Influence des Médias sur la Société
Influence des Médias sur la Société
Réceptions médiatiques
Introduction
Le XXe siècle a connu de nombreux bouleversements. Ils ont eu trait avec l'évolution technologique
(la découverte de nouveaux médias), mais aussi des bouleversements sociétaux (culturels, sociaux,
économiques). Ces bouleversements vont être liés et vont avoir des incidences sur les personnes et
sur les sociétés. Quelle influence ont les médias sur nous-même et sur notre société ?
1) Communication médiatique
a) Communication directe
La communication directe c'est toutes les situations de communication où il y a coprésence dans le
temps et dans l'espace des participants. Cette communication est la seule à être indispensable à
l'être humain, et elle est, de loin, la plus efficace (complexe). Elle s'est développée au cours de la
phylogénèse. Théorie de Dunbar : les hommes vont créer "l'épouillage" verbal (comparaison avec les
babouins), pour des babillages qui sont rarement informatifs. On parle pour créer du réseau (au
départ en face à face puis de plus en plus grâce à des outils). Ontogénèse (dans l'histoire des
individus). Cette communication directe est au cœur de notre identité (elle nous atteint par la raison
et par l'émotion).
b) Communication indirecte
Ce sont les médias qui font un lien car il n'y a pas de coprésence dans le temps et dans l'espace. Elle
repose sur une compensation de la communication directe, elle vient toujours la soutenir et vise à la
recréer. On peut distinguer 3 types de communication médiée :
mobiliser les technologies pour informer et maintenir l'ordre dans la société, on va donc développer
la communication médiée.
La première révolution médiatique a été la radio, on n'a pas besoin de savoir lire pour pouvoir être
informé et on peut alors diffuser en masse. La masse est donc à la fois un danger potentiel et des
consommateurs avérés.
E.Bernays (petit-fils de Freud) va, dans les années 1920, observer les propagandes utilisées durant la
Première et Seconde Guerres Mondiale. Il les trouve très efficaces et à l'idée de réemployer les
mêmes techniques après la guerre. Il va donc inventer les relations publiques et la publicité
contemporaine (sous la plupart de ses formes). On va donc essayer de manipuler l'inconscient des
gens par l'affect. Bernays se justifie en disant qu'il faut constituer un gouvernement invisible.
● Combative
Conservation de l'individu
● Alimentaire
● Sexuelle
Conservation de l'espèce
● Parentale
La question que se pose Bernays est de savoir su on peut utiliser ces manipulations en temps de paix
(avant présent juste lors des guerres). Il va publier un livre : Propaganda, où il va théoriser la
manipulation des masses. Il va notamment étudier les travaux de Freud (son oncle) où il va
apprendre que nous avons des désirs inconscients, il va ainsi se servir de ses pulsions pour pousser
les masses à la consommation (acheter ce que l'on croit avoir besoin). Son idée est de créer du désir
chez les gens et de créer l'obsolescence des objets (ex : à la demande d'une entreprise de cigarette,
il va amener les femmes à fumer, ce qui était tabou jusqu'alors).
Il y a deux pans dans la publicité : le narcissisme et la ritournelle du sexe. On va utiliser les idées de
Bernays tout au long du XXe siècle. On va utiliser la séduction dans la publicité pour pousser à la
consommation. B.Stiegler appelle cette captation de la libido dans la publicité : le "capitalisme
libidinal".
Bernay dit qu'en utilisant ses techniques on va mettre en place un "gouvernement invisible" qui va
influencer les masses, il est anti-démocratique. Manipulation consciente et inconsciente des masses.
Conclusion
Ces auteurs ont tous en commun de travailler sur des effets massifs directs qui doivent être utilisés
pour créer une société où chacun est à sa place. La pensée de ses auteurs est marquée par un
contexte technologique, des contextes politiques marqués par les guerres mondiales, et face à une
révolution industrielle historique.
2) L'école de Francfort
Du XXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Ensemble de chercheurs se réunissant via certaines approches /
théories. L'institut de recherches sociales à Francfort en 1923 mais Révolution Russe (1917) +
montée du totalitarisme vont permettre à des chercheurs de comprendre les sociétés
contemporaines. Ils vont alors s'exiler aux Etats-Unis et ce qu'ils vont observer c'est la culture de
masse et l'usage de cette culture de masse afin de manipuler. Deux grands courants théoriques :
● Marxisme :
o Notion de lutte des classes (fonctionnement de la société, rapport de force entre les
classes) : Infrastructure (production) / Suprastructure (culture)
o En agissant sur la suprastructure, on peut empêcher les révoltes de l'infrastructure
● Freudisme : (Psychanalyse) concept de sublimation (le fait que dans une société les désirs
Question pour le Partiels :
des gens sont différents / transformer son désir pour qu'il soit acceptable par la société).
L'Ecole de Francfort pense qu'il y a une troisième voie : un régime totalitaire sous l'apparence de la
démocratie (aliénation volontaire).
La rationalité aliénante
L'Etat va créer une dépendance culturelle / supraculturelle qui va sembler logique aux personnes : la
rationalité (le fait qu'on va organiser tous les aspects de la vie de manière rationnelle (administrer
l'existence). C'est un modèle qui a d'abord fait ses preuves sur les machines (Taylor, Fordisme) :
chaine de travail : on va ensuite l'utiliser pour tout.
La vie va ainsi devoir fonctionner comme une machine qui doit être productive (capitalisme Marx) et
doit consommer (société de consommation / pouvoir d'achat). Les politiques veulent que nous
achetions et que nous pouvons acheter.
Aliénation proche de la propagande : utilisation des médias pour diffuser cette idéologie.
On peut reprocher à l'Ecole de Francfort un certain binarisme, une abstraction philosophique, une
observation des médias trop globale. Cependant, c'est un modèle qui revient en force depuis 10-20
ans alors qu'elle avait presque disparue dans les années 1950-60.
Un modèle de propagande :
● Public 20/80.
● Médias : lieu symbolique et économique de la désinformation
● Qui repose sur un modèle macro-sociologique.
Cinq éléments :
Une organisation
Ce que critique Chomsky et Herman sont les médias, les journaux, mais pas les journalistes eux
même, car ils sont soumis à des contraintes sur lesquelles ils n’ont aucune influence.
La "spirale du silence", terme développé par E. Noelle Neumann. Pour elle, l'homme est un animal
grégaire (dépendance aux autres), il doit pouvoir repérer les opinions consensuelles, donc il va
communiquer. Les médias vont ainsi réagir de la même manière en mettant en avant un consensus
et en exposant les opinions. Mais le mainstream va amener a masquer certaines opinions du
consensus.
Pour Chomsky et Herman, le système médiatique va écraser les idées divergentes. La stratégie des
médias va jouer sur la désinformation de 20% de la population, et sur le divertissement de 80% de la
population. Ils remettent en cause l'idée que la presse et les médias sont le quatrième pouvoir
(informatif). Pour Chomsky ce 4e pouvoir est celui qui va être utilisé par les autres pour cacher cette
domination.
Macrosociologie sur la société capitaliste américaine. La société est régie par des rapports de force
et qui est une société de consommation (utilisation du désir des gens pour les modifier et favoriser la
consommation).
Pour Chomsky et Herman, les médias seraient des grands lieux de pouvoir (économique, social,
politique...) qui nous manipulerai. Il y a 5 déterminants expliquant ce rapport:
Au cours du 20e siècle la communication n’est plus un lien social mais une manière d’organisé la
société au travers de la propagande.
La conception propagandiste : Une visé manipulatrice ; une conception massive ; une vision sociétale
porté par les médias.
Les auteurs veulent observer l'influence des discours médiatique sur le vote des gens. Ils récupèrent
beaucoup de données pour enfin observer que le vote des américain n'est pas influencé par les
médias mais par :
● Le déterminisme social : "une personne pense politiquement comme elle est socialement"
(Le modèle de l'université de Columbia : l'orientation initiale était étroitement liée au
groupe d'appartenance de chacun, défini par son statut social, sa religion et son lieu de
résidence ; Le modèle de l'université de Michigan : The American Voter (1960), Angus
Campbell, Philip Converse, Waren Miller et Donald Stokes). Lazarsfeld en conclu qu'on ne
vote pas comme les médias nous disent de voter.
● Le rôle des relations interpersonnelles (développé dans Personal influence).
LO – LO – LO
En conclusion :
Avec Lazarsfeld et ces collègues, on apprend qu'il y a une résistance aux discours médiatiques du fait
de nos appartenances sociale qui constituent des filtres. On va également pointer un autre élément
concurrent aux médias qui sont les relations interpersonnelles et la place particulière qui occupe les
leaders d'opinion. A partir de ces deux éléments, va émerger un nouveau modèle, le Two-step-flow
(ou modèle à deux étages) dans lequel certains stratèges ont pu voir l'occasion de contourner ses
limites.
Harold Lasswell, 1948, Power and personnality : 3 fonctions pour les médias : la surveillance de
l'environnement (vitale pour l'homme), la mise en relation, la transmission de l'héritage social.
Jean Stoetzel, 1951, Etudes de presse : 3 fonctions de la presse écrite : la fonction de reliance sociale,
la fonction récréative, la fonction psychothérapeutique (catharsis (la mise en scène va permettre
d'évacuer les tension, les passions interpersonnelles, "la purge des passions") ; identification et
projection (Edgar Moin, 1962)).
Schéma des U&G (1974) : Dispositions psychologiques, Expérience sociale -> BESOINS -> Attentes ->
Exposition médiatique (gratification, autres conséquences), Engagement dans d'autres activités
(gratification, autres conséquences).
Pour Hoggart, les classes populaires ont une culture aussi valable que celle des classes supérieures,
pour lui il ne s'agit pas d'éduquer ces classes mais de reconnaitre certaines valeurs. Hoggart va
utiliser les outils d'analyse littéraire de grandes œuvres réservés à des classes élitistes, et va les
appliquer à des formes populaires de la culture. (Même principe pour les autres)
Stuart Hall s'intéresse à une dimension médiatique et va remettre en cause le modèle initial (= les
dominations sociales sont reproduites via les médias > la "culture" des dominants (qui leur est
favorable) est imposée aux dominés). Le modèle des cultural studies va modifié ce schéma : les
classes populaires et ouvrières filtrent, interprètent différemment les messages culturels médiatisés
et développent des formes culturelles alternatives et concurrentes (il y a alors une forme de
résistance et de contre-culture). Stuart Hall va remettre en cause le schéma de Shannon (émetteur --
> message --> récepteur). Le schéma de Hall serai plutôt :
Le message serai alors artificiel, il représenterai différemment la réalité (voir exemple Magritte, Ceci
n'est pas une pipe). Les message ne présenterai que des signes permettant de reconstruire le réel, et
non pas de montrer directement le réel. Dans son schéma, le codage serai alors la culture dominante
et le décodage serai une sorte de filtrage et d'interprétation (hégémonique ; négocié (adhésion à
éclipses : Hoggart) ; oppositionnel). Il y a une négociation des interprétation plutôt qu'une culture
qui écrase l'autre.
Pour Debré, il y a deux aspects liés à ces médiasphères : MO (Matière Organisée ; l'homme a du
Question pour le Partiels :
L'idée première des médias est quelle est une matière organisée.
Média de
Parole Livre Télévision Hypermédia
référence
Médiocrates
Cléricature Eglise Intelligentsia Experts
(journalistes...)
Axiome de
Le Divin L'Idéal Le Réel Le Virtuel
référence
Acteur /
Statut de Sujet (à Citoyen (à Consommateur
l'individu commander) convaincre) (à séduire) Producteur (à
motiver)
Mythe
Le Saint Le Héros La star Soi-même
d'identification
Moyen
Prédication Publication Apparition Contamination
d'emprise
Ces médiasphères ne sont pas dégagées de l'écosphère. Leroi-Gourhan a montré que les êtres
humains ne se contentaient pas de créer des techniques mais été en même temps créé par ses
techniques. C'est ce qu'il appelle la prothèse. Ces technologies sont un point de passage entre
l'écosphère et la médiasphère.
● L'effet diligence (chaque sphère nouvelle va emprunter des traits aux sphères anciennes) ;
● L'effet délire ( la croyance que le nouveau média va nous apporter le bonheur et la joie / la
croyance hyper-confiante en les médias) ;
● L'effet jogging (le fait que les sphères se succèdent mais qu'on continue à toutes les utiliser).
Double conclusion :
● Il est faux de dire que les médias influence l'opinion politique des personnes.
● Il est faux de dire que les médias n'influencent pas l'opinion politique des personnes.
Le principe de l'agenda c'est que les médias ne nous disent pas comment penser mais ils nous disent
à quoi penser (ils activent une pensée présente mais “endormie” → Ex : Si je vous parle d’une
personne, vous pensez à cette personne. Je ne peux pas vous convaincre que cette personne est
mauvaise contre votre gré ou inversement mais par contre je vous active une pensée endormie et
donc vous retenez cette personne)
Elisabeth Noëlle Neuwmann, théorie de la "Spirale du silence" --> idée que les médias vont venir
renforcer les opinions qui sont consensuelles (créer un lien, un sens commun). Cette théorie dit que
pour se faire il faut mettre en avant certaines opinions car 'je pense qu'elles peuvent être partagées
par les autres'.
Les médias vont venir mettre au premier plan les opinions consensuelles et les autres vont tomber
dans le silence.
On peut voir 3 agendas : l'agenda setting (agenda médiatique), l'agenda building (ceux qui font
l'actualité), et l'agenda public (le public). Ces 3 agendas sont dépendants les uns des autres. L'agenda
building a un besoin d'exposition de l'agenda setting, l'agenda setting a besoin de sources de
l'agenda building. L'agenda building a besoin de voix de l'agenda public, l'agenda public a besoin de
gouvernement de l'agenda building. L'agenda public a besoin d'informations de l'agenda setting,
l'agenda setting a besoin d'audience de l'agenda public.
Comment choisi-t-on les évènement à mettre dans l'agenda? : Benoît Grevisse, Ecritures
journalistiques, éd. De Boeck --> Qu'est-ce que "l'actualité"? Ce qui fait l'actualité c'est l'évènement
et de l'attractivité. Ce qui est attractif est l'originalité, l'exclusivité, l'impact prospectif, la notoriété
des acteurs et les lois de proximité (géographique, chronologique, affective, sociologique).
Question pour le Partiels :
2) Cadre et cadrage
La notion de cadre : concept médiatique. E. Goffman, Les cadres de l'expérience. Ce qui l'intéresse
c'est les micro-interactions et la notion de cadre. Notion de cadre développée par Goffman : les
choses ne peuvent avoir du sens qu'à l'intérieur d'un cadre, c’est-à-dire qu'il faut qu'il y ait une
structure cognitive qui nous est propre et qui permet de donner du sens. Pour Goffman, il y a deux
types de cadres :
● Les cardes primaires : tous les cadres qui vont de soi ; tous les cadres qui fonctionnent sans
qu'on ait besoin de réfléchir, qui semblent naturels. Ces cadres vont être culturels. Ils
fonctionnent uniquement en contexte. Il distingue alors les cadres sociaux et les cadres
"naturels". C'est un cadre du premier degré.
● Les cadres secondaires : tous les cadres où on fait semblant, c'est un cadre du second degré.
On interprète des faits qui semblent aux premiers abord se ressembler mais si on prend ce même
fait dans le cadre secondaire, il semble 'normal' alors que dans le premier cadre il va être 'anormal'.
Conventions de phasage va permettre l'interprétation du message (savoir s'il est secondaire ou
primaire). Nos réactions vont être déterminés par les cadres et les médias vont jouer avec ces
cadres. Quand il n'y a pas de cadre, on ne comprend pas. On va inventer autre chose et on va le
placer dans une catégorie du surnaturel, du bizarre, de l'étrange. La cerveau humain n'est pas fait
pour gérer ce qu'il ne comprend pas, le vide, et va donc créer une interprétation. Quand il n'y a pas
de cadrage mais que le fait est perçu dans l'agenda, on va appeler ce phénomène : l'amorçage.
3 niveaux de réflexion :
● Le cadre initial : le cadre dans lequel nous pensons (le cadre préalable).
● Evènement qui apparait et que l'on va montrer avec un certain cadrage, d'une certaine
manière.
● Le cadre qui est effectivement mobilisé chez le récepteur.
IYENGAR Shento, Is Anyone Responsible?, Chicago University press, 1991. Comment peut on utiliser
les cadres pour mobiliser des gens? En fonction du cadrage médiatique on va modifier les cadres
chez les gens. Il relève deux cadrages : le cadre thématique (présenter une thématique), et le
cadrage épisodique (focalisé sur un évènement). Il montre qu'il y a effectivement une influence sur
nos interprétations de la part des productions médiatiques.
Les médias vont venir procéder par cadrage qui sont de l'ordre discursif et de l'ordre iconique.
Résumé : L'agenda va actualiser des contenus de penser et le cadrage va permettre d'oriente une
interprétation. L'influence médiatique par l'agenda et le cadrage est obligatoire, car c'est la manière
dont fonctionne le cerveau.Influence ce fait a la rencontre de la production médiatique (cadrages),
et de l'activité de réception qui est soumise a d'autres influences et des cadres.