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Analyse Lineaire - Olympe de Gouges - Postambule

Fiche complète analyse linéaire avec procédés + explications

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TEXTE 5 – Postambule

INTRO :
Olympe de Gouges est une femme de lettres progressiste qui a milité pour la condition
de la femme et l’abolition de l’esclavage. Son combat contre les injustices et ses œuvres
progressistes l’inscrivent dans le courant des Lumières. Elle accompagnera la Révolution
par ses brochures qui encouragent des réformes sociétales vers davantage d’égalité
entre les citoyens. Si elle plaide d’abord pour une monarchie constitutionnelle, elle finit
par rejeter cette dernière pour promouvoir la république. Mais ce qui singularise Olympe
de Gouges, c’est surtout sa volonté d’obtenir l’égalité de droits entre hommes et
femmes, principe qu’elle défend dans sa Déclaration des droits de la femme et de la
Citoyenne publié en 1791, son œuvre la plus connue.

SITUER LE TEXTE ET CONTEXTUALISER L’ŒUVRE :


Nous allons analyser ici le postambule, texte de conclusion et appel vibrant à la prise de
conscience des femmes et à la reconnaissance de leurs droits de la Déclaration des droits
de la femme et de la Citoyenne. Cette œuvre courageuse et visionnaire qui s’inscrit dans
le contexte de la Révolution Française, une période de bouleversements politiques,
sociaux et intellectuels. Dans le postambule, Olympe de Gouges interpelles les femmes
en les exhortant à se réveiller et à reconnaître leurs droits. Elle appelle les femmes à
s’unir sous les étendards de la philosophie et à s’opposer à la force de la raison aux
prétentions de la supériorité masculine.

(LECTURE DU TEXTE)

PROBLEMATIQUE :
Demandons-nous alors dans quelle mesure le postambule de la Déclaration des
droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges invite-il les femmes
à se mobiliser contre l’oppression masculine et à revendiquer leurs droits
pendant la Révolution Française ?

MOUVEMENTS :
1) Du début à « de l’usurpation » : Olympe de Gouges mobilise les femmes
2) De « L’homme esclave » à « Tout, auriez-vous à répondre…» : Elle énonce les
dangers que les femmes risquent à ne pas réagir
3) De « S’ils s’obstinaient… » à la fin de l’extrait : Elle demande aux femmes de réagir
MOUVEMENT 1 : (mobilisation des femmes)
- Le postambule s’ouvre sur une apostrophe autoritaire « Femme, réveille-toi »
- Apostrophe (=adresse) explicite le lectorat vissé = les femmes
- Emploi du singulier (à valeur générale) = les femmes de toutes les conditions sont
sollicitées # la logique de classe à l’œuvre de la monarchie
- Impératif « réveille-toi » + tutoiement = familiarité entre auteure et femmes
- Métaphore du sommeil = assimile la Révolution à un réveil brutal et salvateur après
un long sommeil de l’Ancien Régime
- Pour ODG les femmes dorment encore = elles ne sont pas encore suffisamment
mobilisées pour faire valoir leurs droits
- Ton du pamphlet (=court texte polémique, souvent violent, voir satirique) = on ressent
l’ardeur de la Révolution
- La Révolution métaphoriquement assimilée au « tocsin de la raison » = le tocsin étant
le tintement de cloche donnant l’alarme
- Ouverture donc avec du bruit = une alerte car les femmes courent le péril de voir la
Révolution leur échapper au profit des hommes
- Impératif urgent « reconnais tes droits » = ces droits qui sont consignés dans la DDFC
qui réécrit la DDHC
- Parataxe dans cette première phrase (=juxtaposition de propositions sans connecteurs
logiques) témoigne d’une intensité suggérant que ce combat ne sera pas facile
- Le temps de la Révolution est propice à l’amélioration de leur condition, car « Le
puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de
superstition et de mensonges »
- Enumération de termes dépréciatifs (=sens négatif) qui rappelle les accusations
portées par la philosophie des Lumières à l’encontre de la monarchie absolue de droit
divin.
- Métaphore hyperbolique du « flambeau de la vérité [qui] a dissipé tous les nuages de
la sottise et de l’usurpation » assimile la Révolution à une éclaircie dans la nuit
del’histoire.“
Mini conclu : Olympe de Gouges fait donc l’éloge de la Révolution. Mais elle rappelle à
quel prix s’est fait cette destruction de la monarchie absolue (suite mouvement 2)

MOUVEMENT 2 : (les dangers pour les femmes)


- Rappel à quel prix s’est fait la destruction de la monarchie absolue : « L’homme esclave
a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. »
- Hyperbole « L’homme esclave » souligne l’ancienne bassesse des sujets devenus
citoyens.
- Substantif « homme » = le genre masculin car ODG rappelle que cette Révolution
n’aurait pas pu se faire sans les femmes, qui ont manifesté et combattu au côté des
hommes.
- Parallélisme syntaxique avec la répétition de « devenu » : « Devenu libre, il est devenu
injuste envers sa compagne !» = Les hommes se révèlent cependant d’une injuste
ingratitude (=absence de reconnaissance),
- Tonalité tragique ODG : « Ô femmes ! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ?»
- Répétition de « femmes » = suspend le rythme pour mieux le relancer, postambule
doué d’une forte oralité invitant à l’action immédiate
- ODG cherche ensuite à susciter l’action par des questions rhétoriques :« quand
cesserez-vous d’être aveugles ? »
- Métaphore initiale du sommeil remplacée par celle de l’aveuglement à une condition
injuste. Ça renvoie au combat des Lumières : les femmes sont encore plongées dans
l’obscurité des préjugés et ODG les exhorte à en sortir.
- Question concrète d’ODG : « Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la
Révolution ? » = pousse les femmes à réfléchir à leurs conditions de vie
- Elle répond pour ses lecteurs : « Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé.»
- Adverbe de comparaison « plus » = met en valeur une gradation ascendante : « plus
marqué », « plus signalé »
- Paradoxalement, les femmes ont gagné en mépris à la Révolution, car elles ont lutté
pour que les hommes aient plus de droits sur elles. L’auteure rappelle comment les
femmes, jusqu’alors, luttaient contre l’oppression masculine : « Dans les siècles de
corruptions vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est
détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices des hommes. »“ ”
- La Révolution est donc dépeinte comme une défaite pour les femmes, car elle a rendu
plus redoutables des hommes qui ne sont plus des sujets du roi, mais des citoyens
libres.
- Le Parataxe dans la question rhétorique souligne cette dureté : « Votre empire est
détruit ; que vous reste-t-il donc ?» = l’accent sur la bassesse de la condition des
femmes.
- Passage au présent de l’indicatif = l’urgence de la situation présente.
- ODG invite les femmes à réclamer leur « patrimoine » tiré des « sages décrets la
nature ».
- L’auteure fonde ses revendications sur l’observation de la nature. = argument
d’autorité : l’égalité entre les sexes est naturelle mais a été corrompue par la société.
Les lois doivent rétablir cette égalité
- L’auteure va cependant rassurer les femmes quant au bien-fondé de leur démarche :
« qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? le bon mot du législateur
des noces de Cana ? ».
- Périphrase « législateur des noces de Cana » = le Christ qui, lors de cet épisode de
L’Evangile répète à sa mère, la Vierge : « Que me veux-tu, femme ?»
- Question rhétorique est insolente et exprime une critique à l’égard du christianisme,
considéré comme un système d’oppression pour les femmes.
- Création d’un parallèle avec le législateur français qui adopterait la même attitude que
le Christ lors des noces de Cana : « Craignez-vous que nos législateurs français […] ne
vous répètent : femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ? »
- Le parallèle entre le christianisme (« législateur des noces de Cana ») et l’Assemblée
Nationale (« nos législateurs français ») Olympe de Gouges suggère que les nouvelles
institutions reproduisent la même oppression. (Le christianisme était vu comme la
religion ayant permis la monarchie absolue de droit divin.)
- Réponse d’ODG avec un effet de rupture particulièrement marqué, avec le pronom «
tout » placé en tête de phrase : « Tout, auriez-vous à répondre. »
Mini conclusion : Cet épilogue projette donc les femmes vers l’avenir en mettant en
scène leur confrontation face aux hommes.

MOUVEMENT 3 : (appel à l’action des femmes)


- Proposition subordonnée circonstancielle de condition : « S’ils s’obstinaient, dans leur
faiblesse » = ODG prolonge ce dialogue fictif en anticipant l’argumentation des
hommes. Par renversement, l’oppression masculine est assimilée à une faiblesse, à
une crainte face au pouvoir des femmes.
- Emploi de l’impératif : « opposez courageusement la force de la raison aux vaines
prétentions de la supériorité » = ODG guide les femmes en vigueur face à la tyrannie
masculine
- Antithèse « force de la raison » / « vaines prétentions » = assimile l’opposition entre
les hommes et les femmes au conflit de la tyrannie contre la raison. Les femmes
seraient donc les véritables tenantes de l’égalitarisme révolutionnaire et de la raison.
- Suite de verbes d’action à l’impératif et au pluriel : «; opposez […] ; réunissez-vous
sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie » = ODG les exhorte à
lutter / Emploi du futur de l’indicatif = permet avenir plus juste affirmant la certitude
de la victoire : « vous verrez bientôt »
- Cette victoire sur les hommes ouvrira justement à un temps de paix, où les hommes
seront « fiers de partager avec vous les trésors de l’Être-Suprême. »
- Majuscules soulignent la sacralité de « L’Être-Suprême », sorte de divinité guidant la
Révolution et incarnant les valeurs de liberté et d’égalité. Cet avenir radieux évoqué
au futur s’oppose à un passé infâme qu’Olympe de Gouges dépeint pour créer une
antithèse.“ ”
CONCLUSION :
A travers son postambule, Olympe de Gouges adresse une apostrophe autoritaire aux
femmes pour les réveiller de leur inaction et les mobiliser en faveur de leurs droits
pendant la Révolution Française. Elle dénonce l’oppression des hommes et la menace
d’une Révolution qui pourrait leur échapper. Olympe de Gouges fait appel à la raison et à
la justice pour encourager les femmes à s’opposer courageusement aux prétentions de
supériorité masculine. Elle souligne que la Révolution a ouvert la voie à l’amélioration de
la condition des femmes et appelle les femmes à revendiquer leur patrimoine
naturellement égalitaire. Malgré, les défis à surmonter, Olympe de Gouges exprime sa
conviction en la victoire des femmes et en un avenir de partage égalitaire avec les
hommes. Le postambule de La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est
ainsi un appel puissant à l’action et à la lutte pour l’égalité des sexes au sein de la
Révolution Française.

OUVERTURE :
D’ailleurs, depuis la Révolution Française, la question de l’égalité des sexes a été au cœur
des luttes pour les droits des femmes. Des femmes courageuses ont élevés leur voix pour
défendre leurs droits et remettre en question les normes et les oppressions patriarcales
de leur époque. Cependant, la quête de l’égalité des sexes ne s’est pas arrêté à cette
époque. Dee nos jours, de nombreuses voix se font entendre pour revendiquer les droits
des femmes et poursuivre le combat pour une société égalitaire. Ainsi, il est intéressant
d’explorer les échos contemporains de l’appel d’Olympe de Gouges et d’analyser
comment les revendications féministes d’aujourd’hui trouvent leur fondement dans le
postambule de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

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