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Formation du 24 septembre 2023
THEME : IMPORTANCE DE LA MODELISATION DANS LE PROCESSUS
ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE/EVALUATION
Elaboré par
Mahulé DEGBEGNI
Plan
Introduction
1. Qu’est-ce qu’un modèle ?
2. Qu’est-ce que la modélisation ?
3. Les principales caractéristiques du modèle
4. Modélisation et démarches pédagogiques
5. Réaliser une modélisation
6. Exploitation de modèle didactique
7. Quelques supports didactiques
8. Se questionner sur la place de la modélisation dans l’activité scientifique
9. S’interroger : quelle est la place du modèle, de la modélisation et de la
simulation dans une démarche d’investigation ?
Conclusion
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Introduction
L’objectif de l’enseignement des sciences de la vie et de la terre est de comprendre le
monde. Il s’agit d’expliquer et d’appréhender la complexité du réel. Or, la compréhension
de certains objets ou phénomènes biologiques et géologiques est rendue difficile du fait
des échelles de temps ou d’espace impliquées. La modélisation constitue donc une
alternative pour l’enseignant(e) soit pour représenter un mécanisme, soit pour simuler
des expérimentations, soit pour simplifier une réalité trop complexe.
1. Qu’est-ce qu’un modèle ?
Un modèle est une construction théorique ou concrète d’un phénomène, d’un processus
ou d’un système qui se substitue au réel trop complexe, ou inaccessible.
Le modèle n’est pas la réalité, mais seulement une représentation simplifiée et plus
compréhensible. Les intérêts d’un modèle résident dans son rôle descriptif, explicatif et
prédictif, ainsi que dans sa simplicité. En sciences de la vie et la terre, Le modèle peut
être analogique : c’est un modèle physique (maquette ; il peut s’agir d’un schéma ou de
toute autre représentation). La notion d'analogie est d'abord géométrique (ressemblance
avec l’objet étudié) mais elle repose également sur de solides bases scientifiques. Le
modèle analogique a souvent une fonction explicative ("ça marche comme") mais peut
aussi avoir une fonction prédictive ("si ça marche comme ... alors, si je fais ceci, je devrais
obtenir cela"). Le test de la fonction prédictive va permettre d'explorer les limites de
validité du modèle, voire de lui substituer progressivement un modèle original plus
performant. Exemple : modèle réduit du volcan
Le modèle peut être numérique : il est alors mathématique s'appuyant sur des
équations phénoménologiques (modèles à base physique) ou sur des schémas de
fonctionnement (modèles conceptuels). Exemple : convection mantellique,
subduction.
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2. Qu’est-ce que la modélisation ?
La modélisation consiste à construire et à utiliser un modèle. Cette opération prend en
compte l’objet ou le phénomène à représenter, le système formel choisi, les objectifs du
modèle, les données et connaissances disponibles par l’observation. Cela passe
généralement par une étape de simplification.
3. Les principales caractéristiques du modèle :
Le concept de modèle est un concept polysémique. Ainsi, il n’existe pas de définition
unique de ce concept d’où l’importance de présenter les principaux attributs
caractéristiques d’un modèle :
• Un modèle est hypothétique : il doit être testé par confrontation au réel ce qui lui
permet d’acquérir une dimension prospective ;
• Un modèle est un objet opérationnel : il est construit pour répondre à une fonction (liée
à la tâche à réaliser ou au problème à résoudre) ;
• Un modèle est provisoire et modifiable (à la différence de l'objet qu'il représente) ;
• Un modèle est réducteur ou simplificateur : il ne retient que les éléments du "réel"
représenté utiles (pertinents, nécessaires) pour la "résolution du problème posé"
(Réduction aux paramètres clés) ;
• Pertinent pour certains problèmes dans certains contextes donnés (donc avec une
validité réduite à un certain domaine) ;
• Le modèle est un outil (il apporte des réponses sur l’observé).
4. Modélisation et démarches pédagogiques :
Un modèle est un outil pour penser, c’est une construction qui constitue une réponse
provisoire à un problème scientifique, réponse qu’il faudra confronter aux réalités du
terrain ou aux résultats expérimentaux. Pour cela, il est nécessaire que l’enseignant(e) :
• Élabore un problème sur un sujet donné ;
• Recueille les modèles mentaux des élèves qui constituent une réponse temporaire et
partielle du problème posé.
• Met ces modèles mentaux à l’épreuve, à travers les débats, les observations, la
confrontation, la réalisation … et choisir parmi eux, le modèle adapté au contexte étudié
;
• Favorise des activités permettant l’élaboration et la construction de nouveaux modèles
;
• Recherche les limites du modèle et ses critiques pour éviter une représentation
simpliste du réel.
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5. Réaliser une modélisation
Pour réaliser une modélisation, il faut suivre les étapes suivantes :
a- J’observe un phénomène complexe dans la nature (ex : Une chaîne de montagne).
Pli dans les Alpes du Sud
b- Construction d’un modèle qui permet de simplifier le phénomène. Dans cette étape,
il faudra trouver des analogies. C’est-à-dire, qu’il faudra représenter les éléments de la
réalité sous une autre forme (ex : les différentes couches de roches peuvent être
remplacées par du chocolat et du sucre).
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c- Tester le modèle (ex : on peut appliquer une force à la droite de nos couches).
d- A partir de la modélisation, extrapoler le fonctionnement du phénomène naturel.
e- Trouver des limites au modèle (ex : ici, le sucre et le chocolat sont des matériaux
de texture et de densité différentes des roches)
6. Exploitation de modèle didactique
L’exploitation des modèles didactiques peut être une observation ou une manipulation.
Dans tous les cas les résultats de l’observation ou de la manipulation sont analysés
(interprétés) puis on tire une conclusion.
7. Quelques supports didactiques
A. Nom du modèle : LA CIRCULATION SANGUINE
NIVEAU : 3ème habileté : Décrire le trajet du sang dans l’organisme
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METHODE D’UTILISATION DU MODELE
1- Fixer sur le tableau à moquette, le support du modèle
2-Montrer aux élèves les différents éléments composites du modèle (poumons, coeur,
organe(s), artères, veines
3-faire réaliser par les élèves le trajet du sang dans l’organisme tout en l’expliquant.
4-faire annoter par les élèves le schéma de l’appareil circulatoire.
5-donner une légende.
6-faire schématiser, annoter et donner une légende.
B. Nom du modèle : LA TRANSFUSION SANGUINE
NIVEAU : 3ème habileté : déterminer les différentes possibilités de
transfusion sanguine
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METHODE D’UTILISATION DU MODELE
1-Placer le modèle(support) sur le tableau à moquette.
2-montrer aux élèves les différents éléments composites du modèle (ex : les étiquettes
ou groupes sanguins du donneur, du receveur, les deux carrés rouge, vert de
l’agglutination et pas d’agglutination).
3-Rappeler la présence et l’action d’agglutination par des anticorps du plasma du
receveur sur les hématies du donneur.
4-Expliquer la présence des anticorps dans le sang du donneur mais leur action
d’agglutination chez le receveur est négligeable.
5-faire remplir par les élèves le tableau du modèle avec les carrés rouge et vert.
6-faire déduire la règle à suivre lors d’une transfusion sanguine.
7-Schématiser les différentes possibilités de transfusion sanguine.
C. Nom du modèle : LA TRANSMISSION SYNAPTIQUE
NIVEAU : Tle D Habileté : expliquer le fonctionnement d’une synapse
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METHODE D’UTILISATION DU MODELE (par le professeur)
Constituer la synapse sur le tableau à moquette (les membranes pré et post
synaptiques).
Annoter la synapse.
Mécanisme de la transmission synaptique :
1. Entrée des ions Na+dans le bouton synaptique
2. Entrée des ions Ca++ dans le bouton synaptique pour le déplacement et
l’exocytose des vésicules synaptiques
3. libération d’ACH dans la fente synaptique
4. fixation d’ACH sur le site des récepteurs de la membrane post synaptique entrainant
l’ouverture des canaux à Na+.
5. Entrée des ions Na+ dans cette membrane et genèse d’un PA post synaptique (à
matérialiser par un ion Na+ plus une flèche dans le canal sodique)
6. Hydrolyse de l’ACH par l’Acétylcholinestérase
7. Absorption des produits issus de l’hydrolyse par le bouton synaptique.
NB : L’entrée des ions, le déplacement des vésicules et absorption des produits doivent
être matérialisés par une ou des flèche(s).
D. Créer une maquette permettant de reproduire les mouvements
respiratoires
NIVEAU : Sixième
Rappel : Les mouvements respiratoires consistent en une inspiration et une expiration
: les poumons se gonflent et se dégonflent successivement.
Objectif : cette maquette doit nous permettre une meilleure compréhension du
fonctionnement coordonné des organes impliqués dans un mouvement respiratoire.
Modélisation : on crée donc un modèle d'appareil respiratoire
✔ La cage thoracique (l'ensemble des côtes) est représentée par la bouteille en plastique
✔ Le diaphragme (muscle fermant le bas de la cage thoracique) est représenté par la
moitié de ballon attaché à la ficelle
✔ Les poumons sont représentés par le ballon placé à l’intérieur de la bouteille.
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Comprendre et utiliser ce modèle. Une fois construite, la maquette doit simuler
parfaitement les mouvements respiratoires d’inspiration et d’expiration. Pour
l’inspiration, je tire sur le demi ballon du bas, la pression diminue dans la bouteille et le
petit ballon situé à l’intérieur se gonfle. Pour l’expiration, je relâche doucement le demi
ballon, la pression augmente dans la bouteille et le petit ballon situé à l’intérieur se vide.
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E. Autres modèles (troisième)
8. Se questionner sur la place de la modélisation dans l’activité scientifique
Modélisation est :
• Un outil de description ;
• Une technique expérimentale simplifiant l’observation du réel ;
• Une méthode d’exploration d’hypothèses concurrentes.
Ces trois critères définissent une forme de l’activité scientifique.
On modélise et on simule pour comprendre
On modélise pour appréhender des phénomènes dynamiques sur de
grandes échelles de temps et d’espace
On modélise et on simule pour regarder vers le futur
9. S’interroger : quelle est la place du modèle, de la modélisation et de la
simulation dans une démarche d’investigation ?
« Dans l’enseignement secondaire, d’une manière générale, les travaux pratiques qui
sont mis en œuvre consacrent peu de place à un travail sur les modèles en jeu. Les
modèles sont « cachés » aux élèves et les activités proposées ont pour but de les
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redécouvrir. Par ailleurs, ces modèles sont peu discutés, leur domaine de validité
généralement non-défini. Notre projet est de renouveler les démarches dans la classe en
rendant au modèle sa fonction d’outil pour penser. Nous proposons que ce modèle soit
d’emblée présenté aux élèves comme une construction intellectuelle qui constitue une
réponse provisoire et partielle à un problème scientifique, réponse qu’il faudra
confronter aux réalités du terrain ou aux résultats expérimentaux. La démarche
d’investigation ainsi proposée aux élèves place le modèle au cœur de cette démarche,
celui-ci sert de point d’appui et donne du sens au travail conduit lors des travaux
pratiques. »
Conclusion
Les programmes de S.V.T, des différents niveaux d’enseignement accordent une place
importante à la modélisation. Le concept de modélisation reste un outil très efficace dans
la construction des savoirs et savoirs faire dans une démarche de résolution de problème
ou d’investigation. Dans le cadre ordinaire de la classe le modèle s’intègre dans une
démarche scientifique avec, pour objectif, une élaboration de connaissances. Le modèle
présente alors le double rôle didactique (utilisation de la modélisation dans le cadre
d’une démarche scientifique, objectifs cognitifs disciplinaires) et pédagogique (mise
en activité des élèves).
La modélisation a pour but :
• de familiariser les élèves avec la réalité pour faciliter l’acquisition des
connaissances ;
• d’accroitre les connaissances ;
• d’anticiper et, par conséquent, devient une aide à la décision.
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