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Finances Publiques: Concepts et Évolution

Finances publiques s5

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UNIVERSITE SULTAN MOULAY SLIMANE

Faculté Polydisciplinaire de Khouribga

Finances publiques
1ère partie

Pr. Mohamed ATIK

Année 2021-2022

1
Plan

Chapitre I : L’Etat et les finances publiques


Section II/ Relation des finances publiques avec les autres sciences
Section II/ Rôle de l’Etat et conceptions des finances publiques.
Section III/Les caractères du budget en finances classiques et modernes

Chapitre II : La politique budgétaire


Section I/Les types de politique budgétaire :
Section II/Conceptions et fonction de la politique budgétaire.
Section III/ Evolution de la politique budgétaire du Maroc :

Chapitre III : structure, principes et types de Budget


Section I/ Structure du budget de l’Etat
Section II/Composantes du budget
Section III/ Les principes budgétaires

Chapitre IV : La loi de finances


I/ Définition et types de lois de finances
II/ sources de la Loi de finances
III/ Processus d’élaboration et d’adoption du projet de loi de finances

Chapitre V : L'exécution du budget de l'Etat


I/ La répartition des crédits.
II/ La procédure d’exécution des dépenses et des recettes publiques.
III/ Les agents d’exécution du budget

Chapitre VI : Le contrôle du budget de l'Etat


I/ Les contrôles a priori
II/ Les contrôles en cours d'exécution
III/ Les contrôles a posteriori

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Chapitre I - L’Etat et les finances publiques
Section I/ Finances publiques : définition et relation avec les autres sciences
§1 - Définition des concepts
Les différents manuels qui traitent la matière des finances publiques présentent diverses définitions.
On peut opposer les finances publiques classiques et modernes.
Les finances publiques classiques consistent à "étudier les moyens par lesquels l'Etat se procure les
ressources nécessaires à la couverture des dépenses publiques " (G. Jèze)
Ces finances publiques basées sur le principe d'un équilibre budgétaire entre les recettes et les dépenses.
Les recettes avaient pour objet de couvrir les dépenses. « il y a des dépenses, il faut les couvrir» (G. Jèze).
l'Etat ne doit pas dépenser ni prélever plus que le strict nécessaire. Il ne doit pas y avoir ni déficit, ni
excédent.
Les limites de cette conception se sont révélées suite à la crise économique de 1929.
Alors ,au milieu du 20ème siècle, les finances publiques modernes ont une fonction directement
interventionniste dans l’économie, comme l’illustre les impôts dont la fonction n’est plus seulement de
couvrir les dépenses mais également d’agir directement sur l’économie.
L’approche économique des finances publiques s’intéresse à «l'étude des moyens par lesquels l'Etat
cherche à réaliser, en même temps que la couverture des dépenses publiques par les ressources publiques,
des interventions dans le domaine économique et social ».
Cette approche moderne des finances publiques est axée sur l'utilisation volontaire des dépenses et des
recettes publiques comme moyen d'intervention en matière économique et sociale.
Cependant, cette approche a un pouvoir explicatif faible. En considérant l'Etat comme un simple agent
économique réduit à un mécanisme d'encaissement et décaissement; cette approche se détache des
transformations institutionnelles et n’intègre pas les faits politiques.
Raymond Muzellec définit la discipline finances publiques comme étant «l'étude des aspects juridiques,
politiques, économiques des recettes et des dépenses des budgets des collectivités publiques ».

§2 -Distinction entre finances publiques et finances privées :


Les différences tiennent à la nature des objectifs , aux moyens d'action et aux méthodes de gestion.
-les différences d'objectif:
En effet, les personnes privées agissent en fonction de leurs intérêts privés alors que les personnes
publiques ne peuvent viser que la satisfaction de l’intérêt général.
-les différences de moyen d'action
l’Etat dispose de moyens de contraintes et un pouvoir d’imposition pour trouver ses recettes. De même, la
solvabilité de l’Etat permet d’emprunter plus facilement, de se procurer des ressources sans contrepartie

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directe. Et pour l’établissement de leur budget, elles doivent obtenir l’autorisation d’un organe délibérant
(le vote du parlement).
Alors que les personnes privées jouissent d’une grande liberté dans l’exercice de leurs attributions
financières (pour les recettes et les dépenses).
-les différences au niveau des modalités de gestion:
Contrairement aux personnes privées, l’Etat détermine d'abord ses dépenses, ensuite les moyens
nécessaires pour les financer, car grâce à ses moyens de contrainte , il peut augmenter ses ressources et
utiliser l'emprunt et donc le déficit (lorsque les dépenses excèdent les recettes) .
Alors qu’une personne privée détermine ses ressources et après ses dépenses.
3-Les finances publiques et les autres sciences économiques et sociales:
-Les finances publiques sont considérées par beaucoup des théoriciens comme partie intégrante des
sciences économiques en ce sens que la fiscalité, les dépenses publiques et les emprunts par exemple,
constituent autant d’instruments de politique économique et sociale.
Pour les économistes, les finances publiques sont un important élément du circuit économique en raison
des effets économiques des dépenses (subventions , allocations chômage …) mais aussi des recettes (impôt
/ dépenses fiscales).
En effet, les finances publiques par l’action simultanée des recettes et des dépenses (impôts, dépenses
publiques ), modifient les prix et les revenus, deux variables qui interviennent dans les décisions des agents
économiques.
-Par ailleurs, la relation entre les finances publiques et les sciences politiques reste très étroite ,
En effet, les lois de finances, par leur contenu et leur signification, constituent des actes éminemment
politiques. Ils sont préparés par le gouvernement, votés par le parlement et exécutés par le premier sous la
surveillance de l’autre.
-Pour les juristes, les finances publiques sont considérées comme un domaine du droit public financier.
Ce dernier est traditionnellement divisé en trois branches à savoir le droit fiscal (règles techniques de
détermination et de perception des impôts), la comptabilités publique (les règles régissant l’encaissement et
le décaissement de l’argent public, la tenue des comptes publics etc.) et le droit budgétaire (règles
encadrant les l’adoption et la mise en œuvre du budget, c’est les règles de prévision et d’autorisation
financière pour l’exercice avenir).
Ainsi on peut dire que la diversité des disciplines qui concourent à la connaissance des finances publiques
donne aux finances publiques le caractère d’une ‘’science carrefour’’.

SECTION II : Rôle de l’Etat et conceptions des finances publiques.


L’histoire contemporaine des finances publiques se divise en deux périodes distinctes : une période dite
«classique » ou « libérale » qui s’étend de la Révolution jusqu’à la Première Guerre mondiale, puis une
seconde période dite «moderne».

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Au modèle libéral de « l’Etat gendarme » ou de « l’Etat régalien » dont l’intervention est limitée aux
fonctions administratives régaliennes (justice, police, diplomatie, défense, encadrer la concurrence sur les
marchés) succède un « État providence » qui intervient dans les domaines économique et social. Cette
évolution du rôle de l’Etat a eu alors une grande influence sur les conceptions des finances publiques. Ainsi
on oppose les finances publiques «classiques» liées à une conception régalienne de l’Etat aux finances
publiques «modernes».
§1-La doctrine classique de l’Etat dans l’économie.
Selon cette doctrine, l’Etat ne doit exercer aucune activité économique. Il ne doit pas intervenir dans le
monde économique. En application de la doctrine économique de Jean Baptiste Say : seule la liberté des
agents économiques permet d’augmenter la production et le bien-être des populations.
Ainsi le courant libéral ou classique, prône le libéralisme économique et l’abstention de l’Etat dans
l’économie. Il faut promouvoir le laisser-faire et laisser les marchés s’autoréguler par le biais de la main
invisible chère à ADAM SMITH.
La fonction principale de l’Etat est de faire marcher les services publics régaliens (les services
administratifs principaux) : la police, la défense nationale, la diplomatie, l’entretien des voies de
communication.
Selon cette conception, le budget de l’Etat ne doit pas peser sur l’économie et doit être strictement
équilibré. Cela signifie que les dépenses publiques doivent strictement être équivalents aux recettes
publiques.
§2-La doctrine interventionniste de l’Etat dans l’économie.
Avec la crise de 1929, le modèle libéral basé sur le laisser-faire a connu plusieurs limites notamment une
crise de surproduction qui a fait plonger les marchés boursiers surtout WallStreet .
L’autorégulation du marché n’a pas eu lieu car l’offre ne créait pas sa propre demande comme le
prétendaient les classiques en l’occurrence Jean Baptiste SAY et qu’une crise de surproduction n’était pas
impossible.
Ainsi, les finances publiques modernes se caractérisent par de fortes dépenses (financement des efforts de
guerre, évolution des besoins sociaux …) et un déséquilibre budgétaire du fait que les dépenses publiques
excèdent les recettes ordinaires . Ce recours chronique au déficit public (donc à l’endettement) est expliqué
par l’interventionnisme et l’émergence du paradigme de KEYNES.
L’Etat utilise les finances publiques en instruments sur l’économie dans le cadre de sa politique
économique. Le budget ne peut pas être neutre car il existe des politiques budgétaires expansionnistes ou
restrictives.
§ 3/ Les fonctions de l’Etat en finances modernes :
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’État se voit assigner trois principales missions dans le
domaine économique, selon Richard Musgrave :

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1-l’allocation pour satisfaire les besoins collectifs non pris en considération par le marché ; L’Etat à la
charge de produire tous les biens que le secteur privé n’a pas intérêt à produire soit:
 à cause des investissements excessifs et peu rentables qu’ils exigent (cas des infrastructures) ,
 soit du fait de la non exclusion à la consommation une fois produits (cas de l’éclairage public qui est à la
portée de tout le monde- difficulté de vendre l’éclairage public à une personne seule).
2. La fonction de régulation.
consiste en la stabilisation de l’activité économique et au rétablissement des grands équilibres
macroéconomiques. Il s’agit de ramener l’économie à son niveau d’équilibre souhaité grâce aux initiatives
publiques.
Ces décisions publiques sont exercées soit sur l’offre (production), soit sur la demande globale (dépense
nationale).
Sur le plan temporel, à court terme, c’est la demande globale qui est susceptible de réagir ; en revanche, les
actions sur l’offre qui font recours aux structures de l’économie ne réagissent qu’à moyen et long terme.
la fonction de régulation correspond à deux objectifs : le plein emploi des facteurs de production (en
particulier du travail) et la stabilité des prix (lutter contre l’inflation).
3-La fonction de redistribution.
En effet, les répartitions primaires des revenus et de la richesse nationale ne satisfont toujours pas aux
principes de la justice et de l’équité sociale.
D’où le rôle de l’Etat de devoir restaurer cette justice et cette équité sociale en agissant dans l’économie par
la fiscalité et les transferts (subventions, prestations sociales, etc).
Cette fonction vise à corriger la répartition spontanée des revenus et des richesses pour instaurer une «
juste répartition » (allocation familiales, retraite, impôt sur la fortune, progressivité de l’impôt etc.) ;
Section III-Les caractères du budget en finances classiques et modernes :
Il conviendra d’examiner tout d’abord les caractères du budget dans la conception classique des finances
publiques avant de nous pencher sur ceux des finances publiques modernes.
a. Les caractères du budget chez les classiques :
les finances publiques classiques présentent 3 caractéristiques :
1-un volume réduit de dépenses.
Dans le système financier classique, les dépenses budgétaires sont limitées, elles sont faibles : elles doivent
se réduire à leur strict domaine d’intervention.
Les dépenses publiques se limitent aux dépenses de fonctionnement des services publics administratifs.
Dépenses de fonctionnement ( Paiement des fonctionnaires, Paiement des achats de matériels ou de
fourniture).
2-un strict équilibre budgétaire.
Le principe de l’équilibre suppose que les dépenses soient égales aux recettes. Les dépenses ne doivent pas
être supérieures ou inférieures aux recettes. Donc : pas de déficit ou d’excédent.

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-Pas de déficit pour éviter l’inflation et pour éviter le recours à l’emprunt.
-Pas d’excédent car il risquerait de conduire à des prélèvements inutiles de sommes d’argent qui ne
seraient plus disponibles pour l’économie.
Pour les classiques L’équilibre budgétaire est plus qu’une nécessité, c’est un dogme.
3-des finances publiques économiquement neutres.
Les finances publiques présentent une certaine neutralité par rapport à l’économie nationale.
La fonction de l’Etat n’est pas de s’immiscer dans la vie économique et sociale.
En effet, les dépenses publiques sont limitées dans leur volume aux dépenses de fonctionnement. Elles
n’exercent pas d’influence déterminante sur la vie économique.
Au niveau des ressources, l’impôt, est répartie de manière équitable.
b- Les caractères du budget chez les modernes :
Les finances publiques modernes se caractérisent par l’abandon des grands principes classiques.
Ainsi, le budget de l’Etat interventionniste n’est plus faible en volume, mais au contraire augmente parce
que l’impôt n’est plus la seule source de revenus.
Le budget de l’Etat est ouvert au financement des organisations internationales et à l’emprunt interne.
De même le dogme de l’équilibre budgétaire est rompu par celui du budget déséquilibré. Ce dernier a
favorisé l’éclosion de la théorie du déficit budgétaire.
C’est John Maynard Keynes qui est à l’origine de la théorie du déficit budgétaire. Pour cet auteur, Il faut
utiliser « l’effet multiplicateur de la dépense » pour rétablir l’équilibre économique.
En d’autres termes, l’augmentation des dépenses publiques - et donc le déficit provoqué - va permettre de
relancer l’économie, et lorsque l’équilibre économique sera rétabli l’équilibre budgétaire suivra.

CHAPITRE 2 : LA POLITIQUE BUDGETAIRE.


La politique budgétaire est un des principaux instruments de la politique économique. Elle consiste à
utiliser le budget de l’État pour agir sur la conjoncture. Elle englobe l’ensemble des mesures qui ont des
conséquences sur les ressources et les dépenses de l’État et qui visent à atteindre certains objectifs de
politique conjoncturelle.
Section I/ Définition et types de politique budgétaire :
La politique budgétaire consiste à utiliser certains instruments budgétaires (dépenses publiques,
endettement public, prélèvements fiscaux) pour influer sur la conjoncture économique.
Les principaux instruments de la politique budgétaire sont :
Les dépenses publiques, lesquelles comprennent:
 les dépenses de fonctionnement (rémunération, location, formation, déplacements, etc.),
 les dépenses de transfert (aides et subventions diverses tant aux individus qu'aux sociétés),
 les dépenses d'investissement (équipements et infrastructures de toutes sortes) et le service de la dette;

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Les recettes publiques réfèrent à l'ensemble des prélèvements (impôts, taxes et cotisations sociales) et des
recettes exceptionnelles (droits miniers, pétroliers ou gaziers, dividendes, vente d'actifs…) qui forme les
ressources de l'État;
Le solde budgétaire est l'écart positif (excédent) ou négatif (déficit) entre les recettes et les dépenses.
Cet écart peut être le fruit d'une volonté délibérée :
 d'augmenter les dépenses,
 de diminuer les prélèvements,
La fiscalité peut être utilisée pour relancer un secteur économique ou orienter les dépenses des agents
économiques vers un domaine souhaité.
En diminuant le niveau des impôts (IR, IS…) et des taxes (TVA, ..), l’Etat accorde un pouvoir d’achat
supplémentaire susceptible de relancer la consommation, l’investissement et donc l’emploi.
L’augmentation des dépenses publiques et, au sein de celles-ci, les dépenses à fort effet d’entraînement sur
l’économie (infrastructures, BTP…) est souvent engagée afin d’accélérer l’activité économique.
Pour les types de politiques budgétaires on distingue la politique budgétaire de relance dans laquelle l'Etat
augmente ses dépenses ou réduit ses recettes de la politique budgétaire de rigueur qui a pour objectif de
réduire les déficits budgétaires et la dette publique.
a-La politique budgétaire de relance
La politique budgétaire de relance est d'inspiration keynésienne et a pour principale objectif de soutenir la
croissance économique.
Selon J.M.keynes, la demande globale (demande de biens d'investissements et de biens de consommation)
détermine le niveau de la production et donc la croissance.
La politique budgétaire de relance consiste à augmenter les dépenses de l'Etat et ou à augmenter le pouvoir
d'achat des agents économique (en diminuant les prélèvements obligatoires) pour augmenter la demande et
donc la croissance.
Lorsque le gouvernement augmente le revenu des ménages, on parle de politique de relance par la
demande, et lorsque le gouvernement augmente le revenu des entrepreneurs, on parle de relance par l'offre.
b. La politique budgétaire de rigueur :
La politique de rigueur a pour principal objectif de réduire les dépenses publiques afin de lutter contre les
déficits et de réduire la dette. Ces politiques budgétaires visent aussi à limiter l'inflation (hausse du niveau
général des prix).
L'Etat diminue ses dépenses et augmente ses recettes. L'Etat va limiter d’une part ses dépenses en
diminuant ses dépenses de personnels (suppression de poste de fonctionnaires), ses dépenses
d'intervention.... et d’autre part l'Etat peut augmenter les charges sociales et les impôts.
Section II/ Conceptions et fonction de la politique budgétaire.
§1. Conceptions de la politique budgétaire.
Il est d'usage d'opposer deux conceptions de la politique budgétaire :

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a. La politique budgétaire "keynésienne"
Dans l’approche keynésienne, en cas de sous-emploi, l’Etat se doit de mener une politique de relance afin
d’augmenter la demande effective. Contrairement à la logique néoclassique les différentes interventions de
l’ Etat sont perçues à travers les effets de demande. Ces effets de demande sont captés via le multiplicateur
keynésien .
Le principe du multiplicateur keynésien :
La situation dans laquelle il est censé s'appliquer est celle de sous-emploi, résultat d'une demande effective
insuffisante.
Grâce au jeu du multiplicateur, les pouvoirs publics vont, à partir d'un supplément de dépenses
d'investissement, relancer, stimuler cette demande effective.
Les politiques économiques doivent provoquer un effet multiplicateur d'investissement et/ou accélérateur.
En effet, si l'Etat augmente ses investissements. S’il fait par exemple une politique de « grands travaux » en
faisant construire des routes, des hôpitaux, des écoles, des monuments....il embauche des chômeurs ce qui
augmente leur revenu. La demande globale augmente. Cela induit une augmentation de la production et
donc de la richesse.
L'accélérateur repose sur le fait que l'Etat favorise une augmentation de la demande. L'Etat distribue du
revenu aux ménages (en augmentant par exemple les prestations sociales ou en augmentant le SMIC), et
/ou aux entreprises. L'accélérateur repose sur le secteur privé.
Pour le financement de ces dépenses Keynes préconise le financement par l'emprunt .
Le financement par l'impôt est en revanche à éviter dans la mesure où, en ponctionnant d'une main ce qui a
été donné de l'autre, on neutraliserait la relance.
b. La politique budgétaire "néoclassique"
La politique de relance est peu inefficace (monétaristes), totalement inefficace (école de l'offre) et même
dangereuse (école des cycles d’affaire réels).
Lorsque l'État a recours à l'emprunt pour financer les dépenses, il pousse à la hausse les taux d'intérêt ce
qui tend à déprimer l'investissement d'un montant équivalent à la relance.
Barro (1974) ajoute que les agents savent qu'à terme le taux d'imposition augmentera pour rembourser
l'emprunt, et qu'en prévision de ces impôts futurs ils réduisent leur consommation.
La crise des années 1970, présente des particularités qui vont inciter à repenser le fonctionnement de
l'économie. Alors que dans le schéma habituel des crises, une baisse ou une stagnation de la production
s'accompagne d'une hausse du chômage et d'une chute des prix. la récession, cette fois, cumule
l'augmentation du chômage et celle des prix baptisé «stagflation ».
Ce phénomène de stagflation résistant aux mesures politiques d’inspiration Keynésienne, permet aux thèses
de Friedman de rencontrer un certain succès.
Celui-ci assure et tend à démontrer que les politiques interventionnistes sont inefficaces et déstabilisantes.
L'État doit alors se borner à créer les conditions d'efficacité du marché.

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• Le risque de dérapage inflationniste:
Connaissant la lenteur des délais de décisions et d'application de toute politique inspirée du sommet
(lenteurs des politiciens, des administrations...), Friedman envisage les effets désastreux en termes de
tensions inflationnistes qu’aurait une mesure de relance, décidée durant une période de ralentissement, et
dont les effets se produiraient alors même qu’une reprise économique est en train de se produire.
• Les problèmes liés au financement de la politique budgétaire:
Keynes privilégiait le financement par l'emprunt. Concernant l'emprunt, l'école de Chicago prévoit un effet
d'éviction préjudiciable à l'investissement privé.
Les monétaristes émettent également une critique plus globale sur la place grandissante de l'État dans
l'économie. Ils craignent que le secteur privé en soit durablement perturbé, notamment dans ses repères et
ses décisions.

§2. Fonction de la politique budgétaire.


Par la politique budgétaire, l'État utilise le budget non seulement pour équilibrer ses comptes, mais
également pour exercer une influence sur la conjoncture économique.
En fait, la régulation de l'économie semble aujourd'hui être devenue l'objectif premier de la politique
budgétaire, freinant l'activité en cas de déséquilibre des échanges extérieurs et d'inflation et la stimulant
lors de récessions ou de crises majeures.
Ainsi, lorsqu'il y a fléchissement des dépenses des consommateurs et de la demande privée, les
gouvernements vont chercher à en diminuer l'impact, sur la demande globale, en augmentant les dépenses
publiques ou en diminuant les impôts et en faisant des déficits.
En dépensant davantage qu'il n'en prélève, l'État a indéniablement un effet stimulant sur l'activité
économique. L'injection de fonds supplémentaires dans l'économie entraîne des effets en cascade appelés
effets multiplicateurs.
Selon la théorie du multiplicateur, l'addition d'une unité de dépense publique, non financée par l'impôt,
permet un relèvement plus que proportionnel du produit intérieur brut (PIB).
Un nouvel équipement public, par exemple, va induire une production supplémentaire et de nouveaux
revenus dont la partie non épargnée stimulera la production dans d'autres secteurs de l'économie,
engendrant de nouveaux revenus et ainsi de suite.
§4. Limites et contraintes de la politique budgétaire.
La politique budgétaire est en effet entachée d'imperfections qui ne facilitent pas son utilisation.
Les principales difficultés proviennent de la contrainte extérieure, du financement des déficits et du poids
de la dette publique.
1-la contrainte extérieure:
Dans un contexte d’ouverture croissante des économies, une politique de relance budgétaire risque de
favoriser les entreprises étrangères au détriment des entreprises nationales.

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Le soutien de la demande se traduit alors par une augmentation des biens et services importés et un
déséquilibre de la balance commerciale.
L'ouverture croissante des économies vient réduire l'effet du multiplicateur parce que l'injection de sommes
additionnelles par l'État ne touche pas que les producteurs nationaux; une partie est employée pour des
achats à l'étranger et, en sortant des circuits de production et de distribution intérieurs, perd sa capacité
d'engendrer localement des retombées économiques supplémentaires.
2-Le financement des déficits budgétaires et l’inflation :
Le mode de financement du déficit budgétaire peut également poser problème.
Si le déficit budgétaire est financé par un recours à la création monétaire, il peut provoquer de l’inflation.
Si le déficit budgétaire est financé grâce à des emprunts auprès des agents économiques, il risque de créer
un effet d’éviction, c’est-à-dire conduire à un déplacement trop important des ressources d’épargne
disponibles vers l’État au détriment des autres agents économiques.
La concurrence entre le privé et le public, pour l'accès aux ressources d'épargne, se fait généralement au
détriment du privé, de sorte que la réduction des capitaux disponibles augmente le coût du financement des
projets privés d'investissement, handicapant la croissance.
3- Financement des déficits budgétaires et poids de la dette publique
Une autre limite de la politique budgétaire qui est liée au financement du déficit budgétaire concerne
l’augmentation de la dette publique.
Une dette importante implique en effet le versement d’intérêts considérables. Cette dépense due à la charge
des intérêts aggrave le déficit, ce qui conduit à un nouvel endettement public et peut entraîner une hausse
des taux d’intérêt. C’est ce que l’on appelle le cercle vicieux de la dette.
Des déficits répétés sur plusieurs années vont augmenter la dette publique et la charge que celle-ci
représentera dans l'avenir.
Cette situation n'est pas sans risque : une dette importante implique le versement d'intérêts considérables et
le poids de cette charge dans le budget augmente la probabilité d'un nouveau déficit qui, à son tour, pourra
entraîner une hausse des taux d'intérêt, etc. C'est le cercle vicieux de la dette. à terme, le poids de la dette
peut devenir insoutenable, entravant la capacité de l'État, non seulement à stimuler l'économie, mais à
mener les actions attendues de lui dans d'autres domaines.
Section III/ Evolution de la politique budgétaire du Maroc :
Après les difficultés de l’immédiat après Indépendance marquées par une crise des finances publiques en
1964 et donc par une mission du FMI, l’excellente campagne agricole de 1968 ouvrit des perspectives et
rendit tous les espoirs permis. C’est ainsi que le Maroc s’était engagé, à partir de cette date, dans un
programme ambitieux d’investissements dans le cadre du plan quinquennal 1968-1972.
Lorsque les producteurs notamment arabes de pétrole se sont engagés fin 1973 dans une guerre politique
par des moyens économiques en augmentant de façon vertigineuse leurs prix, le Maroc a cru faire de même

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pour les phosphates en faisant passer la tonne de 16 à 64 dollars. Notre pays accéléra alors l’effort
d’investissement dans la cadre du nouveau plan quinquennal 1973-1977.
Cependant le retournement de conjoncture économique internationale et l’effondrement des cours des
phosphates qui s’en est suivi, quelques mois après la hausse, amena les pouvoirs publics à un endettement
extérieur massif, d’ailleurs facilité par la situation de surliquidité où se trouvaient les banques
internationales qui avaient recueilli les immenses excédents des pays producteurs de pétrole, qu’elles
devaient ainsi recycler auprès des pays importateurs, comme le nôtre.
Cet endettement à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants ne tarda pas précipiter notre pays dans
l’insolvabilité dont les conséquences ont commencé à se faire sentir dès la fin des années 1970 avec
l’instauration de restrictions sur les importations.
Cela ne suffit pas et dès 1982-83, un programme d’ajustement structurel (PAS) s’est imposé au pays sous
la houlette du FMI et de la Banque mondiale.
Ce programme visait d’abord à parer au plus urgent : le rétablissement des équilibres macroéconomiques,
budgétaire et extérieur.
Pour rétablir l’équilibre budgétaire, une baisse draconienne des dépenses publiques, notamment des
dépenses à caractère social, a été opérée et les recrutements de la fonction publique ont été arrêtés.
On connaît très bien les conséquences : dégradation des services sociaux d’éducation et de santé et pas
seulement et apparition du chômage des jeunes diplômés jusque-là absorbés par l’administration.
Dans un second temps, le PAS a consisté en des réformes structurelles visant la libéralisation de
l’économie et, donc les privatisations. Ce programme de libéralisation, à l’intérieur comme à l’extérieur, de
l’économie marocaine a continué durant les années 1990. Mais, la première partie, directement dirigée par
le FMI, s’est achevée dès 1992 avec le rétablissement des équilibres macroéconomiques et notamment des
finances publiques.
On peut donc dire que l’économie marocaine libéralisée est sortie du tunnel du PAS et était prête avec une
bonne santé financière, à entrer dans une nouvelle phase de croissance dès le milieu des années 1990.
En effet, l’économie marocaine a crû depuis le tournant du siècle sans jamais enregistrer de récession, à un
taux annuel moyen de croissance réelle par habitant de près de 4.6 %. Le déficit budgétaire était modéré
jusqu’en 2011, l’endettement public était largement inférieur à 50 % du PIB et le compte courant extérieur
était excédentaire jusqu’en 2007.
Depuis 2011, le déficit de la balance des opérations courantes, comme le déficit budgétaire et l’endettement
public commençaient à devenir inquiétants. Il convient toutefois de pondérer le niveau de l’endettement
public en précisant que c’est la dette publique intérieure qui constitue l’essentiel de la dette publique.
Cependant, des changements positifs sont enregistrés depuis la fin de 2013. La chute des cours
internationaux du pétrole a considérablement allégé la facture énergétique extérieure (importations) et
budgétaire (compensation).

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De même, les exportations de voitures et de l’industrie de l’aéronautique en augmentation combinées à la
baisse en valeur des importations de pétrole améliorent de plus en plus la balance commerciale et la
balance des opérations courantes, bien que les recettes touristiques et les transferts des MRE marquent le
pas ou risquent même de baisser dans l’avenir.

Chapitre III- Budget de l’Etat : structure, types et principes


Section I- Structure du budget de l’Etat :
Le budget de l’État prévoit et définit les dépenses et les recettes que l’État a le droit d’engager et de
percevoir pour l’année à venir.
Le budget est un moyen indispensable mis à la disposition du Gouvernement pour mettre en place ses
politiques économiques et sociales afin d’atteindre les objectifs de développement.
Le budget est l’expression de chiffrement des recettes et des dépenses. Les recettes sont prévues à partir de
l’appréciation des agrégats macroéconomiques en tenant compte de la situation économique du pays.
Le budget général comporte deux composantes:
 la première concerne les ressources
 la seconde relative aux charges.

§ 1. Les ressources de l’État:


Les recettes de l’État proviennent de deux sources :
1-les recettes fiscales c’est-à-dire les impôts, qui forment la majorité des recettes totales.
2-les recettes non fiscales. Ce sont principalement les ressources d’emprunt et les ressources économiques
de l’Etat
A-les recettes fiscales :
les recettes fiscales c’est-à-dire les impôts. quel est le contenu de la notion d’impôt et ses caractéristiques
fondamentales et quels sont ses principaux types.
1/Définition de l’impôt:
Selon le juriste Gaston jez au 20 ème siècle :«l’impôt est une prestation pécuniaire requise des particuliers
par voie d’autorité, imposé par la puissance publique à titre définitive et sans contrepartie en vue de la
couverture des dépenses publiques».
• une prestation pécuniaire: ne permet pas de paiement en nature.
• requise par voie d’autorité: imposé au contribuable par l’Etat au moyen de son pouvoir de contrainte.
• A titre définitif: l’impôt n’est jamais restitué ou rendu au contribuable
• Sans contrepartie direct: aucun avantage ne peut être attendu par le paiement de l’impôt, Ce qui est
différent des Redevances et taxes. Les redevances sont des sommes réclamées en contrepartie d’un
service public rendu c’est le cas des relevance audiovisuelle alors que les taxes sont payées par
l’usager d’un service public à l’occasion d’une prestation déterminée.

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• En vue de la couverture des dépenses publiques.
2/Objectifs de l’impôt:
Trois fonctions majeures peuvent, donc, désormais être attribuées à l’impôt : pourvoyeur de ressources
pour le budget de l’Etat, moyen de redistribution de revenus pour asseoir une justice sociale et, enfin, levier
pour promouvoir le développement économique.
• L’objectif de financement des dépenses publiques;
Elle consiste à procurer des recettes à l'Etat et aux collectivités locales afin de leur permettre de financer les
actions qui leur sont dévolues tels que les dépenses de l'Etat liées à la sécurité, à la justice, à la défense
nationale, infrastructures …
• L’objectif de redistribution ;
Cette fonction doit assurer en premier lieu la justice fiscale. Dans ce cadre, l’impôt prend en compte les
facultés contributives des différentes catégories sociales afin de ne pas pénaliser les catégories sociales
défavorisées.
• l’objectif économique:
La fiscalité a un rôle à jouer dans l'orientation des activités économiques et de la consommation en
privilégiant soit l'impôt direct, soit l'impôt indirect. Exemple réduction de l’IR pour encourager la
consommation .
le calcul de l’impôt se fait en appliquant un certain pourcentage (taux de l’impôt) à la base imposable
(Assiette de l’impôt ).
la base imposable, c’est-à-dire les grandeurs économiques (revenus, patrimoine, valeur d’un produit…)
servant de base au calcul de l’impôt. Et comme le dit Louis Trotabas « assoir l’impôt, c’est déterminer les
bases de l’imposition.
A ce titre, on distingue entre les impôts proportionnels ( à taux constant) et les impôts progressifs
(application de plusieurs taux qui augmentent avec la matière taxée, de façon globale ou par tranches).
La tarification de l’impôt doit, en principe, concilier entre deux exigences apparemment contradictoires, à
savoir : Le rendement et la justice de l’impôt.

3/Classification de l’impôt:
• Classification juridique:
Impôts directs : sont supportés et versés au percepteur par le même agent économique (impôt sur le revenu,
sur les bénéfices des sociétés, sur le patrimoine vente de terre par exemple , impôts locaux).
il repose sur des données constantes, principalement le revenu et le capital des agents.
Ils sont levés par voie de rôle c’est à dire en fonction d’une liste de l’administration fiscale des
contribuables. Leur montant passe directement du contribuable au percepteur.
Impôts indirects : supportés par certains agents et versés au fisc par d’autres agents (TVA, droits de
douane, taxe sur produits pétroliers, tabacs).

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Ils portent sur des faits intermittents. Leur exigibilité se fait par mutation de la propriété ( ex T.V.A).
Il faut faire la différence entre le redevable de l’impôt et le contribuable.
- Le redevable doit verser l’impôt au trésor
- tandis que le contribuable supporte effectivement l’impôt.
Dans les impôts indirects, le redevable est différent du contribuable.
• Classification économique :
On distingue trois types , impôt sur les revenus, le capital et les dépenses.
1-Impot sur les revenus :
Ils frappent les revenus perçus par les personnes physiques (traitements et salaires ; revenus fonciers tels
que les revenus des immeubles mis en location ; etc ) et les personnes morales ( impôt sur les sociétés)
2-Impôts sur le capital:
Ils frappent la valeur du patrimoine. Exemples : impôt foncier, droits d’enregistrement, droits
de succession, impôt de solidarité sur la fortune.
3-Impôts sur la dépense:
Ils frappent l’utilisation du revenu. Ils sont donc calculés sur la consommation. Exemples : la TVA et les
droits indirects (sur le transport, les produits pétroliers; les opérations bancaires etc).
 les principaux impôts du Budget de l’Etat:
Impôt sur les sociétés : c’est un impôt direct qui s’applique a l’ensemble des bénéfices des sociétés qui
entrent dan son champ d’application. Il est établi sur la base du résultat réalisé au cours d’un exercice
comptable.
Impot sur le revenu : c’est un impôt global qui frappe les revenus quelques soit leur nature.
L’IR se caractérise par la diversité des revenus qui entrent dans son champ d’application, il concerne aussi
bien les revenus salariaux, les revenus fonciers, les revenus et profits de capitaux mobiliers, revenus
agricoles.
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : En matière de TVA la valeur ajoutée s’entend de la différence entre
un prix de vente HT et un prix d’achat HT . C’est cette différence qui est taxe au niveau de l’entreprise.
La TVA est un impôt neutre : aucune incidence sur leurs coûts, elle ne les accroît pas. C’est un impôt sur
la consommation: supporté par le consommateur final
B- Les recettes non fiscales au Maroc :
Ils se composent des ressources provenant des emprunts et des ressources économiques.
 Les ressources d’emprunt:
l’emprunt public est une somme d’argent que l’Etat ou une autre collectivité publique, emprunte aux
individus ou aux organismes financiers bailleurs de fonds, pour financer des dépenses publiques et qu'il
s’engage à rembourser avec des intérêts et selon un échéancier déterminé. L’emprunt ou le crédit public
devient ainsi dette publique.
L’emprunt public est représenté par des titres ou des effets publics. Il peut revêtir plusieurs formes :

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• L’emprunt est dit intérieur quand il est émis sur le marché financier interne,
• et, extérieur quand l’Etat s’adresse aux bailleurs de fonds étrangers ou internationaux.
L'amortissement de la dette publique :
Les emprunts publics constituent une dette que l’Etat doit amortir, c’est-a-dire, rembourser à court, moyen
ou long terme. L’amortissement représente l’ensemble des opérations qui conduisent à l'extinction de
l’emprunt par le remboursement de la valeur des effets publics.
La classification généralement utilisée, distingue entre la dette amortissable et la dette flottante.
• La dette amortissable, appelée, également, dette consolidée ou inscrite, désigne les emprunts souscrits
pour des besoins financiers et remboursables à moyen ou long terme selon un échéancier établi.
• La dette flottante, par contre, représente les emprunts à court terme (moins de 5 ans), souscrits pour des
besoins courants de trésorerie.
 Les ressources économiques de l’Etat ;
L’Etat reste un acteur essentiel de la vie économique tous les pays. Aussi a-t-il des revenus aussi bien en
tant que propriétaire qu’en tant qu’entrepreneur.
- Les revenus de Etat propriétaire constituées principalement par les revenus des domaines publics
(exploitation de la mer, des ports, des routes, des musées, mines ...)
- Les revenus de l’Etat entrepreneur constitués des rentes et dividendes des participations financières de
l’Etat, des exploitations industrielles et commerciales (établissements publics, entreprises nationales,
sociétés mixtes ...)
§2/ Les dépenses publiques:
Les dépenses de l'État peuvent être classées suivant la classification économique en fonction de leur
répercussion sur l’économie. Dès lors, il est possible de distinguer les dépenses de fonctionnement, des
dépenses d’investissement et des dépenses de transfert.
-Les dépenses de fonctionnement comprennent notamment les dépenses de personnel et les achats de biens
et service. Les frais de personnel enregistrent, pour l’essentiel, les traitements et les pensions de retraite. À
cela s’ajoute, les achats de biens et services nécessaires à la marche et à l’entretien des services comme
l’électricité, le téléphone, le chauffage ou les travaux d’entretien.
- les dépenses d’investissement se traduisent par une modification de la consistance ou de la valeur du
patrimoine. Tels que l’acquisition de nouveaux biens durables ou construction de nouveaux bâtiments ou
extension des bâtiments existants.

Section II -Composantes du budget:


Le budget est un document prévisionnel qui précise l’origine et le montant des revenus « recettes » ainsi
que l’emploi qu’elle compte en faire à travers son programme de dépenses.
Il est arrêté dans la loi de finances qui traduit les objectifs économiques et financiers du gouvernement
c’est la loi de finances qui arrête le budget de l’Etat

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La loi de finances comporte deux parties : la première relative aux conditions générales de l’équilibre
financier (Dispositions relatives aux produits et charges) et la deuxième partie est analytique et comptable
(BG, CST, SEGMA )
Le budget général de l’Etat (BE) est constitué de trois rubriques : le BG, les budgets SEGMA et les
budgets CST
A - Le budget général BG :
se présente comme le squelette du budget de l’Etat puisqu’il concerne les opérations budgétaires relatives
aux institutions étatiques (Parlement, départements ministériels, etc.).
Ses recettes sont constituées par les recettes fiscales , les recettes non fiscales et finalement les recettes
d’emprunt.
Les dépenses du BGE sont réparties en trois catégories à savoir les dépenses de fonctionnement, les
dépenses d’investissement et le remboursement de la dette.
B- Les services de l'Etat gérés de manière autonome (SEGMA)
En tant que services de l'Etat bénéficiant d’un mode de gestion basé sur l'autonomie financière, les
SEGMA jouent un rôle non négligeable dans la dynamique de développement de notre pays.
En effet, moyennant une rémunération des prestations de service rendues, affectées à la couverture des
charges engagées, les SEGMA œuvrent à la mobilisation des ressources nécessaires pour garantir l'accès de
la population aux différents services de base, notamment ceux à vocation sociale.
Selon l’article 21 de la LOF 130-13 Constituent des services de l'Etat gérés de manière autonome, les
services de l'Etat, non dotés de la personnalité morale, dont certaines dépenses, non imputées sur les crédits
du budget général, sont couvertes par des ressources propres.
L'activité de ces services doit tendre essentiellement à produire des biens ou à rendre des services donnant
lieu à rémunération.
Les SEGMA sont créés par la loi de finances. Cette loi prévoit les recettes de ces services et fixe le
montant maximum des dépenses qui peuvent être imputées sur les budgets desdits services.
Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que le nombre de SEGMA au titre de l’année budgétaire 2021, s’est situé
a 173 services contre 187 services l’année d’avant.
Les SEGMA au titre de l'année budgétaire 2021 sont ventilés selon 8 domaines d’intervention, aux grandes
fonctions de l’Etat :
 le domaine de la santé avec 91 services (77 Centres Hospitaliers ;6 Hôpitaux Militaires et 3 Centres
Médico-Chirurgicaux ; Centre National de Transfusion Sanguine - Rabat ; ……)

 Le domaine de l’enseignement, de la formation professionnelle et de la formation des cadres avec 44


services (8 Ecoles et Instituts Agricoles ;2 Ecoles de Formation sur les métiers des Mines ; 6 Services
œuvrant dans le domaine de l’Artisanat ; …..)

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 le domaine du transport et autres infrastructures économiques qui compte 16 SEGMA (Centre
National d'Etudes et de Recherches Routières (CNERR) ; Direction Générale de l’Aviation Civile
(DGAC) ; Direction de la Marine Marchande (DMM);…..)
 le domaine des pouvoirs publics et des services généraux avec 9 services ( Trésorerie Générale du
Royaume (TGR) ; Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADIN) ; etc)
 Etc
Le budget de chaque SEGMA comprend des recettes et dépenses d’exploitation et des recettes et dépenses
d’investissement
La création d'un service de l'Etat géré de manière autonome est conditionnée par la justification de
l'existence de ressources propres provenant de la rémunération de biens ou de services rendus.
Les ressources propres doivent représenter, à compter de la 3cmc année budgétaire suivant la création
desdits services, au moins trente pour cent (30%) de l'ensemble de leurs ressources autorisées au titre de la
loi de finances de ladite année, et ce pour les services de l'Etat gérés de manière autonome créés à partir du
1er janvier 2016. Les services de l'Etat gérés de manière autonome qui ne répondent pas à cette condition
sont supprimés par la loi de finances suivante.
Le budget de chaque SEGMA comprend des recettes et dépenses d’exploitation et des recettes et dépenses
d’investissement
L'insuffisance des recettes d'exploitation est compensée par le versement d'une subvention d'équilibre
prévue au titre 1du budget général alors que l'insuffisance des recettes propres affectées aux dépenses
d'investissement est compensée par une subvention d'équilibre prévue au titre II du budget général.

C. Les budgets des comptes spéciaux du trésor (CST)


La LOF de 2015 a consacré le chapitre V aux CST qui sont créés pour répondre à des objectifs assignés
dans son article 25 :
- décrire des opérations qui, en raison de leur spécialisation ou d'un lien de cause à effet réciproque entre la
recette et la dépense, ne peuvent être incluses dans le cadre du budget général ;
- décrire des opérations en conservant leur spécificité et en assurant leur continuité d'une année budgétaire
sur l'autre;
Ces comptes bénéficient de l’assouplissement de l’exécution et de contrôle de leurs dépenses. L’article 27
de la LOF a énuméré 5 classes des CST :
1. Comptes d'affectation spéciale :
retracent les recettes affectées au financement d'une catégorie déterminée de dépenses. Ils sont alimentés
par le produit de taxes, de ressources affectées et, le cas échéant, de versements du budget général;
Les comptes d’affectation spéciale (CAS) constituent la principale composante des CST eu égard à
l’importance de leur contribution dans l’exécution des orientations du gouvernement visant à assurer une

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meilleure allocation des ressources propres et budgétaires et à la rationalisation des dépenses programmées
dans ce cadre.
2. Comptes d'adhésion aux organismes internationaux :
décrivent les versements et les remboursements au titre de la participation du Maroc aux organismes
internationaux. Tels que le Compte d’adhésion aux institutions de Bretton Woods (FMI, BM, la Société
Financière Internationale …) ; le Compte d’Adhésion aux Organismes Arabes et Islamiques et le Compte
d’adhésion aux institutions multilatérales.
3. comptes d'opérations monétaires :
Cette catégorie de comptes qui décrivent des mouvements de fonds d’origine monétaire,
comprend les deux comptes suivants :
 Différence de change sur ventes et achats de devises : ce compte permet à l’Etat de prendre en charge le
différentiel de change en dirhams des avoirs et engagements en devise constaté par Bank Al Maghrib lors
de l’évaluation mensuelle. Les résultats définitifs sont pris en recette ou en dépense au compte du budget
de l’Etat;
 Compte des opérations d’échanges de taux d’intérét et de devises des emprunts extérieurs : dédié aux
opérations de swap de la dette, ce compte retrace les frais ainsi que les pertes et gains relatifs aux
transactions de swap de devises ou d’intéréts.
4-Comptes de prêts et d’avance :
 Les comptes de prêts décrivent les versements, sous forme de crédits octroyés sur une durée supérieure à
2 ans, par l’Etat pour des raisons d’intérêt public ou de prêts extérieurs rétrocédés à des tiers pour
contribuer au financement des projets de développement des entreprises et établissements publics(ONEP,
Crédit agricole du Maroc…)
 Quant aux comptes d’avances, ils décrivent, les versements, sous forme d’avances remboursables sur
une durée égale ou inférieure à 2 ans, faites par l’Etat sur les ressources du Trésor et accordées pour
résorber les difficultés de trésorerie des organismes relevant de la tutelle de l’Etat.
Les comptes de prêts et d’avances sont créés par la loi de finances et supprimés dans les mêmes conditions
dès que les avances ou prêts accordés sont recouvrés auprès des organismes concernés.
L’excédent éventuel de ces comptes après leur clôture est versé au budget général.
5. Comptes de dépenses sur dotation :
retracent des opérations relatives à une catégorie spéciale de dépenses dont le financement est assuré par
des dotations du budget général.

Section III: Les principes budgétaires :


les principes budgétaires peuvent être scindés en deux catégories : les principes classiques et les
principes modernes.
a. Le principe d’annualité

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il correspond au caractère annuel que revêtent les autorisations budgétaires. L’exercice budgétaire
correspond à un cycle annuel concordant avec l’année civile.
L’article 3 de la LOF 9 dispose « [ …] L'année budgétaire commence le 1 er janvier et se termine le 31
décembre de la même année [ …] »
Toutefois, et dans l’objectif de rendre efficace la programmation budgétaire, en se conformant à la
planification des programmes à exécuter, la LOF a prévu une dérogation au principe de l’annualité , dans
les cas suivants :
• un engagement pluriannuel des dépenses d’investissement par le biais des autorisations d’engagement .
• le principe de continuité des exercices budgétaires permet aussi, de manière encadrée, de reporter
des crédits non consommés vers l’exercice suivant ;
En vue de consolider ce principe, des dispositions ont été considérées afin de limiter les reports, notamment
ceux relatifs aux crédits de paiement.
À cet effet, l’article 63 de la LOF prévoit que «Les crédits ouverts au budget général au titre d'une année
budgétaire donnée ne peuvent être reportés sur l'année suivante.
Toutefois, les crédits de paiement ouverts au titre des dépenses d'investissement du budget général et les
reliquats d'engagement, visés et non ordonnancés sont reportés, sauf dispositions contraires prévues par la
loi de finances , dans la limite d'un plafond de trente pour cent (30%) des crédits de paiement ouverts au
titre du budget d‘investissement pour chaque département ministériel ou institution au titre de l'année
budgétaire[ …] »
b-Le principe d’unité
Le principe d’unité recouvre deux règles :
- la règle de l’unité, qui exige que le budget de l’État soit retracé dans un document unique (la loi de
finances). Il s’agit ainsi d’assurer aux parlementaires une bonne lisibilité du budget, et donc, un contrôle
effectif sur les finances de l’État ;
- la règle de l’exhaustivité, selon laquelle la loi de finances doit prévoir et autoriser l’ensemble des recettes
et des charges de l’État.(Article 1 de la LOF n°130-13.)
c. Le principe d’universalité
Le principe d’universalité, selon lequel l’ensemble des recettes couvre l’ensemble des dépenses, se
décompose en deux règles :
 La règle de non-compensation, qui interdit la compensation des dépenses et des recettes. Ainsi, il n’est
pas possible de soustraire certaines dépenses de certaines recettes (par exemple, déduire les frais de
recouvrement prélevés par l’État du montant des impositions), et de soustraire des recettes de certaines
dépenses pour ne présenter que le solde des opérations ainsi "compensées".
La compensation des ressources et des dépenses permettrait en effet de dissimuler certaines charges, ce qui
nuirait à la lisibilité et à la sincérité du budget.

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 La règle de non-affectation, qui interdit l’affectation d’une recette à une dépense déterminée. Elle
implique de verser toutes les recettes dans une caisse unique où l’origine des fonds est indéterminée.
Elle permet à l’autorité budgétaire de conserver son pouvoir de décision et de gérer les fonds publics en
respectant les notions de solidarité et d’unité nationales.
Elle connaît toutefois quelques dérogations (ex : les comptes d’affectation spéciale qui retracent des
dépenses bénéficiant d’une affectation particulière de recettes, sous réserve qu’elles soient, par nature, en
relation directe).
d. Le principe de spécialité
Le principe de spécialité impose d’indiquer précisément le montant et la nature des opérations prévues par
la loi de finances.
ce principe implique une nomenclature budgétaire appropriée. Les crédits sont ainsi ouverts de manière
détaillée, spécialisés par programmes depuis la mise en œuvre de la LOLF (anciennement par chapitres, en
fonction de la nature des dépenses), et sont tous rattachés à une destination spécifique, qui ne doit pas être
dénaturée en exécution par le Gouvernement.
Le principe de spécialité vise à assurer une information suffisante pour permettre l’exercice d’un contrôle
efficace sur l’exécution du budget de l’État.
B- Principes modernes:
-Le principe de sincérité :
Ce principe implique l’exhaustivité, la cohérence et l’exactitude des informations financières fournies par
l’Etat. Ce principe porte à la fois sur les lois de finances (sincérité budgétaire) et sur les comptes de l’Etat
(sincérité comptable).
Sincérité budgétaire: les lois de finances présentent de façon sincère l'ensemble des ressources et des
charges de l'État. La sincérité des ressources et des charges s'apprécie compte tenu des informations
disponibles au moment de leur établissement et des prévisions qui peuvent en découler (Art.10).
Sincérité comptable: les comptes de l'État doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle de
son patrimoine et de sa situation financière (Art.31).

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