argent, de
personnel, de pouvoirs, d’une large représentation.

1.3. Cadre juridique et institutionnel

Tout promoteur ou initiateur de projet doit se conformer à toutes exigences


légales, réglementaires et administratives concernant son projet, ainsi
qu’aux normes environnementales et sociales en vigueur en République du
Bénin incluant les lignes directrices de meilleures pratiques rappelées dans
ce guide. Dans son Étude d’impact, le promoteur devra s’assurer que
l’ensemble des normes, règlements et lois applicables au secteur concerné
seront pris en compte, et les moyens pour s’en assurer sont décrits. Pour
ce faire et pour des informations complémentaires, il est recommandé au
promoteur ou à l’initiateur du projet de se rapprocher de l’ABE et des
structures compétentes du secteur d’activités touché par le projet pour les
dispositions pratiques à prendre. La législation environnementale au Bénin
dans son approche prospective a pris en compte à la fois la gestion de
l’Environnement et le Développement Durable par un dispositif étoffé
constitué, notamment de :

• La Loi n°2002-016 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune


et le décret 2011-394 du 28 Mai 2011 fixant les modalités de
conservation, de développement et de gestion durable de la faune
et de ses habitats en République du Bénin ;

17
• La loi n°97-029 du 15 janvier 1997 portant organisation des
Communes en République du Bénin accompagnée de l’installation
des Communes en 2003 ;
• La Loi n°2017-05 du 29 août 2017 portant embauche, placement de
main d’œuvre et résiliation du contrat de travail ;
• La Loi n°2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection,
aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République
du Bénin ;
• La Loi n°2018-18 du 06 août 2018 sur les changements climatiques
en République du Bénin ;
• Loi n° 2019-06 du 15 novembre 2019 portant code pétrolier en
République du Bénin ;
• La Loi n° 2020-37 du 03 février 2021 portant protection de la santé
des personnes en République du Bénin ;
• La Loi n° 2021-01 du 03 février 2021 sur la biosécurité en
République du Bénin ;
• La Loi n°2021-09 du 22 octobre 2021 portant protection du
patrimoine culturel en République du Bénin ;
• Politique holistique de protection sociale et le décret n° 2021 – 054
du 10 février 2021 portant création, attributions, organisation et
fonctionnement du cadre de mise en œuvre de la Politique
holistique de Protection sociale en République du Bénin.
Plusieurs décrets d’application viennent renforcer l’arsenal juridique de la
protection de l’environnement et du développement durable dont :
18
• le Décret n°2001-109 du 4 avril 2001, fixant les normes de qualité
des eaux résiduaires en République du Bénin ;
• le Décret n°2001-110 du 04 avril 2001 fixant les normes de qualité
de l’air en République du Bénin ;
• le Décret n°2003-330 du 27 août 2003 portant gestion des huiles
usagées en République du Bénin ;
• le Décret n°2003-332 du 27 août 2003 portant gestion des déchets
solides en République du Bénin.

Les promoteurs sont invités à se conformer à toutes autres dispositions


réglementaires du pays non prises en compte à la date d’édition du présent
guide qui précisent les catégories de projets soumis obligatoirement à une
évaluation environnementale et sociale des impacts.

Une série de lignes directrices1, de meilleures pratiques encadrant les


opérations du secteur pétrolier viennent également renforcer les normes
et décrets nationaux. Ces lignes directrices portent entre autres sur :
• Des réformes juridiques et institutionnelles pour l’exploitation
pétrolière et gazière permettant d’apporter une réponse aux défis
émergents associés au secteur (séparation des rôles parmi les
divers organes, augmentation du niveau d’efficacité, de

1
Information tirée de : WWF 2010, KLOFF Sandra, WICKS Clive, SIEGEL Paul, Industries
extractives et développement durable: « Guide de meilleures pratiques pour l’exploitation
pétrolière et gazière offshore dans l’Écorégion Marine Ouest-Africaine » p 136. En ligne :
[[Link]
[Link]]
19
transparence et de responsabilisation du secteur, adoption
d’instruments internationaux, de meilleures pratiques et de
règlementations en se concentrant sur une revue exhaustive de la
loi sur le Pétrole et l’Accord de Partage de la Production de Pétrole).
• La mise en place des structures de gouvernance, un financement
durable et des mécanismes de partage des revenus en suivant les
principes de l’Initiative de Transparence de l’Industrie Extractive
(ITIE).
• L’amélioration du niveau de compétences et le renforcement des
capacités institutionnelles en mettant davantage d’efforts sur les
agences réglementaires et d’exécution, la gestion des revenus et
l’atténuation des impacts ainsi que les groupes de la société civile
qui opèrent dans le secteur.
• L’encouragement à appliquer les normes environnementales et
sociales de la Banque Mondiale et les lignes directrices en matière
d’environnement, de santé et de sécurité.
• L’élaboration par le gouvernement et les sociétés pétrolières et
gazières de prospection/de production de plans de développement
local, en l’occurrence un programme pétrolier de développement
communal (articles 1er et 52 à 55 de la Loi n0 2019-06 du 15
novembre 2019 portant code pétrolier en République du Bénin) de
manière participative en vue d’assurer que les intérêts des
populations locales soient pris en compte et qu’elles puissent
profiter des avantages des investissements du pétrole. Le plan de
20
développement local payé par les revenus pétroliers et gaziers peut
englober des prestations de services en matière d’éducation et de
santé, de l’approvisionnement en eau et en électricité et des offres
d’emploi et des possibilités de formation pour la population locale.
• L’encouragement des sociétés pétrolières et gazières à adopter la
responsabilité sociale des entreprises et à s’engager dans une
politique de développement durable.
• La mise en place d’une stratégie efficace de communication
adaptée aux différents publics pour contrôler les éventuelles
conceptions erronées concernant le projet.
Travailler à une collaboration régionale sur l’exploitation pétrolière et
gazière en se basant sur le cadre offert par la Convention d’Abidjan et la
Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a
recommandé en novembre 2007 l’utilisation des évaluations
environnementales et sociales stratégiques (EESS) et d’autres évaluations
environnementales afin d’identifier les menaces et les opportunités que
présente l’exploitati

21
2. Projets d’exploitation pétrolière selon la
localisation

Selon les zones de prospection, l’exploitation pétrolière peut-être on shore


(sur terre) et offshore (en mer) dans les eaux marines territoriales
béninoises.
Tous travaux d’exploration sont précédés par une phase préparatoire qui
consiste à déterminer les lignes sismiques. Les acquisitions sismiques se
feront le long de ces lignes droites. Cette phase préparatoire utilise des
méthodes gravimétriques, magnétiques ou autres, généralement par voie
aérienne. L’acquisition sismique se fait par transmission d’ondes vibratoires
sous la surface du sol, traversant des couches de différentes densités. La
réflexion de ces ondes est captée, traitée et interprétée, permettant de
déterminer les structures géologiques de la zone. Ces informations servent
à identifier les zones propices où les hydrocarbures pourraient être
retenues. Des analyses géologiques viennent en complément à celles
géophysiques ci-dessus. Les travaux de forage en phase d’exploration ont
pour objectif de pénétrer les couches de sol à des endroits où les
acquisitions sismiques ont démontré les possibilités d’accumulation
d’hydrocarbure. Ces forages permettent de vérifier les hypothèses de
présence d’hydrocarbure, et d’en évaluer la quantité et la qualité. Une fois
que la rentabilité économique et l’exploitabilité sont établies, les travaux
d’exploitation, par forage, peuvent être entrepris.

22
2.1. Projets d’exploitation pétrolière on shore

En phase d’exploration par acquisition sismique, ces projets comprennent :


• mobilisation des équipements;
• ouverture des voies d’accès si nécessaire;
• installation du camp de base;
• levé topographique, repérage et marquage des lignes sismiques (en
layons par exemple);
• installation du dispositif adéquat pour l’acquisition sismique;
• acquisition sismique proprement dite;
• démobilisation des équipements;
• réhabilitation du site.

La phase d’exploration par forage comprend :


• mobilisation des équipements;
• installation du camp de base;
• préparation du site de forage (dégagement et nivellement d’une
certaine surface);
• travaux de forage proprement dits;
• démobilisation des équipements;
• fermeture des puits de forage;
• réhabilitation du site.

23
La phase d’exploitation comprend :
• mobilisation des équipements;
• installation du camp de base;
• préparation du site d’exploitation;
• exploitation proprement dite;
• transport des produits bruts (par citerne ou pipeline ou gazoduc);
• stockage dans des citernes avant commercialisation;
• entretien et réparations des infrastructures et équipements.

La phase fermeture du site comprend :


• démontage des équipements;
• obstruction et fermeture des puits;
• désinstallation du camp de base;
• réhabilitation du site.

2.2. Projets d’exploitation pétrolière zone offshore


profond et zone offshore très profond

En phase d’exploration par acquisition sismique, ces projets comprennent :


• mobilisation des équipements;
• installation du camp de base;
• repérage et marquage des lignes sismiques par des bouées lestées;
• installation du dispositif adéquat pour l’acquisition sismique;

24
• acquisition sismique proprement dite;
• démobilisation des équipements.

La phase d’exploration par forage comprend :


• mobilisation des équipements;
• installation du camp de base;
• installation d’une plateforme de forage;
• travaux de forage proprement dits;
• démobilisation des équipements;
• obstruction des puits de forage.

La phase d’exploitation comprend :


• mobilisation des équipements;
• installation du camp de base;
• installation d’une plateforme pour l’exploitation;
• exploitation proprement dite;
• transport des produits bruts (par pipeline ou gazoduc);
• stockage dans des citernes avant commercialisation;
• entretien et réparations des infrastructures et équipements.

La phase fermeture du site comprend :


• démontage des équipements;
• obstruction et fermeture des puits;
• désinstallation du camp de base;
• réhabilitation du site du camp de base.

25
3. Principales composantes pertinentes de
l’environnement possiblement affectées

Les activités sources d’impacts des projets d’exploitation pétrolière


peuvent être distinguées en opérations de développement et opérations
d’exploitation. En vertu de l’article 1er de la Loi n0 2019-06 du 15 novembre
2019 portant code pétrolier en République du Bénin, les opérations de
développement sont des activités entrant dans le champ, des opérations
d'exploitation comprenant notamment la préparation du plan de
développement et d’exploitation, le forage de puits de développement ou
de production, la construction d'installations et d’équipements, de
conduites de collecte, de canalisations, d’usines et d’autres aménagements
nécessaires à la production, ou stockage et au transport des hydrocarbures
à l’intérieur des zones contractuelles d’exploitation ou entre zones
contractuelles d’exploitation ou entre les différents gisements appartenant
à une même zone contractuelle d'exploitation (à l'exception des travaux
entrant dans le champ des opérations de transport et de stockage), ainsi
que les travaux préliminaires et tests de production réalisés avant le début
de la production commerciale des hydrocarbures. Au sens de la même loi,
les opérations d’exploitation sont des activités liées à l’extraction
d’hydrocarbures sur le territoire et au traitement des hydrocarbures ainsi
extraits à des fins commerciales, notamment les opérations de
développement et les activités de production, de stockage et d’évacuation
des hydrocarbures jusqu’au point de raccordement à un système de
26
transport des hydrocarbures par canalisations ou, les opérations de
transport et de stockage. Ne sont pas considérées comme opérations
d'exploitation toutes activités ayant pour objet ou pour effet la production,
y compris à l'occasion des opérations de traitement d'hydrocarbures, de
produits pétroliers ou dérivés d'hydrocarbures. Sont assimilées (Article 25
du code pétrolier) aux opérations pétrolières ou aux opérations de
transport et de stockage proprement dites, les activités et les travaux
suivants, réalisés pour les besoins de ces opérations : (i) le rétablissement
et l’exploitation de centrales, postes et lignes électriques ; (ii) la
construction ou la mise en place de systèmes de télécommunication ; (iii) la
réalisation d’ouvrages de secours ; (iv) le stockage et la mise en dépôt des
matériaux, équipements, produits et déchets, ainsi que les installations
destinées au ballastage et à l'élimination de la pollution ; (v) les
constructions destinées au logement, aux loisirs, à l’hygiène, aux soins et à
l’instruction du personnel et de leur famille ; (vi) le rétablissement ou
l’amélioration de toutes voies de communication et notamment les routes,
ponts, chemins de fer, rigoles, canaux, ports, terrains d'atterrissage ; (vii)
l’établissement de bornes repères et de bornes de délimitation.

Pour l’exploitation pétrolière, les composantes principales de


l’environnement considérées dans les différentes phases du projet, soit
l’exploration, la construction, l’exploitation et, éventuellement, le
démantèlement/fermeture et remise en état du site, s’il y a lieu sont
montrées aux Tableaux 1a et 1b.
27
Tableau 1a : Principales sources et récepteurs d’impact d’un projet d’exploitation pétrolière on shore

Phases Principales sources d’impacts Principaux récepteurs d’impacts


Milieu biophysique Milieu humain
Exploratoire Acquisition des terres Sol, eau, végétation, faune, Utilisation du sol,
Occupation des terrains habitats fauniques, zones population, patrimoine
Exploration par acquisition sismique humides, écosystèmes
• mobilisation des équipements;
• ouverture des voies d’accès si nécessaire;
• installation du camp de base;
• levé topographique, repérage et
marquage des lignes sismiques;
• installation du dispositif adéquat pour
l’acquisition sismique;
• acquisition sismique proprement dite;
• démobilisation des équipements;
• réhabilitation du site.
Exploration par forage
• mobilisation des équipements;
• installation du camp de base;
• préparation du site de forage
(dégagement et nivellement d’une
certaine surface);
• travaux de forage proprement dits;
• démobilisation des équipements;
• fermeture des puits de forage;
• réhabilitation du site.
Construction Implantation des infrastructures (pipelines, …) Sol et sous-sol, mangrove, Utilisation du sol,
écosystèmes économie, emploi
Implantation d’infrastructures Sol, eau, végétation, zones Activités humaines,
humides, habitats population, économie,
fauniques, écosystèmes emploi
Utilisation des matériaux locaux Écosystème, sol, coraux
Construction des infrastructures routières et voies Sol, sédiments, eau, air, Utilisation du sol,
de communication végétation, faune, paysage économie, emploi,
patrimoine
Sol, sédiments, eau, air, Population, emploi,
Transport et circulation de la machinerie et des ambiance sonore, circulation et sécurité
équipements végétation, habitats routière
fauniques, écosystèmes
Exploitation Mobilisation des équipements et installation du Paysage, sol, sédiments, Circulation et sécurité
camp de base eau, air, ambiance sonore, routière, population,
Sismique/Forage et construction de zones de végétation, habitats emploi
stockage fauniques, écosystèmes
Préparation du site d’exploitation
Exploitation proprement dite
Transport des produits bruts (par citerne ou Sol, sédiments, eau, air, Circulation et sécurité
pipeline) et circulation de la machinerie et des ambiance sonore, routière, population,
équipements emploi

29
végétation, habitats
fauniques
Stockage dans des citernes avant Sol, eau, sédiments, air, Population, santé publique
commercialisation végétation, faune, paysage
Entretien et réparations des infrastructures et Sol, eau, sédiments, Population, économie,
équipements végétation, habitats emploi
fauniques,
Fermeture et Démontage des équipements Sol et sous-sol, eau, air, Population, utilisation du
réhabilitation du Obstruction et fermeture des puits esthétique, paysage, sol, santé, économie,
site Désinstallation du camp de base faune, flore, zones emploi, activités humaines
Réhabilitation du site. humides, habitats
fauniques, végétation

30
Tableau 1b : Principales sources et récepteurs d’impact d’un projet d’exploitation pétrolière offshore

Phases Principales sources d’impacts Principaux récepteurs d’impacts


Milieu biophysique Milieu humain
Exploratoire Exploration par acquisition sismique Sol, eau, végétation, faune, Vie aquatique et marine,
• Mobilisation des équipements; habitats fauniques, zones population, patrimoine
• Installation du camp de base; humides, écosystèmes
• Repérage et marquage des lignes
sismiques par des bouées lestées;
• Installation du dispositif adéquat pour
l’acquisition sismique;
• Acquisition sismique proprement dite;
• Démobilisation des équipements.
Exploration par forage
• Mobilisation des équipements;
• Installation du camp de base;
• Installation d’une plateforme de forage;
• Travaux de forage proprement dits;
• Démobilisation des équipements;
• Obstruction des puits de forage.

31
Construction Implantation des infrastructures (pipelines, …) Sol et sous-sol, mangrove, Économie, emploi
écosystèmes
Implantation d’infrastructures dans les zones Sol, eau, végétation, zones Utilisation zone de pêche,
marines humides, habitats activités humaines,
fauniques, écosystèmes population, économie,
emploi
Utilisation des matériaux locaux Écosystème, sol, coraux
Construction des infrastructures routières et voies Sol, sédiments, eau, air, Économie, emploi,
de communication végétation, faune, paysage patrimoine
Sol, sédiments, eau, air, Population, emploi,
Transport et circulation de la machinerie et des ambiance sonore, circulation et sécurité
équipements végétation, habitats marine,
fauniques, écosystèmes
Exploitation Mobilisation des équipements et installation du Paysage, sol, sédiments, Circulation et sécurité
camp de base eau, air, ambiance sonore, marine, population, emploi
Sismique/Forage offshore et construction de végétation, habitats
zones de stockage fauniques, écosystèmes
Installation d’une plateforme pour l’exploitation Sol, eau, air, végétation, Circulation et sécurité
et exploitation proprement dite habitats fauniques, marine, population, emploi
écosystèmes
Transport des produits bruts (par pipeline, par Sol, sédiments, eau, air, Circulation et sécurité
exemple) ambiance sonore, marine, population, emploi
végétation, habitats
fauniques

32
Stockage dans des citernes avant Sol, eau, sédiments, air, Population, santé publique
commercialisation végétation, faune, paysage
Entretien et réparations des infrastructures et Sol, eau, sédiments, Emploi
équipements végétation, habitats
fauniques,
Fermeture et Démontage des équipements Sol et sous-sol, eau, air, Population, santé,
réhabilitation du Obstruction et fermeture des puits; esthétique, paysage, économie, emploi,
site Désinstallation du camp de base; faune, flore, mangrove, utilisation zone de pêche,
Réhabilitation du site du camp de base. végétation, zones activités humaines,
humides, habitats population
fauniques

33
4. Enjeux, risques et impacts potentiels
environnementaux et sociaux

Plusieurs enjeux environnementaux et sociaux sont associés aux opérations


d’exploitation pétrolière dont les principaux sont :
• les risques accidentels de pollution ;
• les risques environnementaux susceptibles de résulter de rejets
liquides, gazeux ou solides ou d’une utilisation non durable des
ressources naturelles ;
• la santé des travailleurs et les enjeux relatifs à la santé de la
population dus à la contamination de l’eau (souterraine et de
surface), la contamination des sols et des sédiments, la
contamination de l’air ambiant et les urgences ;
• les risques d’atteinte à la biodiversité et aux écosystèmes dans les
projets et les opérations notamment localisés dans des
environnements naturels sensibles ;
• les risques environnementaux et sociaux associés à la production
de déchets ultimes.

L’exploitation pétrolière offshore peut affecter le milieu marin de


nombreuses manières. Les impacts comprennent du bruit et des vibrations,
la production de déchets solides et liquides, une turbidité accrue de la
colonne d’eau provoquée par le dragage, la perturbation du fonds marin,
un trafic maritime accru, l’invasion d’espèces exotiques portées dans l’eau
de ballast des navires de ravitaillement et des bateaux-citernes, et le fait
que la faune sauvage marine comme les poissons et les mammifères marins
évitent la zone en raison du bruit des constructions et de la présence
d’installations comme les plateformes pétrolières (Patin, 1999 ; Wills, 2002 ;
Steiner, 2003). Les différentes réponses biologiques engendrées pourraient
être illustrées comme dans la figure 2.
Figure 2 : Impacts de l’exploitation pétrolière offshore sur l’écosystème
marin

Source : Organigramme présentant les impacts de l’exploitation pétrolière et


gazière offshore sur l’écosystème marin (basé sur un tableau de Patin, 1999) tiré
de WWF, 2010 p. 66

Ainsi, le bruit provenant des campagnes sismiques, du forage et des rejets


habituels de déchets, affectera directement l’environnement et les risques
de marées noires dus à une exploitation pétrolière augmenteront
également. De même, un conflit potentiel avec d’autres secteurs
35
économiques comme la pêche et le tourisme est à redouter ainsi que la
création de problèmes socio-économiques liés à la non-diversification des
économies comme l’augmentation des niveaux de pauvreté, de morbidité
et de mortalité infantile, de corruption, de conflits armés internes voire de
guerres civiles et de totalitarisme, ainsi de graves tensions politiques entre
pays voisins du fait des frontières maritimes mal définies.

Pour la préparation des Termes de référence et pour encadrer la partie


analytique de son EIES, les impacts environnementaux et sociaux
probables du secteur à titre indicatif sont montrés au
Tableau 2.

36
Tableau 2 : Impacts environnementaux et sociaux potentiels du projet à considérer lors de la réalisation de
l’étude d’impact environnemental et social d’un projet d’exploitation pétrolière

Composante Description des impacts


affectée Négatifs Positifs
MILIEU BIOPHYSIQUE
• Modification de la quantité et de la qualité des eaux
destinées aux différents usages.
• Concurrence entre les utilisateurs d’eau.
• Pénurie d’eau.
• Suppression ou réduction de l’accès à l’eau pour la faune et la
flore, et pour la population.
• Surexploitation des eaux.
• Modification de l’écoulement des eaux de surface et
souterraines pouvant provoquer des inondations de surface.
Eau • Atténuation des inondations mais accroissement des effets
destructifs des inondations.
• Modification des régimes hydrologiques et hydriques
des cours d’eau.
• Modification des processus naturels d’apports et de
transport des sédiments dans les plans d’eau et
dégradation des écosystèmes des cours d’eau.
• Sédimentation, perte de profondeur.
• Accroissement de la turbidité des cours d’eau.
• Modification des apports d’eau douce et possibilité
d’infiltration d’eau salée dans les nappes d’eau douce.
• Contamination et pollution des nappes phréatiques,
des eaux de surface et des sources d’eau potable.
• Pollution marine par les embarcations à moteur et rejets des
déchets.
• Eutrophisation des eaux côtières.
• Perte des sols et érosion des bassins hydrographiques
côtiers.
• Érosion (due aux pluies, écoulement des eaux de
surface) et perturbation des sols.
• Prélèvement de sol et sous-sol.
• Modification de la couverture végétale du sol.
• Modification de la capacité de rétention des eaux dans
Sol le sol.
• Pollution des sols par les engins, moteurs et autres
équipements sismiques et de forage.
• Pollution des sols par les rejets des déchets (boue de
forage, produits chimiques, …).
• Affaissement possible de terrains.
• Sédimentation et augmentation de la turbidité des
eaux.

38
• Glissements possibles de terrain et accumulation de
boues dans les bas-fonds ou les vallées fluviatiles.
• Surexploitation des sols.
• Augmentation de la compacité du sol.
• Dégradation de la qualité de l’air.
• Perturbation de l’ambiance sonore par l’augmentation
des niveaux de bruit ambiant.
Air • Augmentation de la quantité de poussières constituant
une nuisance pour le bien-être de la population.
• Perturbation des conditions microclimatiques dans les
zones de forte biodiversité.
• Destruction et perte d’écosystèmes (récifs coralliens,
plage, dunes, …).
• Destruction de biotopes (écrasement de la végétation,
aménagement des pistes, layons, bac de forage, …).
Écosystèmes • Modification possible des écosystèmes naturels et de
leurs équilibres, modification de la chaîne trophique.
• Modification ou disparition d’écosystèmes rares et de
ses ressources associées : baisse de la biodiversité et
notamment disparition de la flore (souvent
endémique) et de la faune terrestre, aquatique et
marine par prélèvement ou par contact physique
direct.
39
• Pollution et contamination des sols et eaux par les
usages motorisés et rejets des déchets.
• Perte de zones humides et dégradation des processus
écologiques.
• Comblement de fond marin.
• Perturbation de processus physique et biologique.
• Atténuation des écoulements d’eau douce et déclin de
productivité des estuaires et des côtes.
• Disparition ou modification d’habitats fauniques
importants (zones de refuge, de reproduction, de fraie,
d’alimentation, etc.).
• Accroissement des défrichements, de l’évacuation
illicite des produits forestiers, de la destruction
d’habitats, et risque d’érosion favorisés par
l’ouverture de pistes ou layons ou création de trouées
dans la forêt.
• Disparition ou diminution de mangroves par
l’implantation d’infrastructures.
• Erosion côtière.
• Perturbation des processus d’apports et de transports
de sédiments.
• Perturbation des fonctions écologiques des milieux
marins et côtiers par suite de perturbations liées aux
40
activités d’acquisition sismique et de forage
(dommages aux récifs coralliens).
• Dérangement ou modification sur les sites rocheux
voisins.
• Pertes ou modification de la couverture végétale.
• Pression accrue sur la biodiversité floristique.
• Modification ou remplacement de la composition des
communautés végétales entraînant la dégradation des
écosystèmes.
• Modification de processus biologiques, écologiques
ou physiologiques.
• Diminution de la biodiversité floristique du milieu
naturel par prélèvement ou destruction de biotopes.
Flore
• Disparition d’espèces végétales endémiques, rares ou
menacées d’extinction.
• Introduction de nouvelles espèces, maladies ou de
ravageurs pour lesquels les espèces autochtones ne
sont pas résistantes.
• Surexploitation des ressources végétales (bois de
construction, bois de feu, etc.).

41
• Diminution de la biodiversité faunique par
prélèvement ou surexploitation ou par perte ou
destruction d’habitats (exemple : destruction des
dunes, perturbation des nids ou perchoirs d’oiseaux et
de tortues par les véhicules et engins, …) et
dégradation du patrimoine génétique.
• Pression accrue sur la biodiversité faunistique.
• Changement du comportement naturel des animaux
(conditions d’alimentation, de reproduction, de
migration capacitée de résistance aux prédateurs, etc.)
par suite d’apport d’alimentation, de comportements
incompréhensibles pour les animaux, …
Faune • Augmentation du prélèvement d’espèces fauniques,
liée à une accessibilité accrue à de nouveaux
territoires pour la population locale.
• Diminution de la faune terrestre, aquatique et marine
dans les environs des sites, par suite de dérangement
ou perturbation.
• Perte de la productivité des communautés piscicoles
des cours d’eau ou eaux marines par contamination.
• Perte du respect de certaines espèces ou des qualités
traditionnellement prélevées.

MILIEU HUMAIN
42
• Rejet social du projet. • Amélioration de la situation
financière de l’État
• Migrations spontanées de population, provoquées par
• Amélioration de la qualité de
les possibilités de travail, échanges commerciaux, ou
vie des habitants
les avantages pouvant être tirés des activités du projet.
• Afflux de population non contrôlé.
• Modification de l’organisation sociale (structure
familiale, organisation communautaire, cohésion
sociale, structure du pouvoir traditionnel ou politique,
etc.).
• Pression sur la société traditionnelle, perte de valeur et
Social de culture.
• Création de division sociale.
• Montée de la délinquance.
• Abandon scolaire.
• Augmentation possible de transmission de maladies.
• Apparition possible du proxénétisme, de la
prostitution, de l’alcoolisme, de la toxicomanie et de
prévalence des maladies transmissibles.
• Risques sanitaires et maladies induites par la
contamination de l’environnement.
• Nuisances causées par les travaux de construction,
d’exploration et/ou d’exploitation : augmentation des

43
bruits et des poussières.
• Création de nouveaux emplois parfois temporaires. - Amélioration de la situation
financière de l’État
• Retombées économiques au niveau de la région et - Amélioration de la qualité de
augmentation des revenus au niveau des ménages. vie des habitants
• Monétarisation des échanges, remplacement de - Accroissement des
l’économie traditionnelle par une économie de investissements pour une
marché. transition écologique
• Modification de l’économie traditionnelle, de la potentielle
pêche, de l’élevage et apparition de l’économie de
marché et de l’emploi salarié saisonnier.
Économie et • Augmentation potentielle du niveau général des prix
systèmes de (produits alimentaires de base), influencée par les
production besoins du projet.
• Abandon des activités d’agriculture par les exploitants
locaux au profit des activités du projet, ayant pour
effet de réduire l’approvisionnement de la population
locale en produits agricoles.
• Expropriation des terrains agricoles, pâturages, …
pour les besoins du projet.
• Augmentation des pressions exercées sur les zones
agricoles ou les zones de pêche.

Culturel • Modification des comportements et attitudes vis à vis


des coutumes, traditions et style de vie.
44
• Changement de la mentalité.
• Atteintes aux mœurs locales.
• Modification de certains interdits ou pratiques
traditionnels ou religieux.
• Non-respect des tombeaux et sites sacrés.
• Altération et destruction des sites traditionnels,
culturels, religieux ou archéologiques.
• Modification d’attribution foncière et conflits - Renouvellement et
potentiels. développement
d’infrastructures
• Conflits dans les modes d’utilisation des terres et des sociocommunautaires
eaux entre les nouveaux migrants et les utilisateurs - Accroissement des
traditionnels de l’espace. investissements pour une
• Perte de surfaces agricoles ou destinées à d’autres transition écologique
Spatial
usages, par la construction des infrastructures, le potentielle
besoin des travaux d’exploration et/ou d’exploitation.
• Perte de zones de pêche pour le besoin des travaux
d’exploration et/ou d’exploitation offshore.
• Modification du milieu par des prélèvements de
matériaux.
• Création de dépôts de déchets.
• Amélioration de l’accès à de nouveaux territoires.
• Modification des axes de circulation et réorganisation
45
consécutive des déplacements.
• Limitation d’accès à des sites traditionnels de chasse,
de pêche, de cueillette ou de sources d’énergie.

46
5. Plan de gestion environnementale et sociale

La partie prescriptive de l’Étude d’impact environnemental et social


constitue un plan de gestion environnementale et sociale qui illustre et liste
les mesures de bonification ou d’atténuation de chacun et de l’ensemble
des impacts appréhendés du projet.
Les mesures d’atténuation se définissent comme l’ensemble des moyens
envisagés pour prévenir ou réduire l’importance des impacts sur
l’environnement. L’ÉIES doit fournir la liste des actions, ouvrages,
dispositifs, correctifs ou modes de gestion alternatifs qui seront appliqués
pour prévenir, atténuer ou éliminer les impacts négatifs du projet. Les
mesures destinées à maximiser les retombées positives pourront aussi être
mises en évidence.

Les mesures peuvent être générales ou spécifiques. Les mesures générales


seront destinées à atténuer les effets négatifs d’un projet pris dans son
ensemble. Les mesures spécifiques viseront l’atténuation des impacts sur
une composante de l’environnement naturel et humain en particulier. Les
mesures générales et particulières doivent le cas échéant être intégrées au
cahier des charges environnementales et sociales du projet et faire partie
du plan de gestion environnementale et sociale (PGES) qui doit être préparé
conformément au Guide à cet effet, produit par l’Agence. Il peut être
constitué comme un ou plusieurs chapitres de l’ÉIES ou être préparé
comme un document séparé. La manière la plus appropriée de présenter
les mesures contenues dans le PGES est de produire une liste selon les
objectifs visés. Ils sont, de façon indicative à contextualiser selon les
conditions du milieu et les spécificités du projet, tels que montrés au
tableau 3. Une liste indicative de mesures générales et spécifiques (tableau
3) est proposée également au promoteur.

5.1. Mesures générales

• Prévoir un mécanisme de concertation avec les populations locales


pour favoriser l'insertion harmonieuse du projet dans l'environnement
social et économique.
• Respecter les normes des niveaux sonores.
• Informer les opérateurs, de leurs responsabilités sur le plan juridique,
vis à vis du comportement délictueux de leurs sous-traitants et des
employés expatriés.
• Etablir un code de conduite à signer par le personnel engagé dans les
opérations.
• Préserver les atouts exceptionnels d’intérêt local ou national.
• Préserver les éléments importants (habitat de faune, flore, mangroves,
coraux, zone de reproduction etc.) du milieu biologique.
• Proposer obligatoirement un système de gestion de la totalité des
déchets liquide, solide, toxique produits par les activités pétrolières.
• Respecter les règlements vis à vis des zones ou aires réglementées.

48
• Former/sensibiliser tout le personnel pour adopter des comportements
ayant le minimum d’impact sur l’environnement et les communautés.
• Former/sensibiliser tout le personnel sur les risques et dangers liés aux
produits utilisés lors des opérations pétrolières.
• Concevoir et appliquer des mesures de sécurité (limitations d'accès,
installations de sécurité, entreposage des produits toxiques et
dangereux, programme de gestion des risques, programme de révision
des mesures de sécurité établie au besoin, ...) et un plan d'urgence pour
éviter tous risques et dangers lors des opérations pétrolières.
• Former tout le personnel sur ces mesures de sécurité et plan d'urgence.
• Concevoir et appliquer des moyens pour limiter au minimum les
impacts sur l'environnement et le milieu humain lors des entretiens et
réparations des infrastructures et équipements.
• Utiliser des plates-formes de construction pour éviter les remblais
pendant la construction.
• Délimiter/classer les voies de circulation.
• Faire respecter par le personnel du projet les quantités, l’âge des prises,
les périodes de capture des espèces autorisées.
• Établir des calendriers et horaires de travaux pour limiter les
inconvénients dans et à proximité des zones sensibles pour la faune et
les populations locales.
• Compenser pour les impacts résiduels importants.
• Réhabiliter le site après exploitation.

49
5.2. Mesures spécifiques

Le tableau 3 présente les mesures spécifiques pouvant être retenues dans


le cas où certains impacts seraient anticipés. Il s’agit ici de mesures
indicatives que le promoteur est invité à considérer et à adapter à la spécifié
de son projet et aux conditions particulières de son milieu d’insertion.

50
Tableau 3 : Liste indicative de mesures d’atténuation des impacts négatifs potentiels de projet d’exploitation
pétrolière

Composante
affectée Types d’impacts Exemples de types de mesures préconisées

MILIEU BIOPHYSIQUE
• Adopter et respecter un schéma global d’utilisation de l’eau, intégrant les
prélèvements de projet dans le contexte local et régional.
• Mettre en place un plan d’exploitation des eaux souterraines.
Pénurie d’eau • Evaluer les demandes en eau pour un éventuel projet de développement particulier
dans la planification.
• Prévoir l’établissement d’une zone tampon de végétation séparant les plans d’eau du
développement.
• Elever les structures au-dessus des eaux.
Eau • Prendre en compte les risques d’inondation à toutes les phases.
Inondation • Choisir le site d’implantation à partir des données hydrologiques existantes :
bassins versants, débits et étiages normaux et de crue.
• Établir un plan global de la gestion de l’eau (utilisation et prélèvements
Modification des pour les besoins du projet en tenant compte du contexte local et
régimes hydriques et régional, du maintien d’un débit réservé suffisant et du suivi de la nappe
hydrologiques aquifère).
• Prévoir les travaux en milieu aquatique en dehors des périodes de crues ou de fortes
pluies.
• Faire une analyse détaillée des risques physiologiques (population, flore, faune)
présentés par les matières polluantes, des risques bactériologiques et biochimiques.
• Mettre en place systématiquement des équipements adaptés pour le traitement des
sources de pollution.
• Mettre en place des systèmes assurant l’étanchéité des équipements.
• Mettre en place des installations d’élimination, de traitement ou de recyclage des
déchets.
Pollution par • Établir des procédures d’emploi et d’entreposage des produits chimiques, d’explosif, de
infiltration et combustibles, de carburant et d’huile afin de limiter les risques de pollution et
contamination des d’accident.
eaux • Interdire le ravitaillement des véhicules, engins et de la machinerie à proximité des
plans d’eau.
• Utiliser, si possible, de substances chimiques à courte rémanence et peu toxiques ou à
effet nul sur l’environnement pour les boues de forage.
• Sceller les puits et forages avant leur abandon.

52
• Faire une analyse du potentiel d’érosion des sols sur le site d’implantation.
• Réduire au maximum les superficies à défricher.
• Adopter des techniques de défrichement les moins dommageables (courbes de niveau,
en évitant d’arracher la couche fertile au bulldozer…).
• Eviter le développement (construction d’infrastructures, …) sur des terrains/sols non
Érosion et appropriés ou géologiquement instable.
déstabilisation des sols. • Eviter les déviations de courant qui pourraient conduire à l’érosion des rives.
• Réduire toute suppression de couverture végétale au sol, même temporaire (en zone
sèche, la végétation est plus lente à se reconstituer, en zone humide les pertes en terre
Sol sont extrêmement rapides et irréversibles en l’absence de couvert végétal.
• Prendre des mesures de réduction de l’érosion des sols (végétalisation, banquette,
respect des courbes de niveau, …).
• Choisir et utiliser des équipements ou des produits chimiques peu polluants.
• Stocker les boues de forage dans des enceintes imperméabilisées avant leur
traitement
Pollution des sols
• Maintenir les véhicules de transport et la machinerie en bon état de fonctionnement
afin d’éviter les fuites d’huile, de carburant ou de tout autre polluant, gérer de
manière adéquate les huiles usées.

53
• Utiliser des procédés et techniques qui minimisent les rejets atmosphériques.
• Mettre en place des dispositifs antipollution et antibruit ou d’abat poussière.
• Maintenir les véhicules de transport, les engins et la machinerie en bon état de
Altération de la fonctionnement afin de minimiser les émissions gazeuses et les bruits.
qualité de l’air (suite • Limiter les activités à certaines heures de la journée pour ne pas déranger les
à émission de populations.
poussières, fumées, • Ne pas réaliser des travaux bruyants en dehors des heures normales de travail.
rejets toxiques et
• Prévoir les itinéraires de transport par des engins lourds à l’écart des centres de
Air nuisances sonores).
population ou d’habitation.
Perturbation des • Dimension et disposition adéquates des bâtiments pour ne pas entraver les systèmes de
conditions vents locaux et la circulation de l’air.
microclimatiques
• Faire des prévisions de mouillages permanents.
• Eviter tout contact physique et dérangement des récifs autant que possible.
Destruction des récifs • Interdire la collecte de plante et d’animal de récifs
coralliens • Interdire l’alimentation artificielle des récifs coralliens.
Ecosystèmes
• Eviter les projections lumineuses qui occasionnent des dérangements des habitats
des récifs.

54
• Mettre en place un zonage (couloir de circulation entre la plage et le large) de façon
Dégradation des plages à conserver des espaces pour la population.
• Eloigner les sources potentielles de bruit et de pollution.
• Epargner les sites côtiers remarquables.
• Autoriser exclusivement le pilotage de certaines catégories d’embarcations à ceux
qui ont obtenu un permis marin spécifique.
• Adopter une vitesse réduite pour les embarcations servant de navette entre la côte et
Perte/destruction de le large, pour ne pas accentuer les phénomènes naturels d’érosion des berges.
mangroves • Eviter les zones de régénération des palétuviers, surtout sur les points de
débarquement.
Modification possible• Faire une analyse de la perte d’habitat et des conséquences sur la zone d’études et
des écosystèmes d’opérations.
Flore naturels et de leurs • Faire une étude des perturbations des régimes hydriques provoquées par la modification des
et équilibres écosystèmes.
faune • Identifier et épargner les écosystèmes représentatifs et les sites remarquables.
• Établir des zones de conservation dans des espaces (forestiers, lacustres ou marins)
Disparition écologiquement importants, en assurant que leur étendue serait suffisante pour abriter
d’écosystèmes rares la diversité biologique, pour le fonctionnement des processus écologiques et pour
et de ses ressources préserver leurs valeurs scientifiques, touristiques, socio- économiques et culturelles.
associées
• Etudier les potentialités de valorisation économiques des ressources.

55
• Vérifier/inventorier les connaissances existantes sur la biodiversité dans la zone
d’études et d’opération.
• Identifier les espèces présentant un intérêt particulier (rare, menacée, endémique, utile
pour la population, …) par rapport aux espèces bénéficiant déjà d’une protection légale.
Baisse de la
• Contrôler ou interdire les prélèvements de ressources biologiques (coraux, autres
biodiversité
animaux et plantes).
• Identifier, localiser et épargner les habitats d’espèces rares et menacées d’extinction.
• Faire une analyse de l’intérêt économique des ressources menacées par le projet.
• Adopter et respecter un plan de limitation des pertes en flore et faune.

• Maintenir des corridors permettant la circulation des espèces animales (condition


Pertes et indispensable pour la conservation du patrimoine génétique et maintenir la
modifications en biodiversité).
quantité et en qualité • Prendre des mesures contre les risques d’invasion ou pathologiques pouvant être
des habitats et des imposés aux espèces autochtones par l’introduction d’espèces exotiques.
espèces

Pertes de superficies • Adopter des pratiques de coupe permettant la régénération naturelle des forêts ou
ou modification de bois en laissant un nombre suffisant d’arbres semenciers.
la couverture • Éviter le déboisement et la destruction de la végétation à l’intérieur des sites
végétale d’importance écologique et en zone riveraine en bordure des plans d’eau.

56
Dégradation de la
biodiversité par • Prendre en compte le risque d’invasion et de remplacement des écosystèmes naturels
l’introduction par les espèces exotiques introduites.
d’espèces végétales et • Prendre en compte le risque phytosanitaire par l’introduction de maladies venues
animales non avec les espèces exotiques.
malgaches

Perturbations dues
aux trouées dans la • Choisir et planifier le tracé des routes et des pistes avec prise en compte des
végétation et à la écosystèmes présents (particuliers ou fragiles) et des plans d’eau.
création • Contrôler l’accès aux zones d’activités du projet pour limiter les risques de coupes
d’infrastructures illicites ou de défrichements non autorisés dans le site.
routières

Changement du Prendre des mesures pour éviter de perturber le comportement des animaux à cause
comportement de la présence humaine, par les bruits et pour éviter leur accoutumance à recevoir de la
naturel des animaux nourriture.

57
MILIEU HUMAIN
• Adopter une stratégie fondée sur la négociation et la participation
Non insertion du • Favoriser la participation active et dynamique de la population locale.
projet dans • Faire une Information/Education/Communication du projet auprès de la population.
l’environnement • Etablir un contrat de bon voisinage avec la population locale.
social et culturel de • Favoriser le recrutement des villageois pour certains emplois.
la zone d’études et • Etablir un contrat d’approvisionnement auprès des villageois.
d’opérations • Faire des prévisions de contribution à l’amélioration du bien-être de la population.

Transformation des
Social habitudes de vie et de
• Ménager et respecter les modes de vie et traditions de la population.
consommation de la
• Sensibiliser le personnel du projet.
population
autochtone

Augmentation des
• Planifier un plan d’action conjoint du maître d’œuvre du projet et des autorités
risques de
publiques pour exercer une surveillance sanitaire et une lutte contre les maladies
transmission
transmissibles.
d’éléments
• Sensibiliser le personnel du projet.
pathogènes

Aggravation de la
• Respecter les mesures/lois visant à limiter et à contrôler la consommation d’alcool et
prostitution,
de drogues, la prostitution.
l’alcoolisme, la
• Sensibiliser le personnel du projet.
toxicomanie
58
Modification de • Fournir des compensations à la population locale touchée par les impacts négatifs
l’économie (expropriations).
Économie et
système de
traditionnelle par une • Favoriser la promotion de produits locaux et régionaux.
production
économie de marché • Mettre en application les meilleures pratiques de l’industrie.

Modification des
coutumes et Ménager et respecter les coutumes et traditions de la population.
traditions
Altération ou
destruction des sites
Culturel Faire un inventaire et prendre en compte les sites reconnus ou potentiels en
traditionnels,
collaboration avec les autorités et les populations concernées pour leur surveillance,
culturels ou
leur préservation.
archéologiques

• Faire une étude des systèmes fonciers existants sur le plan économique et social.
• Mettre en œuvre de mesures de compensation pour les terres ou autres espaces
perdus par les populations par occupation temporaire ou définitive.
Spatial
Modification de • Prendre en compte les systèmes des droits traditionnels et processus de décision
l’usage des terres concernant les ressources naturelles (terrestres, aquatiques et marines).
• Faire une étude sociale des systèmes de valeur traditionnelle, et établir un dialogue
avec la population locale pour la prise en compte des lieux à usage coutumier et
religieux.

59
• Localiser les décharges selon les normes acceptables et contrôler les
déchargements excessifs.
Nuisances causées par • Mettre en place des stations d’épuration en modules surtout dans des contrées isolées.
l’accumulation de • Adopter des systèmes d’amende pour le dépôt de détritus dans les endroits non
déchets, de produits appropriés.
polluants et • Mettre en place des systèmes de collecte des déchets.
contaminants • Établir une gestion adéquate des produits polluants (manipulation, emploi,
entreposage, élimination).

Limitation d’accès à • Mettre en place un programme d’aménagement et de gestion de l’espace en


des sites de chasse, négociation ou en collaboration avec les communautés locales.
de pêche, de • Respecter les réglementations en vigueur et mettre en œuvre des mesures adéquates
cueillette, de sources pour réduire les nuisances associées à la limitation d’accès.
d’énergie ou • Tenir compte des méthodes d’utilisation et d’exploitation traditionnelles des territoires
d’approvisionne par les populations locales
ment en eau

60
Le promoteur pourra choisir de traiter l’analyse des impacts par
composante de l’environnement affectée, par phase d’installation du projet
ou par enjeux.

6. Analyse des risques et dangers

Vu les caractéristiques des produits manipulés (explosif, produits


inflammables...) lors des opérations pétrolières, une analyse des risques et
des dangers doit être faite, conformément aux directives du guide général
de réalisation des études d’impact environnemental et social.

L'étude doit identifier les dangers associés au projet et en ressortir les


possibilités d'accidents technologiques majeurs pouvant mettre en péril la
santé et sécurité publiques ou porter atteinte à l'environnement. Si les
informations recueillies lors de l'identification des dangers du projet sont
suffisantes pour démontrer l'absence de possibilités d'accidents
technologiques majeurs, le promoteur doit les utiliser pour établir les
mesures de sécurité pertinentes à appliquer dans le cadre d'un plan
d'urgence. Sinon, l'étude doit se baser sur la revue des accidents passés
survenus dans le cadre de projets similaires, afin d'en estimer les
conséquences, les fréquences et le risque, les mesures appropriées à
mettre en place pour maîtriser les dangers et les capacités locales et
régionales disponibles pour y faire face en cas de survenue. L'étude doit
ainsi décrire les mesures de sécurité qui seront prises sur le site du projet
et le plan de mise en œuvre. L'analyse des risques et des dangers doit
permettre de circonscrire les zones de danger et de connaître les
composantes menacées en cas d'accidents.

7. Programme de surveillance et de suivi


environnemental et social

Les programmes de surveillance et de suivi environnemental et social


permettent de documenter certains impacts à moyen et long terme, dont
l’importance pouvait être difficile à entrevoir au préalable. Cette opération
à caractère scientifique doit être conçue et supervisée par un ou une
spécialiste de l’environnement et en développement social. L’objectif est
de noter et mesurer si possible l’effet du projet sur certaines composantes
environnementales et sociales, ou l’atteinte des objectifs des mesures de
réduction proposées, afin d’apporter au moment voulu les correctifs
appropriés. Le programme de surveillance et de suivi doit être préparé
selon les directives du Guide Général, ainsi que du Canevas de réalisation
de Plan et Plan-Cadre de gestion environnementale et sociale.

Dans le cadre de projets d’exploitation pétrolière, le programme de


surveillance et de suivi devrait s’attarder à documenter les aspects suivants.

62
7.1. Programme de surveillance environnementale
et sociale

La surveillance environnementale et sociale a pour objectif premier de


contrôler la bonne exécution des activités et travaux pendant la durée du
projet, et ce, au regard du respect des mesures environnementales et
sociales qui sont proposées, des lois et règlements régissant les évaluations
environnementales et sociales au Bénin et les politiques de sauvegarde et
normes environnementales et sociales des partenaires techniques
financiers (PTF) ainsi que les meilleures pratiques de l’industrie.

Le programme de surveillance doit contenir :


- la liste des éléments ou paramètres nécessitant une surveillance
environnementale et sociale ;
- l’ensemble des mesures et moyens envisagés pour protéger
l’environnement ;
- les acteurs de mise en œuvre ;
- les engagements des maitres d’ouvrage ou maitres d’œuvre quant
au dépôt des rapports de surveillance (nombre, fréquence,
contenu).

Dans le cadre du projet, la surveillance environnementale et sociale sera


assurée par les missions de contrôle, de l’équipe de coordination du projet.

63
Pour permettre aux acteurs concernés de mener à bien le programme de
surveillance, leur capacité dans le domaine sera renforcée.

7.2. Programme de suivi environnemental et social

Lors des travaux prévus dans le projet, la législation nationale et en


particulier ceux concernant l’environnement devront être respectés. Les
travaux devront suivre la procédure de sélection et faire l’objet d’un suivi
de proximité pour éviter les perturbations liées aux activités.

Malgré la connaissance de certains phénomènes environnementaux et


sociaux liés aux risques et impacts génériques des activités du projet, il n’en
demeure pas moins qu’il existe toujours un certain degré d’incertitude dans
la prévision d’autres impacts, notamment en ce qui concerne les impacts
diffus et les impacts résiduels. Pour cette raison, il s’avère nécessaire
d’élaborer un programme de suivi environnemental et social. Ce dernier
doit permettre de vérifier la justesse de l’évaluation de certains impacts,
d’évaluer l’efficacité des mesures d’atténuation mises en œuvre et
permettre de faire des propositions des mesures éventuelles au besoin. Les
méthodes d’échantillonnage et d’analyse doivent y être précisées. Les
dispositions qu’entend prendre le promoteur afin de protéger
l’environnement et le milieu humain, si cela s’avérait nécessaire en période
d’exploitation du projet, doivent aussi être présentées. Le programme de

64
suivi environnemental et social présentera les indicateurs à utiliser pour
assurer le suivi des mesures d’atténuation et de bonification et permettra
également de suivre l’évolution de l’état de l’environnement, notamment
les éléments sensibles, à partir d’indicateurs pertinents sur les composantes
environnementales établies sur une base consensuelle par les différentes
parties prenantes à son exécution. Des indicateurs d’impact doivent
également être déterminés pour suivre l’évolution de certaines
composantes du milieu affecté par la réalisation du projet. Les indicateurs
de suivi de même que certains paramètres devront être reprécisés et
affinés après la réalisation des études environnementales et sociales
détaillées. Pour ce faire, l’état de référence (ou l’état zéro) devrait être
caractérisé par des valeurs de paramètres mesurés avant toute réalisation.
Les indicateurs sont des paramètres dont l’utilisation fournit des
informations quantitatives ou qualitatives sur les impacts et les bénéfices
environnementaux et sociaux du projet. Les indicateurs de suivi aideront
dans la mise en application des mesures d'atténuation, le suivi et
l'évaluation de l'ensemble du projet en vue d’évaluer l’efficacité des
activités. Ces indicateurs seront élaborés par des consultants dans le cadre
de l’étude d’impact environnemental et social réalisée.

Les méthodes classiques de suivi écologique prévoient des mesures et des


analyses (eau, sol, …), des inventaires (flore, faune), l’utilisation des
bioindicateurs (plantes, animaux), nécessitant l’élaboration d’une gamme
d’indicateurs, et l’utilisation des indicateurs socio-économiques. Le tableau

65
4 présente des programmes de suivi à titre indicatif, en fonction des
composantes des milieux affectés. Dans le cadre des projets d’opérations
pétrolières, ces programmes de suivi doivent, en particulier, mettre l'accent
sur :

• la qualité et la disponibilité des eaux de surface et souterraines;


• l’évolution des phénomènes d’érosion et de sédimentation dus à la
construction des infrastructures comme camp de base, routes, pistes,
pistes d’atterrissage, embarcadère, amenée de pipeline ou gazoduc,
entrepôts de produit brut ;
• l’évolution des éléments perturbés lors de la mise en œuvre des
activités des opérations pétrolières;
• les effets sur l'économie (retombées et emplois) et la société locale et
régionale;
• la mise en application des mesures de sécurité et plan d'urgence;
• la réhabilitation après la fermeture du site.

66
Tableau 4 : Description des impacts, mesures d’atténuation pour les
impacts négatifs et des mesures de bonification des impacts positifs

Composantes du
Eléments du suivi Programme de suivi
milieu
MILIEU BIOPHYSIQUE

• Vérification périodique de
l’altération et du niveau de la nappe
phréatique.
• Analyse systématique de la qualité
des eaux et des
sédiments à travers les polluants
organiques (matières en
suspension, micro-polluants
Eau Quantité et qualité organiques...), polluants chimiques
(azote, sels nutritifs, métaux,
arsenic, cyanure, fluor, phénols,
micro-polluants chimiques...).
• Analyse des modifications des
régimes hydriques causées par le
projet par des prélèvements,
captage d’eaux (arrosage, eau
potable, eau domestique...) et
détournements de cours d’eau.
Évolution des • Suivi de la structure du sol, du
Sol phénomènes de lessivage (érosion...), du caractère
dégradation du paysage.
Analyse périodique des composantes de
l’air à travers ses polluants (dioxyde de
Air Qualité soufre, oxyde d’azote, méthane, Fréon,
chlore, fumées, poussières, aérosols,
plomb, fluor...).

67
Evolution des récifs Degré de vitalité des récifs.
Ecosystèmes coralliens

Evolution de • Analyse de l’évolution de la


l’écosystème de la végétation générée.
Flore forêt primaire et de
• Suivi de la composition floristique
la couverture
de la végétation générée.
végétale
MILIEU HUMAIN
• Analyse des taux et nature des
Evolution du mode maladies.
de vie de la • Analyse du taux de scolarisation.
population locale • Suivi de la
responsabilisation des opérateurs
sur le plan juridique en matière de
Social comportement délictueux de leurs
sous-traitants et des employés
expatriés
• Suivi de la structure locale
permanente de concertation pour
les échanges population-
promoteur.
Evolution du • Analyse de la situation
Economie et
niveau de vie
systèmes de • des valeurs ajoutées au niveau des
de la population
production ménages du lieu d’implantation.
locale

68
8. Mécanisme de gestion des plaintes et
doléances

Plusieurs types de conflits sont susceptibles de surgir dans le cadre de la


mise en œuvre du projet. Pour prévenir et parvenir à la gestion efficace des
plaintes et doléances en matière de gestion environnementale et sociale du
projet, un mécanisme sera mis en place. Ce mécanisme traitera
principalement des plaintes et doléances relatives :

- à la gestion des ressources naturelles ;


- au cadre de vie ;
- au foncier ;
- aux violences basées sur le genre, abus et exploitation sexuelle,
harcèlement sexuel ;
- aux emplois et revenus ;
- aux pollutions et nuisances ;
- à la présence et exploitation des infrastructures ;
- à la conformité aux engagements de nature juridique (accord de
don, contrats…), fiduciaire, technique, environnemental et social
vis-à-vis des parties prenantes et du public.

69
8.1. Objectifs du mécanisme de gestion des plaintes

En vue de prévenir la survenance des conflits et conséquences liés à ces


risques, le mécanisme de gestion des plaintes élaboré par le projet devrait
prévoir les ressources et le cadre organisationnel nécessaires pour
l’enregistrement et le traitement des doléances relatives aux activités du
projet, ses résultats ou ses impacts sur les milieux biophysiques et humains.

Le MGP a pour objectifs de :

- Mettre à la disposition des personnes ou communautés affectées ou


qui risquent d’être affectées par les activités du projet, des possibilités
accessibles, rapides, efficaces et culturellement adaptées pour
soumettre leurs doléances par rapport aux engagements du projet.
- Identifier, proposer et mettre en œuvre les solutions justes et
appropriées en réponse aux plaintes soulevées.

8.2. Principes
Les principes fondamentaux suivants (tableau 5) seront observés afin
d'inspirer la confiance des usagers.

70
Tableau 5 : Principes fondamentaux du mécanisme de gestion des
plaintes

Principes Mesures d’application Indicateurs


- Protéger l’anonymat des
Pas de représailles
[Link] si nécessaire
suite aux
- Assurer la confidentialité
dénonciations
nécessaire en cas de plaintes
Sécurité de nature sensibles
- Limiter le nombre des gens
ayant accès aux informations
sensibles
- Diffuser largement le
Variété des
mécanisme aux groupes cibles,
sources des
en surmontant les barrières
plaintes
linguistiques, géographiques,
intellectuelles, financières Taux des plaintes
Accessibilité et - Expliquer clairement les éligibles
mises-en contexte procédures de dépôt de plainte
- Diversifier les possibilités de
dépôt de plaintes
- Assister les personnes ayant
des problèmes particuliers
d’accès
- Réagir promptement à tous les
Délai moyen de
plaignants
traitement
Prévisibilité - Présenter un processus de
traitement clair, avec des délais Taux de réponse
pour chaque étape
- Veiller à l’impartialité des
Récusation des
personnes qui participent aux
membres de
enquêtes
l’équipe de gestion
- Assurer qu’aucune personne
Impartialité des plaintes
ayant un intérêt direct dans
l’issue de l’enquête ne
participe au traitement de la
plainte concernée

71
- Renseigner les parties
Transparence concernées sur l’évolution et
les résultats du traitement

8.3. Résultats attendus


Ce mécanisme permettra de prévenir et de gérer les conflits circonscrits
dans le champ opérationnel des activités du projet, sur l’ensemble de son
cycle de vie. Il permettra au projet entre autres de:

▪ Gérer les risques préjudiciables au projet, désamorcer certains


conflits, éviter qu’ils empirent en termes de conséquences sur le
coût, l’atteinte des résultats et la crédibilité des acteurs du projet.

▪ Renforcer la recevabilité des acteurs du projet vis-à-vis du


Gouvernement, des bénéficiaires, du bailleur des fonds et des
autres parties prenantes.

▪ Justifier la conformité aux engagements de l’accord de don et des


politiques qui y sont rattachées.

▪ Renforcer la prudence et le professionnalisme dans la gestion du


projet.

▪ Renforcer la transparence dans la gestion du projet et la réputation


au niveau des bénéficiaires et des autres parties prenantes.

▪ Décourager les plaintes fantaisistes et les rumeurs qui s’alimentent


du manque d’information et de prise en charge des plaintes.

▪ Créer un environnement confiant entre les parties prenantes.

72
▪ Apprendre par expérience en dégageant et en analysant les
enseignements tirés du processus du Mécanisme de Gestion des
Plaintes (MGP) et créer une valeur ajoutée pour améliorer les
interventions futures.

Conclusion et recommandations
Le rapport d’EIES détaillée doit inclure une conclusion qui résume de
manière concise les points majeurs de l’étude et souligne toute question
d’intérêt à considérer dans la décision sur le projet. Les limites de l’étude
doivent être clairement énoncées (p. ex. : présuppositions, échéancier,
contexte) et toute répétition en long et en large des renseignements
figurant déjà dans le rapport sera absolument évitée. Cette conclusion
portant sur les résultats de l’analyse des répercussions doit fournir l’opinion
professionnelle de l’évaluateur d’impact environnemental et social à
différentes préoccupations notamment, si : (i) les mesures d’atténuation
recommandées sont mises en place comme prévu, le projet entraînerait des
répercussions néfastes résiduelles sur des éléments naturels ou des
fonctions écologiques, (ii) le cas échéant, la précision sur l’importance de
ces répercussions néfastes résiduelles sur les éléments du réseau du
patrimoine culturel, (iii) le projet proposé peut être accepté tel quel ou il
doit être modifié (davantage) pour prévenir, éliminer ou amoindrir des
répercussions, (iv) les recommandations à appliquer en cas de nécessité de
le modifier, le tout fondé sur des faits, des données de terrain et
d’observations, la législation et règlementation nationales.

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